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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Hors champ - Point de vue sur la r&#233;volution bolivarienne</title>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA, Y. H&#233;l&#232;ne de la FUENTE</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Notre maison br&#251;le et nous regardons ailleurs. La nature, mutil&#233;e, surexploit&#233;e, ne parvient plus &#224; se reconstituer et nous refusons de l'admettre . &#187; Jacques CHIRAC, Johannesburg le 2 septembre 2002 &lt;br class='autobr' /&gt; Le discours des hommes politiques peut parfois pr&#233;senter un autre visage que les d&#233;cisions qui impulsent leurs politiques &#233;conomiques et sociales. Comment peut-on se dire en &#233;veil sur l'&#233;tat de la plan&#232;te et en m&#234;me temps cautionner le lib&#233;ralisme ? Il y a l&#224; une contradiction majeure mise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Notre maison br&#251;le et nous regardons ailleurs. La nature, mutil&#233;e, surexploit&#233;e, ne parvient plus &#224; se reconstituer et nous refusons de l'admettre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce sont les 2 premi&#232;res phrases du discours de Jacques Chirac prononc&#233;es &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Jacques CHIRAC, Johannesburg&lt;br class='manualbr' /&gt;le 2 septembre 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le discours des hommes politiques peut parfois pr&#233;senter un autre visage que les d&#233;cisions qui impulsent leurs politiques &#233;conomiques et sociales. Comment peut-on se dire en &#233;veil sur l'&#233;tat de la plan&#232;te et en m&#234;me temps cautionner le lib&#233;ralisme ? Il y a l&#224; une contradiction majeure mise en avant dans les ann&#233;es soixante-dix par Ren&#233; Dumont l'un des pr&#233;curseurs, en France, de l'&#233;cologie politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Dumont, L'Utopie ou la mort, Seuil, Paris, 1974.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, nous pouvons percevoir un ensemble d'incoh&#233;rences entre le discours politique et les d&#233;cisions impos&#233;es par nos &#233;lus. Il semblerait qu'un nombre important de promesses non tenues meublent la relation entre le peuple et ses repr&#233;sentants. Alexis de Tocqueville parlait m&#234;me de trahison entre les &#233;lus et leurs peuples&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexis de Tocqueville, De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Gallimard, Paris, 1980.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le quatri&#232;me Forum mondial sur le d&#233;veloppement durable &#224; Paris du 6 au 8 d&#233;cembre 2006 ne fait que confirmer le souci de d&#233;battre sans prendre la d&#233;cision qui s'impose : en finir avec le capitalisme, remettre fondamentalement en question un syst&#232;me pr&#233;dateur de l'&#233;quilibre &#233;cologique et social de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les dysfonctionnements &#233;cologiques et sociaux sont tels que de nombreuses voix s'&#233;l&#232;vent pour mettre en d&#233;bat les fondements des soci&#233;t&#233;s occidentales. Le mod&#232;le de d&#233;veloppement des pays industrialis&#233;s est fond&#233; sur la croissance de leur &#233;conomie, autrement dit l'augmentation de leur production de biens et de services. Ce mod&#232;le privil&#233;gie des crit&#232;res principalement quantitatifs pour l'&#233;valuation des richesses nationales. Dans le sillage des pays d&#233;velopp&#233;s, les pays en d&#233;veloppement et les pays &#233;mergents visent eux aussi une croissance &#233;conomique maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d'autres formes de richesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Viveret, Reconsid&#233;rer la richesse, Ed. de l'Aube, La Tour d'Aigues, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non prises en compte par les indicateurs &#233;conomiques officiels tels que le PIB, existent, au nombre desquelles il faut citer le &#171; bien-&#234;tre &#187; et la diversit&#233; culturelle, qui rel&#232;vent notamment du domaine du relationnel, de la convivialit&#233;, et d'une logique privil&#233;giant les liens humains par rapport aux biens mat&#233;riels. La prise en consid&#233;ration de ces richesses invite &#224; pr&#244;ner une d&#233;croissance conviviale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrage collectif, Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; harmonieuse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sugg&#233;rant qu'une autre organisation &#233;conomique et sociale est possible, et m&#234;me n&#233;cessaire au vu de la d&#233;gradation des &#233;cosyst&#232;mes et des &#233;quilibres sociaux. En effet, &#171; on ne peut continuer &#224; consommer de mani&#232;re infinie dans un monde fini &#187;, comme le souligne Albert Jacquard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Jacquard, Voici le temps d'un monde fini, Le Seuil, Pairs, 1991.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; titre d'exemple, si l'ensemble de la population mondiale adoptait le mode de vie &#233;tasunien, ce n'est pas une, mais sept plan&#232;tes qui seraient n&#233;cessaires pour satisfaire ses besoins de consommation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source :&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour retisser le lien entre les &#233;lecteurs et leurs repr&#233;sentants, certains &#233;lus se r&#233;clament du peuple et semblent &#233;couter &#171; le vent d'en bas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous commandant Marcos, Le Monde Diplomatique de f&#233;vrier 2006&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En quoi est-ce le cas de Hugo Ch&#225;vez au Venezuela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays, Ch&#225;vez forge un nouveau destin pour son peuple, mais si ceci est flagrant dans ses discours, ses id&#233;es d&#233;bouchent-elles sur des politiques concr&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edgardo Lander, Le Venezuela &#224; la recherche d'un projet contre-h&#233;g&#233;monique. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En d'autres termes, comment se b&#226;tit la pens&#233;e bolivarienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marta Harnecker, Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as, un hombre un pueblo, Cubasiglo XXI, 10 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En quoi peut-elle avoir des liens avec le mouvement de la d&#233;croissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de Ch&#225;vez se fa&#231;onne au contact direct du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. La r&#233;volution s'identifie au message de Bolivar : &#171; Si ma mort contribue &#224; ce que cessent les partis et que se consolide l'union, alors je pourrai mourir tranquillement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ultima proclama &#187; ou derni&#232;re proclamation prononc&#233;e par Sim&#243;n Bol&#237;var (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pour r&#233;duire l'influence des partis politiques d'opposition et des groupes interm&#233;diaires tout en facilitant la d&#233;mocratie participative, le pouvoir chaviste privil&#233;gie le contact direct avec le peuple. Par exemple, afin de contrecarrer la puissance des m&#233;dias d'opposition, Ch&#225;vez organise des rencontres m&#233;diatico-interactives rituelles tous les dimanches. L'&#233;mission Al&#243; Presidente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Al&#243; Presidente &#187; est une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision sur VTV ou VIVE TV cha&#238;nes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est l'occasion de d&#233;velopper la pens&#233;e populaire. Nombreux sont ceux &#224; qui elle inspire une ligne politique. C'est une sorte de conseil participatif, qui donne souffle &#224; la d&#233;mocratie directe et &#171; protagonique &#187; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les m&#233;dias alternatifs Thierry Deronne Vicepresidencia de Producci&#243;n (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le peuple prend contact avec son pr&#233;sident qui r&#233;pond et donne une dimension politique, collective, &#224; une demande qui pourrait n'appara&#238;tre qu'individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir re&#231;oit ainsi des &#171; coups de fouet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 253 du 23 avril 2006. Ch&#225;vez citant Trotsky : &#171; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; de la r&#233;alit&#233; mise en avant par les interlocuteurs, &#224; charge pour le gouvernement de trouver des solutions pratiques aux questions pos&#233;es. Il faut dire que la r&#233;volution est entr&#233;e dans une phase de d&#233;mocratie participative, qui fait que de nombreuses d&#233;cisions reviennent aux conseils communaux et ne se prennent pas au niveau gouvernemental. Ch&#225;vez appelle cela &#171; l'autogouvernement &#187; : &#171; Vous scandez le slogan : Hu ! Ha ! Ch&#225;vez no se va ! Mais je partirai bien un jour et il restera les conseils communaux, et l'auto-gouvernement. Je ne suis l&#224; que pour rendre tout le pouvoir au peuple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 255 du 21 mai 2006&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le discours de Ch&#225;vez ne peut pas dans ces conditions de d&#233;mocratie vivante, &#233;chapper au contr&#244;le populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, depuis le 27 avril 2006 (date de la cr&#233;ation des conseils locaux de planification publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ley de los Consejos Locales de Planificaci&#243;n P&#250;blica &#187;. Premi&#232;re assembl&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), la r&#233;volution a nettement choisi d'impulser une forme directe de gouvernement du peuple par le peuple. Dans les faits, nous sommes face &#224; une d&#233;mocratie revivifi&#233;e. Pas d'experts, pas de repr&#233;sentants au travers de groupes interm&#233;diaires si classiques dans les d&#233;mocraties repr&#233;sentatives, mais une organisation politique qui se construit au fil des sollicitations populaires : &#171; Ch&#225;vez transforme ses propos inflexibles en actes. Mais ce qui rend le gouvernement nord-am&#233;ricain et les ma&#238;tres des multinationales r&#233;ellement fous est qu'il a les moyens de le faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ted Rall &#8211; Zmag, Venezuela : Le danger du succ&#232;s de la r&#233;volution d'Hugo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Occidentaux per&#231;oivent souvent ces pratiques comme populistes. En fait, Ch&#225;vez ne se contente pas de redistribuer la manne p&#233;troli&#232;re, il impulse une autre politique capable de cr&#233;er une soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne nouvelle, centr&#233;e sur l'auto-organisation, tout en redonnant dignit&#233; &#224; la politique. La r&#233;volution bolivarienne a comme objectif principal de &#171; semer le p&#233;trole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arturo Uslar Pietri, Revue Ahora du 14 juillet 1936.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et de changer les pratiques des hommes : &#171; Pour nous cela est difficile, car nous sommes contamin&#233;s par les r&#233;flexes h&#233;rit&#233;s de la soci&#233;t&#233; capitaliste, mais nos enfants &#233;lev&#233;s dans une autre conception doivent en finir avec l'&#233;go&#239;sme et l'individualisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 253 du 23 avril 06&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le viol de l'imaginaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aminata Traor&#233;, Le Viol de l'imaginaire, Fayard, Paris, 2002.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; impos&#233; par les m&#233;dias et la pression symbolique de l'Occident fa&#231;onn&#233; autour du f&#233;tichisme de la marchandise entra&#238;ne un renoncement culturel. Seules les marchandises import&#233;es sont valoris&#233;es, au d&#233;triment de la production nationale. Seule une politique ambitieuse et sous contr&#244;le populaire est capable de renverser les ph&#233;nom&#232;nes d'acculturation en jeu. Gr&#226;ce aux r&#233;formes &#233;conomiques et politiques impos&#233;es par la r&#233;volution bolivarienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est, en revanche, int&#233;ressant de noter que cette reprise de l'&#233;conomie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le discours de Ch&#225;vez est sous contr&#244;le populaire, il ne peut donc s'&#233;loigner de ses propositions. Il se rend otage de son propre discours pour mieux s'assurer de son application sur le plan social et sur le plan &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi convient-il selon lui de transformer le mod&#232;le &#233;conomique v&#233;n&#233;zu&#233;lien en un syst&#232;me ind&#233;pendant, solidaire, int&#233;gr&#233; au continent sud am&#233;ricain. Pour ce faire, il a port&#233; avec Cuba le projet de l'ALBA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALBA ou Alternative Bolivarienne pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ALBA est une proposition d'int&#233;gration diff&#233;rente propos&#233;e au Sommet des Am&#233;riques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IV &#171; Cumbre de las Americas &#187; ou Sommet des Am&#233;riques des 4-5 novembre 2005&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ALBA, en s'opposant &#224; l'ALCA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALCA : Acuerdo de libre comercio de las Am&#233;ricas impos&#233; par l'administration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, met l'accent sur la lutte contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale et, par cons&#233;quent, exprime les int&#233;r&#234;ts des peuples latino-am&#233;ricains. Le trait&#233; se fonde sur la cr&#233;ation de m&#233;canismes de coop&#233;ration entre les nations, qui permettent de compenser les asym&#233;tries existantes entre les pays de l'h&#233;misph&#232;re. Il n'a pas vocation &#224; &#234;tre seulement un trait&#233; commercial, mais &#224; mettre l'homme et l'environnement au centre des accords entre les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les voies th&#233;oriques explor&#233;es par le pouvoir bolivarien ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ren&#233; Dumont avait d&#233;j&#224; pr&#233;venu que le capitalisme n'&#233;tait pas n&#233;gociable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Dumont, op. cit.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut trouver une autre voie pour b&#226;tir une soci&#233;t&#233; &#233;cologique et &#233;quitable puisque le capitalisme est contraire aux int&#233;r&#234;ts des pays du Sud, de l'homme et de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#225;vez pose en termes &#233;cologiques l'urgence &#224; sortir du mod&#232;le lib&#233;ral. Pour lui, il n'y a pas de social-lib&#233;ralisme : &#171; Katrina a &#233;t&#233; un douloureux exemple des cons&#233;quences pour l'Homme de l'ignorance de ces r&#233;alit&#233;s [&#8230;] Il est pratiquement et &#233;thiquement inadmissible de sacrifier l'esp&#232;ce humaine au nom du maintien d&#233;mentiel d'un mod&#232;le socio-&#233;conomique aux capacit&#233;s destructives sans cesse croissantes. Il est suicidaire d'&#233;tendre et d'imposer ce mod&#232;le comme un rem&#232;de infaillible aux maux dont il est, pr&#233;cis&#233;ment, la principale cause&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours &#224; l'ONU 15/09/2005,&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus question de g&#233;rer le capitalisme et ses dysfonctionnements ; il faut d&#233;finitivement s'en d&#233;marquer. Il affirme : &#171; Il y a une troisi&#232;me voie ? Mensonge, mensonge, le chemin, le seul chemin, c'est le socialisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 228 du 10 juillet 2005&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il tourne ainsi le dos au social-lib&#233;ralisme, il est sans &#233;quivoque lorsqu'il affirme : &#171; J'ai &#233;t&#233; &#224; un moment tent&#233; par la troisi&#232;me voie de Tony Blair et Antony Giddens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isaac Bigio, Chavez &#224; Londres, http://www.rebelion. org/noticia.php (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais maintenant j'ai compris que non. Ce syst&#232;me est sans issue, il a ruin&#233; la soci&#233;t&#233; comme il d&#233;truira la plan&#232;te. Notre plan&#232;te peut dispara&#238;tre et nous pourrions revenir &#224; une &#232;re o&#249; vivront d'autres esp&#232;ces mais nous, l'esp&#232;ce humaine, nous pourrions dispara&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 228 du 10 juillet 2005&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la r&#233;volution bolivarienne cherche un nouveau mod&#232;le qu'elle appelle socialisme du XXIe si&#232;cle parce qu'elle est en mal de r&#233;f&#233;rence th&#233;orique. Par ailleurs, elle se revendique aussi du socialisme utopique, ou socialisme des tropiques, socialisme chr&#233;tien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si Ch&#225;vez est en lutte avec les institutions religieuses, il vit sa foi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et humaniste ou altermondialiste&#8230; Cette diversit&#233; d'appellations montre &#224; quel point le substrat th&#233;orique est multiple et la r&#233;volution se cherche en se faisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terreau de ce changement se nourrit de la pens&#233;e de Sim&#243;n Rodriguez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sim&#243;n Rodriguez, Sociedades americanas, El Mercurio, 1842. Le &#171; bolivarisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de Sim&#243;n Bolivar. Il se concr&#233;tise autour de trois points :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Sensibilit&#233; aux questions &#233;cologiques et sociales. Il reste &#233;vident qu'un grand nombre de besoins de base ne sont pas satisfaits au Venezuela. Lorsque Ch&#225;vez prend le pouvoir en 1998, 62,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Luis Fern&#225;ndez, Soci&#243;logo UCAB, Source :&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il accepte donc le principe de croissance pour sortir de l'&#233;tat de d&#233;pendance centr&#233; sur la satisfaction des besoins de base&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le texte d'Albert Jacquard Boulimose et gaschose, in La D&#233;croissance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La croissance se met alors au service du peuple et non au service du capital. Il affirme : &#171; [&#8230;] le but de la r&#233;union des hommes en soci&#233;t&#233; est de satisfaire les besoins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 237, 23 octobre 2005&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Par ailleurs, il convient de faire reculer la pression de l'offre pour ne pas rentrer dans une d&#233;pendance commerciale. Il compl&#232;te en pr&#233;cisant : &#171; [&#8230;] supprimer la production du luxe pour satisfaire les besoins&#8230; Le capitalisme produit pour exploiter la majorit&#233; en enrichissant une minorit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Par ailleurs, ce socialisme en construction est in&#233;luctable : &#171; le socialisme ou la mort&#8230; &#187;. Mais il ajoute : &#171; [&#8230;] mort de la plan&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ch&#225;vez, ao&#251;t 2005, proc&#232;s du capitalisme, festival mondial de la jeunesse&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il ne peut se concevoir en dehors d'une approche &#233;cologique, car sans transformation du syst&#232;me productif, il ne peut y avoir de survie sur cette plan&#232;te : &#171; Maintenant, le capitaliste se moque bien du gaspillage, son truc c'est gagner de l'argent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Lors de l'&#233;mission Al&#243; Presidente du 29 janvier 2006, il affirmait : &#171; [&#8230;] bon, nous luttons pour un monde diff&#233;rent, pour une alternative &#224; la destruction capitaliste qui d&#233;truit notre plan&#232;te et, nous n'exag&#233;rons rien quand nous disons que cette plan&#232;te pourra &#234;tre d&#233;truite, c'est-&#224;-dire que la vie sur cette plan&#232;te peut dispara&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La sensibilit&#233; de la R&#233;volution bolivarienne aux questions &#233;cologiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La Huella Ecol&#243;gica y Los Movimientos Sociales &#187; ou L'empreinte &#233;cologique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est ici mise en avant. Ce nouveau syst&#232;me de r&#233;gulation &#224; mettre en place impose une remise en question fondamentale de toute organisation &#233;conomique centr&#233;e sur le profit. Il convient d'en changer au plus vite car la menace &#233;cologique et sociale p&#232;se sur toute l'humanit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; &#171; Inventamos o erramos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Simon Rodriguez, Sociedades americanas, El Mercurio, 1842.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, autrement dit, nous inventons ou nous &#233;chouons. C'est l'ouverture du champ des possibles. L'imagination revient au pouvoir par l'interm&#233;diaire des propositions du peuple. L'ensemble de ces id&#233;es s'inscrit dans un objectif d'ind&#233;pendance par rapport au monde occidental, &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et &#224; tous les colonialismes &#233;conomiques et politiques. Hugo Ch&#225;vez dira en 2005 devant l'ONU : &#171; Ces transformations, auxquelles nous faisons r&#233;f&#233;rence au Venezuela, doivent &#234;tre men&#233;es, selon nous, en deux temps : dans l'imm&#233;diat et dans celui des r&#234;ves et de l'utopie. Le premier est marqu&#233; par les accords d&#233;riv&#233;s du vieux sch&#233;ma, nous ne le rejetons pas, nous apportons y compris des propositions concr&#232;tes &#224; court terme &#224; l'int&#233;rieur de ce mod&#232;le. Mais le r&#234;ve de la paix mondiale, le r&#234;ve d'un monde d&#233;barrass&#233; de la honte de la faim, de la maladie, de l'analphab&#233;tisme et l'extr&#234;me mis&#232;re a besoin &#8211; en plus de racines &#8211; d'ailes qui lui permettent de s'envoler. Nous avons besoin d'ailes pour voler, nous savons qu'il y a une terrible globalisation n&#233;o-lib&#233;rale, mais il existe &#233;galement la r&#233;alit&#233; d'un monde interconnect&#233; que nous devons affronter non comme un probl&#232;me, mais comme un d&#233;fi. Nous pouvons, sur la base des r&#233;alit&#233;s nationales, &#233;changer nos connaissances, les compl&#233;ter, int&#233;grer des march&#233;s. Mais, il nous faut en m&#234;me temps comprendre qu'il y a des probl&#232;mes qui n'ont plus de solution nationale : un nuage radioactif, les prix mondiaux, les pand&#233;mies, le r&#233;chauffement climatique, le trou dans la couche d'ozone ne sont pas des probl&#232;mes nationaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours &#224; l'ONU, 15/09 2005.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Recherche d'identit&#233; et valorisation de la culture des peuples premiers. Ch&#225;vez affirme : &#171; Tu es indien Gouverneur, il est indien, nous sommes indiens, indiens et noirs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005 . Constitution de la R&#233;publique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; &#187; Ainsi, l'identit&#233; individuelle et collective du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien ressort renforc&#233;e. Son pr&#233;sent et son futur sont r&#233;appropri&#233;s. Les civilisations d'origine sont solidaires, car les normes import&#233;es du capitalisme entra&#238;nent des ph&#233;nom&#232;nes d'acculturation qui mettent en marge l'identit&#233; du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Il met en avant le degr&#233; de civilisation des peuples premiers qui tend &#224; &#234;tre marginalis&#233; du fait de la colonisation des esprits par le f&#233;tichisme de la marchandise. Il convient de retrouver son identit&#233; pour s'assurer de sa dignit&#233;. Cette derni&#232;re se cultive par la dynamique du don&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Mart&#237;, Amor con amor se paga. Edition digitale &#224; partir de la 2e ed. de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; Une partie de la production doit servir pour les &#233;changes &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233;, les biens doivent &#234;tre donn&#233;s. Le don, sans rien demander en &#233;change. Tu ne demandes pas de dignit&#233;, tu es digne : Territoire indien, territoire socialiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005. Th&#233;orie d&#233;velopp&#233;e par Celso (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivarienne s'appuie donc sur une approche pragmatique permettant de d&#233;velopper une praxis syncr&#233;tique. Elle refuse de se laisser enfermer dans des dogmes qui paralyseraient la cr&#233;ativit&#233; du peuple. Cette derni&#232;re reste centrale. Pas de mod&#232;le import&#233;, mais un syncr&#233;tisme id&#233;ologique centr&#233; sur les particularismes culturels du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien dans toute sa diversit&#233; ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#225;vez serait-il le premier pr&#233;sident sensible aux questions de l'apr&#232;s-d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour chercher &#224; donner une r&#233;ponse &#224; cette question, nous allons analyser quelques pratiques de la r&#233;volution bolivarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, comment relocaliser l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne et ralentir son insertion dans la division internationale du travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau, Ch&#225;vez renvoie &#224; un d&#233;veloppement autocentr&#233; sur les besoins de la population en respectant la culture des hommes et l'&#233;tat des ressources : &#171; Avant tout, la production pour le march&#233; national pour satisfaire les besoins internes du pays. Exporter n'est pas la priorit&#233; pour notre pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;trole &#171; excr&#233;ment du diable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PDVSA : Petroleos De Venezuela SA.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; est alors une arme &#224; double tranchant qui a desservi le pays pendant des ann&#233;es puisqu'il a attir&#233; les capitaux internationaux et les corrupteurs. Cependant, il est temps de l'utiliser comme une manne &#224; redistribuer. En novembre 2001, sont promulgu&#233;es les lois habilitantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les plus importantes de ces lois ont &#233;t&#233; : La loi des terres, qui octroie &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 49 lois dont l'objectif principal est la d&#233;mocratisation de la propri&#233;t&#233; et de la production. Quatre d'entre elles furent le d&#233;tonateur du coup d'&#201;tat du 11 avril 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Ch&#225;vez &#233;voque le seul mod&#232;le possible, celui du socialisme du XXIe si&#232;cle. L'histoire nous dit que la t&#226;che est pour le moins ardue. Les missions productives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coop&#233;ratives ouvri&#232;res. Exemple Invepal (entreprise de p&#226;te &#224; papier).&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Misiones Barrio Adentro, Robinson, Rivas, Sucre, Mercal, Vuelvan Caras, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont des alternatives que la r&#233;volution bolivarienne propose pour d&#233;passer l'exclusion sociale dont souffre le pays. Dans la d&#233;marche bolivarienne, il s'agit d'&#233;voluer vers une nouvelle civilisation. Par exemple : la nouvelle production sociale qui se met en place, bas&#233;e sur la constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 112 : Constitution R&#233;publique Bolivarienne 1999. Voir site :&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, impose de satisfaire &#233;quitablement les besoins humains. Ce socialisme du XXIe si&#232;cle comprend des relations d'un autre type avec l'environnement, en int&#233;grant un autre mode de d&#233;veloppement. Les r&#233;sultats des activit&#233;s de cette soci&#233;t&#233; d'un nouveau type doivent avoir un r&#244;le dans la solution des probl&#232;mes globaux et locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxes de la R&#233;volution Bolivarienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Lemoine, Ch&#225;vez Presidente, Flammarion, Paris, 2005.&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et conclusion&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La situation reste donc encore tr&#232;s d&#233;licate et l'instabilit&#233; semble permanente. Comment, en effet, imposer un autre paradigme lorsque l'on a contre soi :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Les m&#233;dias qui participent de la colonisation des imaginaires sur le mod&#232;le occidental&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Le capital et les puissances &#233;trang&#232;res internationales&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Une administration, h&#233;rit&#233;e de l'ancien r&#233;gime, ou &#171; IV rep&#250;blica &#187;, h&#233;sitant entre des pratiques de corruption &#233;hont&#233;es et un sabotage permanent dans la mise en place du processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que Ch&#225;vez est d&#233;rangeant. Il serait &#224; la fois le pr&#233;sident le plus populaire du continent sud-am&#233;ricain et le plus ha&#239; de l'oligarchie financi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mariana Hern&#225;ndez, Socialismo de baja intensidad. Voir site Internet : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; tout, il compte &#224; son actif neuf &#233;lections victorieuses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;6&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et parvient &#224; mettre en place les bases d'une autre soci&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; son charisme et sa l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gregory Wilpert, Venezuela : d&#233;mocratie participative ou gouvernement comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, un homme seul pourra-t-il infl&#233;chir la tendance quand, au sein de son entourage, se d&#233;roule une bataille avec les productivistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Caracas : le FSM &#233;cartel&#233;. Lundi 30 janvier 2006. Voir blog d'Alain Lipietz :&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En attendant, gr&#226;ce &#224; ses convictions, il emp&#234;che le d&#233;veloppement du pouvoir de l'oligarchie qui cherche &#224; poursuivre la croissance, seule garantie de p&#233;rennisation de leur rente de situation. Par ailleurs, les chavistes altermondialistes veulent approfondir la r&#233;volution et sont finalement, avec le pr&#233;sident, des r&#233;sistants de l'int&#233;rieur. Il existe donc un r&#233;el d&#233;bat au sein du mouvement r&#233;volutionnaire entre ceux qui se r&#233;f&#232;rent &#224; la croissance comme seule issue aux difficult&#233;s du peuple et ceux qui veulent impulser un autre d&#233;veloppement. En Europe, le mouvement de la d&#233;croissance peut donc apporter une r&#233;flexion, une conceptualisation n&#233;cessaires &#224; la construction d'une alternative post-d&#233;veloppementiste. Nous devons donc construire des synergies afin de renforcer nos pratiques mutuelles. Pour cela, il s'av&#232;re n&#233;cessaire d'apprendre &#224; mieux conna&#238;tre la complexit&#233; de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Il faut &#234;tre pr&#234;ts &#224; remettre en question nos repr&#233;sentations, notre sch&#233;ma d'interpr&#233;tation pour percevoir les changements profonds qui sont en train d'&#233;merger au Venezuela. On ne peut r&#233;ellement les &#233;valuer &#224; partir de nos crit&#232;res d'organisation : &#171; On ne peut pas dire que Ch&#225;vez ne fasse rien socialement : il encourage un &#8220;tiers secteur&#8221; coop&#233;ratif, et finance des missions sanitaires et d'enseignement dans les bidonvilles. Mais j'ai un peu l'impression que cette politique remplace le d&#233;ploiement de vrais services publics d'&#233;ducation et de sant&#233;. L'avantage, c'est que s'exp&#233;rimente r&#233;ellement une culture de production de ces services &#224; partir de la base&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir site : 20Barrio%20Adentro.pdf&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; impression &#187; d'Alain Lipietz est, dans ses termes m&#234;mes &#8211; &#171; Vrais services publics &#187; &#8211; r&#233;v&#233;latrice de cette c&#233;cit&#233; qui nous affecte lorsque l'on observe avec des r&#233;f&#233;rences occidentales des soci&#233;t&#233;s aussi complexes que celle du Venezuela. En effet, les statistiques officielles de l'ann&#233;e 2005 indiquent qu'il y a eu 23 760 000 personnes soign&#233;es dans la mission de sant&#233; &#171; Barrio Adentro &#187;. Les habitants du Venezuela ont acc&#232;s aux diagnostics m&#233;dicaux, aux m&#233;dicaments et aux soins, le tout sans rien d&#233;bourser et sans formalit&#233;s administratives, gr&#226;ce aux programmes &#171; Barrio Adentro I, II, III &#187;. Faisons-nous mieux aujourd'hui en Europe ? Et si la forme n'est pas la m&#234;me, le r&#233;sultat est &#224; l'&#233;vidence nettement en faveur du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivarienne agit donc dans le sens du bien commun, mais la d&#233;croissance a-t-elle sa place dans la pens&#233;e r&#233;volutionnaire au Venezuela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Rafael Ch&#225;vez Fr&#237;as est aujourd'hui le seul leader mondial capable d'entendre et de porter les solutions &#233;conomiques et sociales pr&#233;conis&#233;es par le mouvement de la d&#233;croissance. Il est le seul &#224; pouvoir insuffler les id&#233;es de la d&#233;croissance par sa parole revitalisante, qui s'inscrit dans la pratique quotidienne de la r&#233;volution, car ses inqui&#233;tudes sociales et &#233;cologiques sont intimement li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on peut constater que la r&#233;volution bolivarienne est &#224; l'&#233;coute des th&#233;ories venues d'ailleurs. Elle a entendu &#171; V&#237;a Campesina &#187; et Jos&#233; Bov&#233; sur la question des sans-terre ou des OGM. Ch&#225;vez a suivi Ignacio Ramonet quand ce dernier lui a fait conna&#238;tre les penseurs de l'altermondialisme. Il a l'humilit&#233; de ceux qui n'ont pas de pens&#233;e dogmatique. Il &#233;coute. Ainsi, le socialisme du XXIe si&#232;cle qu'il est venu d&#233;fendre &#224; Londres &#8211; et ce n'est pas un hasard &#8211; en mai 2005&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Issac Bigio, &#171; Chavez en Londres &#187;. Source :&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comporte en lui-m&#234;me les germes de la pens&#233;e de la d&#233;croissance par toutes ces influences qu'il revendique. Il est donc n&#233;cessaire de cr&#233;er des liens entre nous et de d&#233;terminer de quelle fa&#231;on l'on pourrait agir ensemble. Le Venezuela est, aujourd'hui, un laboratoire qui pourrait &#234;tre le terreau d'un nouveau paradigme. Il est urgent de ne pas attendre et de ne pas rester sourds &#224; ce formidable espoir n&#233; dans les &lt;i&gt;&#171; Barrios de Caracas &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; caminante, no hay camino,&lt;br class='manualbr' /&gt;se hace camino al andar &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Marcheur, il n'y a pas de chemin,&lt;br class='manualbr' /&gt;Le chemin se construit en marchant &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez, citant Antonio MACHADO&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;XXIX Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917. &amp; menuID = floril&#232;ge&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce sont les 2 premi&#232;res phrases du discours de Jacques Chirac prononc&#233;es &#224; Johannesburg le 2 septembre 2002 devant l'assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re du Sommet mondial&lt;br class='autobr' /&gt;
du d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Dumont, &lt;i&gt;L'Utopie ou la mort&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexis de Tocqueville, &lt;i&gt;De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Viveret, &lt;i&gt;Reconsid&#233;rer la richesse&lt;/i&gt;, Ed. de l'Aube, La Tour d'Aigues,&lt;br class='autobr' /&gt;
2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouvrage collectif, &lt;i&gt;Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; harmonieuse&lt;/i&gt;, Parangon, Lyon, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Jacquard, &lt;i&gt;Voici le temps d'un monde fini&lt;/i&gt;, Le Seuil, Pairs, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.wwf.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wwf.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous commandant Marcos, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edgardo Lander, &lt;i&gt;Le Venezuela &#224; la recherche d'un projet contre-h&#233;g&#233;monique.&lt;/i&gt; Site Internet du CADTM 19 octobre 2004. Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 831&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marta Harnecker, &lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as, un hombre un pueblo&lt;/i&gt;, Cubasiglo XXI,&lt;br class='autobr' /&gt;
10 septembre 2002.&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;http://www.nodo50.org/cubasigloXXI/politica/harnecker24_310802.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nodo50.org/cubasigloXXI/politica/harnecker24_310802.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Ultima proclama &#187;&lt;/i&gt; ou derni&#232;re proclamation prononc&#233;e par Sim&#243;n Bol&#237;var&lt;br class='autobr' /&gt;
Hacienda de San Pedro, &#224; Santa Marta en Colombie le 10 d&#233;cembre 1830. Voir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.analitica.com/bitBlioteca/bolivar/ultima.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.analitica.com/bitBlioteca/bolivar/ultima.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Al&#243; Presidente &#187;&lt;/i&gt; est une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision sur VTV ou VIVE TV cha&#238;nes&lt;br class='autobr' /&gt;
nationales qui a lieu le dimanche &#224; 12 heures et qui dure 5 &#224; 6 heures. Voir site&lt;br class='autobr' /&gt;
Internet : &lt;a href=&#034;http://streaming.impsat.net.ve/vtv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://streaming.impsat.net.ve/vtv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les m&#233;dias alternatifs Thierry Deronne Vicepresidencia de Producci&#243;n Televisi&#243;n Publica VIVE. Voir sites Internet : &lt;a href=&#034;http://www.vive.gov.ve&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.vive.gov.ve&lt;/a&gt; et&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 2438&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 253 du 23 avril 2006. Ch&#225;vez citant Trotsky : &#171; La r&#233;volution a besoin&lt;br class='autobr' /&gt;
des coups de fouets de la contre-r&#233;volution &#187; &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 255 du 21 mai 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ley de los Consejos Locales de Planificaci&#243;n P&#250;blica &#187;. Premi&#232;re assembl&#233;e 06/12/2001. Loi vot&#233;e le 07/04/2006 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.asambleanacional.gov.ve/ns2/leyes.asp?id=338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.asambleanacional.gov.ve/ns2/leyes.asp?id=338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ted Rall &#8211; Zmag, &lt;i&gt;Venezuela : Le danger du succ&#232;s de la r&#233;volution d'Hugo Chavez&lt;/i&gt;. Voir le site Internet : &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
= 3571&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arturo Uslar Pietri, &lt;i&gt;Revue Ahora&lt;/i&gt; du 14 juillet 1936.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 253 du 23 avril 06 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aminata Traor&#233;, &lt;i&gt;Le Viol de l'imaginaire&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est, en revanche, int&#233;ressant de noter que cette reprise de l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne&lt;br class='autobr' /&gt;
se fait dans un contexte particulier, celui de l'instauration en f&#233;vrier 2003 d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;le des changes destin&#233; &#224; endiguer les fuites de capitaux estim&#233;es &#224; l'&#233;poque &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
1 milliard de dollars par mois pour des r&#233;serves de change de 12 milliards. La Banque&lt;br class='autobr' /&gt;
centrale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne a ainsi, depuis cette &#233;poque, la responsabilit&#233; de la totalit&#233; des&lt;br class='autobr' /&gt;
changes avec l'ext&#233;rieur avec un taux fixe qui est aujourd'hui stable &#224; 2150 Bs pour&lt;br class='autobr' /&gt;
1 $ et des r&#233;serves de change de 30 milliards de dollars. Contrairement &#224; ce qu'affirment&lt;br class='autobr' /&gt;
les lib&#233;raux de tous poils, ce r&#233;gime de parit&#233; fixe et de contr&#244;le des changes&lt;br class='autobr' /&gt;
n'a aucunement &#233;t&#233; pr&#233;judiciable aux &#233;changes commerciaux : une augmentation en&lt;br class='autobr' /&gt;
volume de 40 % des importations en 2005 en est la confirmation la plus &#233;clatante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette reprise de l'&#233;conomie a permis d'affecter 5,5 milliards d'euros &#224; des programmes&lt;br class='autobr' /&gt;
sociaux, renforc&#233;s par la participation notable de m&#233;decins cubains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petroleos De Venezuela ou PDVSA (dont la direction a &#233;t&#233; remani&#233;e) a constitu&#233; un fonds de 85 millions d'euros pour financer des coop&#233;ratives qui privil&#233;gient &#171; les valeurs de solidarit&#233;, d'&#233;quit&#233; et de d&#233;veloppement social de la communaut&#233; par rapport &#224; celles de rentabilit&#233; ou de profit &#187;. Des exp&#233;riences int&#233;ressantes &#224; suivre,&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment dans leurs implications &#233;cologiques. Cette r&#233;alit&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne contredit tous les poncifs n&#233;olib&#233;raux : loin de provoquer un isolement et une paup&#233;risation du pays, le contr&#244;le des changes a permis &#224; un gouvernement r&#233;guli&#232;rement &#233;lu par ses citoyens de mettre en place une politique macro-&#233;conomique de d&#233;veloppement social. Constitutionnaliser la libert&#233; de circulation des capitaux revient &#224; interdire &#224; une d&#233;mocratie de recourir au contr&#244;le ou &#224; une fiscalit&#233; des changes (Taxe sur les changes de type &#171; Tobin &#187;). Cela a pour implication pratique de soumettre aux diktats des march&#233;s financiers tout gouvernement d&#233;sireux de d&#233;velopper une politique sociale ou &#233;cologique : les d&#233;tenteurs pr&#233;f&#233;reront toujours transf&#233;rer en masse les capitaux vers des cieux plus prosp&#232;res. Cela nous ram&#232;ne &#224; la signification de la monnaie : une cr&#233;ance sur une &#233;conomie, sur une collectivit&#233;. Au nom de quel principe d&#233;mocratique devrait-on autoriser &#224; tout moment ses d&#233;tenteurs de brader cette&lt;br class='autobr' /&gt;
cr&#233;ance aux plus offrants ? N'est-il pas temps de r&#233;habiliter ce projet d'International Clearing Union que Keynes voulait mettre en place au sortir de la guerre en lieu et place du FMI, dans laquelle la monnaie ne pouvait &#234;tre d&#233;tenue que par des r&#233;sidents et dans laquelle les parit&#233;s entre monnaie refl&#233;taient des balances commerciales &#233;quilibr&#233;es. L'exemple v&#233;n&#233;zu&#233;lien nous en montre l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ALBA ou Alternative Bolivarienne pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes voir site Internet : &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 2882&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IV &#171; Cumbre de las Americas &#187; ou Sommet des Am&#233;riques des 4-5 novembre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.summit-americas.org/NextSummit-esp.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.summit-americas.org/NextSummit-esp.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ALCA : Acuerdo de libre comercio de las Am&#233;ricas impos&#233; par l'administration am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Dumont, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Discours &#224; l'ONU&lt;/i&gt; 15/09/2005, &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 228 du 10 juillet 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isaac Bigio, &lt;i&gt;Chavez &#224; Londres&lt;/i&gt;, http://www.rebelion.&lt;br class='autobr' /&gt;
org/noticia.php ?id=31622. Ch&#225;vez a d&#233;montr&#233; qu'il est r&#233;solu &#224; prendre un r&#244;le politique important au plan international. Si auparavant Blair avait essay&#233; de le capter, lui et d'autres leaders du monde, pour son projet de &#171; Troisi&#232;me voie &#187; dans laquelle se combinaient des aspects de la voie &#233;conomique de Margaret&lt;br class='autobr' /&gt;
Thatcher et des &#233;l&#233;ments sociaux. C'est maintenant lui qui tente de capter la gauche travailliste pour qu'elle accepte sa vision d'un socialisme du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 228 du 10 juillet 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me si Ch&#225;vez est en lutte avec les institutions religieuses, il vit sa foi de mani&#232;re r&#233;volutionnaire, dans un pays fortement marqu&#233; culturellement par la religion catholique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sim&#243;n Rodriguez, &lt;i&gt;Sociedades americanas&lt;/i&gt;, El Mercurio, 1842. Le &#171; bolivarisme &#187; ne constitue pas un corpus th&#233;orique. Il est symbolis&#233; par &#171; L'arbre aux trois racines &#187; et incarn&#233; par la figure du &#171; Libertador &#187; (Simon Bolivar) et par deux autres figures embl&#233;matiques : Ezequiel Zamora et Sim&#243;n Rodriguez. Ezequiel Zamora porte les luttes des noirs mul&#226;tres et des Indiens, populations discrimin&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
socialement par l'Etat postcolonial dirig&#233; par les blancs et les Cr&#233;oles. L'&#233;ducateur Simon Rodriguez, ma&#238;tre du &#171; Libertador &#187; est le symbole de la recherche scientifique, et de l'&#233;ducation. Source : Alberto M&#252;ller Rojas, &lt;i&gt;Epoca de Revoluci&#243;n en Venezuela&lt;/i&gt;, Solar Editores, Caracas, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jos&#233; Luis Fern&#225;ndez, Soci&#243;logo UCAB, &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;http://www.pnud.org.ve/email/Contenidos/boletin_02/ArticuloJLFPobreza.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pnud.org.ve/email/Contenidos/boletin_02/ArticuloJLFPobreza.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le texte d'Albert Jacquard Boulimose et gaschose, in &lt;i&gt;La D&#233;croissance, le journal&lt;br class='autobr' /&gt;
de la joie de vivre&lt;/i&gt; n&#176; 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 237, 23 octobre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ch&#225;vez, ao&#251;t 2005, proc&#232;s du capitalisme, festival mondial de la jeunesse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; La Huella Ecol&#243;gica y Los Movimientos Sociales &#187;&lt;/i&gt; ou L'empreinte &#233;cologique et les mouvements sociaux. Sobre El Debate Hacia El Socialismo Del Siglo XXI, Miguel&lt;br class='autobr' /&gt;
Angel Nu&#241;ez. &lt;a href=&#034;http://www.inmotionmagazine.com/global/man_huella&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inmotionmagazine.com/global/man_huella&lt;/a&gt;. html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Simon Rodriguez, &lt;i&gt;Sociedades americanas&lt;/i&gt;, El Mercurio, 1842.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Discours &#224; l'ONU, 15/09 2005. &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Constitution de la R&#233;publique Bolivarienne du Venezuela Articles 119, 120, 121, 122 et 123. Voir site : &lt;a href=&#034;http://cbparis.free.fr/constitution.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cbparis.free.fr/constitution.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jos&#233; Mart&#237;, &lt;i&gt;Amor con amor se paga&lt;/i&gt;. Edition digitale &#224; partir de la 2e ed. de &lt;i&gt;Obras Completas&lt;/i&gt;, Vol. 18, La Habana, Instituto Cubano del Libro, 1963-1965, ou voir site : &lt;a href=&#034;http://www.cuba.cu/memorial/amorcon.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuba.cu/memorial/amorcon.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005. Th&#233;orie d&#233;velopp&#233;e par Celso Furtado, &lt;i&gt;En busca de un nuevo modelo&lt;/i&gt;, Fondo de cultura econ&#243;mica. 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005. &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;PDVSA : Petroleos De Venezuela SA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les plus importantes de ces lois ont &#233;t&#233; : La loi des terres, qui octroie &#224; l'&#201;tat le pouvoir de prendre les terres priv&#233;es et de les redistribuer. Cette redistribution inclut les propri&#233;t&#233;s de plus de 5 000 hectares, consid&#233;r&#233;es improductives et permet &#233;galement de d&#233;cider de l'usage de la terre agricole pour obtenir une r&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
agraire qui garantisse l'alimentation de tout le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. La loi de p&#234;che, qui agrandit la zone de mer territoriale de 3 &#224; 6 milles marins, o&#249; la p&#234;che au chalut favorise une p&#234;che artisanale et un &#233;quilibre marin &#233;cologique. La loi des hydrocarbures, qui en finit avec les 20 ann&#233;es de lib&#233;ralisation et privatisation dans le secteur p&#233;trolier. Dans le futur, l'&#233;tat d&#233;tiendra la majorit&#233; dans tous les accords pour les futures exploitations et augmentera les redevances aux compagnies &#233;trang&#232;res de 16 &#224; 30 % pour consacrer plus de moyens aux programmes sociaux. La loi de microfinancement, qui permet le renforcement d'un secteur de l'&#233;conomie sociale et repr&#233;sente un soutien &#224; l'activit&#233; de Banmujer et sa contribution &#224; l'incorporation des femmes au march&#233; du travail au travers des micro-entreprises. Evidemment, toute cette activit&#233; stimule la participation du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien et lui donne confiance pour faire face &#224; la droite qui s'agite et essaie par tous les moyens de contenir, de faire reculer le processus r&#233;volutionnaire. Ces lois ont d&#233;clench&#233; le coup d'Etat m&#233;diatico-politique qui a renvers&#233; le pr&#233;sident Ch&#225;vez&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant 3 jours (du 11 au 13 avril 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coop&#233;ratives ouvri&#232;res. Exemple Invepal (entreprise de p&#226;te &#224; papier).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Misiones Barrio Adentro, Robinson, Rivas, Sucre, Mercal, Vuelvan Caras, Piar,&lt;br class='autobr' /&gt;
Guaicaipuro, Negra Hipolita &lt;a href=&#034;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Las&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Las&lt;/a&gt; %&lt;br class='autobr' /&gt;
20Misiones % 20Bolivarianas % 20en % 20Frances % 202.pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article 112 : Constitution R&#233;publique Bolivarienne 1999. Voir site : &lt;a href=&#034;http://cbparis.free.fr/constitution.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cbparis.free.fr/constitution.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurice Lemoine, &lt;i&gt;Ch&#225;vez Presidente&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mariana Hern&#225;ndez, &lt;i&gt;Socialismo de baja intensidad&lt;/i&gt;. Voir site Internet : http://espanol.&lt;br class='autobr' /&gt;
geocities.com/mariana_hzz/socialismo. htm&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gregory Wilpert, &lt;i&gt;Venezuela : d&#233;mocratie participative ou gouvernement comme un autre ?&lt;/i&gt; Source : &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 2791&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Caracas : le FSM &#233;cartel&#233;. Lundi 30 janvier 2006. Voir blog d'Alain Lipietz :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://lipietz.net/breve.php3?id_breve=122&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lipietz.net/breve.php3?id_breve=122&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir site : &lt;a href=&#034;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Mision%&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Mision%&lt;/a&gt; 20Barrio%20Adentro.pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Issac Bigio, &lt;i&gt;&#171; Chavez en Londres &#187;&lt;/i&gt;. Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=31622&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=31622&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;XXIX Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.mcxapc.org/static.php?file=florilege.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mcxapc.org/static.php?file=florilege.htm&lt;/a&gt; &amp; menuID = floril&#232;ge&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tozeur</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article96</link>
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		<dc:date>2011-07-17T11:26:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue G&#233;o.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH148/arton96-fdcf4.jpg?1635374396' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue G&#233;o.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_192 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/Tozeur_GEO.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 740.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1774634574' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;veloppement peut-il &#234;tre durable ?</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article95</link>
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		<dc:date>2011-07-17T11:12:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment ne pas prendre le temps de questionner le d&#233;veloppement durable ? Comment expliquer que ce concept soit si largement adopt&#233; et promu ? N'est-ce pas suspect ? Surtout si l'on constate que, malgr&#233; toutes les professions de foi des transnationales ou des institutions qui s'en r&#233;clament, les choses ont du mal &#224; &#233;voluer. Or, peut-on imaginer une &#233;ducation au d&#233;veloppement durable sans un questionnement non dogmatique de ce concept ? Il en va de la cr&#233;dibilit&#233; de cet enseignement. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton95-026ac.jpg?1635489176' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment ne pas prendre le temps de questionner le d&#233;veloppement durable ? Comment expliquer que ce concept soit si largement adopt&#233; et promu ? N'est-ce pas suspect ? Surtout si l'on constate que, malgr&#233; toutes les professions de foi des transnationales ou des institutions qui s'en r&#233;clament, les choses ont du mal &#224; &#233;voluer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, peut-on imaginer une &#233;ducation au d&#233;veloppement durable sans un questionnement non dogmatique de ce concept ? Il en va de la cr&#233;dibilit&#233; de cet enseignement. D'autant que l'anthropisation forcen&#233;e des &#233;cosyst&#232;mes a entra&#238;n&#233; de multiples dysfonctionnements qui font peser de graves menaces sur les g&#233;n&#233;rations actuelles et &#224; venir. En cons&#233;quence, les d&#233;cisions &#224; prendre de toute urgence sont frein&#233;es par le dogmatisme ou l'immobilisme de certains discours relatifs au d&#233;veloppement durable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire que le plus souvent, les humains ont la pr&#233;tention de dominer les langues or, ce sont les mots qui les dominent. Ils sont porteurs d'une id&#233;ologie que nous ne prenons plus le temps d'interroger. Nous ne pouvons pas en permanence nous laisser malmener par cette novlangue (Orwel, 1972) qui est port&#233;e par le discours m&#233;diatique et qui s'impose &#224; nous comme un fait social. Et, il faut bien l'avouer, depuis quelques temps d&#233;j&#224;, le concept de d&#233;veloppement durable est devenu l'une des composantes de cette pens&#233;e politiquement correcte que l'on int&#232;gre volontiers &#224; toutes les analyses ! Son instrumentalisation par les pouvoirs en place retarde le vrai d&#233;bat que nous devrions avoir et qui devrait &#234;tre celui du d&#233;veloppement lui-m&#234;me. Dans cette p&#233;riode de remise en question &#233;cologique et sociale, il appara&#238;t que les cons&#233;quences de l'illusion du d&#233;veloppement deviennent ing&#233;rables. Malgr&#233; ce, le d&#233;veloppement reste un concept universel que la pens&#233;e dominante impose comme l'&#233;vidence (Hazan, 2006). Serions-nous prisonniers des mots ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ce d&#233;fi, il nous appara&#238;t n&#233;cessaire de prendre le temps de la r&#233;flexion. C'est l'objet central de cet article.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les &#233;crits du courant post-d&#233;veloppementiste (1) et, en particulier, ceux de Serge Latouche (1986), l'utilisation du qualificatif durable est int&#233;ressante pour les partisans du d&#233;veloppement dans le sens o&#249; il contribue &#224; nous faire croire que le d&#233;veloppement peut s'inscrire dans la durabilit&#233;. Or, s'il continue de la sorte, en mati&#232;re de d&#233;gradation des &#233;quilibres &#233;conomiques, &#233;cologiques et sociaux, &#224; l'&#233;vidence, le d&#233;veloppement durable, ne peut pr&#233;cis&#233;ment l'&#234;tre ! Serait-il un oxymore ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agira ici d'interroger le concept de d&#233;veloppement durable et sa r&#233;cup&#233;ration par les institutions (transnationales, gouvernements, collectivit&#233;s locales&#8230;) afin de pr&#233;server le statu quo et de poursuivre des pratiques totalement &#171; non durables &#187;. L'id&#233;e est de r&#233;v&#233;ler l'id&#233;ologie pr&#233;sente dans le qualificatif durable attach&#233; au mot d&#233;veloppement. Cette nouvelle qualification n'est-elle pas une fa&#231;on de ne pas s'interroger sur l'urgence &#233;cologique et sociale ou m&#234;me d'&#233;viter de questionner le concept de d&#233;veloppement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La question de la durabilit&#233; nous donne l'illusion d'un changement. Cela rassure la conscience des citoyens, mais finalement pas grand chose ne change r&#233;ellement : les &#233;quilibres &#233;cologiques sont fragilis&#233;s, les in&#233;galit&#233;s sociales continuent de s'accro&#238;tre. Ces d&#233;s&#233;quilibres justifient le fait qu'on s'interroge sur la notion m&#234;me de d&#233;veloppement, qui, selon de nombreux auteurs (2) (La ligne d'horizon, 2003), est porteuse de ces dysfonctionnements. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; ce niveau que l'id&#233;ologie du d&#233;veloppement durable est puissante : ce nouveau concept n'est-il pas une aubaine dans la mesure o&#249; il permet de faire l'&#233;conomie de cette interrogation ? N'autorise-t-il pas &#224; ce qu'on ne mette pas en d&#233;bat le d&#233;veloppement lui-m&#234;me ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, les dirigeants se le sont appropri&#233;s tr&#232;s rapidement, quitte &#224; le vider de son sens. Pour un courant de chercheurs et d'&#233;conomistes, la durabilit&#233; est un nouveau domaine permettant de continuer &#224; faire du d&#233;veloppement en toute impunit&#233;. Selon Serge Latouche (2004, pp. 51) quand on parle de d&#233;veloppement durable &#171; on a affaire &#224; une monstruosit&#233; verbale du fait de l'antinomie mystificatrice de l'expression &#187;. En effet, le d&#233;veloppement &#233;tant tel qu'il est pratiqu&#233;, par essence non durable, lui accoler le mot &#171; durable &#187; devient une imposture qui h&#233;risse nombre d'&#233;cologistes, d'activistes, d'intellectuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant dans le m&#234;me temps, et c'est bien l&#224; le paradoxe, ce concept de d&#233;veloppement durable a le m&#233;rite d'interroger la soci&#233;t&#233; civile, de cr&#233;er des d&#233;bats, et peut-&#234;tre de parvenir &#224; un certain niveau de conscience des probl&#232;mes &#233;cologiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on reste positif, l'&#233;ducation au d&#233;veloppement durable peut conduire au d&#233;cloisonnement des disciplines, &#224; la collaboration entre chercheurs et enseignants de diff&#233;rents horizons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet enseignement pourrait &#234;tre porteur de r&#233;flexions productives et judicieuses pour une transformation sociale. Dans cette perception, le d&#233;veloppement durable serait-il alors le passage oblig&#233; vers une prise de conscience collectif pour une transformation &#233;cologique et sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pour m'expliquer sur ces diff&#233;rentes probl&#233;matiques, je vais dans un premier temps, analyser les cons&#233;quences de la mise en place h&#233;g&#233;monique de l'id&#233;ologie d&#233;veloppementiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis je montrerai, dans un deuxi&#232;me temps, quels sont les risques de l'institutionnalisation de l'&#233;ducation pour un d&#233;veloppement durable si on ne prend pas le temps ou si on n'a pas la volont&#233; id&#233;ologique de questionner ce concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Quelle durabilit&#233; pour le d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. Gen&#232;se du concept : une repr&#233;sentation r&#233;cente impos&#233;e &#224; la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Rist (2001) qui enseigne, &#224; Gen&#232;ve, l'&#233;conomie du d&#233;veloppement depuis une trentaine d'ann&#233;es nous rappelle que l'utilisation contemporaine du concept de d&#233;veloppement date du 20 janvier 1949 dans le discours du pr&#233;sident Truman. Dans le quatri&#232;me point de sa pr&#233;sentation, celui-ci se livre &#224; une apologie du d&#233;veloppement en montrant comment le monde de l'apr&#232;s Yalta se divise en pays qui ont d&#233;j&#224; acc&#233;d&#233; &#224; un certain niveau de vie et en pays qui en sont momentan&#233;ment exclus. Dans sa vision du monde, il s&#233;pare les pays de la plan&#232;te en deux blocs : ceux qu'il appelle les pays d&#233;velopp&#233;s et ceux qu'il nomme les pays sous-d&#233;velopp&#233;s. La majorit&#233; de la population plan&#233;taire compos&#233;e d'Asiatiques et d'Africains allait ainsi se retrouver d'un seul coup qualifi&#233;e de sous-d&#233;velopp&#233;e. L'administration &#233;tasunienne du moment avait dans l'id&#233;e, derri&#232;re les &#233;crits de Rostow (1963), que le d&#233;veloppement des Etats s'op&#232;re autour de cinq &#233;tapes (3). La troisi&#232;me &#233;tape, celle du take-off ou du d&#233;collage devrait amener les pays sous-d&#233;velopp&#233;s vers le bloc des pays d&#233;velopp&#233;s. Selon Rostow, on atteint cette d&#233;cisive phase de take-off par l'investissement productif, en d&#233;pla&#231;ant l'&#233;pargne : de l'&#233;pargne th&#233;sauris&#233;e vers l'&#233;pargne productive. La phase achev&#233;e du d&#233;veloppement, la cinqui&#232;me et derni&#232;re &#233;tape, est ce que Rostow nomme : &#171; la Soci&#233;t&#233; de Consommation &#187;. Chez cet optimiste lib&#233;ral, tout se passe un peu comme dans une course cycliste : certains coureurs sont en t&#234;te, d'autres sont attard&#233;s. Les participants arrivant les premiers sont les pays qui acc&#232;dent &#224; la phase ultime de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, l'aboutissement de l'histoire lib&#233;rale (Fukuyama, 1993). Les pays d&#233;velopp&#233;s ont ainsi d&#233;pass&#233; la ligne d'arriv&#233;e. Derri&#232;re, dans la course, certains pays sont en retard. La banque mondiale et le FMI jouent le r&#244;le de la voiture balai qui pousse les derniers vers la ligne d'arriv&#233;e. Les banquiers de ces institutions financi&#232;res internationales sont les masseurs qui permettent malgr&#233; tout aux athl&#232;tes de franchir la ligne, et de parvenir &#224; l'esp&#233;rance ultime de la vie des hommes dans la soci&#233;t&#233;, &#224; savoir : &#171; la Soci&#233;t&#233; de Consommation &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette vision des choses, le sous-d&#233;veloppement n'est finalement qu'une histoire de retard. L'administration &#233;tasunienne utilise alors certains crit&#232;res pour qualifier le d&#233;veloppement ou le sous-d&#233;veloppement, et c'est avec ces crit&#232;res l&#224; qu'elle va imposer une certaine vision du monde qui n'&#233;tait certainement pas partag&#233;e par tous les pays concern&#233;s. Il fallait en effet arriver &#224; classer les pays en fonction de leur Produit Int&#233;rieur Brut, instrument quantitatif, l&#233;gitimant la pens&#233;e &#233;conomiciste.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, en 1949, au moment du discours de Truman, la logique &#233;tait tr&#232;s productiviste : c'&#233;tait l'&#233;poque des 30 glorieuses, p&#233;riode de reconstruction d'apr&#232;s guerre et d&#233;but de la domination lib&#233;rale. Les &#233;conomistes du d&#233;veloppement montrent que la doctrine Truman est la meilleure invention pour asseoir la domination &#233;tasunienne et la domination occidentale de fa&#231;on plus &#233;largie (Latouche, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. Le d&#233;veloppement : la nouvelle forme de colonisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe du d&#233;veloppement serait-il la nouvelle forme de colonisation ? Aux 18&#232;me et 19&#232;me si&#232;cles, la colonisation &#233;tait principalement militaire dans un premier temps, puis devenait administrative, politique et religieuse en s'imposant aux superstructures sociales. Au 20&#232;me si&#232;cle, et d&#233;j&#224; le discours de 1949 en pr&#233;sentait les premiers balbutiements, la colonisation devient symbolique. Le mythe du d&#233;veloppement fait partie des outils de la domination. De Rivero (2003) explique comment le d&#233;veloppement, relay&#233; par le pouvoir m&#233;diatique et le pouvoir scientiste, s'est impos&#233; par la volont&#233; de domination id&#233;ologique de l'Occident. Il a progressivement &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme l'objectif &#224; atteindre pour tous les peuples de la plan&#232;te. Derri&#232;re la poursuite du d&#233;veloppement, se cache l'expertisme ou la domination des experts, la marchandisation des activit&#233;s sociales, le salariat et le mod&#232;le occidental. En un mot, comme le dit Serge Latouche (1989), le d&#233;veloppement, c'est l'occidentalisation du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Historiquement, quand le colonisateur s'est retir&#233;, il a abandonn&#233; l'&#233;ducation et la sant&#233;, mais il a impos&#233; la domination symbolique. Dans ce contexte, Aminata Traor&#233; (2002) va jusqu'&#224; parler de &#171; viol de l'imaginaire &#187;, o&#249; la puissance de la force symbolique de la culture occidentale am&#232;ne l'individu &#224; renoncer progressivement &#224; ce qui l'a construit, et &#224; influencer sur sa fa&#231;on de percevoir ses repr&#233;sentations du pr&#233;sent et de l'avenir. Il devient alors difficile d'investir le champ des possibles en dehors de la r&#233;f&#233;rence occidentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce niveau, les m&#233;dias ont jou&#233; un r&#244;le central dans la diffusion du mod&#232;le occidental qui est devenu le mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence (Halimi, 1997). Cette colonisation symbolique est devenue la nouvelle forme de domination. Elle accro&#238;t la d&#233;pendance, ou ce qu'Illich (1971) nomme l'h&#233;t&#233;ronomie. Cette colonisation de l'imaginaire sur le mod&#232;le occidental pousse les pays de la p&#233;riph&#233;rie &#224; rentrer dans des mod&#232;les de Division Internationale du Travail (DIT), qui les entra&#238;nent &#224; exporter les mati&#232;res premi&#232;res ou &#224; participer &#224; la d&#233;forestation des for&#234;ts primitives. Ils doivent, en effet, rembourser la dette et assurer un niveau de vie &#224; l'occidentale pour les &#233;lites locales. Samir Amin (2002), &#233;conomiste &#233;gyptien, explique comment, dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s, la minorit&#233; de la bourgeoisie compradore (c'est-&#224;-dire la bourgeoisie poss&#233;dant un certain pouvoir d'achat) assoit son pouvoir sur le mod&#232;le occidental et pousse les puissances du Sud vers la division internationale du travail. Cette bourgeoisie a besoin de devises pour acc&#233;der aux productions import&#233;es. Pour les obtenir, on sp&#233;cialise le pays dans des productions demand&#233;es par le march&#233; international, et on joue le jeu de la mondialisation lib&#233;rale : abandon des cultures vivri&#232;res (c'est-&#224;-dire les productions agricoles permettant d'assurer l'apport quotidien en calories : manioc, igname, riz, ma&#239;s,&#8230;) pour les cultures de rentes (c'est-&#224;-dire les productions export&#233;es) participant ainsi au ph&#233;nom&#232;ne massif de d&#233;forestation et de d&#233;stabilisation des &#233;cosyst&#232;mes. C'est le cas d'un grand nombre de pays du Sud, comme le Br&#233;sil, le Congo, la C&#244;te d'Ivoire, etc. L'id&#233;e &#233;tant que chacun prenne une place dans ce puzzle de la mondialisation qui deviendrait un jeu &#224; somme positive : tout le monde y gagne (th&#233;orie des avantages comparatifs : Ricardo 1817). &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ces pratiques de spoliation des richesses de la plan&#232;te, quelle durabilit&#233; peut-on envisager ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Les risques de l'institutionnalisation de l'&#233;ducation pour le d&#233;veloppement durable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, face &#224; l'arriv&#233;e des premiers r&#233;fugi&#233;s climatiques (Garnier, 2007) et apr&#232;s les diff&#233;rents bilans propos&#233;s par les institutions les plus s&#233;rieuses comme le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC), il appara&#238;t que des mesures pour sauver ce qui peut l'&#234;tre encore s'imposent. Pour pr&#233;parer un avenir meilleur quoi de mieux que l'&#233;ducation ? C'est en effet dans ce creuset que se pr&#233;parent les nouvelles g&#233;n&#233;rations de citoyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, comment s'int&#233;resser aux th&#233;matiques &#233;tudi&#233;es sans prendre le temps de d&#233;battre de l'organisation &#233;conomique de nos soci&#233;t&#233;s. Pourtant, le message a &#233;t&#233; lanc&#233; depuis bien longtemps. D&#233;j&#224; Ren&#233; Dumont (1988) pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique en France nous avait alert&#233;s. Il ne peut y avoir d'&#233;cologie dans un monde domin&#233; par le court terme et par la recherche absolue du profit. Ce syst&#232;me ne peut que mener l'humanit&#233; vers l'accumulation du superflu et le renoncement de l'essentiel qui repose sur les valeurs civilisationnelles. Dans cette d&#233;marche, il faudrait s'attacher &#224; faire cro&#238;tre tout ce qui nous rapproche des valeurs centrales de l'humanit&#233; (fraternit&#233;, formation, &#233;ducation, sant&#233;, culture&#8230;) et faire d&#233;cro&#238;tre tout ce qui nous rapproche de la barbarie consum&#233;riste (publicit&#233;, culte de la marchandise, f&#233;tichisme et accumulation de l'objet, etc.&#8230;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Evidemment, cette analyse va &#224; l'encontre de la pens&#233;e dominante. Mais, il devient urgent de se questionner : quelle soci&#233;t&#233; construire pour demain ? Pourquoi refuser de se poser cette question centrale ? Les citoyens en g&#233;n&#233;ral et les formateurs en particulier ne peuvent &#233;chapper &#224; ce questionnement. Ils sont les adultes r&#233;f&#233;rents de toute une g&#233;n&#233;ration qui attend des prises de position courageuses sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quelle nouvelle g&#233;n&#233;ration sommes nous en train de former ? Quel monde allons-nous laisser &#224; nos enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous devons constater que le manque d'analyse critique sur les th&#233;matiques de la consommation et du d&#233;veloppement durable am&#232;ne la plupart d'entre nous &#224; ne pas prendre de recul sur ces concepts qui sont s&#251;rement la plus grande manipulation du moment. Nous nous trouvons prisonniers des mots et des concepts que nous utilisons car ils sont pr&#233;sent&#233;s comme des &#233;vidences (Hazan, 2006). Le politiquement correct s'en nourrit et nous enferme dans une pens&#233;e format&#233;e &#224; forte manipulation symbolique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment, en effet, former le citoyen d'aujourd'hui et de demain si on ne lui permet pas de remettre en question les dogmes qui encombrent sa libert&#233; de penser. L'humanit&#233; a besoin d'une plus grande transparence qui pourrait &#234;tre le fait des adultes et/ou des enseignants. Alors peut-&#234;tre nous aurons l'occasion de d&#233;coloniser nos imaginaires pour mettre en place une &#233;cosoci&#233;t&#233; s&#251;re de ses valeurs et ouverte &#224; un futur o&#249; l'&#234;tre humain retrouvera sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit l&#224; d'un obstacle &#224; contourner car l'&#233;ducation au d&#233;veloppement durable n&#233;cessite une r&#233;elle transparence pour faire &#233;voluer la r&#233;flexion de mani&#232;re non dogmatique. Ce qui doit &#234;tre privil&#233;gi&#233; tient &#224; une recherche d'ouverture des imaginaires pour construire une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement citoyenne et respectueuse des &#233;quilibres &#233;cologiques et sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
A ce niveau, l'approche interdisciplinaire de l'EDD pourrait permettre d'aborder la th&#233;matique &#224; l'&#233;cart des blocages issus des d&#233;marches scientifiques parcellaires pour une perception plus globale de la question pos&#233;e. De plus, une d&#233;marche partenariale devrait permettre une pluralit&#233; des regards pour une meilleure ouverture aux probl&#232;mes environnementaux et soci&#233;taux (Sauv&#233;, 2002). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, les enjeux de formation, de r&#233;flexion critique, d'ouverture du champ des possibles sont incontournables. Ils appartiennent &#224; ce souci d'&#233;mancipation, &#224; cette volont&#233; d'&#233;cologie sociale ou d'&#233;cologie de la libert&#233; (Bookchin, 1992) qui permet d'assainir les rapports sociaux autour de valeurs centrales de l'humanit&#233; : fraternit&#233;, respect de l'autre, tol&#233;rance&#8230;qui sont les seules valeurs de la durabilit&#233; soci&#233;tale. Evidemment, ce n'est pas chose facile dans une soci&#233;t&#233; qui met en avant l'argent comme valeur centrale. Mais, le r&#244;le de l'EDD n'est-il pas de travailler sur les valeurs qui vont permettre une &#233;cologie de la relation pour une soci&#233;t&#233; plus fraternelle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, les besoins d'un v&#233;ritable questionnement sur l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; sont bien l&#224;. Ils sont m&#234;me urgents, mais ils sont ralentis sinon rendus impossibles par le discours de la domination qui impose des concepts consensuels qui ne sont pas remis en question.&lt;br class='autobr' /&gt;
A titre d'exemple, les probl&#232;mes de la faim dans le monde mis en avant par Fran&#231;ois De Ravignan (2003) et plus r&#233;cemment par Jean Ziegler (2005) montrent &#224; quel point il convient d'interroger nos niveaux de consommation et ne pas s'en tenir &#224; une simple &#171; consommation pour un d&#233;veloppement durable &#187; d&#233;velopp&#233;e par exemple par Cafin et Chaplain (2003).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc bien d'un d&#233;bat sur les fondements de notre organisation &#233;conomique, politique et sociale dont nous avons intimement besoin. Car au del&#224; d'une sensibilit&#233; environnementale, nous devons former des citoyens ayant une perception politique et critique des enjeux soci&#233;taux. C'est de cet effort de formation syst&#233;mique que pourra na&#238;tre une r&#233;flexion globale sur notre soci&#233;t&#233; dans l'espoir de pouvoir en construire une o&#249; l'humain et ses valeurs seront valoris&#233;s face &#224; la recherche et &#224; l'accumulation de profit qui ne peut &#234;tre qu'une pratique de court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne prend pas le temps de le questionner, le concept de d&#233;veloppement durable peut s'av&#233;rer nocif pour la libert&#233; de penser de chacun d'entre nous. Cependant, si l'on veut rester positif, il peut aussi &#234;tre une &#233;tape et permettre de s'interroger, de faire &#233;voluer les consciences. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ce faire, la sensibilisation des plus jeunes, des &#233;tudiants et citoyens aux enjeux que repr&#233;sente le d&#233;veloppement devient une priorit&#233;. Gr&#226;ce &#224; un enseignement d'&#233;mancipation vis-&#224;-vis des dogmes et &#224; une pr&#233;sentation syst&#233;mique des probl&#232;mes &#233;cologiques, on peut esp&#233;rer une ouverture des imaginaires vers une &#233;cosoci&#233;t&#233; plus ouverte aux d&#233;bats, &#224; l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, des pratiques interdisciplinaires d'EDD se g&#233;n&#233;ralisent dans les programmes scolaires (4). Ce serait l&#224; une belle occasion de mettre en perspective historique et critique la notion m&#234;me de d&#233;veloppement, avec une approche plurielle centr&#233;e sur diff&#233;rentes sciences pour faire avancer une r&#233;flexion syst&#233;mique. Se rendre compte combien les dimensions environnementales, politiques ou sociales sont li&#233;es permettrait de mesurer l'importance de prendre en main des transformations de pens&#233;e et de comportements pour une soci&#233;t&#233; plus respectueuse des valeurs centrales de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche interdisciplinaire pourrait apporter aux &#233;tudiants, qui sont les futurs d&#233;cideurs, les cl&#233;s de compr&#233;hension de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; pour qu'ils puissent agir et d&#233;cider de fa&#231;on non mutilante pour l'environnement et la survie de l'humanit&#233; et des esp&#232;ces vivantes sur cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (1) Voir le site : &lt;a href=&#034;http://www.apres-developpement.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.apres-developpement.org&lt;/a&gt; et la charte du R&#233;seau des Objecteurs de Croissance pour un Apr&#232;s D&#233;veloppement (ROCAD).&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) L'Association La Ligne d'Horizon-les amis de Fran&#231;ois Partant a organis&#233; en mars 2002 au Palais de l'Unesco &#224; Paris un colloque international sur le th&#232;me : D&#233;faire le d&#233;veloppement, refaire le monde. De nombreux chercheurs et acteurs du Nord et du Sud se reconnaissent aujourd'hui dans une r&#233;flexion qui proc&#232;de &#224; une v&#233;ritable d&#233;construction de la pens&#233;e &#233;conomique. Ce courant se qualifie de post-d&#233;veloppementiste. A la suite de ce colloque un ouvrage collectif a &#233;t&#233; publi&#233;. Il pr&#233;sente la r&#233;flexion de 35 chercheurs et acteurs sur la question du d&#233;veloppement et sa remise en cause.&lt;br class='autobr' /&gt; (3) Walt ROSTOW distingue 5 &#233;tapes dans le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
1 &#8211; La soci&#233;t&#233; ou l'&#233;conomie traditionnelle, soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'agriculture, manque de moyens de transports, commerce peut-&#234;tre important, peu d'investissement, production faible, secteur primaire important XIXe s.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#8211; Conditions pr&#233;alables au d&#233;marrage, nouvelles techniques d&#233;couvertes, acc&#232;s aux march&#233;s ext&#233;rieurs, ouverture du pays, apparition des entrepreneurs, volont&#233; d'investir, cr&#233;ation d'un Etat national centralis&#233; (exemples : France et G.B.)&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &#8211; D&#233;marrage ou take off, d&#233;collage. Courte p&#233;riode, l'&#233;conomie fait un bond lui permettant de quitter le stade agraire. Cette phase se traduit par une augmentation de l'investissement, augmentation de la croissance, secteur &#224; forte croissance, cadre politique et institutionnel favorable. &lt;br class='autobr' /&gt;
4 &#8211; Marche vers la maturit&#233;. Longue p&#233;riode, g&#233;n&#233;ralisation de nouvelles techniques. L'investissement atteint au moins 10 % du revenu national, sp&#233;cialisation des pays, de nouvelles valeurs se r&#233;pandent.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#8211; Ere de la consommation de masse. Production de biens durables, les services dominent, le revenu r&#233;el par habitant s'&#233;l&#232;ve : loi d'Engel (baisse des aliments au profit des autres d&#233;penses, particuli&#232;rement celles consacr&#233;es aux services) ; nouvelles institutions, d&#233;mocratie politique, stabilit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt; (4) &lt;a href=&#034;http://www.education.gouv.fr/bo/2007/14/MENE0700821C.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.education.gouv.fr/bo/2007/14/MENE0700821C.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Llena&lt;br class='autobr' /&gt;
Socio &#233;conomiste. Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier (MSH-M). FRANCE&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://mshm.univ-montp3.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mshm.univ-montp3.fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Objecteur de croissance, membre du r&#233;seau Rocade et du comit&#233; de r&#233;daction de la revue Entropia (Lyon)&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/p&gt;
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Ziegler J. (2005). L'empire de la honte. Paris : Fayard. 323 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Annexes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_191 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/pre_ventique_RodhainLlena.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1774559627' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>UN CAS D'&#201;CONOMIE SOLIDAIRE &#192; MILLAU </title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article94</link>
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		<dc:date>2011-07-17T10:47:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En novembre 2003, apr&#232;s un an et demi de discussions,&lt;br class='autobr' /&gt; na&#238;t &#171; Au March&#233; paysan &#187; &#224; Millau.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton94-4412f.jpg?1635489176' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;UN CAS D'&#201;CONOMIE SOLIDAIRE &#192; MILLAU &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2003, apr&#232;s un an et demi de discussions,&lt;br class='autobr' /&gt; na&#238;t &#171; Au March&#233; paysan &#187; &#224; Millau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de la ville, dans un local de 150 m&#178;, ouvert au public cinq jours par semaine, on trouve les produits de vingt-cinq producteurs locaux : l&#233;gumes, viandes, confitures, fromage, miel, jus de fruits, pain, lait, etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;ristiques des producteurs, des produits et de la gestion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les producteurs vendent directement leurs produits aux consommateurs, sans que ces derniers se d&#233;placent &#224; la ferme, et sans que les producteurs se rendent sur les march&#233;s ( ). La moyenne d'&#226;ge des producteurs est d'environ quarante-cinq ans. Ils se r&#233;partissent de fa&#231;on &#233;gale entre hommes et femmes. Neuf seulement sont des ruraux issus du monde de l'agriculture ( ). Les seize autres, n&#233;o-ruraux souvent non originaires de la r&#233;gion, se tournent vers la terre pour y trouver un &#233;quilibre de vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si bon nombre de produits ont le label bio AB, ce qui les rapproche c'est la production autour d'un territoire. Par ailleurs, si le nombre de biens offerts dans une cat&#233;gorie est faible, la vari&#233;t&#233; de produits, elle, est cons&#233;quente. De plus en mati&#232;re de prix les comparaisons sont parfois surprenantes ( ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque producteur est responsable de ses produits ; il les &#233;tiquette, les met en rayon&#8230; Pour chaque produit vendu, 20 % est pr&#233;lev&#233; pour les frais de la structure. Il n'existe pas d'interm&#233;diaires, ni de salari&#233;s ; les producteurs font tout eux-m&#234;mes : la vente, les d&#233;cors, les travaux sur le b&#226;timent, la mise en rayon, la comptabilit&#233;, la publicit&#233;, la gestion des stocks, le m&#233;nage, les travaux de maintenance, etc. Toutes les heures r&#233;alis&#233;es au profit de la structure sont comptabilis&#233;es ind&#233;pendamment de la nature de la t&#226;che ( ) ; elles doivent &#234;tre effectu&#233;es au prorata du chiffre d'affaires r&#233;alis&#233; ( ). Le fonctionnement est bas&#233; sur la confiance. Aucun contr&#244;le n'est effectu&#233; sur les heures d&#233;clar&#233;es par les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilit&#233;s &#233;conomique, sociale et politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilit&#233; du &#171; March&#233; paysan &#187; semble se situer &#224; trois niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#164; En r&#233;duisant les co&#251;ts de distribution, et en raccourcissant les distances par rapport aux march&#233;s itin&#233;rants, son utilit&#233; &#233;conomique est centrale. Le &#171; March&#233; paysan &#187; raccourcit les distances physiques, mais aussi culturelles et sociales. Il cherche &#224; &#233;duquer la demande, &#224; la sensibiliser aux saisonnalit&#233;s de la production, aux potentialit&#233;s du territoire&#8230; Il est donc aussi un lieu d'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une production au service des besoins de la &#171; consomm'action &#187; du territoire ( ). En effet, on y sollicite les comportements citoyens des consommateurs pour les sensibiliser &#224; une origine contr&#244;l&#233;e, &#224; une tra&#231;abilit&#233;, &#224; une proximit&#233;... Il s'agit donc d'une innovation commerciale centr&#233;e sur un territoire et sur l'enrichissement du lien entre producteur et &#171; consomm'acteur &#187;. Si l'autonomie du producteur est recherch&#233;e, celle du consomm'acteur est aussi une priorit&#233;. Elle est &#224; n'en pas douter l'une des cl&#233;s du changement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#164; L'utilit&#233; sociale est fortement perceptible. Le &#171; March&#233; paysan &#187; cherche, en effet, &#224; privil&#233;gier les relations humaines, dans un esprit proche de la phron&#233;sis d'Aristote ( ). La raison, la sagesse prennent le pas sur la rationalit&#233; de court terme centrale dans le paradigme de la modernit&#233;. C'est une toile d'araign&#233;e sociale qui se d&#233;veloppe et relie les individus entre eux, quelles que soient leur origine, leur production, leur sexe... Une fois que les producteurs et consommateurs se connaissent, ils n'h&#233;sitent plus &#224; se rencontrer, &#224; mettre en place des activit&#233;s en commun et cela pour produire ensemble, ou pour le simple plaisir de passer un moment en commun. Ainsi, au-del&#224; d'une production de service de proximit&#233;, le &#171; March&#233; paysan &#187; est un lieu de rencontre, de discussion, de convivialit&#233;, qui permet de retisser le lien social fragilis&#233; par l'exclusion du march&#233; du travail ( ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#164; Le &#171; March&#233; paysan &#187; a &#233;galement une utilit&#233; politique. La volont&#233; de ses participants n'est pas de prendre le pouvoir commercial sur la ville, mais de jouer la carte de la diversit&#233;. Il s'agit de d&#233;velopper une r&#233;flexion autour du mieux consommer ensemble, dans une d&#233;marche citoyenne. M&#234;me si le groupe de producteurs refuse de se positionner ouvertement dans le d&#233;bat politique institutionnel, il valorise sans dogmatisme une r&#233;flexion sur l'organisation de la consommation du territoire. Il &#233;claire d'un autre regard les probl&#232;mes qui peuvent se poser aux consomm'acteurs et enrichit la relation production-consomm'action vers la recherche d'une plus grande autonomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, chaque producteur fait valoir le produit de l'autre pour participer &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Ici, pour une fois, la somme des int&#233;r&#234;ts individuels procure l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, car chacun se place dans une logique collective qui transcende l'individu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pratique relevant de l'&#233;conomie solidaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures telles que le &#171; March&#233; paysan &#187; ( ) ont cr&#233;&#233; une dynamique pour chercher &#224; satisfaire des besoins marginalis&#233;s par la synergie &#201;tat-March&#233; ( ) pour cause d'insolvabilit&#233; de la demande ou par enclavement des march&#233;s locaux. Leur fonction centrale est de r&#233;ench&#226;sser l'&#233;conomique dans la question sociale et de la mettre au service de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de pratiques productives est n&#233;e r&#233;cemment, dans la mouvance des ann&#233;es 1970, lorsque le ch&#244;mage et l'exclusion ont entra&#238;n&#233; de plus en plus de laiss&#233;s pour compte. Dans cette dynamique, les porteurs de projet sont impliqu&#233;s et participent pleinement (sans niveaux hi&#233;rarchiques) &#224; la r&#233;ussite de l'exp&#233;rience. Le local, le territoire, est un &#233;l&#233;ment majeur de leur politique. Dans le cadre du d&#233;veloppement local cette auto-organisation fait place &#224; une forme de d&#233;mocratie productive et d&#233;cisionnelle si rare dans les structures de l'&#233;conomie marchande ( ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hybridation de la logique productive, comme Jean-Louis Laville l'a montr&#233; ( ), combine &#224; la fois les logiques marchande, non-marchande et r&#233;ciprocitaire. Pour les entreprises de l'&#233;conomie solidaire, le march&#233; est une constante qu'il convient d'utiliser, mais sans passer par ses finalit&#233;s. Les producteurs du &#171; March&#233; paysan &#187; se situent tr&#232;s clairement dans la logique marchande ( ). Mais la r&#233;alit&#233; non-marchande, les institutions locales et surtout la coh&#233;sion du groupe sont d&#233;terminantes : &#171; on forme une &#233;quipe avec une solidarit&#233;, un respect qui nous permet de relever tous les d&#233;fis &#187;. Cette &#233;conomie est r&#233;ciprocitaire et s'appuie sur le triptyque don, contre-don, relation sociale ( ). Sur le territoire concern&#233;, l'entraide, la solidarit&#233; s'imposent, comme le montre bien la mise en place de la &#171; Mutuelle coup dur &#187; inscrite dans le r&#232;glement int&#233;rieur du &#171; March&#233; paysan &#187; ( ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la participation &#224; l'&#233;conomie solidaire, on peut s'interroger sur le paradigme plus englobant auquel appartient cette exp&#233;rience commerciale. Il appara&#238;t alors que ses acteurs &#233;chappent &#224; la logique de la modernit&#233;, pour quatre raisons principales. D'abord, la division du travail, centrale dans la modernit&#233;, est le plus souvent absente de ces structures. Ensuite, ces producteurs, &#234;tres hybrides entre production, commercialisation et citoyennet&#233;, tournent le dos &#224; l'id&#233;al-type de la modernit&#233; : l'homo economicus. C'est &#224; dire cet individu rationnel qui op&#232;re des choix pour optimiser les fonctions de production et de consommation. Troisi&#232;mement, ils privil&#233;gient le &#171; mieux par rapport au plus &#187;, ce qui est d&#233;terminant, c'est de pouvoir trouver dignit&#233; sur son lieu de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au &#171; March&#233; paysan &#187;, le service n'est plus uniquement un moyen pour atteindre la rentabilit&#233;, il est une fin en soi. Se d&#233;placer du &#171; bien &#187; vers le &#171; lien &#187; n'est-ce pas le signe d'une attitude critique de la modernit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;mergence d'un consomm'acteur et le d&#233;veloppement des &#233;piceries de producteurs acc&#233;l&#233;r&#233;s par les crises du syst&#232;me productiviste constitueraient-ils le creuset d'un laboratoire de l'apr&#232;s modernit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florence Rodhain et Claude Llena&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Gr&#233;e : un collectif de plein gr&#233;</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article82</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article82</guid>
		<dc:date>2010-11-10T09:54:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'association Les ami-e-s de &lt;a href=&#034;http://www.revuesilence.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Silence&lt;/a&gt;qui s'est constitu&#233;e dans la foul&#233;e de l'anniversaire des 20 ans de la revue, en 2002, s'est retrouv&#233;e pour son camp annuel entre le 21 juillet et le 4 ao&#251;t 2010 sur le lieu dit La Gr&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres de Ch&#226;teaubriant entre Nantes et Rennes . Durant cette p&#233;riode, 150 personnes venues de toute la France ont mis en partage autoorganisation, respect de l'environnement et des relations humaines le tout dans un contexte d'&#233;changes r&#233;ciproques avec les habitants du site. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors pourquoi parler de La Gr&#233;e ? Quelles sont les caract&#233;ristiques de ce collectif ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton82-98811.jpg?1635492058' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux journ&#233;es du camp des ami-e-s de &lt;a href=&#034;http://www.revuesilence.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Silence&lt;/a&gt; nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec les acteurs de cette exp&#233;rience . Ils nous ont fourni un ensemble d'informations nous permettant de mieux comprendre leur fonctionnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naissance d'un collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.revuesilence.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source : Revue silence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif s'est b&#226;ti autour du manoir de La Gr&#233;e qui aurait plus de&lt;br class='autobr' /&gt; 1000 ans d'existence. Ce lieu a appartenu, sur plusieurs g&#233;n&#233;rations, &#224; une grande famille de propri&#233;taires terriens. A l'abandon depuis une trentaine d'ann&#233;es, le manoir n'&#233;tait plus habit&#233; pour des histoires d'h&#233;ritage. La nature avait repris ses droits, ronces et buissons s'&#233;taient r&#233;appropri&#233;s le territoire, &#171; lorsque nous avons pris possession du manoir, l'all&#233;e &#233;tait pleine de ronces. On voyait &#224; peine la fa&#231;ade &#187; insiste Patrick. La charpente et l'&#233;tage de la b&#226;tisse se sont effondr&#233;s, la chapelle avait &#233;t&#233; pill&#233;e et son toit fortement d&#233;grad&#233;... Ces b&#226;timents &#233;taient accompagn&#233;s de 5 ha de terrain en friche... C'est un lieu plein d'&#233;nergies, &#171; il nous impose respect et humilit&#233;. Durant l'histoire, il a &#233;t&#233; occup&#233; par un pouvoir ferm&#233;, nous souhaitons ouvrir le lieu aux gens car il ne nous appartient pas&#8230; Il est la propri&#233;t&#233; de tous&#8230; &#187; pr&#233;cise Mata. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il se d&#233;gage quelque chose de tr&#232;s fort de ce collectif c'est certainement d&#251; &#224; la volont&#233; de chacun d'aller dans le sens du projet. Patrick nous le confirme : &#171; Notre grande force c'est d'avoir compris tr&#232;s t&#244;t que le projet collectif s'imposait aux individus. La volont&#233; premi&#232;re de chacun c'est que le collectif fonctionne. &#199;a nous donne une grande force pour continuer d'aller de l'avant &#187;. D'ailleurs, le collectif ne compte pas ses heures et se dit pr&#234;t &#224; retrousser ses manches pour aller vers la r&#233;ussite de l'exp&#233;rience. Le travail n'est pas une finalit&#233; mais un moyen : &#171; J'envisage le travail comme une recherche permanente de la satisfaction de mes besoins &#187; pr&#233;cise Xavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du foncier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours la question du foncier est centrale. En effet, comment acc&#233;der &#224; la propri&#233;t&#233; de la terre ? A La Gr&#233;e, d&#233;s les d&#233;buts, l'exp&#233;rience parait insens&#233;e&#8230; D'autant que le groupe n'a gu&#232;re de revenus pour l'acquisition du manoir et des 5 ha de terres dont le montant s'&#233;l&#232;ve &#224; 75 000 euros. Cela va se faire en 2005 par le biais d'une Soci&#233;t&#233; civile immobili&#232;re (SCI) cr&#233;e par Christophe et Mata. Elle est cens&#233;e trouver des partenaires capables de financer une partie du capital initial. Mais en 2007, la ferme adjacente est en vente (plusieurs b&#226;timents accompagn&#233;s de 25 ha de terre). Il faut trouver 175 000 euros suppl&#233;mentaires&#8230; La grande force du collectif sera de faire preuve d'une telle d&#233;termination qu'ils vont &#234;tre capables de transformer du capital social en capital financier. Cette alchimie sociale et financi&#232;re est une des cl&#233;s de la r&#233;ussite. En effet, le groupe va multiplier les interventions publiques (foires, march&#233;s &#233;colos, rencontres de citoyens solidaires&#8230;) et communiquer autour de son projet. Au total, environ 50 personnes ou personnalit&#233;s morales vont les rejoindre et constituer les 200 parts de la SCI (chaque part est de 1 500 euros). A cela s'ajoute des emprunts contract&#233;s avec des personnes physiques. Effectivement, pourquoi ne pas participer au projet lorsque l'on se sent proche des valeurs d&#233;fendues par le collectif ? Sylvie, une des associ&#233;es de la SCI n'habitant pas &#224; La Gr&#233;e, va dans ce sens : &#171; Nous avons voulu aussi participer &#224; l'acquisition de ce lieu sans passer par les banques. Les citoyens sont-ils capables de se r&#233;approprier leur &#233;pargne ? De toute fa&#231;on acheter &#224; plusieurs c'est g&#233;nial&#8230; ! &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cela s'ajoute l'association Les ami-e-s de plein gr&#233;e qui participe &#224; l'animation (organisation de spectacles ou de la f&#234;te annuelle de La Gr&#233;e&#8230;). Elle apporte la souplesse et la convivialit&#233; n&#233;cessaires pour ce genre d'exp&#233;rience. Son action permet de maintenir une ouverture du lieu vers l'ext&#233;rieur et de faciliter le lien avec les partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'organisation productive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du collectif de La Gr&#233;e ont tous des savoirs faire particuliers qui les am&#232;nent &#224; &#234;tre autonomes pour bon nombre de besoins rencontr&#233;s. Maraichage, production de c&#233;r&#233;ales et four &#224; pain traditionnel, production d'&#233;nergie solaire et &#233;olienne, autoconstruction et autor&#233;habilitation des b&#226;timents, animations culturelles&#8230; le tout dans le respect des &#233;quilibres &#233;cologiques et sociaux. Ces productions ne les coupent pas de la marchandisation et du mod&#232;le dominant puisqu'il convient de vendre et de proposer des biens et services aux personnes ext&#233;rieures mais ils ne le font pas dans un esprit uniquement mercantile. Nous n'avons pas &#224; faire &#224; un collectif enferm&#233; sur son propre fonctionnement. Ils ne recherchent pas l'autarcie ou le repli sur soi mais l'autonomie que Xavier d&#233;finit ainsi : &#171; rechercher la cause de chaque probl&#232;me non pas chez l'autre mais en soi. Trouver quels besoins ne sont pas satisfaits et assumer la responsabilit&#233; de leurs satisfactions c'est ce que nous appelons l'autonomie &#187;. Henri, d&#233;tenteur d'une part de SCI sans vivre r&#233;guli&#232;rement &#224; La Gr&#233;e en est le t&#233;moin : &#171; Chacun poss&#232;de des comp&#233;tences qu'il met au service du collectif. Ainsi, le groupe peut tendre vers l'autonomie &#187;. Il existe donc une division du travail en fonction des sp&#233;cialit&#233;s de chacun. C'est un peu comme si chaque acteur &#233;tait un morceau du puzzle et c'est l'ensemble des sp&#233;cialit&#233;s qui fait l'autonomie du groupe. Cette derni&#232;re s'acquiert aussi par l'apprentissage collectif de nouvelles comp&#233;tences. Rien n'est fig&#233;, tout le monde doit continuer &#224; apprendre et ce au niveau personnel comme au niveau professionnel. Dans l'esprit de tous, les choses sont li&#233;es et le groupe apprend en avan&#231;ant. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'activit&#233; productive a d'ailleurs une finalit&#233; de formation : &#171; j'ai besoin de faire ce que je sais faire mais aussi de le transmettre et de le faire partager &#187; confirme Christophe. Les plus jeunes du collectif en profitent pour s'&#233;panouir dans le faire mais aussi dans le dire. Car ce qui est enseign&#233; &#224; La Gr&#233;e c'est bien plus un apprentissage global qu'une sp&#233;cialisation comme dans le mod&#232;le dominant. Manu 24 ans, &#233;tudiant en agronomie et vivant &#224; La Gr&#233;e depuis quelques mois, en t&#233;moigne : &#171; Ici, tu apprends &#224; faire mais tu apprends aussi &#224; &#233;couter, &#224; dire&#8230; C'est pour moi une formation totale. &#199;a me change de ma formation &#224; l'agro&#8230; L&#224;-bas, on te sp&#233;cialise tellement que par la suite tu ne sais plus rien de l'essentiel des rapports humains. A La Gr&#233;e, j'apprends au niveau cultural mais aussi au niveau culturel. J'apprends &#224; &#234;tre un homme complet. C'est bouleversant&#8230; &#187;. La recherche d'autonomie est un long parcours qui passe forc&#233;ment par la formation. Il faut du temps pour fabriquer un homme complet, mais la temporalit&#233; de La Gr&#233;e n'est pas la m&#234;me que celle du mod&#232;le dominant. Si on sait prendre le temps, le r&#233;sultat est au rendez-vous : &#171; j'ai &#233;t&#233; longtemps consid&#233;r&#233; comme un homme &#224; tout faire, le lieu me transforme en un homme &#224; tout &#234;tre &#187; pr&#233;cise Xavier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le collectif fait la d&#233;monstration que l'&#234;tre humain ne se r&#233;sume pas &#224; l'homo&#233;conomicus et aux sch&#233;mas du paradigme lib&#233;ral. Si le syst&#232;me dominant cherche &#224; nous transformer en consommateur ou/et en producteur, les membres du collectif font le choix de former des homositus . C'est-&#224;-dire des &#234;tres humains capables de trouver des solutions en eux ou plus encore autour d'eux pour satisfaire leurs besoins. Patrick nous le confirme : &#171; Ensemble on a toujours une r&#233;ponse adapt&#233;e &#224; nos besoins. Et puis progressivement tu apprends &#224; prendre confiance en tes savoirs faire, tu doutes de moins en moins car tu sais que tu es &#233;paul&#233; si tu as un probl&#232;me. Le collectif c'est magique&#8230; &#187;. Il faut dire que le groupe a entrepris depuis longtemps une r&#233;duction drastique de ses besoins. Il a su d&#233;placer sa demande de biens vers plus de liens. Ainsi, la convivialit&#233; a pris le pas sur l'imp&#233;ratif de consommation. La satisfaction des d&#233;sirs l'a d&#233;finitivement emport&#233; sur les besoins socialement fabriqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'organisation sociale et d&#233;cisionnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les relations sociales, les acteurs de l'exp&#233;rience affirment souvent fonctionner comme une grande famille, &#171; nous formons une &#226;me commune&#8230; Il faut comprendre qu'un collectif est une famille choisie avec laquelle on partage un quotidien &#187; t&#233;moigne Gilles. Nico, le cadet de l'&#233;quipe, 20 ans, surench&#233;rit : &#171; Les relations sont bas&#233;es sur la confiance et je me sens soutenu, c'est fondamental. Je me sens reconnu pour ce que je suis et j'ai l'impression d'avancer&#8230; J'appelle tout le monde cousins car pour moi, on est une grande famille &#187;. Au-del&#224; de la relation filiale existe un ensemble de valeurs centr&#233;es sur la convivialit&#233; et le respect de l'autre qui incarnent le collectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau d&#233;cisionnel comme ailleurs, le plus facile est de reproduire les sch&#233;mas sur lesquels nous avons &#233;t&#233; construits. Mais comment innover, comment produire et vivre ensemble autrement ? Cela commence s&#251;rement par les relations humaines, le niveau d&#233;cisionnel. Par exemple, &#224; La Gr&#233;e, les d&#233;cisions sont prises au consensus. Une r&#233;union formelle se tient tous les lundis matin. Apr&#232;s un tour de parole o&#249; tout le monde doit exprimer son ressenti, ses objections, une position collective s'impose. Si le consensus n'est pas trouv&#233;, la d&#233;cision peut &#234;tre renvoy&#233;e &#224; plus tard. Ici la temporalit&#233; est diff&#233;rente. Il est pr&#233;f&#233;rable que chacun ait pris le temps de la r&#233;flexion plut&#244;t que d'imposer une d&#233;cision par la force au pr&#233;texte que le temps manque. Nous ne sommes pas dans la m&#234;me temporalit&#233; que le mod&#232;le dominant. Il s'agit d'une gestion raisonnable et non pas rationnelle du temps . Cette r&#232;gle fondamentale ne serait-elle pas une piste &#224; suivre pour les associations ou tout autre collectif en manque d'imagination d&#233;cisionnelle ? Sylvie nous donne quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse : &#171; C'est vrai nous sommes tous dans des associations et nous ne parvenons pas toujours &#224; r&#233;gler les conflits. Les d&#233;saccords ne sont pas constructifs mais oppositionnels. La pens&#233;e et les pratiques sont souvent binaires. Je suis d'accord ou je ne le suis pas&#8230; ! Alors que si on a un projet qui transcende les int&#233;r&#234;ts individuels alors l&#224;, on peut passer &#224; une d&#233;cision au consensus avec plus d'horizontalit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si s'organiser dans l'horizontalit&#233; exige du temps, les &#233;volutions ne sont pas lin&#233;aires. Les collectifs &#233;voluent souvent en p&#233;riode de gestion de crise. Cela a &#233;t&#233; le cas &#224; La Gr&#233;e. Lorsque des tensions sont apparues &#224; l'int&#233;rieur du groupe il a fallu r&#233;agir. Xavier a &#233;t&#233; de ceux qui ont propos&#233; la sociocratie comme outil de communication et de prise de d&#233;cision collective. Elle r&#233;gule la prise de parole, tout le monde est &#233;cout&#233;. La parole de chacun est respect&#233;e au fur et &#224; mesure chacun prend confiance en lui et ose affirmer ses diff&#233;rences. Xavier, un des initiateurs de cette innovation nous en dit plus : &#171; La sociocratie a fait plus qu'apaiser le groupe dans ses conflits, elle l'a transform&#233;. Aujourd'hui, il y a une &#233;coute du d&#233;saccord, v&#233;cue comme source d'enrichissement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un long processus vers l'harmonie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, Christophe et Mata ont mis en place le projet, puis d'autres sont arriv&#233;s pour poursuivre le processus d'autonomisation que les fondateurs ont inscrit sur des valeurs qui sont leur ligne d'horizon. Mata nous pr&#233;cise : &#171; qu'il est bon aujourd'hui de pouvoir se reposer sur les copains &#187;. Mais la coh&#233;sion n'a pas toujours &#233;t&#233; au rendez-vous. En effet, il y a eu des conflits internes qui se sont r&#233;gl&#233;s par le d&#233;part de certains. La fuite est parfois per&#231;ue comme la seule issue aux probl&#232;mes rencontr&#233;s. Fran&#231;ois sur le point, lui aussi, de quitter le collectif nous le rappelle : &#171; 3 ou 4 personnes sont d&#233;j&#224; pass&#233;es dans le collectif et l'ont quitt&#233; dans la d&#233;chirure. Ils avaient leurs places mais &#231;a n'a pas fonctionn&#233; pour des raisons diverses : probl&#232;mes de pouvoir, difficult&#233;s de la vie quotidienne, promiscuit&#233;&#8230; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant Xavier nous rappelle : &#171; Quand on prend conscience que la vraie cause de nos probl&#232;mes est en nous, on comprend que la prise de pouvoir sur les autres ou la fuite n'apporte aucune solution viable &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, les individus ont parfois du mal &#224; exister au sein des collectifs. Or lorsque l'on commence &#224; abandonner le terrain quotidien on laisse aussi aux autres le soin de d&#233;cider. Car les instances de d&#233;cision ne sont pas toujours celles que l'on croit. Comme dans les autres groupes sociaux, l'informel a son importance et les repas collectifs restent un moment privil&#233;gi&#233;. Fran&#231;ois nous en dit plus : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La r&#233;union du lundi matin ne fait qu'ent&#233;riner ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de mani&#232;re informelle dans d'autres cercles &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, l'innovation d&#233;cisionnelle a ces limites. La recherche d'horizontalit&#233; est un long parcours. Elle n'&#233;limine pas pour autant le pouvoir charismatique de certains. Fran&#231;ois s'en fait l'&#233;cho : &#171; &#8230;le pouvoir charismatique de certains s'imposait souvent &#224; l'horizontalit&#233; affich&#233;e &#187;. Il est bien d&#233;licat de faire autrement, de d&#233;cider de mani&#232;re &#224; ce que chacun puisse apporter sa pierre &#224; l'&#233;difice. Max Weber l'avait bien montr&#233; en distinguant les diff&#233;rentes formes de l&#233;gitimit&#233; pour imposer un pouvoir au sein des collectifs. Chaque l&#233;gitimit&#233; cherche &#224; s'imposer, elles sont en concurrence. L'exp&#233;rience du collectif de La Gr&#233;e ne semble pas &#233;chapper &#224; cette r&#232;gle fondamentale qui r&#233;git les groupes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener &#224; bien cette exp&#233;rience, il faut se prendre en main et aller jusqu'au bout de ses r&#234;ves. Si on veut construire d'autres rapports sociaux n'est-ce pas la seule fa&#231;on d'agir ? Gr&#233;goire qui a laiss&#233; Paris et son m&#233;tier de journaliste pour venir s'installer &#224; La Gr&#233;e il y a quelque mois en est le t&#233;moin &#171; &#8230; je suis intimement persuad&#233; que c'est notre mode de vie qui est &#224; changer. On ne peut pas rester entre deux, tout ce discours sur la croissance verte est un leurre. On court &#224; la catastrophe et encore plus dans les villes qui sont le lieu de soumission &#224; la consommation par excellence&#8230; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ce constat qui nous alerte sur la n&#233;cessit&#233; d'agir sommes-nous pr&#234;ts &#224; faire ce pas de c&#244;t&#233; ? Dans tous les cas, l'exp&#233;rience de La Gr&#233;e nous montre que l'on peut vivre autrement le m&#234;me monde . Et cela ne peut manquer de nous interpeller d'ailleurs, quand Sylvie S. parle de son fils de 18 ans, &#233;tudiant &#224; Nantes, elle nous pr&#233;cise : &#171; Il vient quelques fois avec des copains. Ils voient des adultes qui vivent pleinement leur vie et disent : &#171; OK, c'est roots mais &#231;a existe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_190 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/Silence_lagree_nov_10.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 664.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1774634574' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;10 septembre 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;ronique Pomi&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre de la coll&#233;giale de l'association des ami-e-s de Silence&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Llena&lt;br class='autobr' /&gt;
Socio&#233;conomiste, objecteur de croissance&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.revuesilence.net/" class="spip_out"&gt;Revue Silence&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Las libertades individuales abusadas por la mercantilizaci&#243;n del espacio p&#250;blico</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article75</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article75</guid>
		<dc:date>2010-04-14T12:31:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Renner, Claude LLENA</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En una sociedad en la que el objeto es promovido como una finalidad, la comunicaci&#243;n mercantil ocupa todos los espacios disponibles (el espacio p&#250;blico como el espacio privado, hasta nuestros los buzones). El sistema de mercado ha logrado ocupar el espacio &#237;ntimo y colonizar los imaginarios hasta presentarse como el aliado de la modernidad. Este fetichismo de la mercanc&#237;a ha santificado los medios (los objetos, lo material) para convertirlos en una finalidad y al mismo tiempo ha profanado lo sagrado (las relaciones humanas, la fraternidad ...) imponiendo un funcionamiento centrado en la racionalidad. Pero llevada a su extremo, esta &#250;ltima no se est&#225; convirtiendo en irracional ? &#191;Acaso hemos olvidado la raz&#243;n de Arist&#243;teles ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Decrecimiento&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton75-ce2f2.jpg?1635524710' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Nos podemos desarrollar s&#243;lo en una sociedad de consumo excesivo. Este super&#225;vit es el sistema necesario ... Este sistema fr&#225;gil se mantiene s&#243;lo a trav&#233;s del culto del deseo &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Seguela, El dinero no tiene ideas, las ideas s&#243;lo son dinero, Le Seuil, Par&#237;s, 1993.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En una sociedad en la que el objeto es promovido como finalidad, la comunicaci&#243;n mercantil ocupa todos los espacios disponibles (el espacio p&#250;blico como el espacio privado, hasta en nuestros buzones). El sistema de mercado ha logrado ocupar el espacio &#237;ntimo y colonizar los imaginarios hasta presentarse como el aliado de la modernidad. Este fetichismo de la mercanc&#237;a ha sanctuarizado los medios (los objetos, lo material) para convertirlos en una finalidad y al mismo tiempo ha profanado lo sagrado (las relaciones humanas, la fraternidad...) imponiendo un funcionamiento centrado en la racionalidad. Pero llevada a su extremo, esta &#250;ltima no se est&#225; convirtiendo en irracional ? &#191;Acaso hemos olvidado la raz&#243;n de Arist&#243;teles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sin embargo, la publicidad, que conlleva sus contradicciones y frustraciones, es a la vez simb&#243;licamente y financieramente fr&#225;gil, basta ver el espacio que ocupa en los presupuestos locales. Para una ciudad como Montpellier, los ingresos por los carteles publicitarios en 2006 representan el 0,03% de los ingresos de la ciudad, o sea 78 132 &#8364; en un presupuesto total de 241 millones de euros. Lo mismo para el 2007 con una facturaci&#243;n de 91 000 &#8364;. A ese precio, se podr&#237;a decir, &#191;por qu&#233; no eliminar del todo la publicidad en el espacio p&#250;blico ? La pregunta parece leg&#237;tima conforme con el deseo de los franceses, favorables en general a una reducci&#243;n de su superficie. &#191;No es esto una prueba m&#225;s de la connivencia entre el poder del mercado y el poder pol&#237;tico ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#237;sicamente, si la publicidad puede ocupar varios tipos de medios de comunicaci&#243;n (peri&#243;dicos, televisi&#243;n, radio ...), nos concentraremos aqu&#237; en los espacios p&#250;blicos. Porque si nos tomamos el tiempo para compararlos, uno solo es ineludible : los carteles. De hecho, podemos evitar los anuncios en televisi&#243;n, o incluso apagarla. Podemos pasar las p&#225;ginas de publicidad en peri&#243;dicos o revistas e incluso cortar el radio cuando hay comerciales como sol&#237;amos decir durante el per&#237;odo de bienestar en Francia durante las llamadas treinta gloriosas... En todos estos casos, podemos evitar los anuncios publicitarios. Mantenemos nuestra libertad de censura. Pero esto no es el caso de los grandes carteles que se imponen en el espacio p&#250;blico. Todos ellos son un asalto a nuestra libertad de respuesta. Esta informaci&#243;n comercial no solicitada se impone, e impregna nuestro cerebro de mensajes que parasitan la percepci&#243;n de la vida y la realidad. &#161;Es como si nuestra televisi&#243;n (o radio) se prendiera para los comerciales ! Pero para muchas empresas no comunicar, significa perder terreno frente a la competencia. No ocupar el espacio es renunciar a las representaciones simb&#243;licas que existen en los consumidores. De ah&#237; la necesidad de una presencia permanente que mantiene la ilusi&#243;n del &#034;yo existo porque comunico&#034;. Esta l&#243;gica impera dado que el consumidor es el que paga. La publicidad se convierte en un costo incorporado en el precio de venta del objeto. El consumidor es a la vez consciente o inconsciente v&#237;ctima y el que la costea. Entonces, no es de extra&#241;ar que est&#233; omnipresente. Somos los primeros eslabones en la cadena de la publicidad ya que la financiamos directamente por el consumo. Este sometimiento voluntario nos lleva a mantener el consenso que favorece la ilusi&#243;n mercantil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#225;s all&#225; de esta presencia hiper-medi&#225;tica, la ubicuidad de los comerciales y su integraci&#243;n en el espacio p&#250;blico han cambiado los comportamientos, imponiendo sus referencias est&#233;ticas. Las supermodelos de los a&#241;os 80 y su apariencia esquel&#233;tica letal incluso han contribuido en gran medida a los cambios de comportamiento de miles de j&#243;venes y adultas. El a&#241;o 2000 no fue mejor con el establecimiento del todoterreno como referente &#250;ltimo del aventurero urbano que todos sue&#241;an ser. Por los valores que sustenta el mensaje, somos este aventurero urbano conduciendo aquel veh&#237;culo en busca de libertad a menudo enardecido por la publicidad. Somos sin duda alguna la generaci&#243;n m&#225;s alienada en la historia de los seres humanos de este planeta. Este sistema nos est&#225; llevando a ser un homoeconomicus o hombre unidimensional, cuyo &#250;nico fin es el consumo o la producci&#243;n. La escuela es tambi&#233;n el primer pelda&#241;o. Frente a tales factores determinantes de gran alcance, con la ilusi&#243;n de la libertad, se est&#225; desarrollando un sometimiento y la oferta de publicitaria es una de sus primeras expresiones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Y si hubi&#233;ramos olvidado el camino de la raz&#243;n ? A fuerza de desarrollar nuestra parte racional, no estamos avanzando hacia lo irracional ? Sin embargo, la sociedad del espect&#225;culo no tiene l&#237;mites. Los productos ofrecidos son siempre m&#225;s novadores que los dem&#225;s ... obsoletos a corto plazo, y fabricados por empleados deslocalizados, mal pagados y en condiciones de vida y de trabajo inaceptables, son parte de la ilusi&#243;n comercial. Por ejemplo, el tel&#233;fono m&#243;vil en s&#237; combina estas tres caracter&#237;sticas. A la vez est&#225; producido en condiciones deplorables de trabajo, tiene una obsolescencia r&#233;cord e incluye un metal raro : el Coltan, que se halla sobre todo en algunas partes de &#193;frica asolada por conflictos por el control de yacimientos permanentes. Y sin embargo, no hay duda, con sus pantallas planas, es el l&#237;der de nuestros carteles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Para pecibir la toxicidad de este bombardeo psicol&#243;gico, s&#243;lo hay que considerar el n&#250;mero de anuncios que se dirigen a diario a los ni&#241;os en el camino de casa hasta la escuela. Uno piensa inmediatamente en MacDonald. Esta compa&#241;&#237;a no ser&#237;a nada sin la publicidad. Es capaz de generar necesidades y vender hamburguesas se supone que para complacer a todos o sea, a nadie. El aumento del n&#250;mero de ni&#241;os con sobrepeso es un factor inquietante en el comportamiento alimentario de estos j&#243;venes, literalmente, reos de la voracidad de los grandes grupos industriales del sector agroalimentario, tales como McDonald's. En ellos se destacan las campa&#241;as publicitarias m&#225;s feroces para captar a estos consumidores j&#243;venes y degradar al mismo tiempo, el bienestar de los seres humanos.&lt;br class='autobr' /&gt;
A&#250;n si la batalla a menudo es desigual, acaso se debe ceder a estos mercenarios del espacio p&#250;blico ? C&#243;mo reconocer el car&#225;cter nocivo de estos mensajes, o por lo m&#237;nimo, la necesidad de aplicar el principio de precauci&#243;n. Nuestros ni&#241;os tienen el derecho de acusarnos de haber dejado que esto haya podido ser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Llena, socio-economista, opositor al crecimiento y Christophe Renner objetor de crecimiento y destornillador/d&#233;boulonneurs. (Del movimiento de los que quitan los carteles en las ciudades destornill&#225;ndolos)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Y. De La FUENTE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les libert&#233;s individuelles malmen&#233;es par la marchandisation de l'espace public</title>
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		<dc:date>2010-04-11T09:32:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Renner, Claude LLENA</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'objet est mis en avant comme une finalit&#233;, la communication mercantile occupe tous les interstices possibles (espace public comme espace priv&#233; par exemple les boites aux lettres). Le syst&#232;me marchand a r&#233;ussi &#224; investir l'intime et &#224; coloniser les imaginaires au point de se pr&#233;senter comme l'alli&#233; de la modernit&#233;. Ce f&#233;tichisme de la marchandise a sacralis&#233; les moyens (les objets, le mat&#233;riel) pour en faire des finalit&#233;s et en m&#234;me temps a profan&#233; le sacr&#233; (relations humaines, fraternit&#233;&#8230;) en imposant un fonctionnement centr&#233; sur la rationalit&#233;. Or, pouss&#233;e &#224; son extr&#234;me, cette derni&#232;re n'est-elle pas en train de devenir irrationnelle ? Aurait-on oubli&#233; la raison ch&#232;re &#224; Aristote ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton74-8c1c8.jpg?1635524710' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous ne pouvons nous d&#233;velopper qu'en soci&#233;t&#233; de surconsommation. Ce surplus est le n&#233;cessaire du syst&#232;me&#8230; Ce syst&#232;me fragile perdure seulement par le culte de l'envie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques S&#233;gu&#233;la, L'argent n'a pas d'id&#233;es, seules les id&#233;es font de l'argent, Le Seuil, Paris, 1993.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'objet est mis en avant comme une finalit&#233;, la communication mercantile occupe tous les interstices possibles (espace public comme espace priv&#233; par exemple les boites aux lettres). Le syst&#232;me marchand a r&#233;ussi &#224; investir l'intime et &#224; coloniser les imaginaires au point de se pr&#233;senter comme l'alli&#233; de la modernit&#233;. Ce f&#233;tichisme de la marchandise a sacralis&#233; les moyens (les objets, le mat&#233;riel) pour en faire des finalit&#233;s et en m&#234;me temps a profan&#233; le sacr&#233; (relations humaines, fraternit&#233;&#8230;) en imposant un fonctionnement centr&#233; sur la rationalit&#233;. Or, pouss&#233;e &#224; son extr&#234;me, cette derni&#232;re n'est-elle pas en train de devenir irrationnelle ? Aurait-on oubli&#233; la raison ch&#232;re &#224; Aristote ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la publicit&#233; porteuse d'incoh&#233;rences et de frustrations est &#224; la fois puissante symboliquement et fragile financi&#232;rement, il suffit d'analyser sa place dans le budget des collectivit&#233;s locales. Pour une ville comme Montpellier, les recettes de l'affichage publicitaire repr&#233;sentaient en 2006, 0,03 % des recettes de la ville soit 78 132,40 &#8364; sur un budget total de 241 Millions d'Euros. M&#234;me chose pour 2007 avec une recette de 91 000 &#8364; . A ce tarif, pourrait-on dire, pourquoi ne pas se passer totalement d'affichage publicitaire dans l'espace public ? La question semble l&#233;gitime et conforme au souhait des fran&#231;ais globalement favorables &#224; une r&#233;duction de sa surface. N'est-ce pas une nouvelle preuve de collusion entre le pouvoir marchand et le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mat&#233;riellement, si la publicit&#233; peut investir divers types de supports (presse &#233;crite, t&#233;l&#233;vision, radio&#8230;), nous nous int&#233;resserons ici plus particuli&#232;rement &#224; l'affichage public. Car si on prend le temps de les comparer, un seul est in&#233;vitable, incontournable : l'affichage sur panneau publicitaire. En effet, nous pouvons zapper les messages publicitaires &#224; la t&#233;l&#233;vision, ou carr&#233;ment en finir et l'&#233;teindre. Nous pouvons tourner les pages de publicit&#233; dans les quotidiens ou magazines et m&#234;me couper la radio quand c'est l'heure de la r&#233;clame comme on avait l'habitude de dire durant les trente glorieuses... Dans tous ces cas, nous pouvons nous soustraire aux messages publicitaires. Nous conservons notre libert&#233; de censure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce n'est pas le cas pour les grands panneaux qui s'imposent dans l'espace public. Ils sont autant d'agression de notre libert&#233; de r&#233;action. Cette information commerciale non sollicit&#233;e s'impose et impr&#232;gne notre cerveau de messages parasitant la perception du vivant et du r&#233;el. C'est un peu comme si notre t&#233;l&#233;vision (ou radio) se rallumait &#224; l'heure de la pub !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour de nombreuses entreprises, ne pas communiquer, c'est perdre pied face &#224; la concurrence. Ne pas occuper le champ du symbolique c'est renoncer &#224; exister dans les repr&#233;sentations des consommateurs. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'une pr&#233;sence permanente qui entretient l'illusion du &#171; j'existe parce que je communique &#187;. Cette logique s'installe d'autant plus que le consommateur en est le financier. La publicit&#233; devient alors un co&#251;t int&#233;gr&#233; dans le prix de vente de l'objet. Le consommateur est &#224; la fois victime consciente ou inconsciente et son financeur. A ce moment l&#224; pas &#233;tonnant qu'elle soit omnipr&#233;sente. Nous sommes les premiers maillons de la cha&#238;ne publicitaire puisque nous la finan&#231;ons directement par nos consommations. Cette soumission librement consentie nous am&#232;ne &#224; respecter un consensus qui fait la part belle &#224; l'illusion mercantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cette hyper-pr&#233;sence m&#233;diatique, l'omnipr&#233;sence de ce message publicitaire et son int&#233;gration dans l'espace public ont modifi&#233; les comportements, imposant ses r&#233;f&#233;rences esth&#233;tiques. Les mannequins des ann&#233;es 80 et leur allure squelettique voire mortif&#232;re ont largement particip&#233; aux modifications comportementales de milliers de jeunes filles et d'adultes. Les ann&#233;es 2000 n'ont pas fait mieux en &#233;tablissant le 4X4 comme ultime r&#233;f&#233;rence d'aventurier urbain que chacun r&#234;ve d'&#234;tre. Par les valeurs sous-tendues du message, nous sommes cet aventurier urbain au volant de ce v&#233;hicule &#224; la recherche de la libert&#233; souvent vant&#233; par les messages publicitaires. Or nous sommes certainement la g&#233;n&#233;ration la plus ali&#233;n&#233;e de toute l'histoire des humains sur cette plan&#232;te. Ce syst&#232;me est en train de nous transformer en homo&#233;conomicus ou homme unidimensionnel dont la seule raison d'&#234;tre serait la consommation ou la production. L'&#233;cole en est d'ailleurs le premier relais . Face &#224; ces d&#233;terminismes puissants, sous l'illusion de la libert&#233;, se d&#233;veloppe une soumission dont la publicit&#233; est une des premi&#232;res expressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aurait-on oubli&#233; le chemin de la raison ? A force de s'inscrire dans le rationnel n'avancerions nous pas vers l'irrationnel ?&lt;br class='autobr' /&gt; . &lt;br class='autobr' /&gt;
Quoiqu'il en soit, la soci&#233;t&#233; du spectacle ne conna&#238;t pas de limites. Les marchandises propos&#233;es sont toujours plus innovantes les unes que les autres&#8230; Obsol&#232;tes &#224; court terme, et fabriqu&#233;es &#224; distance par des salari&#233;(e)s sous pay&#233;(e)s et dans des conditions de vie et de travail inacceptables, elles participent de l'illusion commerciale. Par exemple, le t&#233;l&#233;phone portable combine &#224; lui seul ces trois caract&#233;ristiques. Il est &#224; la fois produit dans des conditions de travail d&#233;plorables, il conna&#238;t une obsolescence record et il int&#232;gre un m&#233;tal rare : le Coltan, principalement pr&#233;sent dans certaines r&#233;gions d'Afrique en proie &#224; des conflits permanents pour le contr&#244;le des gisements. Et pourtant il est sans doute, avec les &#233;crans plats, le leader incontest&#233; des panneaux publicitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour percevoir la nocivit&#233; de ce matraquage psychologique, il suffit de s'interroger sur le nombre de messages publicitaires qui interpellent au quotidien les enfants sur le trajet maison/&#233;cole. On pense imm&#233;diatement &#224; Mac Donald. Cette entreprise ne serait rien sans la publicit&#233;. Elle est capable de g&#233;n&#233;rer des besoins et de vendre des hamburgers cens&#233;s plaire &#224; tout le monde donc &#224; personne. L'augmentation du nombre de jeunes enfants en surpoids est un facteur inqui&#233;tant du comportement alimentaire de ces jeunes humains en proie, au sens propre, &#224; la voracit&#233; des grands groupes industriels de l'agroalimentaire comme Mac Donald. Ils d&#233;ploient de f&#233;roces campagnes de communication pour capter ces jeunes consommateurs et d&#233;gradent en m&#234;me temps l'art de vivre des humains .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me si le combat s'av&#232;re souvent in&#233;gal doit-on c&#233;der pour autant aux sir&#232;nes du matraquage mercantile dans l'espace public ? Comment faire reconna&#238;tre le caract&#232;re nocif de ces messages ou &#224; minima la n&#233;cessit&#233; d'application du principe de pr&#233;caution. Nos enfants auront le droit de nous accuser d'avoir laiss&#233; faire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Llena, socio&#233;conomiste, objecteur de croissance et&lt;br class='autobr' /&gt;
Christophe Renner, d&#233;boulonneur, objecteur de croissance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>EL INELUDIBLE ECO-SOCIALISMO DEL SIGLO XXI </title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article45</link>
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		<dc:date>2009-06-14T09:01:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA, Y. H&#233;l&#232;ne de la FUENTE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Traducci&#243;n al castellano : Profesor Gustavo Fern&#225;ndez Col&#243;n. Versi&#243;n francesa : Entropia N&#176; 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Versi&#243;n espa&#241;ola : Revista de Estudios Culturales(Universidad de Carabobo Valencia Venezuela) Vol 1 N&#176;2 Julio-diciembre 2008 Contacto &lt;br class='autobr' /&gt; &#8220;La utop&#237;a est&#225; en el horizonte. Me acerco dos pasos y ella se aleja dos pasos. Camino diez pasos, y el horizonte se desplaza diez pasos m&#225;s all&#225;. A pesar de que camine, no la alcanzar&#233; nunca. &#191;Para qu&#233; sirve la utop&#237;a ? Sirve para esto : para caminar. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Decrecimiento&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton45-1772f.jpg?1635492071' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Traducci&#243;n al castellano : Profesor Gustavo Fern&#225;ndez Col&#243;n. &lt;br class='autobr' /&gt;
Versi&#243;n francesa : Entropia N&#176; 4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Versi&#243;n espa&#241;ola : Revista de Estudios Culturales(Universidad de Carabobo Valencia Venezuela) Vol 1 N&#176;2 Julio-diciembre 2008&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;mailto:fernandezcolon@gmail.com&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;Contacto&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8220;La utop&#237;a est&#225; en el horizonte. Me acerco dos pasos y ella se aleja dos pasos. &lt;br class='autobr' /&gt;
Camino diez pasos, y el horizonte se desplaza diez pasos m&#225;s all&#225;. A pesar de que camine, no la alcanzar&#233; nunca. &#191;Para qu&#233; sirve la utop&#237;a ? Sirve para esto : para caminar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eduardo Galeano (2006)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al parecer, hay un profundo malentendido en relaci&#243;n con la percepci&#243;n de la democracia. Esta utop&#237;a cuyo sentido original radica en la b&#250;squeda de la soberan&#237;a del pueblo (demos, &#034;pueblo&#034; y kratos, &#034;poder&#034;, &#034;soberan&#237;a&#034;) es el gobierno de todos para una gesti&#243;n &#243;ptima de los recursos de la ciudad. La democracia es asimismo un horizonte pol&#237;tico, un ideal (en el sentido estricto del t&#233;rmino) hacia el cual tienden los m&#233;todos de gobierno. De hecho, ning&#250;n sistema pol&#237;tico es completamente democr&#225;tico porque tal tipo de gobierno supondr&#237;a una completa y transparente disponibilidad de informaci&#243;n, un nivel de educaci&#243;n y/o instrucci&#243;n homog&#233;nea en toda la poblaci&#243;n, un freno constitucional a cualquier clase de abusos, incluido el riesgo de concentraci&#243;n de los poderes&#8230; La etimolog&#237;a griega de la palabra revela las ra&#237;ces hist&#243;ricas de esta filosof&#237;a en el continente europeo. De ah&#237; que Europa se enorgullezca de ser la cuna de la democracia, aunque hoy se haya convertido en el ata&#250;d que la ahoga bajo el peso de la dominaci&#243;n medi&#225;tica y financiera. Lo cual no impide, por otra parte, que Europa pretenda dar lecciones de democracia al mundo entero y particularmente a Venezuela&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En este contexto, &#191;qu&#233; esperanzas tendr&#225; la democracia en este nuevo siglo que se inicia ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actualmente en Venezuela el Presidente Hugo Ch&#225;vez ha relanzado el proceso democr&#225;tico en torno al concepto de Socialismo del Siglo XXI. Lo ha reintroducido en el debate pol&#237;tico, desmarc&#225;ndose del balance arrojado por el socialismo del siglo XX. Se trata pues de un modelo que se est&#225; construyendo con plena conciencia de las experiencias, la herencia y los fracasos del siglo pasado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Por lo tanto, el socialismo del siglo XXI se enfrenta a una vasta gama de interrogantes no resueltos. Hay muchos nuevos datos, en particular en lo concerniente a los problemas del medio ambiente, que es necesario integrar al momento de repensar el socialismo. Conceptos como el productivismo de Estado, el progreso, el papel de los partidos pol&#237;ticos, deben ser revisados. Esto implica una ruptura con los dogmas ideol&#243;gicos tanto liberales como estalinistas, pues todos ellos participaron de la ilusi&#243;n del progreso (Charbonneau, 1973), en tanto que obsesi&#243;n productivista que empuja a la humanidad hacia los riesgos de la desestabilizaci&#243;n ecol&#243;gica y/o social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El reto del ecosocialismo es re-encontrar la armon&#237;a necesaria entre el hombre y su ecosistema. &#191;C&#243;mo no reflexionar entonces acerca de la propiedad de los medios de producci&#243;n, la distribuci&#243;n de la riqueza y la necesidad de una revoluci&#243;n individual y colectiva ? Las circunstancias actuales nos conducen inevitablemente hacia la experiencia socialista. Pero un socialismo que tenga en cuenta los errores y las claudicaciones institucionales del pasado. Un socialismo que no se lance hacia un crecimiento incontrolado, sino que centre su filosof&#237;a en los acuciantes desaf&#237;os ambientales de este comienzo de siglo. Por lo tanto, se trata de una nueva utop&#237;a ya prevista en 1970 por Ren&#233; Dumont (1974), precursor en Francia de la ecolog&#237;a pol&#237;tica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esta nueva visi&#243;n apunta hacia la construcci&#243;n de una sociedad m&#225;s igualitaria, en la cual continuar&#237;a creciendo la producci&#243;n de lo que nos hace avanzar hacia la civilizaci&#243;n (la salud, la cultura, la educaci&#243;n, los v&#237;nculos sociales, la reapropiaci&#243;n de los espacios locales&#8230;), pero en la cual disminuir&#237;a la producci&#243;n de los bienes y valores superfluos que nos empujan hacia la barbarie (el fetichismo de la mercanc&#237;a, la competencia, el individualismo, el consumismo&#8230;) (Ari&#233;s, 2005). Por lo tanto, una sociedad de decrecimiento [2] selectivo basada en una revoluci&#243;n del individuo que d&#233; respuesta a la pregunta : &#191;cu&#225;les de mis necesidades han sido socialmente condicionadas y cu&#225;les son mis necesidades reales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si adem&#225;s se tiene en cuenta que, simult&#225;neamente, las contradicciones del sistema liberal nunca han sido tan extremas ; ya sea en la esfera ecol&#243;gica o en el &#225;mbito social, la necesidad del cambio es, hoy por hoy, la realidad m&#225;s apremiante de nuestras sociedades. Pero si la construcci&#243;n de alternativas nos obliga a romper con nuestro pasado, es conveniente tener en cuenta al mismo tiempo las realidades del presente. De hecho, el cambio clim&#225;tico y los desastres ambientales est&#225;n all&#237; para recordarnos que es hora de tomar las decisiones pertinentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El pensamiento socialista ha inspirado profundamente a los movimientos obreros de los siglos XIX y XX, al punto de presentarse, a lo largo de todo este per&#237;odo, como una alternativa cre&#237;ble frente al capitalismo. En la pr&#225;ctica, el proyecto socialista ha adoptado muchas formas : los falansterios (Charles Fourier, 1768-1830), las cooperativas (Robert Owen, 1771-1858 ; Louis Blanc, 1811-1882), el industrialismo socialista (Saint-Simon, 1760-1825), las comunas libres (Louis Auguste Blanqui, 1805-1881), las becas (Fernand Pelloutier, 1867-1901). El socialismo tambi&#233;n ha sido concebido te&#243;ricamente como una fase de transici&#243;n hacia el comunismo (Karl Marx, 1818-1883 ; Friedrich Engels, 1820-1895) y el establecimiento de una sociedad sin Estado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todas estas teor&#237;as o experiencias socialistas han tenido que enfrentarse a una sinergia Estado-Mercado que ha intentado por todos los medios desacreditarlas, destruirlas por medios violentos o a trav&#233;s de una negaci&#243;n simb&#243;lica que, en ocasiones, ha pretendido descalificarlas tild&#225;ndolas de ut&#243;picas [3]. Y hoy, en la mayor&#237;a de los pa&#237;ses occidentales, el socialismo &#034;oficial&#034; ha sido capturado por partidos socialdemocr&#225;tas que siguen practicando la infidelidad pol&#237;tica (Tocqueville, 1980) en nombre de la realpolitik. Este profundo divorcio entre el pueblo y sus representantes es uno de los principales signos de la crisis de la democracia representativa en nuestras sociedades occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De hecho, el sistema liberal parece haberse apropiado de aquella frase del canto revolucionario de La Internacional &#034;hagamos tabla rasa del pasado&#8221;, para tornarnos amn&#233;sicos a las experiencias pret&#233;ritas. Pero es en esas luchas donde podemos encontrar nuestras ra&#237;ces y esperanzas, para adaptarlas a la &#233;poca contempor&#225;nea. La realidad ecol&#243;gica y social del nuevo siglo nos impone una revisi&#243;n en perspectiva del pasado, a fin de aprovechar lo mejor de &#233;ste para hacer frente a los desaf&#237;os actuales. El cambio clim&#225;tico y la crisis ambiental est&#225;n all&#237; para recordarnos que lleg&#243; el momento de tomar medidas correctivas. El Cuarto Informe del Panel Intergubernamental para el Cambio Clim&#225;tico (IPCC, 2007), publicado en febrero del a&#241;o pasado, ofrece evidencias insoslayables al respecto. Sin embargo, esta reciente toma de conciencia ecol&#243;gica puede ser bloqueada en el &#225;mbito social. Pues las reformas necesarias no ser&#225;n sostenibles si no se aborda el problema de la distribuci&#243;n de la riqueza y la propiedad del capital. En este particular, Venezuela es hoy el pa&#237;s que m&#225;s ha avanzado en este proceso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venezuela : &#191;Un impulso ut&#243;pico paralizado ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir del a&#241;o 2005, el Presidente Hugo Ch&#225;vez orienta la Revoluci&#243;n Bolivariana hacia el socialismo del siglo XXI. Venezuela se convierte, en este sentido, en un laboratorio para la re-creaci&#243;n de un socialismo (Castillo, 2007) sin herederos en otras latitudes, con una visi&#243;n hist&#243;rica in&#233;dita [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Para dar un soporte institucional a este viraje, un proyecto de reforma constitucional fue sometido a refer&#233;ndum el 2 de diciembre de 2007. Los resultados muestran que Ch&#225;vez ha perdido 3 millones de votos desde 2006. La oposici&#243;n ha ganado s&#243;lo 200.000 votos. El PSUV [5] cuenta con 5 millones de miembros, una cifra que habr&#237;a sido suficiente para garantizar una amplia victoria en el refer&#233;ndum. Pero muchos de los militantes inscritos en el PSUV no votaron. La derrota se debi&#243; principalmente a una crisis de confianza. Y si bien es cierto que esta consulta muestra el buen estado de salud de la democracia venezolana, por otra parte tambi&#233;n pone de manifiesto el rostro cada vez mayor del descontento frente a la ineficiencia del gobierno, la corrupci&#243;n, la violencia y la inseguridad urbanas. La escasez de alimentos tambi&#233;n se ha convertido en un problema, a ra&#237;z de la fijaci&#243;n de precios m&#237;nimos para los alimentos b&#225;sicos (leche, carne, caraotas) insostenibles para los productores, quienes se han visto forzados a exportarlos o almacenarlos en lugar de venderlos en el mercado interno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esta derrota pol&#237;tica obligar&#225; a Hugo Ch&#225;vez a dejar el poder en 2012, a personalizarlo menos y a dejar atr&#225;s una gobernanza al estilo de Cuba. Las condiciones est&#225;n dadas para un relevo que a su vez mantenga la direcci&#243;n social impulsora de este movimiento. Por el momento, ha llegado la hora de hacer una auto-cr&#237;tica, raz&#243;n por la cual la primera semana de enero de 2008 Ch&#225;vez puso en marcha la pol&#237;tica de las tres &#034;R&#034; : Revisi&#243;n, Rectificaci&#243;n y Reimpulso. Acometi&#243; una reestructuraci&#243;n de su tren ejecutivo que no ha complacido al pueblo, puesto que traslad&#243; a otros cargos a algunos ministros impopulares en lugar de sacarlos del gobierno. Adem&#225;s, en un gesto de pacificaci&#243;n social, en enero de 2008 se indult&#243; a los responsables del golpe de estado de 2002 borr&#225;ndoles sus antecedentes penales, lo que les permitir&#225; presentarse como candidatos en las pr&#243;ximas elecciones. No podemos ignorar el hecho de que bajo el antiguo r&#233;gimen, los militantes de la izquierda fueron a menudo encarcelados y torturados. Hoy en d&#237;a, sus agresores son conocidos, han sido denunciados y disfrutan de una perfecta impunidad. En este sentido, Ch&#225;vez rompi&#243; con las pr&#225;cticas del pasado en materia de violaci&#243;n de los derechos humanos para conducir el pa&#237;s hacia una mayor democracia.&lt;br class='autobr' /&gt;
El trabajo de campo que hemos efectuado en los &#250;ltimos meses nos ha revelado que en Venezuela, el retorno de lo pol&#237;tico le ha dado impulso a una utop&#237;a en marcha hacia una democracia fortalecida por la participaci&#243;n popular. En este contexto, la Revoluci&#243;n Bolivariana act&#250;a en varios frentes a menudo sacudidos por un debate democr&#225;tico tonificante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El frente pol&#237;tico : &#191;partidos y representaci&#243;n nacional o democracia participativa en conexi&#243;n directa con el ejecutivo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nivel global, el capitalismo extendido a todo el planeta no es sostenible. Este es un hecho que se da por sentado. Hugo Ch&#225;vez recuerda el lema revolucionario &#034;socialismo o muerte&#034;, pero a&#241;ade : &#034;muerte del planeta&#034; (Capriles, 2007). &#191;Qu&#233; hay detr&#225;s de esta afirmaci&#243;n ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un socialismo que no sea m&#225;s que un productivismo de Estado no tendr&#237;a posibilidades de realizaci&#243;n frente a los obst&#225;culos ecol&#243;gicos y sociales de este nuevo siglo. Hugo Ch&#225;vez ha integrado la ecolog&#237;a en el socialismo, como un elemento insoslayable para cualquier propuesta de cambio del modelo econ&#243;mico. Es socialista en el sentido de que utiliza el aparato estatal para avanzar hacia un sistema igualitario de redistribuci&#243;n. No es marxista en el sentido de que, seg&#250;n su criterio, el socialismo no existe como teor&#237;a acabada y modelizable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En todo caso, las l&#237;neas de fuerza que m&#225;s claramente se distinguen en el proyecto bolivariano de pasar de un modelo a otro son : el control de las riquezas nacionales para redistribuirlas a fin de satisfacer las necesidades b&#225;sicas y la democracia participativa para administrarlas en funci&#243;n del inter&#233;s colectivo. Esta participaci&#243;n ciudadana es la principal condici&#243;n para lograr la puesta en marcha de un ecosocialismo, tal como lo concibe el ejecutivo en Venezuela. Lo cual es un gran paso en una Venezuela ultraliberal, donde el inter&#233;s colectivo nacional siempre fue desplazado en el pasado por los intereses particulares de los depredadores coloniales (D&#225;vila, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los Consejos Comunales (unidad de base para la toma de decisiones) y otras formas de poder popular territorial, supuestamente estar&#237;an destinados a suplantar a las viejas estructuras de representaci&#243;n como la Asamblea Nacional y las diversas formas de gobierno local (Sanmartino, 2006). En nuestro criterio, aqu&#237; radica otra de las causas de la derrota electoral, pues muchos alcaldes, gobernadores y dirigentes de la revoluci&#243;n no est&#225;n dispuestos a abandonar el poder que les confiere su condici&#243;n de autoridades electas y se niegan a transferir el control de las finanzas p&#250;blicas a los Consejos Comunales. De haberse aprobado la reforma constitucional, los Consejos Comunales habr&#237;an conseguido reforzar su poder para independizarse de una administraci&#243;n que no tiene cultura de servicio p&#250;blico y cuyos funcionarios no saben distinguir entre el dinero de la naci&#243;n y sus bienes personales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretanto, todas las formas de organizaci&#243;n participativa intentadas hasta ahora han fracasado (Ellner, 2007). Los C&#237;rculos Bolivarianos o los Consejos Comunales de Planificaci&#243;n fueron derrotados en las disputas por el poder. Adem&#225;s, los llamados Consejos Comunales provienen directamente de la experiencia cubana y se ha pretendido trasplantarlos sin m&#225;s al proceso venezolano (Demuynck et al., 2003). El intento de refundaci&#243;n de un gran partido revolucionario tambi&#233;n ha resultado fallido. El Movimiento Quinta Rep&#250;blica (MVR) se convirti&#243; en un lugar de concurrencia de todos los oportunismos y el nuevo PSUV no logra reflejar la acci&#243;n de las bases y ha devenido tambi&#233;n en un espacio donde los profesionales de la militancia y de la pol&#237;tica vienen simplemente a aposentarse y a confiscar un poder local que debiera ser libre, colectivo e imaginativo (Brule, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En marzo de 2008 tuvo lugar el nombramiento del comit&#233; directivo del PSUV, compuesto por quince altos dirigentes chavistas seleccionados mediante votaciones de segundo grado y no mediante elecci&#243;n popular. Este procedimiento se impuso en contra de la opini&#243;n mayoritaria de las bases del partido que participaron en una serie de reuniones preparatorias durante la primavera-verano de 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El frente cultural e identitario&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En el seno de la Revoluci&#243;n Bolivariana, ha surgido un movimiento a favor del ecosocialismo del siglo XXI promotor de una visi&#243;n cr&#237;tica [6]. Esta tendencia sostiene que no habr&#225; ecosocialismo sin democracia participativa y que esta &#250;ltima es por los momentos s&#243;lo una proclama. De hecho, proyectos clave como la creaci&#243;n de una industria nuclear en el pa&#237;s o el aumento de la producci&#243;n de petr&#243;leo en la Amazon&#237;a no han sido sometidos ni a debate p&#250;blico ni a refer&#233;ndum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No obstante, el cuestionamiento a los biocombustibles y al uso del ma&#237;z para la fabricaci&#243;n de etanol es muy ilustrativo de la voluntad de reivindicaci&#243;n de las culturas ind&#237;genas por parte del gobierno [7]. La conexi&#243;n con los pueblos originarios tambi&#233;n puede ayudar a resolver cuestiones de fondo como la relaci&#243;n del hombre con la naturaleza y la transformaci&#243;n de los campos de cultivo en terrenos destinados a la provisi&#243;n de energ&#237;a para el Norte. Con todo, en el &#225;mbito cultural e identitario el chavismo no ha logrado pasar de la ret&#243;rica a una pr&#225;ctica efectiva y en las comunidades ind&#237;genas se escuchan cada vez m&#225;s voces que ponen en duda el alcance de la participaci&#243;n popular, sobre todo cuando se trata de pol&#237;ticas que no tienen en cuenta sus reivindicaciones. Y muchos se preguntan, &#191;c&#243;mo seguir apoyando a los dirigentes bolivarianos si &#233;stos no respetan a las organizaciones de base ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Por &#250;ltimo, el hecho de que la reforma constitucional haya sido rechazada se debi&#243; tambi&#233;n a que el electorado de Ch&#225;vez no estaba listo para validar un estado socialista a trav&#233;s de la Constituci&#243;n, pues la reforma no hab&#237;a sido decidida en los Consejos Comunales, sino en el seno del poder ejecutivo. Tambi&#233;n &#233;sta es, sin duda, una de las razones del fracaso del refer&#233;ndum del 2 de diciembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El frente econ&#243;mico : dejar atr&#225;s la l&#243;gica del mercado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En una primera etapa de construcci&#243;n del modelo, el Estado ha actuado como un regulador del mercado en la producci&#243;n y distribuci&#243;n de bienes y servicios. Con este prop&#243;sito, el SENIAT (organismo encargado de la recaudaci&#243;n de impuestos) se ha tornado indispensable y la sociedad en su conjunto ha sentido el peso de la obligaci&#243;n de pagar impuestos, con el fin de redistribuir el ingreso en un pa&#237;s donde el Estado acostumbraba intervenir muy poco. Los peque&#241;os comerciantes y los due&#241;os de las PYMI se quejan en&#233;rgicamente de esta nueva presi&#243;n que todos perciben a diario, ya que es imposible realizar cualquier compra sin notificar el n&#250;mero de c&#233;dula de identidad. Un n&#250;mero que est&#225; informatizado y que figura en las facturas que tanto el comerciante como el consumidor deben preservar so pena de ser multados.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sentido estricto, no hay una ruptura con la l&#243;gica del capitalismo puesto que la mayor parte del comercio se lleva a cabo en el marco de un mercado libre, no regulado. Pero se evidencia una tendencia a promover una nueva forma de organizaci&#243;n de la producci&#243;n, la Empresa de Producci&#243;n Social (Wilpert, 2006). Parece, por tanto, que se han introducido ciertos tipos de empresas que van contra la l&#243;gica capitalista. Las cooperativas y empresas cogestionarias son todav&#237;a una minor&#237;a en comparaci&#243;n con las del sector privado. Pero si esta proporci&#243;n se invierte, entonces el pa&#237;s entrar&#225; en un modelo econ&#243;mico post-capitalista como resultado de la voluntad de dominio de la pol&#237;tica sobre la econom&#237;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidaridad es un principio no s&#243;lo dentro del pa&#237;s sino tambi&#233;n a escala continental, incluso en el &#225;mbito general de los pa&#237;ses del sur (Wilpert, 2006). Se trata del retorno de la pol&#237;tica para controlar el desarrollo de las infraestructuras econ&#243;micas. Por supuesto, desde una &#243;ptica contraria a las opciones economicistas de las sociedades occidentales [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pero, &#191;estamos en presencia de un Estado burocr&#225;tico de planificaci&#243;n centralizada como lo sugiere la idea del &#8220;Plan Nacional de Desarrollo para alcanzar los objetivos superiores del Estado Socialista&#8221; ? En este caso, &#191;la planificaci&#243;n provendr&#237;a de la base como lo preconizaba el Che (Guevara, 2001) o ser&#237;a la potestad exclusiva de una burocracia concentrada en las manos del poder ejecutivo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#191;Podr&#237;a tambi&#233;n Venezuela estar avanzando hacia una &#034;toparqu&#237;a&#034;, de acuerdo con la f&#243;rmula de Sim&#243;n Rodr&#237;guez recogida por el Presidente [9], que designa una forma de poder organizado a partir de lo local ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Las comunas ser&#225;n las c&#233;lulas geohumanas del territorio y estar&#225;n conformadas por las comunidades, cada una de las cuales constituir&#225; el n&#250;cleo espacial b&#225;sico e indivisible del Estado Socialista Venezolano, donde los ciudadanos y las ciudadanas comunes tendr&#225;n el poder para construir su propia geograf&#237;a y su propia historia&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Este retorno a lo local y a las unidades pol&#237;ticas de base es en realidad un experimento ante el cual no puede permanecer indiferente el movimiento en pro del decrecimiento que tan a menudo ha defendido.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El frente del poder : &#191;Caudillismo o Revoluci&#243;n [10] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figura del &#034;caudillo&#034; ha sido exportada por la colonizaci&#243;n espa&#241;ola : un l&#237;der supremo encarna un poder patriarcal heredado de siete siglos de ocupaci&#243;n musulmana en Espa&#241;a. El dictador Franco se hac&#237;a llamar &#034;el caudillo&#034;. El continente sudamericano ha producido una serie de &#034;caudillos&#034;, como Per&#243;n en Argentina. En realidad, ser&#237;a un atajo f&#225;cil equiparar la experiencia chavista con la de Per&#243;n. La realidad venezolana es m&#225;s compleja. Comparar a Ch&#225;vez con Per&#243;n, implicar&#237;a reducirla a una postura paternalista muy alejada del cambio pol&#237;tico que la Revoluci&#243;n Bolivariana aspira suscitar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En efecto, la voluntad de ruptura y de cambio social se puso de manifiesto en el proyecto de reforma de la Constituci&#243;n rechazado por el pueblo. Pero surgieron serias cr&#237;ticas acerca de la interpretaci&#243;n excesivamente amplia del alcance de la enmienda constitucional. Y &#233;sta fue, una vez m&#225;s, una de las causas del fracaso de la reforma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es evidente que lo que se propuso en el refer&#233;ndum del 2 de diciembre de 2007, fue una transformaci&#243;n radical del modelo de sociedad plasmado en el texto constitucional de 1999 : el salto del capitalismo al socialismo. No se trataba solamente de una &#034;revisi&#243;n parcial&#8221; de la Constituci&#243;n. Algunos analistas vieron en este golpe de fuerza constitucional (Lacoste, 2007) una p&#233;rdida de legitimidad democr&#225;tica y una respuesta todav&#237;a inconclusa a la exigencia de aclaratoria del t&#233;rmino socialismo, que por el momento, a causa de la falta de organizaci&#243;n, consiste &#250;nicamente en copiar el modelo cubano, lo que la gran mayor&#237;a de los venezolanos rechaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En estas circunstancias, el rechazo de la reforma constitucional por refer&#233;ndum del 2 de diciembre de 2007, &#191;significa el fin del proceso de transformaci&#243;n econ&#243;mica y social del pa&#237;s ? Por ahora es dif&#237;cil saberlo, por lo que habr&#225; que permanecer atentos para poder evaluar los efectos inmediatos y los de m&#225;s largo alcance. En todo caso, debemos tener en cuenta que el individualismo sigue imperando en Venezuela, como en cualquier sociedad ultraliberal que arrastra las representaciones y aspiraciones de un determinado tipo de &#034;felicidad&#034; heredado del capitalismo y el pensamiento dominante. La poblaci&#243;n venezolana no se ha desprendido todav&#237;a de la atracci&#243;n simb&#243;lica del consumo y en este per&#237;odo en el cual los recursos financieros han bajado masivamente hacia las personas hasta hace poco excluidas del acceso a la renta nacional, las ventas de autom&#243;viles nuevos o enseres dom&#233;sticos y equipos electr&#243;nicos se han disparado, hasta el punto de provocar perturbaciones en el suministro regular de estos bienes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El pueblo imaginario, descrito en la Constituci&#243;n rechazada por el pueblo, est&#225; muy lejos de la realidad de todos aquellos que, aut&#233;nticos chavistas o no, tienen acceso al poder hoy en d&#237;a (calificados como &#034;r&#225;banos&#034; : rojos por fuera y blancos por dentro). Cabe a&#241;adir sobre este particular que algunos &#034;falsos revolucionarios&#034; se han apropiado de cargos de poder para usarlos en funci&#243;n de su beneficio personal y el de sus familiares y amigos, una pr&#225;ctica heredada del antiguo sistema pol&#237;tico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corrupci&#243;n sigue campante como antes de la revoluci&#243;n, con la diferencia de que ahora, gracias a las medidas implementadas por el gobierno, la poblaci&#243;n nota que sus necesidades b&#225;sicas en materia de alimentaci&#243;n, salud, vivienda, educaci&#243;n y transporte son tenidas en cuenta. Y esta es la gran fuerza del proceso y la raz&#243;n por la cual el 70% de la poblaci&#243;n, anteriormente excluida, defiende y defender&#225; la Revoluci&#243;n Bolivariana y la idea del socialismo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si los medios de comunicaci&#243;n del mundo occidental encubren y filtran la magnitud de estos cambios, los pobres de Venezuela s&#237; ven la diferencia d&#237;a tras d&#237;a (Petit tour d'horizon, 2007). Aunque, por otra parte, la clase media que aspira a un estilo de vida occidental no ve ninguna mejora en su calidad de vida. Los problemas de ineficiencia de la administraci&#243;n p&#250;blica, la falta de infraestructura vial, la inseguridad, la desorganizaci&#243;n e ineficacia generalizadas, alejan cada vez m&#225;s a la clase media del gobierno. Todo lo cual se ve reforzado por tres canales privados de televisi&#243;n que operan en realidad como el &#250;nico partido de la oposici&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusi&#243;n : &#191;La paradoja necesaria ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#225;s all&#225; de la divisi&#243;n simplista entre quienes est&#225;n &#034;a favor o en contra de Ch&#225;vez&#034; impuesta por la manipulaci&#243;n medi&#225;tica, es conveniente, en nuestro criterio, desplazar el debate hacia un cuestionamiento mucho m&#225;s global. &#191;C&#243;mo organizar nuestra vida en com&#250;n en una sociedad donde los imperativos sociales y ecol&#243;gicos se han tornado ineludibles ? Sabemos que estos problemas no tienen soluci&#243;n en el capitalismo. Es necesario, en consecuencia, inventar un nuevo modelo. En este &#225;mbito, Venezuela ha dado un paso adelante, pero se encuentra todav&#237;a frente a una encrucijada entre la invenci&#243;n de un verdadero Ecosocialismo y la tentaci&#243;n caudillista [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#191;Sobrevivir&#225; la revoluci&#243;n gracias a los &#233;xitos alcanzados que refuerzan la voluntad popular y le proporcionan el valor necesario para llevar adelante esta utop&#237;a, model&#225;ndola y soportando las contradicciones y decepciones que genera su b&#250;squeda ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#191;En qu&#233; medida el rechazo a la nueva Constituci&#243;n va a poner en entredicho los cambios impuestos por la presi&#243;n de un ejecutivo que, al mismo tiempo, insta al pueblo a tomar el poder para liberar los espacios de lo posible ? &#191;Es esta una paradoja necesaria ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confiemos en que los hombres y mujeres protagonistas de esta revoluci&#243;n puedan superar estas contradicciones y allanar el camino a la esperanza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Venezuela, el debate est&#225; vivo y la asunci&#243;n del destino com&#250;n en las manos del pueblo, aunque est&#225; lejos de ser satisfactoria, por lo menos ha obtenido una primera victoria : los individuos se han reapropiado de la pol&#237;tica, se sienten responsables de la vida de la Ciudad. Con sus necesidades b&#225;sicas satisfechas (Lander, 2004), calmados sus temores por la salud de sus hijos y ligados colectivamente por la acci&#243;n, ya no se sienten como los habitantes de las sociedades de Occidente que hemos sido despojados de nuestro propio destino.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es por ello que, hoy m&#225;s que nunca, los ecosocialistas venezolanos esperan encontrarse con los movimientos a favor del decrecimiento para poder actuar e incidir conjuntamente en la construcci&#243;n de esta utop&#237;a en marcha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La versi&#243;n original en franc&#233;s de este art&#237;culo apareci&#243; en Entropia, Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance, N&#186; 4, printemps 2008, 163-173, Lyon, Ed. Parangon. La publicaci&#243;n de la versi&#243;n espa&#241;ola fue cedida gentilmente por sus autores a la Revista Estudios Culturales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] El decrecimiento (en franc&#233;s &#8220;d&#233;croissance&#8221;) es un concepto representativo de una corriente de pensamiento pol&#237;tico y econ&#243;mico surgida en las &#250;ltimas d&#233;cadas del siglo XX, seg&#250;n la cual el crecimiento permanente del PIB es ecol&#243;gicamente insostenible a escala global. Sus partidarios se&#241;alan que las econom&#237;as ricas del Norte deben disminuir significativamente sus niveles de producci&#243;n y consumo, a fin de garantizar la recuperaci&#243;n de los ecosistemas del planeta devastados por la explotaci&#243;n industrial. Defienden un modelo alternativo de sociedad basado en el uso de tecnolog&#237;as limpias, el consumo frugal, la equidad social y la autonom&#237;a local. Entre sus te&#243;ricos m&#225;s destacados se cuentan Nicholas Georgescu-Roegen (1995) y Serge Latouche (2004). (Nota del traductor).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Aunque el t&#233;rmino &#034;socialismo ut&#243;pico&#034; se debe a Friedrich Engels (Socialismo ut&#243;pico y socialismo cient&#237;fico, 1880). Karl Marx y Friedrich Engels calificaron su teor&#237;a como socialismo cient&#237;fico y la opusieron al &#034;socialismo ut&#243;pico&#034;. Este &#250;ltimo, en su opini&#243;n, carec&#237;a de car&#225;cter met&#243;dico y riguroso en el an&#225;lisis de la sociedad capitalista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] En la emisi&#243;n N&#186; 283 del programa semanal de televisi&#243;n Al&#243; Presidente, donde el pueblo venezolano tiene la oportunidad de establecer contacto directo con su Presidente, Ch&#225;vez afirm&#243; : &#034;El Ministro del Trabajo es trotskista, lo cual yo respeto mucho, aunque yo no pueda calificarme a m&#237; mismo de trotskista. Yo respeto enormemente el pensamiento de Trotsky y cada vez que releo La Revoluci&#243;n Permanente, comprendo mejor su sentido&#034; (Ministerio del Poder Popular para la Comunicaci&#243;n y la Informaci&#243;n, 2007 Abril 22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Partido Socialista Unido de Venezuela conformado por las mayor&#237;as que apoyan al presidente y presto a apoyar pol&#237;ticamente las reformas impulsadas por Hugo Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] En una declaraci&#243;n p&#250;blica titulada Manifiesto Ecosocialista : Por un Socialismo del Siglo XXI Libre de los Riesgos de la Energ&#237;a Nuclear los firmantes se&#241;alan : &#8220;De este debate pueden surgir definiciones in&#233;ditas de muchos de los rasgos todav&#237;a imprecisos del Socialismo del siglo XXI que la Revoluci&#243;n Venezolana se esfuerza por construir. Y el refer&#233;ndum consultivo puede servir como un instrumento jur&#237;dico id&#243;neo para dirimir, democr&#225;ticamente, la posici&#243;n del pueblo venezolano a este respecto. No en balde la experiencia hist&#243;rica socialista ha demostrado que ning&#250;n ordenamiento pol&#237;tico distinto al capitalismo contribuir&#225; verdaderamente a salvar la tierra, si no promueve el ejercicio permanente de la democracia participativa para la toma de decisiones trascendentales como la escogencia de nuestro modelo energ&#233;tico y tecnol&#243;gico de desarrollo, y si no se apoya desde el momento mismo de su nacimiento en los fundamentos &#233;ticos del Ecosocialismo.&#8221; (Fern&#225;ndez Col&#243;n, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] En el programa Al&#243; Presidente N&#176; 296 del 30/09/07 Ch&#225;vez afirm&#243; : &#8220;&#161;Cultura de ma&#237;z ! &#161;Continente de ma&#237;z ! Esta es nuestra ra&#237;z. Nosotros somos de ma&#237;z. Para nuestros abor&#237;genes era sagrado... y Bush pretende que el ma&#237;z es para sus veh&#237;culos. Nosotros decimos &#161;No !&#8221; (Ministerio del Poder Popular para la Comunicaci&#243;n y la Informaci&#243;n, 2007 Septiembre 30).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Este debate constituy&#243; el trasfondo del incidente fuertemente mediatizado que tuvo lugar en la Cumbre Iberoamericana celebrada en Chile en noviembre de 2007 entre Hugo Ch&#225;vez, Zapatero y el Rey Juan Carlos : &#034;&#161;Por qu&#233; no te callas !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Hugo Ch&#225;vez (2007) : &#8220;F&#237;jate lo que dec&#237;a Sim&#243;n Rodr&#237;guez, &#233;l hablaba en 1847 de la &#8216;toparqu&#237;a'. En un documento dirigido a Anselmo Pineda, el 2 de febrero de 1847, dice Sim&#243;n Rodr&#237;guez : &#8216;La verdadera utilidad de la creaci&#243;n de una rep&#250;blica, es hacer que los habitantes se interesen en la prosperidad de su suelo'&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] V&#233;ase : Biardeau, 2007 ; L&#243;pez-Maya, 2007 ; Sanmartino, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &#8221;Una vez concluido el gran ciclo conspirativo de la derecha que va del 2001 hasta Agosto del 2004 con el referendum presidencial, comienza un nuevo proceso cruzado por una evidente confrontaci&#243;n entre la base popular del chavismo y la burocracia &#8220;roja&#8221; en formaci&#243;n. Muy confundidos todos respecto a cual posici&#243;n tomar frente a este encontronazo subterr&#225;neo, en la medida en que ha pasado el tiempo la ausencia de una voz abierta y libre que reivindique la libertad revolucionaria conquistada, ha hecho prevalecer el chantaje. &#8220;No digas lo evidente que le haces el juego a los fascistas&#8221;, es el argumento de oro del andamiaje burocr&#225;tico que todos los d&#237;as acrecienta su poder, soportados por un poder presidencial querido pero &#8211;por decir lo menos- totalmente pasivo frente a este fen&#243;meno. Tres a&#241;os despu&#233;s, luego de ratificar a Ch&#225;vez en la presidencia, una l&#237;nea de profundizaci&#243;n revolucionaria se abre como necesidad. Ch&#225;vez asume el reto efectivamente. Para ello hab&#237;a dos grandes alternativas para realizarlo. O se lanzaba una l&#237;nea centrada en el protagonismo popular (consagraci&#243;n de la ra&#237;z libertaria e in&#233;dita de la revoluci&#243;n bolivariana), o por el contrario, la profundizaci&#243;n ser&#225; interpretada como el momento justo para imponer definitivamente la l&#237;nea burocratizante, de verticalidad caudillista y de capitalismo de estado. Y es esta segunda l&#237;nea la que se impone. Ya no es la ingenuidad, ahora es el silencio lo que nos est&#225; costando caro. La formaci&#243;n del partido unificado y la creaci&#243;n por decreto (reforma constitucional) del &#8220;estado socialista&#8221; se montan por encima de nuestro silencio.&#8221; (Colectivo Surversion, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REFERENCIAS&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Yannick-H&#233;l&#232;ne de la Fuente es profesora de Idiomas, Literatura y Civilizaci&#243;n Hispanoamericana en la Universidad de Montpellier I, Francia. Es autora de diversos art&#237;culos sobre la din&#225;mica sociopol&#237;tica venezolana, entre los cuales destaca &#8220;Point de vue sur la r&#233;volution bolivarienne&#8221;, escrito conjuntamente con Claude Llena. Correo electr&#243;nico : yhespi@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Llena es profesor en la Universidad Paul Val&#233;ry de Montpellier, Francia. Se desempe&#241;a como investigador en Ciencias Sociales en el Laboratorio de An&#225;lisis e Investigaci&#243;n en Pol&#237;tica y Econom&#237;a Sociales ARPES (Montpellier III) y en el Centro de Estudios y Proyectos CEP (Montpellier I). Ha publicado, entre otras obras : &#034;El mito del desarrollo sostenible&#034; (en colaboraci&#243;n con Florence Rodhain) y &#034;Estrategias de protagonistas de la econom&#237;a popular : el caso de la ciudad de Cochabamba en Bolivia&#034;. Correo electr&#243;nico : claude.llena@gmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour la croissance du bonheur</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article22</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article22</guid>
		<dc:date>2009-01-14T13:43:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Est pauvre celui qui n'a personne &#187; Proverbe wolof S&#233;n&#233;gal &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les faits l'&#233;conomie ne s'int&#233;resse que de tr&#232;s loin au bonheur. Ce dernier doit &#234;tre le r&#233;sultat d'une optimisation des pratiques de production et de consommation des acteurs. D'ailleurs, Aristote n'affirme-t-il pas dans Ethique &#224; Nicomaque : &#034;Le bonheur est le but de la vie&#034;. En fait, l'&#233;conomisme ne prend en compte l'humain qu'&#224; travers ses fonctions &#233;conomiques. L'approche n&#233;o-classique de l'&#233;conomie a r&#233;duit l'homme &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L126xH94/arton22-36e16.jpg?1635431080' class='spip_logo spip_logo_right' width='126' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_43 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/Silence_362.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 397.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1774634574' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Est pauvre celui qui n'a personne &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Proverbe wolof &lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;n&#233;gal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits l'&#233;conomie ne s'int&#233;resse que de tr&#232;s loin au bonheur. Ce dernier doit &#234;tre le r&#233;sultat d'une optimisation des pratiques de production et de consommation des acteurs. D'ailleurs, Aristote n'affirme-t-il pas dans Ethique &#224; Nicomaque : &#034;Le bonheur est le but de la vie&#034;. En fait, l'&#233;conomisme ne prend en compte l'humain qu'&#224; travers ses fonctions &#233;conomiques. L'approche n&#233;o-classique de l'&#233;conomie a r&#233;duit l'homme &#224; un &#034;Homo &#233;conomicus&#034;. Un peu comme si la consommation devenait le palliatif &#224; la perte des valeurs humaines : &#171; produisez, consommez et vous serez heureux&#8230; ! &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e &#233;conomiciste s'inscrit, en effet, autour des hypoth&#232;ses suivantes : &lt;br class='autobr' /&gt; tous les agents &#233;conomiques agissent rationnellement ; &lt;br class='autobr' /&gt; de mani&#232;re &#233;go&#239;ste, ils recherchent leur satisfaction personnelle et l'addition de ces int&#233;r&#234;ts particuliers doit permettre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ; &lt;br class='autobr' /&gt; l'avantage propre et la rationalit&#233; sont un acquis partag&#233; par tous ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, de nombreuses &#233;tudes psychologiques et sociologiques ont montr&#233; que tous les agents &#233;conomiques : &lt;br class='autobr' /&gt; n'agissent pas toujours rationnellement ou que la poursuite effr&#233;n&#233;e de la rationalit&#233; peut entrainer l'irrationnel &#233;cologique et social qui n&#233;cessite une r&#233;action vers une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance ; &lt;br class='autobr' /&gt; ne cherchent pas seulement la maximisation de leur avantage mat&#233;riel propre et que des pr&#233;f&#233;rences sociales peuvent pr&#233;valoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce constat, le bonheur est tout autre chose : c'est un &#233;tat d'esprit. Une capacit&#233; individuelle &#224; r&#233;agir, &#224; positiver, &#224; influer sur une r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle pas toujours id&#233;ale. Le bonheur ne se d&#233;cr&#232;te pas, il se vit. Il est la r&#233;ponse &#224; ce besoin d'humanit&#233; qui est chevill&#233; &#224; notre mortalit&#233; (De Beauvoir, 1974).&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors quels sont les liens entre &#233;conomie et bonheur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On sent bien que l'absence de moyens &#233;conomiques r&#233;duit l'humain &#224; de nombreuses difficult&#233;s et notre connaissance des pays en d&#233;veloppement en est le meilleur &#233;clairage. Mais en m&#234;me temps, l'existence et plus encore l'abondance de moyens financiers ne constitue pas pour autant une garantie de bonheur. Dans les pays d&#233;velopp&#233;s, la maison la mieux &#233;quip&#233;e n'assure pas, &#224; elle seule, l'existence d'un bonheur partag&#233;. Au contraire, elle peut-&#234;tre la mat&#233;rialisation d'une remise en question des valeurs humaines fondamentales (amour, respect de l'autre&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, l'&#233;conomie ne semble affecter le bonheur que de mani&#232;re indirecte. En effet, l'argent permet d'acqu&#233;rir :&lt;br class='autobr' /&gt;
Une maison mais pas un foyer&lt;br class='autobr' /&gt;
Un lit mais pas le sommeil&lt;br class='autobr' /&gt;
Une montre mais pas le temps&lt;br class='autobr' /&gt;
Des livres mais pas la connaissance&lt;br class='autobr' /&gt;
Un plaisir sexuel mais pas l'amour&lt;br class='autobr' /&gt;
Un repas mais pas la convivialit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un service mais pas l'amiti&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En un mot, il permet de tout acqu&#233;rir sauf l'essentiel ! B&#226;tir une soci&#233;t&#233; sur cette illusion est le tour de force du capitalisme qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; utiliser les m&#233;dias et la domination symbolique pour l'imposer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, face &#224; cette relation tr&#232;s ambig&#252;e entre &#233;conomie et bonheur, je vais d&#233;velopper 2 exemples que j'ai rencontr&#233;s lors de mes pratiques professionnelles. Exemples de terrain qui montrent combien la relation entre &#233;conomie et bonheur est complexe. Ces deux exemples formeront l'ossature de ma pr&#233;sentation :&lt;br class='autobr' /&gt;
1.	Etude sur le quartier populaire Paul Val&#233;ry &#224; Montpellier en 2000 dans le cadre d'un enseignement &#224; l'Institut R&#233;gional des Travailleurs Sociaux (IRTS : &lt;a href=&#034;http://www.irts-lr.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.irts-lr.fr/&lt;/a&gt;) du Languedoc Roussillon &lt;br class='autobr' /&gt;
2.	Cr&#233;ation de l'atelier des savoirs populaires &#224; l'Universit&#233; populaire Montpellier M&#233;diterran&#233;e (UPMM : &lt;a href=&#034;http://www.upmm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.upmm.org&lt;/a&gt;) en 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I-	Etude sur le quartier populaire Paul Val&#233;ry &#224; Montpellier en 2000&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, avec une quinzaine d'&#233;tudiants de l'Institut R&#233;gional des Travailleurs Sociaux (IRTS) j'ai men&#233; une &#233;tude sur le quartier Paul Val&#233;ry &#224; Montpellier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait de montrer comment les habitants de ce territoire se d&#233;pla&#231;aient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, &#224; premi&#232;re vue, les &#233;tudes statistiques pr&#233;liminaires nous r&#233;v&#233;laient une situation peu reluisante. Si l'on ne prenait en compte que la perception &#233;conomique du quartier, il n'y avait pas de doute : ce territoire &#233;tait sinistr&#233;&#8230; Si l'on s'en tenait &#224; cette lecture, il n'y avait pas de doute, la population manquait de l'essentiel puisque ses revenus &#233;taient des plus pr&#233;caires : + de 40 % de ch&#244;mage, fort pourcentage de minimas sociaux&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;conomiste ne pouvait y voir que de la d&#233;prime et le citoyen le renforcement de ses repr&#233;sentations concernant les quartiers populaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais une observation plus fine nous a montr&#233; que la r&#233;alit&#233; &#233;tait toute autre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous sommes install&#233;s &#224; partir de 7h du matin &#224; la sortie des immeubles. Nous y avons observ&#233; un d&#233;placement important d'hommes relativement jeunes avec des glaci&#232;res bleues qui se rendaient sur des chantiers ext&#233;rieurs &#224; la cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers 9 h, un groupe d'hommes en bleus de travail accueillaient des automobiles pour des r&#233;parations r&#233;alis&#233;es sur le parking de la cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une p&#233;riode plus calme, autour de 16h, un coiffeur informel est arriv&#233; avec sa mallette. Les jeunes pr&#233;sents l'ont suivi. Ils se sont rendus en sous sol dans un garage am&#233;nag&#233; en salon de coiffure. Tous n'&#233;taient pas l&#224; pour se faire coiffer mais, pour rencontrer les copains et &#233;chafauder &#171; des plans &#187; pour la soir&#233;e &#224; venir. Les d&#233;placements ne pouvaient, en effet, se concevoir individuellement. Les jeunes du quartier ne s'accordaient le droit de sortir de la cit&#233; que de mani&#232;re collective. Le groupe et la reconnaissance qu'ils accordaient &#224; chacun &#233;tait la meilleure garantie pour traverser les territoires jug&#233;s hostiles qui entouraient la cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus tard dans la soir&#233;e, nous avons rencontr&#233; une vieille dame au minimum vieillesse qui a pris le temps de nous raconter son v&#233;cu. Elle vendait des glaces aux enfants de la cit&#233; depuis des ann&#233;es. Elle faisait, elle-m&#234;me, les produits glac&#233;s et les &#233;coulait &#224; un prix tr&#232;s attractif. Cela lui permettait certes d'arrondir ses fins de mois mais le plus important est qu'elle retrouvait dans cette pratique ce qui lui manquait le plus c'est-&#224;-dire la reconnaissance. &#171; Ici, tout le monde me connait me salue ; il faut dire que c'est moi qui leur vendait les glaces quand ils &#233;taient petits &#187;. De cette reconnaissance naissait le bonheur de vivre dans une communaut&#233; o&#249; elle avait trouv&#233; sa place. L'argent gagn&#233; gr&#226;ce &#224; cette activit&#233; informelle &#233;tait r&#233;chauff&#233; par la relation humaine. Cette activit&#233; lui donnait identit&#233;, dignit&#233;. Par ailleurs, l'argent des minimas sociaux &#233;tait refroidi par le caract&#232;re impersonnel des institutions redistributives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les quartiers populaires et ailleurs, ces formes d'accomodation (Galbraith, 1984) sont souvent la r&#233;alit&#233; des individus en situation de difficult&#233;s face au march&#233; du travail officiel. De mani&#232;re strat&#233;gique, sous forme de compl&#233;ment et de choix de vie, les individus utilisent souvent le secteur informel comme un appoint financier mais aussi pour une meilleure reconnaissance sur leurs lieux de vie. A ce moment l&#224;, le paradigme du Don/Contre don (Godelier, 2002) est aussi &#224; prendre en compte. Il int&#232;gre chacun de nous dans un r&#233;seau de connaissance avec un potentiel de savoir et de savoir faire qui permettent, en dehors du mon&#233;taire, de satisfaire certains besoins. On per&#231;oit bien l&#224; le caract&#232;re pluriel de l'&#233;conomie. L'&#233;conomie de la r&#233;ciprocit&#233; appartenant &#224; la richesse anthropologique des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, &#224; la suite des travaux de Durkheim (1967), nous pouvons mettre en avant le concept d'anomie comme fracture essentielle de la relation humaine, cette exclusion, &#233;tant selon l'auteur, un des &#233;l&#233;ments explicatifs du suicide. Le fait de ne pas exister dans le regard de l'autre me renvoie &#224; mon inutilit&#233; &#224; ma &#171; non existence &#187; dans le groupe social dans lequel je vis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, chez Bourdieu (1980), le capital social appartient au concept d'habitus. Mes connaissances, mes relations sont les fondements d'une inscription dans des r&#233;seaux qui sont autant de lieux d'expression de mon identit&#233; et d'affirmation de mon existence. Cette richesse relationnelle permet &#224; l'individu de b&#226;tir son existence, de trouver une place dans un collectif sens&#233; lui assurer une reconnaissance. C'est cette richesse sociale que l'on per&#231;oit lorsque l'on voyage dans les pays du sud au contact de la population. Alexandra David Neel affirme : &#171; Celui qui voyage sans rencontrer l'autre ne voyage pas, il se d&#233;place &#187; &lt;a href=&#034;http://www.alexandra-david-neel.org/francais/accf.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alexandra-david-neel.org/francais/accf.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'ont pas toujours tout (surtout au niveau mat&#233;riel), mais ils poss&#232;dent l'essentiel, c'est-&#224;-dire ce bonheur d'exister ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette lutte des places, cette inscription dans des collectifs affiche la richesse relationnelle de chacun d'entre nous : le bonheur passe avant tout par la reconnaissance. Loin de n'&#234;tre qu'un &#171; Homo &#233;conomicus &#187;, l'&#234;tre humain est, avant tout, un &#234;tre social. Il a principalement besoin, comme l'affirme Albert Jacquard (1984) &#171; de se sentir beau dans le regard des autres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II-	La mise en place de l'atelier des savoirs populaires au sein de l'Universit&#233; populaire Montpellier M&#233;diterran&#233;e (&lt;a href=&#034;http://www.upmm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.upmm.org&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;conomiste Adam Smith (1982) &#233;tait professeur de morale. Il &#233;crivait, en 1759, dans La th&#233;orie des sentiments moraux la phrase suivante : &#171; Le besoin d'&#234;tre regard&#233; est m&#234;me &#224; l'origine de tous les autres besoins &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#234;tre humain est, en effet, un &#234;tre social. Plus il rencontre ses semblables plus il s'approche de l'humanit&#233;. L'exp&#233;rience que nous sommes en train de mettre en place dans le quartier populaire de la Paillade au sein de l'Universit&#233; Populaire de Montpellier M&#233;diterran&#233;e (UPMM) est la d&#233;monstration que la reconnaissance peut-&#234;tre le terreau du bonheur. Ce dernier a donc une dimension subjective. Il ne peut se r&#233;duire &#224; une approche financi&#232;re, il doit n&#233;cessairement int&#233;grer cette richesse sociale, ce capital relationnel, ce souci de l'autre qui permettent de se sentir exister au sein d'un collectif. C'est certainement le plus difficile &#224; mesurer mais, c'est aussi l'argument majeur qui doit pouvoir enclencher le processus de d&#233;croissance de l'activit&#233; pour une vie plus harmonieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci dit, comment avoir la certitude que l'on existe dans le regard de l'autre ? Comment valoriser les savoirs, les savoirs-&#234;tre mutil&#233;s non reconnus par la pens&#233;e dominante ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'UPMM a tent&#233; d'apporter des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. Elle est n&#233;e en septembre 2006. La premi&#232;re ann&#233;e nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s tourn&#233;s vers des cours traditionnels, mais il m'est tr&#232;s vite apparu que cette formule ne permettait gu&#232;re de faire &#233;merger les savoirs populaires. Il fallait donc trouver une pratique capable de s'enrichir mutuellement des savoirs de chacun (Hebert Suffrin, 2001).&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de l'exp&#233;rience du collectif malgr&#233; tout (&lt;a href=&#034;http://malgretout.collectifs.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://malgretout.collectifs.net/&lt;/a&gt;) &#224; la cit&#233; des 4 000 &#224; La Courneuve nous avons mis en place un atelier des savoirs populaires &#224; la Paillade (&lt;a href=&#034;http://www.upmm.org/spip.php?article62&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.upmm.org/spip.php?article62&lt;/a&gt;) &lt;br class='autobr' /&gt;
En partant de l'id&#233;e fondatrice que le bonheur est derri&#232;re la reconnaissance, il s'agit de faire apparaitre les savoirs de chacun pour les mettre en valeur et les afficher au regard de tous. Or, dans les quartiers populaires les savoirs sont nombreux mais sont enfouis dans l'inconscient collectif et ont du mal &#224; faire sauter les crispations impos&#233;es par les repr&#233;sentations. Ce sont des savoirs domin&#233;s qui acceptent cet &#233;tat de fait et qui ont du mal &#224; se faire connaitre et reconnaitre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment lutter contre ces repr&#233;sentations impos&#233;es par les m&#233;dias, par l'&#233;vidence de la &#171; sagesse collective &#187; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre r&#233;ponse a &#233;t&#233; de nous lancer dans la mise en place d'un atelier o&#249; allait pouvoir &#233;merger des savoirs &#234;tre populaires. Nous avons propos&#233; &#224; un groupe de jeunes (entre 18 et 25 ans) des quartiers populaires de la ville de Montpellier de monter la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre de Rodrigo Garcia (2003) intitul&#233;e &#171; Jardinage Humain &#187; autour du th&#232;me de la critique de la consommation. Durant les premi&#232;res s&#233;ances de r&#233;p&#233;tition, des difficult&#233;s d'approche de la langue sont apparues. Le texte n'&#233;tait pas toujours facile &#224; aborder, le champ lexical posait probl&#232;me. C'&#233;tait bien la rencontre de 2 mondes. Il fallait donc que le groupe fasse des efforts importants pour s'approprier le texte et son contexte. Mais, le bonheur d'&#234;tre ensemble et la force de la reconnaissance mutuelle nous ont permis de relever les premiers d&#233;fis. Monter une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre c'&#233;tait aussi se lib&#233;rer des repr&#233;sentations sociales, &#234;tre ensemble pour &#234;tre vrais, &#234;tre libres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette pratique, les jeunes concern&#233;s sont enfin reconnus comme des &#234;tres &#224; part enti&#232;re capables de fa&#231;onner un &#233;crit selon leur identit&#233;, leur v&#233;cu. Derri&#232;re tout ce travail se niche la reconnaissance de l'autre. Cet effort nous a permis de partager des moments d'une rare intensit&#233;, d'une qualit&#233; relationnelle inoubliable. Aujourd'hui, le projet est en cours. Ce travail devrait d&#233;boucher sur une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre interpr&#233;t&#233;e par des personnes qui n'ont jamais re&#231;u d'assentiment collectif. Ces savoirs mutil&#233;s vont trouver existence dans le regard des autres et affirmer ainsi leur diff&#233;rence &#224; l'&#233;cart des repr&#233;sentations sociales. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'humanit&#233; n'est-elle pas constitu&#233;e de cette diversit&#233; culturelle ? Et son affirmation individuelle et collective n'est-elle pas la certitude de permettre &#224; chacun de faire valoir ce qu'il est ? Dans cette affirmation, c'est la concr&#233;tisation que le bonheur partag&#233; autour de la reconnaissance collective permet &#224; chacun de se construire non pas l'un contre l'autre mais l'un avec l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re cette alchimie de la diversit&#233; nait le bonheur collectif qui est une r&#233;ponse concr&#232;te &#224; la volont&#233; de la pens&#233;e dominante de cr&#233;er un Homme nouveau (Dufour, 2003). Dans l'histoire, d'ailleurs, de nombreuses tentatives avort&#233;es ont cherch&#233; &#224; fabriquer une nouvelle humanit&#233; (3i&#232;me Reich, exp&#233;rience stalinienne&#8230;). Mais, la particularit&#233; actuelle est que la domination symbolique (plus insidieuse que la domination physique) n&#233;olib&#233;rale qui passe par les pressions au travail, la publicit&#233;, le culte de la marchandise&#8230;fa&#231;onne les comportements humains au point que la plupart de nos concitoyens n'y per&#231;oivent pas d'issus. Ils sont ainsi, comme fascin&#233;s par les lumi&#232;res de la consommation, et connaissent un v&#233;ritable viol de leur imaginaire (Traor&#233;, 2004). Comment sortir de cette situation o&#249; ils perdent une part de leur humanit&#233; avec comme seule contrepartie : l'illusion de l'objet c&#233;l&#233;br&#233; par le culte de la marchandise ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'&#233;ducation populaire a encore un sens, elle ne peut faire l'impasse sur son r&#244;le d'&#233;mancipation des populations. Elle doit prendre acte de cet &#233;tat de fait et proposer de rechercher le r&#233;veil des valeurs humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience de l'UPMM s'inscrit pleinement dans cette d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage &#171; Reconsid&#233;rer la richesse &#187; Patrick Viveret (2002) mettait d&#233;j&#224; l'accent sur le r&#244;le trompeur des indicateurs de richesse qui pouvaient positiver le n&#233;gatif et n&#233;gativiser le positif des activit&#233;s humaines. En effet, une mar&#233;e noire, des embouteillages&#8230; sont comptabilis&#233;s comme un surplus d'activit&#233;s et donc participent de la croissance &#233;conomique alors que d'autres activit&#233;s n'y sont pas agr&#233;g&#233;es. C'est le cas, par exemple, des activit&#233;s b&#233;n&#233;voles, des actions de Don/contre-don, de l'&#233;conomie domestique et non mon&#233;taire qui sont caract&#233;ristiques de l'&#233;conomie du lien dont on a parl&#233; pr&#233;c&#233;demment.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, plus on s'&#233;loigne de l'essentiel et plus on est en mesure de mesurer la production. C'est le cas de la production de biens et de services que l'on retrouve dans l'indicateur le plus connu c'est-&#224;-dire le PIB qui mesure la somme des valeurs ajout&#233;es produites dans un pays pendant un an.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, plus on s'approche de l'essentiel, c'est-&#224;-dire comme on l'a montr&#233;, de la reconnaissance, du lien social, de l'amiti&#233;, en un mot des valeurs humaines celles qui donnent dignit&#233; alors l&#224;, les indicateurs classiques montrent leur c&#233;cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mettre l'accent sur l'essentiel et transformer les instruments de la mesure de la croissance permettraient de mettre en &#233;vidence les efforts de certains pour participer au lien social, au respect des fragiles &#233;quilibres &#233;cologiques et sociaux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
A ce moment l&#224;, si les externalit&#233;s n&#233;gatives de la croissance &#233;taient comptabilis&#233;es comme il se doit, c'est &#224; dire en n&#233;gatif, alors l'imp&#233;ratif de d&#233;croissance s'imposerait plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale est observ&#233;e, aujourd'hui, avec des indicateurs productivistes. Il convient de mettre l'accent sur une autre fa&#231;on de percevoir ce monde pour en mesurer l'agression &#233;cologique et sociale qui lui est faite. A ce moment l&#224;, on se rendrait compte que la d&#233;croissance a r&#233;ellement commenc&#233;. Il convient simplement, aujourd'hui, de transformer nos mentalit&#233;s productivistes pour aborder la d&#233;croissance avec convivialit&#233; (Illich, 1973) et savoir saisir simplement, dans le respect des valeurs humaines, les bonheurs multiples qui s'offrent &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue Silence N&#176;362. &lt;br class='autobr' /&gt;
Octobre 2008&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Galbraith, J. K. (1984). La voix des pauvres ou ce qu'ils ont &#224; nous dire sur l'&#233;conomie. Ed. Gallimard. Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garcia R. (2003). Jardinage humain. Ed. Les solitaires intempestifs. Paris.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Smith, A. (1982). La th&#233;orie des sentiments moraux. Ed. d'aujourd'hui. Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traor&#233;, A. (2004). Le viol de l'imaginaire. Ed. Hachette. Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viveret, P. (2002). Reconsid&#233;rer la richesse. Ed. de l'aube. Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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