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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>.219 De la c&#233;cit&#233; volontaire...</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois BRUNE</dc:creator>



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&lt;p&gt;LUNDI 29 JANVIER 2007. Apr&#232;s avoir soulign&#233; qu'avec le r&#233;chauffement climatique, personne ne peut plus nier le d&#233;fi majeur auquel notre plan&#232;te se trouve confront&#233;e, l'&#233;ditorialiste poursuit et conclut : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une fois l'&#233;quation pos&#233;e, le plus dur reste de la r&#233;soudre. Car le fl&#233;au de la d&#233;t&#233;rioration de l'environnement est le corollaire direct du d&#233;veloppement &#8211; et donc de l'am&#233;lioration des conditions de vie &#8211; de l'humanit&#233; (1). Si, partout dans le monde, l'on pollue davantage, c'est avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;N&#176; 2 - D&#233;croissance &amp; travail (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LUNDI 29 JANVIER 2007. &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir soulign&#233; qu'avec le r&#233;chauffement climatique, personne ne peut plus nier le d&#233;fi majeur auquel notre plan&#232;te se trouve confront&#233;e, l'&#233;ditorialiste poursuit et conclut&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une fois l'&#233;quation pos&#233;e, le plus dur reste de la r&#233;soudre. Car le fl&#233;au de la d&#233;t&#233;rioration de l'environnement est le corollaire direct du d&#233;veloppement &#8211; et donc de l'am&#233;lioration des conditions de vie &#8211; de l'humanit&#233; (1). Si, partout dans le monde, l'on pollue davantage, c'est avant tout que l'on produit plus, parce que l'on consomme plus et que l'on transporte plus d'hommes et de marchandises. Des mesures importantes, comme la cr&#233;ation du march&#233; du gaz carbonique, ont &#233;t&#233; prises dans un certain nombre de pays pour brider cette fuite en avant. Mais tout le monde sait que, m&#234;me &#224; supposer que tous les &#201;tats acceptent de s'y soumettre, ce qui a &#233;t&#233; entrepris &#224; ce jour n'est pas &#224; la hauteur du probl&#232;me, loin s'en faut. Et &#224; dire vrai, on ne voit pas, en l'&#233;tat actuel des choses et de nos connaissances, ce qui pourrait stopper la machine infernale (2), sans remettre fondamentalement en cause le mode de d&#233;veloppement m&#234;me de nos soci&#233;t&#233;s, ainsi que leur organisation (3). Pour autant, il serait illusoire de pr&#233;tendre gagner ce combat en s'appuyant sur cette seule approche restrictive, tout simplement parce qu'elle est inacceptable et n'a aucune chance d'&#234;tre accept&#233;e (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;alit&#233;, c'est que les discours catastrophistes, fixant des objectifs inatteignables, sont contre-productifs. Ce dont les opinions ont besoin, c'est d'une &#233;cologie du possible, concr&#232;te, qui contraigne sans bouleverser (5). Nicolas Hulot, Al Gore et Alain Jupp&#233;, par exemple, ont int&#233;gr&#233; cette dimension. L'exercice est difficile, mais c'est le r&#244;le du politique de le rendre possible &#224; force de conviction (6). &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
*&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;ditorial est un document capital : il permettra &#224; nos survivants, dans quelques si&#232;cles, de comprendre comment l'&#234;tre humain, au XXIe si&#232;cle, parvenait &#224; brandir d'une main le flambeau de la lumi&#232;re tout en s'appliquant, de l'autre, un bandeau sur les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;i&gt;La d&#233;t&#233;rioration de l'environnement est le corollaire direct du d&#233;veloppement &#8211; et donc de l'am&#233;lioration des conditions de vie &#8211; de l'humanit&#233;&lt;/i&gt;. Le mot &#171; corollaire &#187; est ici judicieusement choisi : le &#171; d&#233;veloppement &#187; &lt;i&gt;s'accompagne&lt;/i&gt; de cette d&#233;t&#233;rioration (c'est un dommage &lt;i&gt;collat&#233;ral&lt;/i&gt;), il ne saurait en &#234;tre la cause fondamentale. Quant &#224; &lt;i&gt;l'am&#233;lioration des conditions de vie&lt;/i&gt;, elle &lt;i&gt;ne fait qu'un&lt;/i&gt; avec le d&#233;veloppement (&lt;i&gt;&#171; et donc &#187;&lt;/i&gt;, dit le texte, faisant de cet &#233;nonc&#233; un postulat). En d'autres termes, si l'on reprend la bonne vieille distinction philosophique entre la substance et l'accident : le d&#233;veloppement est am&#233;lioration en soi, &lt;i&gt;par essence&lt;/i&gt; ; il ne peut donc engendrer de &#171; d&#233;t&#233;rioration &#187; de l'environnement que &lt;i&gt;par accident&lt;/i&gt;. L'ennui, c'est que cet environnement est lui-m&#234;me un &lt;i&gt;&#233;l&#233;ment substantiel&lt;/i&gt; des conditions de vie. En n&#233;gligeant cela, l'auteur se dispense d'aller jusqu'au bout de la contradiction qu'il aurait d&#251; &#233;noncer ainsi : le d&#233;veloppement ne r&#233;ussit &#224; am&#233;liorer nos conditions de vie qu'en les d&#233;t&#233;riorant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;i&gt;&#171; On ne voit pas, en l'&#233;tat actuel des choses et de nos connaissances, ce qui pourrait stopper la machine infernale &#187;&lt;/i&gt;. Rien &#224; redire, cette fois, &#224; la logique de notre &#233;ditorialiste. Il a bien vu que &lt;i&gt;&#171; produire plus, transporter plus, consommer plus &#187;&lt;/i&gt; ne fait, partout dans le monde, que &lt;i&gt;polluer davantage&lt;/i&gt;. Il aurait pu poursuivre sa strat&#233;gie d'&#233;vitement du r&#233;el, en faisant passer des mesurettes pour &#171; la &#187; solution. Bien au contraire, il avoue l'impuissance de ceux qui voient, de ceux qui savent et de ceux qui dirigent : face &#224; la gravit&#233; de la situation, il n'y a pas de machiniste susceptible de stopper la machine infernale ! Que faire alors ? freiner &#224; toute berzingue, changer de cap, virer &#224; 180&#176; tant qu'il est encore temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;i&gt;&#171; Remettre fondamentalement en cause le mode de d&#233;veloppement m&#234;me de nos soci&#233;t&#233;s, ainsi que leur organisation. &#187;&lt;/i&gt; Eh bien oui ! L'auteur le dit clairement : il n'y a de solution que radicale. Il faut remettre en cause le mode m&#234;me de d&#233;veloppement et l'organisation de nos soci&#233;t&#233;s. La fermet&#233; de ce propos indique qu'on ne saurait se contenter d'une solution interm&#233;diaire, nomm&#233;e par exemple &#171; d&#233;veloppement durable &#187;. On ne r&#233;gule pas une machine infernale. La remise en cause doit &#234;tre fondamentale. Or, c'est &#224; l'instant o&#249; il parvient &#224; cette conclusion que, sans doute effray&#233; par l'audace de son propos, notre &#233;dito fait soudain &#171; machine arri&#232;re &#187;, mais pas tout &#224; fait dans le sens qu'on attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;i&gt;&#171; Cette seule approche restrictive [...] est inacceptable et n'a aucune chance d'&#234;tre accept&#233;e. &#187; &lt;/i&gt; Qu'arrive-t-il &#224; notre auteur ? &lt;i&gt;&#171; Pour autant &#187;&lt;/i&gt;, dit-il. &lt;i&gt;&#171; Il serait illusoire &#187;&lt;/i&gt; dit-il. Et voil&#224; qu'ayant satur&#233; son texte d'indices de constat objectif (&lt;i&gt;c'est avant tout que, fuite en avant, tout le monde sait que, &#224; dire vrai, &#233;tat actuel des choses&lt;/i&gt;), il barre d'un trait de plume et d&#233;clare illusoire la conclusion logique o&#249; l'a men&#233; la prise en compte de la r&#233;alit&#233; ! Pourquoi cette d&#233;n&#233;gation ? Parce que cette conclusion est &#171; inacceptable &#187;. Peut-on, devant la gravit&#233; d'une situation, r&#233;cuser tout &#224; coup la seule solution logique qu'on vient d'envisager ? Oui, car m&#234;me si l'auteur l'acceptait, &lt;i&gt;&#171; elle n'a aucune chance d'&#234;tre accept&#233;e &#187;&lt;/i&gt; (par qui donc ? par les multinationales ou par les citoyens ?). Nous touchons l&#224; le noyau dur de l'imaginaire du d&#233;veloppement, ce sch&#233;ma pr&#233;&#233;tabli, cette &#171; croyance &#187; sans cesse r&#233;it&#233;r&#233;e qui rue dans les brancards d&#232;s que le r&#233;el la contrarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &lt;i&gt;&#171; Ce dont les opinions ont besoin... &#187;&lt;/i&gt; Ce dont les opinions ont besoin, si l'on comprend bien, c'est d'&#234;tre maintenues dans l'illusion de croire que des contraintes suffisent l&#224; o&#249; s'imposent des bouleversements. Paradoxalement, l'&#233;ditorialiste incrimine les &lt;i&gt;discours catastrophistes&lt;/i&gt; qu'il oppose soudain &#224; la &#171; r&#233;alit&#233; &#187;, alors qu'il venait justement, en all&#233;guant la catastrophe o&#249; nous conduit la &#171; machine infernale &#187;, d'&#233;clairer ses lecteurs ! Mais cette clart&#233; avait quelque chose de si aveuglant qu'il valait mieux enfouir nos petites t&#234;tes dans le sol...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &lt;i&gt;&#171; Le r&#244;le du politique [...] &#224; force de conviction. &#187;&lt;/i&gt; Pour justifier cette politique de l'autruche, l'auteur en appelle &#224; une &lt;i&gt;&#171; &#233;cologie du possible &#187;&lt;/i&gt;, incarn&#233;e selon lui par N. Hulot, Al Gore et A. Jupp&#233;. Des mod&#233;r&#233;s, des r&#233;formistes qui ne heurteront pas de front les opinions. Convenons avec lui que leur &lt;i&gt;&#171; exercice &#187;&lt;/i&gt; sera bien difficile puisqu'ils n'auront que leur &lt;i&gt;&#171; force de conviction &#187; &lt;/i&gt; &#224; opposer aux d&#233;terminismes climatiques qui, eux, s'appuient honteusement sur les lois d'airain de la physique-chimie. Cet appel &#171; politique &#187; aux trois personnalit&#233;s r&#233;formistes suscit&#233;es n'est-il pas, finalement, la pire fa&#231;on de les disqualifier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la simplicit&#233; volontaire et la c&#233;cit&#233; volontaire, choisis ton camp, camarade !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La frugalit&#233; heureuse : une utopie ?</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois BRUNE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Oui, une utopie, au sens politique du mot : non pas vague r&#234;ve paradisiaque, mais projet de soci&#233;t&#233; dont l'organisation globale et le principe moteur doivent &#234;tre soigneusement accord&#233;s. Dans ce fameux projet que nous nommons en effet &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance &#187;, quelle qu'en soit la forme singuli&#232;re, la frugalit&#233; me para&#238;t &#224; la fois condition du bonheur et principe de fonctionnement. Comment comprendre cela ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;l&#233;ment clef de toute &#171; utopie &#187; L'utopie, on s'en souvient, est d'abord un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Oui, une utopie, au sens &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; du mot : non pas vague r&#234;ve paradisiaque, mais projet de soci&#233;t&#233; dont l'organisation globale et le principe moteur doivent &#234;tre soigneusement accord&#233;s. Dans ce fameux projet que nous nommons en effet &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance &#187;, quelle qu'en soit la forme singuli&#232;re, la frugalit&#233; me para&#238;t &#224; la fois condition du bonheur et principe de fonctionnement. Comment comprendre cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;l&#233;ment clef de toute &#171; utopie &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'utopie, on s'en souvient, est d'abord un genre litt&#233;raire qui permet &#224; son auteur, de fa&#231;on plus ou moins &#171; gratuite &#187;, d'&#233;laborer une cit&#233; id&#233;ale et d'imaginer la fa&#231;on dont on peut y vivre. Lorsqu'il y a accord entre les principes de base et l'organisation politique d'ensemble, on obtient une &#171; bonne utopie &#187;, quasi viable : c'est le cas de l'Utopia de Thomas More, qui a marqu&#233; de son empreinte tous les penseurs politiques. En revanche, le reproche que l'on fait aux &#171; mauvaises &#187; utopies, c'est de concevoir la &#171; cit&#233; id&#233;ale &#187; en se contentant d'additionner des mesures ponctuelles (souvent en inversant les r&#233;alit&#233;s socio-politiques &#233;tablies), mais sans parvenir &#224; les faire fonctionner en un syst&#232;me coh&#233;rent, sans mettre en rapport les &#233;l&#233;ments particuliers et le &#171; tout &#187; qui les coordonne. La cit&#233; id&#233;ale est alors une cit&#233; morte, car rien de vivant, rien d'organique ne peut persister dans l'&#234;tre sans se faire syst&#232;me (&#224; commencer par &#171; l'&#233;cosyst&#232;me &#187;), ce dont il faut se souvenir aussi bien lorsqu'on d&#233;nonce une r&#233;alit&#233; globale existante que lorsqu'on veut en construire ou en promouvoir une nouvelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Jacques Ellul, qui rappelle qu'un syst&#232;me est &#171; un ensemble d'&#233;l&#233;ments (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'organisation de la Cit&#233; (&lt;i&gt;le&lt;/i&gt; politique), cet accord entre chacun des &#233;l&#233;ments et la totalit&#233; du syst&#232;me s'applique notamment &#224; la relation qui se tisse entre la nature de la soci&#233;t&#233; et le type d'individus qui y &#171; vivent &#187;, les deux termes de l'ensemble se fa&#231;onnant l'un par l'autre. En d'autres termes, comme l'estimait Platon, aucun r&#233;gime politique ne peut &#234;tre examin&#233; sans qu'on envisage simultan&#233;ment le type d'homme qui &#171; va avec &#187;, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e de l'homme qu'il implique et qu'il produit. Par exemple, de m&#234;me qu'on voit mal comment une &#171; soci&#233;t&#233; de consommation &#187; pourrait persister dans son &#234;tre en &#233;tant compos&#233;e de citoyens aux m&#339;urs asc&#233;tiques menant une vie monacale, de m&#234;me on ne saurait imaginer une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance fonctionnant avec des individus qui, jusque dans la profondeur r&#233;flexe de leurs pulsions spontan&#233;es, resteraient fa&#231;onn&#233;s par l'imaginaire et par le &#171; mode de vie &#187; de la &#171; soci&#233;t&#233; de consommation &#187;. La fameuse &#171; d&#233;colonisation de l'imaginaire &#187; dont parle notre ami Serge Latouche implique donc une &#233;ducation &#224; la frugalit&#233;&#8230; d&#232;s le plus jeune &#226;ge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, &#224; l'heure du repas, il est profond&#233;ment politique d'apprendre aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et pas simplement quelques lois domptant le flot d'images publicitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#233;laborer une &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; de d&#233;croissance quelle qu'elle soit, il faut donc profond&#233;ment mettre en question le mode de vie, le &#171; sens &#187; de la vie, le mod&#232;le m&#234;me de cet homme dit &#171; postmoderne &#187;, qui font partie de l'imaginaire dominant (qui est aussi celui des politiciens &#171; de gauche &#187;), et s'interroger sur le nouvel humanisme permettant aux cit&#233;s &#224; venir d'&#234;tre &#171; d&#233;croissantes &#187;. Qu'une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance s'impose pour assurer la survie de l'humanit&#233; en tant qu'esp&#232;ce ne saurait &#234;tre un objectif politiquement suffisant : c'est tout l'homme, dans toutes ses dimensions, avec son int&#233;riorit&#233;, avec sa dimension spirituelle (et quelque part son d&#233;sir d'immortalit&#233;) qui doit pouvoir s'&#233;panouir (non sans asc&#232;se&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'asc&#232;se v&#233;ritable est une condition de l'&#233;panouissement, non pas son contraire.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) dans un monde sauv&#233; de la catastrophe. Puisqu'il n'est pas de politique de d&#233;croissance sans une &#233;thique du partage, de la justice, de la fraternit&#233;, le seul mod&#232;le d'homme susceptible de faire fonctionner un tel syst&#232;me me para&#238;t l'homme frugal, celui qui n'attend de la consommation que l'aisance minimale lui permettant de vivre ailleurs qu'au pur niveau de la consommation. Et dans cette perspective, le seul bonheur qui m&#233;rite d'&#234;tre recherch&#233; est un bonheur partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consommation triste&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si la soci&#233;t&#233; de consommation, intrins&#232;quement li&#233;e &#224; l'id&#233;ologie de la &#171; croissance &#187; (&#233;conomique), nous offre dans sa vitrine publicitaire un mod&#232;le de bonheur auquel, pour notre plus grande joie, nous devrions tous nous conformer, il est facile d'observer que ce mod&#232;le pr&#233;sente un certain nombre de traits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. mon intervention &#171; Pour une soci&#233;t&#233; de frugalit&#233; &#187;, au colloque La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont l'effet est de produire &#224; grande &#233;chelle le contraire de ce qu'il promet : c'est-&#224;-dire un v&#233;ritable &lt;i&gt;malheur conforme&lt;/i&gt; que masque un h&#233;donisme de pacotille. La consommation prise pour sa propre fin est &#224; la fois immorale et &lt;i&gt;triste&lt;/i&gt;. De sorte que l'in&#233;luctabilit&#233; de la d&#233;croissance, ind&#233;pendamment de sa n&#233;cessit&#233; objective, a l'avantage de nous renvoyer aux imp&#233;ratifs &#233;thiques fondamentaux en m&#234;me temps qu'&#224; une r&#233;flexion sur le bonheur humain (que l'ordre &#171; politique &#187; a justement pour mission de permettre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il reprendre ici le tableau de l'&lt;i&gt;oppression de l'abondance&lt;/i&gt;, finalit&#233; de l'&#233;conomie de march&#233;, v&#233;ritable fl&#233;au de l'homme moderne (occidental), que l'on regarde du c&#244;t&#233; des n&#233;cessit&#233;s de la production (exploitation aussi bien que ch&#244;mage/comp&#233;titivit&#233; acharn&#233;e/pillage et marchandisation de toutes choses et de tout &#234;tre) ou du c&#244;t&#233; des imp&#233;ratifs consum&#233;ristes (boulimies de tous ordres, du mat&#233;riel au symbolique ; ali&#233;nation &#224; l'imm&#233;diatet&#233; et au bougisme ; fatuit&#233; des nantis et mis&#232;re des frustr&#233;s ; mim&#233;tisme g&#233;n&#233;ralis&#233; qui n'exclut pas une autre face de la comp&#233;titivit&#233; r&#233;gnante, celle de l'exhibition de soi &#224; travers des signes identitaires consum&#233;ristes). La personne humaine ne peut &#234;tre libre (et donc capable de bonheur) qu'en fuyant un tel syst&#232;me. Et elle ne peut penser un autre syst&#232;me qu'en faisant primer l'&#233;thique sur le politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus tragiquement comique, dans ce tableau dont nous sommes les acteurs autant que les victimes, c'est que son id&#233;ologie globale (qui suinte sans fin du discours m&#233;diatique) nous fait croire que la &#171; Croissance &#187; est &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; croissance. Nous nous persuadons que notre mode de vie d&#233;coule de l'&#233;volution naturelle des choses, et que la logique mortif&#232;re de la consommation est la voie m&#234;me de notre &#233;panouissement. Nous nous mettons &#224; int&#233;rioriser le d&#233;veloppement de notre propre &#234;tre sur le mod&#232;le (miniaturis&#233;) de cette croissance invoqu&#233;e soir et matin, de sorte que le mot &#171; d&#233;croissance &#187; fait peur comme la mort m&#234;me. Cel&#224; confirme d'ailleurs que tout le discours de la croissance est &#224; sa mani&#232;re une conjuration de ce destin mortel que l'homme de notre temps ne sait plus regarder en face. Conjuration bien d&#233;risoire, qui ne change rien &#224; une soci&#233;t&#233; avide d'antid&#233;presseurs, en d&#233;pit des sempiternelles &#171; relances du d&#233;sir &#187; des publicitaires et autres bonimenteurs m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'on ne saurait trop le r&#233;p&#233;ter : quand bien m&#234;me les ressources naturelles de notre globe seraient illimit&#233;es, quand bien m&#234;me pour son bon plaisir chacun d'entre nous disposerait de quinze plan&#232;tes chaque ann&#233;e, la soci&#233;t&#233; de consommation n'en demeurerait pas moins pour ses membres fondamentalement d&#233;shumanisante et condamnable, source de frustrations, d'&#233;touffement et de non-sens. Et ceci, simplement parce qu'elle est une soci&#233;t&#233; unidimensionnelle, dans laquelle l'individu croule sous le poids de ses multiples ob&#233;sit&#233;s. Il faut donc bien s'en convaincre : la r&#233;v&#233;lation soudaine des limites de la plan&#232;te Terre, qu'il s'agisse des &#233;nergies fossiles ou des ressources mini&#232;res, est une tr&#232;s bonne nouvelle, puisqu'elle nous oblige d&#233;sormais &#224; changer de voie pour retrouver de la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La voie royale de la frugalit&#233;, condition du bonheur collectif&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Par opposition &#224; cette soci&#233;t&#233; unidimensionnelle, c'est donc un mode de vie radicalement diff&#233;rent qu'il faut politiquement imaginer, ou red&#233;couvrir (car on ne construit rien &#224; partir de rien, et on ne doit pas h&#233;siter &#224; s'inspirer de mod&#232;les anciens s'il le faut), que je me suis permis de nommer &#171; soci&#233;t&#233; de frugalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je n'aime pas beaucoup l'expression &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance &#187;, qui semble (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce mot de &lt;i&gt;frugalit&#233;&lt;/i&gt; fait peur : notre imaginaire est &#224; ce point colonis&#233; que nous l'associons spontan&#233;ment au mot &#171; p&#233;nurie &#187;. Or, la frugalit&#233; n'est ni la frustration ni la mis&#232;re : elle suppose m&#234;me une certaine &lt;i&gt;aisance&lt;/i&gt; &#233;conomique, laquelle est essentiellement &#224; rechercher comme &lt;i&gt;condition d'autre chose&lt;/i&gt;, l'existence pleine et enti&#232;re&#8230; pour chacun et pour tous. Condition d'autre chose, en ce qu'elle donne le &lt;i&gt;moyen&lt;/i&gt; de vivre d'autres dimensions, de n'&#234;tre plus riv&#233; &#224; l'obsession de l'&#233;conomique en soi. Et je dis &lt;i&gt;pour tous&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les &#234;tres humains &#8211; car il n'est pas question que mon aisance soit fond&#233;e (directement ou indirectement) sur la spoliation de ce &#224; quoi mes semblables ont autant droit que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, l'un des premiers bonheurs de la vie frugale, c'est de sentir que les saines r&#233;jouissances de mon existence quotidienne ne se paient pas de la souffrance et de l'exploitation de mes semblables, non plus que du pillage des ressources plan&#233;taires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faut-il rappeler cette citation de Camus : &#171; Il n'y a pas de honte &#224; &#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bonheur lucide est indissociable du &lt;i&gt;d&#233;-conditionnement&lt;/i&gt; de notre imaginaire. Se sentir lib&#233;r&#233; de tant de faux besoins, voil&#224; de quoi r&#233;jouir le c&#339;ur de l'homme frugal ! Le voici dispens&#233; des imp&#233;ratifs du rendement qui lui mangent son temps identifi&#233; &#224; l'argent : il retrouve le temps de vivre, le &lt;i&gt;choix&lt;/i&gt; du temps contre &lt;i&gt;l'emploi&lt;/i&gt; du temps (impos&#233; par l'imaginaire utilitariste). Il op&#232;re dans son existence la grande revanche du qualitatif sur le quantitatif. Moins de consommations (plurielles), davantage de contemplation (po&#233;tique ?). Moins de contacts (sociaux), davantage de relations (personnelles). Moins de biens, plus de liens, comme on l'a dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La frugalit&#233; personnelle et collective, c'est aussi la revanche du Sens sur la Croissance. L'image d'un bonheur li&#233; &#224; une croissance mat&#233;rielle ind&#233;finie, et qui &#171; cro&#238;trait &#187; avec elle (quelle belle parade contre la Mort !), image d&#233;mentie chaque jour par les al&#233;as de la vie et la certitude de notre mortalit&#233;, fait place &#224; la question du Sens. C'est-&#224;-dire, si l'on veut, &#224; la m&#233;ditation d'Hamlet : &#234;tre ou ne pas &#234;tre, quel est donc le Sens ? Cette m&#233;ditation est-elle sereine ou tragique ? L&#224; n'est pas la question ! Ce qui importe, c'est que chaque citoyen ait l'honneur de r&#233;fl&#233;chir &#224; son sens et &#224; celui de sa communaut&#233;, sans &#234;tre &#171; diverti &#187; par le discours ambiant ou ali&#233;n&#233; &#224; des leurres collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disant cela, je postule naturellement que c'est le &#171; sens &#187; qui fait l'authenticit&#233; de ce que l'on vit, et non la somme de bonheurs consum&#233;ristes aussi sains qu'ils puissent &#234;tre pris en tant que tels. Je postule m&#234;me que cette authenticit&#233; est alors &#171; bonheur &#187;, autant qu'elle peut l'&#234;tre, &lt;i&gt;y compris&lt;/i&gt; dans ce qu'il y a de p&#233;nible dans l'existence. La joie du &#171; sacrifice &#187; (je parle de l'abn&#233;gation du militant) vient du sens de ce qu'il fait, au service de sa cause. La &#171; joie &#187; du travail est de pr&#233;parer le bonheur convivial de la r&#233;colte. Si le vin r&#233;jouit le c&#339;ur de l'homme, c'est aussi en raison des soins exig&#233;s par la vigne et du labeur n&#233;cessit&#233; par les vendanges. Reconna&#238;tre l'in&#233;vitabilit&#233; de la peine n'est pas tomber dans le masochisme, n'en d&#233;plaise &#224; l'h&#233;donisme m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le masochisme comme plaisir peut d'ailleurs tr&#232;s bien &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous ne sommes que trop invit&#233;s &#224; &#171; vivre &#187; du &#171; festif &#187; en soi, d&#233;-context&#233; de l'engagement individuel et collectif des hommes, de l'&#339;uvre ou de la lutte humaine, ce qui nous conduit &#224; qu&#234;ter des illusions de plaisir sur fond d'existences d&#233;prim&#233;es, depuis les comm&#233;morations creuses ou les pseudo-&#233;v&#233;nements n&#233;cessaires &#224; notre bougisme, jusqu'&#224; ces braderies ou brocantes rituelles qui confondent joie conviviale et euphorie des soldes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La frugalit&#233; m&#234;me au c&#339;ur de la soif d'agir&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il serait peu conforme &#224; l'id&#233;al d'une soci&#233;t&#233; de frugalit&#233; que de vouloir travailler &#224; son av&#232;nement avec cette sorte d'impatience passionnelle qui caract&#233;rise l'ambition politicienne. Il serait suicidaire, au nom d'une &#171; soci&#233;t&#233; de frugalit&#233; &#187; qui reste &#224; penser et &#224; pr&#233;parer en profondeur, de vouloir agir &lt;i&gt;tout de suite&lt;/i&gt;, dans le champ perverti de &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; politique telle qu'elle se fait, au sein d'une d&#233;mocratie &lt;i&gt;formelle&lt;/i&gt; dont la logique &#171; lib&#233;rale &#187; n'est plus &lt;i&gt;&#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, mais leur contraire : &lt;i&gt;Asservissement, In&#233;galit&#233;, Individualisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'amour de la frugalit&#233; fait intrins&#232;quement partie de ce que les penseurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans l'actuelle course pr&#233;sidentielle, il serait par exemple aussi comique de lancer la &#171; d&#233;croissance &#187; comme une fus&#233;e ou un &#171; obus &#187; que de faire concourir une paire de b&#339;ufs dans un circuit de Formule 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme frugal compte avec le temps, y compris pour &#171; h&#226;ter &#187; la venue d'une soci&#233;t&#233; qui, justement, a pour objet de red&#233;couvrir une saine conception du temps. De ce point de vue, il ne se pr&#233;cipite pas dans l'actuel champ politique officiel : il est trop t&#244;t. Il lui est beaucoup plus profitable de r&#233;fl&#233;chir sur &lt;i&gt;le pass&#233; qui n'est pas d&#233;pass&#233;&lt;/i&gt;, sur ce que peuvent nous apporter les anciennes soci&#233;t&#233;s qui n'&#233;taient pas des &#171; soci&#233;t&#233;s de croissance &#187;. Ent&#233;riner l'enclavement de la politique dans &#171; l'&#224;-court-termisme &#187; (qu'implique la volont&#233; d'action imm&#233;diate) me semble trahir l'essence du politique, qui ordonne &lt;i&gt;dans le temps&lt;/i&gt; la marche de la Cit&#233;, c'est-&#224;-dire en tenant toujours compte de cet ensemble pass&#233;-pr&#233;sent-avenir dans lequel doit s'inscrire toute d&#233;cision collective&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le retour &#224; la pluridimensionnalit&#233; (&#224; tout l'humain irr&#233;ductible &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type m&#234;me d'engagement qui est le n&#244;tre doit ainsi &#234;tre accord&#233; au projet de soci&#233;t&#233; qui nous anime, en fuyant ce culte de l'imm&#233;diatet&#233; &#8211; publicitaire, m&#233;diatique, &#171; politique &#187; &#8211; caract&#233;ristique d'un homme moderne ali&#233;n&#233; &#224; l'instant, qui veut toujours arriver avant m&#234;me d'&#234;tre parti, qui ne sait plus &lt;i&gt;durer&lt;/i&gt; (et endurer), qui ne sait plus la patience du chemin, qui ne sait plus &#171; donner du temps au temps &#187;, qui ne veut plus savoir qu'un champ ne se laboure que sillon apr&#232;s sillon (et tant pis pour la m&#233;taphore rurale !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, en politique comme ailleurs, on ne commande au Temps qu'en lui ob&#233;issant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Jacques Ellul, qui rappelle qu'un syst&#232;me est &#171; un ensemble d'&#233;l&#233;ments en relation les uns avec les autres de telle fa&#231;on que toute &#233;volution de l'un provoque une &#233;volution de l'ensemble et que toute modification de l'ensemble se r&#233;percute sur chaque &#233;l&#233;ment &#187; (&lt;i&gt;Le Syst&#232;me Technicien&lt;/i&gt;, p. 88, r&#233;&#233;dition, Le Cherche Midi, Paris, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, &#224; l'heure du repas, il est profond&#233;ment politique d'apprendre aux enfants &#224; ne pas g&#226;cher de nourriture. Et donc de leur montrer l'exemple, en proportionnant&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; notre faim ce que nous mettons &#224; notre menu, en ne jetant pas tant&lt;br class='autobr' /&gt;
d'assiettes encore &#224; moiti&#233; pleines, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'asc&#232;se v&#233;ritable est une condition de l'&#233;panouissement, non pas son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. mon intervention &#171; Pour une soci&#233;t&#233; de frugalit&#233; &#187;, au colloque &lt;i&gt;La d&#233;croissance soutenable, bio&#233;conomie, &#233;cologie et simplicit&#233; volontaire&lt;/i&gt;, Lyon, 2003, reprise dans &lt;i&gt;De l'id&#233;ologie aujourd'hui&lt;/i&gt; (Parangon, Lyon, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je n'aime pas beaucoup l'expression &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance &#187;, qui semble faire de la &#171; d&#233;croissance &#187; une fin en soi, et non un moyen. J'ai toujours pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire avec un tiret &#171; d&#233;-croissance &#187; (phase n&#233;cessaire pour parvenir &#224; ce que Serge Latouche nomme une soci&#233;t&#233; d'&lt;i&gt;a-croissance&lt;/i&gt;). La &#171; d&#233;-croissance &#187; se pr&#233;sente alors &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; comme une condition (n&#233;cessaire mais non suffisante) d'une autre soci&#233;t&#233; enfin sobre et conviviale, et comme une cons&#233;quence du nouveau mode de vie qui s'impose (cf. la s&#233;rie des &#171; Re &#187; de Latouche). Cela dit, elle ne peut s'improviser, elle devra &#234;tre pens&#233;e comme syst&#232;me, un syst&#232;me dans lequel l'&#233;thique prime le politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Faut-il rappeler cette citation de Camus : &#171; Il n'y a pas de honte &#224; &#234;tre heureux, mais il peut y avoir de la honte &#224; &#234;tre heureux tout seul &#187; (&lt;i&gt;La Peste&lt;/i&gt;). Citation &#233;videmment valable lorsque ce sont cinq ou six cents millions d'individus qui sont &#171; heureux tout seuls &#187;, aux d&#233;pens des quelques autres milliards qui survivent sur la m&#234;me plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le masochisme &lt;i&gt;comme plaisir&lt;/i&gt; peut d'ailleurs tr&#232;s bien &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233; par l'h&#233;donisme m&#233;diatique&#8230; Quoi qu'il en soit, on ne peut passer sous silence que la d&#233;croissance conduira n&#233;cessairement &#224; re-partager, au niveau plan&#233;taire, la p&#233;nibilit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des t&#226;ches que l'Occident a su si bien exporter dans les pays du &#171; tiers-monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'amour de la frugalit&#233; fait intrins&#232;quement partie de ce que les penseurs de la d&#233;mocratie nommaient la &#171; vertu &#187;, au XVIIIe si&#232;cle. Un mot qu'on n'ose plus prononcer, sauf &#224; le remplacer par les termes &#171; civisme &#187; ou &#171; sens civique &#187;, qui en att&#233;nuent la port&#233;e. La vertu, fondement de la vraie d&#233;mocratie, consiste &#224; toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;f&#233;rer l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#224; l'int&#233;r&#234;t particulier, &#224; d&#233;sirer ardemment le bien commun, ce qui implique &#171; l'amour de la patrie &#187; (c'est-&#224;-dire de la communaut&#233; politico-culturelle dont je proviens, ainsi que des lois &#233;labor&#233;es par celle-ci). Quel programme, &#224; vrai dire !!! C'est en ce sens pourtant que Robespierre pouvait d&#233;clarer : &#171; Ce qui est immoral est impolitique &#187;. Trois remarques peuvent &#234;tre faites &#224; ce sujet : 1/Le souci du bien commun s'oppose frontalement au d&#233;sir d'in&#233;galit&#233; ou&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'&#226;pret&#233; comp&#233;titive qui poussent &#224; &#171; avoir davantage &#187; de biens ou de pouvoirs que les autres. Si le mot &#171; &#233;galit&#233; &#187; figure dans la devise r&#233;publicaine, ce n'est pas simplement pour rappeler que les citoyens sont &#233;gaux en droit, mais aussi les inviter &#224; la mod&#233;ration dans l'acquisition de richesses ou dans l'exercice de pouvoirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amour de l'&#233;galit&#233;, au nom de la justice et de la fraternit&#233;, conduit donc &#224; la pratique de la frugalit&#233;. La &#171; d&#233;croissance &#187; nous rappelle ainsi &#224; l'essence de la d&#233;mocratie que la loi de l'argent ne cesse de d&#233;voyer : la d&#233;mocratie ne peut &#234;tre que formelle si elle n'est pas une d&#233;mocratie &#233;conomique. 2/La &#171; vertu &#187; d&#233;mocratique ne saurait se limiter &#224; une conduite ext&#233;rieure, encore moins &#224; une image que l'on donnerait de soi. Elle suppose une &#233;ducation collective, certes, puisqu'elle est l'int&#233;riorisation en soi-m&#234;me d'une instance fondamentalement politique ; mais, simultan&#233;ment, c'est dans le moindre aspect de la conduite priv&#233;e que l'on doit s'exercer soi-m&#234;me &#224; d&#233;passer ses &#233;go&#239;smes naturels (ou &#233;duquer ses propres enfants &#224; le faire). La pr&#233;valence de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral sur l'int&#233;r&#234;t &#171; perso &#187; s'apprend d'abord au sein des petites unit&#233;s collectives (la famille, l'&#233;quipe, le quartier, etc.), pour ensuite, de d&#233;passements en d&#233;passements, acc&#233;der au sens de l'humanisme universel. 3/La notion de &#171; bien commun &#187; ne saurait se limiter &#224; la dimension &#233;conomique, ni m&#234;me &#224; la r&#233;alit&#233; actuelle de la soci&#233;t&#233;. Une d&#233;mocratie ne se r&#233;duit pas &#224; la somme d'un certain nombre d'individus vivant &#224; l'instant t, au&lt;br class='autobr' /&gt;
sein d'une &#171; modernit&#233; &#187; effa&#231;ant chaque jour ce que fut celle de la veille. Elle est un corps historique &#224; dimension culturelle : son pr&#233;sent est toujours un pass&#233; vivant. Je ne puis vouloir le &#171; bien &#187; commun de mes concitoyens en ignorant que je suis aussi concitoyen des grands acteurs qui ont fait la langue que je parle, l'Histoire dans laquelle mon existence s'inscrit, les valeurs qui m'animent. Voltaire comme Moli&#232;re sont mes compatriotes, ils ont leur part dans cette &#171; vertu &#187; que je&lt;br class='autobr' /&gt;
veux pratiquer en faisant mes choix de vie, en orientant mes engagements &#171; politiques &#187; ou militants. Et ils ne sont pas les seuls, car il y a beaucoup de &#171; grands acteurs &#187; rest&#233;s dans l'humilit&#233; de l'anonymat. Et ces citoyens d'hier, du point de vue de la frugalit&#233;, ont beaucoup de choses &#224; nous dire et &#224; nous apprendre, si nous&lt;br class='autobr' /&gt;
voulons vivre dans l'harmonie et la mod&#233;ration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le retour &#224; la pluridimensionnalit&#233; (&#224; tout l'humain irr&#233;ductible &#224; la consommation), que permet seule une soci&#233;t&#233; de frugalit&#233;, est n&#233;cessairement li&#233; &#224; la r&#233;haentropia&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Con respecto a la frugalidad Feliz</title>
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		<dc:date>2009-03-04T11:07:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois BRUNE</dc:creator>



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&lt;p&gt;CON RESPECTO A LA FRUGALIDAD FELIZ por Fran&#231;ois BRUNE &lt;br class='autobr' /&gt;
La sociedad de consumo, intr&#237;nsecamente vinculada a la ideolog&#237;a del &#8220;crecimiento&#8221; (econ&#243;mico), nos ofrece a trav&#233;s del sistema publicitario un modelo de felicidad al cual, para nuestra mayor alegr&#237;a, deber&#237;amos conformarnos todos. Este modelo presenta una serie de caracter&#237;sticas, , cuyo efecto es producir a gran escala lo contrario de lo que promete : es decir, una (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Decrecimiento&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L110xH120/arton29-16017.jpg?1635492465' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CON RESPECTO A LA FRUGALIDAD FELIZ &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt; por Fran&#231;ois BRUNE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociedad de consumo, intr&#237;nsecamente vinculada a la ideolog&#237;a del &#8220;crecimiento&#8221; (econ&#243;mico), nos ofrece a trav&#233;s del sistema publicitario un modelo de felicidad al cual, para nuestra mayor alegr&#237;a, deber&#237;amos conformarnos todos. Este modelo presenta una serie de caracter&#237;sticas, , cuyo efecto es producir a gran escala lo contrario de lo que promete : es decir, una verdadera &lt;i&gt;desdicha patente&lt;/i&gt; que encubre &lt;i&gt;un hedonismo de pacotilla&lt;/i&gt;. Frente a la &#8220;sociedad de decrecimiento&#8221;por la que abogamos, y que prefiero llamar &lt;i&gt;&#8220;sociedad de frugalidad&#8221;&lt;/i&gt;-&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1/ V&#233;ase. mi intervenci&#243;n &#8220;para una sociedad de frugalidad&#8221;, hecha para el (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , algunos se preguntan y nos preguntan qu&#233; tipo de embriaguez se puede encontrar en esta frugalidad que espanta&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Estos son algunos elementos de respuestas : &lt;br class='autobr' /&gt;
Antes de plantearse la cuesti&#243;n de c&#243;mo la sociedad de frugalidad podr&#225; ser feliz y equitativa, es necesario constatar en primer lugar que fuera de la frugalidad &lt;i&gt;(es decir, la divisi&#243;n de los bienes y la sobriedad del m&#233;todo de vida)&lt;/i&gt;, ni hay equidad, ni verdadera felicidad colectiva. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aunque los recursos naturales fueran ilimitados, aunque para su confort cada uno de entre nosotros dispusiera de quince planetas cada a&#241;o, la sociedad de consumo permanecer&#237;a para sus miembros deshumanizadora y condenable, fuente de frustraciones, de sofocamiento y de no sentido. Y esto, simplemente porque es una sociedad unidimensional, en la cual el individuo se dobla bajo el peso de sus m&#250;ltiples obesidades. &lt;br class='autobr' /&gt;
Por esta opini&#243;n, la revelaci&#243;n s&#250;bita de los l&#237;mites del planeta Tierra, que se trate de las energ&#237;as f&#243;siles o recursos mineros, es una muy buena noticia, puesto que nos obliga en adelante a cambiar de v&#237;a. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La opresi&#243;n de la abundancia&lt;/i&gt;, finalidad de la econom&#237;a de mercado, es en efecto la actual plaga del hombre moderno &lt;i&gt;(occidental)&lt;/i&gt;, que se observa por una parte por las necesidades de la producci&#243;n (explotaci&#243;n as&#237; como desempleo competitividad encarnizada saqueo y mercatizaci&#243;n de todas las cosas y de todos los seres) o que se examina por los imperativos del consumo &lt;i&gt;(bulimias de todo tipo, de lo material a lo simb&#243;lico ; enajenaci&#243;n a la inmediaci&#243;n y al movimiento sin sentido ; fatuidad de los afortunados y miseria de los frustrados ; mimetismo generalizado que no excluye otra cara de la competitividad que reina, la de la exposici&#243;n a trav&#233;s de se&#241;ales id&#233;nticas consumistas)&lt;/i&gt;. La persona humana no puede ser libre (y en consecuencia capaz de felicidad) sino huyendo de tal sistema..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo m&#225;s tr&#225;gicamente c&#243;mico, en este cuadro de&lt;i&gt; &#8220;nuestro&#8221;&lt;/i&gt; tiempo, es que su ideolog&#237;a global &lt;i&gt;(que exuda sin tregua el discurso de informaci&#243;n)&lt;/i&gt; es hacernos creer que el &lt;i&gt;&#8220;Crecimiento&#8221;&lt;/i&gt; es nuestro crecimiento. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos persuaden de que nuestro m&#233;todo de vida deriva de la evoluci&#243;n natural de las cosas, y que la l&#243;gica mort&#237;fera del consumo es la v&#237;a obligada de nuestra expansi&#243;n. Nos mueven a interiorizar el desarrollo de nuestro propio ser plasmado en el modelo &lt;i&gt;(miniaturizado)&lt;/i&gt; de este crecimiento alegado noche y d&#237;a, de modo que la palabra&lt;i&gt; &#8220;decrecimiento&#8221;&lt;/i&gt; d&#233; miedo como la muerte misma. Lo que confirma por otra parte que todo el discurso del crecimiento es a su manera una conspiraci&#243;n de este destino mortal que el hombre de nuestro tiempo no sabe encarar. Conspiraci&#243;n bien rid&#237;cula, que no cambia nada a una sociedad codiciosa de antidepresores, a pesar de las sempiternas &#8220;reactivaciones del deseo&#8221; de los publicitarios y otros charlatanes de la informaci&#243;n. &lt;br class='autobr' /&gt;
En comparaci&#243;n con esta sociedad unidimensional, es pues un m&#233;todo de vida radicalmente diferente el que es necesario imaginar o redescubrir (ya que no se construye nada a partir de nada, y hay que inspirarse en modelos antiguos si es necesario), que se la llame &lt;i&gt; &lt;i&gt;&#8220;sociedad de decrecimiento&#8221;&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; o &#8220;&lt;i&gt;sociedad de frugalidad&#8221;&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
No me gusta la expresi&#243;n &lt;i&gt;&#8220;sociedad de decrecimiento&#8221;,&lt;/i&gt; que parece hacer del &lt;i&gt;&#8220;decrecimiento&#8221;&lt;/i&gt; un final en s&#237;, y no un medio ; siempre he preferido la palabra &#8220;decrecimiento&#8221; &lt;i&gt;(incluso antes de que Serge Latouche haya hablado - muy pertinentemente de a-crecimiento)&lt;/i&gt;-&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2/ el &#8220;decrecimiento&#8221; es una condici&#243;n a la vez (necesaria pero no (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En cualquier caso, no podr&#225; improvisarse : deber&#225; organizarse, pensado como sistema, sin embargo, sin ser una finalidad en s&#237;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Para m&#237;, la palabra &lt;i&gt;frugalidad&lt;/i&gt; menciona precisamente determinado bienestar econ&#243;mico, que debe esencialmente buscarse como condici&#243;n de otra cosa, la existencia plena y completa de los seres humanos, el medio de vivir otras dimensiones sin la obsesi&#243;n de lo econ&#243;mico en s&#237;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la perspectiva de una sociedad que devuelve al ser humano su pluri-dimensionalidad, la primera felicidad est&#225; en el des-acondicionamiento de nuestro imaginario. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#161;Sentirse liberado de tantas falsas necesidades, es lo que alegra el coraz&#243;n del hombre frugal ! El imperativo del rendimiento que le devora su tiempo dedicado a ganar dinero y encuentra el tiempo de vivir, la elecci&#243;n del tiempo contra el horario &lt;i&gt;(impuesto por el imaginario utilitarista)&lt;/i&gt;. Opera en su existencia la gran venganza de lo cualitativo sobre lo cuantitativo. Menos consumos &lt;i&gt;(plurales),&lt;/i&gt; a&#250;n m&#225;s contemplaci&#243;n &lt;i&gt;(po&#233;tica ?)&lt;/i&gt;. Menos contactos &lt;i&gt;(sociales)&lt;/i&gt;, a&#250;n m&#225;s relaci&#243;nes (personales). Menos bienes, m&#225;s v&#237;nculos, como lo dije. Es tambi&#233;n la venganza del Sentido sobre el Crecimiento. La imagen de una felicidad vinculada con un crecimiento material indefinido, y que &lt;i&gt;&#8220;crece&#8221;&lt;/i&gt; con ella &lt;i&gt;(qu&#233; bonito desfile contra la Muerte !)&lt;/i&gt;, imagen contradicha cada d&#237;a por los riesgos de la vida y la certeza de nuestra mortalidad, hecho que pone en el centro la cuesti&#243;n del Sentido. &lt;br class='autobr' /&gt; La meditaci&#243;n de Hamlet reza : &#191;ser o no ser, cu&#225;l es pues el Sentido ? &#191;Esta meditaci&#243;n es serena o tr&#225;gica ? &#161;Esto no es la cuesti&#243;n ! Lo que importa, es que cada ciudadano tenga el honor de reflexionar sobre el sentido y el de su comunidad, sin &#8220;ser divertido&#8221; por el discurso ambiente o por enga&#241;os colectivos. &lt;br class='autobr' /&gt;
V&#237;vase lo que se viva, postulo que es el &#8220;sentido&#8221; el que hace la autenticidad de lo que se vive. Y que esta autenticidad es entonces &#8220;felicidad&#8221;, tanto como puede serlo, incluso en lo que hay de doloroso en la existencia. La alegr&#237;a del &lt;i&gt;&#8220;sacrificio&#8221;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(hablo de la abnegaci&#243;n del militante)&lt;/i&gt; viene del sentido de lo que hace, al servicio de su causa. La &#8220;alegr&#237;a&#8221; del trabajo es preparar la felicidad colectiva de la cosecha. Si el vino alegra el coraz&#243;n del hombre, es tambi&#233;n debido a los cuidados exigidos por la vid y al trabajo requerido por las vendimias. Estamos en un mundo donde se quiere lo &lt;i&gt;&#8220;festivo&#8221;&lt;/i&gt; en s&#237;, des-contextualizado del compromiso individual y colectivo de los hombres, de la obra o la lucha humana, y se consigue ilusiones de placer sobre fondo de existencias vac&#237;as, una b&#250;squeda de conmemoraciones huecas o pseudo acontecimientos necesarios para nuestra agitaci&#243;n, sin hablar de estos mercadillos que parecen conviviales por la euforia de las rebajas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vuelta a la pluridimensionnalidad &lt;i&gt;(a todas las dimensiones del ser irreductibles al consumo)&lt;/i&gt; est&#225; necesariamente vinculada a la rehabilitaci&#243;n del pasado vivo, este humanismo tan rico y tan profundo que nos transmite nuestra herencia cultural &lt;i&gt; judeo (cristiana y grecolatina).&lt;/i&gt; Nuestra libertad, es en primer lugar, poder construirnos a partir de la identidad que produjo en nosotros la civilizaci&#243;n que nos produjo. No se intercambia nada cuando se est&#225; sin arraigo. No sirve para nada innovar, cuando se ignora el pasado a partir del cual la propia innovaci&#243;n toma sentido. No se existe de verdad, a nivel de convivencia, si no se cultivan los valores de la interioridad. Manejar perfectamente las herramientas de comunicaci&#243;n modernas, no es comunicar si no se tiene realmente nada que decir. Liberada de las opresiones del consumo y la comunicaci&#243;n-exposici&#243;n que prevalece ruidosamente en torno a nosotros, los ciudadanos de una sociedad de frugalidad podr&#225;n por fin encontrar la doble capacidad de decir algo de s&#237;, y de saber escuchar en s&#237;, todos estos otros que comparten la misma condici&#243;n humana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Brune Entropia N&#176;1 &#034;d&#233;croissance et politique&#034;Ed. Parangon &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Traducci&#243;n . Yannick-H&#233;l&#232;ne de la Fuente-Espi -&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1/ V&#233;ase. mi intervenci&#243;n &#8220;para una sociedad de frugalidad&#8221;, hecha para el Coloquio de Lyon en sept. de 2003, que he reanudado en mi libro de la ideolog&#237;a hoy (Parang&#243;n, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;2/ el &#8220;decrecimiento&#8221; es una condici&#243;n a la vez (necesaria pero no suficiente) de otra sociedad por fin sobria y convivial, y tambi&#233;n una consecuencia del nuevo m&#233;todo de vida que prepara (menos derroches, relocalizaci&#243;n de la econom&#237;a, etc).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.atheles.org/parangon/revueentropia/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'abonner &#224; la revue, commander un num&#233;ro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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