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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>La technologie et les dilemmes de la d&#233;croissance</title>
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		<dc:date>2021-11-05T18:05:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ernest GARCIA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 2006, l'IUCN (Union Mondiale pour la Nature) lan&#231;a un d&#233;bat sur les bases conceptuelles de son action. La proposition initiale &#233;tait ainsi formul&#233;e : la notion de d&#233;veloppement durable a-t-elle un sens ? La r&#233;ponse est ambigu&#235; : &#171; Le concept est holistique, attractif et &#233;lastique [...]. Il est clair que le terme d&#233;veloppement durable en signifiant tout ne signifie rien &#187;, or, cette organisation avait largement particip&#233; au lancement de cette notion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces doutes expriment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;N&#176; 3 - D&#233;croissance &amp; technique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 2006, l'IUCN (Union Mondiale pour la Nature) lan&#231;a un d&#233;bat sur les bases conceptuelles de son action. La proposition initiale &#233;tait ainsi formul&#233;e : la notion de d&#233;veloppement durable a-t-elle un sens ? La r&#233;ponse est ambigu&#235; : &#171; Le concept est holistique, attractif et &#233;lastique [...]. Il est clair que le terme d&#233;veloppement durable en signifiant tout ne signifie rien &#187;, or, cette organisation avait largement particip&#233; au lancement de cette notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces doutes expriment un sentiment largement partag&#233;. Les usages rh&#233;toriques ont, en effet, d&#233;riv&#233; en un jargon qui n'est qu'une adaptation de la formule &#171; business as usual &#187;. Comme il en fut de ses pr&#233;d&#233;cesseurs (d&#233;veloppement social, humain...), le terme de d&#233;veloppement durable n'a pas &#233;t&#233; autre chose qu'une tentative pour &#233;tayer un programme d'expansion &#233;conomique dont les co&#251;ts, en termes d&#8216;in&#233;galit&#233; et de d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes, se sont r&#233;v&#233;l&#233;s &#233;normes et insolubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interpr&#233;tation un peu pessimiste n'est pas seulement le r&#233;sultat d'une banalisation des discours sur la question, elle int&#232;gre plut&#244;t l'&#233;vidence que l'on a d&#233;pass&#233; les limites et que le temps de la promesse d'un quelconque d&#233;veloppement est fini. Triste constat qu'une phrase peut exprimer &#171; Ce mot d&#233;veloppement durable fut une bonne id&#233;e, il y a soixante ans (ou peut-&#234;tre deux cents ?), mais, aujourd'hui, la d&#233;mesure est telle que ce qui nous reste &#224; faire est de nous pr&#233;parer au pire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; des limites, quel que soit le point de vue&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La litt&#233;rature qui reconna&#238;t l'existence de limites d&#233;crit quatre th&#232;mes fondamentaux pour aborder les questions de &#171; soutenabilit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous utilisons le terme de soutenabilit&#233; plut&#244;t que celui de durabilit&#233; car (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Bien qu'ind&#233;pendants, ils sont en r&#233;alit&#233; compl&#233;mentaires, je vais les passer en revue, mais on constatera que les conclusions sont proches, quel que soit le point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rien ne peut cro&#238;tre ind&#233;finiment dans un milieu fini&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En de nombreuses occasions ce qui a &#233;t&#233; d&#233;crit comme &#171; insoutenabilit&#233; &#187; n'est autre que la tendance &#224; d&#233;passer les limites de charge de l'&#233;cosyst&#232;me, en d&#233;bouchant ainsi sur un effondrement in&#233;vitable. Ceci est le point de vue formul&#233; par le Club de Rome d&#232;s 1972 : &#171; Si les tendances &#224; la croissance de la population du monde, l'industrialisation, la pollution, la production de nourriture et l'&#233;puisement des ressources restent inchang&#233;es, les limites &#224; la croissance sur cette plan&#232;te seront atteintes un jour ou l'autre dans les cent prochaines ann&#233;es. Le r&#233;sultat le plus probable sera une baisse plut&#244;t soudaine et incontr&#244;lable tant de la population que de la capacit&#233; industrielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meadows, D.H. ; Meadows, D.L. ; Randers, J. et W.W. Behrens (1972) : Los (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destin&#233;e de ce rapport a &#233;t&#233; pour le moins curieuse. Presque tout le monde se souvient de l'&#233;motion &#233;norme qu'il a suscit&#233;e, mais bien peu se souviennent du propos et sont encore int&#233;ress&#233;s par ses pr&#233;visions. Un examen rapide nous montre que la situation actuelle est tr&#232;s proche de ce qui serait arriv&#233; si toutes les tendances enregistr&#233;es n'avaient pas chang&#233;. La population mondiale n'atteint pas encore 7 milliards, mais elle a tr&#232;s largement d&#233;pass&#233; les 6 milliards. L'investissement en capital a cr&#251; plus ou moins selon ce qui &#233;tait pr&#233;vu. La pr&#233;vision la plus contest&#233;e sur l'utilisation de min&#233;raux non &#233;nerg&#233;tiques a &#233;t&#233;, il est vrai, la moins v&#233;rifi&#233;e, mais les donn&#233;es sur le pic imminent du p&#233;trole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deffeyes, K.S. (2001) : Hubbert's Peak : The Impending World Oil Shortage. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; compensent les quelques erreurs en ce qui concerne les m&#233;taux. Les tensions dans la production alimentaire sont aussi visibles. La pollution a des effets plus dramatiques que ceux attendus &#8211; pour le changement climatique, surtout &#8211; mais la pr&#233;cision des projections est remarquable : la concentration de CO2 dans l'atmosph&#232;re, alors estim&#233;e &#224; 380 ppm pour l'an 2000, atteint actuellement 370 ppm&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Keeling, C.D. et T.P. Whorf (2004) : Atmospheric CO2 concentrations derived (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans l'ensemble, la projection surprend plus par sa justesse que par ses d&#233;viations. En d'autres termes, nous ne pouvons que constater combien les mesures prises ont &#233;t&#233; inop&#233;rantes, ce qui n'est gu&#232;re surprenant quand les r&#233;ponses &#224; l'avertissement ont essentiellement consist&#233; &#224; r&#233;p&#233;ter : limites ? Quelles limites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;vision la plus r&#233;currente du rapport de 1972 consistait &#224; affirmer que, si l'on ne freinait pas tr&#232;s rapidement la croissance de la population et du capital pour les maintenir aux niveaux de 1970, le monde, vers l'an 2000, serait d&#233;j&#224; entr&#233; dans une phase de &#171; translimitation &#187;, de d&#233;passement des limites impos&#233;es par une plan&#232;te finie. La mise &#224; jour du rapport, trente ans plus tard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meadows, D. ; Randers, J. et D. Meadows (2004) : Limits to Growth : The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a ajout&#233; deux conclusions. La premi&#232;re soutient que, depuis plus d'une d&#233;cennie d&#233;j&#224;, nous sommes effectivement entr&#233;s dans cette phase de d&#233;passement [l'affirmation s'appuie sur les calculs de l'empreinte &#233;cologique, un indicateur synth&#233;tique selon lequel l'utilisation des syst&#232;mes renouvelables d&#233;passe la capacit&#233; naturelle de remplacement dans une marge de 25 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hails, C., Loh, J., Goldfinger, S. (Eds). 2006. Living planet report 2006. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La deuxi&#232;me affirme que l'effondrement provoqu&#233; par le manque ou le retard d'une r&#233;ponse de port&#233;e suffisante, est plus probable qu'en 1972 (et plus difficile &#224; contrecarrer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rien n'est &#233;ternel&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syst&#232;mes vivants ne peuvent subsister et &#233;voluer qu'en augmentant l'entropie de leur environnement. Les syst&#232;mes auto-organisateurs sont n&#233;cessairement des syst&#232;mes d&#233;sorganisateurs, qui d&#233;pendent d'un contact &#233;troit et d'une interaction permanente avec un environnement qui contient ordre et &#233;nergie en quantit&#233; suffisante, aux d&#233;pens duquel ils peuvent s'arranger pour survivre. Si le d&#233;sordre introduit dans l'environnement est trop grand, alors le syst&#232;me peut &#8211; peut-&#234;tre &#8211; acc&#233;der &#224; un nouveau niveau adaptatif en consommant davantage d'&#233;nergie (mais aussi en augmentant plus encore la d&#233;gradation ambiante). L'inviabilit&#233; peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e, par cons&#233;quent, comme le r&#233;sultat de l'accroissement d'entropie g&#233;n&#233;r&#233; par des processus de production trop grands ou trop intensifs. Cette acception est implicite dans l'affirmation que rien ne dure &#233;ternellement, qu'aucun processus mat&#233;riel ne peut &#234;tre ind&#233;finiment prolong&#233; dans un milieu fini. Dans ce contexte, viabilit&#233; tend &#224; s'identifier avec conservation (dans le sens de parcimonie dans l'utilisation des ressources), comme l'a signal&#233; le repr&#233;sentant le plus illustre de ce point de vue, Nicholas Georgescu-Roegen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georgescu-Roegen, N. (1993) : &#171; Looking back &#187;. European Association for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la conservation, dans la mesure o&#249; elle signifie un moindre usage des mat&#233;riaux et une moindre intensit&#233; de leurs mouvements sur la surface de la plan&#232;te, implique une &#233;chelle inf&#233;rieure des activit&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Espace et aliment pour toutes les cr&#233;atures&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre angle d'analyse, souvent utilis&#233;, montre que le caract&#232;re non viable est surtout le r&#233;sultat d'un d&#233;s&#233;quilibre catastrophique dans le processus de co-&#233;volution. Si l'une des esp&#232;ces en pr&#233;sence profite d'un apport &#233;nerg&#233;tique trop grand, elle impose alors &#224; l'&#233;cosyst&#232;me une simplification radicale, en provoquant une r&#233;duction drastique de la diversit&#233; biologique. C'est ce qui se passe depuis le moment o&#249; l'esp&#232;ce humaine a d&#233;velopp&#233; une habilit&#233; sp&#233;cifique pour s'approprier &#224; grande &#233;chelle la production photosynth&#233;tique primaire. Dans ce contexte, la viabilit&#233; requiert qu'il y ait suffisamment d'espace et d'aliments pour le reste des cr&#233;atures. Cette acception est implicite dans le d&#233;bat sur la port&#233;e et les rythmes de la perte de biodiversit&#233;. Elle a &#233;t&#233; brillamment formul&#233;e dans un article fameux sur l'appropriation humaine de la production photosynth&#233;tique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vitousek, P.M., P.R. Ehrlich, A.H. Ehrlich et P.A. Matson. 1986. &#171; Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'article donne les r&#233;sultats d'un calcul selon lequel les activit&#233;s humaines s'approprient pr&#232;s de 40 % de la production primaire nette potentielle sur la terre. La croissance d&#233;mographique et &#233;conomique pousse &#224; une appropriation toujours plus grande des produits de la photosynth&#232;se. L'analyse montre une limite absolue de la capacit&#233; de charge pour des &#234;tres humains, mais tient &#233;galement compte des effets sur d'autres esp&#232;ces, soulignant en conclusion la possibilit&#233; d'extinctions qui entra&#238;neraient une destruction aussi grande de la diversit&#233; organique que celle survenue, il y a 65 millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;veloppements post&#233;rieurs de cette ligne d'analyse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vitousek, P.M. ; Mooney, H.A. ; Lubchenco, J. et J.M. Melillo (1997) : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont insist&#233; sur le fait que la marge d'ind&#233;termination est vaste. Ils ont &#233;galement soulign&#233; que l'appropriation humaine de la production primaire nette pourrait d&#233;j&#224; avoir atteint des valeurs proches de 60 %, et qu'elle tend &#224; augmenter. Ces conclusions corroborent celles obtenues &#224; partir d'autres fa&#231;ons d'aborder le sujet, qui signalent une tendance &#8211; dont les effets sont d&#233;j&#224; en grande partie irr&#233;versibles &#8211; &#224; la d&#233;t&#233;rioration des fonctions utiles de la nature et de la capacit&#233; de la plan&#232;te &#224; maintenir les diff&#233;rentes formes de la vie. L'&lt;i&gt;&#201;valuation des &#201;cosyst&#232;mes pour le Mill&#233;naire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Millennium Ecosystem Assessment (2005) : Ecosystems and Human Well-being : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a conclu que 2/3 des prestations de la nature (&#171; &lt;i&gt;nature's services&lt;/i&gt; &#187; : production d'aliments, r&#233;gulation du climat, pollinisation, plaisir esth&#233;tique du paysage, etc....), se d&#233;t&#233;riorent dans le monde. L'Indice de Plan&#232;te Vivante, qui mesure les tendances de la diversit&#233; biologique en se basant sur des donn&#233;es de 1 313 esp&#232;ces de vert&#233;br&#233;s, a chut&#233; d'environ 30 % entre 1970 et 2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hails, C. et al (2006) : Living Planet Report 2006. Gland (Suiza), WWF (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La tendance globale, affirment les auteurs de ce calcul, sugg&#232;re que nous d&#233;gradons les syst&#232;mes naturels &#224; un rythme sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. L'analyse de l'&#233;tat des &#233;cosyst&#232;mes, donc, d&#233;crit aussi une situation de d&#233;passement des limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;sacc&#233;l&#233;rer, d&#233;globaliser&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Insoutenabilit&#233;, enfin, pourrait signifier blocage des dispositifs sociaux d'apprentissage, suite &#224; une acc&#233;l&#233;ration excessive et &#224; une connectivit&#233; trop haute. L'apprentissage requiert du temps pour choisir positivement les adaptations viables. Il exige aussi des lieux non touch&#233;s par les effets de l'erreur, &#224; partir desquels il pourrait se corriger. Les deux conditions &#233;manent du fait central que l'erreur est in&#233;vitable. Si un syst&#232;me r&#233;flexif s'acc&#233;l&#232;re trop, ses centres de d&#233;cision commencent &#224; commettre des erreurs chaque fois plus grandes et chaque fois plus fr&#233;quentes. S'il se &#171; globalise &#187; trop, si tous ses &#233;l&#233;ments sont fortement connect&#233;s, les erreurs se diffusent partout et il manque alors d'espaces alternatifs disponibles pour des essais &#233;ventuellement r&#233;ussis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kafka, P. (1993) : &#171; Conditions of creation : The invisible hand and the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si, de plus, le syst&#232;me dispose d'une technologie de grand impact, c'est-&#224;-dire, capable d'alt&#233;rer intens&#233;ment l'&#233;cosyst&#232;me, toutes les conditions sont alors r&#233;unies pour une s&#233;rieuse inqui&#233;tude. Dans ces conditions, la viabilit&#233; consiste &#224; maintenir la flexibilit&#233;, en &#233;vitant une acc&#233;l&#233;ration et une interconnexion excessives. Selon cette analyse, une soci&#233;t&#233; devient non soutenable quand elle a de plus en plus d'options dans des intervalles de temps de plus en plus courts. Quand, par exemple, elle se montre incapable de contr&#244;ler la prolif&#233;ration nucl&#233;aire, quand elle introduit chaque ann&#233;e dans la nature des milliers de substances chimiques nouvelles ou quand elle se dispose &#224; faire la m&#234;me chose avec des milliers d'organismes g&#233;n&#233;tiquement manipul&#233;s. Le fait est que l'on constate une faillite profonde du syst&#232;me d'information d'o&#249; une amplification tr&#232;s puissante de la probabilit&#233; d'erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;cologique actuelle n'est pas nouvelle du fait qu'elle est &#233;cologique. Bien des cultures du pass&#233; ont abus&#233; de leurs ressources de base et, du coup, sont entr&#233;es en d&#233;cadence. Mais il s'agissait de cultures locales et le changement social a pu se poursuivre sur d'autres parties de la plan&#232;te. Maintenant, les dynamiques de ladite globalisation sont cause de d&#233;gradations partout et tr&#232;s rapidement. Cette nouvelle crise est une crise d'acc&#233;l&#233;ration et d'interconnexion. La soutenabilit&#233; est alors une question de freinage (ralentir de tous les points de vue) et de relocalisation. Mais la vague d'expansion est indissolublement li&#233;e &#224; l'acc&#233;l&#233;ration et &#224; la mondialisation. La freiner implique, d'une mani&#232;re ou d'une autre, une d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;croissance : le changement social au-del&#224; des limites&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La perception du fait que nous sommes entr&#233;s dans la phase transitoire de translimitation se transforme en motif central de la litt&#233;rature &#8211; croissante en quantit&#233; et en impact &#8211; qui consid&#232;re possible un effondrement de la civilisation industrielle dans un futur proche et revoit, sous cette perspective, le sort encouru par diverses soci&#233;t&#233;s dans le pass&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diamond, J. (2005) : Collapse : How Societies Choose to Fail or Survive. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la port&#233;e et les &#233;ventuels effets sociaux du &#171; d&#233;clin &#187; est intense. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il est aussi en grande partie souterrain. Ses outils sont plus les groupes de discussion sur le net que les grands moyens de communication. De petits centres de recherche et &#8211; parfois &#8211; d'individus isol&#233;s, sont plus souvent entr&#233;s en lice que les grandes institutions acad&#233;miques. Dans ce d&#233;bat, des frictions significatives qui forment des lignes de division potentielles se concentrent sur quelques points. La plus importante s&#233;pare ceux qui associent la d&#233;croissance &#224; un effondrement complet et catastrophique de la civilisation (le &lt;i&gt;die-off&lt;/i&gt;, le retour rapide &#224; la caverne de l'Olduvai, c'est-&#224;-dire &#224; l'origine pr&#233;historique de l'esp&#232;ce humaine) de ceux qui l'associent &#224; la continuit&#233; du bien-&#234;tre (en d&#233;fendant l'id&#233;e d'un &#171; d&#233;clin &#187; plus ou moins prosp&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La d&#233;croissance comme voie d'extinction&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;terminisme &#233;nerg&#233;tique n'est pas pr&#233;cis&#233;ment une nouveaut&#233;. Son expression de base peut &#234;tre formul&#233;e ainsi : la complexit&#233; sociale est fonction de l'utilisation d'&#233;nergie. Ce principe n'a pas eu beaucoup de succ&#232;s en th&#233;orie sociale, non pas parce qu'il n'est pas vrai (il a tout l'air de l'&#234;tre), mais pour deux autres raisons. La premi&#232;re d'entre elles est le postulat a priori du progr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gras, A. Fragilit&#233; de la puissance : se lib&#233;rer de l'emprise technologique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La conviction la plus r&#233;pandue consiste &#224; croire que l'&#233;nergie disponible est le r&#233;sultat combin&#233; de l'imagination humaine et de la n&#233;cessit&#233;. Par cons&#233;quent, si celle-ci venait &#224; manquer davantage, on trouverait d'autres sources et on les d&#233;velopperait. La seconde raison est l'impossibilit&#233; d'&#233;valuer &#224; partir de ce principe les caract&#233;ristiques concr&#232;tes des changements de complexit&#233; et de l'organisation sociale (irr&#233;ductibilit&#233; de l'&#233;v&#233;nement accidentel et de l'action rationnelle dans l'histoire), qui est, en fin de compte, ce qui int&#233;resse les sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conviction que le cycle historique ascendant de l'utilisation de combustibles fossiles touche &#224; sa fin, unie &#224; un scepticisme justifi&#233; quant &#224; l'existence d'alternatives &#233;nerg&#233;tiques assez abondantes et bon march&#233;, est &#224; la base de la pr&#233;vision qu'un effondrement de la population humaine sur la Terre ne peut &#234;tre retard&#233; au-del&#224; de quelques ann&#233;es. Quelques versions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Price, D. (1995) : &#171; Energy and human evolution &#187;, Population and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;voient aussi que cet effondrement impliquera la fin de la civilisation, et non seulement son passage &#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure soutenable, parce que les survivants, s'il y en a, ne seront pas capables de maintenir la complexe association de traits culturels dont les hommes modernes sont tellement fiers. Les soci&#233;t&#233;s post-effondrement devront vivre des vies plus simples, comme les chasseurs et les agriculteurs de subsistance du pass&#233;. Price ajoute que, &#224; son avis, ce n'est pas seulement la civilisation qui sera entra&#238;n&#233;e par la spirale descendante de l'effondrement, mais qu'il est peu probable que l'esp&#232;ce elle-m&#234;me puisse pr&#233;server longtemps la culture dont nous sommes si fiers. D'autres versions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Duncan, R.C. (2006) : &#171; The Olduvai theory : Energy, population, and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ajoutent une m&#233;diation technologique : la &#171; th&#233;orie Olduvai &#187;, propos&#233;e par cet auteur, sugg&#232;re que la civilisation industrielle aura dur&#233; au total pas plus d'un si&#232;cle, approximativement de 1930 &#224; 2030. Il utilise pour sa d&#233;monstration l'indicateur clef qu'est le quota d'&#233;nergie disponible par personne. Pour Duncan, le signal du d&#233;clin sera l'apparition r&#233;p&#233;t&#233;e de grandes coupures de courant, et l'affaiblissement de l'approvisionnement &#233;lectrique, pr&#233;alable &#224; la chute d&#233;finitive du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces perspectives prolongent le d&#233;terminisme &#233;nerg&#233;tique bien au-del&#224; de son cadre. L'affirmation qu'une r&#233;duction de l'&#233;nergie disponible doit impliquer une r&#233;duction de la population, de la consommation, et/ou de la complexit&#233; organisationnelle me para&#238;t peu discutable. Au-del&#224;, commence l'incertitude, m&#234;me si nous nous limitons aux applications apparemment plus imm&#233;diates. Pour cette raison, l'affirmation que l'&#233;puisement des combustibles fossiles apportera la fin de la civilisation (ou m&#234;me de l'esp&#232;ce humaine) requiert une autre justification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aspect du raisonnement d&#233;terministe (d&#233;terminisme biologique, dans ce cas) est g&#233;n&#233;ralement &#233;voqu&#233; &#224; ce propos. Par exemple, la th&#232;se que l'&#233;volution pousse toute population d'organismes &#224; se multiplier sans limite jusqu'&#224; &#233;puiser les ressources qui rendent possible cette expansion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morrison, R. (1999) : The Spirit in the Gene : Humanity's Proud Illusion and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une version particuli&#232;rement brutale de la combinaison de ces deux lignes d'argumentation nous a &#233;t&#233; r&#233;cemment offerte par l'hypoth&#232;se de la collision thermo/g&#232;ne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'expression fait allusion au croisement entre les lois de la thermodynamique (qui expliquent la constante diminution de la masse de ressources) et les impulsions g&#233;n&#233;tiques (qui en r&#233;clament toujours plus). Une situation caract&#233;ris&#233;e par la surpopulation et par la baisse dans l'offre de ressources aboutit n&#233;cessairement &#224; une d&#233;sorganisation catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La d&#233;croissance comme transition vers une soci&#233;t&#233; &#224; &#233;chelle humaine&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le postulat de la libert&#233; humaine, de la construction du cours de l'histoire &#224; travers des choix collectifs conscients, est &#224; la base des visions qui consid&#232;rent la d&#233;croissance comme une occasion d'organiser l'adaptation des soci&#233;t&#233;s humaines sur une &#233;chelle de temps soutenable. Un livre publi&#233; par Howard et Elisabeth Odum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Odum, H.T. et E.C. Odum (2001) : A Prosperous Way Down : Principles and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; soutient, par exemple, que les &#233;cosyst&#232;mes et les civilisations ont en commun un cycle en quatre phases (croissance, climax, d&#233;croissance, puis lente r&#233;cup&#233;ration des ressources, avant une nouvelle phase ascendante). Selon eux, la soci&#233;t&#233; industrielle vit maintenant son climax et, par cons&#233;quent, la chute est imminente et in&#233;luctable. Ils estiment alors que l'application de principes ad&#233;quats &#224; une situation de ressources limit&#233;es (&#233;chelle r&#233;duite, efficience et coop&#233;ration) pourrait diminuer l'impact de la d&#233;croissance, et la rendre compatible avec le maintien d'un niveau de bien-&#234;tre suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kunstler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kunstler, J.H. (2005) : The Long Emergency : Surviving the Converging (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Heinberg&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heinberg, R. (2004) : Powerdown : Options and Actions for a Post-Carbon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; voient le pic du p&#233;trole comme le signal de d&#233;part d'une crise prolong&#233;e, dont le trait le plus caract&#233;ristique sera une contraction chronique et g&#233;n&#233;ralis&#233;e, vue surtout comme l'opportunit&#233; d'un changement de direction vers le plus petit, le plus lent et le plus localis&#233; et un passage de la concurrence &#224; la coop&#233;ration et de la croissance illimit&#233;e &#224; l'autolimitation. Si l'on combinait l'adaptation &#224; un approvisionnement &#233;nerg&#233;tique d&#233;clinant (&lt;i&gt;powerdown&lt;/i&gt;) et le d&#233;veloppement de structures relocalis&#233;es d'organisation sociale, cette voie pourrait conduire, apr&#232;s la descente, &#224; une soci&#233;t&#233; moins peupl&#233;e. Elle serait moins consommatrice d'&#233;nergie et gagnante du bien-&#234;tre, avec plus de satisfactions artistiques et moins de consum&#233;risme, et organis&#233;e de mani&#232;re plus conviviale, ouverte &#224; des exp&#233;riences spirituelles plus profondes et distribu&#233;e en petites communaut&#233;s, dans lesquelles les personnes auraient plus de contr&#244;le sur leurs vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision de la d&#233;croissance comme opportunit&#233; a m&#234;me donn&#233; lieu &#224; quelques versions explicitement programmatiques. C'est le cas, par exemple, du groupe fran&#231;ais li&#233; &#224; l'&lt;i&gt;Institut d'&#201;tudes &#201;conomiques et Sociales pour la D&#233;croissance Soutenable&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, Revue Silence, 2006.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, du protocole pour l'&#233;puisement du p&#233;trole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heinberg, R. (2006) : The Oil Depletion Protocol : A Plan to Avert Oil Wars, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou de la proposition d' &#171; embrasser la Communaut&#233; de la Terre &#187; par la combinaison d'une esp&#232;ce de conversion religieuse, qui produirait de nouveaux mythes (des &#171; r&#233;cits fondateurs &#187; in&#233;dits) avec quelque support &lt;i&gt;high-tech&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Korten, D. (2006) : The Great Turning : From Empire to Earth Community. San (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses perspectives sur la d&#233;croissance et ses effets commencent &#224; susciter un grand int&#233;r&#234;t par leur capacit&#233; &#224; sugg&#233;rer l'ouverture d'horizons culturels nouveaux, plut&#244;t que par leur exactitude ou leur puissance pr&#233;dictive douteuse. Il me para&#238;t &#233;vident que toute tentative de pr&#233;dire &lt;i&gt;en d&#233;tail&lt;/i&gt; comment seront les soci&#233;t&#233;s post-fossilistes, d'anticiper les chemins que suivra le changement social &#171; apr&#232;s le carbone &#187;, est condamn&#233;e en bonne mesure &#224; &#234;tre r&#233;fut&#233;e par les faits (contre toute tentation d'&#233;volutionnisme social d&#233;terministe on peut lire Juan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Juan, S. (2006) : Critique de la d&#233;raison &#233;volutionniste : Animalisation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). En cela, la prolif&#233;ration en cours de propositions &#224; ce sujet rappelle beaucoup les caract&#233;ristiques (et s&#251;rement le destin) des discours du XIXe si&#232;cle sur le socialisme du futur. On pourrait parler, avec juste raison, de la floraison en puissance d'une nouvelle vague de pens&#233;e utopique. Et, en r&#233;alit&#233;, ma pr&#233;tention aujourd'hui est surtout de souhaiter la bienvenue &#224; cette fa&#231;on de penser (non pour ce qu'elle nous annonce du futur, mais pour ce qu'elle r&#233;v&#232;le du retour de l'histoire, avec toute son opaque incertitude).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La technologie dans l'&#232;re post-carbone : notes pour une philosophie de l'apr&#232;s d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enjeux sociaux du d&#233;passement des limites sont intrins&#232;quement incertains. Un demi-tour vers la d&#233;croissance pourrait &#234;tre imminent, d&#251; au pic du p&#233;trole, &#224; une modification soudaine et non lin&#233;aire des syst&#232;mes qui r&#233;gulent le climat, ou &#224; une combinaison de celles-ci et d'autres facteurs d&#233;clenchants. Le d&#233;bat ci-dessus suppose que la d&#233;croissance est d&#233;j&#224; in&#233;vitable, dans un d&#233;lai plus ou moins long. Toutefois, la m&#234;me incertitude d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e implique qu'on ne peut refuser la possibilit&#233; que ce d&#233;lai s'&#233;largisse. Peut-&#234;tre le d&#233;but du d&#233;clin de l'&#232;re industrielle sera-t-il retard&#233; &#224; la suite de changements technologiques, organisationnels ou culturels. Il n'y a pas moyen de le savoir parce que la relation entre une soci&#233;t&#233; et son environnement se produit toujours &#224; travers tellement de m&#233;diations que celles-ci ne peuvent &#234;tre pr&#233;vues avec anticipation : &#171; Il n'est pas possible de pr&#233;dire avec exactitude quelle sera la limite qui se pr&#233;sentera d'abord ou quelles seront ses cons&#233;quences, parce qu'il existe beaucoup de r&#233;ponses humaines concevables et impr&#233;visibles dans une telle situation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meadows, D.H. ; Meadows, D.L. ; Randers, J. et W.W. Behrens (1972) : Los (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les options technologiques nous font entrer d'une mani&#232;re cruciale dans ce territoire terriblement incertain. Les sources d'&#233;nergie en sont un bon exemple. Toute civilisation se caract&#233;rise par un ensemble de recettes techniques qui reposent sur une technologie viable, c'est-&#224;-dire une technique de production d'&#233;nergie utile qui soutient tous les autres processus &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georgescu-Roegen, N. (1982) : &#171; La d&#233;gradation entropique et la destin&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la situation actuelle, on peut seulement &#234;tre raisonnablement s&#251;r de deux choses &#224; ce sujet : la premi&#232;re est que nous vivons la fin du cycle historique des combustibles fossiles ; la deuxi&#232;me est que &#8211; en mati&#232;re d'&#233;nergie &#8211; personne n'a d'id&#233;es claires sur ce qui viendra ensuite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Garcia, E. (2006) : &#171; Del pico del petr&#243;leo a las visiones de una sociedad (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Peut-&#234;tre qu'un miracle technologique viendra &#224; notre secours et reconstituera temporairement notre fiert&#233; bless&#233;e d'esp&#232;ce dominante ? Peut-&#234;tre, personne ne le sait, personne ne peut le savoir. La discussion sur ce sujet garde un aspect religieux d&#233;primant. C'est surtout une histoire de foi, c'est-&#224;-dire, de croyance non rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la foi selon laquelle tous nos probl&#232;mes auront une solution technologique est tr&#232;s r&#233;pandue, mais ce n'est qu'une foi. Cela ne d&#233;montre rien. Et il n'y a aucune garantie que l'invention salvatrice se produise un jour. &#192; l'encontre de ce que l'on pense g&#233;n&#233;ralement, une nouvelle matrice &#233;nerg&#233;tique (une nouvelle technologie viable, ou prom&#233;th&#233;enne, dans le langage de Georgescu-Roegen) est une invention extr&#234;mement rare dans l'histoire humaine, qui ne s'est peut-&#234;tre produite qu'&#224; deux occasions (avec le contr&#244;le du feu et avec la machine &#224; vapeur). Rien ne garantit donc, qu'une nouvelle technologie viable soit sur le point d'appara&#238;tre. Il ne s'agit pas d'un &#233;v&#233;nement pr&#233;visible. On peut y croire ou ne pas y croire, c'est tout. Comme l'a remarqu&#233; presque toute la philosophie de la science du XXe si&#232;cle, la d&#233;couverte n'est pas programmable. Il est sens&#233;, alors, de supposer que le miracle attendu n'aura pas lieu (ce qui est parfaitement possible) et de s'interroger sur les implications d'une telle absence pour le changement social. Voil&#224; ce qui donne sens au d&#233;bat sur les soci&#233;t&#233;s &#171; post-carbone &#187; que j'ai pr&#233;c&#233;demment comment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais pour finir encadrer la discussion &#224; partir de quatre principes. Premier principe : &lt;i&gt;toute solution technologique d&#233;place les limites, elle ne les annule pas&lt;/i&gt;. Ainsi, par exemple, si l'on arrivait &#224; contr&#244;ler la fusion nucl&#233;aire, on disposerait d'une source d'&#233;nergie suffisante pour maintenir temporairement le cycle d'expansion de l'&#232;re industrielle, mais seulement jusqu'&#224; des limites naturelles d'une autre nature (surpopulation, pollution, perte de diversit&#233; biologique ou quoi que ce soit). On l'avait d&#233;j&#224; dit, il y a trente-cinq ans : &#171; Quand nous introduisons les d&#233;veloppements technologiques qui parviennent &#224; &#233;liminer un obstacle &#224; la croissance ou &#224; &#233;viter un effondrement, le syst&#232;me cro&#238;t simplement jusqu'&#224; une autre limite, il le d&#233;passe temporairement et tombe. Vu cette premi&#232;re hypoth&#232;se &#8211; que la croissance de la population et du capital ne devrait pas d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#234;tre limit&#233;e [...] nous n'avons pas encore pu trouver un ensemble de politiques qui &#233;vite le mode de comportement qui m&#232;ne &#224; l'effondrement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meadows, D.H. ; Meadows, D.L. ; Randers, J. et W.W. Behrens (1972) : Los (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soins palliatifs technologiques en phase terminale de la croissance sont seulement provisoires. Ceci est une le&#231;on qu'on oublie trop fr&#233;quemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les espoirs des optimistes technologiques sont centr&#233;s sur la capacit&#233; de la technologie &#224; d&#233;placer ou &#233;tendre les limites de la croissance de la population et du capital. Nous avons d&#233;montr&#233; que, dans le mod&#232;le du monde, l'application de la technologie &#224; des probl&#232;mes apparemment d'&#233;puisement des ressources, de contamination ou de p&#233;nurie d'aliments, n'a aucun effet sur le probl&#232;me essentiel constitu&#233; par la croissance exponentielle dans un syst&#232;me fini et complexe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p. 182.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important d'ajouter que cette conclusion est ind&#233;pendante du type de technologies consid&#233;r&#233;es, et m&#234;me de l'&#233;ventualit&#233; d'une d&#233;rive positive de l'innovation. Entre les nombreux ajustements subtils que le premier rapport du Club de Rome a introduits dans ses pr&#233;visions, figurait l'&#233;ventualit&#233; d'un accroissement important de l'&#233;co-efficience, ainsi que la pr&#233;vision d'une d&#233;connexion significative entre croissance &#233;conomique et demande de mat&#233;riaux. Le facteur 4 avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; introduit dans les mod&#232;les de 1972 ! Et le r&#233;sultat &#233;tait toujours l'effondrement, d&#251; dans ce cas &#224; la p&#233;nurie alimentaire (bien que diff&#233;r&#233;e dans le temps et situ&#233;e &#224; un niveau d&#233;mographique et &#233;conomique tr&#232;s sup&#233;rieur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me principe : &lt;i&gt;de grandes technologies m&#232;nent &#224; de grandes chutes&lt;/i&gt;. Ainsi, prolonger dans le temps la croissance du volume de p&#233;trole extrait d'un gisement d&#233;termin&#233; au moyen d'efforts technologiques (comme la repressurisation &#8211; injection d'eau, etc. &#8211; ou la perforation horizontale multiple) a pour cons&#233;quence que la diminution de la production, lorsqu'elle se produit, est plus rapide et prononc&#233;e. Les r&#234;ves de la g&#233;o-ing&#233;nierie (contr&#244;ler le r&#233;chauffement de la Terre au moyen de miroirs r&#233;flecteurs g&#233;ants mis en orbite dans l'espace, par la diffusion massive d'a&#233;rosols artificiels ou par la prolif&#233;ration &#224; une grande &#233;chelle de dispositifs de captage de CO2) ont toutes les chances de se transformer en cauchemars si l'on essayait de les mettre en pratique. Selon les termes de Georgescu-Roegen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georgescu-Roegen, N. The Entropy Law and the Economic Process. Cambridge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : les sciences technologiques devraient apprendre que la loi d'entropie implique que des artefacts plus grands et meilleurs produisent une pollution plus grande et meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me principe : &lt;i&gt;les technologies &#224; &#233;chelle humaine sont &#224; &#233;chelle humaine dans tous leurs effets&lt;/i&gt;. Il est clair que fait tout au long de mill&#233;naires. Il est &#233;vident qu'une plus grande utilisation des sources renouvelables pourrait prolonger sensiblement la vie de la matrice technologique pr&#233;sente. Il n'est pas &#233;vident, par contre, qu'il puisse exister une civilisation industrielle soutenue exclusivement par des convertisseurs de radiations solaires. Et, en tout cas, il est totalement improbable qu'une telle civilisation puisse conna&#238;tre l'expansion rapide qui a caract&#233;ris&#233; l'&#232;re des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biocombustibles, m&#234;me dans les conditions o&#249; ils ont un rendement &#233;nerg&#233;tique positif et ne sont pas un simple d&#233;versoir, ne pourraient jamais maintenir le transfert horizontal de mat&#233;riaux et de personnes &#224; l'&#233;chelle actuelle. Toute tentative pour forcer les choses dans cette direction conduirait &#224; une catastrophe &#233;cologique et &#224; un injustifiable accroissement de l'in&#233;galit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;rer compl&#232;tement la production alimentaire de son actuelle d&#233;pendance au p&#233;trole et au gaz supposerait une r&#233;introduction massive d'animaux de labeur ; mais la r&#233;introduction n&#233;cessaire pour nourrir une population humaine de plus de 7 milliards d'habitants est impensable. Au contraire, comme l'a dit Georgescu-Roegen, le p&#233;trole qui reste, apr&#232;s le pic de sa production, serait mieux employ&#233; dans la production agricole que dans le transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; : peut-&#234;tre pourrait-on &#233;tablir une transition vers les &#233;nergies renouvelables. De plus, il est assez probable que cela se fasse, m&#234;me si c'est plus par force de n&#233;cessit&#233; que par pouvoir de conviction. Il est peu probable, cependant, qu'elle s'obtienne sans traumatisme et sans avoir pour r&#233;sultat un mode de vie notamment plus modeste et sobre que l'actuel, ainsi qu'une population nettement plus r&#233;duite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;McCluney, R. (2005) : &#171; Renewable energy limits &#187;. McKillop, A. et S. Newman (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me principe : &lt;i&gt;toute technologie op&#232;re dans un cadre institutionnel, moral et esth&#233;tique d&#233;termin&#233;&lt;/i&gt;. Une solution technique pourrait se d&#233;finir comme celle &#171; qui exige un changement seulement dans les techniques des sciences de la nature, et tr&#232;s peu ou pas du tout dans les valeurs humaines ou dans la morale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hardin, G. (1968) : &#171; The tragedy of the commons &#187;. Science, vol. 162, 13 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais il y a tr&#232;s peu de probl&#232;mes, dans ce contexte de crise &#233;cologique, qui admettent une telle solution. Comme l'a dit Bateson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bateson, G. (1987) : Steps to an Ecology of Mind. London, Jason Aronson. p. 468.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; une civilisation qui croit que la nature lui appartient pour la dominer et dispose, en plus, d'une technologie puissante a la m&#234;me probabilit&#233; de survivre qu'une boule de neige au milieu de l'enfer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants de la d&#233;croissance sont tout &#224; fait raisonnables quand ils soutiennent qu'une autre technologie suppose une autre conception de la vie et une autre fa&#231;on de la vivre. Toute tentative d'&#233;luder cette interd&#233;pendance est condamn&#233;e &#224; aggraver les choses dans un horizon qui, m&#234;me sans erreur syst&#233;mique, serait d&#233;j&#224; bien difficile et pr&#233;occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;sumerai, pour conclure, ma propre position. Les meilleures donn&#233;es disponibles sur la relation entre l'&#233;chelle physique de la soci&#233;t&#233; et la capacit&#233; de r&#233;cup&#233;ration (&#171; soutenabilit&#233; &#187;) de la plan&#232;te, sur la dissipation in&#233;vitable de ressources irrempla&#231;ables, sur l'&#233;tat des &#233;cosyst&#232;mes et sur la souplesse dans la r&#233;cup&#233;ration des erreurs, indiquent qu'on est d&#233;j&#224; entr&#233; dans une situation de d&#233;passement des limites. Sans changement substantiel dans la matrice technologique, dans l'organisation sociale et dans les syst&#232;mes de valeurs, cette situation ne peut qu'&#234;tre transitoire, c&#233;dant le pas, t&#244;t ou tard, &#224; une phase d'ajustement &#224; la baisse, c'est-&#224;-dire de d&#233;croissance. Plus on tarde &#224; commencer cet ajustement &#224; la baisse, plus les co&#251;ts de la d&#233;croissance seront &#233;lev&#233;s, en incluant la possibilit&#233; d'un effondrement de la civilisation. Les r&#233;ponses technologiques ne garantissent, en aucune mani&#232;re, que la dynamique en question puisse &#234;tre enray&#233;e et, de fait, elles pourraient dramatiquement aggraver ses effets, mais elles pourraient aussi les amortir en favorisant l'adaptation et la flexibilit&#233; gr&#226;ce &#224; des principes de pr&#233;caution, de conservation, et de contr&#244;le pour &#233;viter la d&#233;mesure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous utilisons le terme de soutenabilit&#233; plut&#244;t que celui de durabilit&#233; car il correspond &#224; l'usage g&#233;n&#233;ral pour la traduction du mot anglais &#171; sustainable &#187;. L'usage de l'adjectif durable est particulier &#224; la France (NdT). Garcia, E. (1997) : &#171; La sostenibilitat ecol&#242;gica : Diferents accepcions i implicacions per a les ci&#232;ncies socials &#187;. &lt;i&gt;Arxius de Sociologia&lt;/i&gt;, no 1, pp. 107-121. Garcia, E. (2004) : &lt;i&gt;Medio ambiente y sociedad : La civilizaci&#243;n industrial y los l&#237;mites del planeta&lt;/i&gt;. Madrid, Alianza Editorial.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Meadows, D.H. ; Meadows, D.L. ; Randers, J. et W.W. Behrens (1972) : &lt;i&gt;Los l&#237;mites del crecimiento : Informe al Club de Roma sobre el predicamento de la humanidad&lt;/i&gt;. M&#233;xico, Fondo de Cultura Econ&#243;mica. p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deffeyes, K.S. (2001) : &lt;i&gt;Hubbert's Peak : The Impending World Oil Shortage&lt;/i&gt;. Princeton (NJ), Princeton University Press.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Keeling, C.D. et T.P. Whorf (2004) : Atmospheric CO2 concentrations derived from flask air samples at sites in the SIO network. In &lt;i&gt;Trends : A Compendium of Data on Global Change&lt;/i&gt;. Oak Ridge (Tennessee), Carbon Dioxide Information Analysis Center, Oak Ridge National Laboratory, US Department of Energy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Meadows, D. ; Randers, J. et D. Meadows (2004) : &lt;i&gt;Limits to Growth : The 30-year Update&lt;/i&gt;. White River Junction (VT), Chelsea Green.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hails, C., Loh, J., Goldfinger, S. (Eds). 2006. &lt;i&gt;Living planet report 2006&lt;/i&gt;. World Wide Fund for Nature International (WWF), Zoological Society of London (ZSL), Global Footprint Network, Gland, Switzerland.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georgescu-Roegen, N. (1993) : &#171; Looking back &#187;. European Association for Bioeconomic Studies : &lt;i&gt;Entropy and Bioeconomics : First International Conference of the EABS. Proceedings&lt;/i&gt;. Milano, Nagard, pp. 11-21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vitousek, P.M., P.R. Ehrlich, A.H. Ehrlich et P.A. Matson. 1986. &#171; Human appropriation of the products of photosynthesis. &#187; &lt;i&gt;BioScience&lt;/i&gt;, 34, n&#176; 6, pp. 368 &#8211; 374.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vitousek, P.M. ; Mooney, H.A. ; Lubchenco, J. et J.M. Melillo (1997) : &#171; Human domination of Earth's ecosystems &#187;. &lt;i&gt;Science&lt;/i&gt;, vol. 277, no 5325, pp. 494-499. Imhoff, M.L. ; Bounoua, L. ; Ricketts, T. ; Loucks, C. ; Harriss, R. et W.T. Lawrence (2004) : &#171; Global patterns in human consumption of net primary production &#187;. &lt;i&gt;Nature&lt;/i&gt;, vol. 429, June, pp. 870-873.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Millennium Ecosystem Assessment (2005) : &lt;i&gt;Ecosystems and Human Well-being : Synthesis&lt;/i&gt;. Washington, Island Press.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hails, C. &lt;i&gt;et al&lt;/i&gt; (2006) : &lt;i&gt;Living Planet Report 2006&lt;/i&gt;. Gland (Suiza), WWF International/Zoological Society of London/Global Footprint Network.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kafka, P. (1993) : &#171; Conditions of creation : The invisible hand and the global acceleration crisis &#187;. European Association for Bioeconomic Studies : &lt;i&gt;Entropy and Bioeconomics : First International Conference of the EABS. Proceedings&lt;/i&gt;. Milano, Nagard, pp. 344-369.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Diamond, J. (2005) : &lt;i&gt;Collapse : How Societies Choose to Fail or Survive&lt;/i&gt;. London, Allen Lane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gras, A. &lt;i&gt;Fragilit&#233; de la puissance : se lib&#233;rer de l'emprise technologique&lt;/i&gt;, Paris, Fayard. 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Price, D. (1995) : &#171; Energy and human evolution &#187;, &lt;i&gt;Population and Environment&lt;/i&gt;, vol. 16, no 4, pp. 301-319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Duncan, R.C. (2006) : &#171; The Olduvai theory : Energy, population, and industrial civilization &#187;. &lt;i&gt;The Social Contract&lt;/i&gt;, vol. 16, no 2, winter 2005-6, &lt; &lt;a href=&#034;http://www.hubbertpeak.com/duncan/OlduvaiTheorySocialContract.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.hubbertpeak.com/duncan/OlduvaiTheorySocialContract.pdf&lt;/a&gt; &gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Morrison, R. (1999) : &lt;i&gt;The Spirit in the Gene : Humanity's Proud Illusion and the Laws of Nature&lt;/i&gt;. Ithaca (NY), Cornell University Press.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Odum, H.T. et E.C. Odum (2001) : &lt;i&gt;A Prosperous Way Down : Principles and Policies&lt;/i&gt;. Boulder, University Press of Colorado.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kunstler, J.H. (2005) : The Long Emergency : Surviving the Converging Catastrophes of the Twenty-first Century. New York, &lt;i&gt;Atlantic Monthly Press&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Heinberg, R. (2004) : &lt;i&gt;Powerdown : Options and Actions for a Post-Carbon World&lt;/i&gt;. Gabriola Island, New Society.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif, Revue &lt;i&gt;Silence&lt;/i&gt;, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Heinberg, R. (2006) : &lt;i&gt;The Oil Depletion Protocol : A Plan to Avert Oil Wars, Terrorism and Economic Collapse&lt;/i&gt;. Gabriola Island, New Society.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Korten, D. (2006) : &lt;i&gt;The Great Turning : From Empire to Earth Community&lt;/i&gt;. San Francisco, Berrett-Koehler, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Juan, S. (2006) : &lt;i&gt;Critique de la d&#233;raison &#233;volutionniste : Animalisation de l'homme et processus de &#171; civilisation &#187;&lt;/i&gt;. Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Meadows, D.H. ; Meadows, D.L. ; Randers, J. et W.W. Behrens (1972) : &lt;i&gt;Los l&#237;mites del crecimiento : Informe al Club de Roma sobre el predicamento de la humanidad&lt;/i&gt;. M&#233;xico, Fondo de Cultura Econ&#243;mica. p. 113.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georgescu-Roegen, N. (1982) : &#171; La d&#233;gradation entropique et la destin&#233;e prom&#233;th&#233;enne de la technologie humaine &#187;, &lt;i&gt;Economie Appliqu&#233;e&lt;/i&gt;, vol. XXXV, no 1-2, pp. 1-26. Georgescu-Roegen, N. (1984) : &#171; Feasible recipes versus viable technologies &#187;, &lt;i&gt;Atlantic Economic Journal&lt;/i&gt;, vol. XII, no 1, pp. 21-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Garcia, E. (2006) : &#171; Del pico del petr&#243;leo a las visiones de una sociedad postfosilista &#187;. &lt;i&gt;Mientras Tanto&lt;/i&gt;, no 98, pp. 25-49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Meadows, D.H. ; Meadows, D.L. ; Randers, J. et W.W. Behrens (1972) : &lt;i&gt;Los l&#237;mites del crecimiento : Informe al Club de Roma sobre el predicamento de la humanidad&lt;/i&gt;. M&#233;xico, Fondo de Cultura Econ&#243;mica. p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt; p. 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georgescu-Roegen, N. &lt;i&gt;The Entropy Law and the Economic Process&lt;/i&gt;. Cambridge, Harvard University Press.1971. p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;McCluney, R. (2005) : &#171; Renewable energy limits &#187;. McKillop, A. et S. Newman : &lt;i&gt;The final energy crisis&lt;/i&gt;. London,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hardin, G. (1968) : &#171; The tragedy of the commons &#187;. &lt;i&gt;Science&lt;/i&gt;, vol. 162, 13 d&#233;cembre, pp. 1243-1248.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bateson, G. (1987) : &lt;i&gt;Steps to an Ecology of Mind&lt;/i&gt;. London, Jason Aronson. p. 468.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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