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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Des techniques contre la logique de croissance</title>
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		<dc:date>2021-11-07T23:47:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Lannoye</dc:creator>



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&lt;p&gt;Retour sur un conditionnement programm&#233; Une strat&#233;gie de sortie de la logique de croissance n&#233;cessite une interrogation s&#233;rieuse sur le r&#244;le des technologies qui se sont impos&#233;es depuis un bon demi-si&#232;cle dans le paysage &#233;conomico-politique des pays industrialis&#233;s, et pour nombre d'entre elles dans notre vie quotidienne. Il n'est pas abusif de pr&#233;tendre que l'irruption de nouvelles technologies invasives dans nos soci&#233;t&#233;s industrialis&#233;es a syst&#233;matiquement fait l'objet d'une promotion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;N&#176; 3 - D&#233;croissance &amp; technique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour sur un conditionnement programm&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une strat&#233;gie de sortie de la logique de croissance n&#233;cessite une interrogation s&#233;rieuse sur le r&#244;le des technologies qui se sont impos&#233;es depuis un bon demi-si&#232;cle dans le paysage &#233;conomico-politique des pays industrialis&#233;s, et pour nombre d'entre elles dans notre vie quotidienne. Il n'est pas abusif de pr&#233;tendre que l'irruption de nouvelles technologies invasives dans nos soci&#233;t&#233;s industrialis&#233;es a syst&#233;matiquement fait l'objet d'une promotion politique intense avec, comme principal argument, leur capacit&#233; &#224; assurer une pouss&#233;e de croissance &#233;conomique significative, garante de plus de production, de consommation, de conqu&#234;te de march&#233;s ext&#233;rieurs, donc de bien-&#234;tre pour tous. Cette promotion politique s'est accompagn&#233;e g&#233;n&#233;ralement de campagnes d'information-propagande visant &#224; s&#233;duire, voire &#224; conditionner l'opinion, &#224; grand renfort d'arguments scientifico-techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, il &#233;tait utile de d&#233;valoriser et m&#234;me de d&#233;nigrer les pratiques et les techniques en vigueur, en arguant de leur faible rendement ou de leur pr&#233;tendue inefficacit&#233;. Il est int&#233;ressant, pour illustrer ce propos, de se reporter &#224; la v&#233;ritable r&#233;volution qu'a constitu&#233; pour l'agriculture l'entr&#233;e en sc&#232;ne de la chimie avec le couple engrais de synth&#232;se-pesticides charg&#233; de doper les rendements de production et d'assurer &#224; la fois la s&#233;curit&#233; alimentaire et des revenus confortables aux agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, le trait&#233; de Rome, sign&#233; en 1957, cautionnait cette vision moderne de l'agriculture et mettait en place les outils de son d&#233;veloppement avec la politique agricole commune (PAC). Il &#233;tait pr&#233;visible que la course &#224; la productivit&#233; ainsi mise en &#339;uvre conduirait &#224; des surplus &#224; exporter et &#224; la conqu&#234;te des march&#233;s des pays pauvres incapables avec leur agriculture paysanne de supporter la concurrence des produits import&#233;s &#224; bas prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technologie agricole bas&#233;e sur le recours &#224; de multiples intrants chimiques est une technologie de conqu&#234;te de march&#233;s, et donc intrins&#232;quement li&#233;e &#224; l'objectif de croissance. Ses impacts n&#233;gatifs sur l'environnement, sur la sant&#233; publique et sur le monde rural, n'ont entra&#238;n&#233; des mesures de restriction partielles qu'au long des ann&#233;es soixante-dix, avec l'interdiction de certains pesticides organochlor&#233;s aux &#201;tatsUnis d'abord, en Europe ensuite lorsqu'a &#233;t&#233; adopt&#233;e la directive 79/117/CEE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directive 79/117/CEE du 21 d&#233;cembre 1978 concernant l'interdiction de mise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les r&#233;formes successives de la PAC n'ont jamais remis en cause la priorit&#233; absolue donn&#233;e &#224; l'objectif de comp&#233;titivit&#233; de l'agriculture europ&#233;enne, comp&#233;titivit&#233; qui ne peut &#234;tre assur&#233;e que par le recours &#224; la chimie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrain agricole n'a pas &#233;t&#233;, loin s'en faut, le seul domaine convoit&#233; par l'industrie chimique. Cr&#233;er de nouveaux march&#233;s passe par une strat&#233;gie de conqu&#234;te dans des domaines o&#249; on peut rapidement susciter une importante demande populaire, donc parvenir &#224; une forte croissance. Ces domaines furent la sant&#233;, l'hygi&#232;ne et les soins corporels. L'essor de l'industrie pharmaceutique et celui des produits d'hygi&#232;ne et d'entretien se sont r&#233;alis&#233;s &#224; partir de campagnes de sensibilisation de populations d&#233;j&#224; culturellement pr&#233;par&#233;es par un discours technico-scientifique promettant un mieux-&#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; gr&#226;ce &#224; une pharmacop&#233;e moderne, la propret&#233; du logis et l'hygi&#232;ne du corps gr&#226;ce aux d&#233;couvertes de la chimie. Au diable les rem&#232;des traditionnels, la m&#233;decine naturelle et les approches pr&#233;ventives : place aux m&#233;dicaments efficaces. Adieu la salet&#233;, puisqu'il y a des produits qui lavent plus blanc que blanc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la chimie assurait sa pr&#233;sence dans notre quotidien pour de longues d&#233;cennies, avec son cort&#232;ge de nuisances de plus en plus ais&#233;ment mesurables au fil du temps, mais toujours minimis&#233;es et largement ignor&#233;es par les d&#233;cideurs politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre secteur d'activit&#233;s a b&#233;n&#233;fici&#233; de ce m&#234;me climat de consensus, du moins &#224; ses d&#233;buts. Il s'agit du secteur &#233;nerg&#233;tique, d'autant plus essentiel que sa production constitue l'&#233;l&#233;ment de base de la logique de croissance. La perc&#233;e irr&#233;versible du p&#233;trole dans tous les rouages de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; n'a gu&#232;re suscit&#233; de d&#233;bats, d&#232;s lors que ses avantages sp&#233;cifiques comme carburant ne faisaient pas de doute, et que les prix pratiqu&#233;s sur les march&#233;s des pays industrialis&#233;s le rendaient comp&#233;titif pour la plupart des usages. C'&#233;tait &#224; la fin des ann&#233;es cinquante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients de la d&#233;pendance dans laquelle les pays europ&#233;ens s'installaient &#224; l'&#233;gard des pays producteurs, les responsables politiques europ&#233;ens signaient en 1957, parall&#232;lement au Trait&#233; de Rome, le trait&#233; Euratom, dans un climat d'euphorie et de fascination pour les promesses de l'atome pacifique. Le pr&#233;ambule du trait&#233;, justifiant son int&#233;r&#234;t commun pour les six signataires, traduit parfaitement cet &#233;tat d'esprit. Il y est dit notamment que les pays signataires sont conscients de ce que l'&#233;nergie nucl&#233;aire constitue la ressource essentielle qui assurera le d&#233;veloppement et le renouvellement des productions et permettra le progr&#232;s des &#339;uvres de paix. Ils se d&#233;clarent r&#233;solus &#224; cr&#233;er les conditions de d&#233;veloppement d'une puissante industrie nucl&#233;aire, source de vastes disponibilit&#233;s d'&#233;nergie et d'une modernisation des techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire, cinquante ans plus tard, que ce texte est devenu obsol&#232;te et n'est plus pris au s&#233;rieux. La r&#233;alit&#233; est que, malgr&#233; les al&#233;as de l'histoire, les revers manifestes subis par l'industrie nucl&#233;aire et l'opposition croissante &#224; son &#233;gard dans de nombreux pays europ&#233;ens, le trait&#233; Euratom est toujours en vigueur. Il n'a &#233;t&#233; que timidement remis en cause lors de la pr&#233;paration des d&#233;bats qui ont conduit en 2004 &#224; l'adoption du projet de trait&#233; constitutionnel. Celui-ci laissait de c&#244;t&#233; le trait&#233; Euratom alors qu'une majorit&#233; d'&#201;tats membres est officiellement hostile &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire. On sait ce qu'il est advenu de ce projet, rejet&#233; par les &#233;lecteurs fran&#231;ais et n&#233;erlandais, mais rien n'augure d'un changement d'attitude &#224; propos de l'avenir d'Euratom. C'est que la foi dans l'existence de ressources infinies et dans la capacit&#233; de l'&#233;nergie nucl&#233;aire &#224; r&#233;pondre aux probl&#232;mes qu'elle cr&#233;e (devenir de ses d&#233;chets, risques d'accidents catastrophiques, prolif&#233;ration) reste bien ancr&#233;e dans la majorit&#233; des esprits. Le nucl&#233;aire &#233;tait cens&#233;, en 1957, r&#233;pondre &#224; la soif d'&#233;nergie d'une soci&#233;t&#233; industrielle visant &#224; une croissance sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, une nouvelle technologie pr&#233;sent&#233;e, elle aussi, comme capable de gu&#233;rir les maux du si&#232;cle et surtout de conqu&#233;rir le march&#233; mondial apparaissait dans le paysage europ&#233;en, apr&#232;s avoir s&#233;duit les responsables politiques aux &#201;tats-Unis. Le g&#233;nie g&#233;n&#233;tique &#233;tait vu d&#232;s 1988 par la Commission europ&#233;enne comme un nouveau pas d&#233;cisif dans la course au progr&#232;s de l'humanit&#233; avec, en perspective, un march&#233; mondial en l'an 2000 de 100 milliards de dollars&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;U. Dolata, in Transg&#233;nique : le temps des manipulations, Frison Roche, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On en est loin &#224; ce jour, malgr&#233; la propagande incessante des compagnies transnationales impliqu&#233;es dans la production de vari&#233;t&#233;s transg&#233;niques, la complicit&#233; de scientifiques fascin&#233;s par les perspectives d'avenir de leurs jouets et le soutien tr&#232;s large des gouvernements et surtout de la Commission europ&#233;enne. M&#234;me si les r&#233;sultats sont largement en de&#231;&#224; des pr&#233;visions, au vu des inconv&#233;nients et des risques li&#233;s &#224; la technologie, mais aussi du fait que les avantages escompt&#233;s ont &#233;t&#233; tr&#232;s nettement surestim&#233;s, la foi des gouvernants et de leurs experts ne faiblit pas, du moins jusqu'&#224; ce qu'ils se sentent &#224; l'abri des effets politiques de la r&#233;probation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les le&#231;ons du pass&#233; ne semblent pas avoir marqu&#233; les esprits, ceux-ci restent ouverts &#224; toute nouvelle promesse de technologies omnipotentes. La derni&#232;re en date est celle des nanotechnologies, gr&#226;ce auxquelles la r&#233;volution industrielle la plus d&#233;cisive de tous les temps devrait para&#238;t-il s'imposer. Le sous-secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain au Commerce pour la technologie n'h&#233;sitait pas, d&#232;s 2003, &#224; affirmer que le potentiel des nanotechnologies &#233;tait &#171; vraiment miraculeux &#187; : &#171; Permettre aux aveugles de voir, aux boiteux de marcher et aux sourds d'entendre ; gu&#233;rir le sida, le cancer, le diab&#232;te et d'autres maladies, r&#233;soudre le probl&#232;me de la faim et m&#234;me augmenter le pouvoir de notre esprit... Les nanotechnologies vont am&#233;liorer notre niveau de vie et nous permettre de vivre plus longtemps, en meilleure sant&#233; et de mani&#232;re plus productive. Les nanotechnologies ont un potentiel extraordinaire pour prot&#233;ger l'environnement mondial, gr&#226;ce &#224; un processus de production qui ne g&#233;n&#232;re pas de d&#233;chets, consomme peu d'&#233;nergie et ne repr&#233;sente aucun danger pour la sant&#233; humaine et l'environnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philip J. Bond, &#171; Remarques au Nano-Economic Congress &#187;, Washington DC, 9 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, l'Union europ&#233;enne tient-elle un discours moins na&#239;f, malgr&#233; quelques allusions aux questions sociales d'environnement, de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; que les nanotechnologies impliquent. On retrouve une vision euphorique de l'avenir avec des perspectives de croissance illimit&#233;e dans le plan d'action 2005-2009 pour l'Europe, consacr&#233; aux nanosciences et aux nanotechnologies, propos&#233; par la Commission europ&#233;enne en 2005. C'est en cette m&#234;me ann&#233;e 2005 que les d&#233;penses publiques annuelles en recherche-d&#233;veloppement de l'ensemble de l'Union europ&#233;enne ont rejoint celles des &#201;tats-Unis avec plus de mille millions de dollars investis. Selon les estimations, ces investissements ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par cinq entre 2000 et 2005 ; ils atteignent un niveau sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire de la technologie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hope Shand et Kathy Jo Wetter, &#171; La science en miniature : une introduction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce long pr&#233;ambule montre clairement que le &#171; progr&#232;s &#187; technique a poursuivi un objectif constant depuis les ann&#233;es cinquante : conqu&#233;rir de nouveaux march&#233;s en suscitant de nouveaux besoins et de nouveaux espoirs, et ainsi assurer une croissance &#233;conomique continue m&#234;me si une part importante de cette croissance est due &#224; la r&#233;paration des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques et sociaux provoqu&#233;s par les technologies elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#233;gitime d'ajouter que, pour ce qui est des espoirs, il est assez clair qu'ils ont &#233;t&#233; largement d&#233;&#231;us. Sans doute, en premier lieu parce qu'ils &#233;taient d&#233;mesur&#233;s, mais aussi parce que de la chimie au g&#233;nie g&#233;n&#233;tique en passant par le nucl&#233;aire, la sous-&#233;valuation voire l'ignorance de leur potentiel de retomb&#233;es n&#233;gatives &#233;tait et reste &#224; ce jour importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choisir la convivialit&#233; plut&#244;t que la domination&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plut&#244;t que promouvoir les technologies et les fili&#232;res qui sont intrins&#232;quement porteuses de croissance, il est souhaitable pour amorcer le changement vers une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance de penser le r&#244;le des technologies d'une mani&#232;re nouvelle, centr&#233;e sur la demande et la capacit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes &#224; y r&#233;pondre. Certes, la d&#233;finition de la demande n&#233;cessite-t-elle de pr&#233;ciser les limites &#224; ne pas franchir et les acteurs concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe de la croissance sans limites &#233;tant abandonn&#233;, les limites physiques et &#233;cologiques retrouvent un statut qu'elles n'auraient jamais d&#251; perdre ; mais au-del&#224;, il s'agit de prendre en compte les limites sociales et humaines, lesquelles peuvent s'av&#233;rer plus contraignantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;pondre &#224; une demande relative aux besoins de base (alimentation, habitat, chauffage, acc&#232;s &#224; l'eau, sant&#233;, qui&#233;tude), la r&#233;ponse n'est pas strictement technologique. Autrement dit, l'&#233;cosyst&#232;me ambiant peut, sinon totalement, du moins partiellement, fournir gratuitement une contribution importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; technophile nous a souvent fait n&#233;gliger ces apports gratuits. Emprisonn&#233;s dans la logique de croissance, nous oublions que l'&#233;nergie solaire peut chauffer et &#233;clairer gratuitement un habitat bien con&#231;u. Avant m&#234;me de penser &#224; une technique de chauffage et &#224; un syst&#232;me d'&#233;clairage des lieux de vie, il faut implanter et concevoir l'habitat pour maximiser les apports gratuits. Ceci n'est &#233;videmment possible que pour un habitat nouveau. L'habitat existant peut cependant faire l'objet d'une r&#233;novation permettant de corriger dans une large mesure les choix architecturaux qui ont n&#233;glig&#233; les apports solaires. Une eau de qualit&#233;, c'est-&#224;-dire exempte de polluants chimiques et bact&#233;riologiques, devrait &#234;tre accessible gratuitement dans de nombreux lieux de vie, moyennant une infrastructure l&#233;g&#232;re (citerne, puits). Sans ignorer la pollution diffuse qui contribue &#224; la contamination de l'eau de pluie et m&#234;me de celle en provenance des nappes phr&#233;atiques, il n'y a gu&#232;re de raisons de penser que la qualit&#233; de l'eau distribu&#233;e en r&#233;seau soit sup&#233;rieure. Lorsque cette eau de distribution provient d'eaux de surface souvent largement pollu&#233;es, donc soumises &#224; des traitements d'&#233;puration lourds, la balance pencherait plut&#244;t en faveur de l'eau capt&#233;e localement. Le recours &#224; la technologie devrait &#234;tre choisi en compl&#233;ment des apports &#171; gratuits &#187; et non en substitut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle approche &#171; d&#233;croissante &#187; heurte de plein fouet la logique dominante, et met donc en question les technologies intensives en capital et centralisatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, les technologies adapt&#233;es &#224; une valorisation des ressources locales et &#224; l'autonomie sont potentiellement les mieux en mesure de r&#233;pondre &#224; une demande formul&#233;e en ces termes, en particulier pour ce qui est de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;nergie comme cl&#233; du changement de paradigme&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La soci&#233;t&#233; industrielle, productiviste et organis&#233;e pour la croissance, n'a pu fonctionner qu'en faisant appel &#224; des ressources &#233;nerg&#233;tiques disponibles &#224; faible co&#251;t. D&#232;s lors que ce co&#251;t est appel&#233; &#224; augmenter irr&#233;versiblement, du fait de la d&#233;pl&#233;tion des r&#233;serves, ce fonctionnement sera mis en cause. Le r&#234;ve de la substitution au p&#233;trole et au gaz d'une &#233;nergie in&#233;puisable permettant de continuer comme avant (il s'agit bien s&#251;r du nucl&#233;aire) &#233;tant s&#233;rieusement contest&#233; par les faits, les conditions d'une mutation vers l'utilisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des &#233;nergies renouvelables sont bien pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, entretenue par les conservateurs de toute ob&#233;dience, les &#233;nergies renouvelables sont parfaitement aptes &#224; r&#233;pondre &#224; la totalit&#233; de la demande &#233;nerg&#233;tique. Mais cette demande ne peut s'exprimer comme elle le fait aujourd'hui dans une perspective de croissance &#233;conomique g&#233;n&#233;ralis&#233;e et de comp&#233;tition mondialis&#233;e. Elle doit s'inscrire dans une perspective de sobri&#233;t&#233;, d'efficience &#233;nerg&#233;tique et de relocalisation &#233;conomique. La valorisation des &#233;nergies renouvelables locales et r&#233;gionales doit viser &#224; une autonomie lib&#233;ratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les technologies sont d'ores et d&#233;j&#224; disponibles pour impulser cette nouvelle politique &#233;nerg&#233;tique et leur assurer un r&#244;le majeur &#224; moyen terme. Solaire thermique et photovolta&#239;que, &#233;olien, mini et microhydraulique, cog&#233;n&#233;ration &#224; partir de biomasse gaz&#233;ifi&#233;e ou de biogaz, r&#233;seaux de chaleur locaux aliment&#233;s en g&#233;othermie ou par combustion de mati&#232;res ligneuses, pompes &#224; chaleur, &#233;nergie des vagues, peuvent, selon les lieux et les usages, intervenir de mani&#232;re compl&#233;mentaire pour aller vers l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure de la mise en place de ces outils technologiques pr&#233;parant l'apr&#232;s-p&#233;trole, les efforts de recherche-d&#233;veloppement doivent &#234;tre cibl&#233;s sur l'augmentation de leurs performances et sur la perc&#233;e de technologies faisant actuellement l'objet de recherches, mais qui n'ont pas encore atteint la fiabilit&#233; ou l'efficience attendue (stockage intersaisonnier de chaleur &#224; basse temp&#233;rature, stockage de l'&#233;lectricit&#233; en batteries ou &#224; l'air comprim&#233;, piles &#224; combustible, syst&#232;mes de production et de stockage de l'hydrog&#232;ne &#224; petite &#233;chelle et couplage avec piles &#224; combustible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autolimitation de la production et de la consommation d'&#233;nergie est li&#233;e d'une part au fait que la ressource est un flux, et d'autre part &#224; la disponibilit&#233; des sols et des surfaces de captation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette disponibilit&#233; n'est pas seulement physique, elle est li&#233;e &#224; la concurrence des usages. C'est ainsi que la fili&#232;re des biocarburants d'origine agricole doit &#234;tre s&#233;rieusement r&#233;&#233;valu&#233;e, elle qui fait l'objet d'une promotion politique d&#233;mesur&#233;e et &#224; mon avis injustifiable. Au-del&#224; des faibles rendements obtenus en termes d'&#233;nergie utile par unit&#233; d'&#233;nergie investie pour les diff&#233;rentes cultures envisag&#233;es en Europe (colza, tournesol, froment, betterave), il appara&#238;t surtout que pour obtenir une production significative de biocarburants (sous forme de bio&#233;thanol et de diester), il faudrait mobiliser une proportion importante des terres agricoles au d&#233;triment de cultures alimentaires ou autres, &#233;cologiquement et &#233;conomiquement utiles. C'est ainsi que l'objectif vis&#233; par l'Union europ&#233;enne &#224; l'horizon 2010 (couvrir 5,75 % de la demande en carburants pour le transport par les biocarburants) exigerait que la part de la surface agricole (dans l'Europe &#224; 25) consacr&#233;e &#224; la production de biocarburants devrait aller jusqu'&#224; 13 % du total (dans un sc&#233;nario 50 % diester-colza &#8211; 50 % bio&#233;thanol-bl&#233;). Cette estimation bas&#233;e sur une production brute d'&#233;nergie devrait &#234;tre au moins doubl&#233;e sur la base d'une production nette d'&#233;nergie par hectare. Il est r&#233;aliste d'estimer que les biocarburants d'origine endog&#232;ne ne pourront pas rencontrer l'objectif fix&#233; par l'Europe, celui-ci ne pouvant &#234;tre atteint qu'avec l'apport de mati&#232;res premi&#232;res import&#233;es (Br&#233;sil, Indon&#233;sie...). Ce choix europ&#233;en est d'autant plus contestable qu'il s'inscrit dans un cadre de croissance de la demande en carburants pr&#233;vu comme devant &#234;tre de 2 % par an au cours des ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; faut-il mettre en question l'avenir &#224; long terme de fili&#232;res industrielles aussi peu productives et aussi gourmandes en territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; l'horizon 2010, on se trouve d&#233;j&#224; confront&#233; &#224; l'indisponibilit&#233; en terres cultivables, il est &#233;vident qu'aller au-del&#224; des objectifs 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
devient impraticable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Comblin et Paul Lannoye, ; 2006.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fili&#232;re de production de biocarburants &#224; partir d'huile v&#233;g&#233;tale n'a d'avenir r&#233;el que dans une perspective d'autonomie &#233;nerg&#233;tique locale. En effet, l'utilisation locale de l'huile brute de colza ou de tournesol &#233;vite l'&#233;tape industrielle de la transest&#233;rification, r&#233;duit les d&#233;penses de transport et garantit la valorisation des co-produits que sont les tourteaux. Son bilan &#233;nerg&#233;tique, &#233;conomique et &#233;cologique est donc largement sup&#233;rieur. Il s'agit &#233;videmment d'une fili&#232;re courte, ma&#238;tris&#233;e par les producteurs eux-m&#234;mes et ne s'inscrivant nullement dans la logique de croissance. On comprend pourquoi elle est souvent discr&#233;dit&#233;e par les industriels au nom d'arguments techniques fallacieux ; on comprend aussi pourquoi elle est ignor&#233;e, quand ce n'est pas contrecarr&#233;e, par les pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des biocarburants permet de mettre le doigt sur l'impasse dans laquelle le monde industrialis&#233; s'est enfonc&#233; en pariant sur la p&#233;rennit&#233; de transports rapides et peu co&#251;teux, alors que les transports routiers et a&#233;riens d&#233;pendent int&#233;gralement de la ressource p&#233;troli&#232;re. Or, dans un contexte de d&#233;pl&#233;tion rapproch&#233;e, il est fondamental de comprendre qu'il n'y a pas d'alternative aux carburants p&#233;troliers sans remise en question du r&#244;le des transports. Ni &#224; court terme ni &#224; moyen terme, sachant que la perc&#233;e du carburant hydrog&#232;ne n'est envisag&#233;e par ses plus chauds partisans que dans quinze &#224; vingt ans. Quelle que soit l'&#233;volution technique dans le secteur automobile et l'aviation, et sans contester la n&#233;cessit&#233; d'accro&#238;tre l'efficacit&#233; des moteurs et des carburants, il est imp&#233;ratif de se rendre compte que le slogan &#171; moins vite, moins loin, moins souvent &#187; propos&#233; par Yves cochet devra guider le monde de l'apr&#232;s p&#233;trole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yves Cochet, P&#233;trole apocalypse, Fayard, Paris, 2005.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;vocation des biocarburants permet aussi de montrer la n&#233;cessit&#233; de l'approche syst&#233;mique. L'&#233;nergie, param&#232;tre fondamental, n'est pas tout, et les &#233;cosyst&#232;mes, comme ressources pour la vie humaine, ne sont pas extensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers l'autonomie alimentaire, le retour du textile indig&#232;ne et la chimie des plantes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;clatement des fili&#232;res de production-consommation alimentaires et la mondialisation du secteur le plus vital pour les &#234;tres humains entra&#238;nent des d&#233;s&#233;quilibres &#233;cologiques, des d&#233;g&#226;ts humains et sociaux et une ali&#233;nation des peuples largement document&#233;s depuis de nombreuses ann&#233;es. La n&#233;cessit&#233; de sortir l'agriculture et l'alimentation du cadre commercial d&#233;fini par l'OMC est reconnue et plaid&#233;e par les associations paysannes &#224; travers le monde. Le concept de souverainet&#233; alimentaire gagne de l'audience au Nord comme au Sud. Il se transpose dans un r&#233;cent ouvrage de Philippe Desbrosses, Emmanuel Bailly et Thanh Nghiem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ph. Desbrosses, E. Bailly et T. Nghiem, &#171; Terres d'avenir pour un mode de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par la proposition de d&#233;marche &#233;cor&#233;gionale par laquelle les auteurs proposent d'organiser l'espace r&#233;gional autour de l'agriculture et selon un mode de production agrobiologique. L'agrobiologie, telle que reconnue aux niveaux europ&#233;en et international, n'est pas la seule technologie agricole &#233;cologique ; la biodynamique et la permaculture se basent elles aussi sur des techniques &#233;prouv&#233;es de production alimentaire (polyculture-&#233;levage, cultures associ&#233;es, assolement, choix des vari&#233;t&#233;s indig&#232;nes, recyclage) s'inscrivant dans la logique de souverainet&#233; alimentaire r&#233;gionale. Cette logique est forc&#233;ment d&#233;croissante, dans la mesure o&#249; elle exclut les intrants industriels classiques (pesticides, engrais) et ne vise pas &#224; conqu&#233;rir les march&#233;s lointains, ce qui implique une forte r&#233;duction des transports et une limitation de la transformation, du conditionnement et du commerce. Contrairement aux affirmations aussi p&#233;remptoires que peu argument&#233;es du monde de l'agro-alimentaire, une telle approche est une r&#233;ponse pertinente aux probl&#232;mes de sous-alimentation v&#233;cus en Afrique et en Asie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Niels Halberg et al., &#171; The impact of organic farming on food security in a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la priorit&#233; dans l'utilisation des terres cultivables doit aller &#224; la production alimentaire pour le march&#233; r&#233;gional, la culture de vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales &#224; des fins non alimentaires peut occuper le deuxi&#232;me rang dans une strat&#233;gie d'autonomisation r&#233;gionale r&#233;pondant &#224; des besoins essentiels. C'est notamment le cas des vari&#233;t&#233;s capables de fournir des fibres textiles de qualit&#233; ainsi qu'accessoirement des mat&#233;riaux divers, voire des m&#233;dicaments pour la phytoth&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XVIIIe si&#232;cle, les pays industrialis&#233;s ont progressivement &#233;limin&#233; de la production textile toutes les fibres naturelles indig&#232;nes et accord&#233; une place de plus en plus dominante au coton. La culture du coton dans le sud des &#201;tats-Unis a aliment&#233; le textile britannique d&#232;s le XVIIIe si&#232;cle. Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, les &#201;tats-Unis ont continu&#233; de fournir en coton leur ancienne m&#233;tropole. De son c&#244;t&#233;, la France d&#233;veloppait la culture du coton dans son empire africain. La culture du cotonnier n&#233;cessite des conditions climatiques sp&#233;cifiques : ensoleillement important et approvisionnement en eau suffisant pendant la croissance ; la r&#233;colte de la fibre du cotonnier requiert un temps sec. Ces conditions expliquent que la culture du cotonnier se d&#233;veloppe surtout dans les r&#233;gions tropicales ou subtropicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre se sont lanc&#233;s, sous pression du FMI, dans la monoculture du coton, dont ils sont maintenant dramatiquement d&#233;pendants, alors que les cours mondiaux sont tr&#232;s volatils. L'Europe du Sud (Gr&#232;ce, Espagne) produit peu et exporte peu sur le march&#233; mondial. La culture du coton est tr&#232;s gourmande en pesticides et insecticides ; &#224; l'&#233;chelle mondiale, elle consomme respectivement 10 et 22,5 % des quantit&#233;s totales de pesticides et insecticides employ&#233;s en agriculture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St Parmentier et O. Bailly, &#171; Coton &#8211; des vies sur le fil &#187;, Oxfam ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, l'alternative de la culture biologique commence-t-elle &#224; se d&#233;velopper, mais l'empreinte &#233;cologique globale d'une fili&#232;re textile &#224; base de coton import&#233; d'Afrique, des &#201;tats-Unis ou d'Inde reste &#233;lev&#233;e. Ceci justifie que des cultures v&#233;g&#233;tales connues de longue date dans les r&#233;gions au climat temp&#233;r&#233; comme celles du lin et du chanvre, dont les fibres pr&#233;sentent une qualit&#233; indiscutable, soient s&#233;rieusement revaloris&#233;es. L'int&#233;r&#234;t de ces fili&#232;res est d'autant plus grand qu'il s'agit de v&#233;g&#233;taux peu exigeants en termes de qualit&#233; des sols et de conduite de culture. Par ailleurs, la valorisation des sous-produits (huile, graines, tourteaux) est &#233;conomiquement et &#233;cologiquement prometteuse dans une approche de relocalisation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on admet qu'&#224; moyen terme, la p&#233;trochimie est condamn&#233;e du fait de la d&#233;pl&#233;tion p&#233;troli&#232;re et de l'imminence d'une hausse vertigineuse des co&#251;ts de la mati&#232;re premi&#232;re, il appara&#238;t aussi judicieux qu'urgent de r&#233;investiguer le potentiel de production de substances utiles &#224; de nombreux usages (peintures, produits d'entretien, cosm&#233;tiques, solvants, lubrifiants) &#224; partir des v&#233;g&#233;taux indig&#232;nes. Des fili&#232;res courtes bas&#233;es sur les ressources r&#233;gionales sont aptes &#224; se substituer &#224; celles d'origine p&#233;troli&#232;re, tout en minimisant les risques &#233;cologiques et sanitaires. La recherche-d&#233;veloppement devrait se focaliser sur ce potentiel qui constitue pour chaque r&#233;gion un v&#233;ritable tr&#233;sor (selon l'expression du pr&#233;sident d'EuroSolar, Hermann Scheer)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hermann Scheer, Le Solaire et l'&#233;conomie mondiale, Actes Sud, 2001.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La caract&#233;ristique commune &#224; toutes les fili&#232;res et technologies pr&#233;sent&#233;es ci-dessus est leur recours aux ressources renouvelables et locales. Elles sont aussi adapt&#233;es &#224; un processus d'autonomisation locale ou r&#233;gionale, gr&#226;ce notamment &#224; leur capacit&#233; &#224; &#234;tre mises en &#339;uvre de mani&#232;re compl&#233;mentaire et int&#233;gr&#233;e. Les instances europ&#233;ennes ont, au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, adopt&#233; des mesures l&#233;gislatives ou r&#233;glementaires visant &#224; permettre &#224; toutes ces fili&#232;res d'exister, c'est-&#224;-dire occuper des &#171; niches &#187; limit&#233;es sur des march&#233;s domin&#233;s par les fili&#232;res traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que l'essor des technologies &#224; petite &#233;chelle bas&#233;es sur les ressources renouvelables ne peut se r&#233;aliser dans un contexte qui leur est d&#233;favorable, puisque ce contexte est fa&#231;onn&#233; pour les technologies de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur pertinence technique n'est en r&#233;alit&#233; mise en cause que par ceux qui ont int&#233;r&#234;t &#224; les d&#233;consid&#233;rer. Leur capacit&#233; &#224; se substituer aux technologies dominantes ne fait pas de doute, pour autant que l'objectif de croissance soit remis en question et qu'ainsi soient lev&#233;s les obstacles id&#233;ologiques et politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directive 79/117/CEE du 21 d&#233;cembre 1978 concernant l'interdiction de mise sur le march&#233; et d'utilisation des produits phytopharmaceutiques contenant certaines substances actives publi&#233;e au J.O. N&#176; L 033 du 08.07.79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;U. Dolata, in &lt;i&gt;Transg&#233;nique : le temps des manipulations&lt;/i&gt;, Frison Roche, Paris, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philip J. Bond, &#171; Remarques au Nano-Economic Congress &#187;, Washington DC, 9 septembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hope Shand et Kathy Jo Wetter, &#171; La science en miniature : une introduction aux nanotechnologies &#187;, in &lt;i&gt;L'&#201;tat de la plan&#232;te&lt;/i&gt; 2006 ; Institut Worldwatch ; USA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Comblin et Paul Lannoye, &lt;a href=&#034;http://www.grappebelgique.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.grappebelgique.be&lt;/a&gt; ; 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yves Cochet, &lt;i&gt;P&#233;trole apocalypse&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ph. Desbrosses, E. Bailly et T. Nghiem, &#171; Terres d'avenir pour un mode de vie durable &#187; , Alph&#233;e, Jean-Paul Bertrand, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Niels Halberg et al., &#171; The impact of organic farming on food security in a regional and global perspective &#187;, CAB intern. 2005, Tjele, Danemark.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St Parmentier et O. Bailly, &#171; Coton &#8211; des vies sur le fil &#187;, Oxfam ; Magasins du Monde, d&#233;c. 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hermann Scheer, &lt;i&gt;Le Solaire et l'&#233;conomie mondiale&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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