Centralité du travail et institution de la société

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Interroger la finalité des activités humaines, travailler moins et mieux, partager les ressources et les richesses forment, pour Serge Latouche, le socle d’un projet politique permettant de sortir de la société travailliste. Il affirme que la transformation qualitative du travail, en faisant décroître les valeurs économiques, ouvre au désir de réenchanter la vie. Fervent partisan de la réduction du temps de travail, Jean-Marie Harribey souligne, de son côté, qu’aucune loi économique ne s’impose naturellement, mais traduit un choix politique qui dépend du rapport de forces entre les classes sociales. Si, dans tous les cas, la crise écologique et les contraintes technologiques interrogent l’institution de la société centrée sur le travail, Laurent Cordonnier et Franck Van de Velde nous invitent à ne pas confondre la diminution du taux de croissance, la production effective et la production potentielle. André Gorz, quant à lui, rappelle que la grande question, et la plus simple à la fois, est bien : « Que désirons-nous faire dans et de notre vie ? » Mais l’échelle sociale de cet accomplissement est un point trop souvent négligé, aussi est-il partisan de l’utopie concrète mise en œuvre dans l’autoproduction communale coopérative. Ayant valeur d’une expérimentation sociale exemplaire, elle peut rendre désirable de s’orienter vers une société de décroissance.