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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Hors champ - Fragments</title>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:56Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard CHARBONNEAU</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ces textes sont extraits du livre de Bernard Charbonneau : Une seconde nature, 1981. &lt;br class='autobr' /&gt; Des grandes fonctions sociales Qui parle de la soci&#233;t&#233;, ancienne et nouvelle, parle de l'univers. Mais dans le tout, il distingue bient&#244;t des fonctions sociales. Si l'on s'en tient au langage commun, ces grands Organes du corps social se ram&#232;nent &#224; cinq : la Religion, la Science (la Technique), l'Art (la Culture), l'Economie, la Politique (l'&#201;tat). &#192; quoi correspondent les grandes cat&#233;gories sociales (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces textes sont extraits du livre de Bernard Charbonneau : Une seconde&lt;br class='autobr' /&gt;
nature, 1981.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des grandes fonctions sociales&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui parle de la soci&#233;t&#233;, ancienne et nouvelle, parle de l'univers. Mais dans le tout, il distingue bient&#244;t des fonctions sociales. Si l'on s'en tient au langage commun, ces grands Organes du corps social se ram&#232;nent &#224; cinq : la Religion, la Science (la Technique), l'Art (la Culture), l'Economie, la Politique (l'&#201;tat). &#192; quoi correspondent les grandes cat&#233;gories sociales (pr&#234;tres, savants, artistes, industriels et trafiquants, princes et fonctionnaires). Ces fonctions tiennent une place plus ou moins voyante selon les soci&#233;t&#233;s : ainsi la Religion, d'officielle et institutionnelle dans celle d'hier, devient priv&#233;e et spontan&#233;e dans la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes sont indispensables &#224; la vie de la soci&#233;t&#233; et par cons&#233;quent &#224; celle de leurs membres. Au premier abord il ne vient pas &#224; l'id&#233;e de les critiquer en tant que telles, mais seulement, comme les sociologues, de d&#233;noncer leurs &#171; dysfonctions &#187;. Pourtant, comme toute autre r&#233;alit&#233;, ces grandes fonctions sont ambigu&#235;s. Ont-elles en effet pour but de servir les hommes qui composent la soci&#233;t&#233; et les fins que poursuit l'esprit humain, ou bien de les int&#233;grer dans telle ou telle collectivit&#233; particuli&#232;re ? Cette puissance d'int&#233;gration, et aussi de d&#233;sint&#233;gration, devient aujourd'hui si grande que le moment semble venu de critiquer la religion, la science, l'art, l'&#233;conomie et la politique &#8211; c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; &#8211; en tant que tels. L'entreprise para&#238;t ancienne, depuis les Grecs et les Juifs, des individus la pratiqu&#232;rent sur tel ou tel d&#233;tail ou avatar. Mais de cette vertigineuse cote 2000 o&#249; nous a hiss&#233;s le cours du temps nous avons maintenant vue sur l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'attaquant tout d'abord &#224; la soci&#233;t&#233; d'hier, je parlerai de la fonction fondamentale : la Religion. Dans la n&#244;tre elle est en mue, ce qui ne veut pas dire qu'elle disparaisse. Tant qu'il y aura un esprit humain il cherchera le Sens ; et tant qu'il y aura des &#234;tres sociaux, il leur faudra des mythes et des rites. La Religion persiste, mais comme les institutions perdent leur forme sacr&#233;e, l'&#233;nergie religieuse se r&#233;pand au petit bonheur dans la soci&#233;t&#233; o&#249; elle se manifeste &#224; l'&#233;tat sauvage, notamment en politique. Mais ni l'&#233;conomie, ni l'art, ni m&#234;me la science ne sont exemptes de cette contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que moins g&#233;n&#233;rale, la critique de la politique est elle aussi assez r&#233;pandue. Mais sauf l'exception de quelques anars, c'est toujours la d&#233;nonciation de celle d'en face : et elle est anim&#233;e par la foi en une politique &#8211; un &#201;tat &#8211; id&#233;ale qui assurerait la Justice et la Libert&#233; sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de l'&#233;conomie est encore moins fr&#233;quente dans nos soci&#233;t&#233;s qui se disent industrielles. Jusqu'&#224; ces derniers temps, l'opposition ne d&#233;non&#231;ait les vices de l'&#233;conomie que pour proposer de produire encore plus. La production reste la v&#233;rit&#233; &#339;cum&#233;nique d'un monde o&#249; l'&#233;conomie remplit semble-t-il avec la Politique le vide laiss&#233; par la religion. Et d&#233;sormais ce sont elles qui nous mystifient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin deux fonctions sociales restent aujourd'hui &#224; peu pr&#232;s taboues, bien que ce tabou s'op&#232;re par des voies tr&#232;s diff&#233;rentes : celles de la science et de l'art. Il semble en effet que dans des pays les plus avanc&#233;s les &#233;vidences de la production et de la croissance soient mises en cause par quelques marginaux, bient&#244;t suivis par la technostructure. Par contre si la technique est parfois critiqu&#233;e, la science reste en g&#233;n&#233;ral au-dessus de tout d&#233;bat comme autrefois la religion, car c'est &#224; elle d'en fixer les termes ; n'&#233;tait-ce quelques critiques proph&#233;tiques de Nietzsche concernant la science en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'art, tant qu'il ne sort pas du domaine o&#249; la soci&#233;t&#233; l'enferme, il est encore plus tabou que la science, Car si l'on tol&#232;re avec une douce indulgence qu'un artiste s'attaque &#224; la science, nul savant ne critiquera l'art : ces deux territoires n'ont pas de fronti&#232;res communes. Et si quelque savant d&#233;nonce un jour la &#171; litt&#233;rature &#187;, c'est pr&#233;cis&#233;ment lorsque, cessant d'&#234;tre litt&#233;raire, elle menacera le territoire de la science en s'attaquant &#224; la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle et humaine et en s'effor&#231;ant de la juger au lieu d'en divertir. Alors B&#233;b&#233; sera renvoy&#233; avec pertes et fracas &#224; sa nursery.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus que Cosinus, l'artiste est l'innocent du village. Pourtant, pas plus que la science, l'art n'est innocent. S'il y a une fonction sociale ambigu&#235;, c'est bien celle-ci. Car plus l'art devient l'art, plus ce mot signifie qu'il est hors du sens, de la vie quotidienne et pratique. Quand l'art a un sens, comme aujourd'hui en URSS, il n'y a plus d'art. Il sous-entend que toute beaut&#233; et po&#233;sie sont le fait d'individus ou d'instants privil&#233;gi&#233;s. L'art camoufle, il compense les r&#233;alit&#233;s de la mis&#232;re et de la servitude ; ce sont les soci&#233;t&#233;s les plus pauvres et les plus despotiques qui ont parfois l'art le plus brillant. La soci&#233;t&#233; cultive ainsi l'abc&#232;s de fixation sans quoi les toxines du r&#234;ve et de la r&#233;volte envahiraient son corps. Dans nos soci&#233;t&#233;s industrielles, l'art est l'alibi du prosa&#239;sme et de la laideur : les mus&#233;es se multiplient quand la grisaille envahit les rues, et le site class&#233; annonce que tous les autres vont dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi n'y a-t-il pas de fonction plus conformiste. C'est l'art qui fournit son d&#233;cor au th&#233;&#226;tre social, et &#224; sa classe dirigeante les ors qui la d&#233;signent au respect des inf&#233;rieurs. Hypocrisie de l'art, notamment moderne. Identifi&#233; &#224; la gratuit&#233; et au luxe il est sous le signe, en m&#234;me temps que de l'amour fou, du prix fou. Identifi&#233; &#224; la libert&#233; il est encha&#238;n&#233; &#224; la finance autant que l'industrie, et au prince autant que la cour. L'art est indissociable de la hi&#233;rarchie sociale. M&#234;me inconnu, l'artiste est noble, et le mythe m&#234;me du peintre maudit montre bien quel scandale il y a &#224; refuser au g&#233;nie fortune et notori&#233;t&#233; ; heureusement que t&#244;t ou tard il vaut des milliards. Comme en t&#233;moigne na&#239;vement Balzac, &#234;tre un artiste, c'est loger en un galetas en attendant de coucher avec les duchesses. C'est en vain qu'aujourd'hui travaill&#233;s par la mauvaise conscience les artistes se d&#233;guisent en anarchistes ou en marxistes, la bourgeoisie leur colle &#224; la peau. Et c'est dans la soci&#233;t&#233; en progr&#232;s o&#249; l'un parle &#171; d'art pour le peuple &#187;, que le mouvement de la mode se pr&#233;cipite, r&#233;servant toujours plus strictement la connaissance et l'usage des signes de l'art &#224; la fine pointe de l'&#233;lite cultiv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma libert&#233;, que je retrouve en mon prochain, m'oblige &#224; contester la religion : celle de mon temps. Si Dieu est Dieu, qu'il le d&#233;montre en me for&#231;ant &#224; plier le genou. Et Dieu aujourd'hui c'est la Science dont je dois d&#233;battre parce qu'elle fait de l'homme et de son univers un objet qu'elle manipule. Et je dois aussi prendre mes distances vis-&#224;-vis de l'&#233;conomie qui transforme tout en produit et en marchandise. Je refuse de m'identifier &#224; l'Etat qui sera toujours tant soit peu caserne ou prison. Ces fonctions sont n&#233;cessaires, je le sais, raison de plus pour s'en m&#233;fier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne me laisserai pas &#233;blouir par les splendeurs dor&#233;es de l'iconostase. Je contesterai l'art aussi bien que la religion, l'&#233;conomie ou la politique, mais pour la raison inverse. Je pr&#233;tends que la qualit&#233; de la vie est aussi n&#233;cessaire que la quantit&#233; ; l'existence confond ce que notre soci&#233;t&#233; distingue. J'ai besoin de beau comme d'air pour vivre : le bleu du ciel, c'est d'abord pour moi de l'ozone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai besoin de voir ; il me faut l'or du soir sur des Pyr&#233;n&#233;es d'am&#233;thyste, et non leur reflet photographi&#233; on peint. Pour tableau, j'ai besoin d'ouvrir mes volets sur une campagne ou une place que mes yeux se r&#233;galeront &#224; contempler. C'est mon pain quotidien, ma f&#234;te. J'ai besoin que la belle, courbe de l'outil &#233;pouse ma main comme le symbole qui l'orne mes raisons. Je leur donnerai le galbe et l'&#233;lan de la houle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De l'art sacr&#233;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; l'origine il n'y en a pas d'autre. Pas de conte qui ne soit un mythe, de signe qui n'&#233;voque un dieu. Nous l'avons oubli&#233; ; mais pourtant, rosace ou soleil, la fleur magique s'&#233;panouit toujours au linteau de la porte. Qu'elle est belle ! &#8211; Aujourd'hui c'est tout ce que nous trouvons &#224; dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de roi, pas de soci&#233;t&#233;s nues. Elle n'est elle-m&#234;me que drap&#233;e dans de brillants oripeaux que lui ont tiss&#233;s d'humbles artisans qualifi&#233;s plus tard de po&#232;tes ou d'artistes. Mais pour &#234;tre dissimul&#233;e dans un splendide fourreau, la lame n'en est que plus terriblement nue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art est la fonction collective par excellence. Le style, c'est la soci&#233;t&#233; ; plus on s'&#233;l&#232;ve dans la hi&#233;rarchie, plus les marches de l'autel resplendissent d'or. L'art est l'expression de la foi et du lien commun, l&#224; o&#249; ils sont le plus fort, le style est le plus strict : la soci&#233;t&#233; qui n'en a pas n'est pas. Aussi &#224; la source, o&#249; l'eau est la plus pure et le jaillissement le plus dru, pas question de cr&#233;ation individuelle ; les temples et leurs idoles ont pour auteurs des dieux dont les architectes et les sculpteurs ne sont que les man&#339;uvres. Pas de discours sur la magie de l'art, il l'est. La splendeur du style na&#238;t du frisson de la terreur sacr&#233;e par quoi les Soci&#233;t&#233;s manifestent leur divinit&#233;. Dans tout grand style s'exprime l'orthodoxie, l'absolu, en quoi s'an&#233;antit l'individu. L'implacable beaut&#233; des idoles mayas &#233;voque les charniers sur lesquels elles ont r&#233;gn&#233;, et la haute flamme rose qui s'&#233;panouit &#224; la vo&#251;te des Jacobins de Toulouse est celle-l&#224; m&#234;me des b&#251;chers de l'Inquisition qui a &#233;difi&#233; l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il faut &#234;tre superficiel pour s'en tenir &#224;, la forme, pour &#234;tre un esth&#232;te ! La rigueur du style est celle de la soci&#233;t&#233;. Dans celles qui s'humanisent, comme dans la Gr&#232;ce de Praxit&#232;le, la magie des formes se perd, ou bien elles se brouillent, comme au XIXe si&#232;cle. Et quand les religions politiques du XXe reconstituent la totalit&#233; sociale, le grand style ne se manifeste pas dans la peinture ou la litt&#233;rature, mais dans les messes r&#233;volutionnaires et militaires. C'est &#224; Nuremberg ou dans les parades de la Wehrmacht, et non dans les fades chromos des artistes de service qu'il faut chercher l'art du IIIe Reich ; de m&#234;me pour la Russie de Staline. Leur style est celui de l'Assyrie. Le trait qu'une soci&#233;t&#233; incise dans la pierre est celui-l&#224; m&#234;me quelle taille dans la chair. Mais il arrive parfois, un bref instant, quand le lien trop tendu est au point de se rompre, que la libert&#233; s'&#233;veille dans la foi, la raison, la nature et la loi intactes. Alors les dieux de l'Acropole fr&#233;missent, et Don Juan se dresse &#224; l'appel du Commandeur. Mais si br&#232;ve est l'&#233;blouissante acm&#233; qui annonce la foudre ! Et si long l'interminable roulement de la nu&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du Beau Dieu au dieu Beau&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Paix ou guerre, terre ou mer, jusqu'au XVIIIe si&#232;cle la richesse et la puissance ne sauvaient gu&#232;re de la souffrance et de la mort qui cernaient de partout les hommes, seulement de la faim. Sur la gal&#232;re r&#233;ale, juste au-dessus de la chiourme puante, l'empereur reposait sur des coussins de soie sous un dais frang&#233; d'or ; d'un instant &#224; l'autre le moindre caprice de la mer pouvait l'en chasser. Ce dont il s'&#233;tait veng&#233; sur les bals en ordonnant &#224; ses sculpteurs de tailler de glorieuses temp&#234;tes dans le c&#339;ur de ch&#234;ne de l'&#233;trave. Si l'eau venait &#224; manquer, il n'avait qu'un signe &#224; faire, dix serviteurs se pr&#233;cipitaient lui en apporter les derni&#232;res gouttes dans une aigui&#232;re d'oricbalque aux anses de vermeil ; le plus grand orf&#232;vre de Rome leur avait donn&#233; l'&#233;lan des vagues &#233;cumantes. Mais Benvenuto lui-m&#234;me n'avait rien pu contre l'&#233;touffement du casque et de la cuirasse et, ne pouvant vaincre l'acier, il l'avait furieusement damasquin&#233;. Pour la parade et la bataille, le prince l'ornait d'une &#233;charpe de soie rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le maigre surplus arrach&#233; aux pestes et aux famines d'Europe s'investissait dans le r&#234;ve et l'apparence qui, sculpt&#233;s dans le plus dur et le plus durable, devenaient r&#233;alit&#233;. Pour le peuple, on continuait &#224; b&#226;tir des &#233;glises o&#249; des miroirs appel&#233;s retables interposaient leurs tourbillons d'or entre lui et le noir du quotidien. Ces fausses portes triomphales, ces ciels peints o&#249; fuyaient des anges lui ouvraient l'illusion d'une issue. Mais Dieu s'&#233;tait fait prince, il habitait son &#233;glise devenue palais. Entre les colonnes et les gardes fig&#233;s en cariatides les portraits &#233;questres lui renvoyaient son image. Un mur, plus formidable encore que celui des bastions parce que non seulement &#233;difi&#233; de blocs parfaitement joints, mais camoufl&#233; par l'Art, repoussait la souffrance et la mort dans les t&#233;n&#232;bres ext&#233;rieures. Ceci avec d'autant plus de fi&#232;vre et de d&#233;lires que l'impuissance, le frisson et l'&#233;pid&#233;mie r&#244;daient, invisibles dans les avenues glac&#233;es des gloires imp&#233;riales ou monarchiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons plus d'&#233;glises et ne d&#233;pensons gu&#232;re pour orner nos palais. La Science a rendu semble-t-il pareille magie inutile. Nos princes n'ont plus besoin de glorifier ainsi leur pouvoir, ils l'ont. Ils n'ont m&#234;me rien d'autre, ils n'ont qu'&#224; presser sur un bouton pour survoler la terre dans un fauteuil. L'efficacit&#233; de nos armes ne r&#233;clame plus qu'on les orne d'une t&#234;te de Gorgone : elles le sont. Tandis que notre monde s'encombre d'hommes et de produits, il devient nu : comme nos murs, nos engins se suffisent &#224; eux-m&#234;mes. Nous avons fait reculer l'adversaire. Mais nulle cuirasse damasquin&#233;e ne nous prot&#232;ge plus de lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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