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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>La d&#233;croissance pour les pauvres</title>
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		<dc:date>2009-10-19T11:39:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chantal GUILLAUME</dc:creator>



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&lt;p&gt;LA DECROISSANCE POUR LES PAUVRES ! &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une rude t&#226;che de faire la critique du capitalisme parce qu'il est capable de dig&#233;rer ses opposants et de r&#233;cup&#233;rer des pens&#233;es qui ne sont pas les siennes en les proposant m&#234;me comme solutions &#224; la crise &#233;conomique qu'il a lui-m&#234;me g&#233;n&#233;r&#233;e. C'est ce qu'il est en train de faire avec la d&#233;croissance. Il propose m&#234;me la d&#233;croissance pour les pauvres ! Dans cette optique, celle-ci signifie, l'acceptation r&#233;sign&#233;e de la pauvret&#233;, c'est-&#224;-dire la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA DECROISSANCE POUR LES PAUVRES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une rude t&#226;che de faire la critique du capitalisme parce qu'il est capable de dig&#233;rer ses opposants et de r&#233;cup&#233;rer des pens&#233;es qui ne sont pas les siennes en les proposant m&#234;me comme solutions &#224; la crise &#233;conomique qu'il a lui-m&#234;me g&#233;n&#233;r&#233;e. C'est ce qu'il est en train de faire avec la d&#233;croissance. Il propose m&#234;me la d&#233;croissance pour les pauvres ! Dans cette optique, celle-ci signifie, l'acceptation r&#233;sign&#233;e de la pauvret&#233;, c'est-&#224;-dire la d&#233;croissance subie, impos&#233;e dans une logique d'exclusion des plus fragiles et des plus pr&#233;caires. Nos &#233;lites qui n'ont cess&#233; de promouvoir la consommation, l'accumulation de biens mat&#233;riels d&#233;couvrent les vertus de la simplicit&#233; volontaire, des valeurs extra &#233;conomiques ( les liens, le temps, le don...) lorsque le syst&#232;me capitaliste ne peut plus assurer la croissance. La d&#233;croissance est impos&#233;e par un syst&#232;me en crise qui feint de faire l'apologie d'une certaine forme de pauvret&#233; et d'autres formes de bonheur que celui de la surconsommation. Cette d&#233;croissance, c'est apprendre aux plus d&#233;munis &#171; &#224; se serrer encore plus la ceinture &#187;. Ainsi la confusion est faite entre d&#233;croissance et r&#233;cession. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce volte face n'est que pur cynisme, d'autant que ces m&#234;mes &#233;lites continuent de c&#233;der les biens publics au march&#233; sans vergogne et n'ont nullement l'intention d'inverser la logique qui nous a conduit &#224; cette crise &#233;conomique. Les politiques &#171; croissancistes &#187; pillent la pens&#233;e alternative radicale pour faire avaler aux plus d&#233;munis l'accentuation de l'exclusion et de la pr&#233;carit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et comble de cynisme, nos d&#233;cideurs vont jusqu'&#224; promouvoir la d&#233;brouillardise comme solution &#224; la crise, alors que ce syst&#232;me depuis des d&#233;cennies nous a priv&#233;s de nos savoirs faire, en leur substituant une logique industrielle sous la forme, par exemple, de l'agro-alimentaire ; de m&#234;me il a d&#233;truit les m&#233;tiers pour les remplacer par une logique technico-industrielle. La d&#233;brouillardise comme r&#233;sistance au capitalisme, signifie dans la pens&#233;e de la d&#233;croissance ou plut&#244;t de l'a-croisssance, se r&#233;approprier nos vies, nos savoirs et choisir nos techniques pour qu'elles &#233;chappent &#224; la grande machine qui nous rend d&#233;pendants. Elle est fondamentalement reconqu&#234;te de l'autonomie. L'auto-limitation volontaire et collective de la sph&#232;re de la n&#233;cessit&#233;, comme le d&#233;fend Andr&#233; Gorz, conduit &#224; une extension de la sph&#232;re de l'autonomie et de la libert&#233;. Rien &#224; voir avec cette d&#233;brouillardise impos&#233;e qui ne radicalise pas la sortie de ce syst&#232;me. Il s'agit ici de vider la d&#233;croissance de son potentiel de radicalit&#233; et de remise en question de ce syst&#232;me de production. Il est dur de voir l'authentique d&#233;brouillardise comme forme de r&#233;sistance politique devenir le programme de nos d&#233;cideurs politiques, lesquels peinent &#224; g&#233;rer les cons&#233;quences sociales de cette crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;croissance pour les pauvres est inscrite dans une logique oppos&#233;e &#224; la n&#244;tre puisqu'elle n'est pas la solution &#224; l'injustice sociale ni m&#234;me &#224; la catastrophe &#233;cologique. Elle ne touche &#224; la logique de ce syst&#232;me qu'&#224; la marge et ne permet pas de penser et m&#234;me occulte les causes de la catastrophe &#233;conomique et &#233;cologique. D'ailleurs cette d&#233;croissance contraignante pour les plus pauvres n'exclut nullement la croissance pour les autres, puisqu'elle ne fait que redistribuer le g&#226;teau en privant de parts les plus pauvres dans une conjoncture &#233;conomique d&#233;pressive. Ce sont les plus pauvres qui en d&#233;croissant encore vont payer les d&#233;r&#232;glements et d&#233;r&#233;gulations de ce syst&#232;me. Cette d&#233;croissance-l&#224; n'est que le sauve-qui-peut des plus riches qui ne peuvent nous faire croire qu'ils ont renonc&#233; &#224; l'accumulation et au profit. Ils instrumentalisent la catastrophe &#233;cologique pour en faire le moteur d'un d&#233;veloppement vert qui n'est absolument pas en rupture avec le caract&#232;re pr&#233;dateur du capitalisme des ressources &#233;nerg&#233;tiques et des mati&#232;res premi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objection de croissance est au contraire un projet collectif qui remet en cause les pr&#233;suppos&#233;s de l'&#233;conomie mondiale actuelle, pr&#233;suppos&#233;s responsables des crises qui nous frappent : crise du syst&#232;me de production-consommation, crise &#233;cologique et crise du sens. C'est un projet collectif qui ne vise pas &#224; imposer une d&#233;croissance s&#233;lective mais qui promeut des formes d'auto-production communale, communautaire et associative en rupture avec la tyrannie de l'&#233;conomisme. Cela suppose de penser le pourquoi et le comment de la production, de cr&#233;er d'autres circuits de production et commercialisation, de revoir nos besoins en les limitant, de retrouver d'autres richesses et ressources que ce syst&#232;me &#233;conomique d&#233;truit. Les valeurs extra &#233;conomiques constituent pour nous non pas une punition ou une contrainte et surtout pas un manque &#224; &#234;tre, mais une richesse qui n'entre pas dans les cat&#233;gories &#233;conomiques du mod&#232;le dominant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un sens &#224; limiter la sph&#232;re de la n&#233;cessit&#233; pour accro&#238;tre et d&#233;velopper la sph&#232;re de la libert&#233;. Ce que ce syst&#232;me octroie aux plus d&#233;munis est une d&#233;croissance dans la mis&#232;re, passivement subie, &#224; l'instar de leurs supermarch&#233;s &#171; discount &#187; qui n'offrent que des biens frelat&#233;s, de la mal bouffe industrielle et des objets surnum&#233;raires et sans valeur. Notre projet est con&#231;u dans une exigence de justice et de partage au niveau mondial car, il y a bien longtemps que les plus riches imposent aux plus pauvres des pays pauvres des catastrophes climatiques et de nouvelles formes de mis&#232;re. S'opposer &#224; la croissance, c'est promouvoir une gestion raisonn&#233;e et &#233;quitable des ressources en &#233;nergie et en mati&#232;res premi&#232;res au niveau mondial. La simplicit&#233; et la sobri&#233;t&#233; volontaires sont des valeurs consenties et pens&#233;es dans cette optique de la justice et non des imp&#233;ratifs du capitalisme en crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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