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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Relocalisation et Pand&#233;mie </title>
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		<dc:date>2020-06-12T12:18:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge LATOUCHE</dc:creator>



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&lt;p&gt;La pand&#233;mie du covid 19 interpelle doublement le local. D'abord de fa&#231;on imm&#233;diate, du fait des mesures de confinement prises un peu partout pour limiter son expansion. A plus long terme ensuite, en mettant en &#233;vidence les dangers de certaines d&#233;localisations inconsid&#233;r&#233;es et en suscitant la volont&#233; de limiter la mondialisation, au point que certains ont cru voir dans les &#233;v&#232;nements un contexte favorable &#224; la r&#233;alisation du projet de la d&#233;croissance. Toutefois, le premier effet risque d'&#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton151-a9a97.jpg?1635369860' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pand&#233;mie du covid 19 interpelle doublement le local. D'abord de fa&#231;on imm&#233;diate, du fait des mesures de confinement prises un peu partout pour limiter son expansion. A plus long terme ensuite, en mettant en &#233;vidence les dangers de certaines d&#233;localisations inconsid&#233;r&#233;es et en suscitant la volont&#233; de limiter la mondialisation, au point que certains ont cru voir dans les &#233;v&#232;nements un contexte favorable &#224; la r&#233;alisation du projet de la d&#233;croissance. Toutefois, le premier effet risque d'&#234;tre &#233;ph&#233;m&#232;re et le second limit&#233;, du fait, en particulier, que certaines dynamiques de l'&#233;conomie globale ont toutes chances de sortir renforc&#233;es de la crise, &#224; moins d'un sursaut des consciences qu'il faut imp&#233;rativement encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pid&#233;mie du coronavirus a amen&#233; sur toute la plan&#232;te les autorit&#233;s &#224; prendre des mesures de confinement plus ou moins strictes et plus ou moins g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Ces mesures ont entrain&#233; un repli sur l'espace de proximit&#233; tant pour la survie quotidienne que pour leur mise en &#339;uvre administrative. D'une part, du fait de la d&#233;faillance des chaines transnationales, il a souvent fallu trouver des solutions locales pour les approvisionnements alimentaires et m&#234;mes pour certains produits sanitaires (masques ou gel hydroacloolique). L'int&#233;r&#234;t des circuits courts (AMAP en particulier) et du maintien de commerces de proximit&#233;, sans parler des solutions autonomes individuelles (jardins potagers) s'en est trouv&#233; renforc&#233;, tandis que la solidarit&#233; de voisinage et la cr&#233;ativit&#233; populaire ont permis souvent de &#171; tenir le coup &#187;. Nombreuses exp&#233;riences locales ont ainsi fait dans ce contexte la preuve de leur r&#233;silience, tandis que s'effondraient des pans entiers de l'&#233;conomie mondialis&#233;e. D'autre part, outre le retour des fronti&#232;res et de la r&#233;affirmation des souverainet&#233;s nationales, la gestion sanitaire du confinement et du d&#233;confinement, devant se faire au plus pr&#232;s du terrain, les autorit&#233;s locales, ont &#233;t&#233; fortement sollicit&#233;es. C'est le cas en particulier, en France, des maires tant m&#233;pris&#233;s par les autorit&#233;s centrales dans la premi&#232;re moiti&#233; du quinquennat du pr&#233;sident Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, la crise sanitaire a r&#233;v&#233;l&#233; l'extraordinaire fragilit&#233; de la soci&#233;t&#233; mondialis&#233;e. Les p&#233;nuries de produits pharmaceutiques, pour la plupart import&#233;s de Chine ont montr&#233; en particulier de fa&#231;on spectaculaire l'imprudence de d&#233;localisations pilot&#233;es par la seule logique &#233;conomique. L'interconnexion et l'interd&#233;pendance des hommes et des nations ont entra&#238;n&#233; une perte probl&#233;matique d'autonomie, celle-ci ayant &#233;t&#233; sacrifi&#233;e &#224; la sp&#233;cialisation excessive sous l'effet du libre-&#233;change &#233;rig&#233; en dogme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats Europ&#233;ens, pr&#233;tendant tirer la le&#231;on de cette d&#233;faillance, se d&#233;clarent aujourd'hui favorables &#224; un relatif rapatriement des productions sensibles. Il est donc &#224; pr&#233;voir quelques changements ; des modifications des r&#232;gles du fonctionnement mon&#233;taire de l'Europe sont d&#233;j&#224; bien engag&#233;es, mais avant tout pour favoriser le red&#233;marrage de l'&#233;conomie et retrouver le chemin mythique de la croissance ; une certaine relocalisation des activit&#233;s strat&#233;giques pour la survie comme les entreprises pharmaceutiques est annonc&#233;e. Toutefois les interventions &#233;tatiques ad hoc d&#233;rogeant aux principes sacro-saints de la comp&#233;titivit&#233; et du libre-&#233;change, et n&#233;cessitant une dose plus ou moins forte de protectionnisme intelligent, ne sont pas vraiment programm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, pour deux secteurs cruciaux, l'&#233;nergie et le num&#233;rique, la pand&#233;mie n'a pas mis en &#233;vidence la fragilit&#233; de l'&#233;conomie mondialis&#233;e. En ce qui concerne le premier secteur, l'effondrement du cours du prix du p&#233;trole, &#224; l'oppos&#233; des pr&#233;visions des collapsologues, tout en d&#233;courageant le d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables, ne manquera pas de faciliter la relance de l'&#233;conomie y compris celle concernant les secteurs les plus nocifs du point de vue &#233;cologique comme l'a&#233;ronautique et l'automobile. Rien n'ayant &#233;t&#233; pr&#233;vu pour la reconversion de ces activit&#233;s, alors que c'&#233;tait l'occasion de donner un contenu concret &#224; la transition &#233;cologique qu'on pr&#233;tend mettre en &#339;uvre, on risque donc de voir repartir plus fort qu'avant le tourisme de masse et les transports de marchandises. Quant au num&#233;rique, dont les entreprises-clefs transnationales, symbolis&#233;es par l'acronyme GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), n'ont pas connu la r&#233;cession, ce sont assur&#233;ment les grands b&#233;n&#233;ficiaires de la crise. Leurs parts de march&#233; se sont consid&#233;rablement accrues, au d&#233;triment de l'&#233;conomie r&#233;elle, qu'il s'agisse des librairies face &#224; Amazon ou des commerces de proximit&#233; et des march&#233;s locaux au profit des ventes en ligne de la grande distribution (tel Walmart), du t&#233;l&#233;travail, des consultations m&#233;dicales par internet, etc. Tout cela au d&#233;triment du local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un sursaut n&#233;cessaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'alerte pass&#233;e, on risque de revenir comme apr&#232;s la crise &#233;conomique et financi&#232;re de 2008 au business as usual, et de rester toujours dans la logique de comp&#233;titivit&#233; et de concurrence. Il est donc peu probable que la pand&#233;mie suffise &#224; vaincre l'inertie d'un syst&#232;me qui combine les int&#233;r&#234;ts des puissants et la complicit&#233; passive de ses victimes, sans un puissant mouvement de la base. L'embryon d'un tel mouvement en faveur d'une d&#233;mondialisation/relocalisation existe incontestablement ; les initiatives locales alternatives de toutes natures &#233;mergent de fa&#231;on r&#233;currente, mais elles auraient besoin d'&#234;tre prot&#233;g&#233;es du &#171; renard libre dans le libre poulailler &#187; selon la d&#233;finition ind&#233;passable de la concurrence sauvage donn&#233;e au XIX&#232;me si&#232;cle par l'ami de Marx, August Bebel. Un plan ambitieux de reconversion &#224; moyen terme, en particulier de l'agriculture productiviste, du secteur du tourisme, de l'automobile, de l'a&#233;ronautique, de l'&#233;nergie, dans l'esprit d'une v&#233;ritable transition &#233;cologique devrait renforcer les dynamiques locales. En outre, celles-ci ne peuvent r&#233;ussir sans une d&#233;colonisation de l'imaginaire de croissance que le mouvement de la d&#233;croissance tente de promouvoir et que la relocalisation enclenchant un cercle vertueux favorisera en retour. Sans cela, les aspirations l&#233;gitimes &#224; la d&#233;mondialisation souhait&#233;e risquent d'&#234;tre instrumentalis&#233;es par les entrepreneurs du national-populisme &#224; la Trump, Orban et cie qui se tiennent en embuscade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militer pour sortir de la guerre de tous contre tous et de tous contre la nature que sont la concurrence transnationale et le libre &#233;change d&#233;brid&#233;, dans l'optique du projet &#233;cosocialiste de la d&#233;croissance restent donc plus n&#233;cessaire que jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Demain &#187;</title>
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		<dc:date>2016-02-24T21:48:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean MONESTIER</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pas plus tard qu'hier, j'ai vu &#224; Perpignan, au cin&#233;ma Le Castillet, le film &#171; Demain &#187;, de Cyril Dion et M&#233;lanie Laurent, que de nombreux militants m'avaient press&#233; de visionner. Ce que j'ai trouv&#233; tr&#232;s positif, c'est que le public, alors que l'on approchait de la derni&#232;re s&#233;ance, &#233;tait encore important et comprenait de nombreux jeunes. La veille, j'&#233;tais all&#233; entendre une conf&#233;rence sur &#171; La M&#233;diterran&#233;e, une mer en sursis &#187;, o&#249; le public, nombreux &#233;galement, n'&#233;tait presque exclusivement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH43/arton138-4c919.jpg?1635457630' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='43' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas plus tard qu'hier, j'ai vu &#224; Perpignan, au cin&#233;ma Le Castillet, le film &lt;a href=&#034;http://www.demain-lefilm.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Demain &#187;&lt;/a&gt;, de Cyril Dion et M&#233;lanie Laurent, que de nombreux militants m'avaient press&#233; de visionner. Ce que j'ai trouv&#233; tr&#232;s positif, c'est que le public, alors que l'on approchait de la derni&#232;re s&#233;ance, &#233;tait encore important et comprenait de nombreux jeunes. La veille, j'&#233;tais all&#233; entendre une conf&#233;rence sur &#171; La M&#233;diterran&#233;e, une mer en sursis &#187;, o&#249; le public, nombreux &#233;galement, n'&#233;tait presque exclusivement form&#233; que de personnes de plus de 45 ans. D'un c&#244;t&#233;, je me r&#233;jouis donc que ce film, qui tente de nous d&#233;crire un avenir possible apr&#232;s la catastrophe en cours, trouve une belle audience d&#233;passant manifestement les cercles militants. Par ailleurs, mis &#224; part le c&#244;t&#233; esth&#233;tique de certaines vues a&#233;riennes qui font penser &#224; un &#171; h&#233;licologiste &#187; bien connu, il &#233;lude certains probl&#232;mes majeurs, notamment dans les domaines de l'&#233;nergie et des ressources. Or, si l'homme a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; de remarquables qualit&#233;s d'adaptation dans des circonstances tr&#232;s difficiles ou lors de conflits majeurs avec ses semblables, nous accumulons vis-&#224;-vis de la biosph&#232;re une dette non n&#233;gociable qui reste un impens&#233; g&#233;n&#233;ral, y compris parfois dans les cercles militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut qu'&#234;tre d'accord pour la mutation de l'agriculture vers l'agro-&#233;cologie et la permaculture d&#233;crite dans le premier chapitre du film. Mais je regrette fort d'entendre exprimer que cette r&#233;volution permettra de nourrir sans difficult&#233;s 11 milliards d'hommes vers 2050. Tout en critiquant la croissance ind&#233;finie dans les chapitres sur l'&#233;conomie et la monnaie, dans le m&#234;me temps, on lui ouvre une belle fen&#234;tre en envisageant sereinement une augmentation de 57% de la population mondiale. Certes, une solution &#224; ce probl&#232;me se trouve dans l'&#233;ducation, mais pas celle, bien d&#233;crite par le film et par ailleurs remarquable, offerte aux riches petits finlandais, mais celle qui permettra aux petites filles pauvres des pays d'Afrique de choisir d'avoir moins d'enfants, comme je l'ai entendu expliquer par Ren&#233; Dumont &#224; Lille dans les ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en finir avec le chapitre agricole, m&#234;me si l'on admet que le monde rural devra participer &#224; l'alimentation des villes, notamment pour les c&#233;r&#233;ales, et m&#234;me si l'agriculture urbaine est bien justifi&#233;e par le film, elle ne pourra satisfaire plus de la moiti&#233; ou m&#234;me seulement un tiers des besoins alimentaires urbains. Il restera donc d'importants &#233;changes de marchandises entre les villes et les territoires environnants, sans parler des flux &#224; plus longue distance exig&#233;s par la r&#233;silience alimentaire aux soubresauts climatiques. Or, si les auteurs &#233;voquent abondamment les transports de personnes en milieu urbain (v&#233;los, v&#233;hicules ferroviaires embarquant ces derniers, etc.) ils restent tr&#232;s discrets sur les transports ruraux ou interr&#233;gionaux de voyageurs et sur les transports de marchandises (nourriture, combustible, &#233;quipements, acier, b&#233;ton, pales d'&#233;oliennes et autres capteurs solaires). Ceci est tr&#232;s courant dans tout ce que j'ai lu sur la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est le chapitre sur l'&#233;nergie qui me parait le plus discutable. &#201;voquer la sobri&#233;t&#233; tout &#224; la fin, comme une sorte de recherche compl&#233;mentaire ultime, me parait &#224; la fois une erreur psychologique et strat&#233;gique :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; un excellent article de Richard Heinberg paru dans le N&#176; 121 de &lt;a href=&#034;http://www.ladecroissance.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La D&#233;croissance&lt;/a&gt; (juillet-ao&#251;t 2015) explique fort bien pourquoi les &#233;nergies renouvelables seront tr&#232;s loin de pouvoir remplacer les &#233;nergies fossiles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les &#233;nergies renouvelables ne pourront pas alimenter la croissance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il invoque par exemple le b&#233;ton et l'acier, dont nous pourrions limiter l'utilisation mais sans doute pas la supprimer. Je n'ai encore jamais entendu parler de processus &lt;strong&gt;industriels&lt;/strong&gt; permettant d'en produire &#224; partir de l'&#233;nergie solaire. Et s'ils existent un jour, ils seront tr&#232;s co&#251;teux et il faudra restreindre notre demande consid&#233;rablement. La sobri&#233;t&#233; n'est donc pas seulement un axe compl&#233;mentaire de la transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par ailleurs, mettre en avant &lt;strong&gt;l'efficacit&#233;&lt;/strong&gt;, ce qui est certes beaucoup plus souriant et consensuel, aboutit, par l'effet rebond (faire davantage de km puisqu'ils co&#251;tent moins cher) et le d&#233;versement (consacrer les &#233;conomies faites dans un domaine &#224; augmenter les d&#233;penses dans d'autres), &#224; faire oublier &lt;strong&gt;la sobri&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;, beaucoup plus difficile &#224; promouvoir et &#224; n&#233;gocier, surtout dans une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire, et finalement &#224; additionner les &#233;nergies renouvelables aux &#233;nergies fossiles au lieu de les leur substituer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vert paradoxe &#187;, Le pi&#232;ge des solutions &#233;co&#233;nerg&#233;tiques, David Owen, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Pour ces deux raisons, la sobri&#233;t&#233; doit donc &#234;tre pr&#233;sent&#233;e d&#232;s le d&#233;but comme un effort pr&#233;alable majeur dans tout projet de transition r&#233;aliste. L'appellation &#171; film documentaire &#187; m'aurait paru impliquer normalement qu'on la mette en avant. Pour appuyer cette assertion, je donnerai un seul chiffre, calcul&#233; par un biologiste am&#233;ricain, Jeffrey Dukes : chaque ann&#233;e, en puisant dans le stock d'&#233;nergies fossiles, nous consommons &lt;strong&gt;400 fois&lt;/strong&gt; la production biologique annuelle de la plan&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Calcul de Jeffray Dukes cit&#233; par George Monbiot dans The Guardian du 6 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela temp&#232;re tout projet d'utiliser davantage la biomasse dans la transition vers les &#233;nergies renouvelables. Il se trouve que, m&#234;me si le soleil &#233;met chaque jour vers la plan&#232;te plusieurs milliers de fois l'&#233;nergie que consomme l'Humanit&#233;, cette &#233;nergie est extr&#234;mement dilu&#233;e, et les op&#233;rations de captation en absorbent d'&#233;normes proportions. Ce ph&#233;nom&#232;ne, tr&#232;s peu &#233;voqu&#233; en g&#233;n&#233;ral, et pas du tout dans le film &#171; Demain &#187;, se mesure par un coefficient appel&#233; en fran&#231;ais le TRE, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_retour_%C3%A9nerg%C3%A9tique&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Taux de retour &#233;nerg&#233;tique&lt;/a&gt;. On calcule le rapport entre l'&#233;nergie recueillie par un processus en un endroit donn&#233; et la quantit&#233; d'&#233;nergie consacr&#233;e &#224; cette captation, et m&#234;me au transport et &#224; la livraison &#224; l'utilisateur final. Si on r&#233;colte 3 unit&#233;s d'&#233;nergie par unit&#233; investie dans l'ensemble du processus, le TRE est de 3. En 1900, il &#233;tait de 100 pour le p&#233;trole, pr&#233;cieux condens&#233; d'&#233;nergie solaire produit par la nature au fil de centaines de millions d'ann&#233;es, mais il baisse peu &#224; peu. Pour les sables bitumineux du Canada, il serait actuellement plut&#244;t inf&#233;rieur &#224; 1,5, c'est-&#224;-dire qu'une unit&#233; investie ne procure qu'une demi-unit&#233; utilisable, puisqu'il faut d'abord &#171; rembourser &#187; l'investissement pour pouvoir le renouveler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; P&#233;trole : la f&#234;te est finie ! &#187;, Avenir des soci&#233;t&#233;s industrielles apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si le TRE descend &#224; 1 et au dessous, ce qui serait d&#233;j&#224; le cas pour certains agro-carburants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La faim, la bagnole, le bl&#233; et nous, une d&#233;nonciation des biocarburants &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on r&#233;colte moins d'&#233;nergie qu'on n'en investit, et il conviendrait d'abandonner le processus. Je crois me souvenir que le film &#233;voque cette contre-performance pour la production de calories alimentaires par l'agriculture industrielle, mais il ne parle jamais du TRE de la captation des &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous montre avec satisfaction des hectares de capteurs photovolta&#239;ques fixes, qui perdent donc 30 &#224; 40% de performance par rapport &#224; ceux qui suivent le soleil. Par ailleurs, les cadres en sont en aluminium, produit &#233;vident, brillant et moderne, dont la fabrication est tr&#232;s co&#251;teuse en &#233;lectricit&#233;, au lieu d'&#234;tre en bois, mat&#233;riau politiquement vieillot, mais que j'ai vu utilis&#233; dans des capteurs de d&#233;monstration par une chercheuse militante rencontr&#233;e il y a longtemps au sein de l'association &lt;a href=&#034;http://www.lalignedhorizon.net/wikka.php?wakka=Accueil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Ligne d'Horizon&lt;/a&gt;. Cela rel&#232;verait pourtant le TRE de la fili&#232;re de fa&#231;on non n&#233;gligeable. L'aluminium, qui allonge ici regrettablement la dur&#233;e d'amortissement &#233;nerg&#233;tique des &#233;quipements de captation, devrait &#234;tre r&#233;serv&#233; &#224; la construction des v&#233;hicules, dont il ferait diminuer la consommation kilom&#233;trique d'&#233;nergie durant toute la dur&#233;e de vie, et ne pas &#234;tre gaspill&#233; &#224; fabriquer des capteurs solaires ou des fen&#234;tres qu'on n'ouvre qu'une fois par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci nous m&#232;ne au concept d'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%A9nergie_grise&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;nergie grise&lt;/a&gt;. Il est agr&#233;able de se glorifier en affichant que telle installation fournit l'&#233;nergie consomm&#233;e par 100, 1000, 10.000 foyers. Mais au-del&#224; de leur procurer de quoi faire fonctionner l'&#233;clairage, le chauffage, et de quoi actionner machines &#224; laver et logiciels &#171; intelligents &#187;, il faut tenir compte, sur leur dur&#233;e de vie, de l'&#233;nergie utilis&#233;e annuellement pour construire ces b&#226;timents, ces installations &#233;lectriques, ces machines &#224; laver, ces ordinateurs, ces chaudi&#232;res, ces r&#233;seaux de chaleur, ces capteurs solaires, ces &#233;oliennes, et tout ce dont a besoin l'industrie pour extraire et transformer les mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; leur fabrication. Et c'est &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je tremble quand j'entends parler, comme dans le film, de stocker les &#233;nergies renouvelables dans les batteries de voitures qui seraient d&#233;sormais &#171; intelligentes &#187;. O&#249; sera donc stock&#233;e l'&#233;lectricit&#233; concern&#233;e au-del&#224; de celle d&#233;stock&#233;e par ces voitures elles-m&#234;mes pour rouler ? Quelle capacit&#233; auront donc ces batteries, aussi performantes soient-elles ? Vont-elles peser 500 kg, une tonne, cinq tonnes ? M&#234;me en nous limitant &#224; 500 kg, combien en faudra-t-il ? On approche actuellement le nombre d'un milliard de voitures individuelles en circulation sur la plan&#232;te, et elles sont utilis&#233;es essentiellement par la petite fraction d'hommes menant un train de vie occidental, (non n&#233;gociable ?). Au nom de l'&#233;galit&#233; d&#233;mocratique, y en aura-t-il un jour deux milliards ? trois milliards ? cinq milliards ? Je n'en crois rien, pas plus qu'&#224; la pertinence de consacrer de l'&#233;nergie &#224; d&#233;placer au gr&#233; des fantaisies des automobilistes de lourds objets de stockage d'une &#233;lectricit&#233; destin&#233;e &#224; des usages fixes. J'avouerai que, depuis longtemps, Jeremy Rifkin, interview&#233; dans le film parmi d'autres intervenants beaucoup plus cr&#233;dibles, est d'abord &#224; mes yeux un &#171; mage &#233;conomiste &#187;, et que je ne crois absolument pas &#224; la plupart de ses pr&#233;dictions, m&#234;me s'il est pay&#233; parfois tr&#232;s cher pour dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, je voudrais souligner les difficult&#233;s des changements d'&#233;chelle, qui ne sont absolument pas abord&#233;es dans ce film, car cela entamerait l'optimisme confortable qu'il d&#233;fend. On peut construire et faire rouler un million, dix millions, cent millions de voitures &#233;lectriques. Un milliard ? J'ai des doutes, d'autant que, dans &#171; P&#233;trole : la f&#234;te est finie ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;op. cit., p. 246-247&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Richard Heinberg nous rappelle que l'automobile est une des plus efficaces fa&#231;ons de gaspiller l'&#233;nergie. Cinq milliards ? Cela n'arrivera jamais. Pourquoi ? Parce que le changement d'&#233;chelle provoque un changement de nature et que le fait de laisser circuler cinq milliards de voitures n'a rien &#224; voir avec le fait d'en tol&#233;rer un milliard, avec les d&#233;j&#224; tr&#232;s lourdes cons&#233;quences &#233;cologiques que l'on sait. Olivier Rey d&#233;veloppe ceci remarquablement dans son essai &#171; Une question de taille &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une question de taille &#187;, Olivier Rey, Editions Stock, 2014.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, j'invoquerai deux exemples :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; sur un bateau, si un passager se penche &#224; tribord pour scruter la mer, il n'y a aucun probl&#232;me. Si tous les passagers en font autant, le vaisseau, selon sa propre taille, peut s'incliner dangereusement, voire chavirer &#224; tribord.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pendant la seconde guerre mondiale, en France, l'occupant a laiss&#233; tr&#232;s peu de carburants p&#233;troliers &#224; la disposition du pays, et toutes sortes d'alternatives ont &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;es : gazog&#232;ne, gaz naturel, gaz de ville, &#233;lectricit&#233;, etc. Chaque fois, la solution exp&#233;riment&#233;e a suscit&#233; l'enthousiasme puis un engouement plus ou moins exponentiel. Et, tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement, sont apparus des goulots d'&#233;tranglement, soit au niveau des carburants (bois, gaz naturel), soit au niveau de la mise &#224; disposition (stations de compression du gaz de ville), soit au niveau des &#233;quipements (plomb et cuivre pour les v&#233;hicules &#233;lectriques). Au sujet du gazog&#232;ne, qui motive encore aujourd'hui certains militants, puisqu'il fonctionne &#224; partir d'une &#233;nergie renouvelable, le bois, j'ai eu la surprise d'apprendre que l'administration avait fini par interdire la fabrication de tout nouvel appareil. Tout ceci est bien document&#233; dans un petit livre de Camille Molles : &#171; La fin du p&#233;trole - Histoire de la p&#233;nurie sous l'occupation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fin du p&#233;trole - Histoire de la p&#233;nurie sous l'occupation &#187;, Camille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ajoutons qu'il y avait moins de deux millions de voitures en France &#224; l'&#233;poque, alors qu'il y en a plus de trente millions aujourd'hui. Je crois qu'il sera donc plus pertinent d'utiliser la biomasse, moins de 1/400&#232;me de l'&#233;nergie fossile que nous consommons annuellement selon Jeffrey Dukes, &#224; faire rouler un certain nombre de tracteurs, d'engins de chantiers, et de v&#233;hicules ferroviaires vraiment indispensables.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, ce film, &#171; Demain &#187;, pr&#233;sente nombre d'actions dont certaines sont exemplaires et tr&#232;s int&#233;ressantes, mais c'est avec beaucoup de l&#233;g&#232;ret&#233; qu'il postule implicitement qu'elles sont g&#233;n&#233;ralisables en l'&#233;tat aux 7 milliards d'hommes qui peuplent cette petite plan&#232;te. A moins que, parmi tous ces hommes qui devraient avoir le m&#234;me acc&#232;s aux ressources, certains soient moins &#233;gaux que d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Perpignan, le 21 f&#233;vrier 2016&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les &#233;nergies renouvelables ne pourront pas alimenter la croissance &#233;conomique &#187;, R. Heinberg, La D&#233;croissance N&#176; 121, p. 20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://ecosociete.org/livres/vert-paradoxe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Vert paradoxe &#187;, Le pi&#232;ge des solutions &#233;co&#233;nerg&#233;tiques&lt;/a&gt;, David Owen, Editions &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Calcul de Jeffray Dukes cit&#233; par George Monbiot dans The Guardian du 6 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsdemilune.com/petrole-la-fete-est-finie-p-28.html?PHPSESSID=7fe72be16275ed5e5762f50e9201cc49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; P&#233;trole : la f&#234;te est finie ! &#187;, Avenir des soci&#233;t&#233;s industrielles apr&#232;s le pic p&#233;trolier&lt;/a&gt;, Richard Heinberg, Editions Demi-Lune, collection R&#233;sistances, 2008, p. 166-167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fayard.fr/la-faim-la-bagnole-le-ble-et-nous-9782213634623&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La faim, la bagnole, le bl&#233; et nous, une d&#233;nonciation des biocarburants &#187;&lt;/a&gt;, Fabrice Nicolino, &#233;dition Fayard, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;op. cit., p. 246-247&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-stock.fr/une-question-de-taille-9782234077652&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Une question de taille &#187;&lt;/a&gt;, Olivier Rey, Editions Stock, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-descartes.fr/Titres-des-Editions-Descartes/Fin-du-petrole-la-Histoire-de-la-penurie-sous-l-Occupation/677.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La fin du p&#233;trole - Histoire de la p&#233;nurie sous l'occupation &#187;&lt;/a&gt;, Camille Molles, Editions Descartes et Cie, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour en finir avec l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article134</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article134</guid>
		<dc:date>2014-05-12T17:02:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge LATOUCHE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Parution de l'ouvrage ouvrant &#224; la confrontation entre Serge Latouche et Anselm Jappe, auteurs &#339;uvrant dans des courants sensiblement diff&#233;rents, la d&#233;croissance pour le premier, la critique de la valeur-dissociation pour le second. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de l'&#233;diteur : &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ouvrage est le fruit d'&#233;changes entre Serge Latouche et Anselm Jappe. Durant toute sa carri&#232;re universitaire, Serge Latouche a enseign&#233; l'&#233;pist&#233;mologie des sciences &#233;conomiques. En se penchant de mani&#232;re critique sur ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L135xH76/arton134-8371a.jpg?1635457630' class='spip_logo spip_logo_right' width='135' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parution de l'ouvrage ouvrant &#224; la confrontation entre Serge Latouche et Anselm Jappe, auteurs &#339;uvrant dans des courants sensiblement diff&#233;rents, la d&#233;croissance pour le premier, la critique de la valeur-dissociation pour le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.palim-psao.fr/2015/09/parution-de-l-ouvrage-pour-en-finir-avec-l-economie-decroissance-et-critique-de-la-valeur-de-serge-latouche-et-anselm-jappe-editio.h&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;sentation de l'&#233;diteur&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage est le fruit d'&#233;changes entre Serge Latouche et Anselm Jappe. Durant toute sa carri&#232;re universitaire, Serge Latouche a enseign&#233; l'&#233;pist&#233;mologie des sciences &#233;conomiques. En se penchant de mani&#232;re critique sur ces fondements, il s'est rendu compte que l'ensemble des pr&#233;suppos&#233;s de l'&#233;conomie &#233;tait tr&#232;s mal assur&#233;. Anselm Jappe, quant &#224; lui, est arriv&#233; &#224; une conclusion tr&#232;s proche &#224; travers une relecture des cat&#233;gories de l'&#233;conomie, telles que la marchandise, le travail, l'argent ou la valeur, qui sont en m&#234;me temps des formes de vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie &#233;conomique qui nous appara&#238;t comme la base naturelle de toute vie humaine et le fondement de toute vie sociale existait-elle dans les soci&#233;t&#233;s pr&#233;capitalistes ? L'objet m&#234;me de la r&#233;flexion des &#233;conomistes n'est-il pas plut&#244;t une &#171; trouvaille de l'esprit &#187;, une invention, un imaginaire qui a d&#233;sormais colonis&#233; notre esprit et nos vies ? Si l'&#233;conomie est une cr&#233;ation historique finalement assez r&#233;cente, comment fonctionnaient les soci&#233;t&#233;s pr&#233;-&#233;conomiques ? Comment s'est invent&#233;e, au fil du temps, cette &#233;conomie dans la pratique comme dans la r&#233;flexion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fl&#233;chir &#224; un futur diff&#233;rent pour notre soci&#233;t&#233; implique de penser l'impensable, de r&#233;aliser l'improbable, pour enfin selon le mot de Serge Latouche &#171; sortir de l'&#233;conomie &#187;. Un enjeu majeur pour notre avenir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Latouche, professeur &#233;m&#233;rite &#224; la facult&#233; de droit, &#233;conomie et gestion Jean-Monnet de l'universit&#233; Paris-Sud est l'un des &#171; contributeurs historiques &#187; de la Revue du MAUSS. Il est directeur du Groupe de recherche en anthropologie, &#233;pist&#233;mologie de la pauvret&#233; et un des fondateurs de la revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance Entropia. II a d&#233;velopp&#233; une th&#233;orie critique envers l'orthodoxie &#233;conomique et d&#233;nonc&#233; l'&#233;conomisme, l'utilitarisme dans les sciences sociales et la notion de d&#233;veloppement. Il est un des penseurs les plus connus de la d&#233;croissance, th&#232;me de ses nombreux ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anselm Jappe a fait ses &#233;tudes &#224; Rome et &#224; Paris o&#249; il obtient un doctorat de philosophie. Il enseigne l'esth&#233;tique &#224; l'&#233;cole d'art de Frosinone et de Tours. Ancien membre du groupe Krisis, il a publi&#233; de nombreux articles dans divers revues et journaux. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un important essai sur Guy Debord. Il fait partie du courant de la &#171; nouvelle critique de la valeur &#187; fondant une critique contemporaine du capitalisme par une relecture de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cornelius Castoriadis ou l'autonomie radicale&lt;br class='autobr' /&gt;
par Serge Latouche&lt;br class='autobr' /&gt;
et Cornelius Castoriadis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un essai clair et concis, Serge Latouche explore la pens&#233;e de Cornelius Castoriadis &#224; l'aune de la critique de la croissance aveugle et de l'expansion illimit&#233;e de la production et de la consommation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Castoriadis a consacr&#233; l'essentiel de son &#339;uvre dense et riche aux conditions de r&#233;appropriation par la collectivit&#233; de ses institutions, de sa force cr&#233;atrice et de son autonomie. Plus que jamais, sa lecture est indispensable &#224; l'&#233;laboration d'une critique fondamentale de l'ordre capitaliste et permet de surmonter l'esprit de r&#233;signation entretenu par ce mod&#232;le (le fameux &#171; There is no alternative &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les soci&#233;t&#233;s sont fond&#233;es sur des croyances qui permettent &#224; leurs membres de conf&#233;rer un sens &#224; tout ce qui se fait &#224; l'int&#233;rieur et en dehors d'elles. Ces &#171; institutions &#187;, fruit de l'imagination collective, ont eu pour nom esprits, anc&#234;tres, h&#233;ros, Dieu&#8230; Dans nos soci&#233;t&#233;s occidentales capitalistes, c'est d&#233;sormais l'&#171; &#233;conomique &#187; qui constitue l'institution imaginaire centrale et tend &#224; r&#233;organiser l'ensemble des activit&#233;s. Les croyances dans la croissance, le pouvoir de la technique et le d&#233;veloppement qui lui sont associ&#233;es sont l'expression d'un fantasme de ma&#238;trise rationnelle du monde qui menace aujourd'hui sa survie. Il s'agit donc de rompre avec cet imaginaire pour atteindre &#224; l'autonomie en reprenant conscience de notre pouvoir (r&#233;volutionnaire) de cr&#233;ation d'institutions nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ne se fera qu'&#224; travers l'autonomie individuelle et la participation de tous aux d&#233;cisions qui les concernent. Contre la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, qui &#171; signifie l'ali&#233;nation de la souverainet&#233; des repr&#233;sent&#233;s vers les repr&#233;sentants &#187;, c'est donc une d&#233;mocratie directe qu'appelle Castoriadis de ses voeux, celle-ci n'&#233;tant possible qu'&#224; condition de repenser l'&#233;ducation du citoyen libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet essai de Serge Latouche et la s&#233;lection de textes qui l'accompagnent constituent des outils indispensables pour s'orienter dans cette pens&#233;e foisonnante tout en permettant de mieux appr&#233;hender le sens et les enjeux des luttes pr&#233;sentes et &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://lepassagerclandestin.fr" class="spip_out"&gt;LES PR&#201;CURSEURS DE LA D&#201;CROISSANCE&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/nouveautes.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/nouveautes.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le viol du bonheur</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article129</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article129</guid>
		<dc:date>2013-03-10T10:20:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude BESSON-GIRARD</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#171; Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre &#187;, &#171; il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir &#187;. La chronique de Marie de Verg&#232;s, dans Le Monde du mardi 26 f&#233;vrier 2013, r&#233;actualise, une fois de plus, le bon sens de ce proverbe ancien dans l'une et l'autre de ses formes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L102xH150/arton129-49c26.jpg?1635518095' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre &#187;, &#171; il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir &#187;. La chronique de Marie de Verg&#232;s, dans Le Monde du mardi 26 f&#233;vrier 2013, r&#233;actualise, une fois de plus, le bon sens de ce proverbe ancien dans l'une et l'autre de ses formes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier devoir d'un chroniqueur, comme d'une chroniqueuse, n'est-il pas de s'informer avec exigence et de citer les sources contradictoires de ses informations avant de conclure dans un sens ou un autre ? Si tel avait &#233;t&#233; le cas de Madame Marie de Verg&#232;s, elle saurait que l'id&#233;e de d&#233;croissance ne doit pas &#234;tre confondue avec la r&#233;cession &#233;conomique. La moindre curiosit&#233; en ce domaine en attesterait sans peine, tant la litt&#233;rature sur l'objection de croissance est abondante et accessible &#224; quiconque. Sans doute, lui a-t-il &#233;chapp&#233; aussi de lire dans Le Monde, du 9 f&#233;vrier dernier, ans le suppl&#233;ment &#171; CULTURE &amp; ID&#201;ES &#187;, la double page de St&#233;phane Foucart, titr&#233;e : &#171; Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veux y croire &#187;. Elle saurait &#233;galement que les &#233;tudes r&#233;centes sur lesquelles elle fonde son pamphlet &#171; Parlons croissance, parlons bonheur &#187; ont &#233;t&#233; contredites par d'autres non moins bien inform&#233;es, ne serait-ce que celles offertes par la communaut&#233; scientifique internationale qui ne cesse, mais en vain semble-il, d'alerter l'opinion et les d&#233;cideurs sur les menaces pesant sur l'avenir de notre esp&#232;ce soumise au d&#233;lire d'une d&#233;mesure en tout domaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le monde tel qu'il est devenu depuis peu, il n'est plus possible de penser et d'agir comme si l'effondrement de la biodiversit&#233;, la crise climatique, la rar&#233;faction des ressources vitales, l'&#233;volution d&#233;mographique et les obsc&#232;nes disparit&#233;s sociales n'&#233;taient que fables et vaines inqui&#233;tudes. C'est pourtant, semble-t-il, l'attitude de Madame de Verg&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me dans ce &#171; d&#233;bat d'id&#233;es &#187; est qu'il ne s'agit pas d'id&#233;es mais de croyances. D&#232;s lors, la r&#233;alit&#233; du monde commun, qu'il s'agisse d'&#233;conomie, de soci&#233;t&#233;, de culture&#8230; ou de bonheur, se trouve distordue par les pr&#233;suppos&#233;s inh&#233;rents aux mondes et aux modes des croyances. T&#233;moin des folies de son si&#232;cle, Goya a grav&#233; une suite de chefs-d'&#339;uvre sous le titre : &#171; Le sommeil de la raison engendre des monstres &#187;. Les objecteurs de croissance, t&#233;moins des folies du n&#244;tre, luttent contre un d&#233;ni des r&#233;alit&#233;s qui concernent les enrichis comme les appauvris, les dominants comme les domin&#233;s. L'unique &#233;galit&#233; entre eux r&#233;side dans le fait qu'ils habitent une m&#234;me plan&#232;te menac&#233;e comme jamais dans les &#233;quilibres de ses &#233;cosyst&#232;mes et rong&#233;e par l'&#233;go&#239;sme de ceux qui placent le bonheur dans un enrichissement mat&#233;riel sans limites.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tant qu'il y a des prisons, nous ne sommes pas libres &#187; &#233;crivait Paul &#201;luard. Tant qu'existe la mis&#232;re engendr&#233;e par une id&#233;ologie mortif&#232;re, nous ne pouvons pas &#234;tre heureux. Si le bonheur existe, et il peut exister &#224; chaque instant sans jamais pouvoir &#234;tre poss&#233;d&#233;, la moindre des choses ne serait-elle pas de le prot&#233;ger de tout viol ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontres et d&#233;bat public autour du N&#176;13 de la revue</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article127</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article127</guid>
		<dc:date>2012-11-10T17:17:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Samedi 24 novembre de 14h &#224; 19h Salle Jean Dame, 17 rue L&#233;opold Bellan, &#224; Paris 2&#232;me Metro : Sentier ou BourseLa d&#233;croissance et l'Etat &lt;br class='autobr' /&gt;
14 heures : Allocution de bienvenue &lt;br class='autobr' /&gt;
14h15-15h30 : La d&#233;croissance avec l'Etat
&lt;br class='autobr' /&gt;
Discussion anim&#233;e par Genevi&#232;ve Decrop avec : Simon Charbonneau : Pour un pouvoir politique sous contr&#244;le S&#233;bastien Morillon-Bri&#232;re : Prom&#233;th&#233;e et le L&#233;viathan Yves Cochet : Etats simples locaux Serge Latouche : L'Etat et la r&#233;volution de la d&#233;croissance Muriel Roland : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Samedi 24 novembre de 14h &#224; 19h&lt;br class='manualbr' /&gt;Salle Jean Dame, 17 rue L&#233;opold Bellan, &#224; Paris 2&#232;me &lt;br class='manualbr' /&gt;Metro : Sentier ou Bourse&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;croissance et l'Etat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 heures : Allocution de bienvenue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14h15-15h30 : La d&#233;croissance avec l'Etat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Discussion anim&#233;e par &lt;i&gt;Genevi&#232;ve Decrop&lt;/i&gt; avec :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Simon Charbonneau&lt;/i&gt; : Pour un pouvoir politique sous contr&#244;le&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;S&#233;bastien Morillon-Bri&#232;re&lt;/i&gt; : Prom&#233;th&#233;e et le L&#233;viathan&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Yves Cochet&lt;/i&gt; : Etats simples locaux&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Serge Latouche&lt;/i&gt; : L'Etat et la r&#233;volution de la d&#233;croissance&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Muriel Roland&lt;/i&gt; : L'origine sacr&#233;e de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bat et &#233;changes avec la salle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16h-17h30 : La d&#233;croissance sans l'Etat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Discussion anim&#233;e par &lt;i&gt;Fran&#231;oise Gollain&lt;/i&gt; avec :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Philippe Gruca&lt;/i&gt; : L'Etat de la question&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Jean-Marc Luquet&lt;/i&gt; : La soci&#233;t&#233; d&#233;croissante contre l'Etat ?&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Cl&#233;ment Homs&lt;/i&gt; : Le capitalisme, berceau de l'Etat.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/i&gt; : Par-del&#224; l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bat et &#233;changes avec la salle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18h-19h : Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Amis d'Entropia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tozeur</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article96</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article96</guid>
		<dc:date>2011-07-17T11:26:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue G&#233;o.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH148/arton96-fdcf4.jpg?1635374396' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue G&#233;o.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_192 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/Tozeur_GEO.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 740.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1774634574' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;veloppement peut-il &#234;tre durable ?</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article95</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article95</guid>
		<dc:date>2011-07-17T11:12:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment ne pas prendre le temps de questionner le d&#233;veloppement durable ? Comment expliquer que ce concept soit si largement adopt&#233; et promu ? N'est-ce pas suspect ? Surtout si l'on constate que, malgr&#233; toutes les professions de foi des transnationales ou des institutions qui s'en r&#233;clament, les choses ont du mal &#224; &#233;voluer. Or, peut-on imaginer une &#233;ducation au d&#233;veloppement durable sans un questionnement non dogmatique de ce concept ? Il en va de la cr&#233;dibilit&#233; de cet enseignement. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton95-026ac.jpg?1635489176' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment ne pas prendre le temps de questionner le d&#233;veloppement durable ? Comment expliquer que ce concept soit si largement adopt&#233; et promu ? N'est-ce pas suspect ? Surtout si l'on constate que, malgr&#233; toutes les professions de foi des transnationales ou des institutions qui s'en r&#233;clament, les choses ont du mal &#224; &#233;voluer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, peut-on imaginer une &#233;ducation au d&#233;veloppement durable sans un questionnement non dogmatique de ce concept ? Il en va de la cr&#233;dibilit&#233; de cet enseignement. D'autant que l'anthropisation forcen&#233;e des &#233;cosyst&#232;mes a entra&#238;n&#233; de multiples dysfonctionnements qui font peser de graves menaces sur les g&#233;n&#233;rations actuelles et &#224; venir. En cons&#233;quence, les d&#233;cisions &#224; prendre de toute urgence sont frein&#233;es par le dogmatisme ou l'immobilisme de certains discours relatifs au d&#233;veloppement durable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire que le plus souvent, les humains ont la pr&#233;tention de dominer les langues or, ce sont les mots qui les dominent. Ils sont porteurs d'une id&#233;ologie que nous ne prenons plus le temps d'interroger. Nous ne pouvons pas en permanence nous laisser malmener par cette novlangue (Orwel, 1972) qui est port&#233;e par le discours m&#233;diatique et qui s'impose &#224; nous comme un fait social. Et, il faut bien l'avouer, depuis quelques temps d&#233;j&#224;, le concept de d&#233;veloppement durable est devenu l'une des composantes de cette pens&#233;e politiquement correcte que l'on int&#232;gre volontiers &#224; toutes les analyses ! Son instrumentalisation par les pouvoirs en place retarde le vrai d&#233;bat que nous devrions avoir et qui devrait &#234;tre celui du d&#233;veloppement lui-m&#234;me. Dans cette p&#233;riode de remise en question &#233;cologique et sociale, il appara&#238;t que les cons&#233;quences de l'illusion du d&#233;veloppement deviennent ing&#233;rables. Malgr&#233; ce, le d&#233;veloppement reste un concept universel que la pens&#233;e dominante impose comme l'&#233;vidence (Hazan, 2006). Serions-nous prisonniers des mots ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ce d&#233;fi, il nous appara&#238;t n&#233;cessaire de prendre le temps de la r&#233;flexion. C'est l'objet central de cet article.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les &#233;crits du courant post-d&#233;veloppementiste (1) et, en particulier, ceux de Serge Latouche (1986), l'utilisation du qualificatif durable est int&#233;ressante pour les partisans du d&#233;veloppement dans le sens o&#249; il contribue &#224; nous faire croire que le d&#233;veloppement peut s'inscrire dans la durabilit&#233;. Or, s'il continue de la sorte, en mati&#232;re de d&#233;gradation des &#233;quilibres &#233;conomiques, &#233;cologiques et sociaux, &#224; l'&#233;vidence, le d&#233;veloppement durable, ne peut pr&#233;cis&#233;ment l'&#234;tre ! Serait-il un oxymore ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agira ici d'interroger le concept de d&#233;veloppement durable et sa r&#233;cup&#233;ration par les institutions (transnationales, gouvernements, collectivit&#233;s locales&#8230;) afin de pr&#233;server le statu quo et de poursuivre des pratiques totalement &#171; non durables &#187;. L'id&#233;e est de r&#233;v&#233;ler l'id&#233;ologie pr&#233;sente dans le qualificatif durable attach&#233; au mot d&#233;veloppement. Cette nouvelle qualification n'est-elle pas une fa&#231;on de ne pas s'interroger sur l'urgence &#233;cologique et sociale ou m&#234;me d'&#233;viter de questionner le concept de d&#233;veloppement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La question de la durabilit&#233; nous donne l'illusion d'un changement. Cela rassure la conscience des citoyens, mais finalement pas grand chose ne change r&#233;ellement : les &#233;quilibres &#233;cologiques sont fragilis&#233;s, les in&#233;galit&#233;s sociales continuent de s'accro&#238;tre. Ces d&#233;s&#233;quilibres justifient le fait qu'on s'interroge sur la notion m&#234;me de d&#233;veloppement, qui, selon de nombreux auteurs (2) (La ligne d'horizon, 2003), est porteuse de ces dysfonctionnements. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; ce niveau que l'id&#233;ologie du d&#233;veloppement durable est puissante : ce nouveau concept n'est-il pas une aubaine dans la mesure o&#249; il permet de faire l'&#233;conomie de cette interrogation ? N'autorise-t-il pas &#224; ce qu'on ne mette pas en d&#233;bat le d&#233;veloppement lui-m&#234;me ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, les dirigeants se le sont appropri&#233;s tr&#232;s rapidement, quitte &#224; le vider de son sens. Pour un courant de chercheurs et d'&#233;conomistes, la durabilit&#233; est un nouveau domaine permettant de continuer &#224; faire du d&#233;veloppement en toute impunit&#233;. Selon Serge Latouche (2004, pp. 51) quand on parle de d&#233;veloppement durable &#171; on a affaire &#224; une monstruosit&#233; verbale du fait de l'antinomie mystificatrice de l'expression &#187;. En effet, le d&#233;veloppement &#233;tant tel qu'il est pratiqu&#233;, par essence non durable, lui accoler le mot &#171; durable &#187; devient une imposture qui h&#233;risse nombre d'&#233;cologistes, d'activistes, d'intellectuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant dans le m&#234;me temps, et c'est bien l&#224; le paradoxe, ce concept de d&#233;veloppement durable a le m&#233;rite d'interroger la soci&#233;t&#233; civile, de cr&#233;er des d&#233;bats, et peut-&#234;tre de parvenir &#224; un certain niveau de conscience des probl&#232;mes &#233;cologiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on reste positif, l'&#233;ducation au d&#233;veloppement durable peut conduire au d&#233;cloisonnement des disciplines, &#224; la collaboration entre chercheurs et enseignants de diff&#233;rents horizons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet enseignement pourrait &#234;tre porteur de r&#233;flexions productives et judicieuses pour une transformation sociale. Dans cette perception, le d&#233;veloppement durable serait-il alors le passage oblig&#233; vers une prise de conscience collectif pour une transformation &#233;cologique et sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pour m'expliquer sur ces diff&#233;rentes probl&#233;matiques, je vais dans un premier temps, analyser les cons&#233;quences de la mise en place h&#233;g&#233;monique de l'id&#233;ologie d&#233;veloppementiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis je montrerai, dans un deuxi&#232;me temps, quels sont les risques de l'institutionnalisation de l'&#233;ducation pour un d&#233;veloppement durable si on ne prend pas le temps ou si on n'a pas la volont&#233; id&#233;ologique de questionner ce concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Quelle durabilit&#233; pour le d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. Gen&#232;se du concept : une repr&#233;sentation r&#233;cente impos&#233;e &#224; la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Rist (2001) qui enseigne, &#224; Gen&#232;ve, l'&#233;conomie du d&#233;veloppement depuis une trentaine d'ann&#233;es nous rappelle que l'utilisation contemporaine du concept de d&#233;veloppement date du 20 janvier 1949 dans le discours du pr&#233;sident Truman. Dans le quatri&#232;me point de sa pr&#233;sentation, celui-ci se livre &#224; une apologie du d&#233;veloppement en montrant comment le monde de l'apr&#232;s Yalta se divise en pays qui ont d&#233;j&#224; acc&#233;d&#233; &#224; un certain niveau de vie et en pays qui en sont momentan&#233;ment exclus. Dans sa vision du monde, il s&#233;pare les pays de la plan&#232;te en deux blocs : ceux qu'il appelle les pays d&#233;velopp&#233;s et ceux qu'il nomme les pays sous-d&#233;velopp&#233;s. La majorit&#233; de la population plan&#233;taire compos&#233;e d'Asiatiques et d'Africains allait ainsi se retrouver d'un seul coup qualifi&#233;e de sous-d&#233;velopp&#233;e. L'administration &#233;tasunienne du moment avait dans l'id&#233;e, derri&#232;re les &#233;crits de Rostow (1963), que le d&#233;veloppement des Etats s'op&#232;re autour de cinq &#233;tapes (3). La troisi&#232;me &#233;tape, celle du take-off ou du d&#233;collage devrait amener les pays sous-d&#233;velopp&#233;s vers le bloc des pays d&#233;velopp&#233;s. Selon Rostow, on atteint cette d&#233;cisive phase de take-off par l'investissement productif, en d&#233;pla&#231;ant l'&#233;pargne : de l'&#233;pargne th&#233;sauris&#233;e vers l'&#233;pargne productive. La phase achev&#233;e du d&#233;veloppement, la cinqui&#232;me et derni&#232;re &#233;tape, est ce que Rostow nomme : &#171; la Soci&#233;t&#233; de Consommation &#187;. Chez cet optimiste lib&#233;ral, tout se passe un peu comme dans une course cycliste : certains coureurs sont en t&#234;te, d'autres sont attard&#233;s. Les participants arrivant les premiers sont les pays qui acc&#232;dent &#224; la phase ultime de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, l'aboutissement de l'histoire lib&#233;rale (Fukuyama, 1993). Les pays d&#233;velopp&#233;s ont ainsi d&#233;pass&#233; la ligne d'arriv&#233;e. Derri&#232;re, dans la course, certains pays sont en retard. La banque mondiale et le FMI jouent le r&#244;le de la voiture balai qui pousse les derniers vers la ligne d'arriv&#233;e. Les banquiers de ces institutions financi&#232;res internationales sont les masseurs qui permettent malgr&#233; tout aux athl&#232;tes de franchir la ligne, et de parvenir &#224; l'esp&#233;rance ultime de la vie des hommes dans la soci&#233;t&#233;, &#224; savoir : &#171; la Soci&#233;t&#233; de Consommation &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette vision des choses, le sous-d&#233;veloppement n'est finalement qu'une histoire de retard. L'administration &#233;tasunienne utilise alors certains crit&#232;res pour qualifier le d&#233;veloppement ou le sous-d&#233;veloppement, et c'est avec ces crit&#232;res l&#224; qu'elle va imposer une certaine vision du monde qui n'&#233;tait certainement pas partag&#233;e par tous les pays concern&#233;s. Il fallait en effet arriver &#224; classer les pays en fonction de leur Produit Int&#233;rieur Brut, instrument quantitatif, l&#233;gitimant la pens&#233;e &#233;conomiciste.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, en 1949, au moment du discours de Truman, la logique &#233;tait tr&#232;s productiviste : c'&#233;tait l'&#233;poque des 30 glorieuses, p&#233;riode de reconstruction d'apr&#232;s guerre et d&#233;but de la domination lib&#233;rale. Les &#233;conomistes du d&#233;veloppement montrent que la doctrine Truman est la meilleure invention pour asseoir la domination &#233;tasunienne et la domination occidentale de fa&#231;on plus &#233;largie (Latouche, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. Le d&#233;veloppement : la nouvelle forme de colonisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe du d&#233;veloppement serait-il la nouvelle forme de colonisation ? Aux 18&#232;me et 19&#232;me si&#232;cles, la colonisation &#233;tait principalement militaire dans un premier temps, puis devenait administrative, politique et religieuse en s'imposant aux superstructures sociales. Au 20&#232;me si&#232;cle, et d&#233;j&#224; le discours de 1949 en pr&#233;sentait les premiers balbutiements, la colonisation devient symbolique. Le mythe du d&#233;veloppement fait partie des outils de la domination. De Rivero (2003) explique comment le d&#233;veloppement, relay&#233; par le pouvoir m&#233;diatique et le pouvoir scientiste, s'est impos&#233; par la volont&#233; de domination id&#233;ologique de l'Occident. Il a progressivement &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme l'objectif &#224; atteindre pour tous les peuples de la plan&#232;te. Derri&#232;re la poursuite du d&#233;veloppement, se cache l'expertisme ou la domination des experts, la marchandisation des activit&#233;s sociales, le salariat et le mod&#232;le occidental. En un mot, comme le dit Serge Latouche (1989), le d&#233;veloppement, c'est l'occidentalisation du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Historiquement, quand le colonisateur s'est retir&#233;, il a abandonn&#233; l'&#233;ducation et la sant&#233;, mais il a impos&#233; la domination symbolique. Dans ce contexte, Aminata Traor&#233; (2002) va jusqu'&#224; parler de &#171; viol de l'imaginaire &#187;, o&#249; la puissance de la force symbolique de la culture occidentale am&#232;ne l'individu &#224; renoncer progressivement &#224; ce qui l'a construit, et &#224; influencer sur sa fa&#231;on de percevoir ses repr&#233;sentations du pr&#233;sent et de l'avenir. Il devient alors difficile d'investir le champ des possibles en dehors de la r&#233;f&#233;rence occidentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce niveau, les m&#233;dias ont jou&#233; un r&#244;le central dans la diffusion du mod&#232;le occidental qui est devenu le mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence (Halimi, 1997). Cette colonisation symbolique est devenue la nouvelle forme de domination. Elle accro&#238;t la d&#233;pendance, ou ce qu'Illich (1971) nomme l'h&#233;t&#233;ronomie. Cette colonisation de l'imaginaire sur le mod&#232;le occidental pousse les pays de la p&#233;riph&#233;rie &#224; rentrer dans des mod&#232;les de Division Internationale du Travail (DIT), qui les entra&#238;nent &#224; exporter les mati&#232;res premi&#232;res ou &#224; participer &#224; la d&#233;forestation des for&#234;ts primitives. Ils doivent, en effet, rembourser la dette et assurer un niveau de vie &#224; l'occidentale pour les &#233;lites locales. Samir Amin (2002), &#233;conomiste &#233;gyptien, explique comment, dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s, la minorit&#233; de la bourgeoisie compradore (c'est-&#224;-dire la bourgeoisie poss&#233;dant un certain pouvoir d'achat) assoit son pouvoir sur le mod&#232;le occidental et pousse les puissances du Sud vers la division internationale du travail. Cette bourgeoisie a besoin de devises pour acc&#233;der aux productions import&#233;es. Pour les obtenir, on sp&#233;cialise le pays dans des productions demand&#233;es par le march&#233; international, et on joue le jeu de la mondialisation lib&#233;rale : abandon des cultures vivri&#232;res (c'est-&#224;-dire les productions agricoles permettant d'assurer l'apport quotidien en calories : manioc, igname, riz, ma&#239;s,&#8230;) pour les cultures de rentes (c'est-&#224;-dire les productions export&#233;es) participant ainsi au ph&#233;nom&#232;ne massif de d&#233;forestation et de d&#233;stabilisation des &#233;cosyst&#232;mes. C'est le cas d'un grand nombre de pays du Sud, comme le Br&#233;sil, le Congo, la C&#244;te d'Ivoire, etc. L'id&#233;e &#233;tant que chacun prenne une place dans ce puzzle de la mondialisation qui deviendrait un jeu &#224; somme positive : tout le monde y gagne (th&#233;orie des avantages comparatifs : Ricardo 1817). &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ces pratiques de spoliation des richesses de la plan&#232;te, quelle durabilit&#233; peut-on envisager ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Les risques de l'institutionnalisation de l'&#233;ducation pour le d&#233;veloppement durable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, face &#224; l'arriv&#233;e des premiers r&#233;fugi&#233;s climatiques (Garnier, 2007) et apr&#232;s les diff&#233;rents bilans propos&#233;s par les institutions les plus s&#233;rieuses comme le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC), il appara&#238;t que des mesures pour sauver ce qui peut l'&#234;tre encore s'imposent. Pour pr&#233;parer un avenir meilleur quoi de mieux que l'&#233;ducation ? C'est en effet dans ce creuset que se pr&#233;parent les nouvelles g&#233;n&#233;rations de citoyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, comment s'int&#233;resser aux th&#233;matiques &#233;tudi&#233;es sans prendre le temps de d&#233;battre de l'organisation &#233;conomique de nos soci&#233;t&#233;s. Pourtant, le message a &#233;t&#233; lanc&#233; depuis bien longtemps. D&#233;j&#224; Ren&#233; Dumont (1988) pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique en France nous avait alert&#233;s. Il ne peut y avoir d'&#233;cologie dans un monde domin&#233; par le court terme et par la recherche absolue du profit. Ce syst&#232;me ne peut que mener l'humanit&#233; vers l'accumulation du superflu et le renoncement de l'essentiel qui repose sur les valeurs civilisationnelles. Dans cette d&#233;marche, il faudrait s'attacher &#224; faire cro&#238;tre tout ce qui nous rapproche des valeurs centrales de l'humanit&#233; (fraternit&#233;, formation, &#233;ducation, sant&#233;, culture&#8230;) et faire d&#233;cro&#238;tre tout ce qui nous rapproche de la barbarie consum&#233;riste (publicit&#233;, culte de la marchandise, f&#233;tichisme et accumulation de l'objet, etc.&#8230;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Evidemment, cette analyse va &#224; l'encontre de la pens&#233;e dominante. Mais, il devient urgent de se questionner : quelle soci&#233;t&#233; construire pour demain ? Pourquoi refuser de se poser cette question centrale ? Les citoyens en g&#233;n&#233;ral et les formateurs en particulier ne peuvent &#233;chapper &#224; ce questionnement. Ils sont les adultes r&#233;f&#233;rents de toute une g&#233;n&#233;ration qui attend des prises de position courageuses sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quelle nouvelle g&#233;n&#233;ration sommes nous en train de former ? Quel monde allons-nous laisser &#224; nos enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous devons constater que le manque d'analyse critique sur les th&#233;matiques de la consommation et du d&#233;veloppement durable am&#232;ne la plupart d'entre nous &#224; ne pas prendre de recul sur ces concepts qui sont s&#251;rement la plus grande manipulation du moment. Nous nous trouvons prisonniers des mots et des concepts que nous utilisons car ils sont pr&#233;sent&#233;s comme des &#233;vidences (Hazan, 2006). Le politiquement correct s'en nourrit et nous enferme dans une pens&#233;e format&#233;e &#224; forte manipulation symbolique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment, en effet, former le citoyen d'aujourd'hui et de demain si on ne lui permet pas de remettre en question les dogmes qui encombrent sa libert&#233; de penser. L'humanit&#233; a besoin d'une plus grande transparence qui pourrait &#234;tre le fait des adultes et/ou des enseignants. Alors peut-&#234;tre nous aurons l'occasion de d&#233;coloniser nos imaginaires pour mettre en place une &#233;cosoci&#233;t&#233; s&#251;re de ses valeurs et ouverte &#224; un futur o&#249; l'&#234;tre humain retrouvera sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit l&#224; d'un obstacle &#224; contourner car l'&#233;ducation au d&#233;veloppement durable n&#233;cessite une r&#233;elle transparence pour faire &#233;voluer la r&#233;flexion de mani&#232;re non dogmatique. Ce qui doit &#234;tre privil&#233;gi&#233; tient &#224; une recherche d'ouverture des imaginaires pour construire une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement citoyenne et respectueuse des &#233;quilibres &#233;cologiques et sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
A ce niveau, l'approche interdisciplinaire de l'EDD pourrait permettre d'aborder la th&#233;matique &#224; l'&#233;cart des blocages issus des d&#233;marches scientifiques parcellaires pour une perception plus globale de la question pos&#233;e. De plus, une d&#233;marche partenariale devrait permettre une pluralit&#233; des regards pour une meilleure ouverture aux probl&#232;mes environnementaux et soci&#233;taux (Sauv&#233;, 2002). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, les enjeux de formation, de r&#233;flexion critique, d'ouverture du champ des possibles sont incontournables. Ils appartiennent &#224; ce souci d'&#233;mancipation, &#224; cette volont&#233; d'&#233;cologie sociale ou d'&#233;cologie de la libert&#233; (Bookchin, 1992) qui permet d'assainir les rapports sociaux autour de valeurs centrales de l'humanit&#233; : fraternit&#233;, respect de l'autre, tol&#233;rance&#8230;qui sont les seules valeurs de la durabilit&#233; soci&#233;tale. Evidemment, ce n'est pas chose facile dans une soci&#233;t&#233; qui met en avant l'argent comme valeur centrale. Mais, le r&#244;le de l'EDD n'est-il pas de travailler sur les valeurs qui vont permettre une &#233;cologie de la relation pour une soci&#233;t&#233; plus fraternelle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, les besoins d'un v&#233;ritable questionnement sur l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; sont bien l&#224;. Ils sont m&#234;me urgents, mais ils sont ralentis sinon rendus impossibles par le discours de la domination qui impose des concepts consensuels qui ne sont pas remis en question.&lt;br class='autobr' /&gt;
A titre d'exemple, les probl&#232;mes de la faim dans le monde mis en avant par Fran&#231;ois De Ravignan (2003) et plus r&#233;cemment par Jean Ziegler (2005) montrent &#224; quel point il convient d'interroger nos niveaux de consommation et ne pas s'en tenir &#224; une simple &#171; consommation pour un d&#233;veloppement durable &#187; d&#233;velopp&#233;e par exemple par Cafin et Chaplain (2003).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc bien d'un d&#233;bat sur les fondements de notre organisation &#233;conomique, politique et sociale dont nous avons intimement besoin. Car au del&#224; d'une sensibilit&#233; environnementale, nous devons former des citoyens ayant une perception politique et critique des enjeux soci&#233;taux. C'est de cet effort de formation syst&#233;mique que pourra na&#238;tre une r&#233;flexion globale sur notre soci&#233;t&#233; dans l'espoir de pouvoir en construire une o&#249; l'humain et ses valeurs seront valoris&#233;s face &#224; la recherche et &#224; l'accumulation de profit qui ne peut &#234;tre qu'une pratique de court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne prend pas le temps de le questionner, le concept de d&#233;veloppement durable peut s'av&#233;rer nocif pour la libert&#233; de penser de chacun d'entre nous. Cependant, si l'on veut rester positif, il peut aussi &#234;tre une &#233;tape et permettre de s'interroger, de faire &#233;voluer les consciences. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ce faire, la sensibilisation des plus jeunes, des &#233;tudiants et citoyens aux enjeux que repr&#233;sente le d&#233;veloppement devient une priorit&#233;. Gr&#226;ce &#224; un enseignement d'&#233;mancipation vis-&#224;-vis des dogmes et &#224; une pr&#233;sentation syst&#233;mique des probl&#232;mes &#233;cologiques, on peut esp&#233;rer une ouverture des imaginaires vers une &#233;cosoci&#233;t&#233; plus ouverte aux d&#233;bats, &#224; l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, des pratiques interdisciplinaires d'EDD se g&#233;n&#233;ralisent dans les programmes scolaires (4). Ce serait l&#224; une belle occasion de mettre en perspective historique et critique la notion m&#234;me de d&#233;veloppement, avec une approche plurielle centr&#233;e sur diff&#233;rentes sciences pour faire avancer une r&#233;flexion syst&#233;mique. Se rendre compte combien les dimensions environnementales, politiques ou sociales sont li&#233;es permettrait de mesurer l'importance de prendre en main des transformations de pens&#233;e et de comportements pour une soci&#233;t&#233; plus respectueuse des valeurs centrales de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche interdisciplinaire pourrait apporter aux &#233;tudiants, qui sont les futurs d&#233;cideurs, les cl&#233;s de compr&#233;hension de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; pour qu'ils puissent agir et d&#233;cider de fa&#231;on non mutilante pour l'environnement et la survie de l'humanit&#233; et des esp&#232;ces vivantes sur cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (1) Voir le site : &lt;a href=&#034;http://www.apres-developpement.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.apres-developpement.org&lt;/a&gt; et la charte du R&#233;seau des Objecteurs de Croissance pour un Apr&#232;s D&#233;veloppement (ROCAD).&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) L'Association La Ligne d'Horizon-les amis de Fran&#231;ois Partant a organis&#233; en mars 2002 au Palais de l'Unesco &#224; Paris un colloque international sur le th&#232;me : D&#233;faire le d&#233;veloppement, refaire le monde. De nombreux chercheurs et acteurs du Nord et du Sud se reconnaissent aujourd'hui dans une r&#233;flexion qui proc&#232;de &#224; une v&#233;ritable d&#233;construction de la pens&#233;e &#233;conomique. Ce courant se qualifie de post-d&#233;veloppementiste. A la suite de ce colloque un ouvrage collectif a &#233;t&#233; publi&#233;. Il pr&#233;sente la r&#233;flexion de 35 chercheurs et acteurs sur la question du d&#233;veloppement et sa remise en cause.&lt;br class='autobr' /&gt; (3) Walt ROSTOW distingue 5 &#233;tapes dans le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
1 &#8211; La soci&#233;t&#233; ou l'&#233;conomie traditionnelle, soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'agriculture, manque de moyens de transports, commerce peut-&#234;tre important, peu d'investissement, production faible, secteur primaire important XIXe s.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#8211; Conditions pr&#233;alables au d&#233;marrage, nouvelles techniques d&#233;couvertes, acc&#232;s aux march&#233;s ext&#233;rieurs, ouverture du pays, apparition des entrepreneurs, volont&#233; d'investir, cr&#233;ation d'un Etat national centralis&#233; (exemples : France et G.B.)&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &#8211; D&#233;marrage ou take off, d&#233;collage. Courte p&#233;riode, l'&#233;conomie fait un bond lui permettant de quitter le stade agraire. Cette phase se traduit par une augmentation de l'investissement, augmentation de la croissance, secteur &#224; forte croissance, cadre politique et institutionnel favorable. &lt;br class='autobr' /&gt;
4 &#8211; Marche vers la maturit&#233;. Longue p&#233;riode, g&#233;n&#233;ralisation de nouvelles techniques. L'investissement atteint au moins 10 % du revenu national, sp&#233;cialisation des pays, de nouvelles valeurs se r&#233;pandent.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#8211; Ere de la consommation de masse. Production de biens durables, les services dominent, le revenu r&#233;el par habitant s'&#233;l&#232;ve : loi d'Engel (baisse des aliments au profit des autres d&#233;penses, particuli&#232;rement celles consacr&#233;es aux services) ; nouvelles institutions, d&#233;mocratie politique, stabilit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt; (4) &lt;a href=&#034;http://www.education.gouv.fr/bo/2007/14/MENE0700821C.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.education.gouv.fr/bo/2007/14/MENE0700821C.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Llena&lt;br class='autobr' /&gt;
Socio &#233;conomiste. Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier (MSH-M). FRANCE&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://mshm.univ-montp3.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mshm.univ-montp3.fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Objecteur de croissance, membre du r&#233;seau Rocade et du comit&#233; de r&#233;daction de la revue Entropia (Lyon)&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/p&gt;
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Traor&#233; A. (2002). Le viol de l'imaginaire. Paris : Fayard. 207 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ziegler J. (2005). L'empire de la honte. Paris : Fayard. 323 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Annexes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_191 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/pre_ventique_RodhainLlena.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1774559627' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>UN CAS D'&#201;CONOMIE SOLIDAIRE &#192; MILLAU </title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article94</link>
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		<dc:date>2011-07-17T10:47:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En novembre 2003, apr&#232;s un an et demi de discussions,&lt;br class='autobr' /&gt; na&#238;t &#171; Au March&#233; paysan &#187; &#224; Millau.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton94-4412f.jpg?1635489176' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;UN CAS D'&#201;CONOMIE SOLIDAIRE &#192; MILLAU &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2003, apr&#232;s un an et demi de discussions,&lt;br class='autobr' /&gt; na&#238;t &#171; Au March&#233; paysan &#187; &#224; Millau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de la ville, dans un local de 150 m&#178;, ouvert au public cinq jours par semaine, on trouve les produits de vingt-cinq producteurs locaux : l&#233;gumes, viandes, confitures, fromage, miel, jus de fruits, pain, lait, etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;ristiques des producteurs, des produits et de la gestion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les producteurs vendent directement leurs produits aux consommateurs, sans que ces derniers se d&#233;placent &#224; la ferme, et sans que les producteurs se rendent sur les march&#233;s ( ). La moyenne d'&#226;ge des producteurs est d'environ quarante-cinq ans. Ils se r&#233;partissent de fa&#231;on &#233;gale entre hommes et femmes. Neuf seulement sont des ruraux issus du monde de l'agriculture ( ). Les seize autres, n&#233;o-ruraux souvent non originaires de la r&#233;gion, se tournent vers la terre pour y trouver un &#233;quilibre de vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si bon nombre de produits ont le label bio AB, ce qui les rapproche c'est la production autour d'un territoire. Par ailleurs, si le nombre de biens offerts dans une cat&#233;gorie est faible, la vari&#233;t&#233; de produits, elle, est cons&#233;quente. De plus en mati&#232;re de prix les comparaisons sont parfois surprenantes ( ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque producteur est responsable de ses produits ; il les &#233;tiquette, les met en rayon&#8230; Pour chaque produit vendu, 20 % est pr&#233;lev&#233; pour les frais de la structure. Il n'existe pas d'interm&#233;diaires, ni de salari&#233;s ; les producteurs font tout eux-m&#234;mes : la vente, les d&#233;cors, les travaux sur le b&#226;timent, la mise en rayon, la comptabilit&#233;, la publicit&#233;, la gestion des stocks, le m&#233;nage, les travaux de maintenance, etc. Toutes les heures r&#233;alis&#233;es au profit de la structure sont comptabilis&#233;es ind&#233;pendamment de la nature de la t&#226;che ( ) ; elles doivent &#234;tre effectu&#233;es au prorata du chiffre d'affaires r&#233;alis&#233; ( ). Le fonctionnement est bas&#233; sur la confiance. Aucun contr&#244;le n'est effectu&#233; sur les heures d&#233;clar&#233;es par les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilit&#233;s &#233;conomique, sociale et politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilit&#233; du &#171; March&#233; paysan &#187; semble se situer &#224; trois niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#164; En r&#233;duisant les co&#251;ts de distribution, et en raccourcissant les distances par rapport aux march&#233;s itin&#233;rants, son utilit&#233; &#233;conomique est centrale. Le &#171; March&#233; paysan &#187; raccourcit les distances physiques, mais aussi culturelles et sociales. Il cherche &#224; &#233;duquer la demande, &#224; la sensibiliser aux saisonnalit&#233;s de la production, aux potentialit&#233;s du territoire&#8230; Il est donc aussi un lieu d'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une production au service des besoins de la &#171; consomm'action &#187; du territoire ( ). En effet, on y sollicite les comportements citoyens des consommateurs pour les sensibiliser &#224; une origine contr&#244;l&#233;e, &#224; une tra&#231;abilit&#233;, &#224; une proximit&#233;... Il s'agit donc d'une innovation commerciale centr&#233;e sur un territoire et sur l'enrichissement du lien entre producteur et &#171; consomm'acteur &#187;. Si l'autonomie du producteur est recherch&#233;e, celle du consomm'acteur est aussi une priorit&#233;. Elle est &#224; n'en pas douter l'une des cl&#233;s du changement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#164; L'utilit&#233; sociale est fortement perceptible. Le &#171; March&#233; paysan &#187; cherche, en effet, &#224; privil&#233;gier les relations humaines, dans un esprit proche de la phron&#233;sis d'Aristote ( ). La raison, la sagesse prennent le pas sur la rationalit&#233; de court terme centrale dans le paradigme de la modernit&#233;. C'est une toile d'araign&#233;e sociale qui se d&#233;veloppe et relie les individus entre eux, quelles que soient leur origine, leur production, leur sexe... Une fois que les producteurs et consommateurs se connaissent, ils n'h&#233;sitent plus &#224; se rencontrer, &#224; mettre en place des activit&#233;s en commun et cela pour produire ensemble, ou pour le simple plaisir de passer un moment en commun. Ainsi, au-del&#224; d'une production de service de proximit&#233;, le &#171; March&#233; paysan &#187; est un lieu de rencontre, de discussion, de convivialit&#233;, qui permet de retisser le lien social fragilis&#233; par l'exclusion du march&#233; du travail ( ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#164; Le &#171; March&#233; paysan &#187; a &#233;galement une utilit&#233; politique. La volont&#233; de ses participants n'est pas de prendre le pouvoir commercial sur la ville, mais de jouer la carte de la diversit&#233;. Il s'agit de d&#233;velopper une r&#233;flexion autour du mieux consommer ensemble, dans une d&#233;marche citoyenne. M&#234;me si le groupe de producteurs refuse de se positionner ouvertement dans le d&#233;bat politique institutionnel, il valorise sans dogmatisme une r&#233;flexion sur l'organisation de la consommation du territoire. Il &#233;claire d'un autre regard les probl&#232;mes qui peuvent se poser aux consomm'acteurs et enrichit la relation production-consomm'action vers la recherche d'une plus grande autonomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, chaque producteur fait valoir le produit de l'autre pour participer &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Ici, pour une fois, la somme des int&#233;r&#234;ts individuels procure l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, car chacun se place dans une logique collective qui transcende l'individu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pratique relevant de l'&#233;conomie solidaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures telles que le &#171; March&#233; paysan &#187; ( ) ont cr&#233;&#233; une dynamique pour chercher &#224; satisfaire des besoins marginalis&#233;s par la synergie &#201;tat-March&#233; ( ) pour cause d'insolvabilit&#233; de la demande ou par enclavement des march&#233;s locaux. Leur fonction centrale est de r&#233;ench&#226;sser l'&#233;conomique dans la question sociale et de la mettre au service de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de pratiques productives est n&#233;e r&#233;cemment, dans la mouvance des ann&#233;es 1970, lorsque le ch&#244;mage et l'exclusion ont entra&#238;n&#233; de plus en plus de laiss&#233;s pour compte. Dans cette dynamique, les porteurs de projet sont impliqu&#233;s et participent pleinement (sans niveaux hi&#233;rarchiques) &#224; la r&#233;ussite de l'exp&#233;rience. Le local, le territoire, est un &#233;l&#233;ment majeur de leur politique. Dans le cadre du d&#233;veloppement local cette auto-organisation fait place &#224; une forme de d&#233;mocratie productive et d&#233;cisionnelle si rare dans les structures de l'&#233;conomie marchande ( ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hybridation de la logique productive, comme Jean-Louis Laville l'a montr&#233; ( ), combine &#224; la fois les logiques marchande, non-marchande et r&#233;ciprocitaire. Pour les entreprises de l'&#233;conomie solidaire, le march&#233; est une constante qu'il convient d'utiliser, mais sans passer par ses finalit&#233;s. Les producteurs du &#171; March&#233; paysan &#187; se situent tr&#232;s clairement dans la logique marchande ( ). Mais la r&#233;alit&#233; non-marchande, les institutions locales et surtout la coh&#233;sion du groupe sont d&#233;terminantes : &#171; on forme une &#233;quipe avec une solidarit&#233;, un respect qui nous permet de relever tous les d&#233;fis &#187;. Cette &#233;conomie est r&#233;ciprocitaire et s'appuie sur le triptyque don, contre-don, relation sociale ( ). Sur le territoire concern&#233;, l'entraide, la solidarit&#233; s'imposent, comme le montre bien la mise en place de la &#171; Mutuelle coup dur &#187; inscrite dans le r&#232;glement int&#233;rieur du &#171; March&#233; paysan &#187; ( ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la participation &#224; l'&#233;conomie solidaire, on peut s'interroger sur le paradigme plus englobant auquel appartient cette exp&#233;rience commerciale. Il appara&#238;t alors que ses acteurs &#233;chappent &#224; la logique de la modernit&#233;, pour quatre raisons principales. D'abord, la division du travail, centrale dans la modernit&#233;, est le plus souvent absente de ces structures. Ensuite, ces producteurs, &#234;tres hybrides entre production, commercialisation et citoyennet&#233;, tournent le dos &#224; l'id&#233;al-type de la modernit&#233; : l'homo economicus. C'est &#224; dire cet individu rationnel qui op&#232;re des choix pour optimiser les fonctions de production et de consommation. Troisi&#232;mement, ils privil&#233;gient le &#171; mieux par rapport au plus &#187;, ce qui est d&#233;terminant, c'est de pouvoir trouver dignit&#233; sur son lieu de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au &#171; March&#233; paysan &#187;, le service n'est plus uniquement un moyen pour atteindre la rentabilit&#233;, il est une fin en soi. Se d&#233;placer du &#171; bien &#187; vers le &#171; lien &#187; n'est-ce pas le signe d'une attitude critique de la modernit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;mergence d'un consomm'acteur et le d&#233;veloppement des &#233;piceries de producteurs acc&#233;l&#233;r&#233;s par les crises du syst&#232;me productiviste constitueraient-ils le creuset d'un laboratoire de l'apr&#232;s modernit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florence Rodhain et Claude Llena&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire un pas de c&#244;t&#233;</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article136</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article136</guid>
		<dc:date>2011-04-23T19:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;&#8211; La d&#233;croissance ne propose pas de vivre moins, mais mieux avec moins de biens et plus de liens. &#171; La &#8220;d&#233;croissance&#8221; doit devenir la v&#233;rit&#233; de tout socialisme moderne. Ce concept invite, en effet, &#224; remettre radicalement en question la logique d'un monde fond&#233;, disait Marx, sur la seule n&#233;cessit&#233; de &#8220;produire pour produire&#8221; et donc de transgresser sans cesse &#8220;toutes les limites morales et naturelles&#8221;. &#187; Jean-Claude Mich&#233;a, L'Humanit&#233;, 15 mars 2013 &#171; Mauvaise nouvelle : le P&#232;re No&#235;l (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton136-87146.jpg?1635422495' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La d&#233;croissance ne propose pas de vivre moins, mais mieux avec moins de biens et plus de liens.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La &#8220;d&#233;croissance&#8221; doit devenir la v&#233;rit&#233; de tout socialisme moderne. Ce concept invite, en effet, &#224; remettre radicalement en question la logique d'un monde fond&#233;, disait Marx, sur la seule n&#233;cessit&#233; de &#8220;produire pour produire&#8221; et donc de transgresser sans cesse &#8220;toutes les limites morales et naturelles&#8221;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Mich&#233;a,&lt;/strong&gt; L'Humanit&#233;, 15 mars 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Mauvaise nouvelle : le P&#232;re No&#235;l n'existe pas. Et puisqu'on en est aux v&#233;rit&#233;s qui f&#226;chent : la croissance ne repartira pas. (...) &#8220; (...) apr&#232;s l'explosion de la croissance qui a caract&#233;ris&#233; les Trente Glorieuses et l'explosion de la dette qui a caract&#233;ris&#233; les trente ann&#233;es suivantes, il devient imp&#233;ratif d'inventer autre chose car d&#233;sormais nous ne pouvons plus miser sur aucun de ces ressorts.&#8221; Reste &#224; penser un autre mod&#232;le &#233;conomique ; sans croissance ni dette. Autrement dit, &#224; renoncer au &#8220;confort du toujours plus&#8221;. Chiche ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Caroline Castets&lt;/strong&gt; du Nouvel &#201;conomiste, 19 mars 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; J'essaye de dire aux politiques : on est en r&#233;cession optez pour la d&#233;croissance, si vous d&#233;cidez de la piloter cela se passera mieux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Paul-Pont&lt;/strong&gt;, &#233;conomiste, professeur &#224; l'Institut Sup&#233;rieur de l'Enseignement Priv&#233; de Polyn&#233;sie, Les Nouvelles de Tahiti, 22 mars 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;chargez gratuitement le livre &lt;i&gt;Et si on devenait raisonnables&lt;/i&gt; de Fran&#231;ois Paul-Pont &lt;a href=&#034;http://issuu.com/francoispaulpont/docs/fpp1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur cette page internet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Je pense qu'il existe des moyens tr&#232;s efficaces d'inverser les choses : extraire moins de ressources, consommer moins d'&#233;nergie, consommer moins tout court. (...) Si nous voulons &#233;viter un stress ing&#233;rable &#224; l'avenir, en tant que consommateurs, nous devons changer nos modes de vie, renoncer aux id&#233;aux du r&#234;ve am&#233;ricain et convaincre les hommes politiques que nous aspirons &#224; autre chose que ce que le mod&#232;le consum&#233;riste du XXe si&#232;cle a forg&#233; dans l'inconscient collectif de la plupart des soci&#233;t&#233;s. Des modes de vie soutenables, la d&#233;croissance&#8230; sont des pistes tr&#232;s enthousiasmantes. A nous de les explorer. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Guillebaud&lt;/strong&gt;, Sud Ouest, 10 mars 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#8220;Aujourd'hui, souligne-t-il, nous faisons face &#224; une d&#233;gradation continue de la biosph&#232;re, un appauvrissement continu des ressources. L'ensemble des &#233;cosyst&#232;mes s'affaiblit. [&#8230;] Nous n'avons jamais connu une p&#233;riode aussi difficile dans l'Histoire.&#8221; Un peu plus loin, il ajoute : &#8220;Tous nos modes de vie, toute la soci&#233;t&#233; reposent sur des flux de mati&#232;res et d'&#233;nergie sans cesse croissants. Or ces ressources sont en voie d'&#233;puisement, et notre consommation d'&#233;nergie perturbe le syst&#232;me biosph&#232;re. Sans d&#233;croissance de ces flux de mati&#232;res et d'&#233;nergie, on ne s'en sortira pas.&#8221; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Dominique Bourg&lt;/strong&gt; [...] enseigne &#224; l'universit&#233; de Lausanne. Il fut longtemps le conseiller politique de Nicolas Hulot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;L'emprise quasi totalitaire du consum&#233;risme s'accomode assez bien du chaos politique sous l'oeil des cam&#233;ras de surveillance&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Serge Latouche&lt;/strong&gt;. L'&#226;ge des limites, nov 2012, Ed. mille et une nuits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Il est faux de penser que l'id&#233;e de d&#233;croissance nie la notion de progr&#232;s. Elle condamne le mythe du progr&#232;s, ce qui est bien diff&#233;rent.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard &lt;/strong&gt;, La d&#233;croissance, un nouveau romantisme r&#233;volutionnaire, Lib&#233;ration, 2 mars 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Si l'on r&#233;ussi &#224; se lib&#233;rer un tant soit peu de la propagande productiviste et consum&#233;riste, il devient manifeste que la frugalit&#233; est une condition pr&#233;alable &#224; toute forme d'abondance. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Serge Latouche&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Vers une soci&#233;t&#233; d'abondance frugale&lt;/i&gt;, 2011, Mille et une nuits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;La question du pouvoir d'achat ne s'est pas impos&#233;e par hasard dans le d&#233;bat public. Ce mot-poison emp&#234;che de remettre en cause la consommation et enferme les luttes sociales dans la revendication d'un toujours plus. La d&#233;croissance n'est pas se serrer la ceinture mais inventer un autre pouvoir.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Paul Ari&#232;s&lt;/strong&gt;, Revue &#034;La D&#233;croissance&#034;, avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Si la soci&#233;t&#233; de consommation ne produit plus de mythe, c'est qu'elle est elle-m&#234;me son propre mythe. &#192; un Diable qui apportait l'Or et la Richesse (au prix de l'&#226;me) s'est substitu&#233;e l'Abondance pure et simple. Et au pacte avec le Diable le contrat d'Abondance.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean Baudrillard (1929-2007)&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; de consommation&lt;/i&gt;, 1970&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;La d&#233;croissance est d'abord une expression provocante. Elle s'oppose directement au dogme quasi religieux de la croissance. Mais, pour commencer &#224; comprendre le sens de cette provocation, il faut aussit&#244;t affirmer que la d&#233;croissance n'est pas une id&#233;e &#233;conomique mais rel&#232;ve d'une repr&#233;sentation du monde o&#249; l'&#233;conomie n'aurait plus le dernier mot.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard &lt;/strong&gt;, La d&#233;croissance, un nouveau romantisme r&#233;volutionnaire, Lib&#233;ration, 2 mars 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;La soci&#233;t&#233; de croissance n'est pas soutenable, et le &#034;d&#233;veloppement durable&#034; n'est qu'un gadget &#224; ranger sur le rayon des tartes &#224; la cr&#232;me. Ce n'est pas l'adjectif &#034;durable&#034; ou &#034;soutenable&#034; qui est en cause, mais la notion m&#234;me de d&#233;veloppement. C'est &#233;videmment sur ce point que la notion de d&#233;croissance est extr&#234;mement choquante puisqu'elle sous-entend qu'il y aurait un &#034;au-del&#224; du d&#233;veloppement&#034;, id&#233;e presque impensable qui remet en question tout l'imaginaire occidental, fond&#233; sur une croyance aveugle dans le mythe du progr&#232;s depuis plus de deux si&#232;cles.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard &lt;/strong&gt;, La d&#233;croissance, un nouveau romantisme r&#233;volutionnaire, Lib&#233;ration, 2 mars 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Apr&#232;s la fin du d&#233;veloppement, la d&#233;croissance soutenable, avec la sortie de la soci&#233;t&#233; de march&#233; qu'elle implique, est la r&#233;ponse logique pour permettre &#224; l'humanit&#233; d'&#233;chapper aux cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la barbarie consum&#233;riste, pour que l'humanit&#233; s'accomplisse comme l'humanit&#233;, si tel est son d&#233;sir en prenant conscience d'elle-m&#234;me.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Decrescendo cantabile&lt;/i&gt;, 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;L'id&#233;ologie dominante a tout int&#233;r&#234;t &#224; utiliser, &#224; son profit, les abc&#232;s de fixations et de contr&#244;le de l'imaginaire collectif que sont la t&#233;l&#233;vision, les drogues, la pornographie industrielle, tout comme les vacances et les loisirs consum&#233;ristes en g&#233;n&#233;ral. Pour elle, rien ne serait plus dangereux que leur disparition. Or, c'est justement cette disparition que supposerait une civilisation de d&#233;croissance soutenable et conviviale.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Decrescendo cantabile&lt;/i&gt;, 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;L'un des pires d&#233;mons de la civilisation technologique est la soif de croissance, laquelle est attir&#233;e par d'innombrables facteurs institutionnels, allant du prestige international &#224; la promotion immobili&#232;re et &#224; d'autres formes de publicit&#233;s commerciales.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ren&#233; Dubos (1901-1982)&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Les dieux de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, 1973&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;L'utopie ne consiste pas, aujourd'hui &#224; pr&#233;coniser le bien-&#234;tre par la d&#233;croissance et la subversion de l'actuel mode de vie ; l'utopie consiste &#224; croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-&#234;tre, et qu'elle est mat&#233;riellement possible.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Andr&#233; Gorz (1923-2007)&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;&#201;cologie et libert&#233;&lt;/i&gt;, 1977&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;La proposition de baisse de la consommation mat&#233;rielle peut sembler provocante dans le bain id&#233;ologique dans lequel nous sommes plong&#233;s. Mais, aujourd'hui, l'augmentation de la consommation mat&#233;rielle globale n'est plus associ&#233;e &#224; une augmentation du bien-&#234;tre collectif - elle entra&#238;ne au contraire une d&#233;gradation de ce bien-&#234;tre. Une civilisation choisissant la r&#233;duction de la consommation mat&#233;rielle verra par ailleurs s'ouvrir la porte d'autres politiques. Outill&#233;e par le transfert de richesses que permettra la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, elle pourra stimuler les activit&#233;s humaines socialement utiles et &#224; faible impact &#233;cologique. Sant&#233;, &#233;ducation, transports, &#233;nergie, agriculture sont autant de domaines o&#249; les besoins sociaux sont grands et les possibilit&#233;s d'action importantes. Il s'agit de renouveler l'&#233;conomie par l'id&#233;e de l'utilit&#233; humaine plut&#244;t que la satisfaction individuelle. Face &#224; la crise &#233;cologique, il nous faut consommer moins pour r&#233;partir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plut&#244;t que de consommer seuls.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt;, Comment les riches d&#233;truisent le monde in &lt;i&gt;Mani&#232;re de voir&lt;/i&gt; n&#176;99, juin-juillet 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Cette barbarie qui vient a maintenant un visage ou plus exactement plusieurs visages. Cette hydre est d'autant plus redoutable qu'elle d&#233;vore &#224; la fois la Terre et l'humain. Osons le dire : la question n'est plus seulement de savoir quelle Terre nous l&#233;guerons &#224; nos enfants, mais aussi quels enfants nous laisserons sur cette plan&#232;te ravag&#233;e. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Paul Ari&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Celui qui croit que la croissance peut &#234;tre infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un &#233;conomiste. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Kenneth Boulding&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La d&#233;croissance est un mouvement d'id&#233;es et un ensemble de pratiques qui n'appartiennent &#224; personne. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Charte de la d&#233;croissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Dans nos soci&#233;t&#233;s enrichies, mais incapables d'&#233;radiquer les ph&#233;nom&#232;nes d'exclusion sociale en leur propre sein, le silence achet&#233; par l'illusion du confort pour la grande majorit&#233; des consommateurs remplit la m&#234;me fonction que l'omerta mafieuse. Les intimidations sont officielles et encourag&#233;es par les Etats : si nous consommons moins, nous ne sommes pas de &#8220;bons patriotes&#8221; puisque nous ne participons pas &#224; la croissance &#233;conomique qui est cens&#233;e apporter des bienfaits &#224; tout le monde. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Decrescendo cantabile&lt;/i&gt;, 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; On ne sortira pas du nucl&#233;aire sur un v&#233;lo &#233;lectrique &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;(proverbe japonais)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On est sorti du nucl&#233;aire dans un cercueil &#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;(Proverbe ukrainien)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La situation se r&#233;sume en une phrase : l'&#233;conomie mondiale se contracte tendanciellement, mais personne ne pense ou ne g&#232;re cette d&#233;croissance-l&#224;. Ou en une autre phrase : aucun gouvernement, aucune organisation internationale (FMI, OCDE...), aucun institut universitaire &#233;tabli ne publie d'&#233;tude qui ne pr&#233;voit pas un retour &#224; une croissance &#233;conomique continue. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Yves Cochet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La force du capitalisme c'est de s'&#234;tre rendu d&#233;sirable gr&#226;ce &#224; la publicit&#233; et &#224; des mensonges. Il a donn&#233; l'illusion que l'accumulation des biens apportait le bonheur. La d&#233;croissance aura gagn&#233; quand elle sera devenue d&#233;sirable. &#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt; Vincent Liegey.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La d&#233;croissance est d'abord une expression provocante. Elle s'oppose directement au dogme quasi religieux de la croissance. Mais, pour commencer &#224; comprendre le sens de cette provocation, il faut aussit&#244;t affirmer que la d&#233;croissance n'est pas une id&#233;e &#233;conomique mais rel&#232;ve d'une repr&#233;sentation du monde o&#249; l'&#233;conomie n'aurait plus le dernier mot. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, La d&#233;croissance, un nouveau romantisme r&#233;volutionnaire, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 2 mars 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La soci&#233;t&#233; de croissance n'est pas soutenable, et le &#8220;d&#233;veloppement durable&#8221; n'est qu'un gadget &#224; ranger sur le rayon des tartes &#224; la cr&#232;me. Ce n'est pas l'adjectif &#8220;durable&#8221; ou &#8220;soutenable&#8221; qui est en cause, mais la notion m&#234;me de d&#233;veloppement. C'est &#233;videmment sur ce point que la notion de d&#233;croissance est extr&#234;mement choquante puisqu'elle sous-entend qu'il y aurait un &#8220;au-del&#224; du d&#233;veloppement&#8221;, id&#233;e presque impensable qui remet en question tout l'imaginaire occidental, fond&#233; sur une croyance aveugle dans le mythe du progr&#232;s depuis plus de deux si&#232;cles. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, La d&#233;croissance, un nouveau romantisme r&#233;volutionnaire, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 2 mars 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Il est faux de penser que l'id&#233;e de d&#233;croissance nie la notion de progr&#232;s. Elle condamne le mythe du progr&#232;s, ce qui est bien diff&#233;rent. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, La d&#233;croissance, un nouveau romantisme r&#233;volutionnaire, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 2 mars 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La question de savoir ce qui dans l'&#339;uvre de l'homme sert &#224; embellir ou bien contribue &#224; d&#233;grader la nature ext&#233;rieure peut sembler futile &#224; des esprits soi-disant positifs : elle n'en a pas moins une importance de premier ordre. Les d&#233;veloppements de l'humanit&#233; se lient de la mani&#232;re la plus intime avec la nature environnante. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Elis&#233;e Reclus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La question du pouvoir d'achat ne s'est pas impos&#233;e par hasard dans le d&#233;bat public. Ce mot-poison emp&#234;che de remettre en cause la consommation et enferme les luttes sociales dans la revendication d'un toujours plus. La d&#233;croissance n'est pas se serrer la ceinture mais inventer un autre pouvoir. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Paul Ari&#232;s&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Revue &#034;La D&#233;croissance&#034;&lt;/i&gt;, avril 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Si la soci&#233;t&#233; de consommation ne produit plus de mythe, c'est qu'elle est elle-m&#234;me son propre mythe. &#192; un Diable qui apportait l'Or et la Richesse (au prix de l'&#226;me) s'est substitu&#233;e l'Abondance pure et simple. Et au pacte avec le Diable le contrat d'Abondance. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean Baudrillard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; de consommation&lt;/i&gt;, 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Apr&#232;s la fin du d&#233;veloppement, la d&#233;croissance soutenable, avec la sortie de la soci&#233;t&#233; de march&#233; qu'elle implique, est la r&#233;ponse logique pour permettre &#224; l'humanit&#233; d'&#233;chapper aux cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la barbarie consum&#233;riste, pour que l'humanit&#233; s'accomplisse comme l'humanit&#233;, si tel est son d&#233;sir en prenant conscience d'elle-m&#234;me. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Decrescendo cantabile&lt;/i&gt;, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; L'id&#233;ologie dominante a tout int&#233;r&#234;t &#224; utiliser, &#224; son profit, les abc&#232;s de fixations et de contr&#244;le de l'imaginaire collectif que sont la t&#233;l&#233;vision, les drogues, la pornographie industrielle, tout comme les vacances et les loisirs consum&#233;ristes en g&#233;n&#233;ral. Pour elle, rien ne serait plus dangereux que leur disparition. Or, c'est justement cette disparition que supposerait une civilisation de d&#233;croissance soutenable et conviviale. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Besson-Girard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Decrescendo cantabile&lt;/i&gt;, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; L'un des pires d&#233;mons de la civilisation technologique est la soif de croissance, laquelle est attir&#233;e par d'innombrables facteurs institutionnels, allant du prestige international &#224; la promotion immobili&#232;re et &#224; d'autres formes de publicit&#233;s commerciales. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Ren&#233; Dubos&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Les dieux de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; L'utopie ne consiste pas, aujourd'hui &#224; pr&#233;coniser le bien-&#234;tre par la d&#233;croissance et la subversion de l'actuel mode de vie ; l'utopie consiste &#224; croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-&#234;tre, et qu'elle est mat&#233;riellement possible. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Gorz&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Ecologie et libert&#233;&lt;/i&gt;, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La proposition de baisse de la consommation mat&#233;rielle peut sembler provocante dans le bain id&#233;ologique dans lequel nous sommes plong&#233;s. Mais, aujourd'hui, l'augmentation de la consommation mat&#233;rielle globale n'est plus associ&#233;e &#224; une augmentation du bien-&#234;tre collectif - elle entra&#238;ne au contraire une d&#233;gradation de ce bien-&#234;tre. Une civilisation choisissant la r&#233;duction de la consommation mat&#233;rielle verra par ailleurs s'ouvrir la porte d'autres politiques. Outill&#233;e par le transfert de richesses que permettra la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, elle pourra stimuler les activit&#233;s humaines socialement utiles et &#224; faible impact &#233;cologique. Sant&#233;, &#233;ducation, transports, &#233;nergie, agriculture sont autant de domaines o&#249; les besoins sociaux sont grands et les possibilit&#233;s d'action importantes. Il s'agit de renouveler l'&#233;conomie par l'id&#233;e de l'utilit&#233; humaine plut&#244;t que la satisfaction individuelle. Face &#224; la crise &#233;cologique, il nous faut consommer moins pour r&#233;partir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plut&#244;t que de consommer seuls. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt;, Comment les riches d&#233;truisent le monde, In &lt;i&gt;Mani&#232;re de voir&lt;/i&gt;, n&#176; 99, juin-juillet 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.toupie.org/Citations/Decroissance.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dictionnaire de la d&#233;croissance La Toupie&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://decroissanceoubarbarie.blogspot.com/p/liens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;croissance ou barbarie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Fukushima ou la fin de l'anthropoc&#232;ne</title>
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		<dc:date>2011-03-21T10:47:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s SINA&#239;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le tsunami qui a frapp&#233; le nord-est du Japon et les explosions cons&#233;cutives dans la centrale nucl&#233;aire de Fukushima forment un embo&#238;tement implacable de catastrophes humaines, g&#233;ologiques et psychiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Points de vue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton87-36a5b.jpg?1635489177' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tsunami qui a frapp&#233; le nord-est du Japon et les explosions cons&#233;cutives dans la centrale nucl&#233;aire de Fukushima forment un embo&#238;tement implacable de catastrophes humaines, g&#233;ologiques et psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imbrication des &#233;l&#233;ments naturels avec les objets industriels fait de notre plan&#232;te un laboratoire &#224; ciel ouvert : aucun lieu de la Terre n'&#233;chappe plus &#224; l'exp&#233;rimentation. S'il y a bien un &#233;picentre g&#233;ologique naturel du tremblement de terre qui a d&#233;vast&#233; le nord-est de l'&#238;le d'Honshu, la centrale de Fukushima, elle, repr&#233;sente l'&#233;picentre symbolique de l'&#232;re de l'anthropoc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les d&#233;buts de l'&#233;poque industrielle, Homo faber s'est &#233;rig&#233; en force g&#233;ologique centrale et toute-puissante. Cette &#233;poque a commenc&#233;, il y a deux cents ans, avec les d&#233;buts de la r&#233;volution industrielle. Aujourd'hui, tous les cycles de la biosph&#232;re sont modifi&#233;s par les activit&#233;s humaines - cycle du carbone, de l'eau, du phosphore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les glaciologues mesurent au fond des glaces polaires un surdosage de gaz &#224; effet de serre apparu depuis les d&#233;buts de l'industrialisation, d'une ampleur in&#233;dite par rapport aux 800 000 ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Les conditions climatiques actuelles, boulevers&#233;es, ne sont plus seulement naturelles. Jamais les &#233;l&#233;ments n'ont connu de transformation si rapide. L'&#233;nergie tir&#233;e du charbon, du p&#233;trole et de l'uranium a conf&#233;r&#233; &#224; Homo faber une capacit&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e d'exploitation et de destruction de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le largage de deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki a marqu&#233; le paroxysme de cette &#232;re de l'anthropoc&#232;ne. L'&#233;nergie &#233;lectronucl&#233;aire trouve son p&#233;ch&#233; originel dans l'explosion de la bombe atomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uranium et plutonium sont aujourd'hui associ&#233;s dans le combustible Mox, qui fait la fiert&#233; de l'industrie nucl&#233;aire fran&#231;aise. &#034;Ecologiques&#034;, car issues du recyclage d'une partie des d&#233;chets hautement radioactifs, &#034;confin&#233;es&#034; dans des f&#251;ts et des piscines aujourd'hui &#233;ventr&#233;es &#224; Fukushima, ces mati&#232;res - les plus dangereuses de la plan&#232;te - alimentent des interrupteurs, des radiateurs, des r&#233;frig&#233;rateurs, des trains &#224; grande vitesse et des usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation et l'&#233;tourdissement de masse &#233;tant devenus un &#233;tat de nature au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XXe si&#232;cle, les fournisseurs d'&#233;lectricit&#233; nucl&#233;aire ont rev&#234;tu les paillettes d'une &#034;movida&#034; mondiale pr&#233;sent&#233;e comme force d'&#233;mancipation. La r&#233;cente publicit&#233; -d'Areva ne montre-t-elle pas une centrale nucl&#233;aire &#224; proximit&#233; d'une plage imaginaire, semblable &#224; Copacabana ou &#224; Sendai avant le tsunami, o&#249; bat son plein une f&#234;te au son d'une techno lobotomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anthropoc&#232;ne, c'est aussi cela : une &#232;re d'exub&#233;rance qui abolit l'angoisse, o&#249; l'automobile et l'&#233;cran plat sont devenus des droits humains fondamentaux. Une &#232;re d'addiction, o&#249; la production de moyens est devenue la fin de l'existence. Une &#232;re d'acc&#233;l&#233;ration, o&#249; la croissance, qui repose sur le cycle sans fin de la production et de la consommation, doit produire toujours plus d'objets inutiles pour ceux qui en ont d&#233;j&#224; trop. C'est la logique m&#234;me du productivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volume des objets &#233;lectro-industriels exc&#232;de la capacit&#233; de compr&#233;hension de notre imagination et de nos sentiments, &#233;crit le philosophe G&#252;nther Anders. Que le Japon, archipel vuln&#233;rable, d&#233;j&#224; frapp&#233; par deux bombes atomiques, ait pu consentir &#224; &#233;riger cinquante-quatre r&#233;acteurs nucl&#233;aires sur une faille sismique illustre sans doute le d&#233;sarmement de l'entendement humain face &#224; ses cr&#233;ations sid&#233;rantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au jour o&#249;... le sommeil de la conscience engendre des monstres. Les bombes &#224; retardement - nucl&#233;aires, climatiques, chimiques - commencent &#224; exploser. Nous y sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux vestiges des villes d&#233;truites, face &#224; la texture du futur, qui n'est plus la m&#234;me, l'effroi n'en finit pas. La r&#233;paration des d&#233;g&#226;ts immenses s'annonce lourde et longue, si tant est qu'elle soit possible. Mais la panne et l'explosion de l'enceinte de confinement des r&#233;acteurs atomiques rel&#232;vent de l'irr&#233;parable et de l'irr&#233;versible. Des zones enti&#232;res vont &#234;tre interdites &#224; jamais, comme dans le Stalker, de Tarkovski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire est d'un autre ordre temporel que la force tellurique des plaques tectoniques ou que le feu des volcans. Le d&#233;cha&#238;nement des &#233;l&#233;ments a r&#233;v&#233;l&#233; la d&#233;mesure autant que la fragilit&#233; des machines thermo-industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233;, actrice et victime de cette d&#233;mesure, a cr&#233;&#233; les conditions de sa vuln&#233;rabilit&#233; en devenant un moteur de transformation g&#233;ologique plus dangereux que les forces de la Terre. Aujourd'hui, l'explosion de la centrale de Fukushima nous dit que nous avons rendez-vous avec la sortie fracassante de l'anthropoc&#232;ne. Cette catastrophe nous intime de d&#233;ployer une forme d'&#233;veil non tributaire du rythme des machines de la thermo-industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin des temps qui se d&#233;roule dans le nord-est du Japon sollicite un sursaut, une prise de conscience de l'inanit&#233; des formes de la croissance actuelle, fond&#233;es sur une soif terrifiante d'&#233;nergie, pour le plus grand profit momentan&#233; de quelques firmes plan&#233;taires. Les soci&#233;t&#233;s doivent se ressaisir afin d'inventer des syst&#232;mes &#224; taille humaine, r&#233;silients et coop&#233;ratifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/18/fukushima-ou-la-fin-de-l-anthropocene_1495211_3232.html" class="spip_out"&gt;Fukushima ou la fin de l'anthropoc&#232;ne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Agn&#232;s Sina&#239;, journaliste environnementale, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; Sciences Po Paris, cofondatrice de l'Institut Momentum&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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