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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Andr&#233; Gorz, ou le refus de la domination du travail</title>
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		<dc:date>2021-10-20T17:19:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Gollain</dc:creator>



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&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert Andr&#233; Gorz en 1978 lorsque j'&#233;tais jeune &#233;tudiante. Je sentais, encore confus&#233;ment &#224; l'&#233;poque, que le carri&#233;risme et l'id&#233;al de bonheur par la consommation &#233;taient des pi&#232;ges. Ses &#233;crits m'ont alors donn&#233; les mots, comme &#224; bien d'autres de ma g&#233;n&#233;ration, pour exprimer mon refus d'une existence centr&#233;e sur le travail et la poursuite de l'accumulation mat&#233;rielle. J'esp&#232;re &#233;tablir ici &#224; quels titres il est sans conteste un &#171; p&#232;re de la d&#233;croissance &#187;, bien qu'il ne soit gu&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;N&#176; 2 - D&#233;croissance &amp; travail (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert Andr&#233; Gorz en 1978 lorsque j'&#233;tais jeune &#233;tudiante. Je sentais, encore confus&#233;ment &#224; l'&#233;poque, que le carri&#233;risme et l'id&#233;al de bonheur par la consommation &#233;taient des pi&#232;ges. Ses &#233;crits m'ont alors donn&#233; les mots, comme &#224; bien d'autres de ma g&#233;n&#233;ration, pour exprimer mon refus d'une existence centr&#233;e sur le travail et la poursuite de l'accumulation mat&#233;rielle. J'esp&#232;re &#233;tablir ici &#224; quels titres il est sans conteste un &#171; p&#232;re de la d&#233;croissance &#187;, bien qu'il ne soit gu&#232;re cit&#233; par ceux qui se rangent derri&#232;re cette banni&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quant &#224; ceux qui se sont engag&#233;s sur des chemins proches, ils l'interpr&#232;tent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'il est hors de question d'esquisser en quelques lignes un riche parcours de presque soixante ann&#233;es, les lignes qui suivent se proposent en revanche d'offrir tout &#224; la fois une introduction &#224; certains aspects susceptibles d'int&#233;resser comme d'interroger les acteurs de l'&#233;cologie radicale d'aujourd'hui. Elles serviront &#233;galement de mise en contexte &#224; la contribution de Gorz &#224; cette livraison. Je rappellerai bri&#232;vement l'engagement d'ordre &#233;thique et philosophique qui sous-tend son engagement politique &#224; travers l'&#233;criture, avant d'esquisser les grandes lignes de son projet d'&#233;mancipation, dont le contenu est &#233;troitement li&#233; &#224; sa conception du travail, de la modernit&#233; et du politique. Dans un second temps, l'examen de son analyse des derni&#232;res mutations du capitalisme devrait permettre de pr&#233;ciser davantage le contenu de ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antiproductivisme, existentialisme, marxisme&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvrages d'Andr&#233; Gorz ainsi que ses tr&#232;s nombreux articles tirent leur coh&#233;rence profonde des fondements philosophiques, pourtant moins connus ou discut&#233;s, de son &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses deux ouvrages Fondements pour une morale (1977, Seuil, mais r&#233;dig&#233; au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est une orientation existentialiste &#8211; il fut fascin&#233; par Sartre d&#232;s 1943 &#8211;, mais aussi ph&#233;nom&#233;nologique qui rend intelligible sa critique du travail, ainsi que du paradigme m&#233;caniste et productiviste qui constitue l'assise du capitalisme, et en fait autant d'&#233;tapes d'un long combat pour le sujet. Et c'est bien parce qu'il se pla&#231;ait dans une telle perspective qu'il put, d&#232;s les ann&#233;es cinquante, penser l'&#233;chec des soci&#233;t&#233;s &#171; avanc&#233;es &#187; &#8211; capitalistes ou &#171; socialistes &#187; &#8211; &#224; satisfaire les besoins existentiels des individus. Il a d&#233;nonc&#233; particuli&#232;rement vivement la soumission des individus, dans leurs besoins et d&#233;sirs autant que dans leur travail, au mod&#232;le dominant de consommation des soci&#233;t&#233;s capitalistes. Car se trouve en effet au premier plan dans ses &#233;crits l'exp&#233;rience faite par des sujets vivants de la d&#233;n&#233;gation de leur libert&#233; par des forces qui d&#233;passent leur contr&#244;le. Le fil rouge &#224; travers son &#339;uvre est incontestablement la question de la libert&#233; ou, plus exactement, de la centralit&#233; de la relation entre libert&#233; et non-libert&#233; ou encore, selon les termes d'Ivan Illich, entre h&#233;t&#233;ronomie et autonomie, et notamment celle de la pr&#233;servation de nos espaces d'autonomie face &#224; l'extension des logiques marchandes ou technocratiques. Cette centralit&#233; du sujet et cette exigence d'autonomie individuelle et collective, pr&#233;sente d&#232;s ses premi&#232;res analyses, a tr&#232;s t&#244;t d&#233;bouch&#233; sur une critique sociale qui me semble absolument incontournable pour qui veut d&#233;fier un certain nombre de pr&#233;suppos&#233;s qui sont aujourd'hui monnaie courante dans l'altermondialisme &#8211; et au premier chef la focalisation sur la croissance et l'emploi comme biens incontest&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnant corps &#224; ses positions philosophiques, Gorz a construit un projet &#233;mancipateur singulier &#224; travers son engagement aux c&#244;t&#233;s des penseurs et militants radicaux de son &#233;poque, en marge de l'institution universitaire et par son travail de journaliste tout d'abord. &#192; travers ses &#233;crits antiproductivistes dans les colonnes du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; et du mensuel &#233;cologiste &lt;i&gt;Le Sauvage&lt;/i&gt;, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, il s'est notamment impos&#233; comme l'une des figures de l'&#233;cologie radicale des ann&#233;es soixante-dix. L'&#233;cologie gorzienne est une &#233;cologie &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;, une &#233;cologie qui porte un projet de soci&#233;t&#233; en rupture avec l'id&#233;ologie techniciste et l'&#233;conomisme dominant. Il a d'ailleurs tr&#232;s t&#244;t mis en garde contre le pouvoir d'une technocratie verte, contre un environnementalisme qui se contenterait de g&#233;rer le d&#233;veloppement du capitalisme dans des limites acceptables sans rompre avec un &#233;conomisme m&#234;me bien intentionn&#233;. S'il fut l'un de ceux qui ont attir&#233; l'attention sur la menace pesant sur les &#233;quilibres naturels, il n'existe cependant pour lui aucune d&#233;termination &#233;cologique simple qui dicterait avec certitude le chemin &#224; suivre, faisant l'&#233;conomie de l'analyse sociologique et de la d&#233;lib&#233;ration politique. Il est &#224; cet &#233;gard essentiel de comprendre que son &#233;cologie puise dans une lecture h&#233;t&#233;rodoxe des textes de Marx sur la base de laquelle il n'a eu de cesse de diss&#233;quer la dynamique d'un &lt;i&gt;mode de production&lt;/i&gt;, le capitalisme. Ni le rejet en bloc ni l'adoption comme v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e des textes de Marx ne sont acceptables. Ceux-ci constituent pour Gorz des instruments intellectuels irrempla&#231;ables bien qu'inachev&#233;s et contradictoires. Son livre &lt;i&gt;La Morale de l'histoire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seuil, 1959.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a d'ailleurs constitu&#233; la premi&#232;re &#233;bauche d'une th&#233;orie de l'ali&#233;nation offrant une perspective critique sur le marxisme. &#171; L'exigence &#233;thique d'&#233;mancipation du sujet implique la critique th&#233;orique et pratique du capitalisme, de laquelle l'&#233;cologie est une dimension essentielle [...] Ce mode de production exige la maximisation des rendements et recourt &#224; des techniques qui violent les &#233;quilibres biologiques &#187;, d&#233;clarait-il encore r&#233;cemment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;cologie politique, une &#233;thique de la lib&#233;ration. Entretien avec Andr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ration du temps et d&#233;fense de l'autonomie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa lecture existentialiste de Marx fondera en derni&#232;re instance son effort de penser ce qu'il en serait d'un au-del&#224; du capitalisme, mais &#233;galement d'un au-del&#224; d'un socialisme fond&#233; sur la religion du travail. Il posera qu'il existe non seulement des limites &#233;cologiques, mais encore des limites existentielles &#224; l'&#233;conomique et au r&#232;gne de la marchandise. Chacun de ses &#233;crits d&#233;veloppe alors une r&#233;flexion sur la pr&#233;servation d'un monde v&#233;cu, d'une culture du quotidien, qui passe obligatoirement par la possibilit&#233; de vivre mieux tout en consommant moins. Comme Illich, qu'il a contribu&#233; &#224; faire conna&#238;tre en France, il consid&#232;re que le moteur du syst&#232;me, la croissance, est une fuite en avant insoutenable. Au contraire, &#171; &#8220;mieux&#8221; ce peut &#234;tre &#8220;moins&#8221; : cr&#233;er le &lt;i&gt;minimum&lt;/i&gt; de besoins, les satisfaire par la &lt;i&gt;moindre&lt;/i&gt; d&#233;pense possible de mati&#232;res, d'&#233;nergie et de travail, et en provoquant le &lt;i&gt;moins&lt;/i&gt; possible de nuisances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chapitre 1 de &#201;cologie et politique, Seuil, 1978, p. 36.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, &#233;crivait Gorz dans l'essai &#171; &#201;cologie et libert&#233; &#187;, d'une actualit&#233; &#233;tonnante &#224; l'&#232;re de la mondialisation d&#233;vastatrice. Il montre que la g&#233;n&#233;ralisation progressive du travail salari&#233; comme moyen exclusif de satisfaire nos besoins et d'&#234;tre int&#233;gr&#233; socialement signifie que nous sommes forc&#233;s &#224; des t&#226;ches dont nous ne contr&#244;lons ni l'organisation ni le but. Bien s&#251;r, nous recevons en &#233;change un d&#233;dommagement mon&#233;taire qui nous donne acc&#232;s &#224; une montagne de consommations marchandes, mais, et c'est essentiel, nos capacit&#233;s d'action autonome sont progressivement d&#233;truites, r&#233;duisant ainsi notre libert&#233; &#224; un choix parmi des consommations et des divertissements, et les seules revendications pensables tendent &#224; porter sur la consommation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trente ans plus tard, le diagnostic est le m&#234;me : &#171; Le travail salari&#233; n'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Contre une &#171; croissance destructrice &#187;, il convient de rendre possible une &#171; d&#233;croissance productive &#187;, fond&#233;e sur des d&#233;cisions de production et de consommation prises sur la base des besoins des gens, et supposant un consensus sur les limites (norme du suffisant), et une gestion visant la plus grande efficacit&#233; possible &#8211; donc le minimum de travail, de capital, de ressources, et une r&#233;duction de la production marchande, r&#233;it&#232;re-t-il dans ses &lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adieux au prol&#233;tariat. Au-del&#224; du socialisme, Galil&#233;e, Paris, 1980, pp. 179-180.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci est la conviction qui a soutenu sa d&#233;fense de la r&#233;duction du temps de travail, ce pour quoi il est sans doute le plus connu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gorz a examin&#233;, en d&#233;tail et chiffres &#224; l'appui, diff&#233;rents sc&#233;narios (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au-del&#224;, sa perspective ultime, l'utopie qui l'anime, est la lib&#233;ration du temps par l'abolition de la soci&#233;t&#233; salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette limitation volontaire et collective de &#171; la sph&#232;re de la n&#233;cessit&#233; &#187; permet une expansion de &#171; la sph&#232;re de l'autonomie &#187;, &#233;crivait- il dans les ann&#233;es quatre-vingt. Il porte aujourd'hui un regard critique sur cette p&#233;riode pendant laquelle il s'exprimait comme s'il pouvait exister une sph&#232;re dans laquelle le sujet ferait l'exp&#233;rience d'une autonomie absolue (par opposition &#224; une sph&#232;re de l'h&#233;t&#233;ronomie absolue)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'en explique notamment dans notre entretien in Une critique du travail, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, sa th&#232;se fondamentale demeure : la lib&#233;ration du temps vis&#233;e par la mise en question de la centralit&#233; du travail-emploi n'amorce le d&#233;passement de la logique capitaliste qu'&#224; cette condition : la pr&#233;pond&#233;rance des activit&#233;s autonomes sur les activit&#233;s h&#233;t&#233;ronomes. En outre, m&#234;me un revenu social garanti pour lequel il milite sous des formes diff&#233;rentes depuis &lt;i&gt;Les Chemins du paradis&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titre : L'Agonie du capital, Galil&#233;e, 1983.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] &#8211; le plus visionnaire peut-&#234;tre de ses ouvrages, dans lequel il d&#233;veloppe les th&#232;ses d'&lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt; &#8211; signifie impuissance et subordination des individus face aux institutions s'il n'y a pas auto-production de valeurs d'usage. Au-del&#224; de la richesse marchande, les richesses intrins&#232;ques sont ailleurs, &#171; par exemple dans la qualit&#233; du milieu de vie, la qualit&#233; de l'&#233;ducation, les liens de solidarit&#233;, les r&#233;seaux d'aide et d'assistance mutuelles aussi les savoirs et les capacit&#233;s des gens &#187; ; tel est le message, m&#234;me si les termes ont chang&#233; avec le temps. Tandis que l'actuelle &#233;quipe au pouvoir s'attaque au dispositif, m&#234;me critiquable, des 35 heures et incarne parfaitement notre &#171; soci&#233;t&#233; de travail &#187;, qui abolit massivement le travail mais le perp&#233;tue en m&#234;me temps comme norme et comme obligation pour mobiliser les individus &#224; des co&#251;ts de plus en plus r&#233;duits, Gorz continue de rappeler que le temps, celui de la vie, vaut en soi et non par sa productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'examiner plus en d&#233;tail les rapports entre h&#233;t&#233;ronomie et autonomie qui conditionnent sa d&#233;finition du politique, il vaut la peine de pr&#233;ciser quelque peu la nature de ce travail-emploi autour duquel la soci&#233;t&#233; salariale moribonde est organis&#233;e, de mani&#232;re &#224; saisir le sens de ses &#233;crits de la derni&#232;re d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abolition du salariat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si dans l'emploi, la dimension anthropologique du travail n'est jamais totalement absente, en tant que travail que l'on effectue, elle reste n&#233;anmoins subordonn&#233;e &#224; l'imp&#233;ratif de la valorisation. Abolir la soci&#233;t&#233; salariale reviendrait donc &#224; lib&#233;rer le travail de la tyrannie de l'emploi et &#224; la &#171; fin de la tyrannie qu'exercent les rapports de marchandises sur le travail au sens anthropologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233; de son article dans ce num&#233;ro, pp. 51-59&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. D&#233;p&#233;rissement du salariat et d&#233;p&#233;rissement des rapports marchands sont intimement li&#233;s dans le projet gorzien, et ce d&#232;s &lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, qui constitue le premier tournant de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se globale de sa &lt;i&gt;Critique de la division du travail&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seuil, 1973.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;tait que la division capitaliste du travail n'a pas de n&#233;cessit&#233; objective, mais r&#233;pond aux exigences de l'accumulation qui sont &#171; la source de toutes les ali&#233;nations &#187;. L'ouvrage s'inscrivait dans la ligne de &lt;i&gt;Strat&#233;gie ouvri&#232;re et n&#233;o-capitalisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; en 1964 et repris dans R&#233;forme et r&#233;volution, Seuil, 1969.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; puisque qu'il &#233;tait une incitation &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re &#224; l'ali&#233;nation dans le travail. Or, dans &lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, il avance que l'utopie &#8211; pr&#233;sente dans certains textes de Marx et reprise par le mouvement ouvrier &#8211; de la co&#239;ncidence du travail fonctionnel et de l'activit&#233; personnelle, et partant d'une appropriation v&#233;ritable du travail, est irr&#233;alisable &#224; l'&#233;chelle des grands syst&#232;mes. Le postulat qui d&#233;terminera, &#224; partir de 1980, toute la critique gorzienne du travail salari&#233; est que les rapports de domination sont inh&#233;rents au fonctionnement de la m&#233;gamachine industrielle-bureaucratique, comme il le rappelle dans sa contribution. La dimension des unit&#233;s de production, la fonctionnalit&#233; de chacun des rouages, la division du travail &#224; l'&#233;chelle d'espaces &#233;conomiques transnationaux font qu'il est impossible que ses fins se refl&#232;tent dans le travail de chacun. Cette h&#233;t&#233;ro-d&#233;termination implique donc n&#233;cessairement une part d'ali&#233;nation, et m&#234;me l'autogestion n'implique pas autod&#233;termination par les travailleurs. En un mot, l'&lt;i&gt;autonomie formelle&lt;/i&gt; dans l'ex&#233;cution et les rapports de travail est non n&#233;gligeable, mais reste une autonomie limit&#233;e qui ne peut en aucun cas &#234;tre confondue avec l'&lt;i&gt;autonomie existentielle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son attaque, dans &lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, du marxisme vulgaire &#224; l'Ouest comme des socialismes de l'Est, pour leur culte quasi mystique et d&#233;terministe du Prol&#233;tariat (et de sa mission) et de la Production avait dress&#233; contre lui les orthodoxies, syndicale comme marxiste. Son propos explicite &#233;tait d'ailleurs de d&#233;gager des orientations &#224; partir desquelles une &#171; gauche porteuse d'avenir &#187; serait susceptible de rena&#238;tre. Il positionne toujours son utopie comme &#171; au-del&#224; du socialisme &#187; : &#171; Le communisme, &#231;a n'est ni le plein emploi, ni le salaire pour tout le monde, c'est l'&#233;limination du travail sous la forme historiquement sp&#233;cifique qu'il a dans le capitalisme, c'est-&#224;-dire du travail emploi, du travail marchandise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;cologie politique, une &#233;thique de la lib&#233;ration &#187;, p. 10.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, Gorz consid&#232;re d&#233;j&#224; en 1980 que les mutations technologiques rendent &#171; rigoureusement impossible de r&#233;tablir le plein- emploi par une croissance &#233;conomique quantitative. &#171; L'alternative est plut&#244;t entre deux fa&#231;ons de g&#233;rer l'abolition du travail : l'une qui conduit &#224; une soci&#233;t&#233; du ch&#244;mage, l'autre qui conduit &#224; une soci&#233;t&#233; du temps lib&#233;r&#233; &#187; et affirme que &#171; la fa&#231;on de g&#233;rer l'abolition du travail et sa ma&#238;trise sociale sont des enjeux politiques centraux des d&#233;cennies &#224; venir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adieux au prol&#233;tariat, op. cit., pp. 10-11 respectivement pour ces deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;H&#233;t&#233;ronomie et autonomie, communaut&#233; et soci&#233;t&#233;, le politique&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant repris la distinction d'Illich autonomie-h&#233;t&#233;ronomie dans &lt;i&gt;&#201;cologie et politique&lt;/i&gt;, Gorz expose alors dans &lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt; son projet d'une soci&#233;t&#233; socialiste dans laquelle la sph&#232;re de l'h&#233;t&#233;ronomie aurait &#233;t&#233; subordonn&#233;e &#224; la sph&#232;re de l'autonomie. Cette repr&#233;sentation dichotomique sera ensuite formul&#233;e dans un autre langage : dans &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses du travail&lt;/i&gt;, sa critique du capitalisme se d&#233;veloppe comme &lt;i&gt;critique de la raison &#233;conomique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs le sous-titre de M&#233;tamorphoses du travail, qu&#234;te du sens, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et donne forme &#224; son projet &#233;mancipateur. &#192; la suite de Karl Polanyi, il d&#233;finit l'essence du socialisme comme subordination des activit&#233;s &#233;conomiques &#224; des fins et &#224; des valeurs soci&#233;tales, puis reprend longuement cette d&#233;finition dans &lt;i&gt;Capitalisme, socialisme, &#233;cologie. D&#233;sorientations, orientations&lt;/i&gt; : &#171; La reconstruction &#233;cologique de la soci&#233;t&#233; exige que la rationalit&#233; &#233;conomique soit subordonn&#233;e &#224; une rationalit&#233; &#233;cosociale &#187;, et &#171; si [elle] doit r&#233;sulter non pas d'un dirigisme technocratique et autoritaire mais de la reconstitution d'un monde v&#233;cu, la d&#233;croissance de la production de marchandises et de services marchands devra &#234;tre r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; une autolimitation des besoins se comprenant elle-m&#234;me comme une requ&#234;te de l'autonomie, c'est-&#224;- dire gr&#226;ce &#224; une r&#233;orientation d&#233;mocratique du d&#233;veloppement &#233;conomique, avec r&#233;duction simultan&#233;e de la dur&#233;e du travail et extension, favoris&#233;e par des &#233;quipements collectifs ou communautaires, des possibilit&#233;s d'autoproduction coop&#233;ratives ou associatives. Des politiques dans ce sens doivent &#234;tre engag&#233;es &#224; l'&#233;chelle de l'Europe, d'un espace &#233;co-social europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Capitalisme socialisme, &#233;cologie. D&#233;sorientations, orientations, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Cette &#171; r&#233;orientation d&#233;mocratique &#187; nous ferait passer d'une soci&#233;t&#233; productiviste, ou soci&#233;t&#233; de travail (&lt;i&gt;Arbeitsgesellschaft&lt;/i&gt;) &#224; une soci&#233;t&#233; du temps lib&#233;r&#233; (&lt;i&gt;Kulturgesellschaft&lt;/i&gt;), o&#249; le culturel et le soci&#233;tal l'emporteraient sur l'&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe n&#233;anmoins de saisir que Gorz affirme &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; la n&#233;cessit&#233; d'instances de r&#233;gulation supra-locales et d'une orientation libertaire qui le rapproche des militants de la d&#233;croissance. Dans &lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Galil&#233;e, 1997.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il renoue avec certaines pr&#233;occupations de &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses du travail&lt;/i&gt; sous la forme d'une r&#233;flexion sur le politique qu'il con&#231;oit comme m&#233;diation entre communaut&#233; et soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'objet de la digression &#171; communaut&#233; et soci&#233;t&#233; &#187;, pp. 185-197.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'importance qu'il accorde aux m&#233;diations n&#233;cessaires entre niveaux micro- et macro-social le conduit &#224; une mise en garde forte contre le pi&#232;ge du communautarisme et le fantasme de l'abolition du politique. Les n&#233;cessit&#233;s administratives des soci&#233;t&#233;s complexes ne sauraient &#234;tre satisfaites par la coop&#233;ration consensuelle des communaut&#233;s ; il convient alors d'organiser une sph&#232;re aussi petite que possible de la r&#233;gulation sur un mode h&#233;t&#233;ronome. Pour lui, &#171; la politique [...] ne dispara&#238;tra pas par enchantement au profit des rapports communicationnels et consensuels des communes. Que la communaut&#233; villageoise n'est pas extensible &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, ni la coop&#233;rative autog&#233;r&#233;e ; que la richesse d'une soci&#233;t&#233; et d'une civilisation d&#233;pend aussi de l'existence de &lt;i&gt;grandes&lt;/i&gt; collectivit&#233;s territoriales, de villes assez grandes pour qu'y puissent exister des activit&#233;s tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;es et minoritaires [...], mais aussi de grands appareils et services publics [...]. Et que tout cela suppose que la soci&#233;t&#233; produise un &#8220;surplus &#233;conomique&#8221; accumulable, donc qu'il subsiste une monnaie &#233;quivalent universel, des r&#232;gles connues et applicables &#224; tous, donc un droit, un appareil du droit, un organe de coordination et de p&#233;r&#233;quation, &lt;i&gt;bref ce qu'on appelle un &#201;tat&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Gorz, Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible, op. cit., pp. 176-177.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est possible en revanche, c'est que la coop&#233;ration productive et les &#233;changes sociaux auto-organis&#233;s se chargent de plus en plus d'une dimension politique, par laquelle est prise en compte l'insertion des activit&#233;s locales dans leur contexte plus large&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 177.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Selon cette conception, &#171; la politique est l'espace sp&#233;cifique de la tension, toujours conflictuelle, entre les p&#244;les oppos&#233;s de la communaut&#233; et de la soci&#233;t&#233; [...] ou encore, plus profond&#233;ment, entre le domaine de l'autonomie et celui de l'h&#233;t&#233;ronomie, c'est-&#224;-dire de la capacit&#233; d'autod&#233;termination et d'autor&#233;gulation des individus et des groupes, d'une part, et d'autre part, des contraintes qui r&#233;sultent du fonctionnement de la soci&#233;t&#233; en tant qu'ensemble d'institutions et d'appareils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 197.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pr&#233;server la sph&#232;re du monde v&#233;cu &#233;quivaut, sans aucun doute possible, &#224; garantir l'existence d'une v&#233;ritable citoyennet&#233; agissante, mais on peut supputer que le lien consubstantiel entre autonomie et processus d&#233;mocratique ne se limite pas aux formes de d&#233;mocratie participative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que Gorz ne se soit pas exprim&#233; sur les d&#233;bats actuels autour de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura reconnu que la &lt;i&gt;r&#233;intrication de l'&#233;conomique&lt;/i&gt; pr&#233;conis&#233;e ici constitue &#233;galement le point de convergence des diverses composantes d'un large mouvement actuel, mais celle-ci ne repose pas uniquement sur les relations transversales solidaires sur laquelle insistent les acteurs du mouvement de la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons maintenant aborder l'autre grand pan de l'&#339;uvre de Gorz, pour faire appara&#238;tre la singularit&#233; de sa perspective sur la crise actuelle dans laquelle, affirme-t-il, le capitalisme s'enfonce depuis 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;conomie de la connaissance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gorz avait entretenu des contacts avec certains courants de l'opera&#239;sme italien durant les ann&#233;es soixante et soixante-dix, notamment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lotta Continua&lt;/i&gt;, et &#233;tait proche en France des th&#232;ses de Jean-Marie Vincent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. notamment : Vincent Jean-Marie, Critique du travail, PUF, 1987 ; Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; partir des ann&#233;es quatre-vingt-dix, il approfondit son analyse de la mutation du capitalisme avec la lecture des revues &lt;i&gt;Futur Ant&#233;rieur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parution 1990-1998, fond&#233;e par Jean-Marie Vincent, Denis Berger et Toni Negri.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;Alice&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parution 1998-2000, trois num&#233;ros seulement.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et &lt;i&gt;Multitudes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Para&#238;t depuis 2000, &#224; l'initiative de Yann Moulier-Boutang.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et de Moishe Postone et Robert Kurz ; ce qui le conduit &#224; effectuer le second tournant de son &#339;uvre avec &lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;L'Immat&#233;riel&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titre : Connaissance, valeur, capital, Galil&#233;e, 2003.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, son dernier ouvrage th&#233;orique. Tous ces textes ont en commun de s'int&#233;resser au Marx critique de la valeur des &#339;uvres de la maturit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Capital et, surtout, les Grundrisse, en particulier aux quelques pages (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gorz pose maintenant que le capitalisme postmoderne est centr&#233; sur le travail immat&#233;riel et la valorisation du capital humain. M&#234;me s'il y a bien s&#251;r coexistence de plusieurs modes de production &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, &#171; la fourniture de services, le travail immat&#233;riel, devient la forme h&#233;g&#233;monique de travail, le travail mat&#233;riel est envoy&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie du proc&#232;s de production ou est carr&#233;ment externalis&#233;. Il devient un &#8220;moment subalterne&#8221; de ce proc&#232;s, bien qu'il demeure indispensable et m&#234;me dominant du point de vue quantitatif. Le c&#339;ur de la cr&#233;ation de valeur est le travail immat&#233;riel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Immat&#233;riel, op. cit., p. 17.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ceci signifie que &#171; la valeur d'&#233;change des marchandises, mat&#233;rielles ou non, n'est plus d&#233;termin&#233;e en derni&#232;re analyse par la quantit&#233; de travail social g&#233;n&#233;ral qu'elles contiennent, mais, principalement, par leur contenu de connaissances, d'information, d'intelligence g&#233;n&#233;rales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 33.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail dit immat&#233;riel, auquel les &#233;talons classiques de mesure ne sont plus applicables, repose &#224; la fois sur des connaissances formalisables et sur des capacit&#233;s expressives et coop&#233;ratives d&#233;velopp&#233;es dans la culture du quotidien :
&lt;br /&gt;&#8212; La part formalis&#233;e de cette connaissance sous forme de logiciels produits &#224; co&#251;t tr&#232;s faible &#171; &#233;conomise des quantit&#233;s immenses de travail r&#233;mun&#233;r&#233; et par cons&#233;quent diminue ou m&#234;me annule la valeur d'&#233;change mon&#233;taire d'un nombre croissant de produits et de services&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 47.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Susceptible d'&#234;tre mise en commun par Internet, elle fait donc tendre l'&#233;conomie vers la gratuit&#233;. Nous y reviendrons.
&lt;br /&gt;&#8212; La connaissance, devenue force productive principale est &#233;galement &#171; en grande partie &#8220;intelligence g&#233;n&#233;rale&#8221;, culture commune, savoir vivant et v&#233;cu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p 46.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le travailleur postfordiste doit en effet faire preuve d'implication subjective ainsi que de qualit&#233;s personnelles de communication et d'expression qui font partie intrins&#232;que de la culture du quotidien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible et L'Immat&#233;riel contiennent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces capacit&#233;s participent d'abord de l'humanit&#233; des individus et de la culture de l'humanit&#233; et n'accroissent la productivit&#233; du capital que par-dessus le march&#233;, sans y avoir vocation. En d'autres termes, elles sont richesses intrins&#232;ques avant d'&#234;tre marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a depuis toujours pr&#233;dation d'externalit&#233;s positives par le capitalisme &#8211; on pense au travail des femmes par exemple. Il faut d&#233;sormais compter les logiciels ainsi que ces capacit&#233;s et savoirs vivants au titre des biens collectifs de l'humanit&#233; appropri&#233;s par le Capital (semences, eau, etc.). On voit par ailleurs que la mise en commun et le libre acc&#232;s sont la vocation de l'&#233;conomie de la connaissance sous ses deux aspects. Ceci signifie que les activit&#233;s productrices de valeur s'appuient sur des activit&#233;s qui n'ob&#233;issent pas &#224; la loi de la valeur. Essentielle &#224; sa sortie de la crise du fordisme, cette &#233;conomie de la connaissance &#224; haute productivit&#233; le pr&#233;cipite par cons&#233;quent vers une autre crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise de la valeur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme est, nous l'avons vu, sorti de la crise du mod&#232;le fordiste par diff&#233;rents biais, dont une tr&#232;s haute productivit&#233; du capital li&#233;e &#224; la fameuse r&#233;volution informationnelle ; ce qui entra&#238;ne des &#233;conomies de travail, puisqu'&#224; une productivit&#233; accrue correspond un nombre global plus faible d'actifs dont le travail valorise du capital&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est absolument essentiel pour saisir cet argument de comprendre la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis qu'&#224; l'inverse l'innovation technique continuelle r&#233;clame des moyens financiers tr&#232;s sup&#233;rieurs au co&#251;t du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant &#224; contre-pied les analyses d'autres critiques du capitalisme mondialis&#233;, il pose qu'avec le postfordisme nous sommes t&#233;moins non pas tant d'une salarisation de masse que d'une production de masse de surnum&#233;raires sans aucun espoir d'int&#233;gration au march&#233; mondial comme producteurs-consommateurs. L'augmentation des productions qui valorisent du capital faisant d&#233;p&#233;rir celles qui n'en valorisent pas &#8211; et ceci &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire &#8211; entra&#238;ne en effet la prol&#233;tarisation forc&#233;e des populations rurales et l'urbanisation en bidonvilles. La &lt;i&gt;jobless economy&lt;/i&gt; dont on a fait tant de cas &#224; propos des &#201;tats-Unis est un ph&#233;nom&#232;ne plan&#233;taire et le retour au plein emploi est une chim&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette production croissante de marchandises associ&#233;e &#224; une diminution du volume global du travail r&#233;mun&#233;r&#233; cr&#233;e un probl&#232;me croissant de solvabilisation de la demande et entra&#238;nerait la diminution de la valeur globale de la production et donc des profits, si n'&#233;taient mises en &#339;uvre deux strat&#233;gies :
&lt;br /&gt;&#8212; La cr&#233;ation d'argent fictif et de bulles sp&#233;culatives d'une part. Le d&#233;veloppement du cr&#233;dit &#224; la consommation sur la base de profits futurs et fictifs ne r&#233;sout que temporairement le probl&#232;me de la contraction de la masse salariale parce que la crise financi&#232;re entra&#238;nera immanquablement une d&#233;pression majeure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. d&#233;tails dans sa contribution. Cette appr&#233;hension est partag&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;br /&gt;&#8212; L'instauration de rentes de monopole d'autre part (brevetage dans les domaines les plus divers, ph&#233;nom&#232;ne des marques, etc.) ; autrement dit, la cr&#233;ation artificielle de raret&#233; de la connaissance par limitation artificielle de son acc&#232;s. La valeur des marchandises &#224; fort contenu immat&#233;riel r&#233;sulte de ce monopole de connaissance, de cette entrave &#224; l'appropriation collective. Pour que le capitalisme cognitif fonctionne comme capitalisme, &#233;crit Gorz, il se doit d'entraver l'&#233;volution vers &#171; une &#233;conomie de l'abondance &#187;. Car la connaissance devrait &#234;tre trait&#233;e comme un bien commun universel ; y compris dans sa forme digitale comme le d&#233;montrent les utilisations subversives de l'Internet des communaut&#233;s anarcho-communistes des logiciels libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenu social contre capitalisme financier&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; la nouvelle proposition de Gorz qui se veut en coh&#233;rence avec la mutation postfordiste qui fait de la connaissance la principale force productive, comme l'avait pr&#233;vu Marx dans les &lt;i&gt;Grundrisse&lt;/i&gt; : l'&#171; allocation universelle et inconditionnelle d'un revenu de base cumulable avec le revenu d'un travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible, op. cit., p. 140.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gorz avait longtemps refus&#233; de d&#233;coupler totalement emploi et revenu parce qu'il affirmait qu'un emploi conf&#232;re reconnaissance, droits, pleine citoyennet&#233;, ma&#238;trise de soi et du monde environnant comme travail effectu&#233;. &#192; mesure que le poids de sa n&#233;cessit&#233; diminue, il doit &#234;tre r&#233;parti &#233;quitablement pour qu'il diminue &#233;galement, dans la vie de chacun, en attribuant &#224; chaque individu un revenu en &#233;change de 20 000 heures de travail sur toute la vie, sugg&#233;rait-il alors dans Les &lt;i&gt;Chemins du paradis&lt;/i&gt;. &#192; partir de &lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible&lt;/i&gt;, la r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;duction continue du temps de travail demeure, mais l'accent se d&#233;place tr&#232;s sensiblement vers la garantie du revenu : il propose d'offrir &#224; tous un revenu d'existence suffisant et continu dans un contexte o&#249;, souvent par la force des choses, l'activit&#233; salari&#233;e est de plus en plus discontinue. En effet, notre &#233;conomie de croissance d&#233;truit non seulement des emplois, mais elle les partage in&#233;galement, sous la forme de temps partiels sous-pay&#233;s, de ch&#244;mage et de pr&#233;carit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Lorsque le temps de travail cesse d'&#234;tre la mesure du travail, un revenu garanti permettrait de faire un pas vers une distribution plus &#233;galitaire de la richesse, fruit d'une grande sophistication et d'une haute productivit&#233;, et de renverser la tendance &#224; la production structurelle d'ins&#233;curit&#233; qui caract&#233;rise le capitalisme mondialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le d&#233;veloppement de soi a un sens, la production et la productivit&#233; recherch&#233;es pour elles-m&#234;mes ne sont que des absurdit&#233;s capitalistes. C'est pourquoi Gorz pr&#233;conise d&#233;sormais de donner un sens aux gains de productivit&#233; avec un revenu qui ne soit pas distribu&#233; en fonction de notre autovalorisation sur un march&#233;. Ce revenu doit &#234;tre non seulement suffisant et universel, mais encore &lt;i&gt;inconditionnel&lt;/i&gt;, car la contribution de chacun &#8211; sciemment ou non &#8211; &#224; la richesse sociale est non mesurable. Il n'est donc plus compris comme r&#233;mun&#233;ration pour la production de richesse, mais comme condition de possibilit&#233; du d&#233;ploiement des activit&#233;s qui sont une richesse en elles-m&#234;mes. L'&#233;cart augmentant toujours entre la capacit&#233; de produire et la capacit&#233; de vendre avec profit, c'est-&#224;-dire entre la richesse productible et sa forme marchandise, un revenu social accorderait l'importance qu'elles m&#233;ritent aux richesses qui ne peuvent prendre cette forme valeur de la marchandise et de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'exprime sa contribution &#224; ce num&#233;ro, sa volont&#233; de s'inscrire dans une logique de d&#233;passement de l'argent, de la marchandise et du travail marchandise &#8211; trois formes de la valeur &#8211; l'a tout r&#233;cemment men&#233; &#224; l'id&#233;e d'un revenu qui se situerait au-del&#224; de la forme argent. Convaincu du fait que les m&#233;canismes m&#234;mes du capitalisme le conduisent &#224; son extinction/d&#233;passement et de la vraisemblance d'un effondrement du syst&#232;me mon&#233;taire international, il argue maintenant de la n&#233;cessit&#233; de monnaies d'une nature diff&#233;rente de l'argent, &#224; circulation limit&#233;e (locales) et p&#233;remption courte, et est convaincu que la crise nous condamnera &#224; l'inventivit&#233; dont ont d&#251; faire preuve les Argentins, de fa&#231;on &#224; faire &#233;merger une &#171; &#233;conomie &#187; de la production de richesses et non plus de valeurs marchandes. Ces monnaies seront port&#233;es par &#171; une vague de fond &#187;, &#171; d'en bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les acteurs du changement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gorz s'interroge depuis toujours sur les m&#233;diations possibles entre le syst&#232;me industriel et la soci&#233;t&#233; salariale, et des formes de soci&#233;t&#233;s postindustrielles et postsalariales. Il continue aujourd'hui de miser sur la capacit&#233; des soci&#233;t&#233;s modernes &#224; &lt;i&gt;se d&#233;passer&lt;/i&gt; vers une autre modernit&#233; et, en l'occurrence, &#224; r&#233;aliser une lib&#233;ration du temps promise par le d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des technologies. C'est pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle il consid&#232;re qu'une utopie d&#233;sindustrialiste qui pr&#244;nerait un retour aux &#233;conomies villageoises, communautaires, et &#224; production essentiellement artisanale et autarcique, est une th&#233;orie &#224; caract&#232;re pr&#233;moderne, car l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; postindustrielle n'y r&#233;sulte pas &#171; d'un d&#233;veloppement par lequel le capitalisme se d&#233;passerait lui-m&#234;me &#187;, mais uniquement d'une destruction due &#224; des facteurs externes, du type effondrement &#233;cologique ramenant &#224; un ordre pr&#233;tendument naturel et bon par d&#233;finition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Capitalisme, socialisme, &#233;cologie. D&#233;sorientations, orientations, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au contraire, avance-t-il, la croissance est depuis une bonne dizaine d'ann&#233;es porteuse de sa &lt;i&gt;critique interne&lt;/i&gt; puisque l'&#233;conomie de la connaissance est la crise du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;ress&#233; par la reprise d'interrogations fondamentales ayant &#233;merg&#233; au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix &#8211; par le mouvement pour la d&#233;croissance notamment, il se pose aujourd'hui le probl&#232;me de la jonction entre d'une part l'&#233;cologie radicale, ceux qui mettent en avant la destruction des ressources naturelles, des soci&#233;t&#233;s et des cultures et, d'autre part, l'anticapitalisme passant par une critique de la valeur ou, dit autrement, ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la mutation/crise du capitalisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance priv&#233;e avec l'auteur, 5-6 septembre 2005.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;cision importante sur ce point : la libert&#233; ne saurait en aucun cas r&#233;sulter pour Gorz d'une mutation technologique ; c'est bien le projet politique, social, &#233;thique soutenant sa mise en &#339;uvre qui va favoriser l'&#233;panouissement personnel et collectif. La capacit&#233; ou au contraire l'incapacit&#233; &#224; l'articuler d&#233;cidera si nous sombrerons dans la crise ou si nous verrons un espace de plus en plus &#233;tendu d'activit&#233;s autod&#233;termin&#233;es et une civilisation de la coop&#233;ration auto-organis&#233;e. D&#232;s lors, la question, &lt;i&gt;d'ordre politico-culturel&lt;/i&gt;, est celle des individus et des groupes qui exp&#233;rimentent une alternative radicale, insiste Gorz. La soci&#233;t&#233; alternative doit prendre racine d&#232;s aujourd'hui dans des &#171; r&#233;volutions mol&#233;culaires &#187;, selon l'expression de F&#233;lix Guattari qu'il aime &#224; citer, autrement dit, dans des exp&#233;rimentations sociales &#224; grande &#233;chelle faisant entrevoir une soci&#233;t&#233; abolissant le salariat. &lt;i&gt;Dans le m&#234;me mouvement&lt;/i&gt;, et partant de buts ultimes et radicaux &#224; atteindre, des politiques interm&#233;diaires (temps, ville, &#233;ducation, etc.) doivent &#234;tre men&#233;es pour favoriser l'&#233;largissement d'espaces &#233;chappant &#224; la logique &#233;conomique. En bref, alternatives locales concr&#232;tes, instruments politiques et changement des mentalit&#233;s s'influencent r&#233;ciproquement/mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, le sujet possible de l'abolition de la soci&#233;t&#233; salariale &#233;tait d&#233;sign&#233;, en pied de nez aux id&#233;ologies prol&#233;tariennes, comme &#171; la non-classe des non-travailleurs &#187;, ceux qui ne s'identifient pas &#224; leur travail ; depuis &lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible&lt;/i&gt;, le changement des mentalit&#233;s est principalement incarn&#233; par les &#171; dissidents du capitalisme num&#233;rique &#187; qui lui semblent porter une autre vision de la soci&#233;t&#233;. Ce prol&#233;tariat num&#233;rique est constitu&#233;, comme le prol&#233;tariat postindustriel d'&lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, de d&#233;class&#233;s volontaires. La communaut&#233; hacker fait partie, note-t-il, des mouvements fond&#233;s sur des alliances transversales qui s'efforcent de s'affranchir de la logique du capitalisme &#8211; &lt;i&gt;Via campesina&lt;/i&gt;, le mouvement &lt;i&gt;zapatista&lt;/i&gt;, les SEL, etc. &#8211; car &#171; les r&#233;volutions sont faites &#8211; quand elles sont faites &#8211; par l'alliance des plus opprim&#233;s avec ceux qui sont le plus conscients de leur ali&#233;nation et de celle des autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Immat&#233;riel, op. cit., p. 98.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La place centrale accord&#233;e &#224; ces dissidents en particulier fera sans nul doute froncer plus d'un sourcil et il nous reste donc &#224; pr&#233;ciser en guise de contribution au d&#233;bat en quoi, chez Gorz, le hacker est la figure embl&#233;matique de l'appropriation collective, d&#233;sormais possible, du travail, et le mod&#232;le d'&#171; artisanat hi-tech &#187;, la voie de sortie hors de l'industrialisme productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les outils du changement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es quatre-vingt, au moment o&#249; il th&#233;orisait l'h&#233;t&#233;ronomie et le caract&#232;re non appropriable du travail, Gorz soutenait que, bien que la puissance accrue de la technique emp&#234;che le travailleur de conna&#238;tre et de contr&#244;ler la finalit&#233; de ce qu'il fait, elle est un prix acceptable &#224; payer &lt;i&gt;dans la mesure o&#249;, en accroissant l'efficacit&#233; du travail, elle permet d'&#233;conomiser du temps et de la peine&lt;/i&gt; au profit du d&#233;veloppement d'activit&#233;s qui sont, elles, sources de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, une &#233;conomie caract&#233;ris&#233;e par un large degr&#233; d'auto-d&#233;termination (&lt;i&gt;self-reliance&lt;/i&gt;) et d'autoproduction coop&#233;rative dans tous les domaines de la vie quotidienne, alli&#233;es &#224; une consommation minimale, suppose des outils ad&#233;quats. Or, ces derniers sont maintenant fournis par les d&#233;veloppements de l'informatique qui permettent de produire ce qui est susceptible de satisfaire une gamme &#233;tendue de besoins dans des ateliers communaux, comme le d&#233;montrent d&#233;j&#224; les exp&#233;rimentations suscit&#233;es par Frithjof Bergmann ainsi que les pratiques des communaut&#233;s anarcho-communistes des logiciels libres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abord&#233; par Gorz dans sa contribution &#224; ce num&#233;ro.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ces derni&#232;res, &#171; la division du travail en t&#226;ches sp&#233;cialis&#233;es et hi&#233;rarchis&#233;es est virtuellement abolie, de m&#234;me que l'impossibilit&#233; dans laquelle se trouvaient les producteurs de s'approprier et d'autog&#233;rer les moyens de production. La s&#233;paration entre les travailleurs et leur travail r&#233;ifi&#233;, et entre ce dernier et son produit, est donc virtuellement abolie, les moyens de production devenant virtuellement appropriables et susceptibles d'&#234;tre mis en commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Immat&#233;riel, op. cit., pp. 20-21.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la production d'une grande partie du n&#233;cessaire qu'il assignait essentiellement aux techniques de production et, par implication, aux modes d'organisation du travail h&#233;t&#233;ronomes, est d&#233;sormais envisageable dans la perspective d'une &#233;conomie de la gratuit&#233; et de la mise en commun tr&#232;s largement d&#233;mon&#233;taris&#233;e, une &#233;conomie affranchie de la loi de la valeur. Il s'agirait d'une soci&#233;t&#233; de l'information laissant les individus d'autant plus libres pour des activit&#233;s cr&#233;atrices, r&#233;gie non par le crit&#232;re du profit, mais par le crit&#232;re de l'utilit&#233; et de la d&#233;sirabilit&#233; des productions. C'est le sens de sa d&#233;fense actuelle d'un mod&#232;le d'&#171; artisanat hi-tech &#187;. Elle lui semble favoriser une &#233;conomie qui ne serait plus production de marchandises, mais de biens communs au service de l'&#233;panouissement humain ; en un mot, une soci&#233;t&#233; au-del&#224; des rapports marchands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons pour terminer que cette option &#171; hi-tech &#187; n'exclut nullement de discriminer entre les techniques, puisqu'il s'agit toujours pour les communaut&#233;s de choisir &lt;i&gt;combien, dans quel but&lt;/i&gt;, mais &#233;galement &lt;i&gt;comment&lt;/i&gt; on produit. Gorz a distingu&#233;, &#224; l'instar d'Illich, entre les technologies qui &#233;tendent le champ de l'autonomie, ou &#224; l'inverse celles qui l'amenuisent, telles que les OGM, le nucl&#233;aire contre lequel il a milit&#233; dix ann&#233;es durant, ou les technologies convergentes soutenues aujourd'hui par le projet terrifiant d'une trans- ou posthumanit&#233;. Son langage a, l&#224; aussi, &#233;volu&#233; avec le temps, mais il continue &#224; poser la question des outils, notamment &#224; travers l'opposition entre connaissance et science d'une part et savoir de l'autre : &#171; La qualit&#233; d'une culture et d'une civilisation d&#233;pend de l'&#233;quilibre dynamique qu'elles r&#233;ussissent &#224; instaurer entre les savoirs intuitifs du monde v&#233;cu et le d&#233;veloppement des connaissances. Elle d&#233;pend de la synergie, de la r&#233;troaction positive qui s'instaure entre le d&#233;veloppement des connaissances et des savoirs v&#233;cus. Elle d&#233;pend de la capacit&#233; qu'aura le d&#233;veloppement des connaissances &#224; augmenter la qualit&#233; du monde v&#233;cu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 109.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute que les suggestions de Gorz pour reconstruire un monde vivable synth&#233;tis&#233;es ici soul&#232;veront des questions. J'esp&#232;re seulement qu'un r&#233;el d&#233;bat pourra s'ouvrir, parce que la r&#233;flexion sur la d&#233;croissance ne peut que s'enrichir de l'examen de lectures h&#233;t&#233;rodoxes des mutations du travail et de l'emploi qui se placent d'embl&#233;e dans la perspective d'un d&#233;passement de la logique capitaliste-industrialiste-productiviste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quant &#224; ceux qui se sont engag&#233;s sur des chemins proches, ils l'interpr&#232;tent de mani&#232;re quelquefois erron&#233;e. Cf. par exemple : Amiech Matthieu &amp; Julien Mattern, &lt;i&gt;Le Cauchemar de Don Quichotte. Sur l'impuissance de la jeunesse aujourd'hui &lt;/i&gt; (Climats, 2004, p. 131).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ses deux ouvrages &lt;i&gt;Fondements pour une morale&lt;/i&gt; (1977, Seuil, mais r&#233;dig&#233; au sortir de la guerre) et &lt;i&gt;Le Tra&#238;tre&lt;/i&gt; (Seuil, 1958) ont &#233;tabli les fondations philosophiques &#224; ses &#233;crits post&#233;rieurs et plus connus. Comme il n'existe aucun ouvrage offrant une pr&#233;sentation syst&#233;matique de son &#339;uvre en fran&#231;ais, je me permets de renvoyer &#224; mon livre : &lt;i&gt;Une critique du travail. Entre &#233;cologie et socialisme&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2000), ainsi qu'aux ouvrages en langue anglaise : Finn Bowring, &lt;i&gt;Andr&#233; Gorz and the Sartrean Legacy&lt;/i&gt;, Macmillan, Basingstoke, 2000 ; Conrad Lodziak &amp; Jeremy Tatman, &lt;i&gt;Andr&#233; Gorz : A Critical Introduction&lt;/i&gt;, Pluto Press, Londres et Chicago, 1997 ; Adrian Little, &lt;i&gt;The Political Thought of Andr&#233; Gorz&lt;/i&gt;, Routledge, Londres et New York, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Seuil, 1959.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;cologie politique, une &#233;thique de la lib&#233;ration. Entretien avec Andr&#233; Gorz &#187;, &lt;i&gt;&#201;coRev' &lt;/i&gt; n&#176; 21, automne-hiver 2005-2006 : figures de l'&#233;cologie politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chapitre 1 de &lt;i&gt;&#201;cologie et politique&lt;/i&gt;, Seuil, 1978, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Trente ans plus tard, le diagnostic est le m&#234;me : &#171; Le travail salari&#233; n'est pas seulement pour le capitalisme le moyen de s'accro&#238;tre. Il est aussi, par ses modalit&#233;s et son organisation, un moyen de dominer le travailleur. Celui-ci est d&#233;poss&#233;d&#233; de ses moyens de travail, du but et du produit de son travail, de la possibilit&#233; d'en d&#233;terminer la nature, la dur&#233;e, le rythme. Le travail marchandise engendre le pur consommateur de marchandises. Le travailleur domin&#233; engendre le consommateur domin&#233; qui ne produit plus rien de ce dont il a besoin [...]. Contraint de vendre tout son temps, de vendre sa vie, il per&#231;oit l'argent comme ce qui doit tout racheter symboliquement. Si l'on ajoute que la dur&#233;e du travail, les conditions de logement, l'environnement urbain, sont autant d'obstacles &#224; l'&#233;panouissement des facult&#233;s individuelles et des relations sociales, &#224; la possibilit&#233; de jouir du temps de non-travail, on comprend que le travailleur r&#233;duit &#224; une marchandise ne r&#234;ve que de marchandises. &#187; &lt;i&gt;Entretien avec Andr&#233; Gorz&lt;/i&gt;, en ligne : www. Unisinos. br/ihu (Universidade do Vale Do Rio Dos Sinos, Instituto Humanitas Unisinos) ou version papier : C&#225;dernos IHU-IDEAS, ann&#233;e 3, n&#176; 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat. Au-del&#224; du socialisme&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, Paris, 1980, pp. 179-180.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gorz a examin&#233;, en d&#233;tail et chiffres &#224; l'appui, diff&#233;rents sc&#233;narios possibles de RTT. Cf. &lt;i&gt;Capitalisme, socialisme, &#233;cologie. D&#233;sorientations, orientations&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 1991, chapitre 9 : &#171; La r&#233;duction de la dur&#233;e du travail comme contrat social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'en explique notamment dans notre entretien in &lt;i&gt;Une critique du travail, Entre &#233;cologie et socialisme&lt;/i&gt;, pp. 230-233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous-titre : &lt;i&gt;L'Agonie du capital&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tir&#233; de son article dans ce num&#233;ro, pp. 51-59&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Seuil, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233; en 1964 et repris dans &lt;i&gt;R&#233;forme et r&#233;volution&lt;/i&gt;, Seuil, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;cologie politique, une &#233;thique de la lib&#233;ration &#187;, p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Adieux au prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 10-11 respectivement pour ces deux citations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs le sous-titre de &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses du travail, qu&#234;te du sens&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 1988. Je me r&#233;f&#233;rerai abondamment au chapitre 6 de mon livre &lt;i&gt;Une critique du travail. Entre &#233;cologie et socialisme&lt;/i&gt;, op. cit., pour synth&#233;tiser cet aspect de sa probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Capitalisme socialisme, &#233;cologie. D&#233;sorientations, orientations&lt;/i&gt;, op. cit., pour ces deux citations, pp. 38-39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Galil&#233;e, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est l'objet de la digression &#171; communaut&#233; et soci&#233;t&#233; &#187;, pp. 185-197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Gorz, &lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 176-177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien que Gorz ne se soit pas exprim&#233; sur les d&#233;bats actuels autour de la d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. notamment : Vincent Jean-Marie, &lt;i&gt;Critique du travail&lt;/i&gt;, PUF, 1987 ; &lt;i&gt;Un autre Marx&lt;/i&gt;, Page Deux, Lausanne, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parution 1990-1998, fond&#233;e par Jean-Marie Vincent, Denis Berger et Toni Negri.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parution 1998-2000, trois num&#233;ros seulement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Para&#238;t depuis 2000, &#224; l'initiative de Yann Moulier-Boutang.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous-titre : &lt;i&gt;Connaissance, valeur, capital&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt; et, surtout, les &lt;i&gt;Grundrisse&lt;/i&gt;, en particulier aux quelques pages connues comme le &#171; fragment sur les machines &#187; o&#249; appara&#238;t le terme de &lt;i&gt;general intellect&lt;/i&gt; ou &#171; intellectualit&#233; de masse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Immat&#233;riel&lt;/i&gt;, op. cit., p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Immat&#233;riel&lt;/i&gt; contiennent de longs d&#233;veloppements sur le prototype du travailleur postfordiste, cet entrepreneur de soi qui met au travail toute sa vie, et donc sous l'emprise de la valeur. Cette analyse recoupe les observations de la sociologie contemporaine du travail. Celle-ci th&#233;orise les formes contemporaines du travail comme mobilisation totale de la subjectivit&#233;, apr&#232;s son refoulement &#224; l'&#233;poque fordiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est absolument essentiel pour saisir cet argument de comprendre la distinction entre travail productif et travail improductif. Nous renvoyons une fois encore &#224; la contribution de Gorz dans ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. d&#233;tails dans sa contribution. Cette appr&#233;hension est partag&#233;e par d'autres observateurs. Pour une pr&#233;sentation des risques colossaux attach&#233;s &#224; cette cr&#233;ation mon&#233;taire affect&#233;e &#224; la consommation am&#233;ricaine ainsi que des racines &#233;thiques de l'attitude des am&#233;ricains envers le surendettement, voir : Jorion Paul, &#171; L'endettement excessif aux &#201;tats-Unis et ses raisons historiques &#187;, &lt;i&gt;La Revue du MAUSS&lt;/i&gt;, n&#176; 27, 1er semestre 2006, pp. 322-342.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mis&#232;res du pr&#233;sent, richesse du possible, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Capitalisme, socialisme, &#233;cologie. D&#233;sorientations, orientations&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 27-28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Correspondance priv&#233;e avec l'auteur, 5-6 septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Immat&#233;riel, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abord&#233; par Gorz dans sa contribution &#224; ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Immat&#233;riel, op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 20-21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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