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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Les trous noirs de la r&#233;volution verte</title>
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		<dc:date>2021-11-04T15:35:04Z</dc:date>
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		<dc:creator>Tommaso VENTURINI</dc:creator>



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&lt;p&gt;Au cours de la nuit du 3 d&#233;cembre 1984, une s&#233;rie d'accidents techniques dans une usine de pesticides de la banlieue de Bhopal a produit l'&#233;mission d'un nuage de 35 tonnes de gaz toxique. La contamination a provoqu&#233; la mort de quelque 4 000 personnes et l'empoisonnement de plusieurs autres milliers. La trag&#233;die de Bhopal repr&#233;sente le pire d&#233;sastre de l'agriculture moderne. Un article sur les cons&#233;quences de la modernisation agricole, ne peut commencer autrement que par le r&#233;cit de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;N&#176; 3 - D&#233;croissance &amp; technique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de la nuit du 3 d&#233;cembre 1984, une s&#233;rie d'accidents techniques dans une usine de pesticides de la banlieue de Bhopal a produit l'&#233;mission d'un nuage de 35 tonnes de gaz toxique. La contamination a provoqu&#233; la mort de quelque 4 000 personnes et l'empoisonnement de plusieurs autres milliers. La trag&#233;die de Bhopal repr&#233;sente le pire d&#233;sastre de l'agriculture moderne. Un article sur les cons&#233;quences de la modernisation agricole, ne peut commencer autrement que par le r&#233;cit de cette nuit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Amnesty International, Clouds of Injustice, Londres, Amnesty (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le complexe industriel, th&#233;&#226;tre de la trag&#233;die, appartenait &#224; la filiale indienne d'Union Carbide. Il &#233;tait destin&#233; &#224; la production de pesticides commun&#233;ment utilis&#233;s par l'agriculture moderne. Inaugur&#233; en 1978, l'&#233;tablissement avait &#233;t&#233; accueilli par les institutions et les citoyens comme une importante occasion de d&#233;veloppement. En quelques ann&#233;es, la population de Bhopal avait tripl&#233;, passant de 300 000 &#224; plus de 800000 habitants attir&#233;s par les espoirs d'emploi et d'une vie meilleure. Cependant, les comptes de l'industrie devinrent d&#233;ficitaires, poussant la multinationale &#224; la fermeture de l'usine. Le gouvernement indien s'opposa &#224; cette d&#233;cision afin de ne pas donner un mauvais exemple aux investisseurs internationaux. Pour maintenir des marges de profit suffisantes, Union Carbide d&#233;cida alors de diminuer les d&#233;penses en licenciant le personnel sp&#233;cialis&#233; et en r&#233;duisant radicalement les frais d'entretien et de s&#233;curit&#233;. Il ne fallut pas longtemps pour voir les cons&#233;quences de cette politique : entre 1981 et 1983, l'installation enregistra cinq graves fuites de gaz provoquant un mort et 47 bless&#233;s. En effet, les pesticides produits dans l'usine &#233;taient d&#233;riv&#233;s du m&#233;thylisocyanate (MIC), une substance extr&#234;mement volatile et toxique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre 1984 &#224; 11 heures du soir, un inspecteur de l'usine note que la pression du r&#233;servoir 610 (rempli de MIC &#224; 70 % de sa capacit&#233;) a augment&#233; de cinq fois en une heure. Cette augmentation n'impressionne cependant pas l'inspecteur, habitu&#233; aux fr&#233;quents dysfonctionnements des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233;. &#192; minuit, la pression dans le r&#233;servoir d&#233;passe le seuil de s&#233;curit&#233;. &#192; minuit et demie, la pression a encore doubl&#233; : le r&#233;servoir tremble et d&#233;gage une forte chaleur. Quelques minutes apr&#232;s, la valve de la s&#233;curit&#233; explose en rel&#226;chant un nuage de gaz toxique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nuage surprend la ville de Bhopal dans son sommeil. L'exposition au MIC frappe d'abord les yeux, produisant un aveuglement temporaire ou permanent. Ensuite le gaz attaque les poumons, provoquant des difficult&#233;s respiratoires parfois mortelles. La ville n'est pas pr&#234;te &#224; g&#233;rer une telle situation d'urgence, le retard dans la transmission des informations rend les secours moins efficaces. Selon les d&#233;clarations officielles, le bilan de la nuit du 3 d&#233;cembre 1984 est de 3 828 morts et de plus de 350 000 bless&#233;s, auxquels il faut ajouter aussi plusieurs milliers de victimes de maladies provoqu&#233;es par l'exposition aux gaz toxiques ou par la pollution du territoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En d&#233;chargeant les responsabilit&#233;s sur sa filiale indienne, la Union Carbide (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Durant la nuit de Bhopal, le r&#234;ve la r&#233;volution verte se transforme soudainement en un terrible cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; r&#233;volution verte &#187; fait commun&#233;ment r&#233;f&#233;rence &#224; la tentative d'encouragement du d&#233;veloppement du Sud gr&#226;ce &#224; la modernisation des syst&#232;mes agricoles traditionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Naturellement, les objectifs de la modernisation agricole n'&#233;taient pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle, cette vision a r&#233;ussi &#224; mobiliser les efforts de toutes les institutions internationales, de la grande partie des pays du Nord et de beaucoup de fondations priv&#233;es. Gr&#226;ce &#224; cet effort, les pays en d&#233;veloppement ont obtenu les artefacts technologiques, les comp&#233;tences scientifiques et les ressources financi&#232;res n&#233;cessaires pour une modernisation &#224; marche forc&#233;e. Du point de vue technologique, le concept de la r&#233;volution verte &#233;tait compos&#233; des m&#234;mes trois &#233;l&#233;ments qui, quelques d&#233;cennies auparavant, avaient r&#233;volutionn&#233; l'agriculture occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Machineries agricoles&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cultures traditionnelles sont produites par le travail de trois groupes d'&#234;tres vivants : les hommes, les animaux domestiques (en particulier les chevaux et les b&#339;ufs) et les animaux sauvages (principalement les insectes pollinisateurs). Tous trouvent l'&#233;nergie n&#233;cessaire &#224; leurs t&#226;ches en se nourrissant des produits agricoles qu'ils contribuent &#224; produire. Ce cycle &#233;nerg&#233;tique stabilise les syst&#232;mes agricoles traditionnels. &#201;tant donn&#233; que le soleil est la seule source &#233;nerg&#233;tique externe, ces syst&#232;mes ne peuvent augmenter leur productivit&#233; que par l'optimisation des flux &#233;nerg&#233;tiques. Avec les machineries agricoles (en particulier le tracteur), la situation change radicalement. Gr&#226;ce &#224; l'emploi du moteur &#224; explosion, l'agriculture peut se servir d'une nouvelle &#233;nergie (celle des fossiles combustibles) caract&#233;ris&#233;e par la possibilit&#233; d'&#234;tre augment&#233;e presque sans limite. Si l'on consid&#232;re qu'un tracteur moderne peut d&#233;velopper un pouvoir &#233;gal &#224; 300-400 chevaux-vapeur (l&#224; o&#249; un paysan traditionnel dispose typiquement d'un seul cheval), il est facile de comprendre la r&#233;volution d&#233;coulant de la m&#233;canisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Grigg, The transformation of Agriculture in the West, Oxford, Basil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Engrais chimiques&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour vivre, les plantes ont besoin de substances nourrissantes qu'elles tirent, par leurs racines, du sol. Ces substances retournent &#224; la terre par la d&#233;composition de ces m&#234;mes plantes. L'agriculture, &#233;videmment, ne peut pas compter sur ce cycle, son but &#233;tant de ramasser les r&#233;coltes bien avant qu'elles ne se d&#233;composent. Par cons&#233;quent, tous les syst&#232;mes agricoles doivent affronter le probl&#232;me de ne pas &#233;puiser les nutriments du sol, tout en retirant le plus possible des cultures. Traditionnellement, ce probl&#232;me a &#233;t&#233; r&#233;solu en se basant sur les seules capacit&#233;s r&#233;g&#233;n&#233;ratrices du sol. Pour soutenir ces capacit&#233;s, les syst&#232;mes agricoles traditionnels ont invent&#233; une pluralit&#233; de techniques comme la jach&#232;re, la rotation, la polyculture-&#233;levage. Le probl&#232;me de ces techniques est qu'elles sont fort complexes &#224; r&#233;aliser et qu'elles demandent de longues p&#233;riodes de repos. Les engrais chimiques modernes repr&#233;sentent une solution plus simple et plus directe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude et Lydia Bourguignon, Il suolo un patrimonio da salvare, Bra, Slow (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : si le sol perd sa fertilit&#233; du fait que les cultures extraient des substances, rien n'est plus rapide que de r&#233;int&#233;grer ces substances en utilisant des engrais de synth&#232;se&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des raisons d'espace, dans cet article nous traiterons seulement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vari&#233;t&#233; &#224; grande reddition&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu des plantes cultiv&#233;es sont enti&#232;rement comestibles. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, seules certaines parties sont ad&#233;quates &#224; l'alimentation ; le reste n'est qu'un rebut. D&#232;s l'invention de l'agriculture, les efforts des cultivateurs ont donc &#233;t&#233; orient&#233;s sur deux objectifs : maximiser la partie comestible des r&#233;coltes en s&#233;lectionnant les meilleures vari&#233;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les arch&#233;o-botanistes appellent &#171; syndrome de la domestication &#187; l'ensemble (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et utiliser toutes les parties restantes pour des usages non alimentaires. Dans les syst&#232;mes agricoles traditionnels, ces deux strat&#233;gies sont &#233;galement importantes. En particulier, les parties non consommables ont plusieurs fonctions : la nourriture des animaux, la combustion, la fertilisation du sol, la fabrication d'ustensiles. Dans les syst&#232;mes agricoles modernes, l'effort pour maximiser la fraction comestible (ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, commercialisable) de la r&#233;colte est devenu absolument prioritaire. L'industrie moderne des semences s'est employ&#233;e &#224; d&#233;velopper des &#171; vari&#233;t&#233;s &#224; rendements &#233;lev&#233;s &#187; ou &#171; vari&#233;t&#233;s naines &#187;, caract&#233;ris&#233;es par une tige plus courte, un appareil de feuilles plus r&#233;duit et un fort gigantisme des parties comestibles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robin Pistorius et Jeroen van Wijk, &#171; Exploitation of Plant Genetic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour comprendre la port&#233;e de cette innovation, on peut noter que la fraction commercialisable d'une plante traditionnelle s'&#233;l&#232;ve d'habitude &#224; 35 %, l&#224; o&#249; les vari&#233;t&#233;s modernes d&#233;passent 50 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard Manning, Against the grain. How agriculture has hijacked (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate ainsi que les trois innovations de la r&#233;volution verte partagent un m&#234;me objectif : franchir les barri&#232;res qui limitent la croissance des syst&#232;mes agricoles traditionnels. Une fois qu'on a enlev&#233; toutes les limitations li&#233;es &#224; l'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique, &#224; la fertilit&#233; des sols et la physiologie des plantes, il n'est pas difficile de comprendre comment la r&#233;volution verte a &#233;t&#233; capable de d&#233;clencher des augmentations spectaculaires de la production agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les statistiques de la FAO sur la productivit&#233; agricole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La base de donn&#233;es de la FAO peut &#234;tre consult&#233;e librement &#224; l'adresse&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'introduction des technologies li&#233;es &#224; la r&#233;volution verte &#233;tait un succ&#232;s extraordinaire. La somme des mesures de productivit&#233; relatives aux vari&#233;t&#233;s principalement int&#233;ress&#233;es par la modernisation d'un &#233;chantillon de 26 pays du Sud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;chantillon a &#233;t&#233; choisi sur la base de la disponibilit&#233; de s&#233;ries (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre une augmentation nette et continue. La grande partie de cette augmentation peut &#234;tre attribu&#233;e aux effets de la m&#233;canisation, de l'agrochimie et des vari&#233;t&#233;s naines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gordon Conway, The Doubly Green Revolution, Ithaca, Cornell University (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ces r&#233;sultats (et sous l'impulsion des aides internationales) les technologies de la r&#233;volution verte ont connu une diffusion fort rapide. En seulement quarante ann&#233;es, l'investissement dans les machineries des pays en d&#233;veloppement a augment&#233; de plus de 40 fois et l'emploi des engrais synth&#233;tiques de 25 fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le pourcentage de vari&#233;t&#233;s &#224; rendements &#233;lev&#233;s dans les champs des pays du Sud est grimp&#233; jusqu'&#224; 45 % pour le riz, &#224; 54 % pour le ma&#239;s et &#224; 71 % pour le bl&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Evenson et Douglas Gollin, &#8220;Assessing the Impact of Green Revolution, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de ces succ&#232;s, l'exemple de Bhopal est toujours l&#224; pour nous rappeler que la r&#233;volution verte n'a pas &#233;t&#233; forc&#233;ment une b&#233;n&#233;diction. Pour au moins trois raisons, l'augmentation de la productivit&#233; agricole n'a pas toujours correspondu &#224; des am&#233;liorations significatives dans le bien-&#234;tre des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il faut remarquer que la modernisation agricole demande une disponibilit&#233; croissante de capitaux. Les communaut&#233;s agricoles traditionnelles sont habituellement des &#233;conomies de subsistance : les moyens de production sont produits et gard&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me et la grande partie de la production est consomm&#233;e par les m&#234;mes acteurs qui l'ont produite (les fermiers, les animaux domestiques, les insectes, les organismes du sol). Les agricultures traditionnelles sont des syst&#232;mes ferm&#233;s et ind&#233;pendants. Avec la modernisation, la situation change radicalement. Les engins m&#233;caniques, les engrais chimiques, les graines modernes ne peuvent plus &#234;tre produits par les communaut&#233;s agricoles. Leur degr&#233; de complexit&#233; est tel qu'ils doivent &#234;tre g&#233;n&#233;r&#233;s par des syst&#232;mes techno-scientifiques sp&#233;cifiques (respectivement, l'industrie m&#233;canique, agrochimique et semenci&#232;re). Par cons&#233;quent, les syst&#232;mes agricoles modernes doivent se procurer leurs ressources &#224; l'ext&#233;rieur par l'interm&#233;diaire des march&#233;s &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Grigg, op. cit.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On constate ainsi le premier paradoxe de la r&#233;volution verte : le remplacement d'une agriculture caract&#233;ris&#233;e par une haute intensit&#233; de travail par une agriculture caract&#233;ris&#233;e par une haute intensit&#233; de capital. Cette substitution est rationnelle dans les pays du Nord, o&#249; le travail agricole est rare et la disponibilit&#233; des capitaux est grande. Au contraire, la m&#234;me substitution se r&#233;v&#232;le fort d&#233;raisonnable dans les pays du Sud, o&#249; le travail est surabondant et les capitaux peu nombreux et distribu&#233;s de fa&#231;on inique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lakshman Yapa, &#8220;What are Improved Seeds ? An Epistemoly of the Green (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, il faut mettre en question la mesure m&#234;me de la productivit&#233; agricole. Le calcul de la productivit&#233; (kilogrammes de r&#233;colte divis&#233;s par hectares de culture) doit &#234;tre repens&#233; en ce qui concerne la notion de &#171; r&#233;colte &#187;. Trop souvent, la mesure des r&#233;coltes est limit&#233;e &#224; la seule fraction comestible des plantes. Cependant, dans les communaut&#233;s traditionnelles, toutes les parties de la plante sont utilis&#233;es (au moins comme fourrage, engrais, combustible ou mati&#232;re de construction). Les syst&#232;mes traditionnels &#233;tant des polycultures, des mesures plus sophistiqu&#233;es sont de plus n&#233;cessaires. Cela n'a aucun sens, par exemple, d'estimer la production de ma&#239;s d'une polyculture andine sans consid&#233;rer en m&#234;me temps la r&#233;colte de haricots et de potirons cultiv&#233;s dans le m&#234;me champ. Ainsi, selon les mesures r&#233;alis&#233;es, la productivit&#233; des syst&#232;mes traditionnels n'est pas forcement inf&#233;rieure &#224; celle des syst&#232;mes modernes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francesca Bray, &#8220;Agriculture for developing nations&#8221;, Scientific American, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, il faut remarquer que les innovations de la r&#233;volution verte ont concern&#233; seulement certaines cultures (surtout, riz, ma&#239;s, bl&#233;), en n&#233;gligeant beaucoup d'autres vari&#233;t&#233;s comprises dans l'alimentation traditionnelle. La modernisation agricole a donc produit un autre paradoxe : les surplus de certaines vari&#233;t&#233;s (souvent destin&#233;es &#224; l'exportation) ont &#233;t&#233; accompagn&#233;s par une diminution des ressources alimentaires disponibles pour les populations locales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vandana Shiva, Yoked to Death. Globalization and Corporate Control of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, les exc&#232;s productifs ont engendr&#233; sur les march&#233;s internationaux une diminution des prix, en emp&#234;chant les agriculteurs de r&#233;aliser des b&#233;n&#233;fices par l'augmentation de leur production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, la modernisation des agricultures des pays du Sud a produit un nombre croissant d'effets pervers et d'externalit&#233;s n&#233;gatives. Du point de vue environnemental, la r&#233;volution verte a produit au moins trois r&#233;sultats n&#233;fastes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;canisation et l'emploi de combustibles fossiles ont cr&#233;&#233; des nouvelles sources de pollution atmosph&#233;rique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'importance de la contribution de l'agriculture m&#233;canis&#233; &#224; la pollution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le labourage en profondeur, possible gr&#226;ce aux nouveaux tracteurs, a souvent boulevers&#233; le fragile &#233;quilibre des sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction des engrais et des pesticides chimiques a gravement contamin&#233; les sols et les eaux en mettant en danger les &#233;cosyst&#232;mes agricoles et sauvages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jason McKenney, McKenney, &#8220;Artificial Fertility&#8221;, in Andrew Kimbrell (ed.), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion des vari&#233;t&#233;s &#224; rendements &#233;lev&#233;s a contribu&#233; &#224; remplacer des syst&#232;mes g&#233;n&#233;tiquement complexes avec des vastes &#233;tendues de monoculture, entra&#238;nant une r&#233;duction dramatique de l'agrobiodiversit&#233; et de la diversit&#233; biologique en g&#233;n&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cary Fowler et Pat Mooney, Shattering. Food, Politics and the Loss of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sur la structure sociale des pays int&#233;ress&#233;s par la r&#233;volution verte sont tout aussi importantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction drastique du travail dans les syst&#232;mes agricoles a provoqu&#233; des ph&#233;nom&#232;nes d'exode rural et une urbanisation forc&#233;e. Souvent la vitesse de ces ph&#233;nom&#232;nes n'a pas permis une int&#233;gration graduelle des nouveaux arrivants, produisant des tensions sociales tr&#232;s violentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vandana Shiva, Monocultures of Mind, Londres, Zed Books, 1993.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensification des techniques de culture a influenc&#233; n&#233;gativement la qualit&#233; des paysages et des produits agricoles. En se concentrant exclusivement sur l'augmentation de la productivit&#233;, les partisans de la modernisation ont n&#233;glig&#233; le fait que l'agriculture traditionnelle &#233;tait aussi garante de la beaut&#233; des paysages et du go&#251;t des aliments&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boriani, &#8220;Manutenzione del paesaggio : un nuovo/antico ruolo per (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substitution d'un patrimoine de technologie autochtone par un paquet technologique &#233;tranger a induit la perte de beaucoup de connaissances agricoles, avec des r&#233;percussions profondes sur la survie de la diff&#233;rence culturelle traditionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tommaso Venturini, &#8220;Verba Volant, Scripta Manent. The Discontinuity Effect (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trag&#233;die de Bhopal n'est donc pas un &#233;pisode exceptionnel, un &#233;v&#233;nement impr&#233;vu et pathologique dans un contexte de d&#233;veloppement et de progr&#232;s. Au contraire, la nuit de Bhopal n'a &#233;t&#233; que la synth&#232;se de tous les effets pervers de la modernisation agricole, de toutes les externalit&#233;s n&#233;gatives qui, bien que plus diffuses, sont pr&#233;sentes dans touts les pays touch&#233;s par la r&#233;volution verte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas surprenant que de plus en plus de communaut&#233;s paysannes s'opposent &#224; la modernisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En particulier, les &#233;checs de la r&#233;volution verte sont la principale raison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au contraire, il faut se demander comment une technologie co&#251;teuse et inefficace comme celle de l'agriculture moderne a &#233;t&#233; capable de s'&#233;tendre si rapidement et largement, comment en moins d'un demi-si&#232;cle la r&#233;volution verte a &#233;t&#233; capable de remplacer la plus grande partie des syst&#232;mes agricoles traditionnels, bien qu'ils soient souvent plus efficaces et durables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Miguel Altieri, Agroecology : The science of sustainable agriculture, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord reconna&#238;tre que la r&#233;volution verte n'a pas &#233;t&#233; un d&#233;savantage pour tous les acteurs impliqu&#233;s. Bien s&#251;r, les entreprises multinationales qui produisent les machineries agricoles, les engrais chimiques et les semences modernes ont &#233;t&#233; avantag&#233;es par cette r&#233;volution. De plus, certains entrepreneurs agricoles, en exploitant les difficult&#233;s des paysans traditionnels, ont r&#233;ussi &#224; agrandir leurs entreprises. D'une mani&#232;re analogue, la r&#233;volution verte a avantag&#233; les industries alimentaires, qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la diminution des prix des produits agricoles. La r&#233;volution verte n'a pas &#233;t&#233; un d&#233;savantage pour les laboratoires scientifiques engag&#233;s dans l'innovation agricole, ni pour les pays du Nord, qui ont vu augmenter la demande de technologie et l'offre en mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;vation de la productivit&#233; illustr&#233;e par les statistiques n'est pas fictive. S'il est vrai que cette augmentation ne correspond pas forc&#233;ment au bien-&#234;tre des populations, il est n&#233;anmoins vrai qu'elle illustre tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment autre chose : le processus d'int&#233;gration des pays du Sud dans le march&#233; global. Du point de vue de la sociologie de la technique, la r&#233;volution verte peut se d&#233;crire comme une transformation de paradigme analogue &#224; celui de la r&#233;volution industrielle. Avant la r&#233;volution, l'agriculture &#233;tait une constellation de communaut&#233;s ind&#233;pendantes et autonomes. Apr&#232;s, elle se pr&#233;sente comme un seul &#233;norme macro-syst&#232;me technique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Gras, Grandeur et d&#233;pendance : sociologie des macro-syst&#232;mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avant, le but des syst&#232;mes agricoles &#233;tait d'&#233;conomiser au maximum les ressources employ&#233;es pour garantir la subsistance des communaut&#233;s paysanne. Apr&#232;s, le but est de participer &#224; la croissance illimit&#233;e du macro-syst&#232;me en utilisant toutes les ressources n&#233;cessaires. Avant, la strat&#233;gie des techniques agricoles &#233;tait de multiplier la diversit&#233; biologique et culturelle pour maximiser la r&#233;silience des syst&#232;mes. Apr&#232;s, la strat&#233;gie est de standardiser et formaliser toutes les relations sociales et naturelles afin de favoriser l'expansion du macro-syst&#232;me. Au-del&#224; de la rh&#233;torique du d&#233;veloppement, la r&#233;volution verte n'a pas &#233;t&#233; autre chose qu'un processus d'industrialisation des syst&#232;mes agricoles traditionnels. Elle n'a augment&#233; ni la productivit&#233; agricole totale, ni la disponibilit&#233; de nourriture, ni le bien-&#234;tre des populations. Tant dans ses avantages que dans ses d&#233;fauts, la r&#233;volution verte a &#233;t&#233; un ph&#233;nom&#232;ne de modernisation et c'est sur cet aspect-l&#224; qu'il faut l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Amnesty International, &lt;i&gt;Clouds of Injustice&lt;/i&gt;, Londres, Amnesty International Publication, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En d&#233;chargeant les responsabilit&#233;s sur sa filiale indienne, la Union Carbide s'est toujours refus&#233;e de prendre en charge des op&#233;rations d'assainissement environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Naturellement, les objectifs de la modernisation agricole n'&#233;taient pas seulement humanitaires, comme l'origine de l'expression &#8216;r&#233;volution verte' montre. Cette expression a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour la premi&#232;re fois par William Gaud, de l'Agence des &#201;tats-Unis pour le D&#233;veloppement International dans un discours face &#224; la Soci&#233;t&#233; pour le D&#233;veloppement International. Dans ce discours, Gaud a pr&#233;sent&#233; la r&#233;volution verte comme une initiative pour &#233;viter que l'h&#233;ritage pauvret&#233; et tension sociale du colonialisme pousse les pays du Sud &#224; embrasser la &#8216;r&#233;volution rouge' du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Grigg, &lt;i&gt;The transformation of Agriculture in the West&lt;/i&gt;, Oxford, Basil Blackwell 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude et Lydia Bourguignon, &lt;i&gt;Il suolo un patrimonio da salvare&lt;/i&gt;, Bra, Slow Food Editore, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour des raisons d'espace, dans cet article nous traiterons seulement de l'apport de la chimie &#224; la fertilisation des sols. En fait, la chimie agricole moderne est aussi largement utilis&#233;e pour une autre fonction : la lutte contre les parasites et les mauvaises herbes. Jean Dorst, &lt;i&gt;La Nature d&#233;-natur&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Delachaux et Niestl&#233;, 1965, pp. 106-127.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les arch&#233;o-botanistes appellent &#171; syndrome de la domestication &#187; l'ensemble des transformations impos&#233;es &#224; de nombreuses vari&#233;t&#233;s de l&#233;gumes par l'agriculture d&#232;s sa naissance il y a 100000 ann&#233;es (cf. Gary Paul Nabhan, &lt;i&gt;Enduring Seeds&lt;/i&gt;, Tucson, University of Arizona Press, 1989, pp. I-XXX et Paul Gepts et Roberto Papa, &#8220;Evolution during domestication&#8221;, &lt;i&gt;Encyclopedia of Life Sciences&lt;/i&gt;, Londres, Nature Publishing Group, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robin Pistorius et Jeroen van Wijk, &#171; Exploitation of Plant Genetic Information : Political Strategies &#187;, in &lt;i&gt;Crop Development&lt;/i&gt;, Wallingford, CAB International, 2000. Robert Evenson, 2002 The Green Revolution in Developing Countries : An Economist's Assessment. &lt;a href=&#034;http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/apcity/unpan020402.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/apcity/unpan020402.pdf&lt;/a&gt; (pp. 8-19).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard Manning, &lt;i&gt;Against the grain. How agriculture has hijacked civilization&lt;/i&gt;, New York, North Point Press, 2004, pp. 92-94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La base de donn&#233;es de la FAO peut &#234;tre consult&#233;e librement &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://faostat.fao.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://faostat.fao.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;chantillon a &#233;t&#233; choisi sur la base de la disponibilit&#233; de s&#233;ries compl&#232;tes de donn&#233;es. Les pays s&#233;lectionn&#233;s sont : Afghanistan, Alg&#233;rie, Argentine, Bangladesh, Bolivie, Br&#233;sil, Burundi, Chili, Chine, Colombie, Cor&#233;e, &#201;gypte, Guatemala, Inde, Iran, Kenya, Mexique, Mozambique, N&#233;pal, Niger, Nig&#233;ria, Pakistan, P&#233;rou, Philippines, Tha&#239;lande, Zimbabwe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gordon Conway, &lt;i&gt;The Doubly Green Revolution&lt;/i&gt;, Ithaca, Cornell University Press, 1997, pp. 44-65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Evenson et Douglas Gollin, &#8220;Assessing the Impact of Green Revolution, 1960 to 2000&#8221;, &lt;i&gt;Nature&lt;/i&gt;, Vol. 300, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Grigg, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lakshman Yapa, &#8220;What are Improved Seeds ? An Epistemoly of the Green Revolution&#8221;, &lt;i&gt;Economic Geography&lt;/i&gt;, Vol. 69, n&#176; 3, 1993, pp. 254-273 ; Bouguerra, &lt;i&gt;La Recherche contre le tiers-monde&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 1993, pp. 56-61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francesca Bray, &#8220;Agriculture for developing nations&#8221;, &lt;i&gt;Scientific American&lt;/i&gt;, n&#176; 271, 1994, pp. 30-38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vandana Shiva, &lt;i&gt;Yoked to Death. Globalization and Corporate Control of Agriculture&lt;/i&gt;, New Delhi, Research Foundation for Science, Technology and Ecology, 2001 et Deb Debal, &lt;i&gt;Industrial VS Ecological Agricolture&lt;/i&gt;, New Delhi, Research Foundation for Science, Technology and Ecology, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'importance de la contribution de l'agriculture m&#233;canis&#233; &#224; la pollution atmosph&#233;rique a &#233;t&#233; r&#233;cemment reconnu par le rapport Stern, (Nicolas Stern, &lt;i&gt;Economics of Climate Change&lt;/i&gt;, Cambridge, University Press, 2006, pp. 171, 172) qui a montr&#233; comment les cultures sont responsable du 14 % des &#233;missions des gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jason McKenney, McKenney, &#8220;Artificial Fertility&#8221;, in Andrew Kimbrell (ed.), &lt;i&gt;The Fatal Harvest Reader&lt;/i&gt;, Washington, Island Press, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cary Fowler et Pat Mooney, Shattering. &lt;i&gt;Food, Politics and the Loss of Genetic Diversity&lt;/i&gt;, Tucson, University of Arizona Press, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vandana Shiva, &lt;i&gt;Monocultures of Mind&lt;/i&gt;, Londres, Zed Books, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Boriani, &#8220;Manutenzione del paesaggio : un nuovo/antico ruolo per l'agricoltura&#8221;, in Alberta Cazzani (ed.), &lt;i&gt;Giardini d'agrumi. Limoni, cedri e aranci nel paesaggio agrario italiano&lt;/i&gt;, Brescia, Grafo edizioni, 1999, pp. 9-14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tommaso Venturini, &#8220;Verba Volant, Scripta Manent. The Discontinuity Effect of Explicit Media&#8221;. &lt;i&gt;The American Behavioral Scientist Journal&lt;/i&gt;, n&#176; 50, 2006, pp. 879-896.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En particulier, les &#233;checs de la r&#233;volution verte sont la principale raison de l'opposition aux biotechnologies consider&#233;es (&#224; raison) comme une deuxi&#232;me vague de modernisation agricole (cf. Jean-Pierre Berlan, &lt;i&gt;La Guerre au vivant, Organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s &amp; autres mystifications scientifiques&lt;/i&gt;, Marseille, &#201;ditions Agone, 2001).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Miguel Altieri, &lt;i&gt;Agroecology : The science of sustainable agriculture&lt;/i&gt;, Boulder, Westview Press, 1995. Yves Cochet, &lt;i&gt;P&#233;trole apocalypse&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2005, pp. 79-99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Gras, &lt;i&gt;Grandeur et d&#233;pendance : sociologie des macro-syst&#232;mes techniques&lt;/i&gt;, Paris, Puf, 1993 et &lt;i&gt;Les Macro-syst&#232;mes techniques&lt;/i&gt;, Paris, Puf, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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