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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>&#171; &#201;thique de crise et transitions politiques &#187;</title>
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		<dc:date>2009-04-08T14:17:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Cheynet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Intervention de Vincent Cheynet le 4 avril lors de la rencontre organis&#233;e par la revue Entropia N&#176;6 &#224; l'Universit&#233; Paris Descartes&lt;br class='autobr' /&gt;
}}&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;N&#176; 6 - Crise &#233;thique, &#233;thique de crise ? &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton36-9c615.jpg?1635663068' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#201;thique de crise et transitions politiques &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais tenter de faire un peu de prospective pour engager mon propos. Pour ouvrir le dossier de Casseurs de pub sur les Ecotartufes, nous avions cit&#233; Bernard Charbonneau. Bernard Charbonneau &#233;crivait en 1980 (je le cite) : &#171; Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l'&#233;cologie. Une prospective sans illusions peut mener &#224; penser que, sauf catastrophe, le virage &#233;cologique ne sera pas le fait d'une opposition tr&#232;s minoritaire d&#233;pourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour o&#249; elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui apr&#232;s l'abondance g&#233;reront la p&#233;nurie et la survie. Car ceux-l&#224; n'ont aucun pr&#233;jug&#233;, ils ne croient pas plus au d&#233;veloppement qu'&#224; l'&#233;cologie : ils ne croient qu'au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut &#234;tre fait autrement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, nous pouvons, pourquoi pas, imaginer qu'un beau jour, si la n&#233;cessit&#233; s'en fait sentir pour rester proche du pouvoir, notre repr&#233;sentation politique, jointe &#224; toute la caste des &#171; d&#233;veloppeurs durables &#187; basculera vers la d&#233;croissance pour mettre en place des &#171; politiques de transition &#187;. Ils le feront, non pas par conviction, mais par opportunisme. Les derniers convertis n'&#233;tant pas les moins fanatiques, nous pouvons aussi imaginer qu'ils emploieront alors les m&#234;mes m&#233;thodes pour s'opposer &#224; leurs contradicteurs que celles qu'ils ont abondamment utilis&#233;es pour d&#233;nigrer la d&#233;croissance. Malgr&#233; tout, cette &#233;ventualit&#233; d'une d&#233;croissance devenue discours officiel est faible, il faut bien l'avouer. Ce n'est sans doute pas demain que nous verrons Nicolas Sarkozy mettre en &#339;uvre les &#171; 8 R &#187; chers &#224; Serge Latouche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus s&#233;rieusement, quelles sont nos craintes face &#224; l'avanc&#233;e dans la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de revenir devant cette assembl&#233;e avertie sur la conviction qui nous rassemble. Disons quand m&#234;me que toute relance de la croissance, fut-elle propre, durable, &#171; dissociant les flux &#187;, voire sainte et b&#233;nie par le Pape, conduira in&#233;luctablement &#224; un rench&#233;rissement du prix des mati&#232;res premi&#232;res, &#224; commencer par celui du p&#233;trole, et elle nous fera plonger plus encore dans la r&#233;cession. Sans sortie de l'&#233;conomicisme et de la Croissance, pas de r&#233;ponse durable possible &#224; la crise. N'en d&#233;plaise &#224; notre ami Pierre Antoine Delhommais et ses confr&#232;res &#233;conomistes, leur divine &#171; main invisible &#187; ne nous affranchira pas des lois de la biophysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement notre repr&#233;sentation politique, nos dirigeants, ou nos &#171; &#233;lites &#187;, qui ne sont pas aujourd'hui pr&#234;ts &#224; un retournement en faveur de politiques antiproductivistes, c'est aussi l'&#233;crasante majorit&#233; de la population des pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en cause unique de la classe dirigeante peut vite rencontrer la sympathie de la population. Cette th&#232;se comporte &#233;videmment une large part de v&#233;rit&#233;, elle n'en trouve pas moins aussi, tr&#232;s vite, ses limites. Notre soci&#233;t&#233; de consommation industrielle productiviste, fait syst&#232;me. Comme dans d'autres mod&#232;les d'organisation sociale, nous y avons tous notre fonction et notre n&#233;cessit&#233;. Cela ne veut pas dire que les responsabilit&#233;s soient &#233;gales. Cela ne veut pas dire non plus qu'il n'y ait pas des r&#233;sistants et des collaborateurs fanatis&#233;s. Nous devons int&#233;grer la r&#233;flexion des penseurs des syst&#232;mes, comme Hannah Arendt ou notre ami Alain Accardo, sauf &#224; verser dans l'id&#233;e que l'&#233;limination d'une classe de dominants r&#233;soudrait tous nos probl&#232;mes parce que nous nous affranchirions alors de la volont&#233; de l'imiter. &#171; Le syst&#232;me capitaliste ne fonctionne pas seulement par l'exploitation et l'oppression mais aussi par l'adh&#233;sion de la plupart au syst&#232;me &#187; explique Alain Accardo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la classe dirigeante poss&#232;de les outils du conditionnement des masses, n&#233;anmoins dans notre d&#233;mocratie cette classe dirigeante n'en demeure pas moins une repr&#233;sentation, m&#234;me tr&#232;s imparfaite, de la soci&#233;t&#233;. Eliminez un des &#233;l&#233;ments de cette classe dirigeante sans changer le syst&#232;me et cet &#233;l&#233;ment trouvera aussit&#244;t un rempla&#231;ant, qui aura immanquablement le m&#234;me comportement que son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, pour parler de mani&#232;re imag&#233;e, une fois que nous aurons pendu Sarkozy avec les tripes de Michel-Edouard-Leclerc, nous serons peut-&#234;tre soulag&#233;s temporairement, mais nous n'aurons pas pour autant pr&#233;par&#233; d&#233;mocratiquement et de mani&#232;re non-violente la sortie du productivisme. Une foule enthousiaste de clones de petits Sarkozy et de petits Michel-Edouard Leclerc se pressera imm&#233;diatement pour prendre la rel&#232;ve des places laiss&#233;es vacantes. Ce n'est pas en &#233;limant 10 % de la soci&#233;t&#233;, une classe consid&#233;r&#233;e comme intrins&#232;quement nuisible, que nous remplirons les puits de p&#233;trole et que nous lib&#232;rerons nos contemporains du d&#233;sir de prendre leur automobile pour aller acheter des t&#233;l&#233;phones portables dans les temples de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si des p&#233;riodes de reprises se produisent, nous ne faisons sans doute qu'entrer dans la crise. Quels risques se pr&#233;sentent &#224; nous dans ce contexte ? D'un c&#244;t&#233; la classe dirigeante. Celle-ci devra s'enfermer plus encore et de plus en plus dans le mensonge pour conserver ses privil&#232;ges et les reconnaissances li&#233;s au pouvoir. Pour conserver ce dernier, par exemple, elle promettra contre toute raison un retour &#224; la consommation de masse. Certes, mais de l'autre c&#244;t&#233;, la population identifiera chaque jour davantage l'oppression aux institutions elles-m&#234;mes. Cet amalgame sera justifi&#233; toujours davantage par les mensonges qui devront &#234;tre d&#233;ploy&#233;s par la classe dirigeante pour se maintenir en place. Les contradictions du syst&#232;me vont appara&#238;tre de fa&#231;on de plus en plus flagrantes : par exemple, d'un c&#244;t&#233; il faut relancer &#224; tout prix la machine et r&#233;pondre &#224; la demande de consommation, de l'autre c&#244;t&#233;, il faut pr&#233;server des ressources qui se rar&#233;fient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sous le r&#233;gime constitutionnel, il suffit presque de prot&#233;ger les individus contre l'abus de la puissance publique ; sous le r&#233;gime r&#233;volutionnaire, la puissance publique elle-m&#234;me est oblig&#233;e de se d&#233;fendre contre toutes les factions qui l'attaquent. &#187; disait Maximilien Robespierre le 25 d&#233;cembre 1793. Rassurez-vous, je n'ai aucune intention de vouloir r&#233;instaurer le r&#233;gime de la Terreur. Notre anc&#234;tre, malgr&#233; tout ce que nous pouvons a posteriori lui reprocher, avait bien compris qu'en des temps troubl&#233;s le pire danger &#233;tait l'effondrement des institutions. Robespierre saisissait toute l'importance de leur d&#233;fense dans un temps de crise. Or, il est &#224; craindre que l'antiproductivisme et la d&#233;croissance se muent progressivement en cheval de Troie pour mener un combat qui soit d'abord celui de la mise &#224; bas des institutions avant d'&#234;tre celui de leur r&#233;g&#233;n&#233;ration. Nous le savons, le caract&#232;re subversif et d&#233;rangeant de notre discours pousse constamment ces institutions &#224; nous rejeter dans les marges, quand ce n'est pas dans l'extr&#233;misme. Cet &#233;loignement des institutions est &#224; la fois une force et une faiblesse. Une force, car il nous permet de mener une r&#233;flexion intellectuelle sans avoir le souci d'avoir &#224; composer avec le r&#233;alisme politique. Une faiblesse car il nous am&#232;ne &#224; agr&#233;ger non pas de salutaires radicaux mais des discours v&#233;ritablement extr&#233;mistes qui con&#231;oivent la d&#233;croissance comme un moyen d'exprimer une opposition maximaliste &#224; ces institutions. Or, il ne sert &#224; rien de mettre en garde contre l'&#233;cofascisme, de se dresser dans une posture n&#233;o-religieuse intellectuellement terrifiante en brandissant Treblinka et Rudolf Hess, si c'est pour mener dans le m&#234;me temps un travail de sape des conditions de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain mat&#233;rialisme r&#233;ducteur et le discours scientifique &#233;troit, c'est-&#224;-dire dans sa version id&#233;ologique le scientisme, comprennent le monde comme r&#233;duit &#224; sa dimension mat&#233;rielle, organique et psychique. Le scientisme, cher &#224; Michel Onfray, est m&#234;me persuad&#233; d'arriver un jour &#224; une explication totale de la condition humaine. Une r&#233;gression intellectuelle qu'il nomme r&#233;guli&#232;rement et abusivement &#171; progressisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe, lui, sait que la compr&#233;hension du monde se fonde sur la reconnaissance de l'alt&#233;rit&#233;. C'est cette alt&#233;rit&#233; qui ouvre sur un inconnu d&#233;finitif qui est le fondement m&#234;me de notre condition humaine et de la vie. C'est dans ce champ de l'inconnu et de l'immat&#233;riel que se situent les id&#233;es et les valeurs. L'humanisme passe par notre capacit&#233; &#224; &#233;tablir des &#171; arbitraires de diff&#233;renciation &#187; : entre moi et l'autre, le mort et le vivant, l'humain et le non humain ou encore le priv&#233; et le public. Ainsi nous &#233;tablissons des distinctions et des limites, qui sont la base de notre possibilit&#233; d'&#233;mancipation. L'humanisation de l'homme, c'est-&#224;-dire l'&#233;dification de sa diff&#233;renciation du reste de la nature, se fait &#224; travers la construction des repr&#233;sentations. La premi&#232;re de ces repr&#233;sentations est le langage. C'est pour cela qu'il est affirm&#233; que l'homme est verbe. A jamais ind&#233;finies et mouvantes, les id&#233;es et les valeurs exigent un langage symbolique, donc repr&#233;sentatif. Ces repr&#233;sentations sont en perp&#233;tuel mouvement. Elles sont de plus abord&#233;es avec des cultures diff&#233;rentes d'o&#249; de nombreuses incompr&#233;hensions. Ces repr&#233;sentations tentent de s'approcher de la v&#233;rit&#233; et de saisir le &#171; r&#233;el &#187; sans jamais y parvenir compl&#232;tement. Pour exprimer des notions immat&#233;rielles, les id&#233;es et les valeurs, qui fondent notre humanit&#233;, l'homme passe par un double discours symbolique par essence repr&#233;sentatif. Par exemples, l'antiproductvisme et la d&#233;croissance sont des mots qui sont en sois des repr&#233;sentations, mais ils n'ont pas qu'un sens strict (l'arr&#234;t de production ou une d&#233;pl&#233;tion), ils v&#233;hiculent aussi une id&#233;ologie, qui est celle des objecteurs de croissance ; une autre production et consommation, le r&#233;tablissement de l'homme et de la soci&#233;t&#233; pluridimensionnelle. Dans ce sens, l'antiproductvisme et la d&#233;croissance sont les titres des projets politiques pour nous &#233;manciper de l'id&#233;ologie &#233;conomiciste etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attaquer la notion de repr&#233;sentativit&#233;, y compris dans sa forme d&#233;mocratique, c'est donc s'en prendre &#224; un enjeu anthropologique fondamental ; c'est s'en prendre &#224; notre capacit&#233; &#224; &#233;difier des symboles, des tiers, capacit&#233; qui est &#224; la base de notre diff&#233;renciation et &#233;mancipation. L'institution, aussi, est une expression de la notion de repr&#233;sentation. L'institution est la condition de la transmission dans une soci&#233;t&#233; moderne. Elle permet notamment d'&#233;viter de passer de la &#171; soci&#233;t&#233; des p&#232;res &#187; &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; des fr&#232;res &#187;, cette derni&#232;re &#233;tant n&#233;cessairement plus barbare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejeter l'institution en soi au motif de sa corruption, c'est mettre &#224; bas l'&#233;difice social et la condition de notre humanisation. C'est sombrer dans le discours ang&#233;liste de la puret&#233;, d'une soci&#233;t&#233; sans tiers et sans clivages, et contribuer aux drames auxquels cette perspective &#171; pu&#233;rile et tyrannique &#187; conduit immanquablement. La repr&#233;sentation est donc une des conditions fondamentales pour construire la personne comme le collectif humain. La haine de la repr&#233;sentativit&#233; est en parfaite phase avec le n&#233;olib&#233;ralisme ou le &#171; lib&#233;ral-libertarisme &#187;. La soci&#233;t&#233; est dans ces derniers cas comprise comme une pure juxtaposition d'individus et le r&#244;le des structures collectives comme un &#233;l&#233;ment devant &#234;tre limit&#233; au minimum pour organiser la coexistence la plus pacifique des individus, hors de tout projet commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, pour le dire simplement, ce n'est pas parce que les institutions, qui sont des repr&#233;sentations, sont souill&#233;es (elles le sont pas essence comme tous les tiers), qu'il ne faut pas s'atteler &#224; leur transformation. Bien &#233;videmment, reconna&#238;tre le caract&#232;re fondateur de la repr&#233;senta tion n'est pas une condition suffisante pour b&#226;tir une soci&#233;t&#233; plus fraternelle, libre, &#233;galitaire et respectueuse de la nature, mais elle en est un apprentissage incontournable. On ne d&#233;passe pas plus la repr&#233;sentation qu'on ne d&#233;passe le langage, la d&#233;mocratie ou encore le Bien et Mal, sauf &#224; sombrer dans le pr&#233;cipice de la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disant cela, je n'ai aucune pr&#233;tention de r&#233;inventer le fil &#224; couper le beurre. Montesquieu avait expliqu&#233; cela voil&#224; trois si&#232;cles bien mieux que je ne saurais le faire. Pour Montesquieu, la repr&#233;sentation, les &#171; corps interm&#233;diaires &#187; sont des garants de la libert&#233;. Leur meilleure d&#233;fense tient &#224; notre capacit&#233; &#224; les r&#233;former continuellement et &#224; contrer leur tendance naturelle &#224; se consid&#233;rer comme leur propre finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, au sein m&#234;me de l'antiproductivisme et de la d&#233;croissance, pr&#233;sent&#233;s sous des masques altruistes, une foultitudes de discours apparemment sinc&#232;res et pleins de bonnes intentions constituent un travail de sape permanent contre la repr&#233;sentation et les institutions et finalement les tiers. Je veux en donner ici quelques pistes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est d'abord pour ce qui nous concerne dans l'&#233;cologie les discours du &#171; grand tout &#187;. Une perspective fusionnelle et unifiante pr&#233;sentant la nature et l'homme comme totalement indiff&#233;renci&#233;s. Ces discours, qui peuvent d'ailleurs &#234;tre aussi bien scientistes que &#171; new age &#187; ou relevant du capitalisme vert, sont pr&#233;sent&#233;s abusivement comme progressistes. Ils sont montr&#233;s comme &#171; non-manich&#233;ens &#187;, &#171; non sectaires &#187;, &#171; pacifistes &#187;, etc. Ils sont en fait compl&#232;tement r&#233;gressifs, fusionnels et totalisants. Ils font un d&#233;ni de toute exposition de tension, de tous dissensus ou rapports de force, notions sur lesquelles se fonde la d&#233;mocratie et tout simplement notre capacit&#233; au d&#233;bat.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Autre exemple : glorifier un changement &#171; par le bas &#187;, purement horizontal, qui exclut toute verticalit&#233;. La transformation devient possible uniquement par la marge, hors de la soci&#233;t&#233; et de toutes institutions. Toute construction collective devient alors impossible. Nous connaissons le ph&#233;nom&#232;ne ; d&#232;s qu'une t&#234;te d&#233;passe, l'enjeu premier pour le groupe devient de la raccourcir pour rejoindre le cercle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais cela peut &#234;tre aussi s'en prendre au monoth&#233;isme, car celui-ci a signifi&#233; l'&#233;mergence d'un tiers face &#224; au paganisme, &#224; l'animisme, ces derni&#232;res faisant de la nature l'id&#233;e d'un &#171; tout &#187;. Ce n'est pas pour rien que la cosmologie d'un Alain de Benoist de la Nouvelle Droite se b&#226;tit, elle, sur le combat contre le monoth&#233;isme. Cela n'emp&#234;che pas bien s&#251;r de mettre en relief le caract&#232;re totalitaire de certains monoth&#233;ismes qui se fondent sur une v&#233;rit&#233; dite r&#233;v&#233;l&#233;e et indiscutable.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est la haine du politique qui traverse notre soci&#233;t&#233;. Nous avons vu &#224; quel point le journal La D&#233;croissance a &#233;t&#233; violemment agress&#233; et calomni&#233; pour n'avoir jamais voulu c&#233;der au discours antipolitique et anti-d&#233;mocratie repr&#233;sentative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'arr&#234;te l&#224; dans cette liste qui n'est bien s&#251;r pas compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le savons, la vie intellectuelle et d&#233;mocratique est affaire de diff&#233;renciation et de discernement, comme ceux qui distinguent la critique de l'insulte, et m&#234;me au sein de notre courant, nous avons le devoir d'explorer les &#233;cueils auxquels peut nous mener les perspectives que nous d&#233;fendons si nous n'y prenons pas garde. Comme le dit Bernard M&#233;heust dans son excellent ouvrage La Politique de l'oxymore, l'inertie de nos soci&#233;t&#233;s fait que nous n'&#233;viterons pas le choc. Davantage que de sauver la nature, le d&#233;fi reste donc de rester humain dans les temps difficiles qui s'annoncent. C'est &#224; ce travail d'&#233;thique de la crise, de morale de la crise, auquel nous devons aussi participer. C'est peut-&#234;tre au moins aussi important que la tr&#232;s importante &#233;laboration de politiques de transition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.decroissance.org/?chemin=textes/4-4-2009" class="spip_out"&gt;Decroissance.org&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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