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N° 8 - Territoires de la décroissance

lundi 29 mars 2010

L’effondrement en cours possède une origine lointaine et toujours négligée. Il provient en partie d’une amnésie funeste et déterminante ayant fait oublier que l’économie s’exerçait bien sur la Terre et non pas sur Sirius. Les conséquences écologiques et sociales de cette négligence commencent à troubler sérieusement nos sociétés qui subissent une montée des périls et souffrent de leur extension qui menace la pérennité de notre espèce.

Partant de cette observation banale que l’humanité ne possède pas de planète de rechange, l’objection de croissance s’affirme donc comme un bouleversement du regard, de la pensée et de l’action qui tend à se refléter et à se mettre en œuvre dans les territoires de la vie réelle et non pas à être
relégué dans quelque chimérique empyrée.

L’objection de croissance est une option philosophique et politique. Elle se traduit par des engagements de vie sur des territoires matériels, immatériels et spirituels où se manifestent les capacités de résistance et création de celles et ceux qui affrontent les enjeux de notre temps sans renoncer aux rêves qui les habitent. Mais, c’est aussi une vision dérangeante, une conception et une construction du monde qui intègrent le moyen et le long terme, depuis si longtemps délaissés par les tenants du mythe de la croissance sans limites
comme par les politiques autophages des choix à court terme.

Quand, désormais, la moitié de l’humanité est « logée dans des villes », n’est-il pas opportun de questionner les contradictions et les infernales difficultés liées à cet agglutinement ? Quand la globalisation mercantile déchire le tissu des souverainetés locales et territoriales, n’est-il pas légitime de replacer la question de l’échelle humaine au cœur d’un nouvel usage du monde et de son « habiter ». Quand le livre est inquiété par l’écran, quand la beauté du monde est mutilée par l’injustice et la laideur, quand, de Tchernobyl dévastée aux fragiles territoires des Aborigènes, se répandent comme une peste les séquelles de la domination, de l’irresponsabilité, de l’argent roi, de la démence technologique et du mépris de « l’autre », le devoir d’insurrection est un impératif catégorique.

Sommaire

Territoires de la décroissance ... 3
Habiter en poète. Jean-Claude Besson-Girard ... 5

1. La ville questionnée ... 17
La ville cannibale. Rousseau, le grand nombre
et l’abus du lien social. Marcel Hénaff ... 19
Un anthropologue en ville. Michael Singleton ... 40
Les territoires du temps. Thierry Paquot ... 51
La décroissance à l’âge de la révolution urbaine :
écologie politique et hyperpolis. Tiziana Villani ... 59
L’empreinte écologique des villes. Aurélien Boutaud ... 68

2. Échelle humaine et territoires ... 81
Des abîmes quotidiens aux limites de la terre.
David Besson-Girard ... 83
Guerres d’entropie négative. Zygmunt Bauman ... 96
L’unique espoir est dans la sécession. Kirkpatrick Sale ... 108
Le principe immanence. Philippe Gruca ... 118
Se rappeler que la Terre est belle. Christophe Laurens ... 137

3. Limites et civilisation ... 147
Territoire après la catastrophe : le pays de Tchernobyl.
Youri Bandajevsky ... 149
Le rêve perdu des Aborigènes. Barbara Glowczewski ... 157
Crise de l’édition et/ou de civilisation. Serge Latouche ... 169
La décroissance de la population ?
Trois questions à Hervé Le Bras ... 178
Pour une déconcentration des activités. Simon Charbonneau ... 182
Les transports dans les territoires de la décroissance.
Jean Monestier ... 190

Hors champ ... 201
De l’intelligence des situations. Florence Rudolf ... 203
La décroissance au Medef. Agathe Eyriolles ... 217

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