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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>2. Le laboratoire des objecteurs de croissance - Le Monde - Entropia N&#176;7</title>
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		<dc:date>2010-02-17T16:42:28Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;Un spectre hante l'Occident : celui de l'effondrement. Du 11-Septembre &#224; l'actuelle implosion de la bulle sp&#233;culative, l'ombre port&#233;e des Twin Towers effondr&#233;es ne cesse d'impr&#233;gner nos mentalit&#233;s collectives. Du crash au krach, tout serait donc en voie d'effondrement : la banquise comme la social-d&#233;mocratie, la Banque Mondiale comme l'autorit&#233; parentale...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Auteur : Nicolas Truong
&lt;br /&gt;Date de publication : Le Monde du 14/02/2010&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;2. Fragments Entropia &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L114xH122/arton65-eac66.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='114' height='122' class='spip_logos' style='height:122px;width:114px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un spectre hante l'Occident : celui de l'effondrement. Du 11-Septembre &#224; l'actuelle implosion de la bulle sp&#233;culative, l'ombre port&#233;e des Twin Towers effondr&#233;es ne cesse d'impr&#233;gner nos mentalit&#233;s collectives. Du crash au krach, tout serait donc en voie d'effondrement : la banquise comme la social-d&#233;mocratie, la Banque Mondiale comme l'autorit&#233; parentale... Notre d&#233;but de si&#232;cle semble s'apparenter au portrait dress&#233; pas le bio-g&#233;ographe am&#233;ricain Jared Diamont qui, dans &lt;i&gt;Effondrement&lt;/i&gt; (Gallimard, 2006), compare notre situations &#224; celle des habitants de l'ile de P&#226;ques, disparus apr&#232;s avoir d&#233;truit leur environnement, &#224; force de vouloir &#233;riger leurs myst&#233;rieuses statues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant que les &quot;objecteurs de croissance&quot; se soient pench&#233;s sur la question. Car la religion du progr&#232;s a conduit les &#233;conomies mondiales droit dans le mur, constatent les partisans de la critique radicale du d&#233;veloppement -durable ou non- r&#233;unis autour du septi&#232;me num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;Entropia&lt;/i&gt;, publication semestrielle fond&#233;e en 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;put&#233; Vert Yves Cochet y explique que la crise des subprimes de l'&#233;t&#233; 2007, comme celle des &#171; &lt;i&gt;&#233;meutes de la faim&lt;/i&gt; &#187; du printemps 2008, sont des cons&#233;quences de la hausse des produits p&#233;troliers. Car, d'un cot&#233;, l'explosion du cours du baril a emp&#234;ch&#233; les m&#233;nages am&#233;ricains de rembourser leurs emprunts, et de l'autre, ruin&#233; les &#233;tats d&#233;pendant de cette mati&#232;re premi&#232;re &#224; cause du productivisme de leur industrie agroalimentaire. Il y a donc une corr&#233;lation entre crise &#233;conomique et d&#233;pression &#233;cologique, explique le juriste Simon Charbonneau. D'o&#249; l'urgence de la d&#233;croissance, poursuit l'universitaire Serge Latouche, qui ironise : &#171; &lt;i&gt;Si la croissance engendrait m&#233;caniquement le bien-&#234;tre, nous devrions vivre aujourd'hui dans un vrai paradis.&lt;/i&gt; &#187; Or, le pire est &#224; venir, pr&#233;vient-il, puisque les rapports internationaux annoncent de sombres sc&#233;narios : p&#233;nurie globale des ressources non renouvelables en 2030, pic de la pollution en 2040, crise alimentaire en 2070...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais comment d&#233;croitre ? En se d&#233;faisant des &#171; &lt;i&gt;sortil&#232;ges de l'argent&lt;/i&gt; &#187;, assure l'&#233;conomiste Bernard Guibert. De la &#171; &lt;i&gt;permaculture&lt;/i&gt; &#187; (production agricole &#233;conome en &#233;nergie) aux &#171; &lt;i&gt;villes lentes&lt;/i&gt; &#187; (agglom&#233;rations &#224; base consommation), des &#171; &lt;i&gt;initiatives de transition&lt;/i&gt; &#187; s'inventent. Ainsi le polytechnicien Christian Araud relate l&quot;exp&#233;rience de la petite ville anglaise de Totnes (Devon) qui, d&#232;s 2005, a amorc&#233; sa conversion vers une &#171; &lt;i&gt;&#233;conomie soutenable&lt;/i&gt; &#187;, notamment gr&#226;ce &#224; une Bourse d'&#233;change de surplus ou une monnaie du cru qui a revitalis&#233; le commerce local.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la d&#233;croissance lui appara&#238;t comme l'horizon ind&#233;passable de notre temps, &lt;i&gt;Entropia&lt;/i&gt; souhaite cependant &#171; &lt;i&gt;ne pas confondre la conviction avec la certitude&lt;/i&gt; &#187;, indique Jean-Claude Besson-Girard, directeur de la publication. Ainsi a-t-elle invit&#233; &#224; dialoguer l'&#233;conomiste Jean-Marie Harribey, qui maintient l'id&#233;e d'un d&#233;veloppement qualitatif afin de &#171; &lt;i&gt;d&#233;marchandiser nos soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. La revue est consciente du risque que ferait &#233;galement peser sur son projet une rh&#233;torique de l'exc&#232;s. Au point que Vincent Cheynet, r&#233;dacteur en chef du mensuel La D&#233;croissance, rappelle que &#171; &lt;i&gt;les discours sur la fin du monde peuvent &#234;tre p&#233;nibles et contre-productifs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, d&#233;croissance ou barbarie ? Lorsqu'elle n'&#233;rige pas la nature en valeur, la d&#233;croissance peut se pr&#233;senter comme un beau pari. Mais les objecteurs de croissance savent que le chemin de la &#171; d&#233;pl&#233;tion &#187; est encore long. Et qu'aux yeux de nombre de leurs contemporains, l'adage de Montaigne semble pour le moment encore plus sage : &#171; &lt;i&gt;Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Auteur : Nicolas Truong
&lt;br /&gt;Date de publication : Le Monde du 14/02/2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entropia N&#176;4</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article63</link>
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		<dc:date>2010-01-16T14:03:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Araud</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dans ce texte, Christian Araud, aborde un livre The limits to growth, publi&#233; en 1970 par le Club de Rome, dans lequel des &#233;conomistes ont projet&#233; l'&#233;tat du monde si la croissance d&#233;mographique et la production industrielle continuaient leur course. Leur conclusion : l'an 2100 risque d'amener l'humanit&#233; bien en de&#231;&#224; de 1900 ans. Trente ans plus tard les m&#234;mes chercheurs ont r&#233;actualis&#233; leur matrice : les r&#233;sultats pr&#233;vus en 1970 se sont confirm&#233;s bien au del&#224; des pr&#233;visions.
Ce que nous disent ces scientifiques c'est que l'humanit&#233; joue sa survie.
Pour conclure, l'auteur nous rem&#233;more le mythe Cassandre, celle qui pr&#233;disait l'avenir, que les troyens n'ont pas voulu entendre, et qui ont vu la catastrophe se produire. Il pr&#233;sente aussi le r&#233;cit de Jonas, issu de la bible, qui, command&#233; par Dieu a pr&#233;dit, a &#233;t&#233; entendu par les Assyriens qui ont chang&#233; leur comportement et ont vu la catastrophe &#233;vit&#233;e.
Alors dans cinquante ans, Cassandre ou Jonas ?
(introduction de APEAS voir &#224; la fin de l'article)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;2. Fragments Entropia &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH140/arton63-ccfb9.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='140' class='spip_logos' style='height:140px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entropia n&#176;4, la revue th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trente ans apr&#232;s : Cassandre et sa v&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le global du Club de Rome&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des chercheurs ont r&#233;alis&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 70 un mod&#232;le math&#233;matique, nomm&#233; world3, fond&#233; sur une analyse syst&#233;mique globale, simulant l'avenir du monde avec un horizon de plus d'un si&#232;cle apr&#232;s avoir reproduit de fa&#231;on globalement satisfaisante le pass&#233;2. Excusez du peu quant &#224; l'ambition ! Ils sont parvenu &#224; la conclusion d'un effondrement probable de &#171; l'humanit&#233; &#187;. Excusez du peu quant &#224; la vision proph&#233;tique ! Le r&#233;sultat fut un livre intitul&#233; The Limits to Growth et (mal) traduit en fran&#231;ais par Halte &#224; la croissance !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le global&lt;/strong&gt;
Les chercheurs, suivant en cela les recommandations m&#233;thodologiques de la dynamique de syst&#232;me, r&#233;duisent la repr&#233;sentation &#233;conomico-sociale du globe terrestre &#224; quelques variables fondamentales et &#224; quelques relations essentielles entre ces variables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mod&#232;le &#171; standard &#187;, correspondant &#224; la poursuite des comportements pass&#233;s et compte tenu des r&#233;serves de ressources naturelles non-renouvelables (essentiellement le p&#233;trole) connues en 1970, montre une &#233;volution catastrophique sur le long terme des principales variables repr&#233;sentatives de l'&#233;tat du monde. Les limites de la croissance sur cette plan&#232;te sont atteintes quelque part dans les 100 prochaines ann&#233;es (analyse de 1970).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jonas rejet&#233; par la baleine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La perp&#233;tuation de la &#171; croissance &#187; conduit &#224; un effondrement des principales variables caract&#233;ristiques du niveau de vie au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, avec retour en 2100 &#224; des valeurs bien plus basses que celles en vigueur en 1900. En bons chercheurs, ils remettent en cause les hypoth&#232;ses de leur mod&#232;le. Peut-&#234;tre ont-ils &#233;t&#233; pessimistes ? ils all&#233;gent les contraintes internes du mod&#232;le. En particulier, ils prennent au pied de la lettre les th&#233;ories enthousiastes des &#171; techno&#239;des &#187; pour qui la Science et la Technologie (S&amp;T) apporteront la solution, comme elles l'ont toujours fait depuis le d&#233;but de l'&#232;re industrielle. D&#233;ception ! l'effondrement est seulement diff&#233;r&#233;5. Poursuivant dans l'optimisme, les chercheurs testent d'autres hypoth&#232;ses favorables sur la productivit&#233; agricole et le contr&#244;le drastique des naissances : insuffisant ! Toutes ces mesures cumul&#233;es ne diff&#232;rent la chute ultime que de quelques d&#233;cennies !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant que le mod&#232;le global comporte certaines boucles positives, notamment la recherche de la croissance annuelle de la production industrielle, l'effondrement est in&#233;vitable avant 2100 quel que soit l'optimisme pr&#233;valant sur les autres hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule issue pour &#233;viter cet effondrement est de limiter volontairement la population comme la production industrielle &#224; un niveau compatible avec les possibilit&#233;s de la plan&#232;te. Ainsi, le rapport est une remise en cause de la &#171; croissance &#233;conomique &#187; qui justifie le titre de la traduction fran&#231;aise : Halte &#224; la croissance !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les auteurs s'aventurent sur un terrain plus politique que technique en ajoutant que plus t&#244;t la population de la plan&#232;te Terre abandonnera le premier chemin (la croissance mat&#233;rielle) pour se lancer sur le terrain de &#171; l'&#233;quilibre &#187;, plus de chance il y aura d'obtenir un r&#233;sultat satisfaisant pour tous6. Ceci justifie le titre anglais de l'ouvrage : The Limits to Growth.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Critiques et controverses&lt;/strong&gt;
&#192; sa parution, ce rapport a eu un &#233;norme succ&#232;s de librairie : traduction en une trentaine de langues, vente mondiale d'une dizaine de millions d'exemplaires. Cet &#233;cho, inhabituel pour un livre somme toute tr&#232;s technique, s'explique sans doute en partie du fait d'une quasi-co&#239;ncidence avec le premier choc p&#233;trolier qui en illustrait avec &#233;clat un aspect de la th&#232;se des limites de la croissance par les limites devenue &#233;videntes sur l'approvisionnement en p&#233;trole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les critiques ne manqu&#232;rent pas pour d&#233;noncer le &#171; pessimisme &#187; du message et les erreurs &#171; grossi&#232;res &#187; qui se seraient gliss&#233;es dans le mod&#232;le. Des porte-parole de pays pauvres trouv&#232;rent injuste que les riches d&#233;clarent que la croissance avait des limites alors que eux, les pauvres, commen&#231;aient &#224; en b&#233;n&#233;ficier. Cela n'emp&#234;che en rien que la croyance persiste : les limites physiques ont &#233;t&#233; repouss&#233;es avec tant de succ&#232;s de si nombreuses fois que la croyance &#224; la victoire certaine de la S&amp;T sur quelque probl&#232;me que ce soit est ultra-majoritaire dans l'opinion publique et h&#233;g&#233;monique dans les classes dirigeantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autre point de controverse : la notion &#171; d'&#233;quilibre &#187; avanc&#233;e en fin de rapport. Elle n'a gu&#232;re &#233;t&#233; comprise : il s'agit en effet d'un &#233;quilibre dynamique que peuvent (doivent ?) choisir les populations. Cela n'est pas dit explicitement dans le rapport, mais cela peut &#234;tre sous-entendu. Cet &#233;quilibre peut &#234;tre atteint en privil&#233;giant une caste d'oligarques qui consommeraient un maximum, l'ajustement &#233;tant fait sur les pauvres, limit&#233;s en consommation et en nombre. A contrario, ce peut &#234;tre une soci&#233;t&#233; plus harmonieuse et frugale, o&#249; tout le monde aurait un minimum acceptable et aucun un niveau de vie insolent. Bien entendu, et cela est dit explicitement, les chercheurs penchent de tout leur c&#339;ur pour cette derni&#232;re solution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Retour du politique pour choisir son futur ou imposition par la force d'un futur particulier ? le rapport ne le dit pas et ne peut pas le dire ! En tout cas, un des grands m&#233;rites de ce type de mod&#233;lisation est de montrer &#224; ceux qui ne s'en doutaient pas &#171; qu'une montagne ne peut grimper jusqu'au ciel &#187;, v&#233;rit&#233; que connaissaient de fa&#231;on tr&#232;s litt&#233;raire, mais tr&#232;s profond&#233;ment, les moines bouddhistes depuis plus de deux milliers d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le temps de l'oubli&lt;/strong&gt;
Le rapport est peu &#224; peu tomb&#233; dans l'oubli apr&#232;s avoir soulev&#233; des temp&#234;tes, d'approbation comme de d&#233;sapprobation. Les techno&#239;des ont &#233;videmment condamn&#233; le &#171; retour &#224; l'&#226;ge des cavernes &#187; ou, moins s&#233;v&#232;rement, le &#171; retour &#224; la lampe &#224; huile &#187;. Ils n'ont pas voulu conna&#238;tre la doctrine du groupe Meadows : &#171; pas d'opposition aveugle au progr&#232;s (technologique), mais opposition au progr&#232;s aveugle ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon nombre d'observateurs ont notamment enterr&#233; le rapport au motif que depuis 1970 aucune catastrophe apocalyptique n'est arriv&#233;e, et donc que l'on s'est affol&#233; pour rien. C'est d'abord oublier1 que le mod&#232;le est vraiment &#224; long terme en 1970 et ne note une inversion de tendance que vers 2015 et que la situation vraiment catastrophique (doom and collapse en anglais) ne deviendrait &#233;vidente aux yeux de tous que vers les ann&#233;es 2030 ou 2040. Plus g&#233;n&#233;ralement, dire que les chercheurs se sont tromp&#233;s parce que &#171; pour le moment tout va bien &#187; n'est pas une preuve2. En outre, le mod&#232;le a beau &#234;tre rudimentaire, il reste consid&#233;rablement plus sophistiqu&#233; que ceux qui sont utilis&#233;s pour les pr&#233;visions diverses qui servent de base aux politiques publiques. Ces derni&#232;res sont assises sur des prolongations tendancielles sans aucune boucle de r&#233;troaction explicite. C'est notamment le cas pour les pr&#233;visions concernant l'&#233;nergie, dont personne ne suppose que leur usage sans cesse croissant puisse avoir des cons&#233;quences limitantes sur la consommation future. Au mieux, une projection &#224; long terme prendra un taux de croissance &#233;lev&#233; pendant quelques ann&#233;es, puis un taux l&#233;g&#232;rement plus faible pendant quelques ann&#233;es suivantes, et enfin, comble de l'audace, un taux de croissance tr&#232;s faible jusqu'&#224; la fin de la p&#233;riode consid&#233;r&#233;e.
Au-del&#224; des limites&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1992, la m&#234;me &#233;quipe de chercheurs du MIT publie une version r&#233;vis&#233;e du premier livre3.
La version &#171; standard &#187; du mod&#232;le ne fait que confirmer sur la p&#233;riode 1970-1990 ce qui avait &#233;t&#233; vu, pr&#233;vu, pr&#233;dit, estim&#233;, projet&#233;, escompt&#233; au moment de sa premi&#232;re utilisation. L'int&#233;r&#234;t du mod&#232;le World3 est aussi de montrer que la croissance exponentielle est d&#233;j&#224; entr&#233;e dans sa phase critique au moment o&#249; on commence &#224; en prendre conscience, et donc que les probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre sont devenus quasi-insurmontables.....&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour la suite commander le N&#176;4 sur ce site...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>3. France culture re&#231;oit Entropia N&#176;7</title>
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		<description>Mardi 6 Janvier 2010 Jean Gadrey &#233;tait invit&#233; sur France Culture, dans l'&#233;mission de Julie Clarini et Brice Couturier , Il est l'auteur d'un article publi&#233; dans ENTROPIA N&#176;7 &#171; Du grain &#224; moudre &#187; Invit&#233;s : Jean Gadrey. Professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; de Lille, Jean Paul Fitoussi. Directeur de l'OFCE, Philippe Jurgensen. Pr&#233;sident de l'ACAM Pr&#233;sentation : 25% de ch&#244;meurs en plus en un an. La crise &#233;conomique a eu des effets dramatiques sur l'emploi en France. Alors, au plus haut sommet de l'Etat, on (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 6 Janvier 2010 Jean Gadrey &#233;tait invit&#233; sur France Culture, dans l'&#233;mission de Julie Clarini et Brice Couturier ,
Il est l'auteur d'un article publi&#233; dans ENTROPIA N&#176;7&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=80277' class='spip_out'&gt;&#171; Du grain &#224; moudre &#187;&lt;/a&gt; Invit&#233;s : &lt;strong&gt;Jean Gadrey. Professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; de Lille, Jean Paul Fitoussi. Directeur de l'OFCE, Philippe Jurgensen. Pr&#233;sident de l'ACAM
&lt;/strong&gt; Pr&#233;sentation : 25% de ch&#244;meurs en plus en un an. La crise &#233;conomique a eu des effets dramatiques sur l'emploi en France. Alors, au plus haut sommet de l'Etat, on attend, on agit, on conjure le destin : car pour am&#233;liorer m&#233;caniquement la situation de l'emploi, une seule solution : le retour de la croissance. Mais rien ne point &#224; l'horizon ; le FMI, dans sa cl&#233;mence, pr&#233;voit un l&#233;ger mieux en France en 2010, tout en plafonnant la hausse &#224; 0,5 %. Mauvaise nouvelle pour les ch&#244;meurs. A moins que ce raisonnement de manuel de terminale ne soit &#233;cul&#233;. A long terme, c'est la conviction de l'&#233;conomiste Jean Gadrey que nous avons invit&#233; ce soir, l'enjeu pourrait devenir celui de la cr&#233;ation d'emplois sans croissance. Apr&#232;s Copenhague, nous nous retrouvons en effet dans l'inconfortable situation de devoir arbitrer entre deux priorit&#233;s, deux urgences, la sociale et la climatique, dont tout laisse penser que leur r&#233;solution sera contradictoire. A moins que l'on prenne au s&#233;rieux les promoteurs de la &#171; croissance verte &#187;, pour qui la conversion &#224; un mod&#232;le durable va n&#233;cessairement stimuler les secteurs technologiques de pointe et engendrer de l'emploi salari&#233;. Mais qui peut dire aujourd'hui si le bilan global pour l'emploi sera positif ? Car la conversion va aussi condamner de nombreuses activit&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Bref la &#171; croissance verte &#187; peut-elle quelque chose pour l'emploi tout en respectant la plan&#232;te ? Ou est-il plus sage de laisser de c&#244;t&#233; cet imp&#233;ratif pour chercher non pas &#224; produire davantage mais &#224; produire mieux, en substituant au partage des gains de productivit&#233;, celui des gains de qualit&#233; et de durabilit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ecoutez l'&#233;mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>5. Colloque Entropia N&#176;6</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article39</link>
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		<dc:date>2009-04-15T08:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'occasion de la 6&#176; sortie de la revue Entropia , un num&#233;ro consacr&#233; &#224; l'&#233;thique, &#233;taient r&#233;unis le samedi 4 avril 2009 une vingtaine d'intervenants autour de 3 tables rondes.&lt;/i&gt;
&#8211; &lt;strong&gt;&#171; Crise &#233;thique, &#233;thique de crise &#187;&lt;/strong&gt;, anim&#233;e par Serge Latouche.
&#8211; &lt;strong&gt; &#171; De quelle crise parlons-nous ?&lt;/strong&gt; &#187;, anim&#233;e par Jean-Claude Besson-Girard.
&#8211; &lt;strong&gt;&#171; Crise et transitions politiques &#187;&lt;/strong&gt;, anim&#233;e par Jan Spurk.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;2. Fragments Entropia &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton39-c8a69.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='113' class='spip_logos' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='http://www.passerellesud.org/IMG/html/Entropia-6.html' class='spip_out'&gt;&lt;strong&gt; Colloque Entropia N&#176;6&lt;/strong&gt; du 4 avril 2009 en audio&lt;/a&gt;
Merci au travail de captation de nos amis de &lt;a href='http://www.passerellesud.org/' class='spip_out'&gt;Passerellesud&lt;/a&gt; et &#224; &lt;strong&gt;Michel Lepesant&lt;/strong&gt; pour le r&#233;sum&#233; &#233;crit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ethique et d&#233;croissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Impossible &#233;videmment de rendre compte de la totalit&#233; des interventions. Juste possible d'en extraire mati&#232;re &#224; penser, &#224; discuter et &#224; critiquer selon trois questionnements arbitrairement choisis, mais tous en vue de mieux comprendre cette notion de &#171; d&#233;croissance &#187;, notion qui justifiait la pr&#233;sence de la plupart des intervenants venus &#224; la rencontre d'une salle plut&#244;t avertie, voire, pour certains pr&#233;sents, engag&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1) d&#233;croissance et &#233;thique : le care et l'exemplarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2) d&#233;croissance et crise : la d&#233;sorientation et le &#171; moment opportun &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(3) d&#233;croissance et politique : l'in&#233;luctable et la sant&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Retenons que si, pour Serge Latouche, &#171; la dimension &#233;thique de la d&#233;croissance est une &#233;vidence &#187;, il a plus souvent &#233;t&#233; question de critiquer l'imposture d'une moralisation du capitalisme que de montrer, en toute clart&#233;, comment cette &#171; &#233;vidence &#187; peut se construire et s'affirmer.
&lt;/i&gt; (a) Seule v&#233;ritablement, Genevi&#232;ve Decrop me semble avoir tent&#233; de donner un &lt;i&gt;&#171; contenu &#187;&lt;/i&gt; &#224; cette &lt;i&gt;&#171; &#233;vidence &#233;thique de la d&#233;croissance &#187;&lt;/i&gt;, &#224; l'issue d'une ambitieuse tentative pour dresser une rapide histoire de l'individualisme : au tournant de la seconde guerre mondiale, au sein de nos &lt;i&gt;&#171; soci&#233;t&#233; d'individus &#187;&lt;/i&gt;, une &lt;i&gt;&#171; premi&#232;re modernit&#233;&lt;/i&gt; &#187; caract&#233;ris&#233;e par le couple &#171; Raison/Projet &#187; aurait laiss&#233; place &#224; une &#171; deuxi&#232;me modernit&#233; &#187; caract&#233;ris&#233;e par le couple&lt;i&gt; &#171; D&#233;sir/Dette &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, cette deuxi&#232;me modernit&#233; &#8211; par le D&#233;sir &#8211; poursuit l'&#233;mancipation g&#233;n&#233;rale de la premi&#232;re modernit&#233; (la &lt;i&gt;&#171; sortie des statuts &#187;&lt;/i&gt; et la disparition du lien social sous la seule forme de la hi&#233;rarchie) et permet l'approfondissement des mouvements d'&#233;mancipation &lt;i&gt;(d&#233;colonisation, f&#233;minisme)&lt;/i&gt;. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, &lt;i&gt;&#171; sur le D&#233;sir, on ne construit pas de lien social &#187;&lt;/i&gt;. Or les solutions propos&#233;es par l'individualisme contemporain (l&lt;i&gt;e &#171; march&#233; &#187;&lt;/i&gt; et la &#171; &lt;i&gt; machinerie socio-technologique &#187;,&lt;/i&gt; par laquelle est compl&#232;tement prise en charge la vie quotidienne) aboutissent paradoxalement &#224; une &lt;i&gt;&#171; d&#233;possession radicale de l'individualit&#233; de l'individu&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une voie de sortie &#233;thique, que sugg&#232;re Genevi&#232;ve Decrop, passe par la philosophie du &quot;care&quot; (pour une pr&#233;sentation rapide, voir les articles qui y sont consacr&#233;s dans la Revue du MAUSS, n&#176;32). &lt;strong&gt;Le &quot;care&quot; est cette &#171; activit&#233; g&#233;n&#233;rique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perp&#233;tuer et r&#233;parer notre &quot;monde&quot;, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible &#187;.&lt;/strong&gt;
Quatre pistes pour sugg&#233;rer toute la f&#233;condit&#233; de cette &lt;i&gt;&#171; pratique du care &#187;&lt;/i&gt; en vue de clarifier ce que serait une&lt;strong&gt; &#171; &#233;thique de la d&#233;croissance &#187; :
&lt;/strong&gt;
&#8211; &lt;strong&gt; Pas de d&#233;croissance sans retrouvailles avec un sens de la mesure qui se m&#233;fiera de la ridicule &#171; rupture pour la rupture &#187;, &#171; plus radicalement d&#233;croissant que moi&#8230; &#187; : or, prendre soin, d'autres humains mais aussi des objets, du &#171; monde &#187;, c'est admettre qu'un certain &#171; conservatisme &#187; participe du v&#233;ritable lien social ; r&#233;volutionnaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8211; Le danger avec la morale, c'est la morale moralisatrice (ou paternaliste, du top vers le down). Mais tout aussi sym&#233;triquement (du down vers le top), ce serait d'oublier de se m&#233;fier du p&#233;ril du relativisme absolu (oxymore !) qui verrait dans chaque atome individualiste l'alpha et l'om&#233;ga de l'&#233;thique (c'est dans ce cas que bien souvent naissent de subtiles distinctions entre &#233;thique et morale). Or la quatri&#232;me phase du care (caring about, taking care of, care-giving et care-receiving) peut &#233;viter ce double p&#233;ril en faisant de la &lt;i&gt;&#171; r&#233;ceptivit&#233; &#187; l&lt;/i&gt;e crit&#232;re pour juger de l'ad&#233;quation de notre sollicitude au besoin d'autrui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8211; De quelle humanit&#233; s'agit-il quand certains d&#233;croissants &#233;crivent qu'il faudrait &lt;i&gt;&#171; oser l'humain &#187;&lt;/i&gt; ? Sans tomber dans la romance de la relation &#171; m&#232;re-enfant &#187; (et sans prendre toutes les pr&#233;cautions qu'il faudrait pour &#233;viter les pr&#233;suppos&#233;s de &lt;i&gt;&#171; genre &#187;&lt;/i&gt;), ayons l'audace de proposer que cette &lt;i&gt;&#171; humanit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, c'est la &lt;i&gt;&#171; f&#233;minit&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8211; La quatri&#232;me piste passerait par la confrontation de cette th&#233;orie du &quot;care&quot; avec les th&#233;ories de la justice. Non pas pour tenter de ramener, voire r&#233;duire, l'une &#224; l'autre, mais, tout au contraire, pour en reconna&#238;tre leurs irr&#233;ductibles questionnements. De la m&#234;me mani&#232;re que Axel Honneth signale que m&#234;me une soci&#233;t&#233; juste et bien ordonn&#233;e &#233;quitablement peut &#233;chouer dans un sens plus global, &#224; savoir dans sa capacit&#233; &#224; assurer &#224; ses membres les conditions d'une vie r&#233;ussie (une soci&#233;t&#233; pourtant juste peut quand m&#234;me &#234;tre une &lt;i&gt;&#171; soci&#233;t&#233; du m&#233;pris &#187;&lt;/i&gt;), et bien, une soci&#233;t&#233; peut &#234;tre juste sans &#234;tre ni attentive, ni responsable, ni r&#233;ceptive. Du coup, les th&#233;ories du care et de la reconnaissance peuvent partager une m&#234;me vis&#233;e de la &lt;i&gt;&#171; soci&#233;t&#233; d&#233;cente &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(b) &lt;strong&gt;La question de l'exemplarit&#233; quand elle a &#233;t&#233; abord&#233;e par Miguel Benasayag pour en d&#233;noncer le&lt;i&gt; &#171; d&#233;sastre &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; est rest&#233;e dans une certaine confusion. Certes, on ne peut avoir tort de rappeler que le narcissisme motive trop souvent celui qui se donne en exemple. Mais &lt;i&gt;&#171; se donner en exemple &#187;&lt;/i&gt;, ce n'est pas la m&#234;me chose que &lt;i&gt;&#171; prendre exemple sur &#187;.&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;La pratique de la d&#233;croissance (cet &#171; agir &#187; qui ne doit pas &#234;tre un &#171; r&#233;agir &#187;) n'a que faire de l'exemple d&#233;fini comme &#171; mod&#232;le &#187;. La d&#233;croissance ne doit pas une asc&#232;se, et elle n'a nul besoin de &#171; saint &#187; ou de &#171; proph&#232;te &#187;&lt;/strong&gt;
Pour autant, comment nier que la pratique passe par une interd&#233;pendance (cf. le paradigme du care) dans laquelle l'imitation, l'attention &#224; l'autre, l'exemple d&#233;fini comme &lt;i&gt;&#171; cas particulier &#187;&lt;/i&gt; doivent jouer tout leur r&#244;le. Il en va du sens que &lt;i&gt;&#171; d'autres mondes sont possibles &#187;&lt;/i&gt;. Car si un cas particulier ne peut logiquement prouver aucune universalit&#233;, il prouve parfaitement une &lt;i&gt;&#171; possibilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. A moins d'en revenir &#224; une morale de la n&#233;cessit&#233; et de l'universalit&#233;, une &#233;thique de la d&#233;croissance doit faire toute sa place &#224; la particularit&#233; de l'exemple : une &#233;thique des possibles. C'est cette &lt;i&gt;&#171; &#233;thique des possibles &#187;&lt;/i&gt; qui pourra faire droit &#224; une &lt;i&gt;&#171; politique des alternatives concr&#232;tes &#187;&lt;/i&gt; : en renvoyant dos &#224; dos la jouissance du discours (de la puissance) du mod&#232;le comme la jouissance du discours (de l'impuissance) de l'absence d'exemplarit&#233;. Effectivement : &lt;i&gt;&#171; nous ne sommes pas &#224; la hauteur &#187;&lt;/i&gt; ; parce que nul sommet illusoire ne nous permet plus de croire pouvoir prendre de la hauteur. Cessons de faire de l'homme la d&#233;mesure de toute chose&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(c) &lt;strong&gt;Mais fondamentalement, d'o&#249; peut provenir l'&#233;vidente dimension &#233;thique de la d&#233;croissance ?&lt;/strong&gt; Comment retrouver la question du Bien comme finalit&#233; sans retomber dans les Id&#233;ologies du Bien (J.-C. Mich&#233;a) ? Comment fonder la distinction entre bon usage et m&#233;susage (P. Ari&#232;s) ? Comment retrouver le sens de revendications non-mat&#233;rialistes (A. Honneth) et donc morales (au sens le plus large) sans risquer de retrouver les p&#233;rils des morales transcendantes ? Comment savoir que &lt;i&gt;&#171; cela ne se fait pas &#187;&lt;/i&gt; (la common decency chez G. Orwell) ? Comment d&#233;partager entre un appel r&#233;actionnaire au sacr&#233; et une juste reconnaissance que&lt;i&gt; &#171; tout n'a pas la m&#234;me valeur &#187;&lt;/i&gt;, que tout n'est pas&lt;i&gt; &#171; &#233;qui-valent &#187;&lt;/i&gt; ? Comment distinguer entre une&lt;i&gt; &#171; dignit&#233; &#187;&lt;/i&gt; despotique (celle qui fait appel &#224; une &lt;i&gt;&quot;instance&quot;&lt;/i&gt; qui d&#233;cide &#224; la place du particulier) et une dignit&#233; qui soit une &lt;i&gt;&#171; haute n&#233;cessit&#233; &#187;&lt;/i&gt; (notre propre vie n'est pas une valeur qui nous d&#233;passe, qui nous transcende, et c'est &#224; nous, &#224; nous seuls, de d&#233;cider si elle vaut la peine d'&#234;tre v&#233;cue, &lt;strong&gt;et comment.&lt;/strong&gt;) ? &lt;strong&gt;Enfin, comment la proximit&#233; et la sentimentalit&#233; du care qui en font sa force sont-elle compatibles avec la dimension d&#233;ontologique (les obligations, les permissions et les interdictions) de toute morale qui accepte de se confronter avec les difficult&#233;s de l'int&#233;r&#234;t, des cons&#233;quences et des proc&#233;dures ?&lt;/strong&gt; Beaucoup de questions&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2) Les intervenants de la deuxi&#232;me table ronde devaient se demander &lt;strong&gt;&#171; de quelle crise parlons-nous ? &#187;&lt;/strong&gt;. Jean-Claude Besson-Girard a eu raison de l'introduire sous le signe de &lt;i&gt;&#171; l'harmonie conflictuelle &#187;.&lt;/i&gt; Car, en effet, on y retrouvait aussi bien Michael Singleton que Dominique M&#233;da, Miguel Benasayag que Fabrice Flipo. D'un c&#244;t&#233;, on peut y voir la preuve d'une ouverture d'esprit, d'une absence de doxa de la d&#233;croissance et de ce point de vue la libert&#233; accord&#233;e par J-C B-G aux orateurs de choisir le moment de leur intervention &#233;tait b&#233;n&#233;fique. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, quand il s'agit d'en faire, sinon une &lt;i&gt;&#171; synth&#232;se &#187;,&lt;/i&gt; au moins une &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sentation &#187;&lt;/i&gt;, le r&#233;sultat semble plut&#244;t rhapsodique. Crise du &#171; &lt;i&gt; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187;&lt;/i&gt; ou crise du &lt;i&gt;&#171; d&#233;veloppement &#187;&lt;/i&gt; comme &lt;i&gt;&#171; mod&#232;le &#187;&lt;/i&gt; ? Crise de &lt;i&gt;&#171; toutes les grandes &#233;conomies humaines &#187;&lt;/i&gt; (&#233;conomies politique, symbolique, s&#233;miotique, psychique et m&#234;me &#233;conomie du vivant &#187;&lt;i&gt; ou crise de ce que c'est que &#171; &#233;conomie &#187;&lt;/i&gt; ? Crise m&#234;me de la notion de &#171; &lt;i&gt; crise &#187;&lt;/i&gt; (lors de la troisi&#232;me table ronde) : (Herv&#233; Kempf)&lt;i&gt; &#171; je ne crois pas que nous soyons en crise&#8230; mais dans une Grande Transformation &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; ce n'est pas une crise mais une catastrophe &#187;&lt;/i&gt; (Yves Cochet)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(a) Tout participant d'un &#171; s&#233;minaire &#187;, &#171; colloque &#187; ou &#171; rencontre &#187; autour de l'altermondialisme, de l'&#233;cologie radicale, des alternatives ou de la d&#233;croissance a d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233; ce&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &#171; sentiment du labyrinthe &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Rappelons que m&#234;me D&#233;dale, son concepteur, ne retrouve pas la sortie quand il y est, &#224; son tour, enferm&#233;. Comment s'en sortir ? Le peut-on ?
&lt;/strong&gt;
Certes, Miguel Benasayag a raison de ne pas se cacher qu'il existe un &lt;i&gt;&#171; non-savoir profond &#187;&lt;/i&gt; car de cette crise, nous n'en connaissons pas vraiment ni l'horizon ni les ressors. Pour autant, faut-il en d&#233;duire une &lt;i&gt;&#171; impuissance de la discussion &#187;&lt;/i&gt; (f&#251;t-ce pour laisser place au simple accord sur &lt;i&gt;&#171; comment agir &#187;&lt;/i&gt;) ? Sans retomber dans les illusions d'une Grande Th&#233;orie panoptique, toutes ces interventions que nous &#233;coutons ou que nous lisons dans des revues plus passionnantes les unes que les autres ne gagneraient-elles pas &#224; accepter de toujours commencer par se situer dans une &lt;i&gt;&#171; g&#233;ographie ouverte des positions &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En attendant la troisi&#232;me table ronde, j'&#233;coutais un petit groupe d'auditeurs de la pr&#233;c&#233;dente table ronde exprimer leur &#171; radical d&#233;saccord &#187; quant aux interventions respectives de Dominique M&#233;da, sur sa suggestion de proposer et construire d'autres &#171; indicateurs &#187; que celui du P.I.B., et celle de Michael Singleton, pour son &#233;vocation des soci&#233;t&#233;s qui n'ont jamais cru/cr&#251;. Comment &#233;viter de vouer aux g&#233;monies ou de porter aux nues ? La caricature, ce serait de se contenter d'opposer le r&#233;formisme collabo (&#171; indic &#187; a m&#234;me &#233;t&#233; prononc&#233; !) de l'une &#224; la puret&#233; radicale de l'autre. Premi&#232;rement, il est &#233;vident qu'aucun des deux n'a la pr&#233;tention d'avoir trouv&#233; le s&#233;same de sortie de crise : soit en adoptant les modes de vie des Wakonongo, soit en mesurant autrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, c'est bien en commun qu'ils partagent la volont&#233; de &lt;i&gt;&#171; d&#233;coloniser &#187;&lt;/i&gt; nos habitudes de (non-)pens&#233;e (inique) ; dans les deux cas, par la comparaison &#224; un &#171; autre &#187;. Mais comment &#233;viter alors que ce ne soient que simples &#233;vocations ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce Michael Singleton qui avait dessin&#233; sur le tableau qui se trouvait au fond de l'amphi quelques triangles et carr&#233;s (ceux qui figurent sa m&#233;thode de &lt;i&gt;&#171; l'ampliation analogique &#187;&lt;/i&gt;). En quelque sorte, un chemin, une &lt;i&gt;&#171; m&#233;t-hode &#187;&lt;/i&gt; pour circuler et s'orienter dans une &lt;i&gt;&#171; g&#233;ographie ouverte des positions &#187;.&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Sugg&#233;rons quelles pourraient &#234;tre les dimensions de cette g&#233;ographie : les trois &#233;tages de l'action (individuel, associatif ou communautaire ou collectif, politique) ; des dur&#233;es plus superpos&#233;es que juxtapos&#233;es (celle de l'imm&#233;diat et du maintenant ; celle du &#171; demain &#187; &#8211; court, moyen et long termes : celle de l'utopie &#8211; qui commence aujourd'hui). On voit ainsi comment l'intervention&lt;/strong&gt; de Dominique M&#233;da trouverait toute sa place pour la compr&#233;hension d'une action politique, imm&#233;diate et globale alors que celle de Michael Singleton se situerait davantage en vue d'une action individuelle ou collective, utopique et locale&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(b) La crise est-elle un &lt;i&gt;&#171; moment opportun &#187;&lt;/i&gt; (un kairos) ? &lt;strong&gt;La crise de la croissance est-elle la bonne occasion pour avancer les analyses et les propositions de la d&#233;croissance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l&#224; une claire d&#233;ception de ne pas avoir entendu un seul intervenant (tout au contraire m&#234;me !) se d&#233;tacher de cette temporalit&#233; de l'urgence. Certes, toute crise est occasion de critique. Mais qu'en serait-il si notre capitalisme contemporain n'&#233;tait pas en crise ? Serait-il moins critiquable ? Ce n'est pas du capitalisme en crise dont il faut sortir, c'est du capitalisme tout court. M&#234;me raisonnement pour le productivisme&#8230;
&lt;/strong&gt;
Quand bien m&#234;me nulle crise ne frapperait le capitalisme, l'objection de conscience &#224; la croissance n'en perdait aucune pertinence. &lt;strong&gt;Certes la croissance est un probl&#232;me ; mais la d&#233;croissance n'en est certainement pas la solution. La d&#233;croissance n'est pas l&#224; pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de la croissance ; c'est en ce sens que la d&#233;croissance est plut&#244;t a-croissance. Hors de toute mentalit&#233; de la croissance ; pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; les questions politiques ne peuvent plus ne pas &#234;tre aussi des questions &#233;thiques.
&lt;/strong&gt;
(3) Seule une lecture strictement mat&#233;rialiste de l'action politique pourrait ainsi &#233;vacuer toute dimension morale. &lt;strong&gt;Et une telle &lt;i&gt;&#171; &#233;vacuation &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;suppose toujours que le d&#233;passement du capitalisme est in&#233;luctable, n&#233;cessaire voire logique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(a) Jean-Marie Harribey n'a pas &#233;t&#233; le seul des intervenants &#224; poser ce diagnostic de l'in&#233;luctabilit&#233;. Reconnaissons qu'il ne l'a port&#233; que sur la cause &#8211; le capitalisme : Marx, d&#233;j&#224;, signalait que le capitalisme &#233;puise la force de travail et la nature. Et pour Andr&#233; Gorz, le capitalisme en serait &#224; son &lt;i&gt;&#171; stade terminal &#187;&lt;/i&gt;. Pour Dany-Robert Dufour, toutes les &#171; &#233;conomies &#187; seraient malades, &#224; commencer par&lt;i&gt; &#171; celle qui les englobent toutes, l'&#233;conomie du vivant &#187;&lt;/i&gt; &#224; cause de la &lt;i&gt;&#171; finitude de la terre &#187;&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;&#171; limites de la biosph&#232;re &#187;&lt;/i&gt; (Herv&#233; Kempf)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres intervenants n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; franchir le pas suivant : c'est la d&#233;croissance elle-m&#234;me qui serait &lt;i&gt;&#171; in&#233;luctable &#187;&lt;/i&gt; (Ang&#233;lique Del Rey). La version la plus cons&#233;quente et par cons&#233;quent la plus &lt;i&gt;&#171; scandaleuse &#187;&lt;/i&gt; en a &#233;t&#233; fournie par Yves Cochet. &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Trop tard pour une mani&#232;re douce &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; : adoptant un point de vue strictement mat&#233;rialiste &#8211; celui de la rar&#233;faction g&#233;ologique des mati&#232;res premi&#232;res (d&#233;pl&#233;tion qui provient, pour partie, de la &lt;strong&gt;&#171; grande bifurcation catastrophique du 19&#176;si&#232;cle&lt;/strong&gt; &#187; selon l'expression d'Alain Gras : quand a &#233;t&#233; fait le choix de l'&#233;nergie thermique) &#8211; il a formul&#233; &lt;strong&gt;&#171; trois propositions d'orientation politique &#187;&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;trois propositions de directive europ&#233;enne : la premi&#232;re plut&#244;t &#171; classique &#187; (revenu universel d'existence, semaine de quatre jours, 28 heures maximum), les deux autres beaucoup &#171; radicales &#187; : une directive &#171; hibernation &#187; (ralentir l'&#233;conomie productiviste pendant les mois froids en travaillant une heure de moins le matin et le soir) et surtout une directive &#171; gr&#232;ve du troisi&#232;me ventre &#187; (inverser l'&#233;chelle des allocations familiales).
&lt;/i&gt;
(b) Si nous devions exprimer quelques r&#233;ticences &#224; ces propositions, elles ne s'appuierait pas sur une accusation de n&#233;o-malthusianisme qu'Yves Cochet assume &#224; partir du moment o&#249;, pour lui, toute discussion doit commencer par le &lt;strong&gt;&#171; diagnostic &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore moins reprendrions-nous le point de vue de l'UFAL : de l'id&#233;e de d&#233;croissance au fascisme vert. Non pas par une quelconque complaisance vis-&#224;-vis du fascisme mais tout simplement parce que les propositions d'Yves Cochet ne place la d&#233;croissance qu'en position de &lt;i&gt;&#171; rem&#232;de &#187;&lt;/i&gt;. Pas question de nier la &lt;i&gt;&#171; finitude &#187; de&lt;/i&gt; notre plan&#232;te, &lt;strong&gt;mais politiquement l&#224; n'est pas d'abord la question : que la plan&#232;te soit finie ou non, ne faudrait-il pas pr&#233;f&#233;rer l'anti-productivisme au productivisme, l'a-croissance &#224; la croissance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#234;me question devrait d'ailleurs &#234;tre pos&#233;e quant &#224; la question de la justice : &lt;strong&gt;quand bien m&#234;me les ressources &#233;conomiques seraient abondantes, voire infinies, serait-ce une raison suffisante pour ne plus poser la question des in&#233;galit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autant dire qu'une politique de d&#233;croissance ne ferait pas de celle-ci un &lt;i&gt;&#171; rem&#232;de &#187;&lt;/i&gt; &#224; une crise de la croissance mais une exigence de &lt;i&gt;&#171; sant&#233; &#187;&lt;/i&gt;. &lt;strong&gt;Le refus de la croissance doit plut&#244;t &#234;tre une &#171; conviction &#187;&lt;/strong&gt; (Vincent Cheynet) qu'une &lt;i&gt;&#171; n&#233;cessit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Pour autant, la seule d&#233;fense des institutions peut para&#238;tre bien incompl&#232;te pour structurer une telle politique. Le premier num&#233;ro d'Entropia &#233;tait consacr&#233; &#224; la politique (et Paul Lannoye n'a pas manqu&#233; de souligner avec raison que la perte de cr&#233;dit moral de l'Union europ&#233;enne est la marque d'une crise politique, d'une crise du politique), &#224; quand un num&#233;ro autour de &lt;i&gt;&#171; d&#233;croissance et d&#233;mocratie &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Lepesant&lt;/strong&gt;
&lt;a href='http://www.les-oc.info/index.php?post/2009/04/13/entropia_6' class='spip_out'&gt;Objecteur de Croissance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;bat sur le Socialisme du XXIe Si&#232;cle ne fait que commencer</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article37</link>
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		<dc:date>2009-04-10T06:12:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gustavo Fern&#225;ndez Col&#243;n</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Intervention du professeur Gustavo Fern&#225;ndez Col&#243;n au colloque d'Entropia le 04 avril 2009.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;2. Fragments Entropia &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton37-22f62.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='102' class='spip_logos' style='height:102px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'appartiens &#224; un petit groupe d'universitaires v&#233;n&#233;zu&#233;liens qui &#233;tudie la signification des formes alternatives d'organisation g&#233;n&#233;r&#233;es par les communaut&#233;s, afin de surmonter la crise &#233;conomique et &#233;cologique contemporaine, dans le contexte de la transition politique en cours dans mon pays et, en g&#233;n&#233;ral, en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette perspective, je voudrais vous faire partager quelques appr&#233;ciations sur le tournant &#224; gauche de la politique latino-am&#233;ricaine au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, pr&#233;c&#233;d&#233; par de forts mouvements sociaux de protestation contre l'aggravation de l'in&#233;galit&#233; et la pauvret&#233; caus&#233;e par les politiques n&#233;olib&#233;rales des ann&#233;es 90. Depuis la premi&#232;re victoire &#233;lectorale du pr&#233;sident Ch&#225;vez au Venezuela en 1998 jusqu'&#224; la plus r&#233;cente &#233;lection du pr&#233;sident Mauricio Funes au Salvador le 15 mars dernier, les organisations politiques de gauche sont arriv&#233;es au pouvoir dans de nombreux pays, mais avec des orientations philosophiques, des programmes gouvernementaux et des contextes d'action tr&#232;s diff&#233;rents.
Cependant, au-del&#224; des divergences, il est possible de reconna&#238;tre certains traits communs &#224; tous les nouveaux gouvernements de la gauche latino-am&#233;ricaine. La premi&#232;re caract&#233;ristique est l'intensification du r&#244;le de l'Etat afin de corriger les d&#233;s&#233;quilibres sociaux cr&#233;&#233;s par le march&#233;. En pratique, cela implique de souligner l'engagement pour la justice sociale, de renforcer le r&#244;le de l'Etat dans l'&#233;ducation, la sant&#233; et la protection sociale, de promouvoir la souverainet&#233; &#233;conomique ainsi que la coop&#233;ration et l'int&#233;gration entre les pays de la r&#233;gion et de surmonter notre subordination aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout en reconnaissant le bien-fond&#233; &#233;thique et politique de cet effort, nous notons avec pr&#233;occupation que le probl&#232;me de la durabilit&#233; &#233;cologique de nos strat&#233;gies de d&#233;veloppement n'a pas encore &#233;t&#233; s&#233;rieusement envisag&#233; par la plupart des dirigeants de la gauche au pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; Des id&#233;es telles que le d&#233;veloppement, le progr&#232;s et la croissance &#233;conomique continuent de guider la conception et la mise en &#339;uvre des politiques gouvernementales.&lt;/strong&gt;
Il est juste de souligner qu'il y a eu certaines avanc&#233;es conceptuelles en termes de durabilit&#233; &#233;cologique. Un exemple est la nouvelle Constitution de la R&#233;publique de l'&#201;quateur, qui &#233;tablit la reconnaissance de la nature ou Pacha Mama en tant que sujet de Droit. Un autre est la d&#233;claration des dix commandements pour sauver la plan&#232;te, l'humanit&#233; et la vie, promulgu&#233;s par le pr&#233;sident de la Bolivie Evo Morales. Mais, en pratique, l'action politique reste largement conditionn&#233;e par l'urgence de faire cro&#238;tre nos &#233;conomies pour assurer une r&#233;partition plus juste de la richesse et pour relever les d&#233;fis de la pauvret&#233; et la mis&#232;re de la grande majorit&#233; de notre population.
La crise actuelle du syst&#232;me capitaliste mondial, qui a fait perdre leur emploi et leur foyer &#224; des milliers de citoyens des &#201;tats-Unis et qui a d&#233;clench&#233; les r&#233;centes protestations des travailleurs en France, a eu un fort impact aussi sur les &#233;conomies d'Am&#233;rique latine en raison de la baisse des prix et des volumes d'exportation des mati&#232;res premi&#232;res. On ne sait pas combien de temps cela va durer ni l'&#233;tendue des dommages que pourrait causer cette r&#233;cession dans le monde entier. Ce qui est certain, c'est qu'elle repr&#233;sente &#224; la fois une opportunit&#233; et une menace pour les efforts visant &#224; b&#226;tir une &#233;conomie non seulement &#233;quitable, mais aussi &#233;cologiquement durable.
La r&#233;cession globale est une menace parce que le but de stimuler la croissance &#233;conomique peut &#234;tre per&#231;u comme une r&#233;paration d'urgence pour tenter de contenir l'agitation sociale. Elle est &#233;galement n&#233;faste car elle peut servir pour justifier des projets de d&#233;veloppement non durables dans le cadre de la promesse de cr&#233;er plus d'emplois. D'autre part, la crise &#233;conomique peut devenir une chance si sa co&#239;ncidence avec l'aggravation des sympt&#244;mes de destruction de l'&#233;cosph&#232;re, contribue &#224; montrer que la logique capitaliste nous conduit non seulement vers une d&#233;b&#226;cle &#233;conomique qui aggravera la pauvret&#233; et les souffrances d'une grande partie de l'humanit&#233;, mais aussi vers une catastrophe &#233;cologique qui menace la survie m&#234;me de notre esp&#232;ce.
En cons&#233;quence, l'actuel processus d'approfondissement des contradictions sociales, &#233;conomiques et environnementales du syst&#232;me capitaliste mondial pourrait d&#233;clencher une v&#233;ritable m&#233;tamorphose civilisationnelle si l'on peut traduire en action collective ce que Serge Latouche a appel&#233; la &lt;i&gt;&#171; p&#233;dagogie de la catastrophe &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Venezuela, comme dans beaucoup d'autres pays, la prise de conscience de la gravit&#233; de la crise &#233;cologique est encore tr&#232;s faible&lt;/strong&gt;. Et bien que le gouvernement r&#233;volutionnaire dirig&#233; par le Pr&#233;sident Ch&#225;vez ait fait des progr&#232;s significatifs sur la r&#233;duction de la pauvret&#233; et la redistribution du revenu national sur la base de crit&#232;res d'&#233;quit&#233;, la conception du socialisme du XXIe si&#232;cle d&#233;fendue par notre gouvernement est fondamentalement li&#233;e, dans ses caract&#233;ristiques essentielles, au paradigme d&#233;veloppementiste partag&#233; par la gauche et la droite du XXe si&#232;cle.
Pour se donner une id&#233;e de l'orientation de la politique sociale de notre gouvernement, il est utile d'examiner le dernier rapport publi&#233; par la CEPALC ou Commission Economique pour l'Am&#233;rique Latine et les Cara&#239;bes. D'apr&#232;s cet organisme d&#233;pendant de l'ONU qui se charge de syst&#233;matiser des statistiques sur la situation &#233;conomique en Am&#233;rique latine, la pauvret&#233; au Venezuela a diminu&#233; sensiblement, passant de 49,4% de la population en 1999 (l'ann&#233;e de l'arriv&#233;e de Chavez au pouvoir) &#224; 30,2% en 2006, tandis que l'indigence ou l'extr&#234;me pauvret&#233; est descendue de 21,7% &#224; 9,9% pendant la m&#234;me p&#233;riode. &#201;galement, la mortalit&#233; infantile a diminu&#233; de pr&#232;s de 5% entre 2003 et 2007 et le ch&#244;mage a baiss&#233; de 14% en 1999 &#224; 6% en 2008 . Gr&#226;ce &#224; la mise en &#339;uvre de nouvelles formes d'organisations communautaires comme des Assembl&#233;es des Voisins pour la gestion de l'eau, l'approvisionnement en eau potable a &#233;t&#233; &#233;tendu jusqu'&#224; 92% de la population. Un r&#233;seau de distribution de denr&#233;es alimentaires subventionn&#233;es a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; afin de servir 14 millions de personnes. Les services de sant&#233; ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement &#233;largis gr&#226;ce &#224; l'ouverture de 4500 dispensaires qui offrent des soins gratuits. Le pays a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; territoire libre d'analphab&#233;tisme par l'UNESCO en 2005 et la couverture du syst&#232;me national d'&#233;ducation, aussi gratuit jusqu'au niveau universitaire, &#224; &#233;t&#233; augment&#233; d'une mani&#232;re significative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la grande question pour la majorit&#233; des V&#233;n&#233;zu&#233;liens aujourd'hui est combien de temps les politiques d'inclusion sociale seront-elles durables au regard d'une r&#233;cession mondiale qui a fait baisser fortement les prix de notre principale source de revenus : le p&#233;trole.
C'est une pr&#233;occupation majeure pour les pauvres qui ont peur de perdre leurs avantages sociaux r&#233;cemment acquis et aussi pour la nouvelle bureaucratie au pouvoir. &lt;strong&gt;Malheureusement, tr&#232;s peu de V&#233;n&#233;zu&#233;liens sont concern&#233;s aujourd'hui par la durabilit&#233; d'une &#233;conomie bas&#233;e sur l'exploitation des combustibles fossiles qui causent le r&#233;chauffement de la plan&#232;te.&lt;/strong&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Un exemple inqui&#233;tant des limites &#233;cologiques du mod&#232;le de d&#233;veloppement qui pr&#233;vaut dans mon pays est le cas de notre syst&#232;me de production d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; Pr&#232;s de 70% de l'&#233;lectricit&#233; consomm&#233;e au Venezuela provient de sources hydro&#233;lectriques. Et principalement des barrages &#233;rig&#233;s sur la rivi&#232;re Caroni, dont le bassin est situ&#233; &#224; l'extr&#233;mit&#233; nord de la for&#234;t amazonienne en danger. 30% provient de centrales thermo&#233;lectriques aliment&#233;es au fuel-oil et au gaz.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces sources d'&#233;nergie sont devenues insuffisantes en raison de la croissance &#233;conomique des derni&#232;res ann&#233;es et l'expansion des services publics pour r&#233;pondre aux besoins des communaut&#233;s pr&#233;c&#233;demment exclues. Pour r&#233;soudre ce probl&#232;me, on a commenc&#233; &#224; d&#233;velopper les &#233;nergies renouvelables comme le solaire, l'&#233;olien et la g&#233;othermie. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, elles sont consid&#233;r&#233;es insuffisantes pour couvrir l'augmentation de la consommation, ce qui a conduit notre gouvernement &#224; envisager la construction de centrales nucl&#233;aires avec l'assistance technique de la Russie et de la France.
&lt;strong&gt;Cet accord de coop&#233;ration nucl&#233;aire sign&#233; par nos gouvernements a &#233;t&#233; rejet&#233; par les &#233;co-socialistes v&#233;n&#233;zu&#233;liens et quelques amis fran&#231;ais du groupe de la d&#233;croissance. Mais notre impact sur l'opinion publique et notre capacit&#233; de modifier l'orientation des politiques gouvernementales ont &#233;t&#233; tr&#232;s faibles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe de nombreux autres aspects de la transition politique v&#233;n&#233;zu&#233;lienne que nous n'avons pas le temps de voir ici. Je veux simplement faire remarquer que malgr&#233; l'&#233;norme influence des vieux mythes de la croissance et du d&#233;veloppement, le d&#233;bat sur les caract&#233;ristiques du socialisme au XXIe si&#232;cle ne fait que commencer. Et &#224; mon humble avis et celui de nombreux autres, la pens&#233;e de la d&#233;croissance a beaucoup &#224; apporter &#224; ce d&#233;bat.
&lt;i&gt;D'o&#249; ma gratitude et mon plaisir d'&#234;tre ici parmi vous aujourd'hui et de parler d'une question aussi cruciale pour l'avenir non seulement de votre pays et du mien, mais de toute l'humanit&#233;.
Merci beaucoup.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; &#201;thique de crise et transitions politiques &#187;</title>
		<link>http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article36</link>
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		<dc:date>2009-04-08T14:17:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Cheynet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Intervention de Vincent Cheynet le 4 avril lors de la rencontre organis&#233;e par la revue Entropia N&#176;6 &#224; l'Universit&#233; Paris Descartes
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;2. Fragments Entropia &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton36-f5453.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='90' class='spip_logos' style='height:90px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#201;thique de crise et transitions politiques &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voudrais tenter de faire un peu de prospective pour engager mon propos. Pour ouvrir le dossier de Casseurs de pub sur les Ecotartufes, nous avions cit&#233; Bernard Charbonneau. Bernard Charbonneau &#233;crivait en 1980 (je le cite) : &#171; Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l'&#233;cologie. Une prospective sans illusions peut mener &#224; penser que, sauf catastrophe, le virage &#233;cologique ne sera pas le fait d'une opposition tr&#232;s minoritaire d&#233;pourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour o&#249; elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui apr&#232;s l'abondance g&#233;reront la p&#233;nurie et la survie. Car ceux-l&#224; n'ont aucun pr&#233;jug&#233;, ils ne croient pas plus au d&#233;veloppement qu'&#224; l'&#233;cologie : ils ne croient qu'au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut &#234;tre fait autrement. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette perspective, nous pouvons, pourquoi pas, imaginer qu'un beau jour, si la n&#233;cessit&#233; s'en fait sentir pour rester proche du pouvoir, notre repr&#233;sentation politique, jointe &#224; toute la caste des &#171; d&#233;veloppeurs durables &#187; basculera vers la d&#233;croissance pour mettre en place des &#171; politiques de transition &#187;. Ils le feront, non pas par conviction, mais par opportunisme. Les derniers convertis n'&#233;tant pas les moins fanatiques, nous pouvons aussi imaginer qu'ils emploieront alors les m&#234;mes m&#233;thodes pour s'opposer &#224; leurs contradicteurs que celles qu'ils ont abondamment utilis&#233;es pour d&#233;nigrer la d&#233;croissance. Malgr&#233; tout, cette &#233;ventualit&#233; d'une d&#233;croissance devenue discours officiel est faible, il faut bien l'avouer. Ce n'est sans doute pas demain que nous verrons Nicolas Sarkozy mettre en &#339;uvre les &#171; 8 R &#187; chers &#224; Serge Latouche.
Plus s&#233;rieusement, quelles sont nos craintes face &#224; l'avanc&#233;e dans la crise ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inutile de revenir devant cette assembl&#233;e avertie sur la conviction qui nous rassemble. Disons quand m&#234;me que toute relance de la croissance, fut-elle propre, durable, &#171; dissociant les flux &#187;, voire sainte et b&#233;nie par le Pape, conduira in&#233;luctablement &#224; un rench&#233;rissement du prix des mati&#232;res premi&#232;res, &#224; commencer par celui du p&#233;trole, et elle nous fera plonger plus encore dans la r&#233;cession. Sans sortie de l'&#233;conomicisme et de la Croissance, pas de r&#233;ponse durable possible &#224; la crise. N'en d&#233;plaise &#224; notre ami Pierre Antoine Delhommais et ses confr&#232;res &#233;conomistes, leur divine &#171; main invisible &#187; ne nous affranchira pas des lois de la biophysique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas seulement notre repr&#233;sentation politique, nos dirigeants, ou nos &#171; &#233;lites &#187;, qui ne sont pas aujourd'hui pr&#234;ts &#224; un retournement en faveur de politiques antiproductivistes, c'est aussi l'&#233;crasante majorit&#233; de la population des pays riches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La mise en cause unique de la classe dirigeante peut vite rencontrer la sympathie de la population. Cette th&#232;se comporte &#233;videmment une large part de v&#233;rit&#233;, elle n'en trouve pas moins aussi, tr&#232;s vite, ses limites. Notre soci&#233;t&#233; de consommation industrielle productiviste, fait syst&#232;me. Comme dans d'autres mod&#232;les d'organisation sociale, nous y avons tous notre fonction et notre n&#233;cessit&#233;. Cela ne veut pas dire que les responsabilit&#233;s soient &#233;gales. Cela ne veut pas dire non plus qu'il n'y ait pas des r&#233;sistants et des collaborateurs fanatis&#233;s. Nous devons int&#233;grer la r&#233;flexion des penseurs des syst&#232;mes, comme Hannah Arendt ou notre ami Alain Accardo, sauf &#224; verser dans l'id&#233;e que l'&#233;limination d'une classe de dominants r&#233;soudrait tous nos probl&#232;mes parce que nous nous affranchirions alors de la volont&#233; de l'imiter. &#171; Le syst&#232;me capitaliste ne fonctionne pas seulement par l'exploitation et l'oppression mais aussi par l'adh&#233;sion de la plupart au syst&#232;me &#187; explique Alain Accardo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, la classe dirigeante poss&#232;de les outils du conditionnement des masses, n&#233;anmoins dans notre d&#233;mocratie cette classe dirigeante n'en demeure pas moins une repr&#233;sentation, m&#234;me tr&#232;s imparfaite, de la soci&#233;t&#233;. Eliminez un des &#233;l&#233;ments de cette classe dirigeante sans changer le syst&#232;me et cet &#233;l&#233;ment trouvera aussit&#244;t un rempla&#231;ant, qui aura immanquablement le m&#234;me comportement que son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, pour parler de mani&#232;re imag&#233;e, une fois que nous aurons pendu Sarkozy avec les tripes de Michel-Edouard-Leclerc, nous serons peut-&#234;tre soulag&#233;s temporairement, mais nous n'aurons pas pour autant pr&#233;par&#233; d&#233;mocratiquement et de mani&#232;re non-violente la sortie du productivisme. Une foule enthousiaste de clones de petits Sarkozy et de petits Michel-Edouard Leclerc se pressera imm&#233;diatement pour prendre la rel&#232;ve des places laiss&#233;es vacantes. Ce n'est pas en &#233;limant 10 % de la soci&#233;t&#233;, une classe consid&#233;r&#233;e comme intrins&#232;quement nuisible, que nous remplirons les puits de p&#233;trole et que nous lib&#232;rerons nos contemporains du d&#233;sir de prendre leur automobile pour aller acheter des t&#233;l&#233;phones portables dans les temples de la consommation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si des p&#233;riodes de reprises se produisent, nous ne faisons sans doute qu'entrer dans la crise. Quels risques se pr&#233;sentent &#224; nous dans ce contexte ? D'un c&#244;t&#233; la classe dirigeante. Celle-ci devra s'enfermer plus encore et de plus en plus dans le mensonge pour conserver ses privil&#232;ges et les reconnaissances li&#233;s au pouvoir. Pour conserver ce dernier, par exemple, elle promettra contre toute raison un retour &#224; la consommation de masse. Certes, mais de l'autre c&#244;t&#233;, la population identifiera chaque jour davantage l'oppression aux institutions elles-m&#234;mes. Cet amalgame sera justifi&#233; toujours davantage par les mensonges qui devront &#234;tre d&#233;ploy&#233;s par la classe dirigeante pour se maintenir en place. Les contradictions du syst&#232;me vont appara&#238;tre de fa&#231;on de plus en plus flagrantes : par exemple, d'un c&#244;t&#233; il faut relancer &#224; tout prix la machine et r&#233;pondre &#224; la demande de consommation, de l'autre c&#244;t&#233;, il faut pr&#233;server des ressources qui se rar&#233;fient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Sous le r&#233;gime constitutionnel, il suffit presque de prot&#233;ger les individus contre l'abus de la puissance publique ; sous le r&#233;gime r&#233;volutionnaire, la puissance publique elle-m&#234;me est oblig&#233;e de se d&#233;fendre contre toutes les factions qui l'attaquent. &#187; disait Maximilien Robespierre le 25 d&#233;cembre 1793. Rassurez-vous, je n'ai aucune intention de vouloir r&#233;instaurer le r&#233;gime de la Terreur. Notre anc&#234;tre, malgr&#233; tout ce que nous pouvons a posteriori lui reprocher, avait bien compris qu'en des temps troubl&#233;s le pire danger &#233;tait l'effondrement des institutions. Robespierre saisissait toute l'importance de leur d&#233;fense dans un temps de crise. Or, il est &#224; craindre que l'antiproductivisme et la d&#233;croissance se muent progressivement en cheval de Troie pour mener un combat qui soit d'abord celui de la mise &#224; bas des institutions avant d'&#234;tre celui de leur r&#233;g&#233;n&#233;ration. Nous le savons, le caract&#232;re subversif et d&#233;rangeant de notre discours pousse constamment ces institutions &#224; nous rejeter dans les marges, quand ce n'est pas dans l'extr&#233;misme. Cet &#233;loignement des institutions est &#224; la fois une force et une faiblesse. Une force, car il nous permet de mener une r&#233;flexion intellectuelle sans avoir le souci d'avoir &#224; composer avec le r&#233;alisme politique. Une faiblesse car il nous am&#232;ne &#224; agr&#233;ger non pas de salutaires radicaux mais des discours v&#233;ritablement extr&#233;mistes qui con&#231;oivent la d&#233;croissance comme un moyen d'exprimer une opposition maximaliste &#224; ces institutions. Or, il ne sert &#224; rien de mettre en garde contre l'&#233;cofascisme, de se dresser dans une posture n&#233;o-religieuse intellectuellement terrifiante en brandissant Treblinka et Rudolf Hess, si c'est pour mener dans le m&#234;me temps un travail de sape des conditions de la civilisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un certain mat&#233;rialisme r&#233;ducteur et le discours scientifique &#233;troit, c'est-&#224;-dire dans sa version id&#233;ologique le scientisme, comprennent le monde comme r&#233;duit &#224; sa dimension mat&#233;rielle, organique et psychique. Le scientisme, cher &#224; Michel Onfray, est m&#234;me persuad&#233; d'arriver un jour &#224; une explication totale de la condition humaine. Une r&#233;gression intellectuelle qu'il nomme r&#233;guli&#232;rement et abusivement &#171; progressisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le philosophe, lui, sait que la compr&#233;hension du monde se fonde sur la reconnaissance de l'alt&#233;rit&#233;. C'est cette alt&#233;rit&#233; qui ouvre sur un inconnu d&#233;finitif qui est le fondement m&#234;me de notre condition humaine et de la vie. C'est dans ce champ de l'inconnu et de l'immat&#233;riel que se situent les id&#233;es et les valeurs. L'humanisme passe par notre capacit&#233; &#224; &#233;tablir des &#171; arbitraires de diff&#233;renciation &#187; : entre moi et l'autre, le mort et le vivant, l'humain et le non humain ou encore le priv&#233; et le public. Ainsi nous &#233;tablissons des distinctions et des limites, qui sont la base de notre possibilit&#233; d'&#233;mancipation. L'humanisation de l'homme, c'est-&#224;-dire l'&#233;dification de sa diff&#233;renciation du reste de la nature, se fait &#224; travers la construction des repr&#233;sentations. La premi&#232;re de ces repr&#233;sentations est le langage. C'est pour cela qu'il est affirm&#233; que l'homme est verbe. A jamais ind&#233;finies et mouvantes, les id&#233;es et les valeurs exigent un langage symbolique, donc repr&#233;sentatif. Ces repr&#233;sentations sont en perp&#233;tuel mouvement. Elles sont de plus abord&#233;es avec des cultures diff&#233;rentes d'o&#249; de nombreuses incompr&#233;hensions. Ces repr&#233;sentations tentent de s'approcher de la v&#233;rit&#233; et de saisir le &#171; r&#233;el &#187; sans jamais y parvenir compl&#232;tement. Pour exprimer des notions immat&#233;rielles, les id&#233;es et les valeurs, qui fondent notre humanit&#233;, l'homme passe par un double discours symbolique par essence repr&#233;sentatif. Par exemples, l'antiproductvisme et la d&#233;croissance sont des mots qui sont en sois des repr&#233;sentations, mais ils n'ont pas qu'un sens strict (l'arr&#234;t de production ou une d&#233;pl&#233;tion), ils v&#233;hiculent aussi une id&#233;ologie, qui est celle des objecteurs de croissance ; une autre production et consommation, le r&#233;tablissement de l'homme et de la soci&#233;t&#233; pluridimensionnelle. Dans ce sens, l'antiproductvisme et la d&#233;croissance sont les titres des projets politiques pour nous &#233;manciper de l'id&#233;ologie &#233;conomiciste etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attaquer la notion de repr&#233;sentativit&#233;, y compris dans sa forme d&#233;mocratique, c'est donc s'en prendre &#224; un enjeu anthropologique fondamental ; c'est s'en prendre &#224; notre capacit&#233; &#224; &#233;difier des symboles, des tiers, capacit&#233; qui est &#224; la base de notre diff&#233;renciation et &#233;mancipation. L'institution, aussi, est une expression de la notion de repr&#233;sentation. L'institution est la condition de la transmission dans une soci&#233;t&#233; moderne. Elle permet notamment d'&#233;viter de passer de la &#171; soci&#233;t&#233; des p&#232;res &#187; &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; des fr&#232;res &#187;, cette derni&#232;re &#233;tant n&#233;cessairement plus barbare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rejeter l'institution en soi au motif de sa corruption, c'est mettre &#224; bas l'&#233;difice social et la condition de notre humanisation. C'est sombrer dans le discours ang&#233;liste de la puret&#233;, d'une soci&#233;t&#233; sans tiers et sans clivages, et contribuer aux drames auxquels cette perspective &#171; pu&#233;rile et tyrannique &#187; conduit immanquablement. La repr&#233;sentation est donc une des conditions fondamentales pour construire la personne comme le collectif humain. La haine de la repr&#233;sentativit&#233; est en parfaite phase avec le n&#233;olib&#233;ralisme ou le &#171; lib&#233;ral-libertarisme &#187;. La soci&#233;t&#233; est dans ces derniers cas comprise comme une pure juxtaposition d'individus et le r&#244;le des structures collectives comme un &#233;l&#233;ment devant &#234;tre limit&#233; au minimum pour organiser la coexistence la plus pacifique des individus, hors de tout projet commun.
Bref, pour le dire simplement, ce n'est pas parce que les institutions, qui sont des repr&#233;sentations, sont souill&#233;es (elles le sont pas essence comme tous les tiers), qu'il ne faut pas s'atteler &#224; leur transformation. Bien &#233;videmment, reconna&#238;tre le caract&#232;re fondateur de la repr&#233;senta tion n'est pas une condition suffisante pour b&#226;tir une soci&#233;t&#233; plus fraternelle, libre, &#233;galitaire et respectueuse de la nature, mais elle en est un apprentissage incontournable. On ne d&#233;passe pas plus la repr&#233;sentation qu'on ne d&#233;passe le langage, la d&#233;mocratie ou encore le Bien et Mal, sauf &#224; sombrer dans le pr&#233;cipice de la barbarie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Disant cela, je n'ai aucune pr&#233;tention de r&#233;inventer le fil &#224; couper le beurre. Montesquieu avait expliqu&#233; cela voil&#224; trois si&#232;cles bien mieux que je ne saurais le faire. Pour Montesquieu, la repr&#233;sentation, les &#171; corps interm&#233;diaires &#187; sont des garants de la libert&#233;. Leur meilleure d&#233;fense tient &#224; notre capacit&#233; &#224; les r&#233;former continuellement et &#224; contrer leur tendance naturelle &#224; se consid&#233;rer comme leur propre finalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, au sein m&#234;me de l'antiproductivisme et de la d&#233;croissance, pr&#233;sent&#233;s sous des masques altruistes, une foultitudes de discours apparemment sinc&#232;res et pleins de bonnes intentions constituent un travail de sape permanent contre la repr&#233;sentation et les institutions et finalement les tiers. Je veux en donner ici quelques pistes.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; C'est d'abord pour ce qui nous concerne dans l'&#233;cologie les discours du &#171; grand tout &#187;. Une perspective fusionnelle et unifiante pr&#233;sentant la nature et l'homme comme totalement indiff&#233;renci&#233;s. Ces discours, qui peuvent d'ailleurs &#234;tre aussi bien scientistes que &#171; new age &#187; ou relevant du capitalisme vert, sont pr&#233;sent&#233;s abusivement comme progressistes. Ils sont montr&#233;s comme &#171; non-manich&#233;ens &#187;, &#171; non sectaires &#187;, &#171; pacifistes &#187;, etc. Ils sont en fait compl&#232;tement r&#233;gressifs, fusionnels et totalisants. Ils font un d&#233;ni de toute exposition de tension, de tous dissensus ou rapports de force, notions sur lesquelles se fonde la d&#233;mocratie et tout simplement notre capacit&#233; au d&#233;bat.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Autre exemple : glorifier un changement &#171; par le bas &#187;, purement horizontal, qui exclut toute verticalit&#233;. La transformation devient possible uniquement par la marge, hors de la soci&#233;t&#233; et de toutes institutions. Toute construction collective devient alors impossible. Nous connaissons le ph&#233;nom&#232;ne ; d&#232;s qu'une t&#234;te d&#233;passe, l'enjeu premier pour le groupe devient de la raccourcir pour rejoindre le cercle.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais cela peut &#234;tre aussi s'en prendre au monoth&#233;isme, car celui-ci a signifi&#233; l'&#233;mergence d'un tiers face &#224; au paganisme, &#224; l'animisme, ces derni&#232;res faisant de la nature l'id&#233;e d'un &#171; tout &#187;. Ce n'est pas pour rien que la cosmologie d'un Alain de Benoist de la Nouvelle Droite se b&#226;tit, elle, sur le combat contre le monoth&#233;isme. Cela n'emp&#234;che pas bien s&#251;r de mettre en relief le caract&#232;re totalitaire de certains monoth&#233;ismes qui se fondent sur une v&#233;rit&#233; dite r&#233;v&#233;l&#233;e et indiscutable.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; C'est la haine du politique qui traverse notre soci&#233;t&#233;. Nous avons vu &#224; quel point le journal La D&#233;croissance a &#233;t&#233; violemment agress&#233; et calomni&#233; pour n'avoir jamais voulu c&#233;der au discours antipolitique et anti-d&#233;mocratie repr&#233;sentative.
Je m'arr&#234;te l&#224; dans cette liste qui n'est bien s&#251;r pas compl&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous le savons, la vie intellectuelle et d&#233;mocratique est affaire de diff&#233;renciation et de discernement, comme ceux qui distinguent la critique de l'insulte, et m&#234;me au sein de notre courant, nous avons le devoir d'explorer les &#233;cueils auxquels peut nous mener les perspectives que nous d&#233;fendons si nous n'y prenons pas garde. Comme le dit Bernard M&#233;heust dans son excellent ouvrage La Politique de l'oxymore, l'inertie de nos soci&#233;t&#233;s fait que nous n'&#233;viterons pas le choc. Davantage que de sauver la nature, le d&#233;fi reste donc de rester humain dans les temps difficiles qui s'annoncent. C'est &#224; ce travail d'&#233;thique de la crise, de morale de la crise, auquel nous devons aussi participer. C'est peut-&#234;tre au moins aussi important que la tr&#232;s importante &#233;laboration de politiques de transition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Intervention d'Yves Cochet, d&#233;put&#233; de Paris, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, le 14 octobre 2008</title>
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		<dc:date>2009-03-31T10:07:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Cochet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident.&lt;/strong&gt; La parole est &#224; M. Yves Cochet, pour le groupe GDR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Monsieur le pr&#233;sident, je parle au nom des d&#233;put&#233;s Verts.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;2. Fragments Entropia &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton35-2bf96.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='101' class='spip_logos' style='height:101px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;365&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x72l32&amp;related=0&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x72l32&amp;related=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;365&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x72l32_crise-yves-cochet-groupe-gdr-verts_news&quot;&gt;crise : Yves Cochet groupe GDR Verts&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident.&lt;/strong&gt; La parole est &#224; M. Yves Cochet, pour le groupe GDR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Monsieur le pr&#233;sident, je parle au nom des d&#233;put&#233;s Verts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La catastrophe actuelle n'est pas une crise financi&#232;re, &#233;conomique, &#233;cologique, politique, sociale ou culturelle. Elle est tout cela &#224; la fois et simultan&#233;ment, ce en quoi elle est totalement in&#233;dite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Marc-Philippe Daubresse.&lt;/strong&gt; Tout est dans tout !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; Elle est, en un mot, une crise anthropologique. Pour le comprendre, il nous faut remettre en question toutes nos croyances &#8211; et Dieu sait si elles sont nombreuses ici. Il nous faut d&#233;coloniser l'imaginaire. (Applaudissements ironiques sur plusieurs bancs du groupe UMP.) Il nous faut penser l'impensable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;b&#226;cle financi&#232;re actuelle n'est pas d'abord, comme on l'entend ici ou l&#224;, une crise de liquidit&#233;. C'est une crise de surgonflement des actifs financiers par rapport &#224; la richesse r&#233;elle, c'est-&#224;-dire l'oppos&#233; d'une crise de liquidit&#233;. Le march&#233; financier, en d'autres termes le volume des &#233;changes de papier virtuel, est plus de vingt fois sup&#233;rieur aux &#233;changes de l'&#233;conomie r&#233;elle. La richesse r&#233;ellement existante n'est plus suffisante, comme jadis, pour servir de gage &#224; la dette financi&#232;re. Un seuil a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; : le seuil de liaison entre le capitalisme, fond&#233; sur le cr&#233;dit, et les ressources naturelles, qui sont la base de toute richesse r&#233;elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard&lt;/strong&gt;. Cela ne veut rien dire !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; Monsieur Goulard, pr&#233;tendriez-vous que les ressources naturelles ne sont pas la base de toute richesse r&#233;elle ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard&lt;/strong&gt;. Mais non, c'est le pouvoir de l'homme !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident&lt;/strong&gt;. Monsieur Cochet, un discours &#224; la tribune n'est pas un dialogue. Vous seul avez la parole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Je veux simplement dire &#224; M. Goulard : n'achetez plus de p&#233;trole, ce n'est pas une richesse r&#233;elle !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'effondrement financier actuel s'explique par le d&#233;passement de ce seuil, par la rupture de cette liaison. Autrement dit : la dette est totalement d&#233;valu&#233;e en termes de richesses r&#233;ellement existantes. Avant l'intervention des &#201;tats et en l'espace de quelques jours, personne ne d&#233;sirait plus &#233;changer une richesse r&#233;elle contre une dette, m&#234;me r&#233;mun&#233;r&#233;e par un fort taux d'int&#233;r&#234;t. La d&#233;valuation de la dette s'explique par cette d&#233;connection, et non pas par un manque de cr&#233;dit, d'argent en circulation ou de pr&#234;ts entre banques &#8211; clich&#233; v&#233;hicul&#233; ici et l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question principale est donc : la croissance de l'&#233;conomie r&#233;elle peut-elle &#234;tre assez forte pour rattraper la croissance massive de la dette ? (&#171; Ce n'est pas cela ! &#187; sur les bancs du groupe UMP.) &#201;videmment, la r&#233;ponse est non. La croissance de l'&#233;conomie r&#233;elle est d&#233;sormais fortement contrainte par la rar&#233;faction des ressources naturelles qui forment la base de tous les syst&#232;mes de sustentation de la vie &#233;conomique et sociale. Cette contrainte s'exerce &#224; la fois en amont par la d&#233;pl&#233;tion min&#233;rale et fossile &#8211; par exemple le pic de Hubbert &#8211; et en aval par la pollution de l'atmosph&#232;re, des terres et des oc&#233;ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, les in&#233;galit&#233;s croissantes de revenus depuis trente ans n'incitent pas les m&#233;nages &#224; la consommer, sauf par le biais de cr&#233;dits qui gonflent encore plus la dette. Ainsi, les co&#251;ts marginaux de la croissance sont d&#233;sormais sup&#233;rieurs &#224; ses b&#233;n&#233;fices marginaux. Autrement dit encore : la croissance physique r&#233;elle nous rend de plus en plus pauvres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, l'aveuglement des d&#233;vots de la croissance (Exclamations sur les bancs du groupe UMP) continue de plus belle ! Ainsi, la d&#233;claration &#233;mise par l'Eurogroupe avant-hier commence de la fa&#231;on suivante : &#171; Le syst&#232;me financier apporte une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos &#233;conomies et constitue une condition de la croissance. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard.&lt;/strong&gt; Oui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. C'est une forme de religion, une th&#233;ologie, une croyance. Mais l'&#233;conomie r&#233;elle n'est plus en croissance &#8211; m&#234;me n&#233;gative, madame la ministre : elle est en r&#233;cession ! Nous pourrions presque prendre des paris sur l'avenir, h&#233;las, car tout cela est bien malheureux. Ceux qui, malgr&#233; des signes avant-coureurs objectifs, mat&#233;riels et pr&#233;sents depuis des ann&#233;es, n'ont pas anticip&#233;, se trouvent fort d&#233;munis, y compris dans leur imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel objectif devons-nous donc viser, en France et en Europe ? Il faudrait que les banques tendent progressivement vers un taux de r&#233;serves id&#233;al, c'est-&#224;-dire &#233;gal &#224; 100 % de leurs pr&#234;ts. Toutes les banques devraient devenir graduellement de simples interm&#233;diaires entre d&#233;posants et emprunteurs, et non plus des &#171; machins &#187; qui cr&#233;ent de la monnaie &#224; partir de rien et la pr&#234;te avec int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard.&lt;/strong&gt; Elle vient d'o&#249;, cette monnaie ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. Yves Cochet. Comme je l'ai expliqu&#233;, la recherche de la croissance est d&#233;sormais anti&#233;conomique, antisociale et anti&#233;cologique. La croissance est appauvrissante. De toute fa&#231;on, que vous le reconnaissiez ou non, que vous le vouliez ou non, la r&#233;cession est l&#224; ! Vous n'avez pas su l'anticiper car vos mod&#232;les &#233;conomiques sont p&#233;rim&#233;s, et je crains, h&#233;las, qu'&#224; cause de votre aveuglement, elle ne soit longue et p&#233;nible, notamment pour les plus d&#233;favoris&#233;s, qu'ils vivent dans les pays de l'OCDE ou dans ceux du sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes nos actions devraient &#234;tre guid&#233;es par la volont&#233; de faire d&#233;cro&#238;tre l'empreinte &#233;cologique des pays de l'OCDE. Je sais &#8211; et les sourires que je vois me le confirment &#8211; que les dirigeants du Conseil europ&#233;en et vous-m&#234;me, monsieur le Premier ministre, avez un autre mod&#232;le en t&#234;te afin de retrouver la croissance. Quelle illusion ! Vous essaierez de sauver la sacro-sainte croissance &#224; laquelle vous croyez parce que vous &#234;tes incapables d'imaginer un autre mod&#232;le &#233;conomique, un autre type de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'espoir d'une nouvelle phase A du cycle de Kondratiev, succ&#233;dant &#224; la phase B que nous traversons depuis trente ans, est vain. Nous ne sommes pas &#224; l'aube d'une nouvelle croissance mat&#233;rielle ou industrielle, mais dans la phase terminale du capitalisme (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), comme le disait Immanuel Wallerstein il y a trois jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les possibilit&#233;s d'accumulation r&#233;elle du syst&#232;me ont atteint leurs limites, pour des raisons g&#233;ologiques et &#233;conomiques que vous ne voyez pas. II faudrait mettre en place quelque chose d'enti&#232;rement nouveau, une soci&#233;t&#233; de sobri&#233;t&#233; dont je ne peux dessiner, de mani&#232;re tr&#232;s sommaire, que quatre orientations principales. Premi&#232;rement : tendre &#224; l'autosuffisance&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Marc-Philippe Daubresse.&lt;/strong&gt; En mati&#232;re d'autosuffisance, vous vous y connaissez !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; &#8230; locale et r&#233;gionale en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et alimentaire, au nord comme au sud. Deuxi&#232;mement : aller vers une d&#233;centralisation g&#233;ographique des pouvoirs &#8211; bref, vers une France f&#233;d&#233;rale dans une Europe f&#233;d&#233;rale. Troisi&#232;mement : s'efforcer de relocaliser les activit&#233;s &#233;conomiques. Quatri&#232;mement : viser une planification concert&#233;e (&#171; &#192; la sovi&#233;tique ! &#187; sur les bancs du groupe UMP) et l'instauration de quotas, notamment en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; d&#233;faut d'une telle vision et d'une telle action, je crains que notre continent europ&#233;en ne traverse bient&#244;t des &#233;pisodes troubl&#233;s dont nous apercevons d&#233;j&#224; les pr&#233;misses. Je prends date aujourd'hui devant vous ! (Exclamations sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;John Stuart Mill disait : &#171; Aux grands maux, les petits rem&#232;des n'apportent pas de petits soulagements, ils n'apportent rien. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mme Claude Greff.&lt;/strong&gt; Vous non plus !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Les grands maux actuels de l'Europe et du monde r&#233;clament donc une cr&#233;ativit&#233; et une inventivit&#233; politiques in&#233;dites dans notre histoire. C'est &#224; cette hauteur de pens&#233;e et d'action que j'appelle les dirigeants europ&#233;ens, afin de sauver la paix, la d&#233;mocratie et la solidarit&#233;. &lt;i&gt;(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et SRC.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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