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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Pour une d&#233;concentration des activit&#233;s</title>
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		<dc:date>2018-02-16T23:43:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon CHARBONNEAU</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; la centralisation des activit&#233;s &#233;conomiques dans la r&#233;gion parisienne - &#224; l'image de celle de l'administration - &#233;tait oppos&#233;e au &#171; d&#233;sert fran&#231;ais &#187;. Le c&#233;l&#232;bre ouvrage de J.-F. Gravier critiquait alors le d&#233;s&#233;quilibre du territoire fran&#231;ais, caract&#233;ris&#233; par une capitale qui aspirait litt&#233;ralement toute la substance d&#233;mographique et &#233;conomique de la France d'avant-guerre qui restait encore un pays essentiellement agricole. L'exode rural, entam&#233; avant 1914 et acc&#233;l&#233;r&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; la centralisation des activit&#233;s &#233;conomiques dans la r&#233;gion parisienne - &#224; l'image de celle de l'administration - &#233;tait oppos&#233;e au &#171; d&#233;sert fran&#231;ais &#187;. Le c&#233;l&#232;bre ouvrage de J.-F. Gravier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Fran&#231;ois Gravier : Paris et le d&#233;sert fran&#231;ais, Le Portulan, 1947, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; critiquait alors le d&#233;s&#233;quilibre du territoire fran&#231;ais, caract&#233;ris&#233; par une capitale qui aspirait litt&#233;ralement toute la substance d&#233;mographique et &#233;conomique de la France d'avant-guerre qui restait encore un pays essentiellement agricole. L'exode rural, entam&#233; avant 1914 et acc&#233;l&#233;r&#233; suite &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale dans la grande majorit&#233; des r&#233;gions, contribuait &#224; favoriser une &#233;migration vers la r&#233;gion parisienne, comme cela se passe aujourd'hui &#224; l'&#233;chelle mondiale du Sud rest&#233; agricole vers le Nord industriel. Au regard de la situation actuelle, de nombreuses r&#233;gions rurales comme la Creuse ou la Loz&#232;re aujourd'hui r&#233;ellement d&#233;sertifi&#233;es, le constat fait par le g&#233;ographe ignorait tout de m&#234;me qu'&#224; l'&#233;poque, les campagnes &#233;taient encore vivantes, quoiqu'en voie de d&#233;vitalisation. Des petites industries exploitant les ressources locales, de multiples activit&#233;s artisanales et commerciales employant beaucoup de main-d'&#339;uvre locale continuaient &#224; exister dans des villages et bourgades aujourd'hui compl&#232;tement mortes, sauf durant la p&#233;riode estivale avec le tourisme. Le secteur primaire, repr&#233;sent&#233; par la polyculture &#233;levage, constituait alors la colonne vert&#233;brale de la soci&#233;t&#233; rurale. Il y avait aussi de multiples services, tant publics que priv&#233;s, qui contribuaient &#224; faire vivre ces pays d&#233;laiss&#233;s par les grands centres urbains et vou&#233;s progressivement &#224; une mort lente, &#233;touff&#233;s par la logique implacable de la concentration, corollaire de la croissance &#233;conomique. Sans compter &#233;galement un patrimoine &#233;cologique peu d&#233;grad&#233; dans la mesure o&#249; l'agriculture &#233;tait rest&#233;e traditionnelle et que l'impact polluant de l'industrie restait limit&#233; &#224; certaines r&#233;gions et aux banlieues des grandes villes. Le tableau de la France de la troisi&#232;me R&#233;publique, dress&#233; par Jean Fran&#231;ois Gravier, d&#233;lib&#233;r&#233;ment sombre pour justifier les choix de l'apr&#232;s-guerre, illustre en tous les cas parfaitement l'id&#233;ologie de la croissance &#233;conomique qui a &#233;t&#233; celle des trente glorieuses ch&#232;res &#224; Fourasti&#233; et continue &#224; s&#233;vin II fallait imp&#233;rativement &#224; l'&#233;poque liquider la soci&#233;t&#233; rurale et l'agriculture paysanne au nom du progr&#232;s, une chanson qui depuis est devenue une rengaine ! Mais, reconnaissons-le avec regret, il aurait sans doute &#233;t&#233; alors plus facile qu'aujourd'hui de choisir la voie de la d&#233;croissance ! Au lieu de cela, une autre voie a &#233;t&#233; choisie qui est celle de la puissance &#233;conomique et technologique, corollaire du nationalisme de l'&#233;poque. Dans les ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre, l'am&#233;nagement du territoire par la planification a &#233;t&#233; choisi comme un instrument privil&#233;gi&#233; pour parvenir &#224; cet objectif. Il s'agissait alors dans un premier temps de reconstruire sur les ruines de la guerre, mais aussi de moderniser en proc&#233;dant &#224; une r&#233;partition rationnelle des richesses &#224; cr&#233;er sur tout le territoire, de mani&#232;re &#224; d&#233;centraliser les activit&#233;s trop exclusivement concentr&#233;es dans la r&#233;gion parisienne ; comme l'avait constat&#233; Jean-Fran&#231;ois Gravier. C'est ainsi que, dans les ann&#233;es 1960, la Datar a pu jouer un r&#244;le essentiel pour remplir cet objectif en raison de ses fonctions interminist&#233;rielles et transdisciplinaires. Il s'agissait de cr&#233;er au plan r&#233;gional des grands p&#244;les de d&#233;veloppement &#233;conomique susceptibles d'entra&#238;ner une dynamique sur l'ensemble du territoire concern&#233;. Les fameuses &#171; m&#233;tropoles d'&#233;quilibre &#187; &#233;taient charg&#233;es de remplir cet objectif. De cette &#233;poque planificatrice, il nous reste les contrats de plan Etat/R&#233;gion, sans que pour autant les processus structurels de d&#233;sertification de parties importantes du territoire national soient remis en question. Comme si l'ambition planificatrice initiale s'&#233;tait heurt&#233;e &#224; la logique autonome du d&#233;veloppement &#233;conomique et technique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Ellul : Le syst&#232;me technicien. Calmann-L&#233;vy, 1977, p. 137, et La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui &#233;chappe visiblement au volontarisme politique. Au lieu d'aboutir &#224; une irrigation &#233;conomique de l'ensemble du territoire national comme le voulaient les projets de la Datar, en pratique le processus en cours de concentration/d&#233;sertification n'a fait que s'accentuer. La r&#233;gion parisienne a continu&#233; &#224; aspirer la substance humaine de la nation, &#224; concentrer l'essentiel des activit&#233;s &#233;conomiques et &#224; voir converger vers elle le nouveau r&#233;seau autoroutier &#224; l'image de celui des chemins de fer du XIXe si&#232;cle, tandis que les capitales r&#233;gionales s'&#233;vertuaient &#224; suivre la m&#234;me voie. Dans le Sud-ouest, Bordeaux et Toulouse devenaient des m&#233;tropoles monopolisant l'essentiel de l'activit&#233; &#233;conomique r&#233;gionale, alors que s'instaurait entre elles une concurrence jug&#233;e stimulante. En d&#233;finitive, la planification, tant vant&#233;e pour redresser les d&#233;s&#233;quilibres, n'a contrecarr&#233;, en aucune mani&#232;re, les grandes tendances centralisatrices, bien au contraire. Tout au plus, les a-t-elle accompagn&#233;es. De ce point de vue, l'&#233;chec des politiques publiques d'am&#233;nagement du territoire est patent en raison du choix id&#233;ologique fait en faveur de la croissance qui toujours tend &#224; concentrer &#171; la richesse &#187; l&#224; o&#249; elle existe d&#233;j&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, les politiques lib&#233;rales ne font, bien s&#251;r, qu'aggraver le processus historique de concentration dans tous les domaines, dans la mesure o&#249; elles introduisent des logiques de concurrence qui enclenchent des ph&#233;nom&#232;nes de vases communicants. La r&#233;gion parisienne est toujours plus congestionn&#233;e d'&#233;quipements divers et d'infrastructures de transport quadrillant les derniers espaces naturels transform&#233;s en peau de chagrin. Elle a vu se multiplier les zones d'activit&#233; qui ont enlaidi les lambeaux de paysages ruraux subsistants, tandis que l'&#233;talement urbain consacr&#233; &#224; l'habitat faisait t&#226;che d'huile dans toutes les directions. Si bien qu'aujourd'hui, il est question de donner &#224; Paris un nouveau statut juridique qui serait celui de m&#233;tropole. Ce mod&#232;le est alors emprunt&#233; &#224; son tour par les capitales r&#233;gionales transform&#233;es effectivement en &#171; p&#244;les de d&#233;veloppement &#187; vers lesquels convergent toutes les grandes infrastructures de transport comme les autoroutes et les lignes ferroviaires &#224; grande vitesse. La &#171; richesse &#187; de ces p&#244;les peut alors se mesurer la nuit par observation satellite &#224; l'intensit&#233; de leur luminosit&#233; r&#233;v&#233;latrice d'une forte d&#233;pense &#233;nerg&#233;tique. Ceci explique pourquoi la fameuse &#171; banane bleue &#187; caract&#233;risant le croissant s'&#233;tendant d'Amsterdam &#224; Milan a toujours fait r&#234;ver les am&#233;nageurs qu'ils soient &#233;lus ou technocrates. Et ce r&#234;ve s'est malheureusement &#233;tendu &#224; une &#233;chelle plus modeste chez la plupart des &#233;lus des derniers villages perdus au fin fond de la Dordogne !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette concentration affecte aussi aujourd'hui les services qui ont tendance &#224; &#234;tre regroup&#233;s dans les fameux p&#244;les r&#233;gionaux, toujours au nom d'une rationalit&#233; &#233;conomique suppos&#233;e, sans d'ailleurs qu'il soit proc&#233;d&#233; &#224; une analyse des multiples co&#251;ts induits, tant sociaux qu'&#233;cologiques. Toutes les r&#233;formes en cours concernant actuellement la justice, la sant&#233; et les universit&#233;s tendent &#224; aggraver la tendance naturelle &#224; la concentration dans les capitales r&#233;gionales. C'est ainsi que des tribunaux existant depuis longtemps dans les villes moyennes sont supprim&#233;s, des h&#244;pitaux, des centres universitaires comme des bureaux de postes sont ferm&#233;s. Les nouvelles technologies de communication jouent bien s&#251;r leur r&#244;le dans ce ph&#233;nom&#232;ne, mais les d&#233;cisions administratives qui orientent vers plus de concentration. Elles ont permis l'adoption de la strat&#233;gie des &lt;i&gt;hubs&lt;/i&gt;, qui vise &#224; centraliser g&#233;ographiquement tous les &#233;quipements techniques de la grande majorit&#233; des services postaux, de la SNCF, d'EDF et autres entreprises priv&#233;es ou publiques. Certains de ces centres techniques sont m&#234;me aujourd'hui d&#233;localis&#233;s &#224; l'&#233;tranger pour des motifs de co&#251;ts de la main-d'&#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces mesures n'est pas sans cons&#233;quences socio-&#233;conomiques, non seulement pour les centres urbains o&#249; sont regroup&#233;s les services en question, mais &#233;galement pour les petites villes d&#233;laiss&#233;es. La concentration des services dans les capitales r&#233;gionales ne peut bien s&#251;r qu'engendrer des ph&#233;nom&#232;nes de congestion qui toujours ont un co&#251;t &#233;conomique, la plupart du temps occult&#233;. &#192; son tour, cette concentration entra&#238;ne un &#233;talement urbain provoqu&#233; par la multiplication des zones d'habitation p&#233;riph&#233;riques aux secteurs d'activit&#233;. Par ailleurs, les relations avec les usagers s'en trouvent forc&#233;ment affect&#233;es &#224; cause des distances induites et de la complexit&#233; technique de cette nouvelle organisation caract&#233;ris&#233;e par une forte opacit&#233;. Plus que jamais, la complexit&#233; croissante de l'univers technique &#233;chappe au citoyen moyen qui n'arrive plus &#224; s'y rep&#233;rer (&#171; tapez 1, tapez 2 ! &#187;), et ne fait bien entendu que renforcer le pouvoir des ing&#233;nieurs et des techniciens sur la vie des gens. Il y a &#233;galement les co&#251;ts &#233;cologiques induits, qui sont ignor&#233;s. Cette politique de concentration des activit&#233;s et des &#233;quipements qui en d&#233;coulent dans les grands centres urbains n'a jamais int&#233;gr&#233; le bilan carbone et la d&#233;pense concomitante d'&#233;nergie fossile d&#233;coulant de la multiplication des transports entre la p&#233;riph&#233;rie et le centre. Pour acc&#233;der aux services concentr&#233;s dans les grands centres urbains, les habitants sont oblig&#233;s de se d&#233;placer, m&#234;me en tenant compte du recours &#224; Internet qui ne peut pr&#233;tendre tout r&#233;gler. Pour se faire soigner ou participer &#224; un proc&#232;s, la voie num&#233;rique n'est pas possible, seules les voies routi&#232;res ou ferroviaires peuvent l'&#234;tre ! Sans compter les cons&#233;quences &#233;conomiques catastrophiques pour les m&#233;nages d&#233;coulant de d&#233;placements obligatoires en cas d'explosion des prix du p&#233;trole. Qui dit concentration, dit mobilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat final de cette politique ne peut qu'aggraver le d&#233;s&#233;quilibre d&#233;j&#224; existant en mati&#232;re d'am&#233;nagement du territoire. Les r&#233;gions excentr&#233;es comme celle du Massif Central ne peuvent que continuer &#224; se vider de leurs populations et &#224; en &#233;carter les franges les plus capables de les faire vivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces ph&#233;nom&#232;nes se retrouvent &#233;galement dans le domaine agricole o&#249;, depuis cinquante ans, le choix de l'agriculture industrielle aboutit aux m&#234;mes d&#233;s&#233;quilibres. D'un c&#244;t&#233;, les r&#233;gions les plus riches sur le plan agronomique ont vu s'&#233;tendre les cultures les plus rentables, notamment c&#233;r&#233;ali&#232;res, de l'autre, des r&#233;gions affect&#233;es par une &#233;norme d&#233;prise agricole avec une extension de terres en friches ou rebois&#233;es et un d&#233;peuplement. De plus, l&#224; o&#249; l'agriculture subsiste, on assiste depuis longtemps &#224; une concentration des terres au profit de quelques exploitants engag&#233;s dans une course sans issue &#224; la comp&#233;titivit&#233;. En abandonnant leurs terres, les agriculteurs les plus &#226;g&#233;s contribuent alors un peu plus &#224; la d&#233;vitalisation du monde rural, dans la mesure o&#249; l'agriculture subsistante n'emploie que peu de main-d'&#339;uvre parce que tr&#232;s m&#233;canis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre facteur de concentration, la multiplication des grandes infrastructures de transport justifi&#233;e par le fameux &#171; d&#233;senclavement &#187; tant vant&#233; par les am&#233;nageurs. Il y a eu tout d'abord celle des autoroutes toujours cens&#233;es induire un d&#233;veloppement &#233;conomique dans les pays travers&#233;s. Il s'agit l&#224; pourtant d'une id&#233;e re&#231;ue r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; sati&#233;t&#233; par nos &#233;lus, mais toujours d&#233;mentie par l'exp&#233;rience, qui d&#233;montre au contraire que ce type d'infrastructure a tendance &#224; ass&#233;cher le tissu &#233;conomique restant des r&#233;gions travers&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marc Offner : &#171; Les effets structurants du transport : mythe politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'autoroute A89 traversant le Massif Central n'a jamais fait rena&#238;tre la vie dans cet espace d&#233;sertifi&#233;. Certes, l'autoroute contribue au d&#233;veloppement des grands centres urbains r&#233;gionaux, mais il contribue au contraire &#224; ass&#233;cher un peu plus les espaces ruraux et les petites villes rest&#233;es &#224; l'&#233;cart, contrairement au r&#233;seau de routes secondaires h&#233;rit&#233; de la Troisi&#232;me R&#233;publique. Et aujourd'hui, le programme des 2 000 Kms de lignes &#224; grande vitesse ne pourra qu'aggraver encore le d&#233;s&#233;quilibre en faveur des grandes agglom&#233;rations dans la mesure o&#249;, sur ces lignes, les TGV passent &#224; l'&#233;cart des petites gares qui ne sont plus desservies que par des TER. Des &#171; gares betteraves &#187; sont de temps &#224; autre cr&#233;&#233;es sur ces nouvelles voies qui jouent un r&#244;le d'alibi destin&#233;es &#224; calmer le d&#233;put&#233;-maire d'une ville moyenne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cas de la future gare d'Agen situ&#233;e sur la rive gauche de la Garonne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avant 1914 au contraire, tout le territoire national &#233;tait irrigu&#233; par un r&#233;seau ferroviaire qui desservait souvent le moindre village&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II faut voir le cas exemplaire du r&#233;seau des chemins de fer du Midi d'avant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aujourd'hui, l'abandon par la SNCF de la pratique du transport de marchandises par wagon isol&#233; et les projets de fret ferroviaire &#224; grande vitesse s'inscrivent dans une logique d'am&#233;nagement centr&#233;e sur quelques grandes infrastructures de transport desservant des capitales europ&#233;ennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233; paradoxale aujourd'hui est que ces grandes infrastructures de transport rapide contribuent justement &#224; enclaver des territoires ruraux entiers qui se sentent encore plus isol&#233;s qu'auparavant. Autrement dit, la technologie des grandes infrastructures de transport destin&#233;es &#224; aller plus vite d'un point &#224; un autre est avant tout destin&#233;e &#224; am&#233;liorer la desserte des grands centres urbains au d&#233;triment de la p&#233;riph&#233;rie. Les populations habitant dans des bourgades rurales et des villes moyennes peuvent dor&#233;navant utiliser ces infrastructures permettant des transports rapides pour aller travailler dans les grands centres urbains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, il faut souligner un paradoxe rarement analys&#233; par les juristes et les sociologues abordant la question de la d&#233;centralisation institutionnelle. Le processus structurel de concentration spatiale du pouvoir &#233;conomique et technique a compl&#232;tement sap&#233; les fondements de la d&#233;centralisation politique de nos institutions. Alors que la r&#233;forme d&#233;centralisatrice des ann&#233;es 1980 visait &#224; accorder de nouvelles comp&#233;tences aux collectivit&#233;s territoriales &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles, la logique de la croissance poussait au contraire les politiques publiques &#224; reconcentrer les pouvoirs en faveur de quelques p&#244;les r&#233;gionaux jug&#233;s plus comp&#233;titifs. En effet, les &#233;quipements engendr&#233;s par cette concentration entra&#238;nent toujours des investissements sans commune mesure avec les moyens financiers et techniques dont disposent les petites collectivit&#233;s territoriales. C'est ainsi qu'au nom de l'efficacit&#233; de l'action publique, la loi Chev&#232;nement de 1999 - suivie d'autres textes - a acc&#233;l&#233;r&#233; les regroupements de communes indispensables &#224; leurs projets d'am&#233;nagement. &#192; travers l'institution des communaut&#233;s urbaines, d'agglom&#233;ration et des communaut&#233;s de communes, est en train de dispara&#238;tre l'autonomie communale. Les petites communes sont absorb&#233;es dans des structures supra communales disposant des comp&#233;tences essentielles aux politiques publiques locales d'am&#233;nagement. Dans les ann&#233;es 1960, les communaut&#233;s urbaines avaient inaugur&#233; cette tendance, qui depuis s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, particuli&#232;rement en mati&#232;re d'am&#233;nagement urbain o&#249; il existe dor&#233;navant des plans d'urbanisme intercommunaux (SCOT). Et il est vrai que toutes ces r&#233;formes alimentent un peu plus les d&#233;s&#233;quilibres territoriaux en &#233;loignant les centres de d&#233;cisions du citoyen. La densit&#233; des &#233;crans bureaucratiques tend &#224; rendre l'exercice quotidien de la d&#233;mocratie de plus en plus difficile. Tout cela se met en place sans aucune r&#233;flexion, d'autant plus que les solutions propos&#233;es peuvent souvent appara&#238;tre comme indispensable &#224; une meilleure gestion des affaires publiques. Quoi qu'il en soit, le ph&#233;nom&#232;ne historique de concentration technico-&#233;conomique ne peut que r&#233;duire &#224; n&#233;ant toutes les tentatives politiques de d&#233;centralisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Charbonneau a publi&#233; en 1991 aux &#233;ditions Sang de la Terre un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue d'une politique de d&#233;croissance choisie, il para&#238;t donc indispensable d'emprunter une voie oppos&#233;e &#224; celle qui s'est impos&#233;e &#224; nous. En mati&#232;re d'am&#233;nagement du territoire, il y a donc d'abord &#224; mener toute une r&#233;flexion &#233;quivalente &#224; celle des &#171; villes en transition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entropia n&#176; 7 sur le th&#232;me de l'effondrement.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il s'agit en quelque sorte de s'attaquer d'abord aux id&#233;es re&#231;ues qui sont celles de la majorit&#233; de nos &#233;lus et technocrates, en particulier &#224; celle des fameuses &#171; &#233;conomies d'&#233;chelle &#187; qui justifient les mesures de concentration des activit&#233;s &#233;conomiques et des services, en ignorant toujours les multiples co&#251;ts cach&#233;s les accompagnant. On sous-estimera toujours la puissance des croyances dominantes dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e, comme cause essentielle des drames qui s'y jouent. Bien s&#251;r, le poids des d&#233;terminismes justifi&#233;s par ces croyances constitue un obstacle principal &#224; surmonter. Car les int&#233;r&#234;ts en jeu sont tou-jours anim&#233;s par une logique conservatrice de reproduction du syst&#232;me qu'il est in&#233;vitable d'affronter. Relocaliser l'&#233;conomie aujourd'hui - le slogan du mouvement &#233;cologiste - repr&#233;sente un &#233;norme d&#233;fi dans une soci&#233;t&#233; qui a employ&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent toute son &#233;nergie &#224; emprunter une voie oppos&#233;e. Ici et l&#224; se manifestent des contre-courants qui t&#233;moignent d'une prise de conscience tardive de l'impasse dans laquelle nos soci&#233;t&#233;s se sont engag&#233;es depuis plus de cinquante ans. Il faut esp&#233;rer alors que les menaces multiformes qui s'accumulent maintenant sur nos t&#234;tes acc&#233;l&#233;reront cette prise de conscience sous peine de vivre l'exp&#233;rience d&#233;sastreuse d'une d&#233;croissance tribale dont quelques films r&#233;cents nous donnent un avant-go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Charbonneau est sp&#233;cialiste du droit de l'environnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Fran&#231;ois Gravier : &lt;i&gt;Paris et le d&#233;sert fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Le Portulan, 1947, pr&#233;fac&#233; par Raoul Dautry, ancien ministre de la reconstruction. La lecture de cet ouvrage a 60 ans d'&#233;cart est riche d'enseignements, dans la mesure o&#249; il illustre parfaitement toute la politique d'am&#233;nagement du territoire des ann&#233;es d'apr&#232;s guerre domin&#233;es par l'obsession de la croissance &#233;conomique comme source de restauration de la puissance nationale, gaullisme et communisme ayant &#339;uvr&#233; en commun dans cette voie. Cet ouvrage met en musique tout le programme du CNR (Conseil National de la R&#233;sistance) fond&#233; sur la planification de l'&#233;conomie comme instrument volontariste de la croissance &#233;conomique. Il faut lire ce livre pour comprendre l'h&#233;ritage &#224; la fois politique et &#233;conomique qui continue &#224; occuper la t&#234;te de nos &#233;lites pass&#233;es en quelques ann&#233;es de la planification au tout march&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Ellul : &lt;i&gt;Le syst&#232;me technicien.&lt;/i&gt; Calmann-L&#233;vy, 1977, p. 137, et La technique ou l'enjeu du si&#232;cle, Economica, 1990, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marc Offner : &lt;i&gt;&#171; Les effets structurants du transport : mythe politique et mystification scientifique &#187;&lt;/i&gt;. Ecole Nationale des Ponts et Chauss&#233;es. Revue de &#171; L'espace g&#233;ographique &#187;, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cas de la future gare d'Agen situ&#233;e sur la rive gauche de la Garonne pr&#233;vue pour la ligne nouvelle Bordeaux/Toulouse est exemplaire &#224; cet &#233;gard !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;II faut voir le cas exemplaire du r&#233;seau des chemins de fer du Midi d'avant 1914 !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Charbonneau a publi&#233; en 1991 aux &#233;ditions Sang de la Terre un ouvrage malencontreusement intitul&#233; par l'&#233;diteur &lt;i&gt;Sauver nos r&#233;gions&lt;/i&gt; &#224; la place du titre &lt;i&gt;De la plan&#232;te au canton : &#233;cologie et soci&#233;t&#233;s locales&lt;/i&gt;, qui traite de ce ph&#233;nom&#232;ne avec une grande clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entropia n&#176; 7 sur le th&#232;me de l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;croissance &#224; l'&#226;ge de la r&#233;volution urbaine : &#233;cologie politique et hyperpolis</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article148</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article148</guid>
		<dc:date>2018-02-16T13:30:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiziana Villani</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes pos&#233;s par le r&#233;cent d&#233;bat sur la d&#233;croissance, ou plut&#244;t sur l'identification des limites irr&#233;vocables auxquelles est parvenu le mod&#232;le &#233;conomique dominant, sont bien plus qu'un signal d'alarme. Il s'agit plut&#244;t de la conscience croissante de la tendance destructrice au gaspillage des ressources essentielles de l'&#233;cosyst&#232;me terrestre, qui trouve dans l'explosion de l'urbain son horizon le plus caract&#233;ris&#233;. Au temps de l'h&#233;g&#233;monie urbaine, de la densification des espaces, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les probl&#232;mes pos&#233;s par le r&#233;cent d&#233;bat sur la d&#233;croissance, ou plut&#244;t sur l'identification des limites irr&#233;vocables auxquelles est parvenu le mod&#232;le &#233;conomique dominant, sont bien plus qu'un signal d'alarme. Il s'agit plut&#244;t de la conscience croissante de la tendance destructrice au gaspillage des ressources essentielles de l'&#233;cosyst&#232;me terrestre, qui trouve dans l'explosion de l'urbain son horizon le plus caract&#233;ris&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au temps de l'h&#233;g&#233;monie urbaine, de la densification des espaces, nous assistons, en r&#233;alit&#233;, &#224; un divorce radical entre dimension mat&#233;rielle et dimension virtuelle. Pour cette raison, l'analyse des configurations urbaines concr&#232;tes doit se distinguer de l'hyperpolis virtuelle qui est du ressort de la concentration des fonctions financi&#232;res, strat&#233;giques, politiques et communicationnelles de notre mill&#233;naire. Toutefois, loin d'&#234;tre incoh&#233;rente par rapport aux technologies de la transformation en cours, cette distinction en est l'aspect pertinent, ou plut&#244;t l'explication des fractures, des &#233;rosions et des tautologies du pr&#233;sent.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise en cours ne concerne pas uniquement la transformation du travail et de la production, au-del&#224; m&#234;me des mouvements de transaction financi&#232;re des capitaux. Cette crise est &#233;minemment une crise &#233;cologique, comme l'a d&#233;montr&#233;, en 2008, l'accentuation de la demande &#233;nerg&#233;tique qui a amen&#233; le prix du baril &#224; d&#233;passer les 140 dollars au mois de juillet. Les r&#233;ponses sociales aux moments imposants de d&#233;structuration du mod&#232;le &#233;conomique h&#233;g&#233;monique ont &#233;t&#233; d'ailleurs tr&#232;s fragiles, en raison de la dissolution des liens sociaux et de la pr&#233;carisation des conditions de vie. Le probl&#232;me urgent ayant &#233;merg&#233; concerne justement l'ineffabilit&#233; du mod&#232;le de croissance jusque-l&#224; recherch&#233;, dont les limites et les catastrophes ne sont plus &#233;lud&#233;es par un syst&#232;me de communication visant &#224; contenir un mouvement d'une telle port&#233;e par des &#171; campagnes de peur et de d&#233;sinformation &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'inad&#233;quation de chaque lecture n&#233;o-classique de l'&#233;conomie est telle car elle ne r&#233;ussit pas &#224; comprendre comment : &#171; Aujourd'hui, dans le paradigme flexible n&#233;o-fordiste, l'exclusion et la mise &#224; l'&#233;cart sociale se caract&#233;risent comme &#233;l&#233;ment ext&#233;rieur de &#034;flexibilisation&#034; et de pression indirecte sur le noyau toujours plus restreint de travailleurs prot&#233;g&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Fumagalli, Lavoro. Vecchio e nuovo sfruttamento, Milano, Punto (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Au regard de ces premi&#232;res consid&#233;rations, il appara&#238;t clairement de quelle fa&#231;on les mod&#232;les de d&#233;croissance devront s'approprier toutes les analyses sur la reformulation de l'Etat-providence et sur le revenu de citoyennet&#233;. Ceci afin de fournir de nouvelles bases pour une reformulation des citoyennet&#233;s et de leurs pactes constitu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
En se r&#233;f&#233;rant au &#171; biocapitalisme &#187; d'aujourd'hui et en rappelant surtout les analyses d'Andr&#233; Gorz sur l'&#233;cologie politique, U. Fadini pose la question de l'actuelle domination sur le vivant, en soulignant comment : &#171; Il y a en d&#233;finitive un parcours critique du capitalisme qui conduit &#224; l'&#233;cologie politique, &#224; une sorte de th&#233;orie critique des besoins humains, qui permet d'approfondir et rendre encore plus incisive la critique m&#234;me ; et dans ce sens aussi, on saisit l'importance d'une exigence &#233;thique d'&#233;mancipation du sujet qui renvoie &#224; une imprescriptible critique th&#233;orique et pratique du capitalisme, dont l'&#233;cologie politique repr&#233;sente la composante d&#233;cisive, celle plus directement assimilable &#224; un &#034;protagonisme&#034; de la dimension de la vie, caract&#233;ristique de l'&#226;ge post-fordiste, capable de contenir en son sein le m&#234;me extraordinaire dynamisme technologique (surtout pour les technologies de l'information et de la communication)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;U. Fadini, Corpo vivo, conoscenza e autonomia. Letture per far si che la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque r&#233;flexion sur la d&#233;croissance doit ainsi partir de la critique des besoins humains oppos&#233;e au &#171; biopouvoir &#187; d'un capitalisme nihiliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault, in Les territoires des philosophes, Paris, La D&#233;couverte, 2009.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble des m&#233;canismes de ce que Gorz appelait &#171; la m&#233;ga-machine sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Gorz, Ecologica, Paris, Galil&#233;e, 2008.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; propose un d&#233;veloppement de l'apparence chaotique et riche des d&#233;chirures de ce qui permet toutefois, avec une lecture plus d&#233;taill&#233;e, de recueillir certaines v&#233;rit&#233;s utiles pour comprendre les choix qui s'accomplissent, et qui, du premier coup, touchent un aspect fondamental de la soci&#233;t&#233; actuelle. Les grandes migrations de masse avec la transformation cons&#233;cutive du travail, de l'habitat et de la construction des relations ont modifi&#233; l'id&#233;e m&#234;me de la ville, de ses fins et de ses modes d'emploi. Le temps de l'ancrage semble s'&#234;tre &#233;coul&#233; de la m&#234;me fa&#231;on que le temps du nomadisme. Il suffit pour cela de penser &#224; deux probl&#232;mes qui m&#233;riteraient que l'on s'y arr&#234;te en d&#233;tail : la pers&#233;cution des derni&#232;res populations nomades et le rejet des sans papiers, des clandestins, tout comme d&#233;sormais, des r&#233;fugi&#233;s politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La ville comme espace de l'hospitalit&#233; a c&#233;d&#233; la place &#224; l'hyperpolis technocratique qui s&#233;lectionne le vivant, humain ou non, en fonction de ses n&#233;cessit&#233;s d'usage changeantes.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les territoires urbains d'aujourd'hui, &#233;tal&#233;s et souvent d&#233;grad&#233;s, n'offrent qu'&#224; des minorit&#233;s compatibles, et seulement pour un temps d&#233;termin&#233;, la possibilit&#233; de d&#233;livrance. L'espace est de plus en plus livr&#233; aux combats, en raison de l'assaut constant et quotidien auquel les vies sont soumises. La privatisation des ressources essentielles comme l'eau, la pollution d'un bien aussi vital que l'air, l'exploitation des terres par les productions des multinationales agroalimentaires, avancent sur le chemin de l'expropriation de l'&#233;cosyst&#232;me dans lequel jusqu'&#224; pr&#233;sent a pu se d&#233;velopper le vivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait objecter qu'au fond, il n'y a rien de nouveau dans tout cela, que le capitalisme dans son histoire, a toujours &#233;volu&#233; avec des finalit&#233;s similaires, et pourtant, quelques nouveaut&#233;s apparaissent in&#233;luctablement tout en atteignant la vitesse et la violence id&#233;ologique-ment victorieuses avec lesquelles cette &#233;poque est en train de se d&#233;rouler.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin de l'utopie, le m&#233;pris cynique que l'on r&#233;serve m&#234;me &#224; la plus timide repr&#233;sentation du futur sont les indicateurs les plus valables pour comprendre le nihilisme triomphant qui, en annulant le pass&#233; et le futur, dilue virtuellement un pr&#233;sent sans projet et rendu muet dans le mirage de l'esth&#233;tisation de la consommation comme unique religion, cette derni&#232;re &#233;tant en mesure de consoler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vieux d&#233;bat sur la question du climat, l'&#233;chec substantiel du r&#233;cent sommet de Copenhague indiquent que les int&#233;r&#234;ts de l'hyperpolis sont d&#233;di&#233;s &#224; l'empire de ce pr&#233;sent dissolu, o&#249; toute temporalit&#233; a l'air de s'effondrer, m&#234;me face aux g&#233;nocides, &#224; la disparition des esp&#232;ces, &#224; l'aggravation irr&#233;m&#233;diable de la question environnementale. En somme, le vivant appara&#238;t comme pr&#234;t &#224; &#234;tre sacrifi&#233; &#224; la violence d'une technocratie qui entend s'auto-perp&#233;tuer comme une &#233;lite capable de s'accaparer l'existant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; tout ce qui a &#233;t&#233; dit, les m&#233;galopoles continuent de cro&#238;tre, mais nous avons bien compris la port&#233;e du processus d&#233;crit pr&#233;c&#233;demment, il appara&#238;t clairement que cela, plus qu'un choix, est en r&#233;alit&#233; la seule possibilit&#233; de fuite et de substitution encore praticable, m&#234;me si d&#233;sormais les choses changent. Ce sont vraiment les trajets de la fuite qui nous racontent la v&#233;rit&#233;. Les exodes n'ont plus de lieu d'ancrage qui ne soient pas des centres de regroupement de &#171; non-personnes &#187;, en attente d'obtenir un permis de vie. Dans les villes, les espaces d&#233;labr&#233;s, d&#233;molis, sont entour&#233;s de murailles, afin que nul ne puisse faire quoi que ce soit contre la marginalisation croissante des populations sans futur. La s&#233;curisation des quartiers tente de s&#233;parer les &#171; sains et saufs &#187; des &#171; immerg&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exp&#233;rience des camps d'extermination peut servir de clef de lecture pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces mouvements mat&#233;riels qui sont en train de transformer l'urbain &#233;tendu &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, fait face une condition modifi&#233;e du temps et de l'espace qui d&#233;finissent la ville des r&#233;seaux, supra nationale, int&#233;gr&#233;e au niveau plan&#233;taire, dont les flux et des apparats d&#233;cisionnels n'ont pas besoin de lieux sp&#233;cifiques, tant de technologies toujours plus avanc&#233;es qui sont toutefois destin&#233;es &#224; intensifier le cycle marchandises-consommation-marchandises.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela l'hyperpolis technocratique dans laquelle se consume l'&#233;cart total entre les conditions de vie mat&#233;rielles et les pouvoirs gestionnaires. Les mouvements de l'exode sont des parcours coercitifs, parce qu'ils sont le r&#233;sultat de strat&#233;gies &#233;conomico-financi&#232;res et militaires qui d&#233;placent, d&#233;localisent, territorialisent les peuples dans un p&#233;rim&#232;tre de territoires qui ont tout l'air d'une nouvelle et violente colonisation de la vie dans l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me terrestre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'analyse de S. Latouche est c&#233;l&#232;bre : il analyse l'actuelle crise &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La colonisation des existences malgr&#233; tout n'est pas lue dans toute sa brutalit&#233; gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me de communication qui diffuse obsessionnellement et de fa&#231;on monotone certains pr&#234;ches : la nostalgie identitaire, l&#224; o&#249; les identit&#233;s sont effac&#233;es sans poser trop de probl&#232;mes, le fait de rendre &#233;ternelle la vie biologiquement modifi&#233;e, tandis que des maladies end&#233;miques et la faim suppriment des millions de vies sans que personne ne s'en sente touch&#233;, le bien-&#234;tre d'une consommation opulente et pratiquement sans limites, tandis que le gaspillage alimentaire et le secteur de l'industrie agroalimentaire polluent et s'accaparent les terres et les ressources.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette schizophr&#233;nie, nous pouvons lire le sens d'une trag&#233;die dans laquelle le &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, assign&#233; au syst&#232;me des communications et des techno-bureaucraties, a perdu de sa signification, en nous plongeant davantage dans une crise de sens et donc de projet, sans pr&#233;c&#233;dent. Nous ne sommes pas en train d'assister au d&#233;clin du mod&#232;le occidental de d&#233;veloppement, mais plut&#244;t &#224; la recrudescence d'un paradigme anthropocentrique, celui-l&#224; &#233;tant bien d'un terreau occidental, ayant rejoint le point culminant d'une crise de l'auto r&#233;f&#233;rence nihiliste. Le d&#233;cor o&#249; se d&#233;clinent ces &#233;v&#233;nements est v&#233;ritablement l'urbain schizo&#239;de qui se dilate, se reconfigure, se densifie, se restructure, se d&#233;grade devant des hi&#233;rarchies directionnelles qui peuvent tr&#232;s bien n&#233;gliger cette r&#233;alit&#233;, en construisant pour lui-m&#234;me des lieux s&#233;par&#233;s et mirobolants &#224; un endroit quelconque du globe. Je consid&#232;re impossible de parler aujourd'hui d'un naturel perdu, si l'on ne r&#233;ussit pas &#224; consid&#233;rer la port&#233;e de toutes ces catastrophes qui se suivent constamment. &lt;i&gt;Le sauvage, le biologique, la lenteur contre la vitesse, le &#171; naturel &#187; contre le modifi&#233; restent, des slogans insens&#233;s si l'on ne se pose pas le probl&#232;me de la v&#233;rit&#233; des &#233;v&#233;nements en cours. On ne peut r&#233;pondre &#224; tout cela avec de petites dissimulations en soustractions, mais &#224; travers une r&#233;volution culturelle qui d&#233;place l'attention de l'anthropocentrisme funeste vers une &#233;cologie sociale qui prend en consid&#233;ration le bonheur du vivant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philosophie de la nature : le vivant, le non-vivant et le m&#233;canique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Existe-t-il encore la possibilit&#233; de retrouver le &#171; sauvage perdu &#187; ? Ou encore mieux, sommes-nous en mesure de nous procurer un abri, de la nourriture, en dehors des mod&#232;les &#233;conomiques &#224; travers lesquels nous avons d&#233;velopp&#233; l'art technique du rapport avec l'environnement ? Et que reste-t-il de l'environnement originel ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces espaces perdus constituent un mythe, la c&#233;l&#233;bration mus&#233;ifi&#233;e d'une condition imm&#233;moriale. &#192; l'instar des langues qui disparaissent, des peuples qui n'ont plus de m&#233;moire, ces espaces ne sont que de faibles t&#233;moins d'un monde arch&#233;typal, converti au tourisme, o&#249; les m&#339;urs anciennes ne dessinent que des traces de folklore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &lt;i&gt;terres d&#233;sol&#233;es&lt;/i&gt; apparaissent comme des espaces &#224; l'abandon, de la nostalgie, un caract&#232;re primordial perdu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;placement massif, induit directement ou indirectement, de millions d'exil&#233;s qui errent &#224; la recherche de lieux habitables, a pris des dimensions &#233;normes. Cet exil est sans retour. Ce que l'on abandonne n'est pas seulement son propre lieu d'origine, mais sa v&#233;rit&#233; m&#234;me, constitu&#233;e de relations, d'occupations, d'habitudes, de temporalit&#233;s, d'une langue, de mentalit&#233;s, de valeurs. Et il ne s'agit pas de choix, mais de survie, de libert&#233; men&#233;e par le besoin et par la peur. On prend la fuite tout en sachant bien que ce que l'on laisse derri&#232;re soi ne restera pas immuable, et que, par cons&#233;quent, rien ne sera plus comme avant. On fuit dans l'urbain, dans la conviction qu'il s'agit de la seule condition capable de garantir les possibilit&#233;s et les attentes du futur. Le monde perdu devient ainsi le monde sauvage dont nous avons &#233;t&#233; arrach&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le film r&#233;alis&#233; par Sean Penn &lt;i&gt;Into the wild&lt;/i&gt;, le protagoniste entreprend un long voyage de la Californie &#224; l'Alaska, m&#251; par un besoin d&#233;sesp&#233;r&#233; de retrouver le monde authentique des relations perdues. Cette recherche devient la recherche du sauvage profond, c'est-&#224;-dire de ce monde des instincts et des besoins qui ne soient pas relay&#233;s par la consommation, par les rapports pollu&#233;s de la mon&#233;tarisation des liens humains. La nature sauvage soigne la blessure de la civilisation en proposant &#224; nouveau le monde de M&#232;re Nature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vandana Shiva, Terra madr&#233;. Sopravvivere all&#244; sviluppo, Torino, UTET, 2004.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ce monde ne peut &#234;tre qu'in&#233;vitablement mortif&#232;re, l'environnement de l'homme inapte &#224; vivre seul, le monde de la peur et de la n&#233;cessit&#233; dont l'humanit&#233; n'a jamais cess&#233; de tenter de s'extraire. Alors, c'est l'arrachement le point d&#233;terminant, ou plut&#244;t ce mouvement technoanthropologique propre &#224; l'humain, qui, m&#234;me dans toutes ses contradictions, n'a jamais cess&#233; d'accentuer la &#171; puissance de vie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arrachement est ce qui distingue la r&#233;volution urbaine du troisi&#232;me mill&#233;naire. Nous sommes des cr&#233;atures du besoin, mais nous sommes aussi extraordinairement capables d'inventer de nouvelles perspectives. C'est peut-&#234;tre alors le moment d'aller plus loin, de traverser cette m&#233;tamorphose en amplifiant les possibilit&#233;s de puissance contenues en elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me semble opportun de pr&#233;ciser que le concept de puissance, et encore plus de &lt;i&gt;puissance de vie&lt;/i&gt;, doit &#234;tre ici entendu dans son acception spinozienne et non pas &#171; futuriste &#187;. Une puissance qui fait face &#224; la n&#233;cessit&#233; en posant donc le probl&#232;me de la libert&#233; : &#171; J'appelle libre, quant &#224; moi, une chose qui est et agit par la seule n&#233;cessit&#233; de sa nature ; contrainte, celle qui est d&#233;termin&#233;e par une autre &#224; exister et &#224; agir d'une certaine fa&#231;on d&#233;termin&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Spinoza, &#171; Lettre &#224; Schuller &#187;, in &#338;uvres, Paris, Garnier-Flammarion, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un monde modifi&#233; et en changement continuel, nous traversons cette m&#233;tamorphose qui concerne non seulement notre esp&#232;ce, car seul un anthropocentrisme obstin&#233; pourrait continuer &#224; d&#233;fendre cette position, mais le monde-environnement que nous sommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concentr&#233;s dans des espaces de toutes sortes d'activit&#233;s, nous retournons la concentration spatiale dans le virtuel, dans ce r&#233;seau intense et articul&#233; de communications, d'informations, de territoires virtuels, imagin&#233;s et construits, lieux d'&#233;change, de production et de relation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre sensorialit&#233;, bombard&#233;e, par un exc&#232;s de stimulations, devient sourde, indistincte, aphasique, aveugle. Le trop voir nous emp&#234;che d'observer et de d&#233;couvrir. La primaut&#233; visuelle, le langage de la vision produisent un glissement de sens : nous reconnaissons seulement ce que nous avons l'habitude de voir, tandis que l'ampleur de la vision et le jeu de la m&#233;moire, les cr&#233;ations c&#233;r&#233;brales sont appel&#233;es &#224; se pr&#233;cipiter dans des lieux obscurs que nous avons du mal &#224; exprimer. L'imaginaire devient un exercice secondaire du visuel codifi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espace se r&#233;duit, ce qui modifie d&#233;sormais irr&#233;versiblement les modes de vie, nous devenons des &lt;i&gt;exil&#233;s&lt;/i&gt;. L'habitat, comme le soutient Paul Virilio, est remis en question, premier droit de la ville et de ses institutions : &#171; La finitude de l'espace g&#233;ographique, la disparition de la grandeur du monde - affirme Virilio - avec la r&#233;volution des transports et des t&#233;l&#233;communications. L'exode urbain successif &#224; l'exode rural, la r&#233;urbanisation du monde, annonce l'apparition de &lt;i&gt;l'outre-ville, la ville de l'exil urbain&lt;/i&gt;, la fin donc de &lt;i&gt;la s&#233;dentarisation&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;du nomadisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, in catalogue de l'exposition Terre natale, Fondation Cartier, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;croissance et &#233;cologie politique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cologie politique constitue ce niveau de conflit o&#249; la n&#233;cessit&#233; et la libert&#233; doivent s'affronter, la critique du &#171; capitalisme cognitif &#187;, qui utilise la diffusion des technologies comme instrument de s&#233;paration toujours plus radicale entre les connaissances (d'usage et d'application) et les savoirs (de cr&#233;ation et de lib&#233;ration des subjectivit&#233;s impliqu&#233;es) doit &#234;tre envisag&#233;e par les proc&#233;d&#233;s et les techniques de la d&#233;croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les analyses de Gorz, qui s'inspirent certainement de la th&#233;orie marxiste, la d&#233;croissance est interpr&#233;t&#233;e de fa&#231;on structurelle et non cyclique : &#171; La d&#233;croissance de l'&#233;conomie fond&#233;e sur la valeur d'&#233;change a d&#233;j&#224; lieu et s'accentuera. La question est seulement de savoir si elle va prendre la forme d'une crise catastrophique subie ou celle d'un choix de soci&#233;t&#233; auto-organis&#233;e, fondant une &#233;conomie et une civilisation au-del&#224; du salariat et des rapports marchands dont les germes auront &#233;t&#233; sem&#233;s et les outils forg&#233;s par des exp&#233;rimentations sociales convaincantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Gorz, Ecologica, pp. 113-114.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est justement &#224; partir de ces consid&#233;rations qu'il convient de poser, au sujet de la d&#233;croissance, la question du territoire, de sa disponibilit&#233; et de son usage en s'opposant &#224; tous ces m&#233;canismes de colonisation brutale qui configurent l'actuelle explosion urbaine et la transformation des banlieues de tout ce qui ne correspond pas aux m&#233;canismes de s&#233;gr&#233;gation et de diff&#233;renciation des espaces. C'est une refonte du syst&#232;me de repr&#233;sentations, du &#171; clubisme spontan&#233; &#187; comme l'indique Thierry Paquot : &#171; &#192; d&#233;faut de se sentir membre d'une classe sociale ou d'une communaut&#233; cultuelle ou encore linguistique, &lt;i&gt;l'homo urbanus&lt;/i&gt; combine, &#224; sa guise et selon les opportunit&#233;s, les adh&#233;sions &#224; divers clubs. Il serait erron&#233; de penser que la formule &#034;club&#034; d&#233;socialise l'individu. Elle permet une sociabilit&#233; &#034;choisie&#034;, une r&#233;elle reconnaissance qualitativement autre que l'anonymat de la grande ville. La tr&#232;s grande ville, &#224; la diff&#233;rence du village, dissimule la mis&#232;re ou la banalise, cela ne signifie pas pour autant qu'une solidarit&#233; soit impossible, mais elle exige des d&#233;marches et l&#224;, les conditions d'acc&#232;s jouent bien souvent le r&#244;le d'une exclusion potentielle. Mais la grande ville poss&#232;de &#233;galement des ressorts insoup&#231;onn&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T. Paquot, Terre urbaine. Cinq d&#233;fis pour le devenir urbain de la plan&#232;te, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit ainsi de constituer des pratiques capables d'activer tout de suite, et &#224; partir des savoirs et des comp&#233;tences acquises, des hypoth&#232;ses de &#171; pactes de vie &#187; collective fond&#233;es sur le pr&#233;suppos&#233; que la &#171; d&#233;croissance &#187;, plut&#244;t que d'&#234;tre une signalisation des limites atteintes du d&#233;veloppement, c'est l'indication d'un bouleversement n&#233;cessaire et radical des styles et des modes de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques petits exemples peuvent aider &#224; comprendre comment la port&#233;e de transformation de l'&#233;cologie politique s'enracine dans la compr&#233;hension pr&#233;cise d'une fa&#231;on diff&#233;rente d'appr&#233;hender le rapport homme-environnement. Dans un int&#233;ressant maillage d'exemples d&#233;j&#224; en actes de d&#233;croissance en Italie, M. Boschini souligne : &#171; Mais il faut aussi faire r&#233;f&#233;rence aux luttes men&#233;es dans le Val di Susa par des communaut&#233;s locales pour emp&#234;cher la r&#233;alisation du TGV dont les co&#251;ts en terme d'impact environnemental et sur la qualit&#233; de vie ont &#233;t&#233; per&#231;us comme inacceptables face aux b&#233;n&#233;fices li&#233;s au d&#233;veloppement de la grande vitesse sur la ligne Lyon-Turin. L'expansion urbaine est donc toujours le centre de la question, que ce soit &#224; travers l'accroissement des r&#233;seaux de transport qu'&#224; travers des impacts environnementaux. Des groupes de &#034;r&#233;sistance&#034; qui sont en train de s'organiser dans diff&#233;rentes villes, comme dans le cas de Milan, mettent en exergue, en effet, &#224; la perte de l'usage de l'autonomie, du gaspillage &#233;nerg&#233;tique, du raccourcissement des fili&#232;res pour l'approvisionnement alimentaire. Il s'agit de signaux importants, mais qui demandent un saut de compr&#233;hension et de conscience, inh&#233;rent &#224; la transformation des pactes de citoyennet&#233;, en somme d'une &#233;cologie sociale pour la cr&#233;ation de nouvelles &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je me permets de renvoyer &#224; mes interventions et celles de Bert Theis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Appara&#238;t ainsi un retournement culturel qui, loin de plaider le maintien du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;, met en acte des techniques de transformation qui composent le cadre de cette &#171; &#233;cosophie &#187; &#224; laquelle F&#233;lix Guattari avait d&#233;di&#233; ses analyses clairvoyantes en se r&#233;f&#233;rant non seulement &#224; l'&#233;chelle globale des probl&#232;mes &#233;voqu&#233;s, mais aussi &#224; l'&#233;chelle &#171; mol&#233;culaire &#187;. C'est l&#224; le plan d'articulation &#233;thique &#171; entre trois registres &#233;cologiques (celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et celui de la subjectivit&#233; humaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Guattari, Les Trois &#201;cologies, Paris, Galil&#233;e, 1989, tr. it avec une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, &#224; l'int&#233;rieur de laquelle la d&#233;croissance doit s'inscrire pour fuir le risque d'interventions fragment&#233;es et incapables d'augmenter la demande de transformation de la cha&#238;ne production-consommation-gaspillage-destruction). &#192; juste titre, Ame Naess, un des pionniers de &#171; l'&#233;cosophie &#187; et de l'&#233;cologie profonde, indiquait dans son texte fondateur, l'&#233;troite interd&#233;pendance entre la &#171; bonne vie &#187; et le contexte environnemental dans lequel elle devra se d&#233;cliner : &#171; Si nous avons d&#233;cid&#233; de parler de la crise environnementale, c'est parce nous sommes conscients de nos potentialit&#233;s irr&#233;alis&#233;es de concevoir la nature de fa&#231;on plus riche et vari&#233;e : la crise contribue, ou pourrait contribuer, &#224; ouvrir nos esprits &#224; la possibilit&#233; d'une vie remplie de significations qui, le plus souvent, restent inaper&#231;ues, quand elles ne sont pas tout bonnement d&#233;nigr&#233;es, dans nos efforts de nous adapter &#224; la m&#233;ga-soci&#233;t&#233; urbanis&#233;e et techno indutrielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Naess, Ecosofia, Como, Red &#233;d. 1994, p. 24.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il va sans dire que l'action critique au regard de la m&#233;gamachine sociale techno-urbaine, ne pourra que se d&#233;rouler sur un terrain conflictuel, o&#249; s'affronteront les besoins de la &#171; bonne vie &#187; avec l'imp&#233;ratif d'un profit entendu comme unique raison &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduit de l'italien par Agathe Eyriolles&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiziana Villani est philosophe, elle dirige les revues &lt;i&gt;Millepiani&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Urban&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Gilles Deleuze et les soci&#233;t&#233;s du contr&#244;le &#187;, in Gilles Deleuze, F&#233;lix Guattari et le politique, Paris, &#233;d du Sandre, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Fumagalli, &lt;i&gt;Lavoro. Vecchio e nuovo sfruttamento&lt;/i&gt;, Milano, Punto Rosso/Carta, 2006, p. 92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;U. Fadini, &lt;i&gt;Corpo vivo, conoscenza e autonomia. Letture per far si che la paura non mangi l'anima&lt;/i&gt;, &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault, in &lt;i&gt;Les territoires des philosophes&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Gorz, &lt;i&gt;Ecologica&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'exp&#233;rience des camps d'extermination peut servir de clef de lecture pour les processus modernes d'expropriation de la vie. Cf. P. Levi, &lt;i&gt;Salvati e Sommersi&lt;/i&gt;, Torino, Einaudi, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'analyse de S. Latouche est c&#233;l&#232;bre : il analyse l'actuelle crise &#224; la lumi&#232;re des processus post-coloniaux et indique un nouvel horizon politique dans la d&#233;croissance. Voir par exemple : &lt;i&gt;Le d&#233;fi de la d&#233;croissance&lt;/i&gt;, Fayard, 2006 ; &lt;i&gt;Br&#232;ve trattato sulla decrescita serena&lt;/i&gt;, Torino, Bollati Boringhieri, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vandana Shiva, &lt;i&gt;Terra madr&#233;. Sopravvivere all&#244; sviluppo&lt;/i&gt;, Torino, UTET, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B. Spinoza, &#171; Lettre &#224; Schuller &#187;, in &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Paris, Garnier-Flammarion, 1955,&lt;br class='autobr' /&gt;
tome 4, pp. 303-304.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Virilio, in catalogue de l'exposition &lt;i&gt;Terre natale&lt;/i&gt;, Fondation Cartier, 2008, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Gorz, &lt;i&gt;Ecologica&lt;/i&gt;, pp. 113-114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T. Paquot, &lt;i&gt;Terre urbaine. Cinq d&#233;fis pour le devenir urbain de la plan&#232;te&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte. 2006, pp. 136-137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je me permets de renvoyer &#224; mes interventions et celles de Bert Theis, &#034;Milan, conflits autour de la requalification du quartier Isola Garibaldi&#034;, in &lt;i&gt;Urbanisme&lt;/i&gt;, n&#176; 358, pp. 37-40, 41-42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Guattari, &lt;i&gt;Les Trois &#201;cologies&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1989, tr. it avec une pr&#233;face de F. La Cecla, Torino, sonda, 1991, p. 14 et Th. Paquot, &lt;i&gt;Petit Manifeste pour une &#233;cologie existentielle&lt;/i&gt;, Paris, Bourin, 2007 surtout les pp. 27-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Naess, &lt;i&gt;Ecosofia&lt;/i&gt;, Como, Red &#233;d. 1994, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les territoires du temps</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article147</link>
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		<dc:date>2018-02-15T22:38:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Paquot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'urbanisation, les villes, les lieux habit&#233;s, l'&#233;coum&#232;ne sont g&#233;n&#233;ralement abord&#233;s, d&#233;crits, trait&#233;s et analys&#233;s &#224; partir de &#171; l'espace &#187; -notion bien d&#233;licate &#224; circonscrire - qui correspondrait &#224; un endroit dans lequel et &#224; partir duquel on &#233;tablirait sa demeure. Ainsi, l'urbanisation serait un processus de conqu&#234;te territoriale et d'installation, les villes, le r&#233;sultat de cette urbanisation et les lieux habit&#233;s, les sites propices &#224; l'exp&#233;rience existentielle... Une telle vision est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'urbanisation, les villes, les lieux habit&#233;s, l'&#233;coum&#232;ne sont g&#233;n&#233;ralement abord&#233;s, d&#233;crits, trait&#233;s et analys&#233;s &#224; partir de &#171; l'espace &#187; -notion bien d&#233;licate &#224; circonscrire - qui correspondrait &#224; un endroit dans lequel et &#224; partir duquel on &#233;tablirait sa demeure. Ainsi, l'urbanisation serait un processus de conqu&#234;te territoriale et d'installation, les villes, le r&#233;sultat de cette urbanisation et les lieux habit&#233;s, les sites propices &#224; l'exp&#233;rience existentielle... Une telle vision est fausse, car l'&#234;tre humain est toujours en mouvement et, ind&#233;pendamment du ph&#233;nom&#232;ne de s&#233;dentarisation provoqu&#233; par la domestication des plantes et de certaines esp&#232;ces animales, l'&#234;tre humain migre, nomadise, circule, r&#234;ve... Par cons&#233;quent, ce n'est pas son implantation en un lieu fixe, qui du coup ferait &#171; territoire &#187;, qui exprimerait sa condition d'humain, mais les rythmes et temporalit&#233;s qu'il adopterait et dont ce lieu serait impr&#233;gn&#233;. Ce qui n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; Bachelard lorsqu'il affirme : &#171; Dans ses mille alv&#233;oles, l'espace tient du temps comprim&#233;. L'espace sert &#224; &#231;a. &#187; (&lt;i&gt;La po&#233;tique de l'espace&lt;/i&gt;, 1957) Pour lui, les sites de &#171; notre vie intime &#187;, que la topoanalyse qu'il prescrit se doit de visiter, sont des &#233;ponges &#224; souvenirs. Retourner dans un quartier ou un logement familiers, et aussit&#244;t notre m&#233;moire est sollicit&#233;e et nous conduit dans le voyage dans le pass&#233; sans effort, nous reconnaissons tout ce qui nous entoure virtuellement, les arbres et les cl&#244;tures, les ambiances et les odeurs, les volumes et les couleurs, les bruits et les voix, m&#234;me ce qui a &#233;t&#233; d&#233;truit existe encore, &#224; nouveau. Ces images d'un temps r&#233;volu territorialisent nos r&#234;veries, explique Bachelard, en pr&#233;cisant que celles-ci se sont d&#233;roul&#233;es dans les &#171; espaces de nos solitudes &#187;. Ce n'est aucunement une autobiographie que nous cherchons &#224; reconstituer en nous rappelant le temps &#233;coul&#233; -comme si le temps &lt;i&gt;durait&lt;/i&gt; en une continuit&#233; parfaite qui relierait en permanence le pass&#233; au pr&#233;sent, ce &lt;i&gt;futur pass&#233;&lt;/i&gt;, tout en appelant l'avenir -, c'est plut&#244;t une visite en &lt;i&gt;soi-m&#234;me&lt;/i&gt;, non pas pour &#233;tablir une chronologie solidement dat&#233;e mais afin de renouer avec un pays devenu &#233;trange, et non pas totalement &#233;tranger : celui de notre enfance ou des premi&#232;res ann&#233;es de notre vie d'adulte. D'o&#249; parfois un sentiment de nostalgie qui nous enveloppe et nous fait frissonner lorsque nous &#233;voquons notre jeunesse. Jean Hofer (1669-1752), &#233;tudiant en m&#233;decine, habitant Mulhouse, propose dans sa th&#232;se soutenue &#224; B&#226;le en 1688, le mot de &#171; nostalgie &#187; pour traduire l'allemand &lt;i&gt;Heimwehe&lt;/i&gt;, ce &#171; mal du pays &#187;, qui affecte surtout les jeunes &#171; &#226;mes sensibles &#187; lors de leur premi&#232;re s&#233;paration d'avec leur famille. Longtemps cette pathologie (litt&#233;ralement la &#171; douleur &#187; du &#171; retour &#187; selon l'&#233;tymologie du terme grec, &lt;i&gt;nostos&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;algos&lt;/i&gt;) a &#233;t&#233; jug&#233;e sp&#233;cifique aux montagnards helv&#232;tes contraints &#224; migrer dans d'autres pays, o&#249; ils se louaient comme mercenaires ou gardiens. Le changement d'air et l'&#233;loignement du pays les faisaient sombrer dans un &#233;tat d&#233;pressif que seul un retour chez eux pouvait gu&#233;rir. Bien s&#251;r, la langue est au c&#339;ur de ce processus de &#171; perte de soi &#187; et du d&#233;sir de revenir &#171; chez soi &#187;, mais il s'agit &#233;galement de l'enfance, car ce dont on a la nostalgie ne vise pas seulement l'ambiance de son village natal, entour&#233; des siens, mais cette p&#233;riode &#224; jamais perdue qu'est l'enfance. Certes, cette r&#233;trospective peut enjoliver, ou diaboliser, des souvenirs, l'essentiel n'est pas l&#224;. Ce qui compte - et Bachelard ne l'ignore pas - consiste &#224; doter tout site intime d'une temporalit&#233; unique. Le temps ne nous est pas ext&#233;rieur. Il ne repr&#233;sente pas un stock d'ann&#233;es et d'heures dont chacun tiendrait la comptabilit&#233; en s'&#233;vertuant &#224; le consommer avec mod&#233;ration, sachant que le temps est un bien non renouvelable - except&#233; par cet exercice m&#233;moriel que constitue le souvenir, il correspond &#224; l'intensit&#233; de notre v&#233;cu. Ce temps &lt;i&gt;v&#233;cu&lt;/i&gt; n'exclut ni un temps &lt;i&gt;repr&#233;sente&lt;/i&gt; ni un temps &lt;i&gt;con&#231;u&lt;/i&gt;, bien au contraire, ces trois expressions du temps s'entrem&#234;lent au point de s'unir. L'&#234;tre humain n'&#233;puise pas &#171; son &#187; temps, le gaspillant en multipliant les activit&#233;s ou le perdant &#224; ne rien faire. Il jouit de chaque instant, tel un moment privil&#233;gi&#233; tiraill&#233; entre un pass&#233; r&#233;sum&#233; en un chapelet d'anecdotes et un devenir compris comme une pr&#233;vision, une sorte d'extrapolation, d'anticipation du pr&#233;sent... Ce temps v&#233;cu &#233;labore sa g&#233;ographie existentielle. Cette derni&#232;re n'a pas l'apparence d'un territoire continu, mais se dessine au rythme des relations que chacun noue et d&#233;noue dans la succession d&#233;sordonn&#233;e et in&#233;gale des instants. Il s'agit donc d'un territoire mouvant, instable, toujours en cours de recomposition. Cet &#171; en cours &#187; le caract&#233;rise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'est-ce qu'un territoire ? Une construction culturelle et mentale qui conf&#232;re &#224; une portion de l'&#233;coum&#232;ne une valeur d'entit&#233; g&#233;ographique provisoire reconnue et valoris&#233;e par celles et ceux qui y r&#233;sident, y vivent, y &#233;changent, etc. Aucun territoire n'en vaut un autre, et r&#233;ciproquement. Aucun territoire n'adopte le m&#234;me trac&#233;. Chaque territoire poss&#232;de ses limites. Les unes sont physiques et &#233;pousent le relief (la cr&#234;te des montagnes, le fond des vall&#233;es, la bordure du fleuve, le front de mer, etc.), les autres sont hors-sol et se superposent aux flux immat&#233;riels d'informations et de communications indispensables &#224; l'entretien des r&#233;seaux qui conforte le territoire en question. &#192; ce territoire d'un collectif se combinent les territoires des individus. Ces territoires du temps v&#233;cu sont aussi modelables que le territoire-r&#233;ceptacle du collectif et aussi variables dans leur configuration. L'individu-&#224;-tiroirs (le &#171; je &#187; est un pluriel) r&#233;clame des territoires embo&#238;t&#233;s, plus ou moins hi&#233;rarchis&#233;s, plus ou moins constants. Je r&#233;side dans tel lieu, travaille dans tel autre, aime ailleurs, entretiens des relations avec des correspondants dispers&#233;s aux quatre orients, &#171; mon &#187; territoire associe ces lieux et gens disparates, les rassemble en une cartographie personnelle, celle de &#171; ma &#187; g&#233;ographie existentielle. &#192; la suite de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, je dirais que &#171; le territoire, c'est d'abord la distance critique entre des &#234;tres de m&#234;me esp&#232;ce : marquer ses distances. Ce qui est mien, c'est d'abord une distance, je ne poss&#232;de que des distances. Je ne veux pas qu'on me touche, je grogne si l'on entre dans mon territoire, je mets des pancartes. Il s'agit de maintenir &#224; distance des forces du chaos qui frappent &#224; la porte. &#187; Et avec &#201;ric Dardel, j'ajouterais que le territoire, pour l'homme, c'est &#171; l'environnement qui le convoque &#224; sa pr&#233;sence &#187;. Anthropologiquement, l'humain semble se stabiliser en &#233;difiant une demeure, m&#234;me pr&#233;caire, provisoire, saisonni&#232;re. Cette demeure et les parcours r&#233;guliers des habitants et aussi les a c&#244;t&#233;s impr&#233;vus deviennent un &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt; pour chacun d'eux. La reconnaissance de ce &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt; procure le sentiment d'&lt;i&gt;habiter&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre pr&#233;sent-au-monde-et-&#224;-autrui, cette &lt;i&gt;pr&#233;sence&lt;/i&gt; r&#233;v&#232;le tout un jeu de temporalit&#233;s aux rythmes pas n&#233;cessairement accord&#233;s, non synchronis&#233;s entre eux. On le comprend, le territoire rel&#232;ve davantage de ces donn&#233;es temporelles - li&#233;es aux modalit&#233;s relationnelles que les humains pratiquent - que d'un d&#233;coupage spatial, m&#234;me si, curieusement, lorsqu'on dit &#171; territoire &#187;, on pense &#171; morceau de terre &#187;, r&#233;gion natale, enracinement local. Or, l'&#234;tre urbain est de plusieurs &lt;i&gt;pays&lt;/i&gt; &#224; la fois, il nomadise et transporte ses &#171; racines &#187; emmitoufl&#233;es dans sa langue, sa culture, ses relations. Il aspire au monde et traverse les fronti&#232;res. Il appr&#233;cie les envies paradoxales et s'invente des pass&#233;s en des lieux improbables. Il r&#233;&#233;crit ses parcours et se dote d'un territoire de r&#233;f&#233;rence, tel un ponton dans l'oc&#233;an de la vie, l&#224; o&#249; il arrime sa barque, o&#249; il se pose et fait le point, sur lui et &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; autrui, sur lui &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; autrui, sur lui &lt;i&gt;parmi&lt;/i&gt; autrui. Avant de lever l'ancre, encore et encore. Ainsi l'homme-mobile est-il &#171; spatial &#187; pour autant qu'il est &#171; temporel &#187;. Par sa pr&#233;sence (son corps, son souvenir, sa repr&#233;sentation...) il spatialise (il ordonne les emplacements des uns et des autres &#224; partir de la place qu'il occupe), alors qu'il est simultan&#233;ment spatialise (sa place est plac&#233;e, d&#233;plac&#233;e...) tout en s'inscrivant dans une certaine temporalit&#233; (professionnelle, liturgique, familiale, collective, singuli&#232;re, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors, qu'appelle-t-on &#171; Temps &#187; ? Martin Heidegger r&#233;&#233;valuant &lt;i&gt;Sein und Zeit&lt;/i&gt; (1927) explique que &#171; Le temps n'est pas, il y a temps &#187; (&lt;i&gt;Temps et &#234;tre&lt;/i&gt;, 1962, &lt;i&gt;Questions IV&lt;/i&gt;, Gallimard, 1976). Plus loin, le philosophe compl&#232;te cette formule : &#171; Car le temps v&#233;ritable lui-m&#234;me, la r&#233;gion de sa porrection triple (d&#233;termin&#233;e par la proximit&#233; approchante), c'est le site pro-spatial par lequel seulement il y a un possible &#034;o&#249;&#034;. &#187; Que nous dit-il ? Que le temps ne cherche pas une place, qu'au mieux c'est l'emplacement qui devient temporalis&#233; en accueillant le d&#233;ploiement de l'&#234;tre de l'humain lorsque celui-ci se pr&#233;sentifie. Heidegger le laisse entendre en indiquant que &#171; le temps v&#233;ritable est la proximit&#233; du d&#233;ploiement d'&#234;tre &#224; partir du pr&#233;sent, de l'avoir-&#233;t&#233; et de l'avenir - [...] &#187; Et aussi en pr&#233;cisant que &#171; le temps n'est pas un fabricat de l'homme, l'homme n'est pas un fabricat du temps. Il n'y a que le donner [...] &#187; Ce don - et non pas une production, m&#234;me si le temps est toujours &#171; un temps &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; &#187; -, chacun peut le percevoir plus ou moins clairement, en termes de s&#233;jour sur Terre, c'est-&#224;-dire en lib&#233;rant du temps par l'intention &#224; s'ouvrir &#224; soi-m&#234;me, &#224; se rendre disponible pour &#234;tre non seulement &lt;i&gt;ici&lt;/i&gt; mais aussi &lt;i&gt;l&#224;&lt;/i&gt;. Cet univers spatio-temporel, dans lequel chacun se situe participe a la dramaturgie qu'&#233;voquait Patrick Geddes quand il observait que la ville ressemble &#224; un &lt;i&gt;drama in time&lt;/i&gt;, je peux en dire autant de n'importe quel territoire. Le sc&#233;nario et l'intrigue, les personnages, leur localisation et leurs d&#233;placements, les actions et leurs temporalit&#233;s, concourent &#224; la fois &#224; l'histoire du lieu ainsi qu'&#224; son habitabilit&#233; ou son inhabitabilit&#233;. Alors, les territoires du temps sont-ils &lt;i&gt;d&#233;croissants&lt;/i&gt; ? Ma g&#233;ographie existentielle n'est pas mondiale, mais plan&#233;taire, je suis d'ici et d'ailleurs, mais je poss&#232;de des emplacements familiers o&#249; je me rends p&#233;riodiquement (des lieux habit&#233;s par des amis, des sites appr&#233;ci&#233;s pour leur beaut&#233;, leur vastitude et leur silence) et un domicile fixe (le fameux &lt;i&gt;chez soi&lt;/i&gt; qui manque tant &#224; ceux qui n'en ont pas) dans la banlieue parisienne, duquel je contacte les membres des r&#233;seaux auxquels je suis branch&#233; et qui &#171; rhyzoment &#187; sur toute la Terre en des circonvolutions prolif&#233;rantes et jamais inachev&#233;es. Conscient de la pr&#233;occupation environnementale, je pense que chaque citadin se doit d'imaginer une d&#233;mobilit&#233; progressive selon son emploi et selon ses contraintes : Pourquoi multiplier les d&#233;placements alors que l'on peut grandement les limiter en utilisant mieux les nouvelles technologies de l'information et de la t&#233;l&#233;communication ? Pourquoi ne pas opter pour les &#171; mobilit&#233;s douces &#187; (co-voiturage, bicyclette, v&#233;hicules &#233;lectriques...) ? Pourquoi ne pas d&#233;velopper le t&#233;l&#233;travail ? Pourquoi ne pas regrouper ses rendez-vous ? Pourquoi ne pas diminuer le temps de travail, le partager ou l'assurer sur trois jours (comme l'imaginait Emile Vandervelde dans &lt;i&gt;L'Exode rural et le retour aux champs&lt;/i&gt;, 1910) afin de rendre viables les villages sans les transformer en villages-dortoirs et leur assurer une diversit&#233; g&#233;n&#233;rationnelle et professionnelle ? Pourquoi ne pas miser sur une bi-activit&#233;, par exemple bioagriculteur et graphiste, et concentrer ses activit&#233;s sur des plages horaires stables ? Pourquoi ne pas consommer en priorit&#233; les produits locaux, privil&#233;gier le commerce de proximit&#233; ou la livraison &#171; group&#233;e &#187; &#224; domicile ? Pourquoi ne pas inciter &#224; la coop&#233;ration tout ce qui peut l'&#234;tre (lire &lt;i&gt;L'Entraide&lt;/i&gt; de Piotr Kropotkine, 1902) ? Pourquoi ne pas attribuer &#224; un m&#234;me b&#226;timent plusieurs usages diff&#233;r&#233;s dans le temps ? Et &#224; la ville et ses alentours d'autres horaires, gr&#226;ce aux Bureaux des temps et aux banques du temps ? Pourquoi ne pas convertir les immeubles et autres constructions aux normes environnementales en y int&#233;grant la dimension temporelle ? Pourquoi ne pas opter pour un chrono-urbanisme qui tienne compte des rythmes urbains contrast&#233;s ? Nous allons conna&#238;tre deux profondes r&#233;volutions du temps. Les deux trinit&#233;s impos&#233;es par le capitalisme industriel et le salarial depuis plus d'un si&#232;cle s'&#233;puisent et vont se r&#233;agencer. En effet, le d&#233;coupage de la journ&#233;e en &#171; trois moments &#187; &#224; peu pr&#232;s &#233;gaux (temps de travail, sommeil, temps contraint) correspond de moins en moins aux exigences du capitalisme de l'immat&#233;riel et &#224; l'effacement progressif du salariat, remplac&#233; par une instabilit&#233; du travail r&#233;mun&#233;r&#233; (externalisation, &#171; mission &#187;, contrat &#224; dur&#233;e limit&#233;e, stages, reconversion, etc.) et aux attentes des travailleurs (le travail n'est plus l'&#233;l&#233;ment essentiel de la r&#233;alisation de soi). La vie quotidienne (&#171; m&#233;tro/boulot/dodo &#187;) se transforme irr&#233;versiblement, laissant ces &#171; trois moments &#187; s'interp&#233;n&#233;trer et changer de nature. Le t&#233;l&#233;phone portable, par exemple, rend pr&#233;sent et par cons&#233;quent disponible n'importe quel &#171; collaborateur &#187;, n'importe quand (sept jours sur sept et 24 heures sur 24). Le d&#233;coupage de la vie en &#171; trois p&#233;riodes &#187; (l'enfance et la formation, l'&#226;ge adulte et le travail, la retraite), lui aussi, tend &#224; voir ces &#171; p&#233;riodes &#187; mordre les unes sur les autres (l'adolescence se prolonge, la formation devient continue, la retraite conna&#238;t une pr&#233;retraite encore active et une retraite &#224; plusieurs strates...). Ces &#171; trois moments &#187; et ces &#171; trois p&#233;riodes &#187; ne sont plus aussi strictement d&#233;limit&#233;s et si bien ench&#226;ss&#233;s les uns aux autres, ils interf&#232;rent entre eux et connaissent des ruptures, des temps morts, des p&#233;riodes d&#233;pressives, des &#171; charrettes &#187;, au point o&#249; d&#233;sarroi et engouement, d&#233;sorientation et stimulation, contribuent, plus ou moins durablement, &#224; un mal-&#234;tre ou au contraire &#224; un ensoleillement. Chaque &#234;tre urbain conna&#238;t ces variations d&#233;stabilisantes et voit ses territoires se plier, se modeler, s'adapter aux caprices temporels, brouillant parfois ses rep&#232;res, mais assurant n&#233;anmoins un n&#233;cessaire appui. Le temps, dans son incroyable disparit&#233;, offre &#224; chacun la possibilit&#233; de se construire tout en acqu&#233;rant un emplacement situationnel et relationnel qui se territorialise en se d&#233;territorialisant. L'&#234;tre urbain &lt;i&gt;habite&lt;/i&gt; autant son temps destinai qu'il &lt;i&gt;habite&lt;/i&gt; le monde, son &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt;. Le temps est aussi un mat&#233;riau pour l'architecte, l'urbaniste et le paysagiste. Les deux premiers pensent le temps comme &#171; dur&#233;e &#187;, &#171; histoire &#187;, &#171; patrimoine &#187;, en oubliant bien souvent l'entretien et surtout les pratiques habitantes, quant au dernier il sait que le vivant poss&#232;de ses temporalit&#233;s sp&#233;cifiques, irr&#233;guli&#232;res, vari&#233;es et parfois inconciliables entre elles.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;galopoles, bidonvilles, villes globales, &lt;i&gt;gated communities&lt;/i&gt;, urbain diffus, petites villes, toutes ces formes de l'urbanisation plan&#233;taire attendent d'&#234;tre contrecarr&#233;es par des propositions alternatives, dont certains &#233;coquartiers pr&#233;figurent un possible. Partout, il convient d'en venir &#224; une dimension &lt;i&gt;d&#233;cente&lt;/i&gt; de vie individuelle/collective et surtout &#224; impulser des exp&#233;rimentations, qui chacune reposera sur un subtil dosage local/global, allant toujours vers plus d'&lt;i&gt;autonomie&lt;/i&gt; des individus et plus d'&lt;i&gt;amiti&#233;&lt;/i&gt; des humains envers le vivant et plus g&#233;n&#233;ralement la nature. Chaque &#234;tre humain r&#233;clame les rythmes assortis &#224; ses attentes, c'est ainsi qu'il pourra habiter le &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt; en s'&#233;merveillant des myst&#232;res de l'assemblage kal&#233;idoscopique des quatre &#233;l&#233;ments et en r&#233;enchantant ses relations aux autres, alors m&#234;me que le d&#233;ploiement technique ne l'opprimera plus et que la croissance pour la croissance ne sera plus qu'un mauvais souvenir. &#171; Mieux et non plus &#187;, voil&#224; ce qui est &#233;crit au fronton des territoires du temps. Entrez, vous &#234;tes chez vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lectures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Po&#233;tique de l'espace&lt;/i&gt;, Gaston Bachelard (PUF, 1957) ; &lt;i&gt;Habiter le temps&lt;/i&gt;, Jean Chesneaux (Bayard, 1996) ; &lt;i&gt;L'Homme et la terre&lt;/i&gt;, &#201;ric Dardel, PUF, 1952 ; &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt;, Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, Minuit, 1980 ; &lt;i&gt;Questions IV&lt;/i&gt;, Martin Heidegger (traduction fran&#231;aise, Gallimard, 1976) ; &lt;i&gt;Le Quotidien urbain. Essais sur les temps des villes&lt;/i&gt;, sous la direction de Thierry Paquot (La D&#233;couverte, 2001) ; &lt;i&gt;Habiter, le propre de l'humain&lt;/i&gt;, sous la direction de Thierry Paquot, Michel Lussault et Chris Youn&#232;s (La D&#233;couverte, 2007) ; &lt;i&gt;Le Territoire des philosophes&lt;/i&gt;, sous la direction de Thierry Paquot et Chris Youn&#232;s (La D&#233;couverte, 2009) ; &lt;i&gt;Territoires en partage. Nanterre, Seine-Arche : en recherche d'identit&#233;(s)&lt;/i&gt;, Marcel Roncayolo (Parenth&#232;ses, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Paquot est philosophe, professeur &#224; l'institut d'urbanisme de Paris (Universit&#233; Paris 12-Val de Marne), &#233;diteur de la revue Urbanisme, auteur, entre autres livres, de &lt;i&gt;L'espace public&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Limites et civilisation</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article72</link>
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		<dc:date>2010-03-29T14:37:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Entropia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986, les perspectives des populations de diff&#233;rents pays se sont trouv&#233;es du jour au lendemain modifi&#233;es si puissamment qu'une nouvelle forme d'identit&#233; commune est apparue. Youri Bandajevsky consid&#232;re que &#171; La position qui consiste &#224; dissimuler l'&#233;tendue r&#233;elle des cons&#233;quences du d&#233;sastre de Tchernobyl, tout en r&#233;pugnant &#224; mettre en oeuvre les mesures qui s'imposent pour prot&#233;ger la sant&#233; publique, est inhumaine &#187;. Son engagement de m&#233;decin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986, les perspectives&lt;br class='autobr' /&gt;
des populations de diff&#233;rents pays se sont trouv&#233;es du jour au lendemain&lt;br class='autobr' /&gt;
modifi&#233;es si puissamment qu'une nouvelle forme d'identit&#233; commune&lt;br class='autobr' /&gt;
est apparue. &lt;i&gt;Youri Bandajevsky&lt;/i&gt; consid&#232;re que &#171; La position qui&lt;br class='autobr' /&gt;
consiste &#224; dissimuler l'&#233;tendue r&#233;elle des cons&#233;quences du d&#233;sastre de&lt;br class='autobr' /&gt;
Tchernobyl, tout en r&#233;pugnant &#224; mettre en oeuvre les mesures qui&lt;br class='autobr' /&gt;
s'imposent pour prot&#233;ger la sant&#233; publique, est inhumaine &#187;. Son&lt;br class='autobr' /&gt;
engagement de m&#233;decin aupr&#232;s des victimes lui a valu un s&#233;jour en&lt;br class='autobr' /&gt;
prison et il demeure interdit de s&#233;jour dans son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un entretien accord&#233; &#224; Entropia, au mois de d&#233;cembre 2009,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Barbara Glowczewski&lt;/i&gt; fait le point sur la situation des Aborig&#232;nes en&lt;br class='autobr' /&gt;
Australie. Depuis plus de deux si&#232;cles, il semblerait que, malgr&#233; la violence&lt;br class='autobr' /&gt;
de la colonisation, la culture aborig&#232;ne fasse preuve d'une &#233;tonnante&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sistance, en particulier &#224; travers l'art et la peinture. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
Aborig&#232;nes &#171; ont v&#233;cu pendant des mill&#233;naires avec leurs propres technologies&lt;br class='autobr' /&gt;
et leurs pratiques culturelles en relation avec ce que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
appelons la nature. C'&#233;tait un environnement indissociable de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
dimension sociale et spirituelle, et c'est bien ce que racontent leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
conceptions du r&#234;ve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on tente de cerner les enjeux de la mutation en cours dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
domaine de l'&#233;dition, on rencontre deux aspects importants : le statut&lt;br class='autobr' /&gt;
du r&#233;gime de la pens&#233;e humaine et le devenir de notre civilisation. Pour&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Serge Latouche&lt;/i&gt;, &#171; le r&#233;gime de la pens&#233;e humaine n'est pas ind&#233;pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
de ses supports et de leur utilisation &#187;. L'inscription de la pens&#233;e sur un&lt;br class='autobr' /&gt;
mat&#233;riau durable permet la transmission, tandis que le support oral a&lt;br class='autobr' /&gt;
la fragilit&#233; de la vie humaine. &#171; La d&#233;croissance est une lutte contre le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sert et pour l'amour du monde. Seule la soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance peut&lt;br class='autobr' /&gt;
sauver le livre ou tout au moins ce dont le livre est porteur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Herv&#233; le Bras&lt;/i&gt; r&#233;pond &#224; trois questions de Thierry Paquot sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mographie. &#171; Je ne connais pas de tentatives de d&#233;croissance d&#233;mographique&lt;br class='autobr' /&gt;
au cours de l'histoire &#187;. En revanche, on a de nombreux&lt;br class='autobr' /&gt;
exemples de recherches de la stabilit&#233;. Les cit&#233;s grecques conservaient&lt;br class='autobr' /&gt;
un nombre limit&#233; de citoyens. Quand celui-ci devenait trop important,&lt;br class='autobr' /&gt;
elles cr&#233;aient une colonie. Aujourd'hui, &#171; le probl&#232;me le plus important&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est plus le nombre total des hommes, mais la structure de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
consommation, celle d'hydrocarbures, et de plus en plus celle de nourriture&lt;br class='autobr' /&gt;
animale. &#187; L'accumulation des hommes est le r&#233;sultat de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'accumulation du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration comme la centralisation des activit&#233;s &#233;conomiques&lt;br class='autobr' /&gt;
sont non seulement un facteur de d&#233;s&#233;quilibre des territoires &#224; l'&#233;chelle&lt;br class='autobr' /&gt;
nationale, c'est aussi une orientation dont les m&#233;faits se r&#233;v&#232;lent&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui dans toutes leurs cons&#233;quences. &lt;i&gt;Simon Charbonneau&lt;/i&gt;, rappelle&lt;br class='autobr' /&gt;
les grandes lignes de ce processus entam&#233; avant 1914 avec le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;but de l'exode rural. Il fallait imp&#233;rativement &#224; l'&#233;poque liquider la&lt;br class='autobr' /&gt;
soci&#233;t&#233; rurale et l'agriculture paysanne au nom du progr&#232;s, une chanson&lt;br class='autobr' /&gt;
qui depuis est devenue une rengaine ! Mais, reconnaissons-le avec&lt;br class='autobr' /&gt;
regret, il aurait sans doute &#233;t&#233; alors plus facile qu'aujourd'hui&lt;br class='autobr' /&gt;
d'emprunter la voie de la d&#233;croissance choisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine des transports et qui prolonge les r&#233;flexions de la&lt;br class='autobr' /&gt;
contribution pr&#233;c&#233;dente, &lt;i&gt;Jean Monestier&lt;/i&gt; fait la d&#233;monstration que la&lt;br class='autobr' /&gt;
mobilit&#233; sans l'automobile est possible et souhaitable pour des raisons&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;cologiques en particulier. Une mobilit&#233; comparable &#224; celle qui existe&lt;br class='autobr' /&gt;
actuellement, mais ind&#233;pendante des carburants fossiles, pourrait &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tablie durablement en contournant le scepticisme des &#233;lus comme de&lt;br class='autobr' /&gt;
la majorit&#233; des &#233;lecteurs. &#171; Ce pourrait &#234;tre, selon nous, un des buts de&lt;br class='autobr' /&gt;
mouvements citoyens comme les &#171; villes en transition &#187; que de franchir&lt;br class='autobr' /&gt;
cet obstacle &#224; la mise en place de moyens de transport durables dans&lt;br class='autobr' /&gt;
les territoires de la d&#233;croissance &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;chelle humaine et territoires</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article71</link>
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		<dc:date>2010-03-29T14:37:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Entropia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Insidieusement, le concept de territoire ne participe-t-il pas &#224; l'effacement des horizons infinis ? Avons-nous oubli&#233; que toute &#233;tendue de terre n'est pas seulement un territoire ? &#187; C'est en paysagiste cons&#233;quent que David Besson-Girard pose ces questions. Il nous invite &#224; une promenade philosophique autour de Versailles, paysage embl&#233;matique entre tous d'une tentative pour installer une r&#233;ciprocit&#233; entre l'homme et la terre. En rassemblant les signes de notre temps, ceux de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Insidieusement, le concept de territoire ne participe-t-il pas &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'effacement des horizons infinis ? Avons-nous oubli&#233; que toute &#233;tendue&lt;br class='autobr' /&gt;
de terre n'est pas seulement un territoire ? &#187; C'est en paysagiste&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;quent que &lt;i&gt;David Besson-Girard&lt;/i&gt; pose ces questions. Il nous invite&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; une promenade philosophique autour de Versailles, paysage embl&#233;matique&lt;br class='autobr' /&gt;
entre tous d'une tentative pour installer une r&#233;ciprocit&#233; entre&lt;br class='autobr' /&gt;
l'homme et la terre. En rassemblant les signes de notre temps, ceux de&lt;br class='autobr' /&gt;
la d&#233;croissance et ceux qui donnent des raisons d'esp&#233;rer, &#171; imaginons&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils pourraient faire ensemble un projet unique et coh&#233;rent, plus&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un projet de ville, un projet de terre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Zygmunt Bauman&lt;/i&gt;, quant &#224; lui, s'interroge sur la question de la souverainet&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
en fonction des &#233;chelles territoriales, et consid&#232;re que &#171; le&lt;br class='autobr' /&gt;
moment est venu de remplacer le concept de soci&#233;t&#233; du risque par celui&lt;br class='autobr' /&gt;
de soci&#233;t&#233; globale incertaine&#8230; &#187;. L'entropie n&#233;gative &#233;tant devenue&lt;br class='autobr' /&gt;
l'objet de toutes les convoitises &#224; l'heure de la mondialisation, il en&lt;br class='autobr' /&gt;
appelle &#224; la cr&#233;ation d'institutions l&#233;gislatives, ex&#233;cutives et juridiques&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiales afin de &#171; restaurer la commensurabilit&#233; du pouvoir et de la&lt;br class='autobr' /&gt;
politique &#187;, la seule issue pour contrer l'irresponsabilit&#233; du mod&#232;le&lt;br class='autobr' /&gt;
dominant con&#231;u sur le mod&#232;le du &#171; chacun pour soi &#187; et &#171; apr&#232;s moi le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;luge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La taille des territoires et de leurs populations est une question fondamentale&lt;br class='autobr' /&gt;
pour &lt;i&gt;Kirckpatrick Sale&lt;/i&gt;. S'appuyant sur des constats comparatifs, &#224; l'&#233;chelle internationale, il en vient &#224; &#233;noncer la &#171; loi &#187; suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La mis&#232;re &#233;conomique et sociale cro&#238;t en proportion directe avec la&lt;br class='autobr' /&gt;
taille et le pouvoir du gouvernement central d'une nation. &#187; &#192; travers&lt;br class='autobr' /&gt;
un bref survol historique centr&#233; sur l'Europe entre le XIIe si&#232;cle et les&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es 1970, l'auteur parvient &#224; la conviction que plus un &#201;tat est&lt;br class='autobr' /&gt;
grand, plus les catastrophes &#233;conomiques et les pertes militaires sont&lt;br class='autobr' /&gt;
importantes. Aujourd'hui, selon l'auteur, &#171; L'unique espoir r&#233;side dans&lt;br class='autobr' /&gt;
la s&#233;cession &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non sans se r&#233;f&#233;rer aux auteurs des deux pr&#233;c&#233;dentes contributions&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Philippe Gruca&lt;/i&gt; revisite en l'actualisant la question anthropologiquement&lt;br class='autobr' /&gt;
centrale de &#171; l'&#233;chelle humaine &#187;. Nous vivons tous un bouleversement&lt;br class='autobr' /&gt;
quasiment incompr&#233;hensible dans notre mani&#232;re d'habiter les&lt;br class='autobr' /&gt;
territoires. Pour r&#233;ench&#226;sser la soci&#233;t&#233; dans notre vie quotidienne, &#171; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que nous pouvons d'abord faire, sur le plan des am&#233;nagements visant&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; nous conf&#233;rer une meilleure intelligence de notre monde proche,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est encourager une esth&#233;tique des liaisons apparentes, c'est-&#224;-dire&lt;br class='autobr' /&gt;
une esth&#233;tique qui nous mette face aux choses auxquelles nous sommes&lt;br class='autobr' /&gt;
quotidiennement reli&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec le regard et la pratique d'un architecte que &lt;i&gt;Christophe&lt;br class='autobr' /&gt;
Laurens&lt;/i&gt; constate que &#171; la grande promesse de la modernit&#233;, celle d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;mancipation globale de l'humanit&#233; vis-&#224;-vis du monde organique est&lt;br class='autobr' /&gt;
loin d'&#234;tre tenue &#187;. Dans l'acte d'habiter, La relation entre l'homme et&lt;br class='autobr' /&gt;
le fond, le paysage ou le territoire, suppose l'existence d'une ant&#233;riorit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du fond. Mais, &#171; cette mani&#232;re de situer l'essence de l'humanit&#233; dans&lt;br class='autobr' /&gt;
sa relation avec la terre, en peignant simultan&#233;ment la tension entre&lt;br class='autobr' /&gt;
l'art et la vie et l'ind&#233;cidabilit&#233; de la limite entre l'homme et le paysage&lt;br class='autobr' /&gt;
a d&#233;j&#224; quelque chose d'ancien, de d&#233;mod&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ville questionn&#233;e</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article70</link>
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		<dc:date>2010-03-29T14:37:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Entropia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment parler de la ville et de son &#233;volution sans inviter Jean- Jacques Rousseau ? C'est en tout cas la conviction de Marcel H&#233;naff. &#171; Pour Rousseau il est clair qu'elle [la nature] n'a pas fait l'homme pour s'entasser en grand nombre sur des espaces r&#233;duits. Cette concentration loin de favoriser le lien social le d&#233;truit. &#187; La relation entre la soci&#233;t&#233; politique et le territoire impose que celui-ci soit soign&#233; comme un jardin pour que le corps moral de la nation soit harmonieux. Mais, &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment parler de la ville et de son &#233;volution sans inviter Jean-&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Rousseau ? C'est en tout cas la conviction de &lt;i&gt;Marcel H&#233;naff&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pour Rousseau il est clair qu'elle [la nature] n'a pas fait l'homme&lt;br class='autobr' /&gt;
pour s'entasser en grand nombre sur des espaces r&#233;duits. Cette concentration&lt;br class='autobr' /&gt;
loin de favoriser le lien social le d&#233;truit. &#187; La relation entre la&lt;br class='autobr' /&gt;
soci&#233;t&#233; politique et le territoire impose que celui-ci soit soign&#233; comme&lt;br class='autobr' /&gt;
un jardin pour que le corps moral de la nation soit harmonieux. Mais,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comment vivre ensemble tout en maintenant une n&#233;cessaire distance&lt;br class='autobr' /&gt; ? &#187; La question est plus que jamais actuelle, maintenant que plus&lt;br class='autobr' /&gt;
de la moiti&#233; de l'humanit&#233; est devenue urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendant compte de l'&#233;tude de Mathieu Hilgers sur la ville de&lt;br class='autobr' /&gt;
Koudougou, au Burkina Faso, &lt;i&gt;Michael Singleton&lt;/i&gt; est convaincu qu'il est&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la fois &#171; possible et plausible d'aborder en anthropologue des objets&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une taille certaine &#187;, mais &#171; qui change d'&#233;chelle, change d'essence &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En l'occurrence, ici, c'est un parcours qui va de la bande nomade pour&lt;br class='autobr' /&gt;
arriver &#224; la ville moderne en passant le village paysan, qui permet une&lt;br class='autobr' /&gt;
glose anthropologique et philosophique, o&#249;, &#171; m&#234;me d&#233;croissante, la&lt;br class='autobr' /&gt;
(socio)logique humaine semble d&#233;sormais destiner la plupart des&lt;br class='autobr' /&gt;
hommes &#224; une existence citadine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Paquot&lt;/i&gt; nous rappelle que &#171; l'&#234;tre humain est toujours en&lt;br class='autobr' /&gt;
mouvement &#187; dans l'espace comme dans le temps. Il habite les territoires&lt;br class='autobr' /&gt;
du temps. Mais il est vrai que de mieux en mieux conscient de la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;occupation environnementale, &#171; le citadin se doit d'imaginer une&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;- mobilit&#233; progressive selon son emploi et selon ses contraintes &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;croissance du m&#233;susage de l'espace et de ses ressources ne peut&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'inviter &#224; un usage partag&#233; et convivial du temps. Il s'agit bien de&lt;br class='autobr' /&gt;
changer en m&#234;me temps notre regard et nos modes de vie : &#171; &lt;i&gt;Mieux et&lt;br class='autobr' /&gt;
non plus&lt;/i&gt;, voil&#224; ce qui est &#233;crit au fronton des territoires du temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entrez, vous &#234;tes chez vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque r&#233;flexion sur la d&#233;croissance doit [ainsi] partir de la critique&lt;br class='autobr' /&gt;
des besoins humains oppos&#233;e au &#171; biopouvoir &#187; d'un capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
nihiliste. &#187; Tel est, pour &lt;i&gt;Tiziana Villani&lt;/i&gt;, le fil conducteur de cette pens&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;rangeante. On ne peut se d&#233;gager de la fatalit&#233; des catastrophes&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#224; travers &#171; une r&#233;volution culturelle qui d&#233;place l'attention de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'anthropocentrisme funeste vers une &#233;cologie sociale qui prend en&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;ration le bonheur du vivant &#187;. Partout, des groupes entrent en&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sistance contre les multiples atteintes &#224; l'autonomie, contre les gaspillages&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;nerg&#233;tiques et alimentaires. Mais il faut aussi s'attendre &#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que se d&#233;veloppent les terrains conflictuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partie &#224; cause de nos mod&#232;les urbains, notre empreinte &#233;cologique&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est pas soutenable. &lt;i&gt;Aur&#233;lien Boutaud&lt;/i&gt; apporte de nombreuses&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;cisions sur cet indicateur qui explose dans le cas de l'&#233;talement&lt;br class='autobr' /&gt;
urbain. Plaidant en faveur d'un retour du politique afin de r&#233;duire&lt;br class='autobr' /&gt;
l'empreinte &#233;cologique de nos villes, l'auteur rappelle que &#171; la somme&lt;br class='autobr' /&gt;
des int&#233;r&#234;ts individuels, bien loin d'avoir men&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, a&lt;br class='autobr' /&gt;
finalement cr&#233;&#233; une situation largement insoutenable sur le plan collectif&lt;br class='autobr' /&gt; &#187;. Mais si l'am&#233;nagement du territoire est bien la traduction spatiale&lt;br class='autobr' /&gt;
du mod&#232;le productiviste, c'est bien ce mod&#232;le politique et&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomique qu'il faut abandonner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Territoires de la d&#233;croissance</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article69</link>
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		<dc:date>2010-03-29T14:37:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Entropia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous sommes de plus en plus nombreux &#224; penser que la &#171; Crise &#187; en cours est anthropologique en ce qu'elle met en danger la vie m&#234;me de notre esp&#232;ce. Cette &#171; Crise &#187; est le r&#233;sultat d'un usage insoutenable du monde. Elle a toutefois le m&#233;rite, si l'on peut dire, de rappeler des &#233;vidences oubli&#233;es que l'objection de croissance incite &#224; revivifier. Ce dossier est consacr&#233; &#224; l'une d'entre elles : l'homme est un animal territorial, et l'esp&#232;ce humaine, &#224; la fois nomade et s&#233;dentaire, vit sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;N&#176; 8 - Territoires de la d&#233;croissance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes de plus en plus nombreux &#224; penser que la &#171; Crise &#187; en&lt;br class='autobr' /&gt;
cours est anthropologique en ce qu'elle met en danger la vie m&#234;me de&lt;br class='autobr' /&gt;
notre esp&#232;ce. Cette &#171; Crise &#187; est le r&#233;sultat d'un usage insoutenable du&lt;br class='autobr' /&gt;
monde. Elle a toutefois le m&#233;rite, si l'on peut dire, de rappeler des &#233;vidences&lt;br class='autobr' /&gt;
oubli&#233;es que l'objection de croissance incite &#224; revivifier. Ce dossier&lt;br class='autobr' /&gt;
est consacr&#233; &#224; l'une d'entre elles : l'homme est un animal territorial,&lt;br class='autobr' /&gt;
et l'esp&#232;ce humaine, &#224; la fois nomade et s&#233;dentaire, vit sur la Terre et&lt;br class='autobr' /&gt;
pas ailleurs. Ses membres ont fini par occuper tous les espaces possibles,&lt;br class='autobr' /&gt;
y compris les plus inhospitaliers. Mais, en m&#234;me temps, les&lt;br class='autobr' /&gt;
hommes semblent ob&#233;ir &#224; un &#233;trange &#171; tropisme d'agglutination &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme si le ph&#233;nom&#232;ne urbain &#233;tait la derni&#232;re figure possible du ph&#233;nom&#232;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
humain. Les cons&#233;quences &#233;cologiques, politiques et sociales&lt;br class='autobr' /&gt;
de cette pathologie &#233;volutive, jointe aux effets d&#233;sastreux d'un capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
de casino sont maintenant flagrantes et intol&#233;rables en tous lieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi se pose la relation entre d&#233;croissance et territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La carte n'est pas le territoire &#187; : cette m&#233;morable affirmation du&lt;br class='autobr' /&gt;
comte Alfred Habdank Skarbeck Korzybski&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Korzybski (1879 &#8211; 1950) est le fondateur de la s&#233;mantique g&#233;n&#233;rale.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rejoint, dans le registre&lt;br class='autobr' /&gt;
mettant en cause les fondements de la logique d'Aristote, la non moins&lt;br class='autobr' /&gt;
fameuse phrase de Ren&#233; Magritte : &#171; Ceci n'est pas une pipe &#187;, &#233;crite&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s soigneusement sous l'image peinte d'une pipe&#8230; Dans le m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
registre invitant &#224; la lib&#233;ration de nos cortex asservis, la librairie &#201;codif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La librairie de l'&#233;cologie politique, 247 rue du Faubourg Saint-Martin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
propose, depuis quelques ann&#233;es, un planisph&#232;re qui inverse le&lt;br class='autobr' /&gt;
Nord et le Sud et sur lequel les territoires habit&#233;s sont d&#233;sign&#233;s par le&lt;br class='autobr' /&gt;
nom des peuples et non par celui des &#201;tats. Il en d&#233;coule une imm&#233;diate&lt;br class='autobr' /&gt;
et surprenante mise en question des a priori de nos repr&#233;sentations&lt;br class='autobr' /&gt;
du monde&#8230; Le rapprochement de ces trois r&#233;f&#233;rences n'a d'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
fonction, ici, que de rappeler que &#171; la d&#233;croissance &#187; est autre chose&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'image mentale que l'on s'en fait. Ou, plus exactement, que les&lt;br class='autobr' /&gt;
partisans ou les adversaires de l'objection de croissance s'en font des&lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentations diff&#233;rentes, li&#233;es bien davantage &#224; leurs conditionnements&lt;br class='autobr' /&gt;
socioculturels qu'&#224; l'observation des ph&#233;nom&#232;nes qui les concernent&lt;br class='autobr' /&gt;
pourtant directement dans les territoires r&#233;els et imaginaires de&lt;br class='autobr' /&gt;
leur vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le paysage d&#233;vast&#233; des concepts &#224; la mode, il faut bien constater&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'air du temps para&#238;t favorable &#224; l'objection de croissance&lt;br class='autobr' /&gt;
comme le paratonnerre attire la foudre. Car, il s'agit bien, en fin de&lt;br class='autobr' /&gt;
compte, de retrouver concr&#232;tement, politiquement et po&#233;tiquement,&lt;br class='autobr' /&gt;
une prise &#224; la terre, non foudroyante de pr&#233;f&#233;rence. Il est donc de premi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessit&#233; de renouer avec un usage du monde qui inspire et&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagne des actions de r&#233;sistances et de cr&#233;ations, en situation, face&lt;br class='autobr' /&gt;
aux r&#233;surgences totalitaires toujours possibles d&#232;s lors que,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'accoutumant &#224; tol&#233;rer l'intol&#233;rable, la conscience et le souci du monde&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;faillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses contributions rassembl&#233;es ici dessinent par elles-m&#234;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
un paysage r&#233;flexif d'une coloration d'autant plus singuli&#232;re qu'elle ne&lt;br class='autobr' /&gt;
fut pas pr&#233;m&#233;dit&#233;e. Faut-il y voir une victoire de l'al&#233;atoire et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'incertain sur l'intentionnel et le calcul ? Ou faut-il seulement y d&#233;celer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'in&#233;vitable trace de m&#233;lancolie inh&#233;rente &#224; notre condition humaine&lt;br class='autobr' /&gt;
quand, sous les effets d'une perception sensible et cons&#233;quente du r&#233;el,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle convient de renoncer aux attraits sans avenir de la domination pour&lt;br class='autobr' /&gt;
embrasser ceux du partage et des incertitudes infinies ?&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alfred Korzybski (1879 &#8211; 1950) est le fondateur de la s&#233;mantique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La librairie de l'&#233;cologie politique, 247 rue du Faubourg Saint-Martin, 75010&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, ecodif@lesverts.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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