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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>307 ; Tout ce qui cro&#238;t d&#233;cro&#238;tra</title>
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		<dc:date>2021-11-02T20:32:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves COCHET</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le mod&#232;le du monde qui habite le cerveau de l'Occidental moyen est que le march&#233;, la technologie et l'inventivit&#233; humaine parviendront &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes qu'affronte aujourd'hui l'humanit&#233;, notamment la fin des &#233;nergies fossiles &#224; bon march&#233; et le changement climatique. Je ne connais pas de pire aveuglement. Si nous voulons conserver les valeurs cardinales de notre civilisation que sont la paix, la solidarit&#233; et la d&#233;mocratie, nous avons au contraire peu &#224; attendre de la technique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;N&#176; 3 - D&#233;croissance &amp; technique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mod&#232;le du monde qui habite le cerveau de l'Occidental moyen est que le march&#233;, la technologie et l'inventivit&#233; humaine parviendront &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes qu'affronte aujourd'hui l'humanit&#233;, notamment la fin des &#233;nergies fossiles &#224; bon march&#233; et le changement climatique. Je ne connais pas de pire aveuglement. Si nous voulons conserver les valeurs cardinales de notre civilisation que sont la paix, la solidarit&#233; et la d&#233;mocratie, nous avons au contraire peu &#224; attendre de la technique et n'avons pas d'autre choix que celui de la d&#233;croissance rapide de l'empreinte &#233;cologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathis Wackernagel and alii, &#171; Tracking the ecological overshoot of the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des soci&#233;t&#233;s industrielles, en particulier la d&#233;croissance de notre consommation d'&#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mati&#232;re premi&#232;re g&#233;ologique devient une ressource lorsqu'une technologie permet de l'exploiter. Une ressource devient &#233;conomique si la technologie qui permet de l'exploiter ne g&#233;n&#232;re pas de co&#251;ts prohibitifs. La d&#233;croissance du volume d'une ressource g&#233;ologique non renouvelable commence &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; au premier jour de son exploitation, mais sa production mondiale peut cro&#238;tre longtemps apr&#232;s gr&#226;ce au progr&#232;s technologique et &#224; la d&#233;couverte de nouveaux gisements. Ainsi en est-il aujourd'hui du p&#233;trole, du gaz, du charbon et de l'uranium. Plus pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le p&#233;trole&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Un jour &#224; New York&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce jour de janvier 2007, la Bourse de Commerce de New York (NYMEX) est agit&#233;e par les gesticulations incompr&#233;hensibles de courtiers aux costumes de couleurs vari&#233;es qui hurlent des ordres &#224; travers toute la corbeille. L&#224; o&#249; se n&#233;gocie le cours de la mati&#232;re premi&#232;re la plus pr&#233;cieuse du monde &#8211; le p&#233;trole &#8211; nous sommes encore dans un march&#233; &#224; la cri&#233;e, comme l'&#233;tait le march&#233; des langoustines au Guilvinec en 1980, le cours du brut &#233;tait descendu en fin de s&#233;ance de 54,20 dollars par baril &#224; 53,15 dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la fluctuation sur un jour de n&#233;gociations ne signifie pas grand-chose, mais la baisse du p&#233;trole a dur&#233; plusieurs mois. Ce fut un march&#233; baissier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cinq mois de baisse&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas l'antiquit&#233; du processus de n&#233;gociation qui peut expliquer l'&#233;volution des cours du brut, passant de plus de 75 dollars le baril en ao&#251;t 2006 &#224; 53 dollars en janvier 2007. &#171; C'est la man&#339;uvre de Bush avant les &#233;lections de novembre qui est &#224; l'origine de ce ph&#233;nom&#232;ne &#187;, d&#233;clare un vieux courtier new-yorkais. &#171; Non. C'est la douceur de l'hiver 2006-2007 &#187;, r&#233;torque son voisin. &#171; Pas du tout, ce sont les sp&#233;culateurs des Hedge Funds qui abandonnent le p&#233;trole pour investir ailleurs &#187;, termine un troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autant que ces explications conjoncturelles, la logique mim&#233;tique qui r&#232;gne dans le monde des march&#233;s &#233;claire les mouvements apparemment incertains des cours. Les courtiers se soucient moins des fondamentaux &#233;conomiques de la mati&#232;re p&#233;trole que de l'opinion de leurs pairs. Ce sont les anticipations crois&#233;es des sp&#233;culateurs qui d&#233;terminent comment gagner de l'argent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Orl&#233;an, Le Pouvoir de la finance, Editions Odile Jacob, Paris, 1999, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cinq ans de hausse&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, depuis janvier 2002, la tendance longue des cours du p&#233;trole brut est &#224; la hausse. Ce rench&#233;rissement repose sur trois facteurs structurels d'origine g&#233;ologique, &#233;conomique et g&#233;opolitique :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) Le maximum mondial de production de liquide hydrocarbon&#233; sera bient&#244;t atteint. Depuis un si&#232;cle et demi d'extraction industrielle du p&#233;trole, on estime que 50 % des r&#233;serves ont &#233;t&#233; consomm&#233;es. Le p&#233;trole restant &#224; extraire r&#233;clamant beaucoup plus d'investissement pour une qualit&#233; moindre, les prix augmenteront tandis que la production diminuera. Nous entrons aujourd'hui dans l'&#232;re de la d&#233;croissance g&#233;ologique de la production mondiale de p&#233;trole.&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Un exc&#232;s structurel de la demande de p&#233;trole par rapport &#224; l'offre. Tout le monde veut du p&#233;trole, principale source d'&#233;nergie du mode de d&#233;veloppement industriel. Nous ne pouvons pas vivre sans p&#233;trole, nous sommes drogu&#233;s au p&#233;trole. Cela rendra le choc p&#233;trolier actuel plus durable que les chocs d'origine politique des ann&#233;es soixante-dix ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) Le p&#233;trole, c'est la guerre. L&#224; o&#249; il y a du p&#233;trole, une &#233;lite dirigeante vit de sa rente &#8211; souvent aux d&#233;pens de la population &#8211; et ces pays sont vis&#233;s par le comportement pr&#233;dateur des pays grands consommateurs comme les &#201;tats-Unis, la Chine et l'Union europ&#233;enne. L'Irak est un exemple clair de cette voracit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pic de Hubbert&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1956, King Hubbert, g&#233;ologue &#224; la soci&#233;t&#233; Shell, publia un article peu remarqu&#233; affirmant que la production p&#233;troli&#232;re des 48 premiers &#201;tats am&#233;ricains &#8211; la plus importante du monde &#224; cette &#233;poque &#8211; allait cro&#238;tre jusqu'en 1969, puis d&#233;cliner inexorablement ensuite. C'est ce qu'on nomme le Peak Oil, ou le passage du pic de Hubbert. Il fallut attendre un peu plus de quatorze ann&#233;es pour lui donner raison, &#224; un an pr&#232;s : la production am&#233;ricaine atteignit un maximum en 1970, et ne cessa de d&#233;cro&#238;tre depuis. La pr&#233;diction de Hubbert &#233;tait bas&#233;e sur l'observation que, pour une r&#233;gion suffisamment vaste, le volume annuel de l'extraction p&#233;troli&#232;re suit une courbe en cloche qui est maximale lorsqu'&#224; peu pr&#232;s la moiti&#233; de la ressource est extraite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colin Campbell et Jean Laherr&#232;re, &#171; La fin du p&#233;trole bon march&#233; &#187;, Pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s la disparition de King Hubbert en 1989, des g&#233;ologues et des universitaires tent&#232;rent de pr&#233;voir &#8211; avec quelque incertitude &#8211; la d&#233;croissance mondiale de la production de p&#233;trole. Celle-ci devrait culminer vers 2009 (plus ou moins trois ans), puis d&#233;cliner d'environ 2,5 % par an. Ce n'est pas demain, c'est demain matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les r&#234;ves des technophiles&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un premier r&#234;ve hante les esprits productivistes : investir plus dans l'exploration permettra de d&#233;couvrir et d'extraire plus de p&#233;trole. Las, apr&#232;s plus d'un si&#232;cle d'exploration g&#233;ologique, les ressources p&#233;troli&#232;res sont &#224; peu pr&#232;s toutes connues. Depuis plus de quarante ans, le volume des d&#233;couvertes annuelles diminue. Aucun investissement, aucune technologie ne cr&#233;era du p&#233;trole qui n'existe pas. Cependant, le mythe continue. Ainsi est-il courant d'entendre que le Moyen-Orient est peu explor&#233;, et que si les pays de cette r&#233;gion &#233;taient plus ouverts aux technologies et aux prospecteurs occidentaux, la production de p&#233;trole pourrait augmenter. Ceci est faux. Certes, quelques territoires &#224; faible potentiel sont peu for&#233;s, mais ce qui compte est la &#171; courbe d'&#233;cr&#233;mage &#187; d'un territoire, c'est-&#224;-dire le graphe qui montre l'augmentation du volume de d&#233;couvertes cumul&#233;es en fonction du nombre de puits for&#233;s. En Arabie saoudite, par exemple, 90 % du p&#233;trole a &#233;t&#233; d&#233;couvert entre 1935 et 1968 en forant seulement 40 puits d'exploration, tandis que les 10 % de p&#233;trole restant ont &#233;t&#233; d&#233;couverts entre 1968 et 2005 en forant 120 puits d'exploration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Laherr&#232;re, &#171; P&#233;trole et gaz : quel avenir pour quel monde ? &#187;, Orthez, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second r&#234;ve imagine que les progr&#232;s technologiques peuvent augmenter le taux de r&#233;cup&#233;ration des champs de p&#233;trole (soit le pourcentage des r&#233;serves initiales par rapport au volume total en place). Ce taux est aujourd'hui de 35 %, en moyenne. &#171; Un gain de 1 % de taux de r&#233;cup&#233;ration &#233;quivaut &#224; deux ans et demi de consommation mondiale ! Notre ambition est de le porter en moyenne &#224; 50 % &#187;, affirme Andrew Gould, le PDG de Schlumberger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Recherche, cahier technologique n&#176; 1, avril 2007, p. XIV. (Schlumberger (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais comment conna&#238;t-on le volume d'un champ de p&#233;trole et les r&#233;serves que l'on peut en extraire ? Les puits d'exploration indiquent l'&#233;paisseur, la porosit&#233; et la saturation du champ, tandis que la sismique en reconstitue la structure. L'incertitude demeure [n&#233;anmoins], car les puits sont ponctuels et la sismique impr&#233;cise. Les r&#233;serves extractibles sont &#233;galement incertaines au d&#233;but de l'exploitation du champ, et ne sont finalement connues que lorsque la production du champ s'arr&#234;te. Le taux de r&#233;cup&#233;ration d&#233;pend essentiellement de la g&#233;ologie du r&#233;servoir. Il peut varier de 3 % pour un r&#233;servoir compact fractur&#233; &#224; 85 % pour un r&#233;servoir poreux et perm&#233;able. Aucune technologie ne peut transformer un r&#233;servoir compact en un r&#233;servoir poreux. Pour le p&#233;trole conventionnel, on peut cependant agir sur la pression par injection d'eau ou de gaz, tandis que, pour les huiles extra lourdes, l'injection de vapeur d'eau r&#233;duit la viscosit&#233; et augmente la r&#233;cup&#233;ration, au prix d'investissements et de co&#251;ts op&#233;ratoires croissants. Si cette r&#233;cup&#233;ration assist&#233;e acc&#233;l&#232;re l'extraction, elle endommage souvent le r&#233;servoir de telle sorte que le d&#233;clin apr&#232;s le pic est plus rapide et que le volume ultimement extrait reste le m&#234;me qu'estim&#233; initialement, voire inf&#233;rieur si le for&#231;age a &#233;t&#233; trop brutal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Laherr&#232;re, op. cit.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exemple du champ de Yibal, dans le sultanat d'Oman, montre que l'extraction de p&#233;trole par Shell a d'abord augment&#233; avec l'injection d'eau sous pression en 1979. Puis, vers 1999, elle s'est brutalement effondr&#233;e, tandis que le m&#233;lange qui jaillissait en pied de puits contenait 90 % d'eau. Cette technologie a conduit &#224; l'extraction ultime de moins de 1 800 millions de barils pour ce champ, alors que, sans for&#231;age de la production, il &#233;tait pr&#233;vu d'en extraire 2 400 millions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yves Cochet, P&#233;trole apocalypse, Fayard, 2005, p. 34.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le profit &#224; court terme de la r&#233;cup&#233;ration forc&#233;e d&#233;truit les b&#233;n&#233;fices &#224; long terme d'un volume extrait plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres r&#234;ves persistent dans l'imaginaire des cornucopiens (les croyants en la prodigalit&#233; &#233;ternelle de la nature) : la technologie contribuerait &#224; la croissance des r&#233;serves ; elle montrerait que nous avons encore 40 ans de r&#233;serves pour le p&#233;trole, 60 ans pour le gaz, et 250 ans pour le charbon ; elle diminuerait les co&#251;ts d'extraction du brut. La r&#233;alit&#233; est tout autre lorsque l'on prend le temps d'examiner longuement les statistiques comme le font Jean Laherr&#232;re et les experts de l'ASPO&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association for the Study of Peak Oil &amp; Gas.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier r&#234;ve s'exprime comme une &#233;vidence de bon sens m&#226;tin&#233;e de credo scientiste : la technoscience trouvera des &#233;nergies de substitution lorsque la production de p&#233;trole d&#233;clinera. Or, existe-t-il aujourd'hui une &#233;nergie aussi bon march&#233;, aussi transportable, aussi r&#233;pandue, aussi facile et universelle d'usage que le p&#233;trole ? Aucune. Les avions ne d&#233;collent pas avec de l'uranium ou de l'&#233;olien. Ni avec des agrocarburants (&#233;thanol, diester), dont l'engouement actuel est d&#251; au lobby betteravier et c&#233;r&#233;alier, au m&#233;pris de tout bilan &#233;cologique et &#233;nerg&#233;tique. Lorsque la production de p&#233;trole commencera &#224; d&#233;cliner pour toujours, il n'existera aucun fluide capable de compenser la d&#233;pl&#233;tion de plus d'un milliard de barils par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gaz&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, nous dit-on, dans certaines applications, le gaz naturel peut remplacer le p&#233;trole. Examinons de plus pr&#232;s cette affirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, un r&#233;servoir g&#233;ologique de p&#233;trole contient aussi du gaz associ&#233;. Cependant, ce gaz est parfois renvoy&#233; sous terre par un autre puits pour maintenir la pression dans le r&#233;servoir, ou bien il est br&#251;l&#233; sur place dans des torch&#232;res, ou simplement envoy&#233; dans l'atmosph&#232;re (contribuant ainsi fortement &#224; l'accroissement de la concentration des gaz &#224; effet de serre). En effet, l'exploitation commerciale de ce gaz naturel associ&#233; au p&#233;trole exigerait des infrastructures sp&#233;cifiques de traitement et de transport qui manquent en g&#233;n&#233;ral. Le g&#233;ant russe Gazprom rejette ainsi de grandes quantit&#233;s de gaz dans ses exploitations p&#233;troli&#232;res, faute d'installations gazi&#232;res. En mer du Nord, le volume de gaz torch&#233; poss&#232;de une puissance &#233;quivalente &#224; celle d'un r&#233;acteur nucl&#233;aire de 1500 MW&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andrew McKillop, &#171; Peak Oil to Peak Gas is a short ride &#187;, Energy Bulletin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La Banque mondiale estime que le volume total du gaz torch&#233; sur notre plan&#232;te est d'environ 150 milliards de m3 par an, soit l'&#233;quivalent du tiers de la consommation annuelle de gaz de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mode actuelle de la transition douce du p&#233;trole vers le gaz souffre de l'ignorance des co&#251;ts et du temps incompressibles qui seraient n&#233;cessaires pour effectuer cette transition. Augmenter la production de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#224; l'&#233;quivalent de 10 % de la production actuelle de p&#233;trole exigerait au moins quinze ans, m&#234;me en l'absence de contraintes financi&#232;res. En outre, les investisseurs pr&#233;f&#232;rent le p&#233;trole au gaz pour la double raison que vendre du p&#233;trole rapporte plus que vendre du gaz, et que le co&#251;t des infrastructures p&#233;troli&#232;res est moindre que celui des infrastructures gazi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Gazprom risque de s'achever sous peu dans la m&#234;me d&#233;b&#226;cle que celle d'Enron. L'extraction des grands champs gaziers de Sib&#233;rie, proche de son maximum puis de son d&#233;clin vers 2010, sera incapable de fournir les volumes promis &#224; la consommation int&#233;rieure russe et inscrits dans les contrats d'exportation vers la Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats ind&#233;pendants et vers l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Peak Oil commence &#224; &#234;tre connu d'une minorit&#233; de d&#233;cideurs &#233;conomiques et politiques des pays de l'OCDE, le Peak Gas (c'est-&#224;-dire l'amorce du d&#233;clin de production de la ressource) est totalement ignor&#233;. La croyance commune est plut&#244;t celle de la transition du p&#233;trole vers le gaz, accompagn&#233;e de l'expression de multiples avantages illusoires : le gaz est bon march&#233;, il est plus doux pour l'environnement, et provient majoritairement de pays non membres de l'OPEP, non arabes ou non musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Peak Gas mondial pourrait advenir vers 2025. Mais la situation est tr&#232;s diff&#233;rente de celle du p&#233;trole. Le p&#233;trole est, de tr&#232;s loin, le plus grand march&#233; mondial, en valeur comme en volume. Lorsqu'on parle de mondialisation, c'est d'abord de p&#233;trole qu'il s'agit. Le gaz, au contraire, n'est pas r&#233;gi par un march&#233; mondial, mais par quatre march&#233;s continentaux (Am&#233;rique du Nord, Am&#233;rique du Sud, Europe, Asie-Pacifique), simplement parce que le gaz est gazeux ! Pour le transporter sur les oc&#233;ans, il faut le refroidir afin de le liqu&#233;fier, ce qui co&#251;te globalement dix fois plus cher que le transport du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#233;nuries g&#233;ologiques doivent donc &#234;tre anticip&#233;es &#224; l'&#233;chelle de ces continents. Le premier frapp&#233; sera l'Am&#233;rique du Nord &#8211; avant m&#234;me le pic p&#233;trolier &#8211; avec un d&#233;clin de production gazi&#232;re plus s&#233;v&#232;re que pour le p&#233;trole. Il en sera de m&#234;me pour l'Europe, trop confiante dans le gaz russe dont les r&#233;serves sont sur&#233;valu&#233;es. Vladimir Poutine esp&#232;re prendre la direction de Gazprom en 2008, et cherche actuellement &#224; cr&#233;er une OPEG avec la Sonatrach d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le charbon&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une derni&#232;re croyance salvatrice r&#233;conforte les th&#233;ologiens de la croissance &#233;nerg&#233;tique : l'abondance du charbon. Bien entendu, on esp&#232;re que les technologies les plus modernes de captation-s&#233;questration du carbone seront appel&#233;es &#224; la rescousse pour &#233;viter que les nouvelles centrales thermiques au charbon accroissent significativement les &#233;missions de CO2. Il existe aujourd'hui plus de mille projets de telles centrales au charbon, mais seules quatre d'entre eux sont accompagn&#233;s de dispositifs de captation-s&#233;questration du carbone, si tant est que cela fonctionne. En outre, comme pour les autres &#233;nergies fossiles primaires que nous avons &#233;voqu&#233;es, se posent les questions de l'estimation des r&#233;serves mondiales de charbon et de la date du Peak Coal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une toute r&#233;cente &#233;tude allemande&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tente d'y r&#233;pondre. Apr&#232;s avoir constat&#233; que les statistiques charbonni&#232;res sont aussi incertaines que celles qui concernent le p&#233;trole et le gaz, les auteurs s'&#233;tonnent de l'anciennet&#233; des bases de donn&#233;es et des importantes r&#233;visions &#224; la baisse lors des mises &#224; jour de certaines d'entre elles. L'annonce la plus spectaculaire concerne justement l'Allemagne : depuis des d&#233;cennies, l'Institut f&#233;d&#233;ral des g&#233;osciences publiait un volume de r&#233;serves charbonni&#232;res de l'ordre de 23 milliards de tonnes, lorsque, en 2004, il ajusta son estimation &#224; 183 millions de tonnes, soit une r&#233;duction de plus de 99 % ! &#192; un moindre degr&#233;, des r&#233;visions &#224; la baisse ont &#233;galement &#233;t&#233; effectu&#233;es en Grande-Bretagne et en Pologne, tandis que les derni&#232;res donn&#233;es chinoises datent de 1992. Depuis vingt ans, seules l'Inde et l'Australie ont augment&#233; l'estimation de leurs r&#233;serves de charbon, alors que les autres pays charbonniers ont diminu&#233; les leurs de 35 % en moyenne. Ces consid&#233;rations sont tr&#232;s diff&#233;rentes de celles qui sont offertes par BP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou par le Conseil mondial de l'&#233;nergie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six pays se partagent 85 % des r&#233;serves mondiales de charbon : les &#201;tats-Unis, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Australie et l'Afrique du Sud. Cependant, les grands pays exportateurs ne viennent pas dans le m&#234;me ordre : l'Australie, l'Indon&#233;sie, l'Afrique du Sud et la Colombie. Si le charbon devait simplement contrebalancer la d&#233;pl&#233;tion mondiale du p&#233;trole et du gaz dans les deux d&#233;cennies &#224; venir, il faudrait augmenter de plus de 30 % la production actuelle. Ceci semble g&#233;ologiquement possible, mais, apr&#232;s 2025, la situation deviendrait plus dramatique : toutes les &#233;nergies primaires fossiles seraient en d&#233;clin. La conclusion du docteur Wernel Zittel, directeur de l'&#233;tude, est sans appel : &#171; Les investissements dans le charbon propre r&#233;clament &#233;norm&#233;ment d'argent et de soins. Ceci servira d'abord &#224; justifier la construction de nouvelles centrales &#233;lectriques au charbon dans les quinze ans &#224; venir. Ensuite, si la s&#233;questration du carbone est &#233;conomiquement pr&#234;te, cela sera inutile puisque le gros des centrales polluantes aura &#233;t&#233; construit, et de nouvelles constructions n'auront pas lieu &#224; cause de la disponibilit&#233; insuffisante de charbon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'uranium&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;quipe de chercheurs allemands de l' &#171; Energy Watch Group &#187; a inaugur&#233; ses travaux en novembre 2006 par la publication d'un document &#233;tonnant sur la p&#233;nurie prochaine d'uranium, faisant ainsi s'&#233;vanouir tous les r&#234;ves de &#171; substitution &#187; des fossiles par le nucl&#233;aire &#233;manant du lobby de l'atome, reconverti en acteur z&#233;l&#233; de la lutte contre [la d&#233;rive de] l'effet de serre. &#171; Toutes les propositions de croissance du nucl&#233;aire n&#233;gligent le fait que les r&#233;serves de minerai requis pour cette technologie sont en fort d&#233;clin et ne permettent pas un d&#233;veloppement futur &#187;, affirme le docteur Werner Zittel. Le groupe de chercheurs a calcul&#233; que, m&#234;me avec des prix &#233;lev&#233;s de l'uranium, la production d'uranium atteindra son maximum vers 2035, si l'on se contente de fournir le parc actuel de r&#233;acteurs. Si, comme le recommande l'Agence internationale de l'&#233;nergie, de nouvelles centrales sont construites, la p&#233;nurie de combustible nucl&#233;aire adviendra avant 2030. De toute fa&#231;on, les prix de l'uranium ne cesseront de cro&#238;tre fortement. La livre d'uranium valait encore 7 dollars en 2001. Elle a atteint les 60 dollars &#224; la fin de 2006, et a d&#233;pass&#233; les 100 dollars au printemps 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 440 r&#233;acteurs nucl&#233;aires en fonctionnement dans le monde consomment environ 67000 tonnes de minerai uranif&#232;re par an. L'extraction mini&#232;re n'en fournit que 42 000 tonnes, le reste provenant du d&#233;sarmement et des stocks. Ces 25000 tonnes annuelles comblant le manque de la production mini&#232;re ne cessent de d&#233;cro&#238;tre depuis 1980 et seront &#233;puis&#233;es dans les dix ans &#224; venir. Ceci impliquerait d'accro&#238;tre la production mini&#232;re de plus de 50 % &#224; partir de 2015 pour couvrir les besoins futurs. Les perspectives g&#233;ologiques et &#233;conomiques en la mati&#232;re sont limit&#233;es, bien inf&#233;rieures aux 50 % requis. &#171; Au vu des donn&#233;es examin&#233;es concernant l'extraction, nous pouvons conclure que l'&#233;nergie nucl&#233;aire ne sera plus une source d'&#233;nergie majeure dans quelques d&#233;cennies &#187;, ajoute le docteur Zittel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technique pr&#233;sente de nombreuses facettes. Elle n'est pas, par essence, d&#233;di&#233;e &#224; la seule raison instrumentale de domination du monde, d'autant que celle-ci n'est pas un mod&#232;le convenable de la r&#233;alit&#233;, comme nous venons de la constater avec les exemples de l'extraction des ressources o&#249;, paradoxalement, la technique alli&#233;e au productivisme rapproche la fin de ce productivisme. La technique peut aussi nous dire l'entente que l'humanit&#233; forme avec le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;rique Patras, La Pens&#233;e math&#233;matique contemporaine, Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'habilet&#233; de l'artisan, l'&#233;loquence d'un orateur, la cuisine d'un chef sont aussi technicis&#233;es que la sismique p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathis Wackernagel and alii, &#171; Tracking the ecological overshoot of the human economy &#187;, &lt;i&gt;Proceedings of the National Academy of Sciences USA&lt;/i&gt;, Vol. 99, Issue 14, July 9, 2002, pp. 9266-9271.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Orl&#233;an, &lt;i&gt;Le Pouvoir de la finance&lt;/i&gt;, Editions Odile Jacob, Paris, 1999, pp. 100-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colin Campbell et Jean Laherr&#232;re, &#171; La fin du p&#233;trole bon march&#233; &#187;, &lt;i&gt;Pour la Science&lt;/i&gt;, n&#176; 247, mai 1998, pp. 30-36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Laherr&#232;re, &#171; P&#233;trole et gaz : quel avenir pour quel monde ? &#187;, Orthez, 26 septembre 2006. &lt;a href=&#034;http://www.oilcrisis.com/laherrere/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.oilcrisis.com/laherrere/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Recherche&lt;/i&gt;, cahier technologique n&#176; 1, avril 2007, p. XIV. (Schlumberger est la premi&#232;re soci&#233;t&#233; mondiale de services p&#233;troliers. CA 2006 : 19,2 milliards de dollars, 70 000 salari&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Laherr&#232;re, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yves Cochet, &lt;i&gt;P&#233;trole apocalypse&lt;/i&gt;, Fayard, 2005, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association for the Study of Peak Oil &amp; Gas. &lt;a href=&#034;http://www.peakoil.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.peakoil.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andrew McKillop, &#171; Peak Oil to Peak Gas is a short ride &#187;, &lt;i&gt;Energy Bulletin&lt;/i&gt;, 12 d&#233;cembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.energywatchgroup.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.energywatchgroup.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bp.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.bp.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.worldenergy.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.worldenergy.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;rique Patras, &lt;i&gt;La Pens&#233;e math&#233;matique contemporaine&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de France, 2001, p. 176.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transitions politiques vers la d&#233;croissance</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article111</link>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves COCHET</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales sont proches et les questions pressantes : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La qualit&#233; de l'eau, de l'air, des aliments se d&#233;gradera-t-elle encore ? Les pollutions industrielles, l'&#233;puisement des ressources, le pillage du Sud s'accro&#238;tront-ils ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Notre sant&#233; n'est-elle pas menac&#233;e par ces agressions ? Le syst&#232;me m&#233;dical dominant est-il capable d'enrayer les maladies de civilisation ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Pourquoi l'&#233;cole ne remplit-elle plus sa promesse &#233;galitaire ? Peut-elle encore contribuer &#224; gu&#233;rir les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales sont proches et les questions pressantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La qualit&#233; de l'eau, de l'air, des aliments se d&#233;gradera-t-elle encore ? Les pollutions industrielles, l'&#233;puisement des ressources, le pillage du Sud s'accro&#238;tront-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Notre sant&#233; n'est-elle pas menac&#233;e par ces agressions ? Le syst&#232;me m&#233;dical dominant est-il capable d'enrayer les maladies de civilisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pourquoi l'&#233;cole ne remplit-elle plus sa promesse &#233;galitaire ? Peut-elle encore contribuer &#224; gu&#233;rir les maux de notre soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; et l'exclusion continueront-ils de cro&#238;tre ? Peut-on, pour les r&#233;duire, cr&#233;er suffisamment d'emplois (lesquels ?) ou faut-il d'abord partager travail et revenus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Comment penser une &#233;conomie qui ne soit plus fond&#233;e sur la comp&#233;tition &#224; outrance, qui n'aboutisse pas &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;chir&#233;e : une minorit&#233; de puissants &#224; c&#244;t&#233; d'une majorit&#233; d'exclus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les questions de d&#233;linquance et de s&#233;curit&#233; ont-elles d'abord une origine &#233;conomique ? Ou bien sont-elles plus profond&#233;ment li&#233;es &#224; l'apologie culturelle de la violence et de l'individualisme, au cynisme des appareils d'&#201;tat et des entreprises mondialis&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Comment construire la co&#233;volution des Fran&#231;ais et des immigr&#233;s sur le territoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Comment faire de l'Europe &#8211; et quelle Europe ? &#8211; un enjeu mobilisateur et f&#233;d&#233;rateur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Quel peut-&#234;tre le r&#244;le de la France dans le monde ? Puissance n&#233;ocoloniale, ou pays solidaire du Sud ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Comment interpr&#233;ter la d&#233;saffection croissante des citoyens pour la chose publique ? Comment reconstruire une morale et des pratiques d&#233;mocratiques dans la vie politique fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pr&#233;sent, ces questions sont au c&#339;ur des pr&#233;occupations de nos concitoyens. Pour les ann&#233;es qui viennent, elles concernent chacun d'entre nous. Elles sont cens&#233;es recevoir des r&#233;ponses &#224; travers les choix que formuleront les &#233;lecteurs en 2007. Cependant, ces questions ne sont pas nouvelles. Nos concitoyens et nous-m&#234;mes les posions d&#233;j&#224; il y a plus de vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a chang&#233; depuis, c'est d'abord que les politiques men&#233;es par les gouvernements successifs n'ont pas ou peu apport&#233; de r&#233;ponses satisfaisantes &#224; ces questions, quand ils ne les ont pas aggrav&#233;es (disant cela, je ne confonds pas la gauche et la droite, je lis simplement les statistiques des pollutions, des maladies, de l'&#233;chec scolaire, du ch&#244;mage, des in&#233;galit&#233;s&#8230;). L'origine de ces &#233;checs r&#233;side dans le credo productiviste commun &#224; la droite et &#224; la gauche traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite entretient la religion de la croissance en affirmant que plus de consommation et plus de march&#233; finiront par r&#233;soudre les probl&#232;mes &#233;cologiques et sociaux que nous traversons : &#171; Emploi, croissance et confiance au service des Fran&#231;ais : 1. Soutenir le pouvoir d'achat, la consommation et l'emploi ; 2. Renforcer nos entreprises pour les emplois d'aujourd'hui et de demain ; 3. S'attaquer aux blocages qui verrouillent notre &#233;conomie ; 4. Mettre nos finances publiques au service de la croissance &#187; (extrait des orientations de l'UMP [&lt;a href=&#034;http://www.u-m-p.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.u-m-p.org&lt;/a&gt;]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche estime que la justice sociale qu'elle poursuit se r&#233;alisera par une politique keyn&#233;sienne de grands travaux et de relance de la consommation pour retrouver la croissance menant au plein emploi : &#171; La France est en manque de croissance. Elle en paie le tribut en termes de ch&#244;mage et de pr&#233;carit&#233;&#8230; Aujourd'hui, l'&#233;conomie fran&#231;aise souffre d'une mollesse de la consommation, mais aussi d'une d&#233;t&#233;rioration de notre capacit&#233; productive&#8230; Relancer la croissance est une condition n&#233;cessaire &#224; la cr&#233;ation d'emplois, &#224; la redistribution des revenus et au financement de la protection sociale &#187; (Parti socialiste, Congr&#232;s du Mans, novembre 2005, synth&#232;se finale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pens&#233;es politiques souvent r&#233;duites &#224; un &#233;conomisme aveugle &#224; la finitude de notre plan&#232;te et au surcro&#238;t d'entropie que la sacro-sainte croissance et la mondialisation engendrent fatalement. Les &#233;conomistes traditionnels appellent &#171; externalit&#233;s &#187; les effets n&#233;gatifs induits par la production de biens. Ainsi, par exemple, lorsque les agriculteurs nous fournissent des aliments, les &#233;conomistes parlent de la production de &#171; biens &#187;. Lorsque les pesticides, phytosanitaires et engrais de synth&#232;se polluent nos rivi&#232;res, les &#233;conomistes nomment cette pollution &#171; maux &#187; ou externalit&#233;s environnementales, car le co&#251;t de la d&#233;pollution de l'environnement n'est pas directement inclus dans les prix des pommes de terre et des poires que nous achetons. Certains croient que des technologies plus &#171; propres &#187; permettraient de r&#233;duire les externalit&#233;s, &#224; production et productivit&#233; constantes. C'est ponctuellement vrai, mais globalement faux. Dans un syst&#232;me &#233;conomique, tout m&#233;canisme de contr&#244;le (de la pollution, par exemple) requiert de l'&#233;nergie et, donc, g&#233;n&#232;re de l'entropie au cours de son fonctionnement. La raison fondamentale de l'existence des externalit&#233;s n'est donc pas technologique, elle est scientifique : selon la seconde loi de la thermodynamique (ou loi de l'entropie), on ne peut produire de biens sans g&#233;n&#233;rer aussi des externalit&#233;s, c'est-&#224;-dire sans augmenter l'entropie. Les externalit&#233;s sont &#224; l'&#233;conomie ce que l'entropie est &#224; la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a surtout beaucoup chang&#233; depuis vingt ans, c'est l'imminence et l'ampleur de la crise environnementale, la prolif&#233;ration des externalit&#233;s, le d&#233;passement de la capacit&#233; de charge de la plan&#232;te. D&#233;clin de la biodiversit&#233;, accumulation des produits toxiques, pollution de l'air et de l'eau&#8230; la biosph&#232;re va de plus en plus mal. L'empreinte &#233;cologique des pays riches doit d&#233;cro&#238;tre. L'exemple du cycle du carbone est le plus &#233;vident qui soit. En aval de ce cycle, il n'est d&#233;sormais plus personne pour nier les cons&#233;quences consid&#233;rables du chaos climatique qui s'annonce, bien que les politiques publiques internationales (Protocole de Kyoto) ou fran&#231;aise (plan Climat) soient tr&#232;s en-de&#231;&#224; de ce qu'il conviendrait de faire. En revanche, l'amont du cycle &#8211; la consommation et l'&#233;puisement des mati&#232;res fossiles &#8211; est moins reconnu pour l'instant, alors que la hausse du prix des hydrocarbures depuis quatre ans ne peut s'expliquer sans le renforcement mutuel des trois facteurs &#8211; g&#233;ologique, &#233;conomique et g&#233;opolitique &#8211; g&#233;n&#233;rateurs du choc p&#233;trolier durable dans lequel nous sommes entr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons aujourd'hui l'&#233;tape charni&#232;re entre l'&#232;re centenaire de l'&#233;nergie abondante et bon march&#233; et celle de l'&#233;nergie plus rare et plus ch&#232;re. Ce seul fait mat&#233;riel commence &#224; bouleverser les soci&#233;t&#233;s et les &#233;conomies dans tous les domaines et sur tous les continents (L'Indon&#233;sie &#233;tait pr&#233;sidente de l'Opep en 2004 ; en 2005, Djakarta connut plusieurs &#233;meutes dues &#224; la chert&#233; du prix de l'essence). &lt;i&gt;Avec la d&#233;croissance de la production d'hydrocarbures, adviendra la d&#233;croissance tout court.&lt;/i&gt; Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de savoir si nous sommes, individuellement et collectivement, favorables ou non &#224; la d&#233;croissance, il s'agit d'anticiper cette d&#233;croissance imminente pour imaginer une politique viable pendant la l&#233;gislature 2007-2012. Viable, c'est-&#224;-dire qui se fixe comme objectifs la d&#233;fense et l'extension de la paix, de la d&#233;mocratie et de la coh&#233;sion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sobri&#233;t&#233; et la solidarit&#233; sont tout &#224; la fois les valeurs et les outils de cette politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Refonder le local&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Domin&#233;s par le jeu plan&#233;taire des grandes entreprises capitalistes, les processus &#233;conomiques transnationaux d&#233;truisent les &#233;quilibres locaux et r&#233;gionaux. Cependant, la contraction des &#233;changes due &#224; la chert&#233; croissante de l'&#233;nergie va bient&#244;t d&#233;mondialiser la mondialisation. La recherche de l'autosuffisance &#233;nerg&#233;tique et alimentaire r&#233;gionale permettra aux acteurs locaux d'augmenter leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du nucl&#233;aire et des fossiles, ainsi que des grandes cha&#238;nes agroalimentaires continentales, tout en r&#233;duisant l'empreinte &#233;cologique du territoire. Par la mise en place de circuits courts entre producteurs et consommateurs, elle sera l'occasion de retisser les solidarit&#233;s locales d&#233;truites par la mondialisation et la politique agricole commune, de prot&#233;ger des cycles de sustentation de la vie (eau, carbone, azote, phosphore&#8230;). Une meilleure ma&#238;trise, par les habitants, du fonctionnement et de l'&#233;volution de la collectivit&#233; r&#233;gionale dont ils font partie est un puissant moteur de r&#233;alisation personnelle, de bouillonnement associatif et de cr&#233;ativit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;relocalisation de l'&#233;conomie&lt;/i&gt; sera d&#233;battue et organis&#233;e par l'introduction progressive de tarifs, de quotas et d'incitations destin&#233;s &#224; garantir &#224; l'&#233;chelon territorial le maximum de protection et de diversit&#233;, de telle sorte que les importations soient r&#233;duites. L'acc&#232;s au march&#233; (local, national, europ&#233;en) d&#233;pendra ainsi de l'observation de cette politique, en garantissant que ce qu'un territoire peut produire, il le fasse. &#192; cette fin, chaque territoire 1) proc&#233;dera &#224; un inventaire de ce qu'il importe aujourd'hui, 2) analysera ce qu'il peut raisonnablement produire, 3) &#233;tablira un calendrier de transition pendant laquelle l'importation des biens vis&#233;s au 2 deviendra plus ch&#232;re, 4) encouragera les investisseurs et producteurs &#224; entreprendre ces productions locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prot&#233;ger vraiment la nature. Appliquer le droit de l'environnement. R&#233;primer la d&#233;linquance &#233;cologique. Responsabiliser les am&#233;nageurs. Respecter les associations. Faire r&#233;parer les dommages. Restaurer le patrimoine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sortir du nucl&#233;aire. Promouvoir la sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique, l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et les &#233;nergies renouvelables. R&#233;&#233;crire un plan Climat plus ambitieux. R&#233;duire les d&#233;placements contraints. Cr&#233;er un service public ferroviaire europ&#233;en. Favoriser les transports collectifs urbains. R&#233;duire la vitesse maximale sur route et autoroute.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tendre vers l'autosuffisance alimentaire. Promouvoir l'agriculture biologique. Refuser toute culture d'OGM. Contr&#244;ler les importations alimentaires aux fronti&#232;res de l'Europe. R&#233;duire les surplus agricoles europ&#233;ens. R&#233;&#233;crire la PAC et l'OMC selon les principes de souverainet&#233; alimentaire et d'autosuffisance r&#233;gionale. Prot&#233;ger les terres agricoles et revaloriser le m&#233;tier de paysan.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Garantir &#224; tous le droit d'acc&#232;s aux soins et &#224; la sant&#233;. Reconna&#238;tre le pluralisme th&#233;rapeutique. Consid&#233;rer la personne comme essentielle. Lier sant&#233; et environnement. Renforcer la sant&#233; au travail. &#201;duquer &#224; la sant&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Reconna&#238;tre chaque &#233;l&#232;ve comme une personne. Diversifier les cursus scolaires. Adapter le temps de travail &#224; chaque &#233;l&#232;ve. Rapprocher les grandes &#233;coles et l'universit&#233;. Encourager la recherche. Relancer les partenariats avec les mouvements d'&#233;ducation populaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tablir un revenu d'existence&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;orientation de nos modes de production et de consommation s'accompagnera de nombreuses reconversions professionnelles. Face &#224; la discontinuit&#233; de l'emploi, les possibilit&#233;s des plus d&#233;favoris&#233;s seront garanties par un &lt;i&gt;revenu d'existence&lt;/i&gt; &#233;lev&#233;, universel, inconditionnel et individuel. Les soci&#233;t&#233;s de sobri&#233;t&#233; sont des soci&#233;t&#233;s solidaires : la s&#233;curit&#233; sociale est pens&#233;e &#224; partir de la personne et non du poste de travail ; &#171; un revenu pour tous &#187; est la r&#233;ponse politique au moyen de laquelle chacun peut se lib&#233;rer de la crainte d'&#234;tre exclu, chacun peut construire son parcours. La conversion &#233;cologique et solidaire de l'&#233;conomie offrira les emplois permettant au plus grand nombre d'ajouter un salaire &#224; son revenu d'existence. Le partage du travail et des revenus r&#233;duira le ch&#244;mage et accro&#238;tra la solidarit&#233;, tandis que des dizaines de milliers d'emplois seront cr&#233;&#233;s par la politique de sobri&#233;t&#233; (ex : isolation de l'habitat ancien) et l'&#233;conomie sociale et solidaire. Cette mutation requiert aussi une &#233;volution en profondeur de nos syst&#232;mes d'&#233;ducation et de sant&#233;, vers des politiques plus d&#233;centralis&#233;es, plus participatives, plus transversales. La crise de nos banlieues, la mont&#233;e du racisme, la d&#233;rive vers l'extr&#234;me droite des forces conservatrices de ce pays, le productivisme d'une partie de l'ancienne gauche r&#233;v&#232;lent le malaise de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Pour y r&#233;pondre, nous affirmons nos valeurs de solidarit&#233; et de tol&#233;rance, de respect et de dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le revenu d'existence est universel, re&#231;u par tous sans plafond de ressources, mais imposable et donc enti&#232;rement r&#233;cup&#233;rable sur les riches par la fiscalit&#233;. Il est individuel, il permet l'ind&#233;pendance de chacun, notamment des jeunes, par rapport &#224; sa famille. Il est inconditionnel, il r&#233;alise le d&#233;couplage entre travail et revenu, sans contrepartie de l'un sur l'autre. Il est cumulable avec un revenu du travail, c'est la fiscalit&#233; qui effectue la d&#233;gressivit&#233; automatique. Il est vers&#233; en liquide, son affectation est de la responsabilit&#233; de chaque personne. Il est insaisissable sur compte bancaire. Le revenu d'existence est de niveau &#233;lev&#233;, de l'ordre des deux tiers du SMIC. Il se substitue &#224; la plupart des minima sociaux et aux allocations familiales, logement, minimum retraite, mais non aux protections de la s&#233;curit&#233; sociale. Il est financ&#233; par la r&#233;cup&#233;ration des minima et allocations auxquels il se substitue, ainsi que par des pr&#233;l&#232;vements &#224; large assiette (r&#233;forme de l'IRPP) et des taxes sur l'utilisation des ressources non renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Etablir un revenu d'existence. Aller vers les 32 heures et la semaine de quatre jours. Encadrer le statut de stagiaire. Moduler la dur&#233;e l&#233;gale du travail &#224; partir de 55 ans. Rendre l'IRPP plus progressif. Asseoir la taxe d'habitation sur le revenu du m&#233;nage. &#201;tudier la fusion de la CSG et de l'IRPP. Introduire l'empreinte &#233;cologique dans le calcul de la taxe professionnelle et de la taxe fonci&#232;re b&#226;tie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Soutenir les acteurs de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Favoriser l'&#233;pargne solidaire. Promouvoir la conversion en SCOP. Red&#233;finir les services publics dans le cadre de la politique de sobri&#233;t&#233; et de solidarit&#233;. Renforcer le tissu des PME. D&#233;velopper l'artisanat et le commerce de proximit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une France f&#233;d&#233;rale dans une Europe f&#233;d&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Aujourd'hui, en France comme en Europe, la d&#233;mocratie se r&#233;duit &#224; une vague tentative de r&#233;guler le jeu des grands groupes &#233;conomiques. Il faut changer de direction, c'est-&#224;-dire f&#233;d&#233;raliser notre pays pour organiser et contr&#244;ler un pouvoir et une &#233;conomie relocalis&#233;s. Bien s&#251;r, le pouvoir local peut &#234;tre capt&#233; par une minorit&#233;, mais il est plus facile d'infl&#233;chir ou de participer &#224; un pouvoir local. Une VIe R&#233;publique &#233;tablissant une France f&#233;d&#233;rale, &#224; l'image de l'Allemagne par exemple, sera donc la premi&#232;re &#233;tape de la reprise de pouvoir des citoyens sur leur vie. Elle comprendra notamment une hi&#233;rarchie administrative simplifi&#233;e et aux pr&#233;rogatives clarifi&#233;es : les pays, les r&#233;gions, l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel f&#233;d&#233;ralisme offre de r&#233;els avantages pour la mise en &#339;uvre de notre politique de sobri&#233;t&#233; et de solidarit&#233; : la dotation du maximum de pouvoir politique au local permet aux &#233;lus de prot&#233;ger plus efficacement leurs concitoyens contre les man&#339;uvres des entreprises transnationales, et permet aux &#233;lecteurs de contr&#244;ler de plus pr&#232;s les actions de leurs &#233;lus ; les circuits courts d'une &#233;conomie locale diversifi&#233;e (ex : les AMAP) retissent les solidarit&#233;s de proximit&#233; et r&#233;solvent plus vite les conflits entre consommateurs et producteurs ; la d&#233;croissance des &#233;changes mondiaux r&#233;duit en amont les menaces imminentes de la d&#233;pl&#233;tion des mati&#232;res premi&#232;res et des &#233;nergies fossiles, et r&#233;duit en aval les pollutions et &#233;missions de GES ; l'impression retrouv&#233;e par chacun d'une plus grande ma&#238;trise sur sa vie accro&#238;t la s&#233;curit&#233; collective et la coh&#233;sion sociale ; l'&#233;conomie g&#233;n&#233;rale d'unit&#233;s de production locale destin&#233;e aux march&#233;s locaux peut &#234;tre fortement am&#233;lior&#233;e par la recherche et le d&#233;veloppement scientifique et technologique ; il est plus facile de poser des limites aux parts de march&#233; occup&#233;es par les entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;F&#233;d&#233;raliser la France. &#201;tablir un r&#233;gime parlementaire. Faire &#233;lire le pr&#233;sident de la R&#233;publique par le Congr&#232;s. Instaurer la proportionnelle aux &#233;lections l&#233;gislatives. Reconna&#238;tre les langues minoritaires. Limiter le cumul des mandats. R&#233;diger un statut de l'&#233;lu. Tendre vers le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en en adoptant une constitution europ&#233;enne bas&#233;e sur les deux premi&#232;res parties du TCE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Combattre les pratiques discriminatoires. Lutter contre les violences faites aux femmes. Reconna&#238;tre les diff&#233;rentes formes de conjugalit&#233; et de parentalit&#233;. R&#233;int&#233;grer les politiques en direction des handicap&#233;s dans l'espace commun. D&#233;velopper la mixit&#233; sociale. Abroger les lois Sarkozy 1 et 2. Instaurer le droit de vote des r&#233;sidents &#233;trangers pour toutes les &#233;lections. Restaurer le droit d'asile selon la Convention de Gen&#232;ve. R&#233;gulariser globalement tous les sans-papiers. Abroger la double peine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Renforcer le service public de l'audiovisuel, sans publicit&#233;. Garantir la pluralit&#233; et l'ind&#233;pendance des m&#233;dias. Imposer l'usage des standards ouverts et favoriser l'utilisation des logiciels libres dans les administrations.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;former la gouvernance et les institutions financi&#232;res internationales selon la charte de l'ONU. Cr&#233;er l'Organisation mondiale de l'environnement (OME). Cr&#233;er une taxe mondiale sur les transactions financi&#232;res. Lutter contre les paradis fiscaux. Annuler la dette des pays les moins avanc&#233;s. Promouvoir la coop&#233;ration solidaire. Fermer les bases militaires de la France en Afrique. Lutter contre la prolif&#233;ration nucl&#233;aire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps les &#233;cologistes ont eu raison trop t&#244;t. Aujourd'hui l'histoire rattrape leurs analyses. Le lib&#233;ral-productivisme, la mondialisation et le march&#233; libre constituent des attaques sans pr&#233;c&#233;dent sur les conditions &#233;l&#233;mentaires de la vie sur terre. Les cons&#233;quences &#233;cologiques et sociales de ces attaques sont d&#233;sormais visibles partout. Il est de notre responsabilit&#233; de pr&#233;senter une alternative, une nouvelle vision du monde, qui permette &#224; chacun de trouver espoir et dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Comment financer le revenu d'existence ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;D'abord, quel est son co&#251;t brut ? La France abrite 62 millions d'habitants, dont environ trois quarts d'adultes. Le co&#251;t brut serait donc de l'ordre de 32 milliards d'euros par mois = 650 a x 46 millions d'adultes + 150 a x 16 millions de mineurs. Un chiffre important certes, mais quatre retraits successifs rendent la proposition supportable pour les finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier retrait : la reprise progressive, par l'&#201;tat, aux travailleurs r&#233;mun&#233;r&#233;s, soit environ 25 millions de personnes (exemple : l'&#201;tat reprendrait 40 % du RE &#224; un salari&#233; gagnant 1 000 euros ; cette personne recevrait donc 1 390 a = 1 000 a de r&#233;mun&#233;ration + 390 a de RE. Un salari&#233; gagnant 1 300 a net recevrait en plus 195 a de RE. Un salari&#233; gagnant 1 500 a net recevrait en plus 65 a de RE. Rien au-del&#224;). Comptons plut&#244;t 24 millions de personnes pour tenir compte, en dynamique, des arr&#234;ts de travail et reprises du travail incessants sur le march&#233; de l'emploi. Reprise aussi pour les retrait&#233;s selon le niveau de leur pension. La reprise sur les retrait&#233;s compensant &#224; peu pr&#232;s le RE distribu&#233; aux travailleurs les moins r&#233;mun&#233;r&#233;s, on peut estimer ce premier retrait total sur 24 millions de personnes, soit 16 milliards d'euros par mois = 650 a repris x 24 millions de personnes. Reste &#224; financer 32 &#8211; 16 = 16 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me retrait : soustraire l'argent &#233;conomis&#233; par la suppression du RMI et des allocations ch&#244;mage. Soit environ 3 milliards d'euros par mois = 433 a x 1,25 millions de Rmistes + 2,6 millions de ch&#244;meurs x 1 000 a d'allocation moyenne. Reste &#224; financer 16 &#8211; 3 = 13 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me retrait : diminuer les allocations de rentr&#233;e scolaire, les allocations familiales et les allocations logement, soit 5 milliards d'euros par mois. Reste &#224; financer 13 &#8211; 5 = 8 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me retrait : 1 milliard d'euros mensuels &#233;conomis&#233;s sur les frais de gestion du RMI et des allocations. Reste &#224; financer 8 &#8211; 1 = 7 milliards d'euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, 7 milliards d'euros par mois, c'est beaucoup moins que le surplus mensuel de la France si les pr&#233;l&#232;vements obligatoires ici &#233;taient du niveau de ceux de la Su&#232;de. La France a un taux de pr&#233;l&#232;vements obligatoires de 44 %, la Su&#232;de de 51 %. Si la France taxait sa richesse &#224; 51 %, elle toucherait 112 milliards d'euros suppl&#233;mentaires par an, soit plus de 9 milliards par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; trouver ces 7 milliards mensuels = 84 milliards annuels pour financer le revenu d'existence ? D'abord par l'&#233;largissement de l'assiette de l'imp&#244;t sur le revenu et le recalcul de ses tranches. Ensuite par la cr&#233;ation de pollutaxes sur l'utilisation des ressources non renouvelables. Enfin par des pr&#233;l&#232;vements sur les transactions financi&#232;res, la publicit&#233; et les exon&#233;rations de cotisations sociales accord&#233;es aux entreprises, aux zones franches et autres p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est donc question de volont&#233; politique et de priorit&#233; de l'action publique. Si l'on consid&#232;re que la suppression de la pauvret&#233; et de l'exclusion, et que l'&#233;panouissement des personnes, sont des objectifs &#224; atteindre en une l&#233;gislature, il faut instaurer le revenu d'existence au plus vite avant 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Transitions</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article110</link>
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		<dc:date>2012-01-07T23:12:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Entropia, Yves COCHET</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La construction d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance est aussi et beaucoup affaire de mesures fortes, rompant avec l'id&#233;ologie et l'organisation de la soci&#233;t&#233; de croissance, mais en m&#234;me temps socialement acceptables. Comment enclencher une dynamique de l'alternative que la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re s'approprierait ? Yves Cochet et Arthur Mitzman, chacun de leur point de vue, tracent quelques pistes programmatiques sur ce chemin in&#233;dit, fait d'emb&#251;ches et de d&#233;fis. Quant &#224; Bernard Guibert, il argumente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La construction d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance est aussi et beaucoup affaire de mesures fortes, rompant avec l'id&#233;ologie et l'organisation de la soci&#233;t&#233; de croissance, mais en m&#234;me temps socialement acceptables. Comment enclencher une dynamique de l'alternative que la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re s'approprierait ? &lt;i&gt;Yves Cochet&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Arthur Mitzman&lt;/i&gt;, chacun de leur point de vue, tracent quelques pistes programmatiques sur ce chemin in&#233;dit, fait d'emb&#251;ches et de d&#233;fis. Quant &#224; &lt;i&gt;Bernard Guibert&lt;/i&gt;, il argumente pour un recours &#224; la planification d&#233;lib&#233;rative et d&#233;centralis&#233;e et &#224; l'intervention publique autour de nouveaux indicateurs de d&#233;croissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intervenci&#243;n de Yves Cochet, diputado de Par&#237;s, a la Asamblea nacional, el 14 de octubre de 2008 </title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article48</link>
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		<dc:date>2009-07-28T12:28:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves COCHET</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Intervenci&#243;n de Yves Cochet, diputado de Par&#237;s, a la Asamblea nacional, el 14 de octubre de 2008 El Presidente : Tiene la palabra el Sr. Yves Cochet, para el grupo GDR. Yves Cochet : Sr. Presidente, hablo en nombre de los diputados Verdes. La cat&#225;strofe actual no es una crisis financiera, econ&#243;mica, ecol&#243;gica, pol&#237;tica, social o cultural. Es todo eso a la vez y simult&#225;neamente, por lo que es completamente in&#233;dita. Marc-Philippe Daubresse : &#161;Todo est&#225; en todo ! Yves Cochet : Es, en una (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Decrecimiento&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH107/arton48-42acb.jpg?1635492554' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervenci&#243;n de Yves Cochet, diputado de Par&#237;s, a la Asamblea nacional, el 14 de octubre de 2008 &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;El Presidente :&lt;/strong&gt; Tiene la palabra el Sr. Yves Cochet, para el grupo GDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Yves Cochet :&lt;/strong&gt; Sr. Presidente, hablo en nombre de los diputados Verdes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cat&#225;strofe actual no es una crisis financiera, econ&#243;mica, ecol&#243;gica, pol&#237;tica, social o cultural. Es todo eso a la vez y simult&#225;neamente, por lo que es completamente in&#233;dita. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Marc-Philippe Daubresse :&lt;/strong&gt; &#161;Todo est&#225; en todo !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Yves Cochet :&lt;/strong&gt; Es, en una palabra, una crisis antropol&#243;gica. Para integrarlo, debemos cuestionar todas nuestras creencias - y Dios sabe si son numerosas aqu&#237;. Debemos descolonizar nuestro imaginario. &lt;i&gt;(Aplausos ir&#243;nicos sobre varios esca&#241;os del grupo UMP.)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El grupo UMP es el partido mayotitario de dereches del Presidente Sarkozy&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Debemos pensar lo incre&#237;ble. El derrumbamiento financiero actual no es, como se lo entiende aqu&#237; o all&#237;, una crisis en primer lugar de liquidez. Es una crisis de un aumento de los activos financieros con relaci&#243;n a la riqueza real, es decir, lo contrario de una crisis de liquidez. El mercado financiero, en otras palabras, el volumen de los intercambios de papel virtual, es de veinte veces superior m&#225;s a los intercambios de la econom&#237;a real. La riqueza realmente existente no es ya suficiente, como antes, para respaldar deuda financiera. Un l&#237;mite m&#225;ximo ha sido superado : el l&#237;mite m&#225;ximo de conexi&#243;n entre el capitalismo, basado en el cr&#233;dito, y los recursos naturales, que es la base de toda riqueza real
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fran&#231;ois Goulard :&lt;/strong&gt; &#161;Eso no quiere decir nada !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Yves Cochet :&lt;/strong&gt; ... &#191;El Sr. Goulard, pretender&#237;a que los recursos naturales no son la base de toda riqueza real ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Fran&#231;ois Goulard :&lt;/strong&gt; &#161;Pero no, es el poder del hombre ! &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;El Presidente :&lt;/strong&gt; Un discurso a la tribuna no es un di&#225;logo. S&#243;lo tiene la palabra usted, Sr. Yves Cochet
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Yves Cochet :&lt;/strong&gt; Quiero simplemente decirle al Sr. Goulard : &#161;no compren m&#225;s petr&#243;leo, no es una riqueza real ! El hundimiento financiero actual se explica por el rebasamiento de este l&#237;mite m&#225;ximo, por la ruptura de esta conexi&#243;n. Es decir : la deuda se deval&#250;a completamente en t&#233;rminos de riquezas realmente existentes. Antes de la intervenci&#243;n de los Estados y en el espacio de algunos d&#237;as, nadie deseaba intercambiar una riqueza real contra una deuda, incluso remunerada por un fuerte tipo de inter&#233;s. La devaluaci&#243;n de la deuda se explica por esta desconexi&#243;n, y no por una falta de cr&#233;dito, de dinero en circulaci&#243;n o de pr&#233;stamos entre bancos -que es el t&#243;pico que se dice por todas partes. La cuesti&#243;n principal es pues : &#191;el crecimiento de la econom&#237;a real puede ser bastante fuerte para recuperar el crecimiento masivo de la deuda ? &#161;&lt;i&gt;(&#8220;No es eso ! &#8221; sobre los bancos del grupo UMP.)&lt;/i&gt; Obviamente, la respuesta es no. El crecimiento de la econom&#237;a real en adelante est&#225; frenado por la rarefacci&#243;n de los recursos naturales que forman la base de todos los sistemas de sustentaci&#243;n de la vida econ&#243;mica y social. Esta dificultad se ejerce a la vez por la escacez del mineral y f&#243;sil - por ejemplo con el pico de Hubbert - y por la contaminaci&#243;n de la atm&#243;sfera, tierras y oc&#233;anos. Adem&#225;s desigualdades crecientes de rentas desde hace treinta a&#241;os no incitan a los hogares a consumirlo, excepto por medio de cr&#233;ditos que inflan m&#225;s a&#250;n la deuda. As&#237; pues, los costes marginales del crecimiento son en adelante superiores a sus beneficios marginales. Es decir : el crecimiento f&#237;sico real nos vuelve cada vez m&#225;s pobres. &#161;Con todo, la ceguera de los devotos del crecimiento&lt;i&gt;(Exclamaciones sobre los bancos del grupo UMP &#034;y sigue con lo mismo !&#034;)&lt;/i&gt; As&#237; pues, la declaraci&#243;n emitida por el Eurogrupo anteayer reza : &#8220;El sistema financiero aporta una contribuci&#243;n esencial al buen funcionamiento de nuestras econom&#237;as y constituye una condici&#243;n del crecimiento. &#8221;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Fran&#231;ois Goulard :&lt;/strong&gt;.&#161;S&#237; ! &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Yves Cochet :&lt;/strong&gt; Es una forma de religi&#243;n, una teolog&#237;a, una creencia. Pero la econom&#237;a real no est&#225; ya en crecimiento - incluso negativa, &#161;est&#225; en recesi&#243;n ! Casi podr&#237;amos tomar apuestas sobre el futuro, desgraciadamente, ya que todo eso es bastante penoso. Los que, a pesar de se&#241;ales precursoras objetivas, materiales y presentes desde a&#241;os, no anticiparon, se encuentran privados de soluciones, incluso en su imaginario. &#191;Qu&#233; objetivo deben pues contemplar, en Francia y Europa ? Ser&#237;a necesario que los bancos tendieran progresivamente hacia un porcentaje de reservas ideal, es decir, igual al 100% de sus pr&#233;stamos. Todos los bancos deber&#237;an pasar a ser poco a poco simples intermediarios entre depositantes y prestatarios, y no &#8220;cosas&#8221; que crean de la moneda a partir de nada y los prestan con inter&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Fran&#231;ois Goulard :&lt;/strong&gt;. &#191; Y de d&#243;nde viene , esta moneda ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Yves Cochet :&lt;/strong&gt;. Como lo expliqu&#233;, la b&#250;squeda del crecimiento es en de ahora en adelante antiec&#243;nomico, asocial y antiecol&#243;gico. El crecimiento es lo que empobrece. &#161;En cualquier caso, que lo reconozcan o no, que lo quieran o no, la recesi&#243;n est&#225; aqu&#237; ! No supieron anticiparlo ya que se derrumban sus modelos econ&#243;micos, y temo, desgraciadamente, que debido a su ceguera, sea la ca&#237;da larga y dolorosa, en particular, para los m&#225;s desfavorecidos, que viven en los pa&#237;ses de la OCDE o en los del sur. Todas nuestras acciones deber&#237;an ser guiadas por la voluntad de hacer disminuir la impronta ecol&#243;gica de pa&#237;ses de la OCDE. S&#233; - y las sonrisas que veo me lo confirman - que los dirigentes del Consejo Europeo y usted, el Sr. Primer Ministro, tienen otro modelo en cabeza con el fin de reanudar con el crecimiento. &#161;Qu&#233; ilusi&#243;n ! Intentar&#225;n salvar el santo sacro crecimiento al cual creen porque son incapaces de imaginar otro modelo econ&#243;mico, otro tipo de sociedad. La esperanza de una nueva fase A del ciclo de Kondratiev, sucediendo a la fase B que cruzamos desde hace treinta a&#241;os, es in&#250;til. No estamos a la puerta de un nuevo crecimiento material o industrial, sino en la fase terminal del capitalismo &lt;i&gt;(Exclamaciones sobre los bancos del grupo UMP)&lt;/i&gt;, como lo dec&#237;a Immanuel Wallerstein hace tres d&#237;as. Las posibilidades de acumulaci&#243;n real del sistema alcanzaron sus l&#237;mites, por razones geol&#243;gicas y econ&#243;micas que no se ven. Ser&#237;a necesario establecer algo enteramente nuevo, una sociedad de sobriedad cuyos contornos no puedo dibujar, pero de manera muy sumaria, puedo dar cuatro orientaciones principales. En primer lugar : tender a la autosuficiencia&#8230; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Marc-Philippe Daubresse :&lt;/strong&gt; &#161;Usted s&#237; que sabe en cuanto a autosuficiencia, !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Yves Cochet :&lt;/strong&gt; local y regional en materia energ&#233;tica y alimentaria, al norte como al sur. En segundo lugar : ir hacia una descentralizaci&#243;n geogr&#225;fica de los poderes - resumidamente, hacia una Francia federal en una Europa federal. En tercer lugar : esforzarse por restaurar las actividades econ&#243;micas. En cuarto lugar : &#161;contemplar una planificaci&#243;n concertada &lt;i&gt;(&#8220;al sovi&#233;tico ! &#8221; sobre los bancos del grupo UMP)&lt;/i&gt; y la instauraci&#243;n de cuotas, en particular, en materia energ&#233;tica y alimentaria. A falta de tal visi&#243;n y de tal acci&#243;n, temo que nuestro continente europeo cruce pronto episodios perturbados cuyas premisas ya percibimos. &#161;Tomo fecha hoy ante ustedes ! (Exclamaciones sobre los bancos del grupo UMP y del grupo NC.) John Stuart Mill dec&#237;a : &#8220;A los grandes males, los peque&#241;os remedios no aportan peque&#241;os alivios, no aportan nada. &#8221;&#8230; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Claude Greff :&lt;/strong&gt; &#161;Ustedes tampoco !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt; Los grandes males actuales de Europa y el mundo reclaman pues una creatividad y una inventividad pol&#237;tica in&#233;dita en nuestra historia. Es a esta altura de pensamiento y acci&#243;n cuando llamo a los dirigentes europeos, con el fin de salvar la paz, la democracia y la solidaridad. &lt;i&gt;(Aplausos sobre varios bancos de los grupos GDR y SRC.)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;El grupo UMP es el partido mayotitario de dereches del Presidente Sarkozy&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intervention d'Yves Cochet, d&#233;put&#233; de Paris, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, le 14 octobre 2008</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article35</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article35</guid>
		<dc:date>2009-03-31T10:07:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves COCHET</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident.&lt;/strong&gt; La parole est &#224; M. Yves Cochet, pour le groupe GDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Monsieur le pr&#233;sident, je parle au nom des d&#233;put&#233;s Verts.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;N&#176; 6 - Crise &#233;thique, &#233;thique de crise ? &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton35-fac27.jpg?1635490529' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;365&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x72l32&amp;related=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x72l32&amp;related=0&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;365&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x72l32_crise-yves-cochet-groupe-gdr-verts_news&#034;&gt;crise : Yves Cochet groupe GDR Verts&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident.&lt;/strong&gt; La parole est &#224; M. Yves Cochet, pour le groupe GDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Monsieur le pr&#233;sident, je parle au nom des d&#233;put&#233;s Verts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe actuelle n'est pas une crise financi&#232;re, &#233;conomique, &#233;cologique, politique, sociale ou culturelle. Elle est tout cela &#224; la fois et simultan&#233;ment, ce en quoi elle est totalement in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Marc-Philippe Daubresse.&lt;/strong&gt; Tout est dans tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; Elle est, en un mot, une crise anthropologique. Pour le comprendre, il nous faut remettre en question toutes nos croyances &#8211; et Dieu sait si elles sont nombreuses ici. Il nous faut d&#233;coloniser l'imaginaire. (Applaudissements ironiques sur plusieurs bancs du groupe UMP.) Il nous faut penser l'impensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;b&#226;cle financi&#232;re actuelle n'est pas d'abord, comme on l'entend ici ou l&#224;, une crise de liquidit&#233;. C'est une crise de surgonflement des actifs financiers par rapport &#224; la richesse r&#233;elle, c'est-&#224;-dire l'oppos&#233; d'une crise de liquidit&#233;. Le march&#233; financier, en d'autres termes le volume des &#233;changes de papier virtuel, est plus de vingt fois sup&#233;rieur aux &#233;changes de l'&#233;conomie r&#233;elle. La richesse r&#233;ellement existante n'est plus suffisante, comme jadis, pour servir de gage &#224; la dette financi&#232;re. Un seuil a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; : le seuil de liaison entre le capitalisme, fond&#233; sur le cr&#233;dit, et les ressources naturelles, qui sont la base de toute richesse r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard&lt;/strong&gt;. Cela ne veut rien dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; Monsieur Goulard, pr&#233;tendriez-vous que les ressources naturelles ne sont pas la base de toute richesse r&#233;elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard&lt;/strong&gt;. Mais non, c'est le pouvoir de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident&lt;/strong&gt;. Monsieur Cochet, un discours &#224; la tribune n'est pas un dialogue. Vous seul avez la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Je veux simplement dire &#224; M. Goulard : n'achetez plus de p&#233;trole, ce n'est pas une richesse r&#233;elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement financier actuel s'explique par le d&#233;passement de ce seuil, par la rupture de cette liaison. Autrement dit : la dette est totalement d&#233;valu&#233;e en termes de richesses r&#233;ellement existantes. Avant l'intervention des &#201;tats et en l'espace de quelques jours, personne ne d&#233;sirait plus &#233;changer une richesse r&#233;elle contre une dette, m&#234;me r&#233;mun&#233;r&#233;e par un fort taux d'int&#233;r&#234;t. La d&#233;valuation de la dette s'explique par cette d&#233;connection, et non pas par un manque de cr&#233;dit, d'argent en circulation ou de pr&#234;ts entre banques &#8211; clich&#233; v&#233;hicul&#233; ici et l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question principale est donc : la croissance de l'&#233;conomie r&#233;elle peut-elle &#234;tre assez forte pour rattraper la croissance massive de la dette ? (&#171; Ce n'est pas cela ! &#187; sur les bancs du groupe UMP.) &#201;videmment, la r&#233;ponse est non. La croissance de l'&#233;conomie r&#233;elle est d&#233;sormais fortement contrainte par la rar&#233;faction des ressources naturelles qui forment la base de tous les syst&#232;mes de sustentation de la vie &#233;conomique et sociale. Cette contrainte s'exerce &#224; la fois en amont par la d&#233;pl&#233;tion min&#233;rale et fossile &#8211; par exemple le pic de Hubbert &#8211; et en aval par la pollution de l'atmosph&#232;re, des terres et des oc&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les in&#233;galit&#233;s croissantes de revenus depuis trente ans n'incitent pas les m&#233;nages &#224; la consommer, sauf par le biais de cr&#233;dits qui gonflent encore plus la dette. Ainsi, les co&#251;ts marginaux de la croissance sont d&#233;sormais sup&#233;rieurs &#224; ses b&#233;n&#233;fices marginaux. Autrement dit encore : la croissance physique r&#233;elle nous rend de plus en plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'aveuglement des d&#233;vots de la croissance (Exclamations sur les bancs du groupe UMP) continue de plus belle ! Ainsi, la d&#233;claration &#233;mise par l'Eurogroupe avant-hier commence de la fa&#231;on suivante : &#171; Le syst&#232;me financier apporte une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos &#233;conomies et constitue une condition de la croissance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard.&lt;/strong&gt; Oui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. C'est une forme de religion, une th&#233;ologie, une croyance. Mais l'&#233;conomie r&#233;elle n'est plus en croissance &#8211; m&#234;me n&#233;gative, madame la ministre : elle est en r&#233;cession ! Nous pourrions presque prendre des paris sur l'avenir, h&#233;las, car tout cela est bien malheureux. Ceux qui, malgr&#233; des signes avant-coureurs objectifs, mat&#233;riels et pr&#233;sents depuis des ann&#233;es, n'ont pas anticip&#233;, se trouvent fort d&#233;munis, y compris dans leur imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel objectif devons-nous donc viser, en France et en Europe ? Il faudrait que les banques tendent progressivement vers un taux de r&#233;serves id&#233;al, c'est-&#224;-dire &#233;gal &#224; 100 % de leurs pr&#234;ts. Toutes les banques devraient devenir graduellement de simples interm&#233;diaires entre d&#233;posants et emprunteurs, et non plus des &#171; machins &#187; qui cr&#233;ent de la monnaie &#224; partir de rien et la pr&#234;te avec int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard.&lt;/strong&gt; Elle vient d'o&#249;, cette monnaie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Yves Cochet. Comme je l'ai expliqu&#233;, la recherche de la croissance est d&#233;sormais anti&#233;conomique, antisociale et anti&#233;cologique. La croissance est appauvrissante. De toute fa&#231;on, que vous le reconnaissiez ou non, que vous le vouliez ou non, la r&#233;cession est l&#224; ! Vous n'avez pas su l'anticiper car vos mod&#232;les &#233;conomiques sont p&#233;rim&#233;s, et je crains, h&#233;las, qu'&#224; cause de votre aveuglement, elle ne soit longue et p&#233;nible, notamment pour les plus d&#233;favoris&#233;s, qu'ils vivent dans les pays de l'OCDE ou dans ceux du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes nos actions devraient &#234;tre guid&#233;es par la volont&#233; de faire d&#233;cro&#238;tre l'empreinte &#233;cologique des pays de l'OCDE. Je sais &#8211; et les sourires que je vois me le confirment &#8211; que les dirigeants du Conseil europ&#233;en et vous-m&#234;me, monsieur le Premier ministre, avez un autre mod&#232;le en t&#234;te afin de retrouver la croissance. Quelle illusion ! Vous essaierez de sauver la sacro-sainte croissance &#224; laquelle vous croyez parce que vous &#234;tes incapables d'imaginer un autre mod&#232;le &#233;conomique, un autre type de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir d'une nouvelle phase A du cycle de Kondratiev, succ&#233;dant &#224; la phase B que nous traversons depuis trente ans, est vain. Nous ne sommes pas &#224; l'aube d'une nouvelle croissance mat&#233;rielle ou industrielle, mais dans la phase terminale du capitalisme (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), comme le disait Immanuel Wallerstein il y a trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les possibilit&#233;s d'accumulation r&#233;elle du syst&#232;me ont atteint leurs limites, pour des raisons g&#233;ologiques et &#233;conomiques que vous ne voyez pas. II faudrait mettre en place quelque chose d'enti&#232;rement nouveau, une soci&#233;t&#233; de sobri&#233;t&#233; dont je ne peux dessiner, de mani&#232;re tr&#232;s sommaire, que quatre orientations principales. Premi&#232;rement : tendre &#224; l'autosuffisance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Marc-Philippe Daubresse.&lt;/strong&gt; En mati&#232;re d'autosuffisance, vous vous y connaissez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; &#8230; locale et r&#233;gionale en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et alimentaire, au nord comme au sud. Deuxi&#232;mement : aller vers une d&#233;centralisation g&#233;ographique des pouvoirs &#8211; bref, vers une France f&#233;d&#233;rale dans une Europe f&#233;d&#233;rale. Troisi&#232;mement : s'efforcer de relocaliser les activit&#233;s &#233;conomiques. Quatri&#232;mement : viser une planification concert&#233;e (&#171; &#192; la sovi&#233;tique ! &#187; sur les bancs du groupe UMP) et l'instauration de quotas, notamment en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut d'une telle vision et d'une telle action, je crains que notre continent europ&#233;en ne traverse bient&#244;t des &#233;pisodes troubl&#233;s dont nous apercevons d&#233;j&#224; les pr&#233;misses. Je prends date aujourd'hui devant vous ! (Exclamations sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Stuart Mill disait : &#171; Aux grands maux, les petits rem&#232;des n'apportent pas de petits soulagements, ils n'apportent rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mme Claude Greff.&lt;/strong&gt; Vous non plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Les grands maux actuels de l'Europe et du monde r&#233;clament donc une cr&#233;ativit&#233; et une inventivit&#233; politiques in&#233;dites dans notre histoire. C'est &#224; cette hauteur de pens&#233;e et d'action que j'appelle les dirigeants europ&#233;ens, afin de sauver la paix, la d&#233;mocratie et la solidarit&#233;. &lt;i&gt;(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et SRC.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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