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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Par-del&#224; nature et culture</title>
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&lt;p&gt;Il faut une immense &#233;rudition et une belle audace pour remettre en chantier d'une mani&#232;re novatrice l'imm&#233;morial d&#233;bat conceptuel sur les relations entre nature et culture. Philippe Descola ne manque ni de l'une ni de l'autre. Il consid&#232;re que &#171; l'anthropologie est aujourd'hui confront&#233;e &#224; un d&#233;fi formidable : soit dispara&#238;tre avec une forme &#233;puis&#233;e d'humanisme, soit se m&#233;tamorphoser en repensant son domaine et ses outils de mani&#232;re &#224; inclure dans son objet bien plus que l'anthropos, toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut une immense &#233;rudition et une belle audace pour remettre en chantier d'une mani&#232;re novatrice l'imm&#233;morial d&#233;bat conceptuel sur les relations entre nature et culture. Philippe Descola ne manque ni de l'une ni de l'autre. Il consid&#232;re que &#171; l'anthropologie est aujourd'hui confront&#233;e &#224; un d&#233;fi formidable : soit dispara&#238;tre avec une forme &#233;puis&#233;e d'humanisme, soit se m&#233;tamorphoser en repensant son domaine et ses outils de mani&#232;re &#224; inclure dans son objet bien plus que l'&lt;i&gt;anthropos&lt;/i&gt;, toute cette collectivit&#233; des existants li&#233;e &#224; lui et rel&#233;gu&#233;e &#224; pr&#233;sent dans une fonction d'entourage &#187; [p. 15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ce postulat, Descola imagine possible et n&#233;cessaire &#171; une anthropologie de la nature &#187; ouverte &#224; la part d'eux-m&#234;mes et du monde aux moyens desquels les humains s'objectivent en l'actualisant. Son enqu&#234;te sur tous les continents lui permet de mettre en &#233;vidence quatre fa&#231;ons d&#233;terminantes d'identifier &#171; les existants &#187; et de les regrouper &#224; partir de traits communs : &lt;i&gt;le tot&#233;misme, l'analogisme, l'animisme&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le naturalisme&lt;/i&gt;. Soit, quatre &#171; usages du monde &#187; diff&#233;rents, dont seul le dernier, &lt;i&gt;le naturalisme&lt;/i&gt;, s'est institu&#233; comme &#171; certitude &#187; &#224; partir d'une pression occidentale devenue dominante &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Mais il convient, selon l'auteur, de renoncer &#224; l'id&#233;e d'&#171; une construction culturelle de la nature [&#8230;] Car, si la nature &#233;tait devenue enti&#232;rement culturelle, elle n'aurait plus de raison d'exister, ni la culture au moyen de laquelle ce processus est cens&#233; s'accomplir, la disparition de l'objet &#224; m&#233;diatiser supposant l'inutilit&#233; d'un agent m&#233;diateur. Qu'elle soit naturante ou natur&#233;e, la nature r&#233;affirme ainsi &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt; sa dominance, et la culture sa subordination. &#187; [p. 279].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Descola, et c'est l&#224;, de mon point de vue, sa grande originalit&#233;, s'efforce de tracer une voie permettant de concilier la rigueur de l'enqu&#234;te scientifique et le respect de la diversit&#233; des &#233;tats du monde (&#171; les existants &#187;). Il nomme cette posture &lt;i&gt;&#171; l'universalisme relatif &#187;&lt;/i&gt; [p. 419], o&#249; le terme &#171; relatif &#187; se rapporte &#224; une relation et non pas comme contraire &#224; l'absolu, &#224; l'id&#233;al. Cette pr&#233;cision n'est pas une coquetterie s&#233;mantique. Elle est capitale. Elle nous introduit dans &#171; une &#233;cologie des relations &#187; entre le monde des humains, celui des &#171; existants non humains &#187;, comme celui des artefacts produits par l'homme. Elle permet d'&#233;clairer le lien existentiel et m&#233;tamorphique que, jusqu'ici et d'une mani&#232;re inaboutie, &#171; seules, la po&#233;sie, la psychanalyse ou la mystique avaient tent&#233; de r&#233;v&#233;ler &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;pilogue, Philippe Descola ouvre des perspectives politiques qui croisent ind&#233;niablement celles de ce que nous nommons l'objection de croissance et la recherche d'un &#171; apr&#232;s &#187; succ&#233;dant &#224; l'impasse du d&#233;veloppement. Constatant que le capitalisme n'est qu'une variante du naturalisme, &#171; avec le f&#233;tichisme de la marchandise, on le sait, les relations entre les personnes dans leur travail tendent &#224; se pr&#233;senter comme un rapport o&#249; les choses se lient entre elles, par contraste avec l'animisme, par exemple, o&#249;, dans le langage de Marx, ce seraient plut&#244;t les choses se liant entre elles qui s'imaginent nouer un rapport entre personnes. &#187; Il en r&#233;sulte que, dans sa forme pr&#233;sente, l'ali&#233;nation capitaliste tend &#224; parer des g&#233;n&#233;ralit&#233;s abstraites comme la conjoncture, la croissance ou le seuil de rentabilit&#233;, d'un statut d'entit&#233;s intentionnelles ind&#233;pendantes, mais &#171; il est n&#233;anmoins difficile &#224; ceux qui en subissent les effets de croire pleinement et &#224; tout moment que ce sont ces choses qui, par elles-m&#234;mes, gouvernent le destin de milliards d'humains, et non ceux qui s'en font les oracles int&#233;ress&#233;s. Ainsi, bien que la production soit peu &#224; peu devenue dans les collectifs naturalistes le sch&#232;me central de la relation aux non humains &#8211; un fait que la prolif&#233;ration des organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s a rendu patent pour tous &#8211; son usage n'est pas parvenu encore &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans les rapports entre humains, m&#234;me si les fantasmes suscit&#233;s par le clonage reproductif montrent &#224; quel point est grand chez certains le d&#233;sir de voir cro&#238;tre son empire. &#187; [p. 540]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, cette &#171; somme &#187; de six cent vingt-trois pages n'est pas une lecture de plage. Il est fr&#233;quent d'y rencontrer des phrases de plus de soixante-dix mots &#224; la syntaxe proustienne. N&#233;anmoins, et quel que soit l'accord ou le d&#233;saccord que ce livre peut susciter, j'en recommande vivement l'&#233;tude aux lecteurs d'&lt;i&gt;Entropia&lt;/i&gt;, au moins pour trois raisons : la premi&#232;re parce qu'il fait le point sur les recherches anthropologiques les plus actuelles, la seconde tient &#224; ce qu'il nous invite &#224; une recomposition et &#224; un r&#233;am&#233;nagement des divers domaines des sciences humaines. Quant &#224; la troisi&#232;me raison suffisante de plonger dans cet ouvrage majeur, je dirais, pour l'avoir profond&#233;ment per&#231;ue, qu'elle rel&#232;ve de qui est central dans l'objection de croissance : la d&#233;colonisation de l'imaginaire. En effet, je pense que nous n'avons pas encore pris la mesure exacte de nos conditionnements en mati&#232;re d'imaginaire collectif plomb&#233; par l'utilitarisme ali&#233;nant, compris comme une composante envahissante de la modernit&#233;, en particulier dans nos relations intimes &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; politiques avec la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ignore, &#233;videmment, si la m&#233;ditation de ce livre provoquera chez d'autres lecteurs les m&#234;mes sensations que celles que j'ai &#233;prouv&#233;es. J'y ai trouv&#233;, quant &#224; moi, un sentiment que je dirais de r&#233;conciliation avec la r&#233;alit&#233; du monde. R&#233;alit&#233; dont le sens reste par nature ind&#233;finissable, et que seul l'art et la po&#233;sie me procurent. Et, en m&#234;me temps, cet ouvrage m'a confirm&#233; dans la conviction que nous ne vivons jamais compl&#232;tement dans la seule dimension propos&#233;e sinon impos&#233;e par &lt;i&gt;le naturalisme&lt;/i&gt; moderne. Une part de nous-m&#234;mes n'emprunte-t-elle pas parfois, que nous en soyons conscients ou non, les sentiers de &lt;i&gt;l'analogisme&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;l'animisme&lt;/i&gt;, voire du &lt;i&gt;tot&#233;misme&lt;/i&gt; ? Qui, semblable en cela &#224; l'esprit de la Chine ancienne, n'a jamais fait usage de l'analogie pour se repr&#233;senter l'homme, la soci&#233;t&#233; et le monde ? Qui peut affirmer sans mentir n'avoir jamais parl&#233; au vent, aux nuages, aux animaux, et aux choses elles-m&#234;mes ? Qui, enfin, lisant &lt;i&gt;La Pens&#233;e sauvage&lt;/i&gt; de Claude L&#233;vi-Strauss, n'a pas, ne serait-ce qu'en r&#234;vant admis la pertinence de certaines filiations tot&#233;miques ? L'envahissement publicitaire n'utilise-t-il pas ces quatre registres simultan&#233;ment en r&#233;cup&#233;rant au profit de la marchandisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e l'esprit du Surr&#233;alisme ? Cette reconnaissance de faits et d'intentions inavou&#233;s, sinon inavouables, pourrait non seulement nous relier intimement &#224; des collectifs disparus ou en voie de disparition dont certaines formes et repr&#233;sentations sont toujours vives, mais enfouies ou d&#233;ni&#233;es en nous, mais &#233;galement nous permettre d'acc&#233;der &#224; une &#171; universalit&#233; nouvelle &#187; o&#249; la nature ne sera plus devenue orpheline de ses rapporteurs parce qu'ils ne sauront pas &#171; lui conc&#233;der de v&#233;ritables moyens d'expression &#187;. [p. 552] Nous sommes l&#224;, faut-il le souligner, bien loin de l'universalisme &lt;i&gt;naturaliste&lt;/i&gt; et dominateur de l'Occident, sans rien renier toutefois de l'apport occidental incontestable au processus d'humanisation jamais achev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mot choisi pour titre de cette revue, &lt;i&gt;Entropia&lt;/i&gt;, signifie &#171; se retourner &#187;, en grec, ce verbe pronominal en fran&#231;ais, outre ses diverses significations d'ordre corporel (tourner la t&#234;te en arri&#232;re, faire un demi-tour, changer de position en se tournant dans un autre sens), depuis 1723, il a pris un sens particuli&#232;rement int&#233;ressant pour &#233;clairer notre d&#233;marche intellectuelle et pratique vers un apr&#232;s-d&#233;veloppement : &#171; changer de ligne de conduite afin de s'adapter &#224; des circonstances nouvelles &#187;, je suis convaincu que &lt;i&gt;Par-del&#224; nature et culture&lt;/i&gt; de Philippe Descola peut nous aider &#224; accomplir cette r&#233;volution de la pens&#233;e et de l'action qui se trame derri&#232;re le mot provocant de d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude BESSON-GIRARD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Descola, &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Par-dela-nature-et-culture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Par-del&#224; nature et culture&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;, Gallimard, Paris, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La D&#233;crois&#173;sance heureuse</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article141</link>
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		<dc:date>2016-02-26T23:48:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge LATOUCHE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Maurizio Pallante est l'un des principaux propagandistes de la d&#233;croissance en Italie. Apr&#232;s s'&#234;tre consacr&#233; pendant de longues ann&#233;es &#224; la critique de l'incroyable gaspillage d'&#233;nergie et &#234;tre devenu un v&#233;ritable expert en mati&#232;re de r&#233;duction de consommation et d'&#233;nergies alternatives, il s'est lanc&#233; dans une croisade pour la d&#233;croissance heureuse. Le petit livre dont nous rendons compte rassemble 11 essais abordant des aspects assez divers de l'&#233;nergie &#224; l'&#201;tat social en passant par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Maurizio Pallante est l'un des principaux propagandistes de la d&#233;croissance en Italie. Apr&#232;s s'&#234;tre consacr&#233; pendant de longues ann&#233;es &#224; la critique de l'incroyable gaspillage d'&#233;nergie et &#234;tre devenu un v&#233;ritable expert en mati&#232;re de r&#233;duction de consommation et d'&#233;nergies alternatives, il s'est lanc&#233; dans une croisade pour la d&#233;croissance heureuse. Le petit livre dont nous rendons compte rassemble 11 essais abordant des aspects assez divers de l'&#233;nergie &#224; l'&#201;tat social en passant par les pays pauvres, alertes, didactiques et d'une lecture facile. L'ensemble constitue un pladoyer vigoureux, averti et intelligent pour la &#171; d&#233;marchandisation &#187;. Il s'agit de se procurer les m&#234;mes satisfactions mais sans recourir au syst&#232;me marchand. L'impact en sera un recul du PIB et donc de l'empreinte &#233;cologique pour le plus grand bonheur de tous (sauf peut-&#234;tre des marchands&#8230;). Il existe, en effet, deux voies pour la d&#233;croissance personnelle : consommer moins, c'est la sobri&#233;t&#233;, ou bien auto-produire et &#233;changer selon la logique du don. Seul celui qui ne sait rien faire est condamn&#233; &#224; devenir un consommateur acharn&#233; et cette incapacit&#233; est un appauvrissement culturel. Dans le choix de la sobri&#233;t&#233;, on pense sauver la plan&#232;te en allant vivre &#224; la campagne pour manger &#171; bio &#187;, mais on multiplie les parcours en voiture pour aller en ville avec toutes sortes de bons motifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le sympathique guide du &#171; downshifting &#187; &#224; usage des bobos de Christilla (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Michel Bernard avait &#233;voqu&#233; ainsi le calvaire du &#171; d&#233;croissant &#187; consciencieux qui veut vraiment r&#233;duire globalement l'empreinte &#233;cologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; sortir des pi&#232;ges de l'effet rebond &#187;, Silence, N&#176; 322 avril 2005.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les &#233;l&#233;ments d'une &#233;conomie complexe comme la n&#244;tre &#233;tant interd&#233;pendants, producteurs, consommateurs, argent, marchandises, environnement interagissent. Ce que nous &#233;pargnons d'un c&#244;t&#233; cr&#233;e un appel d'air pour plus de d&#233;penses. Confront&#233; &#224; des objections du type de celles de Michel Bernard dans sa croisade pour une d&#233;croissance heureuse, Maurizio Pallante a tendance &#224; voir dans l'auto production &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; solution du probl&#232;me. Le remplacement d'une marchandise par un bien non marchand diminue non seulement le produit int&#233;rieur brut de la valeur de cette marchandise mais aussi de tous les intrants associ&#233;s en cascade (emballages, transports, d&#233;chets&#8230;). Dans la mesure du possible, en revenir &#224; l'&lt;i&gt;autoproduction&lt;/i&gt; serait donc souhaitable. En fabriquant son petit yogourt soi-m&#234;me, comme il le pr&#233;conise, on supprime les emballages plastiques et cartons, les agents conservateurs, le transport (donc &#233;conomie de p&#233;trole, de CO2 et de d&#233;chets) et l'on gagne des bact&#233;ries pr&#233;cieuses pour la sant&#233;. Et bien s&#251;r, on fait diminuer consid&#233;rablement le PIB, les imp&#244;ts (TVA, taxes sur les carburants), ce qui a toutes sortes d'effets r&#233;cessifs en cascades sur les institutions, comme sur la demande (moins de plastique, donc moins de p&#233;trole, donc moins de taxes, effets positifs sur la sant&#233;, donc moins de m&#233;dicaments, de m&#233;decins, moins de transports routiers, donc moins d'accidents, donc moins de m&#233;decine, etc.) La m&#234;me analyse peut &#234;tre faite avec l'abandon de l'eau en bouteilles plastiques venues d'ailleurs et au retour &#224; l'eau du robinet provenant d'une nappe phr&#233;atique de proximit&#233; assainie. Cela est vrai aussi pour les services. &#171; Le soin de ses propres enfants ou l'assistance aux vieux faits avec amour, remarque Pallante, sont qualitativement sup&#233;rieurs &#224; tout ce que peut faire une personne salari&#233;e, mais cette activit&#233; faite contre paiement fait cro&#238;tre le PIB, l'autre, offerte par amour, non&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;p. 24.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; On a l&#224; une spirale vertueuse de d&#233;croissance. Toutefois, cela seul ne suffit pas. Si cette substitution entra&#238;ne une &#233;pargne mon&#233;taire, &#224; moins de st&#233;riliser b&#234;tement celle-ci, la d&#233;pense fera cro&#238;tre le PIB dans des proportions &#233;gales &#224; la baisse. L'unique possibilit&#233; pour &#233;viter cet effet-rebond est de r&#233;duire son travail r&#233;mun&#233;r&#233; pour se consacrer &#224; d'autres activit&#233;s gratifiantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4Pallante, La d&#233;crescita felice, op. cit, p. 88.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;duire sa consommation pour travailler moins et consacrer plus de temps aux exigences spirituelles, aux relations humaines, familiales, sociales, &#233;rotiques, culturelles, religieuses. Voire &#224; regarder les nuages, &#171; les merveilleux nuages &#187; comme &#171; l'&#233;tranger &#187; de Baudelaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Baudelaire. Petits po&#232;mes en prose, Le Spleen de Paris. Cit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il existe sans doute d'autres moyens concrets de restreindre la d&#233;pendance de la logique globale. Une politique de d&#233;croissance se devrait de mener des recherches pour les trouver et les promouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc de r&#233;duire la surconsommation, bien s&#251;r, mais plus encore la pr&#233;dation et le gaspillage. Plut&#244;t que de fermer les usines automobiles et mettre les ouvriers au ch&#244;mage, il vaudrait mieux songer &#224; les reconvertir dans la fabrication de cog&#233;n&#233;rateurs domestiques (dont la technologie est proche) pour mettre en &#339;uvre le sc&#233;nario N&#233;gawatt de division par quatre de nos consommations d'&#233;nergie. L&#224; on retrouve l'expert imbattable sur son terrain. Seul un tiers du p&#233;trole qui entre dans les centrales thermo&#233;lectriques devient de l'&#233;lectricit&#233;. Deux tiers se perdent dans l'environnement sous forme de chaleur inutilis&#233;e. Seulement les entreprises qui produisent, distribuent et vendent l'&#233;nergie n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; un accroissement de l'efficience dans l'utilisation et &#224; une r&#233;duction du gaspillage puisque cela signifierait une baisse de la demande et donc de leurs profits. Les &#233;nergies renouvelables, en revanche, comme le solaire ou les &#233;oliennes sont adapt&#233;es &#224; des implantations et des usages locaux. On &#233;vite les d&#233;perditions dues au transport et la soustraction du sol aux usages agricoles. La relocalisation compl&#232;te ainsi la fresque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;chappe-t-on pour autant &#224; tout effet rebond ? probablement pas, car l'eau &#233;conomis&#233;e, l'air non pollu&#233;, le p&#233;trole ou l'&#233;nergie non consomm&#233;s, etc. sont th&#233;oriquement disponibles pour les &#171; salopards &#187; qui fonctionnent toujours dans l'imaginaire de la croissance et qui veulent produire toujours plus pour encaisser plus de profits et nous poussent &#224; consommer toujours plus et mal. Tant qu'on ne mettra pas un fond au tonneau des Dana&#239;des du consum&#233;risme, il sera impossible d'affirmer que le plein est fait&#8230; C'est sans doute du c&#244;t&#233; de la r&#233;ponse &#224; l'effet syst&#233;mique de la croissance dans les rapports de production que la critique de notre ami trouve ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge LATOUCHE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pallante Maurizio, La D&#233;crois&#173;sance heureuse. La qualit&#233; de la vie ne d&#233;pend pas du PIB&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;La Decrescita Felice. La qualit&#224; della vita non dipende dal PIL&lt;/i&gt;). Editori Riuniti, Roma 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le sympathique guide du &#171; downshifting &#187; &#224; usage des bobos de Christilla Pell&#233;-&lt;br class='autobr' /&gt;
Dou&#235;l &#171; Voulez-vous changer de vie ? &#187; (Le cherche midi, 2005) en fournit quelques exemples.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; sortir des pi&#232;ges de l'effet rebond &#187;, Silence, N&#176; 322 avril 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;4Pallante, La d&#233;crescita felice, op. cit, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Charles Baudelaire. Petits po&#232;mes en prose, Le Spleen de Paris. Cit&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
Pallante, op. cit. p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une philosophie de la consommation. Agent &#233;conomique et sujet moral.</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article123</link>
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		<dc:date>2012-01-07T23:14:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude BESSON-GIRARD, Serge LATOUCHE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sortir de l'imp&#233;rialisme de l'&#233;conomie et construire une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance comporte un versant th&#233;orique, &#224; savoir sortir de l'&#233;conomie politique comme discours dominant. Bien que partant d'une position essentialiste qui n'est pas la n&#244;tre, Arnaud Berthoud, dans un travail remarquable, esquisse pr&#233;cis&#233;ment une alternative th&#233;orique sous le nom de philosophie de la consommation. Il s'agit en fait d'une analyse subversive qui, en se rattachant &#224; l'&#339;conomique d'Aristote, d&#233;l&#233;gitime (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sortir de l'imp&#233;rialisme de l'&#233;conomie et construire une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance comporte un versant th&#233;orique, &#224; savoir sortir de l'&#233;conomie politique comme discours dominant. Bien que partant d'une position essentialiste qui n'est pas la n&#244;tre, Arnaud Berthoud, dans un travail remarquable, esquisse pr&#233;cis&#233;ment une alternative th&#233;orique sous le nom de philosophie de la consommation. Il s'agit en fait d'une analyse subversive qui, en se rattachant &#224; l'&lt;i&gt;&#339;conomique&lt;/i&gt; d'Aristote, d&#233;l&#233;gitime radicalement la science &#233;conomique. Celle-ci n'est qu'une &#171; chr&#233;matistique &#187; (science de l'accumulation de la richesse pour elle-m&#234;me). La consommation &#171; vraie &#187; consiste dans l'usage &#233;conome d'un ensemble de richesse ,constituant la propri&#233;t&#233; du sujet en vue du bonheur dans l'amiti&#233; avec soi-m&#234;me. Il remet, ce faisant, explicitement en question la dictature de la production, de la valeur d'&#233;change et donc implicitement de la croissance, et r&#233;habilite le don primordial et le relationnel non marchand au c&#339;ur d'un art de l'usage des choses et des personnes qui pourrait constituer un guide th&#233;orique pour la constitution d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance. &#171; Avant toute production et acquisition faite par l'homme, &#233;crit-il, il y a un don fait par la nature [p. 35]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce don, qui est don de son lieu et de son temps de vie, l'homme doit apprendre &#224; l'accueillir. Cet accueil, c'est l'accueil de l'autre, plante, animal, ou homme, d'abord. Suit la r&#233;introduction des rapports personnels dans l'art de consommer. &#171; Consommer ou entretenir sa vie en usant de ses semblables et de tous les biens mat&#233;riels, &#233;crit-il, c'est d'abord les recevoir dans une culture et dans un monde. Le don pr&#233;c&#232;de en cela la prise. L'acquiescement est ant&#233;rieur &#224; la prise de possession. L'accueil est le premier moment de l'appropriation [p. 54]. &#187; &#171; Dans l'&#233;conomie d'Aristote, poursuit-il, l'usage du semblable a une pr&#233;s&#233;ance sur l'usage des choses et le souci relatif &#224; &#8220;l'excellence des personnes&#8221; tient compte des fonctions, des statuts et des histoires [p. 37]. &#187; L'&#233;conomie poli&#173;tique et la science &#233;conomique ult&#233;rieure vont recevoir d'Adam Smith et de sa th&#233;orie de la consommation une notion de bonheur &#233;triqu&#233;e et chagrine qui exclut pr&#233;cis&#233;ment l'usage heureux du semblable. &#171; Tout ce qui fait la joie de vivre ensemble et tous les plaisirs du spectacle social o&#249; chacun se montre aux autres dans tous les lieux du monde &#8211; march&#233;s, ateliers, &#233;coles, administrations, rues ou places publiques, vie domestique, lieux de loisir&#8230; sont retir&#233;s de la sph&#232;re &#233;conomique et plac&#233;s dans les sph&#232;res de la morale, de la psychologie ou de la politique. Le seul bonheur encore attendu de la consommation se trouve s&#233;par&#233; du bonheur des autres et de la joie commune. [p. 38] &#187; Il n'y a ni jouissance premi&#232;re du don, ni plaisir de l'usage d'autrui, ni m&#234;me de sa propre d&#233;pense d'&#233;nergie dans l'accomplissement des t&#226;ches. C'est le naufrage de Robinson, cette figure mythique de la &lt;i&gt;sinistre&lt;/i&gt; science des classiques anglais. &#171; Son travail est v&#233;cu comme un mal qui lui permet de fuir un mal plus grand encore. Le bonheur n'est rien d'autre qu'une distance toujours plus loin du malheur &#8211; une accumulation sans fin de produits qui font toujours davantage obstacle au retour possible du naufrage primitif. [p. 39] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthoud fonde ainsi un nouveau concept de la richesse. La premi&#232;re richesse dans la vie d'un homme, c'est le sein maternel et la derni&#232;re, la main de l'infirmi&#232;re sur son lit de mort. &#171; &#202;tre riche, dit-il, est d'abord le fait d'un individu qui dispose de ce qui lui est propre pour vivre et jouir de sa vie, tandis que &#171; le bien-&#234;tre produit n'est qu'un pouvoir pour produire &#224; nouveau [p. 39 et 41] &#187;. Le bon usage de la vie suppose de (re)trouver le sens des limites et la &#171; juste &#187; valeur des choses. Les biens &#171; relationnels &#187; ont un r&#244;le central dans cette &#233;conomie du bonheur. &#171; Lorsque le consommateur trouve au contraire son bonheur dans l'usage de ses semblables autant que dans l'usage des choses, sa jouissance se r&#233;fracte comme un faisceau de lumi&#232;re de miroir en miroir et le bonheur se multiplie en se partageant [p. 91]. &#187; La &#171; vraie &#187; consommation c'est d'abord l'usage de tous par chacun. &#171; Lorsque l'individu devient un bon &#233;conome, sa propri&#233;t&#233; remplit alors parfaitement son office, qui est de lui permettre de jouir de sa vie propre &#224; l'abri de l'existence publique ou dans l'enclos priv&#233; de sa vie. [&#8230;] Nous sommes pauvres ou riches selon la quantit&#233;, la qualit&#233; et la vari&#233;t&#233; des services dont nous disposons dans notre vie conjugale, familiale et sociale. [p. 43] &#187; Cette qualit&#233; s'exprime par les possessifs : &#171; ma &#187; femme, &#171; mon &#187; mari, &#171; mes &#187; enfants, &#171; mon &#187; ami, &#171; mon &#187; m&#233;decin, &#171; mon &#187; plombier etc. &#171; L'usage d'autrui pour la conservation de son &#234;tre trouve dans la consommation son moment principal et exemplaire. La collaboration dans le processus de production et la relation mutuelle dans l'&#233;change marchand pr&#233;supposent l'une et l'autre ce premier moment de la consommation du semblable par le semblable. [p. 44] &#187; Dans la &lt;i&gt;chr&#233;matistique&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire notre &#233;conomie marchande, &#224; l'inverse, &#171; L'homme riche est alors celui qui l'est toujours davantage ou qui poss&#232;de le pouvoir de l'&#234;tre bient&#244;t plus encore. Richesse est pouvoir. [p. 112] &#187; Berthoud nous montre alors pourquoi les services immat&#233;riels marchands sont pervertis par la logique du syst&#232;me et, sans le rechercher explicitement, nous indique en quoi ils ne peuvent convenir &#224; une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance. &#171; Les services consomm&#233;s sont en quelque sorte pr&#233;lev&#233;s sur la personne d'autrui et abstraits de tout ce qui constitue son affectivit&#233; et son individualit&#233;. L'usage du semblable par le semblable comme relation d'instrumentation est scind&#233;e en deux op&#233;rations qui se font face sym&#233;triquement de chaque c&#244;t&#233; de l'&#233;change : d'une part, la d&#233;pense d'un revenu, comme achat et, d'autre part, l'exercice d'une force de travail comme vente. Le service immat&#233;riel lui-m&#234;me est consid&#233;r&#233;, &#224; l'image du bien mat&#233;riel, comme une chose naturelle, silencieuse, d&#233;limit&#233;e et anonyme qui s'interpose entre les agents et les isole l'un de l'autre. L'entretien de la vie n'est plus d'abord une jouissance r&#233;fl&#233;chie d'autrui, mais elle est seulement une appropriation et une ingestion de choses. [p. 35] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me marchand transforme la jouissance sensuelle d'un soin personnel en un acte froid et m&#233;canique. Il rend la chair triste. &#171; Le service du semblable, pr&#233;cise Arnaud Bertoud, diff&#232;re profond&#233;ment du service immat&#233;riel que la science &#233;conomique range aujourd'hui &#224; c&#244;t&#233; des biens mat&#233;riels agricoles et industriels. Ce service immat&#233;riel n'est ni une chose dont le caract&#232;re symbolique et culturel rendrait le contour relativement indistinct, ni un objet dont l'usage dans la consommation &#233;voquerait la commune servitude de la condition humaine. [&#8230;] Le service immat&#233;riel, ce n'est pas une forme sous laquelle s'offre au d&#233;sir du consommateur quelque chose de son semblable, c'est plut&#244;t ce qui dans l'&#233;tat pr&#233;sent du consommateur est d&#233;j&#224; par anticipation transform&#233; par l'activit&#233; sp&#233;cifique d'un producteur. Le service immat&#233;riel, c'est l'effet de l'activit&#233; productive d&#233;sign&#233;e comme activit&#233; &#8220;tertiaire &#8221;. [p. 50] &#187; Dans le service marchand &#171; le prix du service lib&#232;re la relation mutuelle de toute servitude commune [&#8230;] Ce n'est plus ce qui lie imm&#233;diatement un homme &#224; un autre dans une symbolique et une culture marqu&#233;e par la d&#233;pendance commune du besoin ; c'est au contraire ce qui les d&#233;lie l'un de l'autre en les int&#233;grant ensemble dans une soci&#233;t&#233; marchande o&#249; chacun est quitte de tous les autres. [p. 51] &#187; On est au c&#339;ur du d&#233;sert glac&#233; de l'imaginaire de l'&#233;conomique classique formul&#233; par Hobbes et qu'il rappelle : &#171; Que personne ne se lie plus imm&#233;diatement aux autres et que chacun ne fasse de sa vie de consommateur qu'une affaire &#233;minemment priv&#233;e ou solitaire qui le rattache uniquement aux choses de la nature ! [p. 46] &#187; La notion de richesse est ainsi rabattue sur le mod&#232;le exclusif du bien mat&#233;riel. Tout cela confirme les doutes que nous avions &#233;mis sur l'&#233;cocompatibilit&#233; du capitalisme et d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, pour que l'usage d'autrui ne tombe pas non plus dans le servage abusif, il convient d'introduire le garde-fou kantien. &#171; La consommation ignorant &#8220;les personnes&#8221; et ne connaissant que le semblable se trouverait en ce sens en dehors de la morale et de la libert&#233;. &#187; Tel est l'apport de Kant. &#171; Le consommateur use de ses semblables comme de moyens selon son d&#233;sir &#8211; et c'est ici sa servitude &#8211; mais il doit faire de son d&#233;sir une volont&#233; en se traitant soi-m&#234;me comme sujet moral ou comme &#8220;personne&#8221; &#8211; la servitude devenant alors un &#233;tat librement assum&#233; dans l'horizon de la morale et de la politique. [p. 48] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut sembler &#233;trange, de prime abord, que le rejet du consum&#233;risme prenne la forme d'une r&#233;habilitation de la consommation. C'est que l'adh&#233;sion de Berthoud &#224; une conception substantielle l'am&#232;ne &#224; raisonner sur des essences : l'essence de la consommation, du travail, de l'&#233;conomie. Il distingue en cons&#233;quence une &#171; bonne &#187; &#233;conomie d'une &#171; mauvaise &#187;, une &#171; bonne &#187; consommation d'une &#171; mauvaise &#187;, l&#224; o&#249; nous parlons de la n&#233;cessit&#233; de sortir de l'&#233;conomie et o&#249; nous aurions tendance &#224; d&#233;noncer le pi&#232;ge des mots et &#224; chercher d'autres concepts. &#171; L'&#233;conomie domin&#233;e par l'argent n'est pas la seule &#233;conomie concevable et ne constitue pas l'&#233;conomie humaine v&#233;ritable. L'&#233;conomie v&#233;ritable, qu'une th&#233;orie pure non constructiviste peut proposer sous l'inspiration d'Aristote, c'est l'&#233;conomie de la consommation. [p. 192] &#187; &#171; La (bonne) science &#233;conomique est en premier lieu une science du vivre et du bien-vivre dont le consommateur est le support [&#8230;] On ne confondra donc pas l'&#233;conomie de la consommation, qui est un art et une &#233;thique de l'usage des richesses, et l'&#233;conomie de la production et de la reproduction, qui r&#233;pond &#224; la question de savoir comment s'enrichir ou rester au moins aussi riche qu'avant. [p. 78] &#187; &#171; En r&#233;sum&#233;, la notion de consommation est perdue lorsque l'usage des richesses n'est qu'usure de l'objet et habilet&#233; instrumentale ; elle est au contraire conserv&#233;e et comprise lorsqu'elle est fond&#233;e sur l'acquiescement d'un sujet &#224; l'objet. [p. 61] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La consommation dans la science &#233;conomique moderne n'est en r&#233;alit&#233; qu'une op&#233;ration de production de bien-&#234;tre conduite rationnellement et men&#233;e sans intelligence pratique ou sans vertu &#8211; ou sans autre vertu que l'habilet&#233; technique du producteur. [p. 131] &#187; L'exclusion du raisonnable explique ce qu'il appelle la &#171; pathologie de l'&#233;conomie &#187; (l&#224; o&#249; nous d&#233;non&#231;ons l'&#233;conomie comme pathologie du social, du politique et de l'&#233;thique) et l'&#233;garement du consommateur. &#171; La raison pratique de l'agent &#233;conomique prend ainsi la forme d'une critique de la mauvaise &#233;conomie en vue de la bonne &#233;conomie [&#8230;] La seule alternative v&#233;ritable &#224; une &#233;conomie math&#233;matique est une &#233;conomie &#233;thique. [p. 163] &#187; Quoiqu'il en soit, la corruption du &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt; usage en consommation obsessionnelle, base ou support de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence mercantile, s'explique par l'&#233;garement du d&#233;sir. &#171; Le consommateur d&#233;sire &#234;tre heureux et il choisit donc les richesses qui conviennent au mieux &#224; son d&#233;sir. Mais ce d&#233;sir lui-m&#234;me est fragile. Il s'&#233;gare et prend pour marque du bonheur ce qui ne lui procure en fait que du malheur. Cela vient de ce que le consommateur n'a pas une connaissance inn&#233;e de son bonheur. [p. 127] &#187; D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'avoir du temps libre, comme de retrouver le sens de l'habiter et du local, toutes choses essentielles &#224; la soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance, pour bien consommer&#8230; L'auteur revient &#224; plusieurs reprises sur cet &#171; &#233;garement &#187;. &#171; Le d&#233;sir peut s'ignorer comme volont&#233; et se prendre seulement comme pulsion, faim ou besoin illimit&#233; de vie dont la satisfaction, le bien-&#234;tre ou ce qu'il appelle encore le bonheur, ne peut venir que d'une accumulation de richesses produites avec art. Cet art de l'accumulation trouve son expression dans la chr&#233;matistique et le d&#233;sir d'argent. [&#8230;] Les richesses pr&#234;tent &#224; erreur et confusion. Le d&#233;sir s'&#233;gare du fait de la confusion entre besoin et volont&#233;. [p. 286] &#187; Berthoud ne le dit pas mais cet &#171; &#233;garement &#187;, nous le savons, est produit et entretenu par le syst&#232;me &#224; travers les sollicitations de la publicit&#233; et du marketing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, &#171; comment le consommateur peut-il revenir de son &#233;garement et devenir un consommateur heureux ? Comment peut-il s'&#233;carter du d&#233;sir d'argent et trouver l'acc&#232;s de son propre d&#233;sir ? Comment peut-il &#234;tre tout &#224; la fois rationnel ou raisonnable en soutenant en m&#234;me temps le refus des mauvais moyens et une critique de la fin illusoire ? [p. 127] &#187; C'est toute la question de la d&#233;colonisation de l'imaginaire qui est ainsi pos&#233;e. Berthoud ne r&#233;pond pas vraiment &#224; la question parce qu'il s'interdit de sortir du domaine strict de la consommation. Il ne s'interroge pas sur les causes de cet &#233;garement qui n&#233;cessiterait de questionner les rapports de production. Il esquisse tout de m&#234;me des voies qui rejoignent nos propres pistes, comme la red&#233;couverte du bon sens, qu'il appelle &#171; sens commun &#187; ou le &#171; travail sur soi &#187;. &#171; Le sens commun est plut&#244;t le sens en chacun de son humanit&#233; ou de son appartenance &#224; titre de membre quelconque de la m&#234;me communaut&#233; des &#234;tres vivants. Or cette id&#233;e de communaut&#233; est une id&#233;e morale et &#224; ce titre une t&#226;che et une r&#232;gle pour la volont&#233;. Le sens commun rel&#232;ve ainsi de la volont&#233; ou de la raison pratique. [p.&#8200;292] &#187; &#171; Il faut un travail sur soi du consommateur pour poser devant lui sa propri&#233;t&#233; et ses richesses en les accueillant dans leur alt&#233;rit&#233;. [p. 72] &#187; &#171; Il faut partir du monde donn&#233; aux hommes. La limite est alors donn&#233;e avec le ciel, la terre et le temps. La limite est dans le don. Il faut en particulier insister sur le temps. L'homme a du temps. Il re&#231;oit le temps de sa vie ou le temps des jours de sa vie. Au temps correspond le travail. Le travail est sans doute productif, mais il est d'abord la passion ou la souffrance du temps, une forme plus primitive et plus profonde du d&#233;sir, le point dans le corps et l'&#226;me o&#249; les jours astronomiques deviennent pour chacun les jours de sa vie. [p. 192] &#187; Si le rem&#232;de n'est pas d&#233;velopp&#233;, au-del&#224; de ce que laisse entrevoir la catharsis du sujet ali&#233;n&#233; et l'exigence &#233;thique, le diagnostic du mal a rarement &#233;t&#233; pouss&#233; aussi loin. Les bases d'une philosophie de la d&#233;croissance sont pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge LATOUCHE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Berthoud, &lt;a href=&#034;http://www.septentrion.com/fr/livre/?GCOI=27574100298740&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une philosophie de la consommation&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Agent&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomique et sujet moral&lt;/i&gt;, Presses universitaires du Septentrion,&lt;br class='autobr' /&gt;
Villeneuve d'Ascq, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hors champ - Fragments</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article122</link>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:56Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard CHARBONNEAU</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ces textes sont extraits du livre de Bernard Charbonneau : Une seconde nature, 1981. &lt;br class='autobr' /&gt; Des grandes fonctions sociales Qui parle de la soci&#233;t&#233;, ancienne et nouvelle, parle de l'univers. Mais dans le tout, il distingue bient&#244;t des fonctions sociales. Si l'on s'en tient au langage commun, ces grands Organes du corps social se ram&#232;nent &#224; cinq : la Religion, la Science (la Technique), l'Art (la Culture), l'Economie, la Politique (l'&#201;tat). &#192; quoi correspondent les grandes cat&#233;gories sociales (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces textes sont extraits du livre de Bernard Charbonneau : Une seconde&lt;br class='autobr' /&gt;
nature, 1981.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des grandes fonctions sociales&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui parle de la soci&#233;t&#233;, ancienne et nouvelle, parle de l'univers. Mais dans le tout, il distingue bient&#244;t des fonctions sociales. Si l'on s'en tient au langage commun, ces grands Organes du corps social se ram&#232;nent &#224; cinq : la Religion, la Science (la Technique), l'Art (la Culture), l'Economie, la Politique (l'&#201;tat). &#192; quoi correspondent les grandes cat&#233;gories sociales (pr&#234;tres, savants, artistes, industriels et trafiquants, princes et fonctionnaires). Ces fonctions tiennent une place plus ou moins voyante selon les soci&#233;t&#233;s : ainsi la Religion, d'officielle et institutionnelle dans celle d'hier, devient priv&#233;e et spontan&#233;e dans la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes sont indispensables &#224; la vie de la soci&#233;t&#233; et par cons&#233;quent &#224; celle de leurs membres. Au premier abord il ne vient pas &#224; l'id&#233;e de les critiquer en tant que telles, mais seulement, comme les sociologues, de d&#233;noncer leurs &#171; dysfonctions &#187;. Pourtant, comme toute autre r&#233;alit&#233;, ces grandes fonctions sont ambigu&#235;s. Ont-elles en effet pour but de servir les hommes qui composent la soci&#233;t&#233; et les fins que poursuit l'esprit humain, ou bien de les int&#233;grer dans telle ou telle collectivit&#233; particuli&#232;re ? Cette puissance d'int&#233;gration, et aussi de d&#233;sint&#233;gration, devient aujourd'hui si grande que le moment semble venu de critiquer la religion, la science, l'art, l'&#233;conomie et la politique &#8211; c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; &#8211; en tant que tels. L'entreprise para&#238;t ancienne, depuis les Grecs et les Juifs, des individus la pratiqu&#232;rent sur tel ou tel d&#233;tail ou avatar. Mais de cette vertigineuse cote 2000 o&#249; nous a hiss&#233;s le cours du temps nous avons maintenant vue sur l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'attaquant tout d'abord &#224; la soci&#233;t&#233; d'hier, je parlerai de la fonction fondamentale : la Religion. Dans la n&#244;tre elle est en mue, ce qui ne veut pas dire qu'elle disparaisse. Tant qu'il y aura un esprit humain il cherchera le Sens ; et tant qu'il y aura des &#234;tres sociaux, il leur faudra des mythes et des rites. La Religion persiste, mais comme les institutions perdent leur forme sacr&#233;e, l'&#233;nergie religieuse se r&#233;pand au petit bonheur dans la soci&#233;t&#233; o&#249; elle se manifeste &#224; l'&#233;tat sauvage, notamment en politique. Mais ni l'&#233;conomie, ni l'art, ni m&#234;me la science ne sont exemptes de cette contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que moins g&#233;n&#233;rale, la critique de la politique est elle aussi assez r&#233;pandue. Mais sauf l'exception de quelques anars, c'est toujours la d&#233;nonciation de celle d'en face : et elle est anim&#233;e par la foi en une politique &#8211; un &#201;tat &#8211; id&#233;ale qui assurerait la Justice et la Libert&#233; sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de l'&#233;conomie est encore moins fr&#233;quente dans nos soci&#233;t&#233;s qui se disent industrielles. Jusqu'&#224; ces derniers temps, l'opposition ne d&#233;non&#231;ait les vices de l'&#233;conomie que pour proposer de produire encore plus. La production reste la v&#233;rit&#233; &#339;cum&#233;nique d'un monde o&#249; l'&#233;conomie remplit semble-t-il avec la Politique le vide laiss&#233; par la religion. Et d&#233;sormais ce sont elles qui nous mystifient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin deux fonctions sociales restent aujourd'hui &#224; peu pr&#232;s taboues, bien que ce tabou s'op&#232;re par des voies tr&#232;s diff&#233;rentes : celles de la science et de l'art. Il semble en effet que dans des pays les plus avanc&#233;s les &#233;vidences de la production et de la croissance soient mises en cause par quelques marginaux, bient&#244;t suivis par la technostructure. Par contre si la technique est parfois critiqu&#233;e, la science reste en g&#233;n&#233;ral au-dessus de tout d&#233;bat comme autrefois la religion, car c'est &#224; elle d'en fixer les termes ; n'&#233;tait-ce quelques critiques proph&#233;tiques de Nietzsche concernant la science en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'art, tant qu'il ne sort pas du domaine o&#249; la soci&#233;t&#233; l'enferme, il est encore plus tabou que la science, Car si l'on tol&#232;re avec une douce indulgence qu'un artiste s'attaque &#224; la science, nul savant ne critiquera l'art : ces deux territoires n'ont pas de fronti&#232;res communes. Et si quelque savant d&#233;nonce un jour la &#171; litt&#233;rature &#187;, c'est pr&#233;cis&#233;ment lorsque, cessant d'&#234;tre litt&#233;raire, elle menacera le territoire de la science en s'attaquant &#224; la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle et humaine et en s'effor&#231;ant de la juger au lieu d'en divertir. Alors B&#233;b&#233; sera renvoy&#233; avec pertes et fracas &#224; sa nursery.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus que Cosinus, l'artiste est l'innocent du village. Pourtant, pas plus que la science, l'art n'est innocent. S'il y a une fonction sociale ambigu&#235;, c'est bien celle-ci. Car plus l'art devient l'art, plus ce mot signifie qu'il est hors du sens, de la vie quotidienne et pratique. Quand l'art a un sens, comme aujourd'hui en URSS, il n'y a plus d'art. Il sous-entend que toute beaut&#233; et po&#233;sie sont le fait d'individus ou d'instants privil&#233;gi&#233;s. L'art camoufle, il compense les r&#233;alit&#233;s de la mis&#232;re et de la servitude ; ce sont les soci&#233;t&#233;s les plus pauvres et les plus despotiques qui ont parfois l'art le plus brillant. La soci&#233;t&#233; cultive ainsi l'abc&#232;s de fixation sans quoi les toxines du r&#234;ve et de la r&#233;volte envahiraient son corps. Dans nos soci&#233;t&#233;s industrielles, l'art est l'alibi du prosa&#239;sme et de la laideur : les mus&#233;es se multiplient quand la grisaille envahit les rues, et le site class&#233; annonce que tous les autres vont dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi n'y a-t-il pas de fonction plus conformiste. C'est l'art qui fournit son d&#233;cor au th&#233;&#226;tre social, et &#224; sa classe dirigeante les ors qui la d&#233;signent au respect des inf&#233;rieurs. Hypocrisie de l'art, notamment moderne. Identifi&#233; &#224; la gratuit&#233; et au luxe il est sous le signe, en m&#234;me temps que de l'amour fou, du prix fou. Identifi&#233; &#224; la libert&#233; il est encha&#238;n&#233; &#224; la finance autant que l'industrie, et au prince autant que la cour. L'art est indissociable de la hi&#233;rarchie sociale. M&#234;me inconnu, l'artiste est noble, et le mythe m&#234;me du peintre maudit montre bien quel scandale il y a &#224; refuser au g&#233;nie fortune et notori&#233;t&#233; ; heureusement que t&#244;t ou tard il vaut des milliards. Comme en t&#233;moigne na&#239;vement Balzac, &#234;tre un artiste, c'est loger en un galetas en attendant de coucher avec les duchesses. C'est en vain qu'aujourd'hui travaill&#233;s par la mauvaise conscience les artistes se d&#233;guisent en anarchistes ou en marxistes, la bourgeoisie leur colle &#224; la peau. Et c'est dans la soci&#233;t&#233; en progr&#232;s o&#249; l'un parle &#171; d'art pour le peuple &#187;, que le mouvement de la mode se pr&#233;cipite, r&#233;servant toujours plus strictement la connaissance et l'usage des signes de l'art &#224; la fine pointe de l'&#233;lite cultiv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma libert&#233;, que je retrouve en mon prochain, m'oblige &#224; contester la religion : celle de mon temps. Si Dieu est Dieu, qu'il le d&#233;montre en me for&#231;ant &#224; plier le genou. Et Dieu aujourd'hui c'est la Science dont je dois d&#233;battre parce qu'elle fait de l'homme et de son univers un objet qu'elle manipule. Et je dois aussi prendre mes distances vis-&#224;-vis de l'&#233;conomie qui transforme tout en produit et en marchandise. Je refuse de m'identifier &#224; l'Etat qui sera toujours tant soit peu caserne ou prison. Ces fonctions sont n&#233;cessaires, je le sais, raison de plus pour s'en m&#233;fier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne me laisserai pas &#233;blouir par les splendeurs dor&#233;es de l'iconostase. Je contesterai l'art aussi bien que la religion, l'&#233;conomie ou la politique, mais pour la raison inverse. Je pr&#233;tends que la qualit&#233; de la vie est aussi n&#233;cessaire que la quantit&#233; ; l'existence confond ce que notre soci&#233;t&#233; distingue. J'ai besoin de beau comme d'air pour vivre : le bleu du ciel, c'est d'abord pour moi de l'ozone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai besoin de voir ; il me faut l'or du soir sur des Pyr&#233;n&#233;es d'am&#233;thyste, et non leur reflet photographi&#233; on peint. Pour tableau, j'ai besoin d'ouvrir mes volets sur une campagne ou une place que mes yeux se r&#233;galeront &#224; contempler. C'est mon pain quotidien, ma f&#234;te. J'ai besoin que la belle, courbe de l'outil &#233;pouse ma main comme le symbole qui l'orne mes raisons. Je leur donnerai le galbe et l'&#233;lan de la houle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De l'art sacr&#233;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; l'origine il n'y en a pas d'autre. Pas de conte qui ne soit un mythe, de signe qui n'&#233;voque un dieu. Nous l'avons oubli&#233; ; mais pourtant, rosace ou soleil, la fleur magique s'&#233;panouit toujours au linteau de la porte. Qu'elle est belle ! &#8211; Aujourd'hui c'est tout ce que nous trouvons &#224; dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de roi, pas de soci&#233;t&#233;s nues. Elle n'est elle-m&#234;me que drap&#233;e dans de brillants oripeaux que lui ont tiss&#233;s d'humbles artisans qualifi&#233;s plus tard de po&#232;tes ou d'artistes. Mais pour &#234;tre dissimul&#233;e dans un splendide fourreau, la lame n'en est que plus terriblement nue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art est la fonction collective par excellence. Le style, c'est la soci&#233;t&#233; ; plus on s'&#233;l&#232;ve dans la hi&#233;rarchie, plus les marches de l'autel resplendissent d'or. L'art est l'expression de la foi et du lien commun, l&#224; o&#249; ils sont le plus fort, le style est le plus strict : la soci&#233;t&#233; qui n'en a pas n'est pas. Aussi &#224; la source, o&#249; l'eau est la plus pure et le jaillissement le plus dru, pas question de cr&#233;ation individuelle ; les temples et leurs idoles ont pour auteurs des dieux dont les architectes et les sculpteurs ne sont que les man&#339;uvres. Pas de discours sur la magie de l'art, il l'est. La splendeur du style na&#238;t du frisson de la terreur sacr&#233;e par quoi les Soci&#233;t&#233;s manifestent leur divinit&#233;. Dans tout grand style s'exprime l'orthodoxie, l'absolu, en quoi s'an&#233;antit l'individu. L'implacable beaut&#233; des idoles mayas &#233;voque les charniers sur lesquels elles ont r&#233;gn&#233;, et la haute flamme rose qui s'&#233;panouit &#224; la vo&#251;te des Jacobins de Toulouse est celle-l&#224; m&#234;me des b&#251;chers de l'Inquisition qui a &#233;difi&#233; l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il faut &#234;tre superficiel pour s'en tenir &#224;, la forme, pour &#234;tre un esth&#232;te ! La rigueur du style est celle de la soci&#233;t&#233;. Dans celles qui s'humanisent, comme dans la Gr&#232;ce de Praxit&#232;le, la magie des formes se perd, ou bien elles se brouillent, comme au XIXe si&#232;cle. Et quand les religions politiques du XXe reconstituent la totalit&#233; sociale, le grand style ne se manifeste pas dans la peinture ou la litt&#233;rature, mais dans les messes r&#233;volutionnaires et militaires. C'est &#224; Nuremberg ou dans les parades de la Wehrmacht, et non dans les fades chromos des artistes de service qu'il faut chercher l'art du IIIe Reich ; de m&#234;me pour la Russie de Staline. Leur style est celui de l'Assyrie. Le trait qu'une soci&#233;t&#233; incise dans la pierre est celui-l&#224; m&#234;me quelle taille dans la chair. Mais il arrive parfois, un bref instant, quand le lien trop tendu est au point de se rompre, que la libert&#233; s'&#233;veille dans la foi, la raison, la nature et la loi intactes. Alors les dieux de l'Acropole fr&#233;missent, et Don Juan se dresse &#224; l'appel du Commandeur. Mais si br&#232;ve est l'&#233;blouissante acm&#233; qui annonce la foudre ! Et si long l'interminable roulement de la nu&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du Beau Dieu au dieu Beau&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Paix ou guerre, terre ou mer, jusqu'au XVIIIe si&#232;cle la richesse et la puissance ne sauvaient gu&#232;re de la souffrance et de la mort qui cernaient de partout les hommes, seulement de la faim. Sur la gal&#232;re r&#233;ale, juste au-dessus de la chiourme puante, l'empereur reposait sur des coussins de soie sous un dais frang&#233; d'or ; d'un instant &#224; l'autre le moindre caprice de la mer pouvait l'en chasser. Ce dont il s'&#233;tait veng&#233; sur les bals en ordonnant &#224; ses sculpteurs de tailler de glorieuses temp&#234;tes dans le c&#339;ur de ch&#234;ne de l'&#233;trave. Si l'eau venait &#224; manquer, il n'avait qu'un signe &#224; faire, dix serviteurs se pr&#233;cipitaient lui en apporter les derni&#232;res gouttes dans une aigui&#232;re d'oricbalque aux anses de vermeil ; le plus grand orf&#232;vre de Rome leur avait donn&#233; l'&#233;lan des vagues &#233;cumantes. Mais Benvenuto lui-m&#234;me n'avait rien pu contre l'&#233;touffement du casque et de la cuirasse et, ne pouvant vaincre l'acier, il l'avait furieusement damasquin&#233;. Pour la parade et la bataille, le prince l'ornait d'une &#233;charpe de soie rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le maigre surplus arrach&#233; aux pestes et aux famines d'Europe s'investissait dans le r&#234;ve et l'apparence qui, sculpt&#233;s dans le plus dur et le plus durable, devenaient r&#233;alit&#233;. Pour le peuple, on continuait &#224; b&#226;tir des &#233;glises o&#249; des miroirs appel&#233;s retables interposaient leurs tourbillons d'or entre lui et le noir du quotidien. Ces fausses portes triomphales, ces ciels peints o&#249; fuyaient des anges lui ouvraient l'illusion d'une issue. Mais Dieu s'&#233;tait fait prince, il habitait son &#233;glise devenue palais. Entre les colonnes et les gardes fig&#233;s en cariatides les portraits &#233;questres lui renvoyaient son image. Un mur, plus formidable encore que celui des bastions parce que non seulement &#233;difi&#233; de blocs parfaitement joints, mais camoufl&#233; par l'Art, repoussait la souffrance et la mort dans les t&#233;n&#232;bres ext&#233;rieures. Ceci avec d'autant plus de fi&#232;vre et de d&#233;lires que l'impuissance, le frisson et l'&#233;pid&#233;mie r&#244;daient, invisibles dans les avenues glac&#233;es des gloires imp&#233;riales ou monarchiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons plus d'&#233;glises et ne d&#233;pensons gu&#232;re pour orner nos palais. La Science a rendu semble-t-il pareille magie inutile. Nos princes n'ont plus besoin de glorifier ainsi leur pouvoir, ils l'ont. Ils n'ont m&#234;me rien d'autre, ils n'ont qu'&#224; presser sur un bouton pour survoler la terre dans un fauteuil. L'efficacit&#233; de nos armes ne r&#233;clame plus qu'on les orne d'une t&#234;te de Gorgone : elles le sont. Tandis que notre monde s'encombre d'hommes et de produits, il devient nu : comme nos murs, nos engins se suffisent &#224; eux-m&#234;mes. Nous avons fait reculer l'adversaire. Mais nulle cuirasse damasquin&#233;e ne nous prot&#232;ge plus de lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hors champ - Point de vue sur la r&#233;volution bolivarienne</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article121</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article121</guid>
		<dc:date>2012-01-07T23:13:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude LLENA, Y. H&#233;l&#232;ne de la FUENTE</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Notre maison br&#251;le et nous regardons ailleurs. La nature, mutil&#233;e, surexploit&#233;e, ne parvient plus &#224; se reconstituer et nous refusons de l'admettre . &#187; Jacques CHIRAC, Johannesburg le 2 septembre 2002 &lt;br class='autobr' /&gt; Le discours des hommes politiques peut parfois pr&#233;senter un autre visage que les d&#233;cisions qui impulsent leurs politiques &#233;conomiques et sociales. Comment peut-on se dire en &#233;veil sur l'&#233;tat de la plan&#232;te et en m&#234;me temps cautionner le lib&#233;ralisme ? Il y a l&#224; une contradiction majeure mise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Notre maison br&#251;le et nous regardons ailleurs. La nature, mutil&#233;e, surexploit&#233;e, ne parvient plus &#224; se reconstituer et nous refusons de l'admettre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce sont les 2 premi&#232;res phrases du discours de Jacques Chirac prononc&#233;es &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Jacques CHIRAC, Johannesburg&lt;br class='manualbr' /&gt;le 2 septembre 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le discours des hommes politiques peut parfois pr&#233;senter un autre visage que les d&#233;cisions qui impulsent leurs politiques &#233;conomiques et sociales. Comment peut-on se dire en &#233;veil sur l'&#233;tat de la plan&#232;te et en m&#234;me temps cautionner le lib&#233;ralisme ? Il y a l&#224; une contradiction majeure mise en avant dans les ann&#233;es soixante-dix par Ren&#233; Dumont l'un des pr&#233;curseurs, en France, de l'&#233;cologie politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Dumont, L'Utopie ou la mort, Seuil, Paris, 1974.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, nous pouvons percevoir un ensemble d'incoh&#233;rences entre le discours politique et les d&#233;cisions impos&#233;es par nos &#233;lus. Il semblerait qu'un nombre important de promesses non tenues meublent la relation entre le peuple et ses repr&#233;sentants. Alexis de Tocqueville parlait m&#234;me de trahison entre les &#233;lus et leurs peuples&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexis de Tocqueville, De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Gallimard, Paris, 1980.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le quatri&#232;me Forum mondial sur le d&#233;veloppement durable &#224; Paris du 6 au 8 d&#233;cembre 2006 ne fait que confirmer le souci de d&#233;battre sans prendre la d&#233;cision qui s'impose : en finir avec le capitalisme, remettre fondamentalement en question un syst&#232;me pr&#233;dateur de l'&#233;quilibre &#233;cologique et social de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les dysfonctionnements &#233;cologiques et sociaux sont tels que de nombreuses voix s'&#233;l&#232;vent pour mettre en d&#233;bat les fondements des soci&#233;t&#233;s occidentales. Le mod&#232;le de d&#233;veloppement des pays industrialis&#233;s est fond&#233; sur la croissance de leur &#233;conomie, autrement dit l'augmentation de leur production de biens et de services. Ce mod&#232;le privil&#233;gie des crit&#232;res principalement quantitatifs pour l'&#233;valuation des richesses nationales. Dans le sillage des pays d&#233;velopp&#233;s, les pays en d&#233;veloppement et les pays &#233;mergents visent eux aussi une croissance &#233;conomique maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d'autres formes de richesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Viveret, Reconsid&#233;rer la richesse, Ed. de l'Aube, La Tour d'Aigues, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non prises en compte par les indicateurs &#233;conomiques officiels tels que le PIB, existent, au nombre desquelles il faut citer le &#171; bien-&#234;tre &#187; et la diversit&#233; culturelle, qui rel&#232;vent notamment du domaine du relationnel, de la convivialit&#233;, et d'une logique privil&#233;giant les liens humains par rapport aux biens mat&#233;riels. La prise en consid&#233;ration de ces richesses invite &#224; pr&#244;ner une d&#233;croissance conviviale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrage collectif, Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; harmonieuse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sugg&#233;rant qu'une autre organisation &#233;conomique et sociale est possible, et m&#234;me n&#233;cessaire au vu de la d&#233;gradation des &#233;cosyst&#232;mes et des &#233;quilibres sociaux. En effet, &#171; on ne peut continuer &#224; consommer de mani&#232;re infinie dans un monde fini &#187;, comme le souligne Albert Jacquard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Jacquard, Voici le temps d'un monde fini, Le Seuil, Pairs, 1991.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; titre d'exemple, si l'ensemble de la population mondiale adoptait le mode de vie &#233;tasunien, ce n'est pas une, mais sept plan&#232;tes qui seraient n&#233;cessaires pour satisfaire ses besoins de consommation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source :&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour retisser le lien entre les &#233;lecteurs et leurs repr&#233;sentants, certains &#233;lus se r&#233;clament du peuple et semblent &#233;couter &#171; le vent d'en bas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous commandant Marcos, Le Monde Diplomatique de f&#233;vrier 2006&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En quoi est-ce le cas de Hugo Ch&#225;vez au Venezuela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays, Ch&#225;vez forge un nouveau destin pour son peuple, mais si ceci est flagrant dans ses discours, ses id&#233;es d&#233;bouchent-elles sur des politiques concr&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edgardo Lander, Le Venezuela &#224; la recherche d'un projet contre-h&#233;g&#233;monique. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En d'autres termes, comment se b&#226;tit la pens&#233;e bolivarienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marta Harnecker, Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as, un hombre un pueblo, Cubasiglo XXI, 10 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En quoi peut-elle avoir des liens avec le mouvement de la d&#233;croissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de Ch&#225;vez se fa&#231;onne au contact direct du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. La r&#233;volution s'identifie au message de Bolivar : &#171; Si ma mort contribue &#224; ce que cessent les partis et que se consolide l'union, alors je pourrai mourir tranquillement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ultima proclama &#187; ou derni&#232;re proclamation prononc&#233;e par Sim&#243;n Bol&#237;var (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pour r&#233;duire l'influence des partis politiques d'opposition et des groupes interm&#233;diaires tout en facilitant la d&#233;mocratie participative, le pouvoir chaviste privil&#233;gie le contact direct avec le peuple. Par exemple, afin de contrecarrer la puissance des m&#233;dias d'opposition, Ch&#225;vez organise des rencontres m&#233;diatico-interactives rituelles tous les dimanches. L'&#233;mission Al&#243; Presidente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Al&#243; Presidente &#187; est une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision sur VTV ou VIVE TV cha&#238;nes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est l'occasion de d&#233;velopper la pens&#233;e populaire. Nombreux sont ceux &#224; qui elle inspire une ligne politique. C'est une sorte de conseil participatif, qui donne souffle &#224; la d&#233;mocratie directe et &#171; protagonique &#187; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les m&#233;dias alternatifs Thierry Deronne Vicepresidencia de Producci&#243;n (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le peuple prend contact avec son pr&#233;sident qui r&#233;pond et donne une dimension politique, collective, &#224; une demande qui pourrait n'appara&#238;tre qu'individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir re&#231;oit ainsi des &#171; coups de fouet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 253 du 23 avril 2006. Ch&#225;vez citant Trotsky : &#171; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; de la r&#233;alit&#233; mise en avant par les interlocuteurs, &#224; charge pour le gouvernement de trouver des solutions pratiques aux questions pos&#233;es. Il faut dire que la r&#233;volution est entr&#233;e dans une phase de d&#233;mocratie participative, qui fait que de nombreuses d&#233;cisions reviennent aux conseils communaux et ne se prennent pas au niveau gouvernemental. Ch&#225;vez appelle cela &#171; l'autogouvernement &#187; : &#171; Vous scandez le slogan : Hu ! Ha ! Ch&#225;vez no se va ! Mais je partirai bien un jour et il restera les conseils communaux, et l'auto-gouvernement. Je ne suis l&#224; que pour rendre tout le pouvoir au peuple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 255 du 21 mai 2006&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le discours de Ch&#225;vez ne peut pas dans ces conditions de d&#233;mocratie vivante, &#233;chapper au contr&#244;le populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, depuis le 27 avril 2006 (date de la cr&#233;ation des conseils locaux de planification publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ley de los Consejos Locales de Planificaci&#243;n P&#250;blica &#187;. Premi&#232;re assembl&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), la r&#233;volution a nettement choisi d'impulser une forme directe de gouvernement du peuple par le peuple. Dans les faits, nous sommes face &#224; une d&#233;mocratie revivifi&#233;e. Pas d'experts, pas de repr&#233;sentants au travers de groupes interm&#233;diaires si classiques dans les d&#233;mocraties repr&#233;sentatives, mais une organisation politique qui se construit au fil des sollicitations populaires : &#171; Ch&#225;vez transforme ses propos inflexibles en actes. Mais ce qui rend le gouvernement nord-am&#233;ricain et les ma&#238;tres des multinationales r&#233;ellement fous est qu'il a les moyens de le faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ted Rall &#8211; Zmag, Venezuela : Le danger du succ&#232;s de la r&#233;volution d'Hugo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Occidentaux per&#231;oivent souvent ces pratiques comme populistes. En fait, Ch&#225;vez ne se contente pas de redistribuer la manne p&#233;troli&#232;re, il impulse une autre politique capable de cr&#233;er une soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne nouvelle, centr&#233;e sur l'auto-organisation, tout en redonnant dignit&#233; &#224; la politique. La r&#233;volution bolivarienne a comme objectif principal de &#171; semer le p&#233;trole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arturo Uslar Pietri, Revue Ahora du 14 juillet 1936.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et de changer les pratiques des hommes : &#171; Pour nous cela est difficile, car nous sommes contamin&#233;s par les r&#233;flexes h&#233;rit&#233;s de la soci&#233;t&#233; capitaliste, mais nos enfants &#233;lev&#233;s dans une autre conception doivent en finir avec l'&#233;go&#239;sme et l'individualisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 253 du 23 avril 06&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le viol de l'imaginaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aminata Traor&#233;, Le Viol de l'imaginaire, Fayard, Paris, 2002.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; impos&#233; par les m&#233;dias et la pression symbolique de l'Occident fa&#231;onn&#233; autour du f&#233;tichisme de la marchandise entra&#238;ne un renoncement culturel. Seules les marchandises import&#233;es sont valoris&#233;es, au d&#233;triment de la production nationale. Seule une politique ambitieuse et sous contr&#244;le populaire est capable de renverser les ph&#233;nom&#232;nes d'acculturation en jeu. Gr&#226;ce aux r&#233;formes &#233;conomiques et politiques impos&#233;es par la r&#233;volution bolivarienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est, en revanche, int&#233;ressant de noter que cette reprise de l'&#233;conomie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le discours de Ch&#225;vez est sous contr&#244;le populaire, il ne peut donc s'&#233;loigner de ses propositions. Il se rend otage de son propre discours pour mieux s'assurer de son application sur le plan social et sur le plan &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi convient-il selon lui de transformer le mod&#232;le &#233;conomique v&#233;n&#233;zu&#233;lien en un syst&#232;me ind&#233;pendant, solidaire, int&#233;gr&#233; au continent sud am&#233;ricain. Pour ce faire, il a port&#233; avec Cuba le projet de l'ALBA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALBA ou Alternative Bolivarienne pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ALBA est une proposition d'int&#233;gration diff&#233;rente propos&#233;e au Sommet des Am&#233;riques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IV &#171; Cumbre de las Americas &#187; ou Sommet des Am&#233;riques des 4-5 novembre 2005&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ALBA, en s'opposant &#224; l'ALCA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALCA : Acuerdo de libre comercio de las Am&#233;ricas impos&#233; par l'administration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, met l'accent sur la lutte contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale et, par cons&#233;quent, exprime les int&#233;r&#234;ts des peuples latino-am&#233;ricains. Le trait&#233; se fonde sur la cr&#233;ation de m&#233;canismes de coop&#233;ration entre les nations, qui permettent de compenser les asym&#233;tries existantes entre les pays de l'h&#233;misph&#232;re. Il n'a pas vocation &#224; &#234;tre seulement un trait&#233; commercial, mais &#224; mettre l'homme et l'environnement au centre des accords entre les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les voies th&#233;oriques explor&#233;es par le pouvoir bolivarien ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ren&#233; Dumont avait d&#233;j&#224; pr&#233;venu que le capitalisme n'&#233;tait pas n&#233;gociable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Dumont, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut trouver une autre voie pour b&#226;tir une soci&#233;t&#233; &#233;cologique et &#233;quitable puisque le capitalisme est contraire aux int&#233;r&#234;ts des pays du Sud, de l'homme et de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#225;vez pose en termes &#233;cologiques l'urgence &#224; sortir du mod&#232;le lib&#233;ral. Pour lui, il n'y a pas de social-lib&#233;ralisme : &#171; Katrina a &#233;t&#233; un douloureux exemple des cons&#233;quences pour l'Homme de l'ignorance de ces r&#233;alit&#233;s [&#8230;] Il est pratiquement et &#233;thiquement inadmissible de sacrifier l'esp&#232;ce humaine au nom du maintien d&#233;mentiel d'un mod&#232;le socio-&#233;conomique aux capacit&#233;s destructives sans cesse croissantes. Il est suicidaire d'&#233;tendre et d'imposer ce mod&#232;le comme un rem&#232;de infaillible aux maux dont il est, pr&#233;cis&#233;ment, la principale cause&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours &#224; l'ONU 15/09/2005,&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus question de g&#233;rer le capitalisme et ses dysfonctionnements ; il faut d&#233;finitivement s'en d&#233;marquer. Il affirme : &#171; Il y a une troisi&#232;me voie ? Mensonge, mensonge, le chemin, le seul chemin, c'est le socialisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 228 du 10 juillet 2005&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il tourne ainsi le dos au social-lib&#233;ralisme, il est sans &#233;quivoque lorsqu'il affirme : &#171; J'ai &#233;t&#233; &#224; un moment tent&#233; par la troisi&#232;me voie de Tony Blair et Antony Giddens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isaac Bigio, Chavez &#224; Londres, http://www.rebelion. org/noticia.php (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais maintenant j'ai compris que non. Ce syst&#232;me est sans issue, il a ruin&#233; la soci&#233;t&#233; comme il d&#233;truira la plan&#232;te. Notre plan&#232;te peut dispara&#238;tre et nous pourrions revenir &#224; une &#232;re o&#249; vivront d'autres esp&#232;ces mais nous, l'esp&#232;ce humaine, nous pourrions dispara&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 228 du 10 juillet 2005&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la r&#233;volution bolivarienne cherche un nouveau mod&#232;le qu'elle appelle socialisme du XXIe si&#232;cle parce qu'elle est en mal de r&#233;f&#233;rence th&#233;orique. Par ailleurs, elle se revendique aussi du socialisme utopique, ou socialisme des tropiques, socialisme chr&#233;tien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si Ch&#225;vez est en lutte avec les institutions religieuses, il vit sa foi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et humaniste ou altermondialiste&#8230; Cette diversit&#233; d'appellations montre &#224; quel point le substrat th&#233;orique est multiple et la r&#233;volution se cherche en se faisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terreau de ce changement se nourrit de la pens&#233;e de Sim&#243;n Rodriguez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sim&#243;n Rodriguez, Sociedades americanas, El Mercurio, 1842. Le &#171; bolivarisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de Sim&#243;n Bolivar. Il se concr&#233;tise autour de trois points :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Sensibilit&#233; aux questions &#233;cologiques et sociales. Il reste &#233;vident qu'un grand nombre de besoins de base ne sont pas satisfaits au Venezuela. Lorsque Ch&#225;vez prend le pouvoir en 1998, 62,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Luis Fern&#225;ndez, Soci&#243;logo UCAB, Source :&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il accepte donc le principe de croissance pour sortir de l'&#233;tat de d&#233;pendance centr&#233; sur la satisfaction des besoins de base&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le texte d'Albert Jacquard Boulimose et gaschose, in La D&#233;croissance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La croissance se met alors au service du peuple et non au service du capital. Il affirme : &#171; [&#8230;] le but de la r&#233;union des hommes en soci&#233;t&#233; est de satisfaire les besoins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 237, 23 octobre 2005&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Par ailleurs, il convient de faire reculer la pression de l'offre pour ne pas rentrer dans une d&#233;pendance commerciale. Il compl&#232;te en pr&#233;cisant : &#171; [&#8230;] supprimer la production du luxe pour satisfaire les besoins&#8230; Le capitalisme produit pour exploiter la majorit&#233; en enrichissant une minorit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Par ailleurs, ce socialisme en construction est in&#233;luctable : &#171; le socialisme ou la mort&#8230; &#187;. Mais il ajoute : &#171; [&#8230;] mort de la plan&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ch&#225;vez, ao&#251;t 2005, proc&#232;s du capitalisme, festival mondial de la jeunesse&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il ne peut se concevoir en dehors d'une approche &#233;cologique, car sans transformation du syst&#232;me productif, il ne peut y avoir de survie sur cette plan&#232;te : &#171; Maintenant, le capitaliste se moque bien du gaspillage, son truc c'est gagner de l'argent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Lors de l'&#233;mission Al&#243; Presidente du 29 janvier 2006, il affirmait : &#171; [&#8230;] bon, nous luttons pour un monde diff&#233;rent, pour une alternative &#224; la destruction capitaliste qui d&#233;truit notre plan&#232;te et, nous n'exag&#233;rons rien quand nous disons que cette plan&#232;te pourra &#234;tre d&#233;truite, c'est-&#224;-dire que la vie sur cette plan&#232;te peut dispara&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La sensibilit&#233; de la R&#233;volution bolivarienne aux questions &#233;cologiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La Huella Ecol&#243;gica y Los Movimientos Sociales &#187; ou L'empreinte &#233;cologique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est ici mise en avant. Ce nouveau syst&#232;me de r&#233;gulation &#224; mettre en place impose une remise en question fondamentale de toute organisation &#233;conomique centr&#233;e sur le profit. Il convient d'en changer au plus vite car la menace &#233;cologique et sociale p&#232;se sur toute l'humanit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; &#171; Inventamos o erramos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Simon Rodriguez, Sociedades americanas, El Mercurio, 1842.&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, autrement dit, nous inventons ou nous &#233;chouons. C'est l'ouverture du champ des possibles. L'imagination revient au pouvoir par l'interm&#233;diaire des propositions du peuple. L'ensemble de ces id&#233;es s'inscrit dans un objectif d'ind&#233;pendance par rapport au monde occidental, &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et &#224; tous les colonialismes &#233;conomiques et politiques. Hugo Ch&#225;vez dira en 2005 devant l'ONU : &#171; Ces transformations, auxquelles nous faisons r&#233;f&#233;rence au Venezuela, doivent &#234;tre men&#233;es, selon nous, en deux temps : dans l'imm&#233;diat et dans celui des r&#234;ves et de l'utopie. Le premier est marqu&#233; par les accords d&#233;riv&#233;s du vieux sch&#233;ma, nous ne le rejetons pas, nous apportons y compris des propositions concr&#232;tes &#224; court terme &#224; l'int&#233;rieur de ce mod&#232;le. Mais le r&#234;ve de la paix mondiale, le r&#234;ve d'un monde d&#233;barrass&#233; de la honte de la faim, de la maladie, de l'analphab&#233;tisme et l'extr&#234;me mis&#232;re a besoin &#8211; en plus de racines &#8211; d'ailes qui lui permettent de s'envoler. Nous avons besoin d'ailes pour voler, nous savons qu'il y a une terrible globalisation n&#233;o-lib&#233;rale, mais il existe &#233;galement la r&#233;alit&#233; d'un monde interconnect&#233; que nous devons affronter non comme un probl&#232;me, mais comme un d&#233;fi. Nous pouvons, sur la base des r&#233;alit&#233;s nationales, &#233;changer nos connaissances, les compl&#233;ter, int&#233;grer des march&#233;s. Mais, il nous faut en m&#234;me temps comprendre qu'il y a des probl&#232;mes qui n'ont plus de solution nationale : un nuage radioactif, les prix mondiaux, les pand&#233;mies, le r&#233;chauffement climatique, le trou dans la couche d'ozone ne sont pas des probl&#232;mes nationaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours &#224; l'ONU, 15/09 2005.&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Recherche d'identit&#233; et valorisation de la culture des peuples premiers. Ch&#225;vez affirme : &#171; Tu es indien Gouverneur, il est indien, nous sommes indiens, indiens et noirs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005 . Constitution de la R&#233;publique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; &#187; Ainsi, l'identit&#233; individuelle et collective du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien ressort renforc&#233;e. Son pr&#233;sent et son futur sont r&#233;appropri&#233;s. Les civilisations d'origine sont solidaires, car les normes import&#233;es du capitalisme entra&#238;nent des ph&#233;nom&#232;nes d'acculturation qui mettent en marge l'identit&#233; du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Il met en avant le degr&#233; de civilisation des peuples premiers qui tend &#224; &#234;tre marginalis&#233; du fait de la colonisation des esprits par le f&#233;tichisme de la marchandise. Il convient de retrouver son identit&#233; pour s'assurer de sa dignit&#233;. Cette derni&#232;re se cultive par la dynamique du don&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Mart&#237;, Amor con amor se paga. Edition digitale &#224; partir de la 2e ed. de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; Une partie de la production doit servir pour les &#233;changes &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233;, les biens doivent &#234;tre donn&#233;s. Le don, sans rien demander en &#233;change. Tu ne demandes pas de dignit&#233;, tu es digne : Territoire indien, territoire socialiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005. Th&#233;orie d&#233;velopp&#233;e par Celso (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivarienne s'appuie donc sur une approche pragmatique permettant de d&#233;velopper une praxis syncr&#233;tique. Elle refuse de se laisser enfermer dans des dogmes qui paralyseraient la cr&#233;ativit&#233; du peuple. Cette derni&#232;re reste centrale. Pas de mod&#232;le import&#233;, mais un syncr&#233;tisme id&#233;ologique centr&#233; sur les particularismes culturels du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien dans toute sa diversit&#233; ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#225;vez serait-il le premier pr&#233;sident sensible aux questions de l'apr&#232;s-d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour chercher &#224; donner une r&#233;ponse &#224; cette question, nous allons analyser quelques pratiques de la r&#233;volution bolivarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, comment relocaliser l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne et ralentir son insertion dans la division internationale du travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau, Ch&#225;vez renvoie &#224; un d&#233;veloppement autocentr&#233; sur les besoins de la population en respectant la culture des hommes et l'&#233;tat des ressources : &#171; Avant tout, la production pour le march&#233; national pour satisfaire les besoins internes du pays. Exporter n'est pas la priorit&#233; pour notre pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#243; Presidente n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh2-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;trole &#171; excr&#233;ment du diable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PDVSA : Petroleos De Venezuela SA.&#034; id=&#034;nh2-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; est alors une arme &#224; double tranchant qui a desservi le pays pendant des ann&#233;es puisqu'il a attir&#233; les capitaux internationaux et les corrupteurs. Cependant, il est temps de l'utiliser comme une manne &#224; redistribuer. En novembre 2001, sont promulgu&#233;es les lois habilitantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les plus importantes de ces lois ont &#233;t&#233; : La loi des terres, qui octroie &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 49 lois dont l'objectif principal est la d&#233;mocratisation de la propri&#233;t&#233; et de la production. Quatre d'entre elles furent le d&#233;tonateur du coup d'&#201;tat du 11 avril 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Ch&#225;vez &#233;voque le seul mod&#232;le possible, celui du socialisme du XXIe si&#232;cle. L'histoire nous dit que la t&#226;che est pour le moins ardue. Les missions productives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coop&#233;ratives ouvri&#232;res. Exemple Invepal (entreprise de p&#226;te &#224; papier).&#034; id=&#034;nh2-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Misiones Barrio Adentro, Robinson, Rivas, Sucre, Mercal, Vuelvan Caras, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont des alternatives que la r&#233;volution bolivarienne propose pour d&#233;passer l'exclusion sociale dont souffre le pays. Dans la d&#233;marche bolivarienne, il s'agit d'&#233;voluer vers une nouvelle civilisation. Par exemple : la nouvelle production sociale qui se met en place, bas&#233;e sur la constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 112 : Constitution R&#233;publique Bolivarienne 1999. Voir site :&#034; id=&#034;nh2-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, impose de satisfaire &#233;quitablement les besoins humains. Ce socialisme du XXIe si&#232;cle comprend des relations d'un autre type avec l'environnement, en int&#233;grant un autre mode de d&#233;veloppement. Les r&#233;sultats des activit&#233;s de cette soci&#233;t&#233; d'un nouveau type doivent avoir un r&#244;le dans la solution des probl&#232;mes globaux et locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxes de la R&#233;volution Bolivarienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Lemoine, Ch&#225;vez Presidente, Flammarion, Paris, 2005.&#034; id=&#034;nh2-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et conclusion&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La situation reste donc encore tr&#232;s d&#233;licate et l'instabilit&#233; semble permanente. Comment, en effet, imposer un autre paradigme lorsque l'on a contre soi :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Les m&#233;dias qui participent de la colonisation des imaginaires sur le mod&#232;le occidental&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Le capital et les puissances &#233;trang&#232;res internationales&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Une administration, h&#233;rit&#233;e de l'ancien r&#233;gime, ou &#171; IV rep&#250;blica &#187;, h&#233;sitant entre des pratiques de corruption &#233;hont&#233;es et un sabotage permanent dans la mise en place du processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que Ch&#225;vez est d&#233;rangeant. Il serait &#224; la fois le pr&#233;sident le plus populaire du continent sud-am&#233;ricain et le plus ha&#239; de l'oligarchie financi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mariana Hern&#225;ndez, Socialismo de baja intensidad. Voir site Internet : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; tout, il compte &#224; son actif neuf &#233;lections victorieuses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;6&#034; id=&#034;nh2-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et parvient &#224; mettre en place les bases d'une autre soci&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; son charisme et sa l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gregory Wilpert, Venezuela : d&#233;mocratie participative ou gouvernement comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, un homme seul pourra-t-il infl&#233;chir la tendance quand, au sein de son entourage, se d&#233;roule une bataille avec les productivistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Caracas : le FSM &#233;cartel&#233;. Lundi 30 janvier 2006. Voir blog d'Alain Lipietz :&#034; id=&#034;nh2-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En attendant, gr&#226;ce &#224; ses convictions, il emp&#234;che le d&#233;veloppement du pouvoir de l'oligarchie qui cherche &#224; poursuivre la croissance, seule garantie de p&#233;rennisation de leur rente de situation. Par ailleurs, les chavistes altermondialistes veulent approfondir la r&#233;volution et sont finalement, avec le pr&#233;sident, des r&#233;sistants de l'int&#233;rieur. Il existe donc un r&#233;el d&#233;bat au sein du mouvement r&#233;volutionnaire entre ceux qui se r&#233;f&#232;rent &#224; la croissance comme seule issue aux difficult&#233;s du peuple et ceux qui veulent impulser un autre d&#233;veloppement. En Europe, le mouvement de la d&#233;croissance peut donc apporter une r&#233;flexion, une conceptualisation n&#233;cessaires &#224; la construction d'une alternative post-d&#233;veloppementiste. Nous devons donc construire des synergies afin de renforcer nos pratiques mutuelles. Pour cela, il s'av&#232;re n&#233;cessaire d'apprendre &#224; mieux conna&#238;tre la complexit&#233; de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Il faut &#234;tre pr&#234;ts &#224; remettre en question nos repr&#233;sentations, notre sch&#233;ma d'interpr&#233;tation pour percevoir les changements profonds qui sont en train d'&#233;merger au Venezuela. On ne peut r&#233;ellement les &#233;valuer &#224; partir de nos crit&#232;res d'organisation : &#171; On ne peut pas dire que Ch&#225;vez ne fasse rien socialement : il encourage un &#8220;tiers secteur&#8221; coop&#233;ratif, et finance des missions sanitaires et d'enseignement dans les bidonvilles. Mais j'ai un peu l'impression que cette politique remplace le d&#233;ploiement de vrais services publics d'&#233;ducation et de sant&#233;. L'avantage, c'est que s'exp&#233;rimente r&#233;ellement une culture de production de ces services &#224; partir de la base&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir site : 20Barrio%20Adentro.pdf&#034; id=&#034;nh2-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; impression &#187; d'Alain Lipietz est, dans ses termes m&#234;mes &#8211; &#171; Vrais services publics &#187; &#8211; r&#233;v&#233;latrice de cette c&#233;cit&#233; qui nous affecte lorsque l'on observe avec des r&#233;f&#233;rences occidentales des soci&#233;t&#233;s aussi complexes que celle du Venezuela. En effet, les statistiques officielles de l'ann&#233;e 2005 indiquent qu'il y a eu 23 760 000 personnes soign&#233;es dans la mission de sant&#233; &#171; Barrio Adentro &#187;. Les habitants du Venezuela ont acc&#232;s aux diagnostics m&#233;dicaux, aux m&#233;dicaments et aux soins, le tout sans rien d&#233;bourser et sans formalit&#233;s administratives, gr&#226;ce aux programmes &#171; Barrio Adentro I, II, III &#187;. Faisons-nous mieux aujourd'hui en Europe ? Et si la forme n'est pas la m&#234;me, le r&#233;sultat est &#224; l'&#233;vidence nettement en faveur du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivarienne agit donc dans le sens du bien commun, mais la d&#233;croissance a-t-elle sa place dans la pens&#233;e r&#233;volutionnaire au Venezuela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Rafael Ch&#225;vez Fr&#237;as est aujourd'hui le seul leader mondial capable d'entendre et de porter les solutions &#233;conomiques et sociales pr&#233;conis&#233;es par le mouvement de la d&#233;croissance. Il est le seul &#224; pouvoir insuffler les id&#233;es de la d&#233;croissance par sa parole revitalisante, qui s'inscrit dans la pratique quotidienne de la r&#233;volution, car ses inqui&#233;tudes sociales et &#233;cologiques sont intimement li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on peut constater que la r&#233;volution bolivarienne est &#224; l'&#233;coute des th&#233;ories venues d'ailleurs. Elle a entendu &#171; V&#237;a Campesina &#187; et Jos&#233; Bov&#233; sur la question des sans-terre ou des OGM. Ch&#225;vez a suivi Ignacio Ramonet quand ce dernier lui a fait conna&#238;tre les penseurs de l'altermondialisme. Il a l'humilit&#233; de ceux qui n'ont pas de pens&#233;e dogmatique. Il &#233;coute. Ainsi, le socialisme du XXIe si&#232;cle qu'il est venu d&#233;fendre &#224; Londres &#8211; et ce n'est pas un hasard &#8211; en mai 2005&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Issac Bigio, &#171; Chavez en Londres &#187;. Source :&#034; id=&#034;nh2-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comporte en lui-m&#234;me les germes de la pens&#233;e de la d&#233;croissance par toutes ces influences qu'il revendique. Il est donc n&#233;cessaire de cr&#233;er des liens entre nous et de d&#233;terminer de quelle fa&#231;on l'on pourrait agir ensemble. Le Venezuela est, aujourd'hui, un laboratoire qui pourrait &#234;tre le terreau d'un nouveau paradigme. Il est urgent de ne pas attendre et de ne pas rester sourds &#224; ce formidable espoir n&#233; dans les &lt;i&gt;&#171; Barrios de Caracas &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; caminante, no hay camino,&lt;br class='manualbr' /&gt;se hace camino al andar &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Marcheur, il n'y a pas de chemin,&lt;br class='manualbr' /&gt;Le chemin se construit en marchant &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez, citant Antonio MACHADO&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;XXIX Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917. &amp; menuID = floril&#232;ge&#034; id=&#034;nh2-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce sont les 2 premi&#232;res phrases du discours de Jacques Chirac prononc&#233;es &#224; Johannesburg le 2 septembre 2002 devant l'assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re du Sommet mondial&lt;br class='autobr' /&gt;
du d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Dumont, &lt;i&gt;L'Utopie ou la mort&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexis de Tocqueville, &lt;i&gt;De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Viveret, &lt;i&gt;Reconsid&#233;rer la richesse&lt;/i&gt;, Ed. de l'Aube, La Tour d'Aigues,&lt;br class='autobr' /&gt;
2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouvrage collectif, &lt;i&gt;Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; harmonieuse&lt;/i&gt;, Parangon, Lyon, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Jacquard, &lt;i&gt;Voici le temps d'un monde fini&lt;/i&gt;, Le Seuil, Pairs, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.wwf.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wwf.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous commandant Marcos, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edgardo Lander, &lt;i&gt;Le Venezuela &#224; la recherche d'un projet contre-h&#233;g&#233;monique.&lt;/i&gt; Site Internet du CADTM 19 octobre 2004. Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 831&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marta Harnecker, &lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as, un hombre un pueblo&lt;/i&gt;, Cubasiglo XXI,&lt;br class='autobr' /&gt;
10 septembre 2002.&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;http://www.nodo50.org/cubasigloXXI/politica/harnecker24_310802.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nodo50.org/cubasigloXXI/politica/harnecker24_310802.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Ultima proclama &#187;&lt;/i&gt; ou derni&#232;re proclamation prononc&#233;e par Sim&#243;n Bol&#237;var&lt;br class='autobr' /&gt;
Hacienda de San Pedro, &#224; Santa Marta en Colombie le 10 d&#233;cembre 1830. Voir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.analitica.com/bitBlioteca/bolivar/ultima.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.analitica.com/bitBlioteca/bolivar/ultima.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Al&#243; Presidente &#187;&lt;/i&gt; est une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision sur VTV ou VIVE TV cha&#238;nes&lt;br class='autobr' /&gt;
nationales qui a lieu le dimanche &#224; 12 heures et qui dure 5 &#224; 6 heures. Voir site&lt;br class='autobr' /&gt;
Internet : &lt;a href=&#034;http://streaming.impsat.net.ve/vtv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://streaming.impsat.net.ve/vtv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les m&#233;dias alternatifs Thierry Deronne Vicepresidencia de Producci&#243;n Televisi&#243;n Publica VIVE. Voir sites Internet : &lt;a href=&#034;http://www.vive.gov.ve&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.vive.gov.ve&lt;/a&gt; et&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 2438&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 253 du 23 avril 2006. Ch&#225;vez citant Trotsky : &#171; La r&#233;volution a besoin&lt;br class='autobr' /&gt;
des coups de fouets de la contre-r&#233;volution &#187; &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 255 du 21 mai 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ley de los Consejos Locales de Planificaci&#243;n P&#250;blica &#187;. Premi&#232;re assembl&#233;e 06/12/2001. Loi vot&#233;e le 07/04/2006 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.asambleanacional.gov.ve/ns2/leyes.asp?id=338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.asambleanacional.gov.ve/ns2/leyes.asp?id=338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ted Rall &#8211; Zmag, &lt;i&gt;Venezuela : Le danger du succ&#232;s de la r&#233;volution d'Hugo Chavez&lt;/i&gt;. Voir le site Internet : &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
= 3571&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arturo Uslar Pietri, &lt;i&gt;Revue Ahora&lt;/i&gt; du 14 juillet 1936.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 253 du 23 avril 06 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aminata Traor&#233;, &lt;i&gt;Le Viol de l'imaginaire&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est, en revanche, int&#233;ressant de noter que cette reprise de l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne&lt;br class='autobr' /&gt;
se fait dans un contexte particulier, celui de l'instauration en f&#233;vrier 2003 d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;le des changes destin&#233; &#224; endiguer les fuites de capitaux estim&#233;es &#224; l'&#233;poque &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
1 milliard de dollars par mois pour des r&#233;serves de change de 12 milliards. La Banque&lt;br class='autobr' /&gt;
centrale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne a ainsi, depuis cette &#233;poque, la responsabilit&#233; de la totalit&#233; des&lt;br class='autobr' /&gt;
changes avec l'ext&#233;rieur avec un taux fixe qui est aujourd'hui stable &#224; 2150 Bs pour&lt;br class='autobr' /&gt;
1 $ et des r&#233;serves de change de 30 milliards de dollars. Contrairement &#224; ce qu'affirment&lt;br class='autobr' /&gt;
les lib&#233;raux de tous poils, ce r&#233;gime de parit&#233; fixe et de contr&#244;le des changes&lt;br class='autobr' /&gt;
n'a aucunement &#233;t&#233; pr&#233;judiciable aux &#233;changes commerciaux : une augmentation en&lt;br class='autobr' /&gt;
volume de 40 % des importations en 2005 en est la confirmation la plus &#233;clatante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette reprise de l'&#233;conomie a permis d'affecter 5,5 milliards d'euros &#224; des programmes&lt;br class='autobr' /&gt;
sociaux, renforc&#233;s par la participation notable de m&#233;decins cubains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petroleos De Venezuela ou PDVSA (dont la direction a &#233;t&#233; remani&#233;e) a constitu&#233; un fonds de 85 millions d'euros pour financer des coop&#233;ratives qui privil&#233;gient &#171; les valeurs de solidarit&#233;, d'&#233;quit&#233; et de d&#233;veloppement social de la communaut&#233; par rapport &#224; celles de rentabilit&#233; ou de profit &#187;. Des exp&#233;riences int&#233;ressantes &#224; suivre,&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment dans leurs implications &#233;cologiques. Cette r&#233;alit&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne contredit tous les poncifs n&#233;olib&#233;raux : loin de provoquer un isolement et une paup&#233;risation du pays, le contr&#244;le des changes a permis &#224; un gouvernement r&#233;guli&#232;rement &#233;lu par ses citoyens de mettre en place une politique macro-&#233;conomique de d&#233;veloppement social. Constitutionnaliser la libert&#233; de circulation des capitaux revient &#224; interdire &#224; une d&#233;mocratie de recourir au contr&#244;le ou &#224; une fiscalit&#233; des changes (Taxe sur les changes de type &#171; Tobin &#187;). Cela a pour implication pratique de soumettre aux diktats des march&#233;s financiers tout gouvernement d&#233;sireux de d&#233;velopper une politique sociale ou &#233;cologique : les d&#233;tenteurs pr&#233;f&#233;reront toujours transf&#233;rer en masse les capitaux vers des cieux plus prosp&#232;res. Cela nous ram&#232;ne &#224; la signification de la monnaie : une cr&#233;ance sur une &#233;conomie, sur une collectivit&#233;. Au nom de quel principe d&#233;mocratique devrait-on autoriser &#224; tout moment ses d&#233;tenteurs de brader cette&lt;br class='autobr' /&gt;
cr&#233;ance aux plus offrants ? N'est-il pas temps de r&#233;habiliter ce projet d'International Clearing Union que Keynes voulait mettre en place au sortir de la guerre en lieu et place du FMI, dans laquelle la monnaie ne pouvait &#234;tre d&#233;tenue que par des r&#233;sidents et dans laquelle les parit&#233;s entre monnaie refl&#233;taient des balances commerciales &#233;quilibr&#233;es. L'exemple v&#233;n&#233;zu&#233;lien nous en montre l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ALBA ou Alternative Bolivarienne pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes voir site Internet : &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 2882&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IV &#171; Cumbre de las Americas &#187; ou Sommet des Am&#233;riques des 4-5 novembre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.summit-americas.org/NextSummit-esp.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.summit-americas.org/NextSummit-esp.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ALCA : Acuerdo de libre comercio de las Am&#233;ricas impos&#233; par l'administration am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Dumont, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Discours &#224; l'ONU&lt;/i&gt; 15/09/2005, &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 228 du 10 juillet 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isaac Bigio, &lt;i&gt;Chavez &#224; Londres&lt;/i&gt;, http://www.rebelion.&lt;br class='autobr' /&gt;
org/noticia.php ?id=31622. Ch&#225;vez a d&#233;montr&#233; qu'il est r&#233;solu &#224; prendre un r&#244;le politique important au plan international. Si auparavant Blair avait essay&#233; de le capter, lui et d'autres leaders du monde, pour son projet de &#171; Troisi&#232;me voie &#187; dans laquelle se combinaient des aspects de la voie &#233;conomique de Margaret&lt;br class='autobr' /&gt;
Thatcher et des &#233;l&#233;ments sociaux. C'est maintenant lui qui tente de capter la gauche travailliste pour qu'elle accepte sa vision d'un socialisme du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 228 du 10 juillet 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me si Ch&#225;vez est en lutte avec les institutions religieuses, il vit sa foi de mani&#232;re r&#233;volutionnaire, dans un pays fortement marqu&#233; culturellement par la religion catholique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sim&#243;n Rodriguez, &lt;i&gt;Sociedades americanas&lt;/i&gt;, El Mercurio, 1842. Le &#171; bolivarisme &#187; ne constitue pas un corpus th&#233;orique. Il est symbolis&#233; par &#171; L'arbre aux trois racines &#187; et incarn&#233; par la figure du &#171; Libertador &#187; (Simon Bolivar) et par deux autres figures embl&#233;matiques : Ezequiel Zamora et Sim&#243;n Rodriguez. Ezequiel Zamora porte les luttes des noirs mul&#226;tres et des Indiens, populations discrimin&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
socialement par l'Etat postcolonial dirig&#233; par les blancs et les Cr&#233;oles. L'&#233;ducateur Simon Rodriguez, ma&#238;tre du &#171; Libertador &#187; est le symbole de la recherche scientifique, et de l'&#233;ducation. Source : Alberto M&#252;ller Rojas, &lt;i&gt;Epoca de Revoluci&#243;n en Venezuela&lt;/i&gt;, Solar Editores, Caracas, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jos&#233; Luis Fern&#225;ndez, Soci&#243;logo UCAB, &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;http://www.pnud.org.ve/email/Contenidos/boletin_02/ArticuloJLFPobreza.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pnud.org.ve/email/Contenidos/boletin_02/ArticuloJLFPobreza.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le texte d'Albert Jacquard Boulimose et gaschose, in &lt;i&gt;La D&#233;croissance, le journal&lt;br class='autobr' /&gt;
de la joie de vivre&lt;/i&gt; n&#176; 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 237, 23 octobre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ch&#225;vez, ao&#251;t 2005, proc&#232;s du capitalisme, festival mondial de la jeunesse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 246, 5 f&#233;vrier 2006 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; La Huella Ecol&#243;gica y Los Movimientos Sociales &#187;&lt;/i&gt; ou L'empreinte &#233;cologique et les mouvements sociaux. Sobre El Debate Hacia El Socialismo Del Siglo XXI, Miguel&lt;br class='autobr' /&gt;
Angel Nu&#241;ez. &lt;a href=&#034;http://www.inmotionmagazine.com/global/man_huella&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inmotionmagazine.com/global/man_huella&lt;/a&gt;. html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Simon Rodriguez, &lt;i&gt;Sociedades americanas&lt;/i&gt;, El Mercurio, 1842.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Discours &#224; l'ONU, 15/09 2005. &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005 &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Constitution de la R&#233;publique Bolivarienne du Venezuela Articles 119, 120, 121, 122 et 123. Voir site : &lt;a href=&#034;http://cbparis.free.fr/constitution.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cbparis.free.fr/constitution.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jos&#233; Mart&#237;, &lt;i&gt;Amor con amor se paga&lt;/i&gt;. Edition digitale &#224; partir de la 2e ed. de &lt;i&gt;Obras Completas&lt;/i&gt;, Vol. 18, La Habana, Instituto Cubano del Libro, 1963-1965, ou voir site : &lt;a href=&#034;http://www.cuba.cu/memorial/amorcon.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuba.cu/memorial/amorcon.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005. Th&#233;orie d&#233;velopp&#233;e par Celso Furtado, &lt;i&gt;En busca de un nuevo modelo&lt;/i&gt;, Fondo de cultura econ&#243;mica. 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Al&#243; Presidente&lt;/i&gt; n&#176; 242, 18 d&#233;cembre 2005. &lt;a href=&#034;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alopresidente.gob.ve/docs.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;PDVSA : Petroleos De Venezuela SA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les plus importantes de ces lois ont &#233;t&#233; : La loi des terres, qui octroie &#224; l'&#201;tat le pouvoir de prendre les terres priv&#233;es et de les redistribuer. Cette redistribution inclut les propri&#233;t&#233;s de plus de 5 000 hectares, consid&#233;r&#233;es improductives et permet &#233;galement de d&#233;cider de l'usage de la terre agricole pour obtenir une r&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
agraire qui garantisse l'alimentation de tout le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. La loi de p&#234;che, qui agrandit la zone de mer territoriale de 3 &#224; 6 milles marins, o&#249; la p&#234;che au chalut favorise une p&#234;che artisanale et un &#233;quilibre marin &#233;cologique. La loi des hydrocarbures, qui en finit avec les 20 ann&#233;es de lib&#233;ralisation et privatisation dans le secteur p&#233;trolier. Dans le futur, l'&#233;tat d&#233;tiendra la majorit&#233; dans tous les accords pour les futures exploitations et augmentera les redevances aux compagnies &#233;trang&#232;res de 16 &#224; 30 % pour consacrer plus de moyens aux programmes sociaux. La loi de microfinancement, qui permet le renforcement d'un secteur de l'&#233;conomie sociale et repr&#233;sente un soutien &#224; l'activit&#233; de Banmujer et sa contribution &#224; l'incorporation des femmes au march&#233; du travail au travers des micro-entreprises. Evidemment, toute cette activit&#233; stimule la participation du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien et lui donne confiance pour faire face &#224; la droite qui s'agite et essaie par tous les moyens de contenir, de faire reculer le processus r&#233;volutionnaire. Ces lois ont d&#233;clench&#233; le coup d'Etat m&#233;diatico-politique qui a renvers&#233; le pr&#233;sident Ch&#225;vez&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant 3 jours (du 11 au 13 avril 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coop&#233;ratives ouvri&#232;res. Exemple Invepal (entreprise de p&#226;te &#224; papier).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Misiones Barrio Adentro, Robinson, Rivas, Sucre, Mercal, Vuelvan Caras, Piar,&lt;br class='autobr' /&gt;
Guaicaipuro, Negra Hipolita &lt;a href=&#034;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Las&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Las&lt;/a&gt; %&lt;br class='autobr' /&gt;
20Misiones % 20Bolivarianas % 20en % 20Frances % 202.pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article 112 : Constitution R&#233;publique Bolivarienne 1999. Voir site : &lt;a href=&#034;http://cbparis.free.fr/constitution.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cbparis.free.fr/constitution.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurice Lemoine, &lt;i&gt;Ch&#225;vez Presidente&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mariana Hern&#225;ndez, &lt;i&gt;Socialismo de baja intensidad&lt;/i&gt;. Voir site Internet : http://espanol.&lt;br class='autobr' /&gt;
geocities.com/mariana_hzz/socialismo. htm&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gregory Wilpert, &lt;i&gt;Venezuela : d&#233;mocratie participative ou gouvernement comme un autre ?&lt;/i&gt; Source : &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article&lt;/a&gt; = 2791&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Caracas : le FSM &#233;cartel&#233;. Lundi 30 janvier 2006. Voir blog d'Alain Lipietz :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://lipietz.net/breve.php3?id_breve=122&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lipietz.net/breve.php3?id_breve=122&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir site : &lt;a href=&#034;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Mision%&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mci.gob.ve/imagnot/Mision%&lt;/a&gt; 20Barrio%20Adentro.pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Issac Bigio, &lt;i&gt;&#171; Chavez en Londres &#187;&lt;/i&gt;. Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=31622&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=31622&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;XXIX Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.mcxapc.org/static.php?file=florilege.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mcxapc.org/static.php?file=florilege.htm&lt;/a&gt; &amp; menuID = floril&#232;ge&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hors champ - Histoire d'un mot</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article120</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article120</guid>
		<dc:date>2012-01-07T23:13:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques GRINEVALD</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Salut Bruno, &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, notre terme de &#171; d&#233;croissance &#187; &#8211; h&#233;las repris &#224; pr&#233;sent avec des acceptions assez farfelues dont nous devons nous d&#233;marquer &#8211; ne se trouve pas dans le grand livre de Georgescu-Roegen, The Entropy Law and the Economic Process, publi&#233; en 1971 (et toujours pas traduit en fran&#231;ais). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre est en effet difficile et peu de gens l'ont lu en entier, encore moins r&#233;ellement compris. Il y a des pages enti&#232;res que seul un expert en calcul des probabilit&#233;s et en sciences (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Salut Bruno,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, notre terme de &#171; d&#233;croissance &#187; &#8211; h&#233;las repris &#224; pr&#233;sent avec des acceptions assez farfelues dont nous devons nous d&#233;marquer &#8211; ne se trouve pas dans le grand livre de Georgescu-Roegen, &lt;i&gt;The Entropy Law and the Economic Process&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1971 (et toujours pas traduit en fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est en effet difficile et peu de gens l'ont lu en entier, encore moins r&#233;ellement compris. Il y a des pages enti&#232;res que seul un expert en calcul des probabilit&#233;s et en sciences math&#233;matiques et physiques peut raisonnablement suivre correctement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;ses fondamentales de Georgescu, expos&#233;es dans ce livre h&#233;t&#233;rodoxe (h&#233;t&#233;rodoxe aussi bien pour l'establishment des physiciens que des &#233;conomistes) &#8211; et qui sont pour l'essentiel un d&#233;veloppement technique de l'Introduction de son livre &lt;i&gt;Analytical Economics : Issues and Problems&lt;/i&gt;, (1966 ; trad. fr. : &lt;i&gt;La Science &#233;conomique : ses difficult&#233;s et ses probl&#232;mes&lt;/i&gt;, Dunod, 1970) &#8211; sont de nature essentiellement &#233;pist&#233;mologique et philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles concernent aussi bien l'interpr&#233;tation statistique dominante du second principe de la thermodynamique (la fameuse loi de l'entropie), que les rapports entre les sciences de la nature et l'&#233;conomie (Georgescu reprend &#224; Ernst Mach l'id&#233;e qu'une loi ou un concept de la physique th&#233;orique repr&#233;sente une &#171; &#233;conomie de pens&#233;e &#187;), et, en fin de compte, les fondements biophysiques &#8211; au sens d'Alfred Lotka &#8211; de l'&#233;conomie du d&#233;veloppement, et donc de toute la science &#233;conomique moderne, qui visait &#224; conceptualiser l'exp&#233;rience de la &lt;i&gt;&#171; commercial society &#187;&lt;/i&gt; (Adam Smith), la r&#233;volution industrielle (Marx) et l'extraordinaire croissance &#233;conomique de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disciple de Schumpeter, le premier th&#233;oricien de l'&#233;conomie &#233;volutionniste du d&#233;veloppement, mais, en plus, d'une autre g&#233;n&#233;ration scientifique (d'apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale), Georgescu va d&#233;passer, et &#224; vrai dire contredire, la conception circulaire, dynamique et pr&#233;-thermodynamique, du processus &#233;conomique dans laquelle restait encore enferm&#233; Schumpeter, faute d'avoir assimil&#233; les implications bio-&#233;conomiques de la Loi de l'Entropie &#8211; mises en &#233;vidence, d'une mani&#232;re ambigu&#235;, par les travaux, dans les ann&#233;es 40-50, de Lotka, Schr&#246;dinger (&lt;i&gt;Qu'est-ce que la vie ?&lt;/i&gt;, 1945), Norbert Wiener, L&#233;on Brillouin, que Georgescu-Roegen critique tout en leur devant une certaine audace interdisciplinaire et une volont&#233; de renouer les affaires humaines avec le monde cosmique et en l'occurrence la face de la Terre, notre environnement plan&#233;taire limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de d&#233;croissance ne va &#234;tre d'un produit d&#233;riv&#233;, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en juin 1974 que j'ai pour la premi&#232;re fois entendu Georgescu-Roegen faire un expos&#233; brillant de ses id&#233;es sur la probl&#233;matique bio-&#233;conomique des ressources et de la pollution. C'&#233;tait devant une vingtaine de personnes au d&#233;partement d'&#233;conom&#233;trie de l'Universit&#233; de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; le seul &#224; vraiment appr&#233;cier et &#224; entrer en discussion avec lui. J'avais pris quelques notes. Tout son discours me semblait d'une &#233;vidence limpide, parce que j'&#233;tais d&#233;j&#224; acquis &#8211; contrairement &#224; la salle des &#233;conomistes &#8211; au mouvement &#233;cologiste du d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix et dont l'actualit&#233; &#233;tait renforc&#233;e par le choc p&#233;trolier d'octobre 1973, appel&#233;e la &#171; crise de l'&#233;nergie &#187; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, j'ai &#233;crit un compte-rendu de la conf&#233;rence de Georgescu contenant son &#171; programme bio&#233;conomique minimal &#187;, en tant que communiqu&#233; de presse du Service de presse et d'information de l'universit&#233; de Gen&#232;ve dont j'&#233;tais alors le responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce titre que j'avais &#233;t&#233; inform&#233; de cette conf&#233;rence, mais c'est parce qu'un professeur de physique th&#233;orique, Josef Maria Jauch, m'avait pr&#234;t&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &lt;i&gt;The Entropy Law and the Economic Process&lt;/i&gt;, alors que je terminais mon m&#233;moire de ma&#238;trise de philosophie sur le th&#232;me &lt;i&gt;La Notion d'entropie dans la pens&#233;e contemporaine&lt;/i&gt; (universit&#233; de Besan&#231;on, 1973), que le nom de Georgescu-Roegen et le th&#232;me de sa conf&#233;rence avaient attir&#233; mon attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut pour moi une singuli&#232;re providence : une semaine plus tard, &#224; Paris, Georgescu et moi, nous nous retrouv&#226;mes, presque comme de vieux amis, &#224; l'&#201;cole Polytechnique &#224; l'occasion du colloque du 150e anniversaire des R&#233;flexions de Sadi Carnot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georgescu-Roegen prit grand plaisir &#224; lire mon compte-rendu de sa conf&#233;rence et pratiquement &#224; cet instant me voua une amiti&#233; qui ne fit que se confirmer au fil des ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Gen&#232;ve pour moi, et aux &#201;tats-Unis pour lui, une belle correspondance s'ensuivit. Georgescu m'envoya r&#233;guli&#232;rement tout ce qu'il publiait et m'annon&#231;ait ses voyages en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous rev&#238;mes souvent, notamment &#224; Strabourg (ma ville natale) lorsqu'il y fut professeur invit&#233; en 1977-78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la d&#233;croissance &#8211; c'est-&#224;-dire l'apr&#232;s-croissance ! &#8211; venait assez souvent dans nos discussions, notamment &#224; propos de la critique que Georgescu-Roegen faisait de la th&#232;se de l'&#233;conomie stationnaire reprise par son ancien &#233;l&#232;ve Herman Daly. L'anti-th&#232;se de la croissance n'&#233;tait pas l'&#233;tat stationnaire mais tout simplement la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du p&#233;trole, dont il avait une connaissance intime par son exp&#233;rience roumaine, &#233;tait l'un de ses exemples pr&#233;f&#233;r&#233;s, mais c'est &#224; l'ensemble du stock g&#233;ologique des ressources min&#233;rales accessibles et utilisables qu'il faisait r&#233;f&#233;rence, tout en pr&#233;cisant qu'il s'agissait de la moiti&#233; du probl&#232;me, l'autre moiti&#233; &#233;tant la pollution et les d&#233;chets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georgescu-Roegen parlait souvent du d&#233;clin, &lt;i&gt;decline&lt;/i&gt; en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'abondance actuelle, exceptionnelle, et qui b&#233;n&#233;ficie &#224; une minorit&#233; de l'humanit&#233;, l'avenir de notre esp&#232;ce lui semblait tr&#232;s diff&#233;rent de celui que promettait l'id&#233;ologie moderne du progr&#232;s et du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre de 1971, p. 27, il citait &lt;i&gt;Le D&#233;clin de l'Occident&lt;/i&gt; de Spengler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute que Georgescu &#233;tait pr&#233;occup&#233; par la longue dur&#233;e, par le pass&#233; comme par l'avenir de l'esp&#232;ce humaine, et non simplement le PIB d'une nation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la d&#233;croissance, qu'il accueillit tr&#232;s favorablement, n'a cependant pas &#233;t&#233; un titre de Georgescu-Roegen lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement en 1979, dans une conversation avec notre &#233;diteur de Lausanne, Pierre-Marcel Favre, que ce titre de &lt;i&gt;Demain la d&#233;croissance&lt;/i&gt; fut adopt&#233; pour la traduction que j'avais faite, en collaboration avec le professeur Ivo Rens, dont j'&#233;tais alors l'assistant &#224; la facult&#233; de droit, de textes que Georgescu-Roegen m'avait envoy&#233;s, travail men&#233; en 1976 et 1977, mais qui ne trouva pas facilement un &#233;diteur (les refus furent nombreux, mais cette recherche m'amena &#8211; autre rencontre m&#233;morable &#224; l'origine d'une grande amiti&#233; &#8211; &#224; rencontrer Armand Petitjean) comme je l'ai rappel&#233; dans l'Introduction de la 2e &#233;dition au Sang de la terre en 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;pare actuellement la troisi&#232;me &#233;dition qui va sortir &#224; la rentr&#233;e 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Bruno, je n'ai pas le temps d'en &#233;crire plus aujourd'hui, je dois partir quelques jours &#224; La Baume, en C&#233;vennes, pour le 1er anniversaire de la mort de mon vieil ami Armand Petitjean (1913-2003), une &#233;norme perte pour moi et pour toutes les &#171; consciences &#233;cologiques &#187;. Mais &#224; part &#231;a je reste &#224; Gen&#232;ve cet &#233;t&#233; pour &#233;crire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amicalement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JACQUES GRINEVALD, 15 JUILLET 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La tentation r&#233;actionnaire</title>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul BESSET </dc:creator>



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&lt;p&gt;Que leur arrive-t-il ? Quelques-uns des meilleurs intellectuels fran&#231;ais &#8211; R&#233;gis Debray, Alain Finkielkraut, Pierre-Andr&#233; Taguieff et quelques autres&#8230; ils ne forment pas encore une &#233;cole, mais ils dessinent d&#233;j&#224; un courant de pens&#233;e &#8211; semblent soudain perdre les p&#233;dales. On en rel&#232;ve ici et l&#224; quelques &#233;chos dans les gazettes : une col&#232;re d&#233;mesur&#233;e de Debray contre le festival d'Avignon, des propos stup&#233;fiants de Finkielkraut sur la crise des banlieues, de m&#233;chants coups de griffe de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que leur arrive-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelques-uns des meilleurs intellectuels fran&#231;ais &#8211; R&#233;gis Debray, Alain Finkielkraut, Pierre-Andr&#233; Taguieff et quelques autres&#8230; ils ne forment pas encore une &#233;cole, mais ils dessinent d&#233;j&#224; un courant de pens&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;gis Debray, Suppliques aux nouveaux progressistes du XXIe si&#232;cle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; semblent soudain perdre les p&#233;dales. On en rel&#232;ve ici et l&#224; quelques &#233;chos dans les gazettes : une col&#232;re d&#233;mesur&#233;e de Debray contre le festival d'Avignon, des propos stup&#233;fiants de Finkielkraut sur la crise des banlieues, de m&#233;chants coups de griffe de Taguieff contre le politiquement correct&#8230; Les &#171; nouveaux r&#233;acs &#187; sont arriv&#233;s titre &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; tandis que &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; &#233;voque plus respectueusement &#171; la vague iconoclaste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nouvel Observateur du 1er d&#233;cembre 2005. Le Point du 28 novembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Effectivement, ces gaillards mettent r&#233;solument les pieds dans le plat. Au-del&#224; des provocations ou des d&#233;rapages verbaux, ils affichent une r&#233;elle ambition intellectuelle. H&#233;ritiers des meilleures traditions de la pens&#233;e &#171; progressiste &#187; &#8211; faite de pertinence critique, d'ouverture culturelle et de tol&#233;rance humaniste dont leurs &#339;uvres t&#233;moignent &#8211;, ils se font aujourd'hui les v&#233;hicules d'une remise en cause cataclysmique. Celle d'une Modernit&#233; qu'ils ont tant aim&#233;e et qu'ils accusent d'avoir tragiquement bifurqu&#233;, jusqu'&#224; trahir l'id&#233;al des Lumi&#232;res et ali&#233;ner un peu plus le genre humain. &#192; cet accident du Progr&#232;s, ils opposent l'issue salvatrice d'une r&#233;appropriation de l'espace national et d'une r&#233;habilitation du sentiment patriotique. Laquelle perspective s'inscrit, selon nous, dans la tentation d'un repli r&#233;actionnaire g&#233;n&#233;ralis&#233; qui menace l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette coloration nationaliste, r&#233;cemment apparue sur la sc&#232;ne intellectuelle fran&#231;aise, s'affiche d'abord comme le signe d'une angoisse : ce &#224; quoi, comme la plupart des &lt;i&gt;sapiens&lt;/i&gt; du si&#232;cle, ces nouveaux hussards croient et ont toujours cru &#8211; la r&#233;publique, la d&#233;mocratie, la la&#239;cit&#233;, le droit, le progr&#232;s, la science, le d&#233;veloppement &#233;conomique, la croissance des richesses, le contrat social, le banquet illimit&#233; de la nature, l'adoucissement des m&#339;urs&#8230; bref, toute la panoplie ordinaire des raisons d'esp&#233;rer qu'ils &#233;voquent avec des accents de nostalgie d&#233;sabus&#233;e &#8211; est en passe de s'effondrer, bloc par bloc, institution par institution, valeur par valeur. Tout se passe comme si le sol se d&#233;robait sous leurs pieds. Alors, ils paniquent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enjeu d&#233;cisif&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;On le ferait &#224; moins. La Modernit&#233; (ou postmodernit&#233;, selon les auteurs) qu'ils ont sous les yeux enfante un monstre. Ils le disent, souvent excellemment, dressant l'inventaire de &#171; tout ce qui, depuis trente ans, s'est banalis&#233;, in&#233;galis&#233;, ghetto&#239;s&#233; &#224; mesure qu'il s'est modernis&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;gis Debray, Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe si&#232;cle, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#192; ce &#171; tout &#187;, rien n'&#233;chappe, des comportements minuscules qui tissent la quotidiennet&#233;, aux d&#233;sirs illimit&#233;s qui ravagent les psych&#233;s et massacrent la nature. C'est, comme l'&#233;crit Taguieff, &#171; la marche automatique du progr&#232;s sans les fins du Progr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Andr&#233; Taguieff, Le Sens du progr&#232;s, Flammarion, Paris, 2005.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Une d&#233;rive sans horizon, un d&#233;lire sans fin, la dictature de la d&#233;mesure qui, selon Finkielkraut, s'incarne cr&#251;ment dans &#171; le mot d'ordre : si je veux, quand je veux, o&#249; je veux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, entretien du 19 septembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, effray&#233;s par le gouffre gigantesque que cette observation r&#233;v&#232;le &#8211; si la Modernit&#233; est un &#233;chec, si le Progr&#232;s tourne au cauchemar, par quoi les remplacer ? &#8211;, d&#233;boussol&#233;s comme s'ils avaient atteint le p&#244;le magn&#233;tique de la pens&#233;e, ils se pr&#233;cipitent t&#234;te baiss&#233;e dans une sorte de recentrage national, seul susceptible, selon eux, de ramener le pays dans les bras de la Raison. C'est &#224; cette priorit&#233; qu'ils consacrent d&#233;sormais l'essentiel de leur &#233;nergie. Retour donc vers un pass&#233; (largement id&#233;alis&#233;) sous les traits d'une Marianne avenante, repli sous le parapluie de l'identit&#233; et de l'&#201;tat-nation. Sacr&#233; t&#234;te-&#224;-queue ! R&#233;habilitation d'une l&#233;gende qui n'engage que ceux qui ont envie d'y croire ! On pourrait gentiment s'en moquer, mais la question que Finkielkraut, Taguieff, Debray et leurs amis posent, chacun &#224; leur fa&#231;on, est essentielle : nos d&#233;mocraties doivent-elles faire marche arri&#232;re avant qu'il soit trop tard et entrer &#171; en r&#233;action &#187; pour interrompre la course &#224; l'ab&#238;me ? Entre le &#171; conservatisme critique &#187;, cher par exemple &#224; Jean-Claude Mich&#233;a&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Claude Mich&#233;a, Orwell &#233;ducateur, Climats, Castelnau Le Lez, 2003.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la r&#233;gression pure et simple qui installe &#171; un d&#233;sespoir total &#187; comme &#171; seule alternative possible &#224; la croyance au progr&#232;s &#187; ainsi que le craint Christopher Lasch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christopher Lasch, Le Seul et Vrai Paradis, Climats, Castelnau Le Lez, 2002.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la fronti&#232;re n'est pas toujours &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interrogation ne saurait laisser personne indiff&#233;rent. Surtout pas le courant des explorateurs de la D&#233;croissance (durable, s&#233;lective, &#233;quitable, conviviale&#8230; quelles qu'en soient les nuances et les coquetteries). Celui-ci, encore jeune et friable, se situe en effet &#224; l'articulation de la critique de la modernit&#233; et de l'&#233;laboration du paradigme de l'apr&#232;s-d&#233;veloppement. Il se trouve donc en position instable, un pied dans le camp des contempteurs du &#171; progr&#232;s meurtrier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eugen Drewermann, Le Progr&#232;s meurtrier, Stock, Paris, 1993.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, un autre engag&#233; dans l'ambition de redonner sens au progr&#232;s. Malgr&#233; lui (ou, ici et l&#224;, par complicit&#233;), le petit courant des objecteurs de croissance risque de se retrouver emport&#233; dans la dynamique du puissant mouvement de R&#233;action qui saisit l'&#233;poque. Rien n'est &#233;crit. Personne n'est infaillible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De notre point de vue, les objecteurs de croissance et autres post-d&#233;veloppementistes doivent donc pr&#233;senter une intransigeance de mammouth &#224; tout ce qui, de pr&#232;s ou de loin, flirte avec l'illusion nationaliste, laquelle, pensons-nous, ouvre la porte au d&#233;ferlement r&#233;actionnaire (que nous prendrons garde de ne pas confondre avec l'attachement au patrimoine des valeurs du pass&#233;). Sous peine d'assister impuissants &#224; l'envahissement mortif&#232;re d'une pens&#233;e du repli, gliss&#233;e en contrebande sous l'aile d'une critique irr&#233;futable du Progr&#232;s, face au risque de succomber aux charmes v&#233;n&#233;neux de l'entre-soi, de l'exclusion des autres et de l'&#233;puration des diff&#233;rences, il revient aux explorateurs de la D&#233;croissance de r&#233;pondre sans ambigu&#239;t&#233; &#224; la question pos&#233;e des racines, de l'identit&#233; et de la Nation. Culturellement, imaginaire contre imaginaire, par l'affirmation d'un horizon o&#249; l'universel n'est pas sacrifi&#233; au local. Politiquement, programme contre programme, par des propositions transitoires pour une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance qui ne se confondent pas avec la nostalgie d'un pass&#233; plus ou moins magnifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence &#233;cologique et sociale sollicite aujourd'hui de toutes parts les hommes de bonne volont&#233;. Elle commande aussi &#224; batailler fermement dans le d&#233;bat d'id&#233;es pour s'opposer aux incarnations possibles d'une politique r&#233;actionnaire dont l'ampleur envahit chaque jour un peu plus la plan&#232;te et dont le calfeutrage nationaliste constitue l'alli&#233; privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choc et le d&#233;sarroi&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il n'est qu'&#224; ouvrir les yeux pour s'apercevoir que la r&#233;gression est bel et bien en marche. Des signes multiples se manifestent : les &#201;tats-Unis d&#233;ploient un mur de barbel&#233;s et la garde nationale sur la fronti&#232;re du Mexique sous l'influence de plus en plus pr&#233;gnante des propagandistes du choc des civilisations, des adeptes du &lt;i&gt;Conservative Revival&lt;/i&gt; ou du &#171; dessein intelligent &#187; antidarwinien ; les &#233;vang&#233;listes de la &lt;i&gt;Christian Coalition&lt;/i&gt; ressemblent comme des fr&#232;res aux barbus patchouns ou aux orthodoxes juifs ; en Iran, en Palestine, en &#201;gypte, partout o&#249; ils peuvent s'exprimer au Sud, les courants religieux int&#233;gristes triomphent dans la mesure o&#249; ils apparaissent aux plus pauvres comme leur dernier recours ; la Chine d&#233;ploie son bond en avant sur un patriotisme exacerb&#233; ; assis sur ses r&#233;serves de gaz, Poutine r&#234;ve de r&#233;tablir la grande et sainte Russie ; en Europe comme au Japon, les mod&#232;les sociaux vacillent et des diables fascisto&#239;des guettent avec leur longue cuill&#232;re ; les &#171; d&#233;clinologues &#187; (Baverez, Minc, Lelouche, Rouart, Imbert&#8230;) tiennent le haut du pav&#233; (ah ! que la France imp&#233;riale &#233;tait belle, quand elle jouait dans la cour des grands !), la criminalisation de la colonisation ou de l'esclavage est relativis&#233;e, on imagine traquer le g&#232;ne de la d&#233;linquance chez les enfants de la maternelle, Nicolas Sarkozy pr&#244;ne un ordre muscl&#233; tandis que S&#233;gol&#232;ne Royal en pince pour un &#171; ordre juste &#187;&#8230; Assur&#233;ment, le fond de l'air est vici&#233;. Le mouvement de l'humanit&#233;, quoi qu'en disent les &#171; ravis &#187; de la mondialisation, pousse les cat&#233;gorises sociales les plus accabl&#233;es et les peuples les plus frustr&#233;s de la mirifique croissance qu'on leur promet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sait-on par exemple que, d'apr&#232;s la Banque mondiale, le PIB africain a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; se bunk&#233;riser sur leurs communaut&#233;s, leurs fronti&#232;res, leurs identit&#233;s, leurs traditions qui ne sont souvent que le reflet de l'atavisme ou de l'obscurantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi est in&#233;vitable (il reste n&#233;anmoins un moindre mal quand il se porte comme un bleu &#224; l'&#226;me chez nos intellectuels alors que pour les moins prot&#233;g&#233;s et les plus expos&#233;s &#8211; c'est-&#224;-dire, en gros, les deux tiers des habitants de la plan&#232;te &#8211;, il se traduit par un d&#233;sespoir de vie quotidien). Ces vingt derni&#232;res ann&#233;es en effet, les soci&#233;t&#233;s mondiales ont connu des mutations &#233;conomiques, sociales, technologiques et g&#233;opolitiques sans &#233;quivalent dans l'histoire. T&#233;lescopage brutal qui provoque tout &#224; la fois une d&#233;stabilisation de la nature, des soci&#233;t&#233;s et des consciences. Quels sont les mots-cl&#233;s que l'histoire retiendra de ce chambardement ? Pollution, destruction, agression, fragilisation, d&#233;s&#233;quilibres, fragmentation, pr&#233;carisation, exclusion, d&#233;pression&#8230; Choc traumatisant s'il en est, qui laisse tra&#238;ner derri&#232;re lui un sentiment diffus de fatalisme mou selon lequel le cours des choses de la vie &#233;chappe d&#233;sormais &#224; la logique des hommes &#8211; et d'abord au politique &#8211; et qui fait dire que notre seule certitude, c'est que demain sera pire qu'aujourd'hui ! Alors, autant retourner &#224; hier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la lucidit&#233; &#224; la d&#233;gringolade&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;En face, qu'entend-on ? Rien ou si peu. Le silence (ou la connivence) des clercs est impressionnant. Confront&#233;e &#224; un tournant aigu et in&#233;dit de l'histoire &#8211; la crise combin&#233;e du vivant et de l'humain rendant probl&#233;matique l'avenir, voire la survie, de l'esp&#232;ce &#8211;, la classe intellectuelle, courageusement, se tait ou se compla&#238;t dans de l&#233;nifiantes querelles &#171; soci&#233;tales &#187; o&#249; chacun interpr&#232;te le cat&#233;chisme que ses fid&#232;les attendent de lui. Aphasie g&#233;n&#233;ralis&#233;e ! Les Lumi&#232;res semblent une esp&#232;ce d&#233;finitivement disparue&#8230; N'avaient-elles pas su, elles, &#171; penser &#187; le bouleversement historique au sortir du long tunnel moyen&#226;geux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissons leur cela : Debray, Finkielkraut, Taguieff sont de ceux qui ne se &#171; couchent &#187; pas. Que disent-ils ? Que l'histoire donc prend un mauvais tour. &#201;coutons-les porter le fer dans la plaie. Leur d&#233;cryptage aboutit &#224; une stimulante d&#233;construction de la tyrannie du moderne. Debray : &#171; Pour qu'un empilement de &#8220;je&#8221; fasse &#8220;nous&#8221;, il faut pouvoir regarder ensemble, &#224; certains moments plus ou moins ritualis&#233;s, vers un point de fuite &#224; l'horizon. On ne le voit plus [&#8230;] Quand on ne partage plus l'espoir, on n'a que le ressentiment en commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nouvel Observateur, entretien du 15 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Finkielkraut : &#171; Tout d&#233;sormais nous compromet, m&#234;me les caprices du ciel [&#8230;] Nous ne pouvons plus nous placer comme nagu&#232;re dans la perspective d'un temps prometteur, nous ne pouvons plus croire avec la m&#234;me na&#239;vet&#233; au progr&#232;s [&#8230;] Et la question c'est de savoir si, pr&#233;cis&#233;ment, nous avons encore la capacit&#233; d'enrayer les processus que nous avons d&#233;clench&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, entretien du 19 septembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Taguieff : &#171; Lorsque l'affirmation du progr&#232;s s'op&#232;re sans qu'en soit d&#233;finie la notion, sans &#234;tre r&#233;f&#233;r&#233;e &#224; des fins de l'homme [&#8230;], elle revient &#224; faire du &#171; mouvement &#187; ou du &#171; changement &#187; une idole, quelque chose comme un nouvel Absolu, un substitut de l'Etre supr&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Andr&#233; Taguieff, R&#233;sister au bougisme, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Rien n'&#233;chappe &#224; leur perspicacit&#233;. D'un m&#234;me ton rugueux et salutaire, ils d&#233;noncent addiction consum&#233;riste, productivisme extraverti, saccage &#233;cologique, dictature de la vitesse, d&#233;sagr&#233;gation sociale, hyperindividualisme, ali&#233;nations techniques, marchandisation acc&#233;l&#233;r&#233;e, d&#233;culturation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, colonisation des devoirs par les droits&#8230; Au total, c'est un monde trop prompt &#224; &#171; r&#233;pliquer &#224; la limite par l'enjamb&#233;e &#187; qu'ils d&#233;noncent brillamment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La formule est de Victor Hugo.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour notre part, nous ne pouvons que signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; : en passant de la lucidit&#233; critique vis-&#224;-vis du pr&#233;sent &#224; l'affirmation d'un horizon pour le futur (troquant de ce fait les habits du philosophe pour ceux du militant, et l'analyse pour l'action), nos intellectuels op&#232;rent un glissement spectaculaire. C'est m&#234;me une d&#233;gringolade tout schuss qu'ils nous proposent. Confront&#233;s aux r&#233;gressions qu'ils constatent, saisis d'effroi par leur ampleur et leur complexit&#233;, ils vont politiquement au plus vite, au plus simple : Finkielkraut, Taguieff, Debray et quelques autres enclenchent la marche arri&#232;re et ne trouvent rien de mieux que de plaider pour un retour &#224; l'&#233;tat &lt;i&gt;ante&lt;/i&gt;, celui des &#201;tats forts en gueule, moustache impeccable et menton volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne s'agissait que de la marque d'une nostalgie, passe encore. On ne reprochera &#224; personne d'&#233;prouver une langueur m&#233;lancolique envers un monde qui dispara&#238;t, l'ordre rassurant des usines et des champs, la douce berceuse d'une progression &#224; deux chiffres du produit int&#233;rieur brut, ce monde o&#249; s'inscrivaient les engagements de jeunesse avec, grav&#233;es dans le marbre, les valeurs d'une humanit&#233; en noir et blanc, la&#239;cs contre cur&#233;s, savants contre ignorants, progressistes contre conservateurs, gauche contre droite. Cette &#233;poque est r&#233;volue. Dommage ? Peut-&#234;tre, mais n'est-ce pas d'abord aux penseurs de se coltiner les asp&#233;rit&#233;s du r&#233;el au lieu d'en reproduire les mythologies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Feu sur le quartier g&#233;n&#233;ral communautariste&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Nos nouveaux hussards pr&#233;f&#232;rent, eux, battre en retraite sur l'illusoire ligne Maginot du pass&#233;. En fait de retranchement, les d&#233;fenses qu'ils croient avoir d&#233;nich&#233;es sont tr&#232;s &#233;quivoques. Apr&#232;s avoir plaid&#233;, &#224; juste titre, en faveur d'un retour au sens et au lien, ils pr&#233;sentent, en guise de ressaisissement, un mod&#232;le version IIIe R&#233;publique, avec d&#233;votion nationale pour faire sens et renforcement de l'autoritarisme pour faire lien. Tout y passe : les valeurs d'identit&#233; (la fiert&#233; de l'histoire nationale telle qu'apprise sur les bancs de la communale ?), l'arrimage &#224; l'&#201;tat-nation et aux principes r&#233;publicains (comme nouvelle religion civile ?), la souverainet&#233; reconquise (celle de la Banque de France contre l'Europe ?), la r&#233;incarnation d'un &#201;tat fort (avec ses armes de destruction massive ?), le r&#233;tablissement du magister (lequel, celui du mandarin, du cur&#233;, du sous-pr&#233;fet, du conseiller g&#233;n&#233;ral ?), le cocon des racines (&#224; condition qu'elles soient catholiques et romaines ?). Ecoutons Finkielkraut : &#171; Ce qui m'inqui&#232;te, c'est la d&#233;saffiliation nationale [&#8230;] La question que je pose s'adresse &#224; notre ultime utopie : le m&#233;tissage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, entretien du 27 novembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; Debray : &#171; Quand il n'y a pas de fronti&#232;res, il n'y a ni sacralit&#233;, ni n&#233;cessit&#233;, ni croyance partag&#233;e, ni sentiment d'appartenance. Alors, faute d'histoire commune, chacun se replie sur sa m&#233;moire, sa micro identit&#233; sexuelle, ethnique, religieuse, r&#233;gionale. Quand l'Europe aura le courage d'avoir des adversaires, elle commencera &#224; exister&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nouvel Observateur, entretien du 15 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; Taguieff : &#171; Red&#233;couvrir l'&#201;tat-nation comme instrument indispensable de r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme du march&#233; globalis&#233;, jouer la multiplicit&#233; des nations contre les multinationales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Andr&#233; Taguieff, R&#233;sister au bougisme, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence logique : il faut extirper le virus qui sape l'harmonie sociale, qui dynamite l'identit&#233; collective et qui, tel une invasion de termites, fragilise la forteresse nationale. &#192; savoir l'id&#233;ologie communautariste dont Taguieff per&#231;oit l'av&#232;nement dans &#171; la communautarisation croissante &#187; des modes de vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration du 28 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Debray dans la juxtaposition conflictuelle de &#171; narcissismes communautaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nouvel Observateur, entretien du 15 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Puis restaurer le cadre de r&#233;f&#233;rence collectif et le sentiment d'appartenance, autour du &#171; religo &#187; de la Nation et de &#171; la fiert&#233; r&#233;publicaine &#187;. Au passage, nos auteurs revisitent l'histoire r&#233;cente et rendent l'explosion soixante-huitarde responsable de ce &#171; comportement g&#233;n&#233;ral de plaignants et d'ayants-droit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, entretien du 27 novembre 2005., entretien du 27 novembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, sans doute parce que ce printemps de r&#233;volte a impos&#233; des droits que la R&#233;publique disputait chichement &#224; celles et ceux qui en &#233;taient priv&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant d'intelligence pour en arriver l&#224; ! D&#233;busquer la source des maux de la modernit&#233; dans un incertain irr&#233;dentisme communautariste et une suppos&#233;e dissolution multiculturelle ! Exhumer la cl&#233; du futur dans les fronti&#232;res retrouv&#233;es de la Nation et de la vieille matrice patriotique ! D&#233;cid&#233;ment, nos intellectuels ne sont braves qu'&#224; moiti&#233;. Oubliant leur pertinence critique envers la m&#233;gamachine de la modernit&#233; d&#232;s lors qu'il s'agit d'entrer en politique concr&#232;te, ils s'empressent de recourir aux vieilles ficelles : fabriquer un bouc &#233;missaire, selon la d&#233;marche classique des raccourcis historiques qui renvoient sur l'Autre la charge du d&#233;lit. L'Autre, c'est-&#224;-dire l'Inconnu, le Diff&#233;rent, autant dire l'&#201;tranger. C'est tellement dans l'air du temps, quand il pr&#233;sente une gueule bronz&#233;e et des guenilles de vagabond ! On le dit avec gravit&#233; : en adoptant sans nuance une posture nationalitaire, nos intellectuels sautent &#224; pieds joints dans la vieille figure de la R&#233;action et ouvrent la bo&#238;te de Pandore. On le regrette avec tristesse : ces voix passionnantes et passionn&#233;es se disqualifient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute la crispation communautariste ou ethniciste fait-elle partie des questions qui se posent. Des signes inqui&#233;tants se manifestent dans le corps social. Qu'&lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt; l'affirmation d'une citoyennet&#233; commune soit un objectif politique, nous n'en disconviendrons pas. Que le sentiment d'appartenance &#224; une communaut&#233; nationale, identifi&#233;e par sa langue et sa culture, constitue un &#233;chelon indispensable dans les parcours d'int&#233;gration, un des maillons du vivre ensemble, personne ne le contestera. Force est de constater que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, de ce point de vue, se montre particuli&#232;rement r&#233;tive, multipliant les obstacles &#224; coups de d&#233;lits de faci&#232;s, de discriminations sociales et de banlieues-ghettos, poussant ainsi les communaut&#233;s immigr&#233;es &#224; s'ossifier plut&#244;t qu'&#224; se projeter sur un avenir commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faire de la tentation communautariste &#171; la &#187; question cl&#233; de l'&#233;poque &#8211; &#171; L'antiracisme est le nouveau totalitarisme du si&#232;cle &#224; venir &#187; affirme Finkielkraut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration apr&#232;s la conf&#233;rence internationale de Durban.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, plus p&#233;remptoire que jamais, tandis que son ami et complice Taguieff &#233;voque sans ambages &#171; la terreur judiciaire &#187; et &#171; la sovi&#233;tisation des esprits &#187; qu'imposent &#171; les lobbies associatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration du 28 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et qu'un de leur copain commun, Pascal Bruckner, s'emporte contre &#171; la tyrannie de minorit&#233;s totalitaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nouvel Observateur, 1er d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, ou qu'un esprit aussi mesur&#233; que Marcel Gaucher d&#233;nonce &#171; l'id&#233;ologie communautaire &#187; dans laquelle nous baignerions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, entretien du 25 f&#233;vrier 2006.&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, c'est prendre l'effet pour la cause. Car, si la peur que suscite le grand &#233;quarrisseur du progr&#232;s conduit des groupes humains &#224; se recroqueviller sur ce qui leur reste, c'est-&#224;-dire sur ce qu'ils sont ou sur ce qu'on a fait d'eux, &#224; qui la faute ? Qui d&#233;culturalise, d&#233;shumanise, d&#233;solidarise, d&#233;s&#233;quilibre, fragmente, fragilise, sinon le mouvement m&#234;me du d&#233;veloppement ? Comment pr&#233;tendre que les victimes de ce ph&#233;nom&#232;ne en sont les responsables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous le drapeau, la peur&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; vrai dire, &#233;riger en contre feu le &lt;i&gt;revival&lt;/i&gt; national pour contenir &#171; l'insurrection des identit&#233;s &#187; dont Debray et les autres agitent l'ombre mena&#231;ante &#8211; &#171; Nous voici confront&#233;s &#224; la plan&#233;tarisation de la haine &#187; s'exclame Finkielkraut en d&#233;signant explicitement l'Islam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration du 9 f&#233;vrier 2006.&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; para&#238;t bien paradoxal. &#192; quoi bon en effet remplacer une identit&#233; communautaire par une autre, nationale celle-l&#224;, de m&#234;me nature &#8211; en tant que syst&#232;me symbolique d'adh&#233;sion &#8211;, qui pr&#233;sente seulement pour diff&#233;rence d'&#234;tre un peu plus puissante ? Cela revient &#224; remplacer un clan par une tribu ou une secte par une religion. R&#233;cuser les visions ethnicistes (forc&#233;ment r&#233;trogrades) pour leur substituer une repr&#233;sentation nationale (forc&#233;ment grandiose), qu'est-ce que cela change ? O&#249; se situe la diff&#233;rence &#224; l'&#233;chelle des enjeux globaux du monde d'aujourd'hui ? Les citoyens fran&#231;ais, parce qu'ils sont fran&#231;ais et h&#233;ritiers d'une glorieuse histoire, se comportent-ils mieux vis-&#224;-vis des biens communs &#233;cologiques que n'importe quelle modeste communaut&#233; africaine ou asiatique ? Les Gaulois pur jus, parce qu'ils partagent un pacte r&#233;publicain, &#233;prouvent-ils moins de malaise &#224; vivre que les Kanaks ou les Navajos ? Le creuset national prot&#233;gerait-il mieux des fanatismes identitaires que la matrice communautaire ? &#192; la lumi&#232;re de l'histoire, y compris la plus r&#233;cente, du c&#244;t&#233; des Balkans, on ne prendra pas le pari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;, en cherchant &#224; ressusciter le fant&#244;me d'une religiosit&#233; de la Nation, Taguieff, Finkielkraut et Debray militent ardemment en faveur de ce qu'ils d&#233;noncent avec ferveur : les d&#233;rives particularistes, diff&#233;rencialistes et s&#233;paratistes. Nous feraient-ils croire que, par extraordinaire, le nationalisme fran&#231;ais y &#233;chapperait sous pr&#233;texte qu'il rel&#232;verait d'une mieux-disante exception culturelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, les ponts-levis ayant &#233;t&#233; remont&#233;s autour de l'excellence du petit &#238;lot gaulois, une fois retricot&#233;es les mailles de l'entre soi &#8211; &#171; Cette qu&#234;te du semblable o&#249; se perd le sens du monde &#187; selon l'expression d'Edwy Plenel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edwy Plenel, Proc&#232;s, Stock, Paris, 2005.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un des irr&#233;ductibles adversaires des nouveaux hussards &#8211;, qu'adviendra-t-il ? Le climat s'interrompra-t-il de basculer, les m&#233;galopoles de s'&#233;tendre, les d&#233;serts d'avancer, la mis&#232;re de gagner ? La pluie s'acharnera-t-elle &#224; refuser de tomber l&#224; o&#249; elle manque le plus, les ours et les tigres ne seront-ils plus menac&#233;s de dispara&#238;tre, le p&#233;trole rejaillira-t-il ? Les consommateurs renonceront-ils &#224; s'&#233;tourdir dans le &lt;i&gt;turnover&lt;/i&gt; des lin&#233;aires ? Les bricoleurs de la g&#233;n&#233;tique retrouveront-ils la raison ? On le voit bien : aucun des grands enjeux du monde contemporain n'est susceptible de trouver un d&#233;but de r&#233;ponse dans la posture de reconqu&#234;te d'un espace national &#233;conomique, social et culturel, aussi vaillant soit-il. Peine perdue : la troupe des gueux ethniques et communautaires, dont nos hussards craignent tant un d&#233;barquement massif, continuera de rejoindre les lampions de la f&#234;te occidentale parce que, chez eux, le champ, la prairie, la for&#234;t ou la barque ne nourrissent plus. Se barricader n'y changera rien. La r&#233;habilitation des fronti&#232;res nationales n'y fera pas obstacle. C'est la terre, l'herbe, les arbres et les eaux qu'il faut ref&#233;conder, l&#224;-bas. Et, de ce point de vue, Debray, Finkielkraut, Taguieff et consorts n'ont pas grand-chose &#224; nous dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont-ils toujours de gauche, comme ils s'en r&#233;clament encore, ou pass&#233;s &#224; droite, &#224; c&#244;t&#233; de Sarkozy, comme on les en suspecte &#224; gauche ? Peu importe l'anecdotique des postures. Ils sont tomb&#233;s dans le camp de la peur. Face &#224; l'&#232;re du vide que r&#233;v&#232;le le trop plein de nos productions et de nos consommations, la d&#233;rive de ces intellectuels, dont on attendait autre chose qu'une &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt; de 14 juillet, se pr&#233;sente comme un puissant r&#233;v&#233;lateur d'une &#233;poque travaill&#233;e en profondeur par la tentation r&#233;actionnaire. &#171; Insensiblement, notait il y a quelques mois un journaliste du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, un nombre croissant d'intellectuels rejoignent les irr&#233;ductibles de toujours, les r&#233;actionnaires historiques, chantres de la douceur des lampes &#224; huile et de la splendeur de la marine &#224; voile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel de Roux, Le Monde du 6 d&#233;cembre 2005.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; L'image est sympathique, mais elle s'av&#232;re trompeuse. La tentation r&#233;actionnaire &#8211; que nous ne confondrons pas avec les attitudes conservatrices qui parfois s'imposent vis-&#224;-vis de l'acharnement destructeur de la modernit&#233; &#8211; est d'une tout autre nature que les tendres nostalgies pass&#233;istes que chacun d'entre nous entretient. Derri&#232;re le discours impavide de r&#233;f&#233;rence &#224; un monde disparu se cache le refus d'affronter les probl&#232;mes &#224; l'&#233;chelle o&#249; ils se posent, c'est-&#224;-dire plan&#233;taire. Sous pr&#233;texte de d&#233;limiter des p&#233;rim&#232;tres, c'est celui de la peur qu'on installe. Peur des autres, peur du monde, peur des (r) &#233;volutions n&#233;cessaires. La R&#233;action incarne le triomphe de la peur, conseill&#232;re attitr&#233;e des mauvais jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elle est fond&#233;e sur cette peur, la strat&#233;gie du repli national aboutit &#224; une impasse lourde de menaces. C'est en son nom qu'il faut s'armer, exclure, &#233;purer, pour pr&#233;server ses fronti&#232;res, ses racines, son identit&#233;. Alain Finkielkraut, d'ailleurs, n'h&#233;sita pas, dans les ann&#233;es quatre-vingt-dix, &#224; prendre fait et cause pour les Croates contre les Serbes et les Bosniaques. Pourquoi ? Parce que les premiers &#233;taient catholiques, donc proches de l'identit&#233; europ&#233;enne, et les autres orthodoxes ou musulmans, autrement dit &#233;trangers. Le r&#233;flexe ethnique, communautaire ou religieux joue &#224; plein dans le champ national. Il s'en nourrit et s'y enivre. On choisit son camp, celui des siens et de ses semblables, et l'on fourbit les fusils contre les autres plut&#244;t que d'affronter les complexit&#233;s et les dissemblances d'un monde commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les objecteurs de croissance interpell&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les partisans et les op&#233;rateurs de la d&#233;croissance n'&#233;chapperont pas au devoir de clarification que la menace de d&#233;rive r&#233;actionnaire impose. Certaines th&#233;matiques politiques, si elles ne sont pas pr&#233;cis&#233;es, sont en effet susceptibles de donner du grain &#224; moudre au grand mouvement de repli, certaines pratiques pouvant nourrir involontairement ou aveugl&#233;ment la tendance &#224; l'enfermement identitaire. O&#249; passe par exemple la fronti&#232;re entre le r&#233;enracinement, ch&#232;re aux r&#233;actionnaires, et la relocalisation, propre aux d&#233;croissants ? Elle existe : le r&#233;enracinement renvoie &#224; une probl&#233;matique de naissance, de sang ou d'appartenance communautaire, alors que la relocalisation n'&#233;tablit aucun lien avec les origines ; elle concerne les activit&#233;s de la vie en fonction des lieux d'habitation et de travail. Territoire d'existence contre terroir de racine, la diff&#233;rence n'est pas mince. Elle n'est pas toujours nette dans les proclamations. L'excellente proclamation &#171; Vivre et travailler au pays &#187; doit, &#224; notre avis, s'accompagner du codicille &#171; au pays choisi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous s&#251;rs que l'attachement l&#233;gitime &#224; un lieu, &#224; une culture, &#224; des valeurs ne contient pas en germe un embrigadement nationaliste quand il s'agira de d&#233;fendre ces pr&#233;cieux biens contre les intrus ou de les partager avec les autres ? Entre le sentiment de familiarit&#233; d'une proximit&#233; communautaire et l'extase patriotique, la ligne de cr&#234;te, l&#224; encore, existe mais elle peut s'av&#233;rer bien mince en cas de conflit pour la r&#233;partition des richesses. Le discours sur la relocalisation des activit&#233;s (et des pratiques d&#233;mocratiques) contre la mondialisation des &#233;changes (et des d&#233;cisions autocratiques) auquel, faut-il le pr&#233;ciser, nous adh&#233;rons pleinement, pr&#234;te parfois le flanc au d&#233;tournement quand, en pratique, il vire &#224; une sorte d'h&#233;donisme r&#233;gionaliste &#8211; &#171; Mon petit coin de paradis d'abord ! &#187; &#8211; ou quand il s'&#233;rige en mod&#232;le &#233;litiste &#8211; &#171; Les autres sont des cr&#233;tins infr&#233;quentables, ils n'ont pas compris qu'ils pouvaient vivre comme moi en s'appliquant imm&#233;diatement la simplicit&#233; volontaire ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rythme actuel d'&#233;puisement des ressources et de destruction du monde, la tentation d'une nouvelle forme d'apartheid &#233;conomique et social existe, et elle pourrait s'amplifier. C'est m&#234;me l'issue logique du repli r&#233;actionnaire. Elle peut prendre appui sur un r&#233;flexe protectionniste d'enfermement sur son lopin de territoire pour y construire &#224; l'&#233;cart sa petite contre soci&#233;t&#233; et y pr&#233;server ses richesses, dans l'entre soi rassurant du noyau domestique ou clanique. Cela commence par le village et cela peut se terminer par une intransigeance identitaire partag&#233;e avec tous ceux qui sont &#171; d'ici &#187;, autrement dit de France, d'Europe et d'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'extr&#234;me droite, les Identitaires et la Nouvelle Droite ne s'y trompent pas d'ailleurs quand ils en appellent, &#224; leur fa&#231;on, &#224; la d&#233;croissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le salut par la d&#233;croissance ? &#187;, in &#201;l&#233;ments n&#176; 119.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est qu'elle leur para&#238;t pouvoir aller dans le sens de leur anti- universalisme de principe et de leur plaidoyer in&#233;galitaire. On le voit bien : le souci du local, s'il n'est pas port&#233; par une sollicitude envers le monde et &lt;i&gt;&#171; sa r&#233;ciprocit&#233; d'&#234;tres diff&#233;rents &#187;&lt;/i&gt; (Hannah Arendt), peut s'&#233;garer et se d&#233;naturer dans une juxtaposition de &lt;i&gt;Nimby&lt;/i&gt; dont le nationalisme fera ses choux gras et la R&#233;action sa base populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, on s'aper&#231;oit que partager des critiques voisines envers le progr&#232;s et la soci&#233;t&#233; de croissance ne suffit pas. Encore faut-il ne pas se tromper sur le sens &#224; donner au changement et &#224; la soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance. &#192; notre avis, une des principales lignes rouges est trac&#233;e par le nationalisme, ce communautarisme un peu plus gros que les autres. Au refus du monde commun qui le caract&#233;rise, il s'agit d'opposer une mosa&#239;que et une polyphonie d'alt&#233;rit&#233;s recomposant un universalisme que nous nommerons pluriversalisme ou diversalit&#233;. Autrement dit, un universalisme bien diff&#233;rent de l'uniformit&#233; marchande et destructrice qui s'est empar&#233;e de lui sous la f&#233;rule de la mondialisation de l'id&#233;ologie de croissance, mais un universalisme qui ne rend pas les armes devant l'appel &#224; la communaut&#233; de destin qui r&#233;unit tous les &#234;tres vivants de cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;gis Debray, &lt;i&gt;Suppliques aux nouveaux progressistes du XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 2006. Alain Finkielkraut, &lt;i&gt;Nous autres modernes&lt;/i&gt;, Ellipses, Paris, 2005. Pierre-Andr&#233; Taguieff, &lt;i&gt;R&#233;sister au bougisme&lt;/i&gt;, Mille et Une Nuits, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; du 1er d&#233;cembre 2005. &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; du 28 novembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;gis Debray, &lt;i&gt;Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe si&#232;cle, op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre-Andr&#233; Taguieff, &lt;i&gt;Le Sens du progr&#232;s&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, entretien du 19 septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Claude Mich&#233;a, &lt;i&gt;Orwell &#233;ducateur&lt;/i&gt;, Climats, Castelnau Le Lez, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christopher Lasch, &lt;i&gt;Le Seul et Vrai Paradis&lt;/i&gt;, Climats, Castelnau Le Lez, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eugen Drewermann, &lt;i&gt;Le Progr&#232;s meurtrier&lt;/i&gt;, Stock, Paris, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sait-on par exemple que, d'apr&#232;s la Banque mondiale, le PIB africain a encore&lt;br class='autobr' /&gt;
augment&#233; de plus de 5 % en 2005, apr&#232;s avoir progress&#233; dans les m&#234;mes proportions ces derni&#232;res ann&#233;es ? Un taux de croissance dont r&#234;vent les pays industrialis&#233;s mais qui ne change rien &#224; l'appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233; du continent et de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
populations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, entretien du 15 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, entretien du 19 septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre-Andr&#233; Taguieff, &lt;i&gt;R&#233;sister au bougisme, op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La formule est de Victor Hugo.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, entretien du 27 novembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, entretien du 15 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre-Andr&#233; Taguieff, &lt;i&gt;R&#233;sister au bougisme, op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 28 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, entretien du 15 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde, entretien du 27 novembre 2005., entretien du 27 novembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration apr&#232;s la conf&#233;rence internationale de Durban.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 28 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 1er d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, entretien du 25 f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 9 f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edwy Plenel, &lt;i&gt;Proc&#232;s&lt;/i&gt;, Stock, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel de Roux, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 6 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le salut par la d&#233;croissance ? &#187;, in &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt; n&#176; 119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une pens&#233;e sur la cr&#234;te</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article118</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article118</guid>
		<dc:date>2012-01-07T23:13:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul ARI&#200;S</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;croissance est une pens&#233;e sur la cr&#234;te, qui peut conduire au meilleur comme au pire. Le meilleur est ce qui permet aux peuples de reprendre espoir dans l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; plus humaine, en ayant, pour cela, tir&#233; toutes les le&#231;ons des trag&#233;dies pass&#233;es. Le pire serait de pr&#233;parer l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; dont nous ne voudrions pas. La g&#233;n&#233;rosit&#233; envers Ga&#239;a ou les animaux ne peut tenir compte de th&#233;orie. L'histoire nous enseigne que les meilleures intentions du monde ne suffisent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;croissance est une pens&#233;e sur la cr&#234;te, qui peut conduire au meilleur comme au pire. Le meilleur est ce qui permet aux peuples de reprendre espoir dans l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; plus humaine, en ayant, pour cela, tir&#233; toutes les le&#231;ons des trag&#233;dies pass&#233;es. Le pire serait de pr&#233;parer l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; dont nous ne voudrions pas. La g&#233;n&#233;rosit&#233; envers Ga&#239;a ou les animaux ne peut tenir compte de th&#233;orie. L'histoire nous enseigne que les meilleures intentions du monde ne suffisent pas toujours &#224; faire tourner la roue du bon c&#244;t&#233;. Les bolcheviques pensaient sinc&#232;rement construire &#171; le paradis sur terre &#187;. Souvenons-nous de L&#233;nine remplissant, dans les souterrains du Kremlin, les poches d'Alfred Rosmer de pierres pr&#233;cises pour financer la r&#233;volution en France parce que l'argent n'aurait bient&#244;t plus cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Rosmer, Moscou sous L&#233;nine, Maspero, Paris, p. 1070.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est certes jamais possible d'&#233;crire l'histoire avant qu'elle ne se fasse, mais on doit se pr&#233;munir contre certains &#171; virus &#187; id&#233;ologiques en commen&#231;ant par faire la chasse aux concepts &#233;quivoques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pol&#233;miques qui divisent les rangs des &#171; objecteurs de croissance &#187; ne sont pas seulement des querelles de boutiques ou de personnalit&#233;s. Elles expriment des clivages intellectuels qui montrent que, bien souvent, nos accords cachent des d&#233;saccords tout aussi fondamentaux. Je ne peux accepter l'argument que ces questions f&#226;cheuses seraient peu de choses au regard des enjeux environnementaux, car il a bien fallu des &#171; intellectuels &#187; pour th&#233;oriser Auschwitz avant de le r&#233;aliser. Il est donc capital de ne pas nous d&#233;douaner pas trop vite des id&#233;es qui nous opposent. J'entends aussi l'argument selon lequel nos vieilles id&#233;ologies seraient de toute fa&#231;on d&#233;pass&#233;es par l'ampleur et la nature des enjeux actuels. Cependant, croire que nous devrions partir au front sans boussole th&#233;orique est tout aussi criminel que de croire en la toute-puissance des id&#233;es. Ces conflits th&#233;oriques sont suffisamment forts pour avoir &#233;t&#233; en partie responsables de l'&#233;chec politique du lancement des &#201;tats G&#233;n&#233;raux de la D&#233;croissance &#201;quitable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E.G.D.E. du 15 octobre 2005 &#224; Lyon.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, du d&#233;part d'une partie du comit&#233; de r&#233;daction du journal &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; et des insultes et mensonges qui pullulent sur quelques sites Internet, dans le seul but, semble-t-il, de mener une &#171; propagande noire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous ne soyons pas d'accord sur des concepts ou sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour avancer vers une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance est heureux puisque cela prouve que la d&#233;croissance est une pens&#233;e vivante, mais que ces d&#233;saccords portent sur des valeurs est une autre chose. Comme plus personne ne peut croire, apr&#232;s l'&#233;chec du &#171; socialisme r&#233;ellement existant &#187;, &#224; la possibilit&#233; de fonder nos engagements sur une science, donc sur une th&#233;orie falsifiable, la politique est donc bien un conflit entre des syst&#232;mes de valeur. On peut en d&#233;duire que si les objecteurs de croissance doivent d&#233;battre de tout, ils ne peuvent le faire avec n'importe qui, c'est-&#224;-dire avec des repr&#233;sentants de syst&#232;mes de valeur que nous jugeons inacceptables. Les choses sont d'autant plus complexes que nous vivons une p&#233;riode de totale confusion des valeurs et de perte des rep&#232;res de sens. Comment pourrait-il d'ailleurs en &#234;tre autrement puisque nous pensons, nous aussi, dans le cadre de cette soci&#233;t&#233; dont l'ass&#232;chement intellectuel et po&#233;tique est l'une des principales caract&#233;ristiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il croire que depuis quelques ann&#233;es les choses se soient aggrav&#233;es au point qu'il n'est m&#234;me plus possible de s'en prendre &#224; certaines th&#232;ses en raison d'une &#171; nouvelle droitisation &#187; des id&#233;es ? Je porterai donc volontairement le fer au point le plus sensible en d&#233;non&#231;ant ces rapprochements successifs et progressifs entre les positions, pas toujours assum&#233;es, de certains objecteurs de croissance et de la Nouvelle droite. Apr&#232;s le ralliement des Indo-Europ&#233;ens du GRECE, on peut d&#233;couvrir un m&#234;me appel &#224; la d&#233;croissance dans le num&#233;ro de juin 2006 de &lt;i&gt;&#201;crits de Paris&lt;/i&gt;, mensuel &#171; fr&#232;re &#187; de &lt;i&gt;Rivarol&lt;/i&gt;&#8230; Ces passages d'une rive &#224; l'autre ont &#233;t&#233; malheureusement beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit dans l'histoire du XXe si&#232;cle. Je pense que les milieux de la d&#233;croissance sont, pour des raisons qu'il conviendrait d'analyser, plus propices que d'autres courants (productivistes et national &#233;tatistes) &#224; certains glissements. Nous pouvons cependant d&#233;velopper des anticorps, puisque ce sont toujours les m&#234;mes mauvaises remises en cause, les m&#234;mes mauvaises articulations de concepts, les m&#234;mes glissements s&#233;mantiques, les m&#234;mes abandons de valeurs qui conduisent dans les mar&#233;cages naus&#233;abonds des milieux les plus &#171; r&#233;actionnaires &#187;. La question que nous pose Jean Paul Besset est donc plus que jamais vitale : comment ne plus &#234;tre &#171; progressiste &#187; sans devenir r&#233;actionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Paul Besset, Comment ne plus &#234;tre progressiste&#8230; sans devenir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, je me limiterai &#224; rep&#233;rer quelques passerelles et &#224; montrer ce sur quoi nous ne devons pas c&#233;der et de quelle fa&#231;on nous devons r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osons la comparaison : les milieux de la d&#233;croissance vivent une situation analogue &#224; celle qu'a connue le syndicalisme r&#233;volutionnaire du d&#233;but du XXe si&#232;cle, lorsque certains courants s'acoquin&#232;rent avec Maurras et l'Action fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zeev Sternhell, La Droite r&#233;volutionnaire, les origines fran&#231;aises du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ne nous laissons pas pi&#233;ger par le pouvoir de mobilisation de ces &#171; th&#232;ses &#187;, fond&#233; essentiellement sur des sentiments de rejet : sentiments antid&#233;mocratiques, antil&#233;galistes, anti-socialistes, antihumains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il d&#233;passer la modernit&#233; par sa gauche ou par sa droite ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;J'entends bien que les notions de gauche et de droite sont historiquement situ&#233;es et qu'elles sont nativement fran&#231;aises. Elles datent de ce jour o&#249; ceux qui s'opposaient au veto royal se rang&#232;rent du c&#244;t&#233; gauche de la tribune, fondant ainsi un meurtre symbolique, pr&#233;lude au parricide que sera l'ex&#233;cution de Louis XVI. On conna&#238;t la question : la vraie gauche est-elle celle de 1789 ou celle de 1793&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Ari&#232;s, Mis&#232;re du Sarkozysme, Parangon, Lyon, 2005.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Le clivage essentiel oppose cependant, selon moi, depuis deux si&#232;cles, ceux qui &#171; &#224; gauche &#187; consid&#232;rent que la r&#233;publique est une institution plus ou moins acquise, et qu'il faudrait maintenant faire &#171; la sociale &#187;, et ceux qui rejettent 89-93. Bref, la r&#233;publique est reconnue au nom d'une autre r&#233;volution &#224; venir. Ce d&#233;bat est loin d'&#234;tre ferm&#233;. D'autant que je fais partie de ceux qui r&#234;vent d'un drapeau bleu, rouge et vert (le mariage de la r&#233;publique, du socialisme et de l'&#233;cologie dans le cadre de la d&#233;croissance), tandis que d'autres ne parlent que d'en finir avec 89, avant de commencer leur d&#233;croissance. Nos deux projets risquent fort d'&#234;tre antinomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste d'Unabomber constitue pour certains une Bible de la radicalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut se reporter au Forum du site &#171; decroissance. info &#187;, mais aussi &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce texte d'origine am&#233;ricaine fut popularis&#233; apr&#232;s une s&#233;rie d'attentats meurtriers commis par l'anarcho-&#233;cologiste Th&#233;odore Kaczynski&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse de cette mouvance : Paul Ari&#232;s, Pour sauver la terre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette &#171; &#233;cologie profonde &#187; n'est qu'une critique de la psychologie du &#171; gauchisme moderne &#187; fond&#233; sur une notion d'inf&#233;riorit&#233; auquel r&#233;pondrait une sursocialisation. Pour elle, les &#171; gauchistes &#187; retourneraient cette haine de soi contre la Terre et revendiqueraient toujours plus de lois, de soci&#233;t&#233; d'assistance, etc. Supprimons les services publics et les lois. Alors le &#171; guerrier &#187;, &#171; l'aristocrate &#187; le &#171; &lt;i&gt;killer&lt;/i&gt; &#187; en aura fini avec ces &#171; &lt;i&gt;loosers&lt;/i&gt; &#187; ultraconsommateurs. Comment, avec de tels pr&#233;suppos&#233;s, ne pas rejeter les fondements de l'universalisme si parfaitement adapt&#233;s &#224; ces hommes assist&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du refus de l'occidentalisme au refus de l'universalisme&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le d&#233;bat sur l'origine de l'id&#233;ologie de la croissance n'est pas sans arri&#232;re-pens&#233;e. Faut-il en incriminer le monde jud&#233;o-chr&#233;tien ? &#192; moins que ce ne soit la faute des Lumi&#232;res et du culte de la Raison ? Ainsi, Alain de Benoist offre un pr&#234;t &#224; penser pour apprentis objecteurs de croissance : la matrice jud&#233;o-chr&#233;tienne serait celle de la Modernit&#233; face &#224; laquelle s'opposerait le vrai Occident indo-europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se reporter au site des amis d'Alain de Benoist et au Forum du GRECE, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on absurde, on oppose des faits &#224; la d&#233;fense de l'universalit&#233; : les droits de l'homme ont &#233;t&#233; ceux de l'homme blanc m&#226;le et majeur. On explique que l'Occident humaniste aurait accouch&#233; de deux monstres sans voir, justement, que le fascisme et le nazisme sont n&#233;s d'une r&#233;action d'hostilit&#233; radicale &#224; l'humanisme des Lumi&#232;res. Choisir id&#233;ologiquement de ne rien conserver de positif du pass&#233;, c'est non seulement faire preuve d'un manque inqui&#233;tant de sens de la dialectique, mais c'est opter pour une lecture de l'histoire &#233;quivoque. Peu importe quel &#233;v&#233;nement est retenu comme p&#233;ch&#233; originel et comme cause ultime de notre chute (essor des monoth&#233;ismes, philosophie des Lumi&#232;res, R&#233;volution fran&#231;aise, pens&#233;e &#171; gauchisante &#187;, etc.) puisque, dans tous les cas, on sombre dans le th&#232;me de la d&#233;cadence, le plus souvent sous-tendu par une vision cyclique de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion s'impose d'elle-m&#234;me : nous serions les derniers &#171; guerriers &#187; au milieu des ruines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf : Julius Evola Les Hommes au milieu des ruines et Chevaucher le tigre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et l'on ne pourrait que s'en remettre aux catastrophes &#224; venir pour rompre avec cette (heureuse ?) spirale. Nous devrions nous pr&#233;parer mentalement &#224; cette r&#233;surrection (vive l'appel aux consciences) en nous retirant du &#171; Syst&#232;me &#187; (avec majuscule pour bien signifier qu'il serait irr&#233;formable) pour b&#226;tir une autre soci&#233;t&#233; &#171; purifi&#233;e &#187;, &#224; l'instar des supr&#233;macistes blancs am&#233;ricains, hostiles au pouvoir f&#233;d&#233;ral)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Ari&#232;s, Satanisme et vampirisme, Golias, Lyon, 2004.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Nous pourrions aussi retourner contre le &#171; Syst&#232;me &#187; sa propre &#233;nergie ; belle perspective propre &#224; nourrir les strat&#233;gies dites de la tension. A-t-on suffisamment r&#233;fl&#233;chi aux soubassements de certains th&#232;mes qui font flor&#232;s dans une partie de notre litt&#233;rature : mythe du paradis perdu, de la puret&#233;, de l'harmonie, de la fusion ? S'agit-il d'une simple r&#233;action contre l'&#233;tat de la plan&#232;te ou de la nostalgie d'un &#226;ge d'or ? Jouer la carte du &#171; sauvage &#187; est le plus court chemin contre l'humanisme, mais aussi contre la d&#233;mocratie, l'&#233;galit&#233;, la politique. Cette sorte de nature id&#233;alis&#233;e tient lieu de tenant d'une cit&#233; id&#233;alis&#233;e (L'Atlantide, le Moyen-&#194;ge, l'Inde, les tribus primitives).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, en appeler au paganisme contre le monoth&#233;isme peut &#234;tre sympathique, mais, dans le champ th&#233;orique marqu&#233; par la Nouvelle Droite, c'est postuler derri&#232;re la pluralit&#233; des dieux une pluralit&#233; des peuples, et, sous leur in&#233;galit&#233;, une in&#233;galit&#233; des peuples et des individus. Nous ne d&#233;battons donc pas du sexe des anges, mais de la possibilit&#233; d'admettre et d'&#339;uvrer pour l'universalit&#233; des droits humains. L'&#233;poque n'est plus, depuis le recul du f&#233;minisme, au progr&#232;s de l'&#233;mancipation, quand bien m&#234;me l'id&#233;ologie des droits de l'homme en donne l'illusion. La fin de l'humanisme se r&#233;alise sous nos yeux. La d&#233;croissance risque fort de n'&#234;tre qu'un avatar d'une nouvelle pens&#233;e unique, laquelle n'a de cesse de remettre en cause l'universalit&#233; des droits, soit au nom de la r&#233;alit&#233; &#8211; puisqu'un Corse n'est pas une Bretonne &#8211;, confondant ainsi d&#233;marche m&#233;thodologique (antihumanisme m&#233;thodologique) et positionnement politique (antihumanisme conceptuel), soit au nom du respect de la diff&#233;rence (mais si nous nous reconnaissons le droit de combattre l'excision pourquoi pas le reste ?), soit au nom du f&#233;tichisme des traditions (pourquoi ne pas d&#233;fendre alors le syst&#232;me hindou des castes, tellement &#171; authentique &#187; ?). D&#233;fendre les traditions ? Oui bien s&#251;r, mais lesquelles ? Est-ce un hasard si la Deep ecology de Arne Naess et George Sessions a d'abord &#233;t&#233; introduite en France par de Benoist&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain de Benoist, Krisis, 1993.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis reprise par la revue &lt;i&gt;L'&#201;cologiste&lt;/i&gt; d'Edward Goldsmith ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les glissements id&#233;ologiques sont souvent indolores : combien adoptent un point de vue antihumaniste en soutenant que la vie non humaine &#224; une valeur en soi (ind&#233;pendamment de l'utilit&#233; pour le genre humain) sans voir que, si tout se vaut, on finira par &#226;nonner avec Peter Singer que &#171; l'id&#233;e que la vie de tous les &#234;tres a la m&#234;me valeur semble reposer sur des fondements tr&#232;s fragiles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Peter Singer, on peut lire notamment Lib&#233;ration animale, 1985 ; pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ? La question pos&#233;e par Henri Salt : &#171; Les animaux ont-ils des droits ? Sans aucun doute si les hommes en ont&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;wwwTribunal-animal&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, peut ais&#233;ment &#234;tre renvers&#233;e : puisque les animaux n'ont pas de droits pourquoi d&#233;fendre les droits humains politiques, &#233;conomiques et sociaux ? Si l'humanit&#233; n'est pas &#171; une &#187;, pourquoi lui donner des droits universels ? Georges Chapouthier se fait ainsi l'ap&#244;tre d'une pluralit&#233; de statuts : &#171; Peut-on donner les m&#234;mes droits &#224; des &#234;tres aussi diff&#233;rents que le chimpanz&#233;, la grenouille, l'abeille, l'escargot&#8230; ou l'amibe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment Georges Chapouthier, Les Droits de l'animal aujourd'hui, PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Peut-on donner les m&#234;mes droits &#224; des &#234;tres aussi diff&#233;rents que des Corses et des Bretonnes ? Laissons (provisoirement) le dernier mot &#224; Singer : &#171; Pourquoi la vie humaine devrait-elle avoir une valeur particuli&#232;re ? &#187; Si nous suivons le vieux proverbe africain selon lequel &#171; un arbre se juge &#224; ses fruits &#187;, n'importe quel objecteur de croissance admettra que cet antihumanisme conceptuel est pervers. Henri Atlan a totalement raison : &#171; S'il est aussi grave d'exp&#233;rimenter sur une souris et de la tuer que de tuer un homme, cela veut dire qu'il n'est pas plus grave de tuer un homme que de tuer une souris. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antihumanisme conceptuel fait aussi le lit au n&#233;o-malthusianisme. Il n'est d&#233;j&#224; pas indiff&#233;rent que cette lutte contre la natalit&#233; soit conduite au nom de Ga&#239;a et non plus pour le bien-&#234;tre humain, mais il y a toujours trop d'humains pour ceux qui ne les aiment pas. Comment lire sans r&#233;agir que l'humanit&#233; serait un &#171; cancer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#232;se diffus&#233;e initialement par des r&#233;seaux comme l'&#201;glise d'Euthanasia, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ? Les m&#234;mes qui nous accusent d'exag&#233;rer le p&#233;ril de la Nouvelle Droite sont ceux qui nous reprochaient de faire &#233;tat de mouvements &#171; d&#233;croissants &#187; comme le Mouvement pour l'extinction de l'esp&#232;ce humaine (VHEMT) dont certains adeptes hantent nos r&#233;seaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;croissance ne peut qu'adopter le parti de l'universel &#224; la fois comme contrepartie n&#233;cessaire &#224; l'&#233;galit&#233; postul&#233;e entre tous les humains et comme incitation &#224; d&#233;velopper des politiques concr&#232;tes. Ne jouons donc plus avec des mots d'ordre faussement radicaux comme le &#171; penser local, agir local &#187;, mais inventons de nouveaux universaux pour le genre humain ainsi que les instruments politiques et juridiques (du village &#224; la plan&#232;te) capables de les porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du refus de l'universel au refus de l'&#233;galit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La notion d'&#233;galit&#233; entre les humains n'aurait m&#234;me pas &#233;t&#233; un simple leurre, mais une fa&#231;on d'asseoir la domination des seuls m&#226;les, majeurs et blancs. On pourrait m&#234;me ajouter &#171; non handicap&#233;s &#187;. J'entends bien la critique d'Alain de Benoist ou, dans un autre champ, de Serge Latouche, mais elle porte totalement &#224; faux. La preuve par l'ethnologie est aussi d&#233;testable que celle par la biologie. L'&#233;galit&#233; ne se mesure ni dans les g&#232;nes ni dans un mus&#233;e des arts et traditions populaires. L'&#233;gal est &#171; simplement &#187; celui que je reconnais comme &#233;gal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Godin, La Fin de l'humanit&#233;, Champ Vallon, Seyssel, 2003.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;galit&#233; est certes une fiction, mais nous devons nous y accrocher. N'oublions pas que l'un des premiers gestes de la premi&#232;re R&#233;publique, puis de la deuxi&#232;me, fut de proclamer l'interdiction de l'esclavage&#8230; On ne joue pas impun&#233;ment &#224; restreindre l'&#233;galit&#233;. On ne joue pas plus impun&#233;ment &#224; l'&#233;tendre, car il ne peut y avoir d'union sans division. Le pi&#232;ge est aussi terrible que l'&#233;quilibre est instable. Quelle(s) limite(s) &#224; l'humanit&#233; au moment o&#249; l'id&#233;ologie de la croissance ne r&#234;ve que de clonage, de &#171; cyborgisation &#187;, etc. ? Ne nous laissons pas pi&#233;ger par ceux qui, sous pr&#233;texte de d&#233;noncer &#171; l'&#233;galitarisme &#187;, osent comparer l'uniformisation et l'&#233;galit&#233;. Le propre de l'&#233;galit&#233; est de d&#233;faire des in&#233;galit&#233;s (naturelles, sociales). Il n'y a donc d'&#233;galit&#233; que dans la s&#233;paration (d'avec notre animalit&#233;). Comme il n'y a de politique et de d&#233;mocratie que dans la division, c'est-&#224;-dire dans ce m&#234;me pouvoir de d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du refus de l'&#233;galit&#233; au refus de la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;N'oublions pas que la critique de l'&#233;galitarisme au nom de Stirner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Stirner, L'unique et sa propri&#233;t&#233;, 1845.&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; reprend les th&#232;ses de Joseph de Maistre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De ce champion de la pens&#233;e contre-r&#233;volutionnaire, on lira Consid&#233;rations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; contre les principes de 1789. Il y a donc une formidable r&#233;gression d'une fraction de la pens&#233;e anarchisante qui ferait bien de relire Bakounine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lira notamment de Michel Bakounine F&#233;d&#233;ralisme, socialisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au lieu de se livrer &#224; des sp&#233;culations m&#233;taphysiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste, sous l'apparence de la critique des limites de la d&#233;mocratie, &#224; une remise en cause du principe d&#233;mocratique dans ce qu'il a de plus fondamental. La d&#233;mocratie actuelle n'est certes que l'ombre de la v&#233;ritable, tout comme la r&#233;publique ou le socialisme, mais faut-il pour autant jeter avec l'eau du bain le b&#233;b&#233; et la baignoire ? Cette critique de la pratique empirique de la d&#233;mocratie n'est cependant pas faite dans le cadre de la qu&#234;te d'une v&#233;ritable communaut&#233; d&#233;mocratique, sinon il y aurait mati&#232;re &#224; d&#233;battre et &#224; agir, mais au nom de fictions non seulement mensong&#232;res, mais dangereuses. Au nom de quoi refuser la d&#233;l&#233;gation (d&#233;mocratie repr&#233;sentative), si ce n'est au nom de la fiction d'un peuple de petits soldats toujours vaillants ? Si ce n'est au nom de ce vieux r&#234;ve f&#233;odal du grand corps collectif divis&#233; en ordre, avant l'onction du bior&#233;gionalisme. Jacques Ranci&#232;re l'a magnifiquement montr&#233; : l'homme de la cit&#233; d&#233;mocratique n'est pas un soldat &#233;ternellement mobilis&#233;. La d&#233;mocratie est toujours un m&#233;lange de temporalit&#233;, d'activit&#233;s et d'institutions. Toute autre politique exclut le peuple r&#233;el. Soit en laissant la place aux seuls militants professionnels, ceux-l&#224; m&#234;mes qui s'approprient souvent les espaces de d&#233;mocratie participative. Soit en s'inventant un autre peuple que celui des citoyens, en esp&#233;rant fondre le social et la politique dans la nature, comme avec le bior&#233;gionalisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce m&#233;susage du bior&#233;gionalisme, on peut lire Eduardo Zarelli, Localisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'imaginer la possibilit&#233; d'un &#171; sujet peuple &#187; totalement pr&#233;sent &#224; lui-m&#234;me est absurde au regard des savoirs (psychanalytiques, politologiques) mais c'est le plus s&#251;r moyen de d&#233;river vers l'organicisme. Il n'y a pas de d&#233;mocratie sans repr&#233;sentation (sauf circonstances exceptionnelles) donc sans imperfection ni finitude. Nous avons donc de bonnes questions &#224; r&#233;soudre pour d&#233;terminer comment organiser demain cette repr&#233;sentation : dur&#233;e et nombre de mandats, parit&#233; ou pas, invention d'un territoire g&#233;opolitique capable de porter un projet de d&#233;croissance tout comme la R&#233;publique a d&#251; inventer le d&#233;partement face &#224; la r&#233;gion f&#233;odale, etc. Comment plus largement recollectiviser le sens et la pratique de la d&#233;mocratie ? Comment rendre enfin la d&#233;croissance d&#233;sirable d&#233;mocratiquement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du refus de la d&#233;mocratie au refus de la politique&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous revendiquons tout autant la d&#233;croissance comme mouvement r&#233;el que la r&#233;publique et le socialisme comme mouvements r&#233;els. Nous devons prendre appui sur ce qui existe et gagner des positions. Nous devons, en m&#234;me temps, ancrer ces acquis dans des lois pour les rendre plus stables, plus coh&#233;rents, toujours plus universels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de la d&#233;mocratie conduit au refus du politique, sauf &#224; fantasmer un politique non s&#233;par&#233; des autres domaines de la vie. Penser que tout est politique est une chose, mais croire que tout se vit &#224; tout moment sur le mode de l'instance politique en est une autre. Ce refus du politique &#171; politicien &#187; n'est qu'une n&#233;gation politique du politique, car, derri&#232;re cette id&#233;e, on trouve un peuple imaginaire (celui des communaut&#233;s &#171; d&#233;j&#224; toujours &#187; unifi&#233;es parce que &#171; naturelles &#187;), on invente un peuple soustrait aux conflits, aux int&#233;r&#234;ts et aux passions, on fantasme sur une politique &#171; pacifi&#233;e &#187;, bref apolitique. Cette politique r&#233;sorb&#233;e dans la soci&#233;t&#233; (la soci&#233;t&#233; civile n'est rien d'autre que la &#171; bonne soci&#233;t&#233; &#187;, si ch&#232;re &#224; la bourgeoisie du XIXe si&#232;cle) ne peut d&#233;boucher aussi que sur le fantasme d'un &#171; homme neuf &#187; devant lequel les hommes r&#233;els doivent s'effacer parce qu'imparfaits. Nous devons non pas prendre appui sur ce qu'&#201;tienne Balibar nomme une &#171; ethnicit&#233; fictive &#187;, mais produire &#171; du &#187; peuple &#224; travers une pratique institutionnelle et au moyen des jeux de la repr&#233;sentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tienne Balibar, La Crainte des masses, Galil&#233;e, Paris, 1997.&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous devons &#234;tre du c&#244;t&#233; de &#171; l'&lt;i&gt;homo nationalis&lt;/i&gt; &#187; moderne, c'est-&#224;-dire de cette forme d'identit&#233; individuelle dans laquelle la communaut&#233; de r&#233;f&#233;rence est l'&#201;tat et non la parent&#233;, la confession religieuse, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tienne Balibar, Les Fronti&#232;res de la d&#233;mocratie, La D&#233;couverte, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e exprim&#233;e au lancement des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la d&#233;croissance &#233;quitable de d&#233;velopper un parti politique de la d&#233;croissance a provoqu&#233; une r&#233;action d'une telle vivacit&#233; qu'il ne peut s'agir simplement d'un d&#233;saccord sur l'efficacit&#233; de ce chemin. Celui qui choisit la voie politique &#233;lectorale est d&#233;sign&#233; imm&#233;diatement comme diabolique. Le Parti pour la d&#233;croissance (PPLD) a ainsi &#233;t&#233; accus&#233; de tous les maux d&#232;s sa naissance et semble cristalliser l'essentiel des clivages &#233;voqu&#233;s dans cet article. Le choix de se positionner en tant que mouvement politique avec la volont&#233; de participer aux &#233;lections, d'affirmer son ancrage dans la r&#233;publique, l'humanisme (mais pas dans le socialisme) ne pouvait que rendre fous furieux tous les &#171; accro &#187; de l'organicisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du refus de la politique au culte du bior&#233;gionalisme&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le bior&#233;gionalisme est un concept pervers. On peut lui attribuer comme cofondateur Peter Berg de &lt;i&gt;Planet Drum Foundation&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le d&#233;bat avec de Benoist dans El&#233;ments n&#176; 100, mars 2001.&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Edward Goldsmith a publi&#233; depuis &lt;i&gt;Reinhabiting California&lt;/i&gt;, premier essai bior&#233;gionaliste. Ce concept semble r&#233;pondre &#224; nos questionnements (relocalisation, invention d'un nouveau territoire g&#233;opolitique adapt&#233; &#224; la d&#233;croissance, etc.), mais il saborde tout projet de construction d'une soci&#233;t&#233; politique. La bior&#233;gion prend la place de la nation, mais en pire. Le bior&#233;gionalisme, tel qu'il fonctionne r&#233;ellement, marque la soumission du social au biologique et celle du politique aux lois naturelles. Le bior&#233;gionalisme nous conduira aussi bien &#224; l'organicisme social qu'&#224; la biosociologie, chers &#224; la nouvelle droite. Derri&#232;re ce passage affich&#233; de l'anthropocentrisme au biocentrisme, on retrouve l'opposition d'Alain de Benoist entre l'&#234;tre de nature et l'&#234;tre pour la loi. Cette loi maudite qui se formule dans l'abstrait&#8230; Il n'y a pourtant de construction d'une soci&#233;t&#233; politique que dans l'arrachement, sinon, on finit par soumettre nos lois (humaines) aux lois naturelles, biologiques, cosmiques, divines (ou que sais-je encore). Ce bior&#233;gionalisme se marie fort bien avec une cosmologie (ou un panth&#233;isme) qui prend le contre-pied de tout projet d'autolimitation. Le rapprochement entre Ratzinger, notre pape si progressiste, et l'&#233;cologie profonde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir son courrier &#224; la revue L'&#201;cologiste.&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est le sympt&#244;me de cette d&#233;rive possible : les soi-disant fr&#232;res ennemis ne sont peut-&#234;tre pas si &#233;loign&#233;s que cela dans la mesure o&#249; l'hypoth&#232;se Ga&#239;a conduit logiquement &#224; soutenir que ce qui vaut pour la nature vaut aussi pour les communaut&#233;s humaines, en somme que la structure ordonn&#233;e et hi&#233;rarchique de l'&#233;cosyst&#232;me devrait &#234;tre notre mod&#232;le. Nous devons opposer &#224; cette limitation par des lois naturelles, cosmiques ou divines une autolimitation individuelle et collective. Notre rapport &#224; la &#171; relocalisation &#187; prend alors un autre sens : nous sommes pour un &#171; local &#187; choisi contre un &#171; local &#187; impos&#233;, de la m&#234;me fa&#231;on que nous pensons que l'humain est ce qu'il fait (&lt;i&gt;L'affiche rouge&lt;/i&gt; le dit merveilleusement : &#234;tre &#171; Fran&#231;ais de pr&#233;f&#233;rence&#8230; &#187;). Notre rapport &#224; la famille prend aussi un autre sens que chez Goldsmith. Elle n'est plus cette machine de guerre contre l'Etat-providence (au nom des solidarit&#233;s m&#233;caniques), mais une institution que nous consid&#233;rons avec sympathie car la chair doit &#234;tre institu&#233;e. Notre rapport &#224; la technique prend &#233;galement un tout autre sens. De la m&#234;me fa&#231;on qu'il nous faut combattre l'illusion de l'illusion politique en pr&#244;nant au contraire le r&#233;-ench&#226;ssement dans le social historique (Ellul en bon activiste protestant n'avait foi que dans un au-del&#224;), nous devons refuser l'illusion de la fatalit&#233; technique qui nous fait courber le dos devant un retour de l'occultisme et de l'obscurantisme. Une technique ne prend sa signification que dans un contexte culturel. On peut, comme les Indiens, ma&#238;triser la roue et choisir de ne pas l'utiliser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel le rem&#232;de opposer au d&#233;lire actuel, sinon le r&#233;el et la raison ? Faut-il pr&#233;f&#233;rer &#224; la rationalit&#233; le culte des sentiments, celui de la vertu h&#233;ro&#239;que, &#224; moins que ce ne soit le bior&#233;gionalisme naturel ? Au lieu de camper dans la technophobie au nom du refus de l'arrachement de l'humain &#224; sa pseudo-nature ou par crainte qu'il se prenne pour un dieu, revendiquons le choix politique de nos propres technologies de la d&#233;croissance, par exemple en d&#233;veloppant des machines &#224; ralentir. Soyons du c&#244;t&#233; du travail scientifique contre l'id&#233;ologie scientiste. Notre rapport &#224; la nature prend aussi un tout autre sens. Nous sommes certes des promeneurs infatigables, mais nous fuyons &#171; l'id&#233;ologie des for&#234;ts &#187;, ch&#232;re &#224; l'infr&#233;quentable Laurent Ozon, car nous savons que l'&#233;loge de Thoreau peut cacher la sinistre figure d'Ernst J&#252;nger. Notre rapport &#224; la libert&#233; est enfin d'une autre nature. Notre libert&#233; n'est pas celle des &#171; libertariens &#187;, celle du refus de la politique et de l'Etat, celle du pseudo refus de la loi. Cette pseudo libert&#233;, comme toute m&#233;taphysique, se d&#233;finit en opposition absolue contre son autre (l'&#201;tat, la loi, la d&#233;mocratie). Notre d&#233;sob&#233;issance civile n'est pas un retour de l'ill&#233;galisme anarchisant de la fin du XIXe et du d&#233;but du XXe si&#232;cle. Nous croyons en la possibilit&#233; de transformer la soci&#233;t&#233; et nous avons foi dans la capacit&#233; de la d&#233;croissance &#224; faire r&#234;ver nos concitoyens. Nous sommes des l&#233;galistes puisque les seules r&#232;gles valables &#224; nos yeux sont les lois juridiques. Toute autre loi n'a pas sa place dans la cit&#233;. Nous savons cependant que nous devons parfois transgresser une r&#232;gle de droit pour faire respecter une autre r&#232;gle sup&#233;rieure &#224; nos yeux. Je choisis, l&#224; encore, Rousseau contre Jos&#233; Antonio Primo de Rivera. En politique, on n'&#233;chappe jamais &#224; la logique de ses pr&#233;misses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alfred Rosmer, &lt;i&gt;Moscou sous L&#233;nine&lt;/i&gt;, Maspero, Paris, p. 1070.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E.G.D.E. du 15 octobre 2005 &#224; Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Paul Besset, &lt;i&gt;Comment ne plus &#234;tre progressiste&#8230; sans devenir r&#233;actionnaire&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zeev Sternhell, &lt;i&gt;La Droite r&#233;volutionnaire, les origines fran&#231;aises du fascisme&lt;/i&gt;, p. 1885-1014, Le Seuil, Paris, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Ari&#232;s, &lt;i&gt;Mis&#232;re du Sarkozysme&lt;/i&gt;, Parangon, Lyon, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut se reporter au Forum du site &#171; decroissance. info &#187;, mais aussi &#224; l'AGORA du GRECE v&#233;ritable tribune des Indo-Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse de cette mouvance : Paul Ari&#232;s, &lt;i&gt;Pour sauver la terre, l'esp&#232;ce humaine doit-elle dispara&#238;tre ?&lt;/i&gt; L'Harmattan, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se reporter au site des amis d'Alain de Benoist et au Forum du GRECE, &lt;i&gt;Bibliographie g&#233;n&#233;rale des droites fran&#231;aises&lt;/i&gt;, Coulommiers, 2005. Le rejet du christianisme pourrait &#234;tre f&#233;d&#233;rateur selon Pierre Vial&#8230; (Se reporter &#224; la revue et au site &lt;i&gt;Terre et peuple : une communaut&#233; de combat culturel et identitaire&lt;/i&gt; de cet universitaire&lt;br class='autobr' /&gt;
extr&#233;miste. Comme quoi l'antichristianisme (pour ne pas dire l'antijuda&#239;sme) reste bien le point de d&#233;part de l'&#233;cologie de la Nouvelle Droite (Cf. aussi le site de Laurent Ozon &#171; le recours aux for&#234;ts &#187;.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf : Julius Evola &lt;i&gt;Les Hommes au milieu des ruines&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Chevaucher le tigre&lt;/i&gt;, Editions Tr&#233;daniel, Paris, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Ari&#232;s, &lt;i&gt;Satanisme et vampirisme&lt;/i&gt;, Golias, Lyon, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain de Benoist, Krisis, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De Peter Singer, on peut lire notamment &lt;i&gt;Lib&#233;ration animale&lt;/i&gt;, 1985 ; pour une&lt;br class='autobr' /&gt;
approche critique de l'antisp&#233;cisme, Paul Ari&#232;s, &lt;i&gt;Lib&#233;ration animale ou nouveaux terroristes ?, Les saboteurs de l'humanisme&lt;/i&gt;, Golias, Lyon, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;wwwTribunal-animal&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment Georges Chapouthier, &lt;i&gt;Les Droits de l'animal aujourd'hui&lt;/i&gt;, PUF, Paris, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#232;se diffus&#233;e initialement par des r&#233;seaux comme l'&#201;glise d'Euthanasia, le&lt;br class='autobr' /&gt;
Mouvement pour L'Extinction Volontaire de l'Esp&#232;ce Humaine, VHEMT &#8211; sur ces groupes voir Paul Ari&#232;s, &lt;i&gt;Pour sauver la Terre&lt;/i&gt;&#8230;- mais que l'on croise &#233;galement sous la plume d'Yves Paccalet, &lt;i&gt;L'Humanit&#233; dispara&#238;tra, bon d&#233;barras&lt;/i&gt;, Arthaud, Paris, 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Godin, &lt;i&gt;La Fin de l'humanit&#233;&lt;/i&gt;, Champ Vallon, Seyssel, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Max Stirner, &lt;i&gt;L'unique et sa propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 1845.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De ce champion de la pens&#233;e contre-r&#233;volutionnaire, on lira &lt;i&gt;Consid&#233;rations sur la France&lt;/i&gt;, 1797.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On lira notamment de Michel Bakounine &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ralisme, socialisme, antith&#233;ologisme&lt;/i&gt;, L'&#194;ge d'homme, Lausanne, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce m&#233;susage du bior&#233;gionalisme, on peut lire Eduardo Zarelli, &lt;i&gt;Localisme et bior&#233;gionalisme&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;El&#233;ments&lt;/i&gt;, revue du GRECE, n&#176; 100, mars 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tienne Balibar, &lt;i&gt;La Crainte des masses&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, Paris, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tienne Balibar, &lt;i&gt;Les Fronti&#232;res de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, Paris, 1992, &lt;i&gt;Nous citoyens d'Europe&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, Paris, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le d&#233;bat avec de Benoist dans &lt;i&gt;El&#233;ments&lt;/i&gt; n&#176; 100, mars 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir son courrier &#224; la revue &lt;i&gt;L'&#201;cologiste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Risques</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article117</link>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Entropia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;croissance est une pens&#233;e encore jeune qui cherche le chemin de ses va	leurs sur une &#233;troite ligne de cr&#234;te. Le danger est r&#233;el qu'elle glisse ou s'ab&#238;me. Ainsi, Paul Ari&#232;s estime qu'elle peut conduire &#171; au meilleur comme au pire &#187; et traque les signes de d&#233;rives id&#233;ologiques potentielles. De son c&#244;t&#233;, Jean-Paul Besset identifie dans le renouveau de la pens&#233;e nationaliste une tentation de refus des autres et de repli hors du monde susceptible de s&#233;duire les explorateurs de la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;croissance est une pens&#233;e encore jeune qui cherche le chemin de ses va	leurs sur une &#233;troite ligne de cr&#234;te. Le danger est r&#233;el qu'elle glisse ou s'ab&#238;me. Ainsi, &lt;i&gt;Paul Ari&#232;s&lt;/i&gt; estime qu'elle peut conduire &#171; au meilleur comme au pire &#187; et traque les signes de d&#233;rives id&#233;ologiques potentielles. De son c&#244;t&#233;, &lt;i&gt;Jean-Paul Besset&lt;/i&gt; identifie dans le renouveau de la pens&#233;e nationaliste une tentation de refus des autres et de repli hors du monde susceptible de s&#233;duire les explorateurs de la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;thique et responsabilit&#233; apr&#232;s Tchernobyl</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article116</link>
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		<dc:date>2012-01-07T23:13:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice FLIPO</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'anniversaire des 20 ans de l'accident de Tchernobyl a suscit&#233;, et c'est heureux, un grand nombre de reportages et de manifestations diverses. Mais en a-t-on vraiment tir&#233; toutes les le&#231;ons ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La Direction G&#233;n&#233;rale de l'&#201;nergie et des Mati&#232;res Premi&#232;res (DGEMP ) voudrait nous convaincre que oui, un tel accident ne se produirait pas chez nous : &#171; L'accident de Tchernobyl, le pire survenu dans le domaine du nucl&#233;aire, est la cons&#233;quence de dysfonctionnements nombreux et importants : un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;N&#176; 1 - D&#233;croissance et Politique (en ligne)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'anniversaire des 20 ans de l'accident de Tchernobyl a suscit&#233;, et c'est heureux, un grand nombre de reportages et de manifestations diverses. Mais en a-t-on vraiment tir&#233; toutes les le&#231;ons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Direction G&#233;n&#233;rale de l'&#201;nergie et des Mati&#232;res Premi&#232;res (DGEMP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) voudrait nous convaincre que oui, un tel accident ne se produirait pas chez nous : &#171; L'accident de Tchernobyl, le pire survenu dans le domaine du nucl&#233;aire, est la cons&#233;quence de dysfonctionnements nombreux et importants : un r&#233;acteur mal con&#231;u, naturellement instable dans certaines situations et sans enceinte de confinement ; un r&#233;acteur mal exploit&#233;, sur lequel des essais hasardeux ont &#233;t&#233; conduits ; un contr&#244;le de la s&#251;ret&#233; par les pouvoirs publics inexistants ; une gestion inadapt&#233;e des cons&#233;quences de l'accident. Sur tous ces points, les r&#233;acteurs occidentaux et notamment fran&#231;ais sont tr&#232;s clairement en meilleure situation. On notera &#224; ce titre que l'accident de Three Mile Island survenu en 1979 aux &#201;tats-Unis sur un r&#233;acteur &#224; eau sous pression, de conception similaire &#224; celle des r&#233;acteurs d'EDF, n'a de fait pas eu de cons&#233;quences sanitaires &#224; l'ext&#233;rieur du site en raison de l'efficacit&#233; de l'enceinte de confinement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette argumentation comporte plusieurs points cl&#233;s. La premi&#232;re th&#232;se affirme que l'accident est li&#233; &#224; des manipulations incompr&#233;hensibles de la part du personnel de la centrale, ce qui serait impossible chez nous. La seconde th&#232;se est que, m&#234;me si l'accident survient, nous sommes bien mieux pr&#233;par&#233;s et par cons&#233;quent les impacts sur la soci&#233;t&#233; seront limit&#233;s. La troisi&#232;me th&#232;se est la cons&#233;quence des deux premi&#232;res : d'apr&#232;s les autorit&#233;s et les promoteurs du nucl&#233;aire, le nucl&#233;aire est un simple &#171; choix technique &#187;, il n'y aurait pas de raison de vouloir le diff&#233;rencier des autres choix au sein du d&#233;bat sur l'&#233;nergie. Examinons chacune de ces trois th&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, &#233;vitons les faux proc&#232;s : nous ne faisons pas ici le proc&#232;s du nucl&#233;aire, mais une analyse &#233;thique et politique de l'accident de Tchernobyl et des cons&#233;quences qui en r&#233;sultent pour l'usage de centrales nucl&#233;aires &#171; civiles &#187;. L'&#233;nergie des atomes est aussi source de vie, c'est elle qui alimente le soleil et la chaleur du sol (g&#233;othermie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvons-nous &#233;liminer l'erreur humaine ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il existe diff&#233;rentes th&#233;ories sur l'origine de l'accident de Tchernobyl. On a &#233;voqu&#233; une erreur de conception, des erreurs de proc&#233;dure d'urgence, l'id&#233;ologie de toute-puissance sovi&#233;tique qui aurait affaibli la vigilance des responsables, des ordres absurdes venant de la hi&#233;rarchie, la banqueroute d'un empire sovi&#233;tique &#233;puis&#233; par la course aux armements, des ph&#233;nom&#232;nes mal connus &#224; l'&#233;chelle atomique (les &#171; monop&#244;les magn&#233;tiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guillaume Grandazzi, Fr&#233;d&#233;rick Lemarchand et Galia Ackerman, Les Silences de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;) etc. Chaque explication contient sans doute un peu de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que nous voudrions poser ici est la suivante : peut-on se garantir de ce genre de probl&#232;me ? La r&#233;ponse habituelle du syst&#232;me technicien est &#171; oui &#187;. C'est la th&#232;se de &#171; l'erreur humaine &#187;. L'&#234;tre humain, faillible, est consid&#233;r&#233; comme &#233;tant &#224; l'origine du probl&#232;me. Le syst&#232;me technicien r&#233;pond alors par un surcro&#238;t de syst&#232;mes math&#233;matiques et automatiques, et il en d&#233;duit que l'invuln&#233;rabilit&#233; a &#233;t&#233; r&#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette argumentation pose plusieurs probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, une machine infaillible supposerait que quelqu'un ait une connaissance compl&#232;te du syst&#232;me. L'&#233;tude empirique des risques et des accidents majeurs enseigne au contraire que personne n'a de connaissance compl&#232;te du syst&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Bell, Les P&#233;ch&#233;s capitaux de la haute technologie, Seuil, Paris, 1998.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce que nous savons en r&#233;alit&#233;, c'est une addition de connaissances distribu&#233;es qui se calent les unes sur les autres en permanence tant que le dialogue est maintenu, tant que les personnes contribuent &#224; un projet commun. Le juriste conna&#238;t le droit, le physicien le comportement de la mati&#232;re, etc. et le responsable politique est le coordonnateur central de tout ce monde. Le comportement de la machine comme de n'importe quelle institution r&#233;sulte de l'ensemble de ces logiques diff&#233;rentes, parfois divergentes et parfois compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, l'id&#233;e d'une &#171; erreur humaine &#187; &#224; &#233;liminer est surprenante dans son principe m&#234;me. Comment les machines pourraient-elles &#234;tre moins sujettes &#224; l'erreur que celui qui les a con&#231;ues ? L'exp&#233;rience permet certes d'apprendre de ses erreurs, mais en sport ou en guerre, chacun sait que l'analyse &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; des erreurs commises n'est pas une garantie absolue pour &#233;viter une nouvelle d&#233;faite. Le bon g&#233;n&#233;ral sait &#233;valuer les chances de succ&#232;s &#224; l'aune du pass&#233;, mais il sait aussi qu'il doit saisir la nouveaut&#233; des situations. Les &#171; le&#231;ons du pass&#233; &#187; ne permettent pas de d&#233;duire des recettes infaillibles permettant de gagner les batailles &#224; venir, l'exemple de la Ligne Maginot &#233;tant souvent cit&#233; comme l'exemple m&#234;me de ce qu'il ne faut pas faire en la mati&#232;re. Dans le domaine nucl&#233;aire, ce n'est pas ainsi que l'on proc&#232;de. On fait des &#233;quations et l'on d&#233;cr&#232;te que la d&#233;faite est devenue impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Three Mile Island viendrait-il contredire cela ? D'apr&#232;s &lt;i&gt;La Gazette nucl&#233;aire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'histoire est plus rocambolesque que la DGEMP ne le laisse penser. En effet, la proc&#233;dure appliqu&#233;e par l'op&#233;rateur lors de l'accident &#233;tait conforme aux instructions, mais&#8230; les instructions &#233;taient erron&#233;es. Cette erreur dans les instructions d'urgence a compens&#233; les cons&#233;quences de l'erreur de conception ayant provoqu&#233; l'accident&#8230; Les &#171; faibles &#187; cons&#233;quences de Three Mile Island semblent donc &#234;tre dues plus &#224; la chance qu'aux am&#233;liorations de s&#251;ret&#233; &#8211; m&#234;me si celles-ci existaient bel et bien. Quand bien m&#234;me les instructions de TMI auraient &#233;t&#233; correctes &lt;i&gt;dans le cas pr&#233;cis de l'accident &#233;voqu&#233;&lt;/i&gt;, ceci ne remet pas en cause l'analyse qui pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours sur l'&#233;limination de l'erreur humaine par les math&#233;matiques est faux sur le principe, car il est bas&#233; sur une extrapolation ill&#233;gitime des m&#233;thodes de physique exp&#233;rimentale dans le domaine des organisations humaines. Le fonctionnement des machines ne se r&#233;duit pas &#224; leur physique, et leur fiabilit&#233; ne saurait &#234;tre sup&#233;rieure &#224; celle des &#234;tres qui la conduisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DGEMP semble d'ailleurs se contredire. Elle affirme d'un c&#244;t&#233; que l'accident n'est pas possible, et de l'autre que la probabilit&#233; n'est pas nulle : &#171; [&#8230;] L'accident le plus grave qui pourrait arriver dans une centrale nucl&#233;aire fran&#231;aise, la fusion du c&#339;ur regroupant les assemblages de combustibles nucl&#233;aires, a une probabilit&#233; de se produire estim&#233;e inf&#233;rieure &#224; 5 sur 100 000 par r&#233;acteur et par an. Dans les cas extr&#234;mes, gr&#226;ce &#224; l'enceinte de confinement, les rejets dans l'atmosph&#232;re seraient tr&#232;s limit&#233;s. &#187; &#171; Le cahier des charges de l'EPR impose &#224; cet &#233;gard une probabilit&#233; de fusion du c&#339;ur inf&#233;rieure &#224; 1 sur un million par an. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce calcul des probabilit&#233;s pose probl&#232;me. Et si un avion tombait sur une centrale, par exemple ? Cette hypoth&#232;se a toujours exist&#233;, mais elle est devenue particuli&#232;rement cr&#233;dible depuis le 11 septembre 2001. Sans aller jusque-l&#224;, bien des indices montrent que des ph&#233;nom&#232;nes mal ma&#238;tris&#233;s dans le c&#339;ur comme en dehors de l'installation peuvent d&#233;truire l'enceinte : accumulation d'hydrog&#232;ne, inondations, tremblements de terre, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la recension de toutes les failles par S. Lhomme, Bient&#244;t un Tchernobyl (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; D'ailleurs, la l&#233;gislation pr&#233;voit ce cas : &#171; L'exploitant n'est pas responsable des dommages nucl&#233;aires caus&#233;s par un accident nucl&#233;aire si cet accident est d&#251; directement &#224; des actes de conflit arm&#233;, d'hostilit&#233;s, de guerre civile ou d'insurrection&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proposition de loi, janvier 2006 &#8211;&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Comment peut-on &#233;tablir des probabilit&#233;s sur ces &#233;v&#233;nements ? C'est impossible. L'accident finira donc par se produire. Georges Charpak l'a lui-m&#234;me reconnu r&#233;cemment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Charpak, Richard L. Garwin &amp; V. enance Journ&#233;, De Tchernobyl en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action est toujours incertaine dans ses cons&#233;quences, comme l'a montr&#233; Hannah Arendt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hannah Arendt, La Condition de l'homme moderne, Paris, Seuil, 1958.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette incertitude est consubstantielle au politique et &#224; la libert&#233;. Le nucl&#233;aire, en voulant &#233;liminer cette incertitude, cherche donc &#224; &#233;liminer le politique et la libert&#233;. Son id&#233;al est le m&#233;canisme, &#224; savoir que le comportement des personnes soit aussi inexorable que les ph&#233;nom&#232;nes min&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;al est-il compatible avec un &#233;tat de paix ? Est-il compatible avec la vie d&#233;mocratique ? Si l'on suit Hannah Arendt et sa d&#233;finition de la libert&#233;, la r&#233;ponse est clairement : &#171; non &#187;. Le nucl&#233;aire &#171; civil &#187; pr&#233;sente toutes les caract&#233;ristiques du militaire, de l'autoritaire, et non du &#171; civil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cons&#233;quences limit&#233;es pour la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pouvons-nous au moins r&#233;ussir &#224; confiner l'industrie nucl&#233;aire, et l'emp&#234;cher de contaminer la soci&#233;t&#233; ? Cela impliquerait en particulier que la gestion des risques puisse rester dans le p&#233;rim&#232;tre des sites de production. Pouvons-nous en &#234;tre s&#251;rs ? C'est ici que nous devons revenir sur l'accident de Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, rappelons que le r&#233;acteur n&#176; 4 de Tchernobyl, surnomm&#233; &#171; L&#233;nine &#187;, &#233;tait flambant neuf et n'avait que trois ans quand il est entr&#233; en fusion. Nous avons eu &#171; de la chance &#187; car le r&#233;acteur n&#176; 4 n'a pas connu d'explosion nucl&#233;aire, il est &#171; simplement &#187; entr&#233; en fusion. Cette &#233;ventualit&#233; ajout&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire au plus vite l'intense d&#233;gagement de radioactivit&#233; a justifi&#233; l'envoi en urgence de 600 000 &#224; 800 000 &#171; liquidateurs &#187; qui ont confin&#233; la zone en fusion dans des d&#233;lais aussi brefs que possible. La fusion a suffi &#224; faire d&#233;coller le couvercle de b&#233;ton de 2000 tonnes du r&#233;acteur. L'accident a lib&#233;r&#233; une quantit&#233; de radioactivit&#233; des centaines de fois sup&#233;rieure &#224; celles de Nagasaki et Hiroshima. Les liquidateurs meurent aujourd'hui de cette irradiation massive, mais l'explosion nucl&#233;aire, dont les cons&#233;quences auraient &#233;t&#233; bien plus dramatiques, n'a pas eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des commentateurs se focalisent sur les rayonnements &#233;mis lors de l'accident. Les cons&#233;quences de l'accident auraient principalement &#233;t&#233; le fait de cette intense activit&#233; qui a dur&#233; quelques semaines. Ces rayonnements auraient &#233;t&#233; confin&#233;s par le sarcophage de b&#233;ton et tout serait aujourd'hui fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est oublier que l'accident a lib&#233;r&#233; des quantit&#233;s &#233;normes de radionucl&#233;ides &#8211; c&#233;sium, strontium, plutonium, am&#233;ricium, techn&#233;tium, plutonium pour les plus connus. D'abord d&#233;pos&#233;s dans les &#233;cosyst&#232;mes au hasard des vents et des pluies, les radio&#233;l&#233;ments migrent ensuite dans l'environnement selon leurs propri&#233;t&#233;s physico-chimiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. html&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les transuraniens comme le plutonium sont des m&#233;taux lourds qui s'accumulent dans les tissus. Le c&#233;sium 137 s'accumule dans les organes vitaux via la cha&#238;ne alimentaire. Les m&#232;res ne peuvent pas faire autrement qu'empoisonner leurs enfants. La dur&#233;e de vie de ces &#233;l&#233;ments varie entre quelques minutes et quelques millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les radionucl&#233;ides sont comme de petits fusils mitrailleurs qui tirent au hasard. Lorsqu'ils sont hors de l'organisme, la peau arr&#234;te une bonne partie d'entre eux. Mais lorsqu'ils sont ing&#233;r&#233;s ou inhal&#233;s, ils se retrouvent au contact des cellules. Celles-ci peuvent passer au travers des balles, mais pas toujours. Elles peuvent &#234;tre touch&#233;es &#224; diff&#233;rents endroits : mitochondries, ADN, etc. Il s'ensuit cancers, mutations g&#233;n&#233;tiques, vieillissement acc&#233;l&#233;r&#233;, monstruosit&#233;s, etc. qui peuvent se transmettre de g&#233;n&#233;rations en g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc une population enti&#232;re qui vit d&#233;sormais dans des conditions hostiles, agress&#233;e jour apr&#232;s jour par des toxiques invisibles au comportement changeant. La radioactivit&#233; est partout et nulle part, mouvante, changeante, insidieuse, &#233;volutive, elle rend la vie infernale. Cette situation concerne officiellement 7 &#224; 9 millions de personnes qui vivent sur 155 000 km2 r&#233;partis sur trois pays, l'Ukraine, la Russie et le B&#233;larus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans du nucl&#233;aire fran&#231;ais ne se lassent pas de critiquer la mauvaise gestion de crise par l'Union sovi&#233;tique. Mais quels &#233;l&#233;ments pouvons-nous r&#233;ellement qualifier de sp&#233;cifiquement &#171; sovi&#233;tiques &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce la qualit&#233; de la coordination ? Patrick Lagadec, fin observateur des situations de crise, affirme que les situations d'urgence connaissent des phases rep&#233;rables, qu'elles soient sovi&#233;tiques ou pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Godard, Claude Henry, Patrick Lagadec &amp; Enwan Michel-Kerjan, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout d'abord, chacun se replie sur ses attributions et nie toute responsabilit&#233; dans l'&#233;v&#233;nement. L'impuissance de tous conforte chacun et l'occurrence du mal para&#238;t &#171; naturelle &#187;, selon un ph&#233;nom&#232;ne largement analys&#233; ailleurs par Jean-Pierre Dupuy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre. Dupuy, Petite m&#233;taphysique des tsunamis, Seuil, Paris, 2005, p. 27.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chacun attend un miracle. Puis quelques-uns prennent l'initiative de mettre en place une cellule de crise, seule capable de r&#233;aliser la synth&#232;se. Les parties pr&#233;tendant &#224; l'expertise ne sont pas neutres, la menace d'&#234;tre d&#233;sign&#233; comme le coupable plane en permanence. Pendant ce temps, les divers acteurs prennent des initiatives avec les connaissances dont ils disposent. Menac&#233;s dans leur existence, il serait stupide qu'ils restent &#224; attendre sans rien faire. Ils peuvent aggraver la crise ou au contraire la circonscrire. La &#171; bunk&#233;risation &#187; des organisations, c'est-&#224;-dire le repli de chacun sur ses strictes pr&#233;rogatives, conduit au grippage des processus de d&#233;cision. La crise s'aggrave d'autant plus que les responsables communiquent moins, car ils ne permettent pas &#224; la coordination collective de se restaurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les diff&#233;rents plans d'urgence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le plan particulier d'intervention (PPI) et le plan d'urgence d'intervention (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mis en place tr&#232;s tardivement, n'ont jamais &#233;t&#233; test&#233;s grandeur nature. Quelle est la validit&#233; des rares exercices effectu&#233;s ? En admettant que l'on vienne &#224; bout des innombrables d&#233;fauts qu'ils ont mis &#224; jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. diverses coupures de journaux news_simu_ac. html&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sont-ils seulement repr&#233;sentatifs de ce que serait la situation r&#233;elle ? Dans un accident r&#233;el, les gens se comporteraient-ils de la m&#234;me mani&#232;re que lors de l'exercice ? Pour le savoir, il faudrait pour cela faire croire &#224; un accident r&#233;el, et non pas &#224; un exercice. Cela n'a jamais &#233;t&#233; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela que le management du nucl&#233;aire est d&#233;j&#224; tr&#232;s critiquable. Robert Bell&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Bell, Les p&#233;ch&#233;s capitaux de la haute technologie, Seuil, Paris, 1998.&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a analys&#233; plusieurs programmes de haute technologie (Eurotunnel, navette Challenger, etc.) et a mis en &#233;vidence sept mauvaises pratiques &#224; l'origine de leur &#233;chec. Le nucl&#233;aire est coupable d'au moins six d'entre elles : abolition des contr&#244;les ext&#233;rieurs, construction avant d'avoir achev&#233; les tests (cas d'ITER en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une d&#233;p&#234;che de presse du 21 mai 2006 indiquait que l'on aurait trouv&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), mainmise des fournisseurs (l'insistance d'Areva et de la technocratie &#224; trouver des d&#233;bouch&#233;s pour &#233;viter de perdre leur savoir-faire, l'incompr&#233;hension g&#233;n&#233;rale du public et des politiques en mati&#232;re de nucl&#233;aire), non-partage des risques, technologie politicienne (au travers des liens avec d'anciennes familles industrielles voulant r&#233;cup&#233;rer leur investissement et des syndicats r&#234;vant encore de dominer la nature) et secret. Et il faudrait s'interroger sur le dernier p&#233;ch&#233;, la fraude et la compromission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments dont nous disposons pour &#233;valuer la qualit&#233; de la coordination en cas d'accident majeur en France ne laissent donc pas penser que la situation serait tr&#232;s diff&#233;rente de ce qui s'est pass&#233; &#224; Tchernobyl. L'envoi des &#171; liquidateurs &#187; a parfois &#233;t&#233; d&#233;cri&#233; comme un acte inhumain, mais personne n'a jamais propos&#233; d'autre solution qui aurait tenu compte des circonstances r&#233;elles dans lesquelles a eu lieu l'accident. Tout laisse penser, vingt ans plus tard, que cette d&#233;cision &#233;tait la meilleure. S'il est exact d'affirmer que l'accident a d&#233;pendu de circonstances locales, rien ne vient confirmer la th&#232;se selon laquelle Tchernobyl a &#233;t&#233; &lt;i&gt;enti&#232;rement&lt;/i&gt; d&#233;pendant des circonstances locales. Et il faut esp&#233;rer que notre arm&#233;e ira elle aussi se sacrifier sans h&#233;siter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la gestion de crise, des radionucl&#233;ides auront &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s dans l'environnement. Saura-t-on mieux les extraire ? Rien ne le laisse penser. Les radionucl&#233;ides sont tr&#232;s nombreux. Ils varient fortement dans leurs propri&#233;t&#233;s chimiques et leur radioactivit&#233; est tr&#232;s variable en fonction des isotopes. Leur action mortelle est invisible et s'inscrit dans le temps long. Quel type de d&#233;pollution envisage-t-on ? Rien n'est dit &#224; ce sujet par la DGEMP. Il s'agit pourtant d'une question cruciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on regarde du c&#244;t&#233; de Tchernobyl, on ne peut qu'&#234;tre inquiet. Les instruments de d&#233;tection courants d&#233;tectent les d&#233;sint&#233;grations, mais ne permettent pas de dire de quel &#233;l&#233;ment radioactif il s'agit. Ils ne d&#233;tectent pas les radiations alpha, qui sont les plus dangereuses lors d'une ingestion ou d'une inhalation. Les m&#233;thodes de mise en &#233;vidence des radio&#233;l&#233;ments sont co&#251;teuses. Elles ne peuvent gu&#232;re &#234;tre employ&#233;es &#224; grande &#233;chelle. Les m&#233;thodes de d&#233;tection chimiques ne sont gu&#232;re plus faciles &#224; manipuler. Certains &#233;l&#233;ments tels que le plutonium ne peuvent pas &#234;tre mis en &#233;vidence, car les m&#233;thodes permettant leur d&#233;tection sont class&#233;es secret d&#233;fense&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Meissonnier, Fr&#233;d&#233;ric Loore &amp; Roger Trilling, Uranium appauvri, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les radionucl&#233;ides &#233;taient trait&#233;s comme les polluants persistants organiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Convention sur les POPs pr&#233;voit l'&#233;limination progressive de ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, leur production devrait &#234;tre interdite, car la seule mani&#232;re d'&#233;viter la diss&#233;mination est de ne pas les produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accident possible avec le nucl&#233;aire, m&#234;me occidental, est donc d'une magnitude que seuls les ph&#233;nom&#232;nes naturels comme les tremblements de terre, les m&#233;t&#233;ores ou les &#233;ruptions peuvent &#233;galer. Cela dit, m&#234;me un tsunami a un potentiel de destruction inf&#233;rieur, car il est tr&#232;s limit&#233; dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de l'&#233;nergie nucl&#233;aire n'est donc pas un choix comme les autres. Il est le seul &#224; faire basculer la soci&#233;t&#233; enti&#232;re dans l'&#233;tat d'urgence imminent, et cela de mani&#232;re permanente. Bien s&#251;r, nous pouvons l'ignorer. Comme le reconnaissait l'OMS en 1958, &#171; la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'&#233;nergie atomique serait de voir monter une nouvelle g&#233;n&#233;ration qui aurait appris &#224; s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation mondiale de la Sant&#233;, Rapport technique n&#176; 151, Gen&#232;ve, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imminence d'un conflit exige de maintenir la soci&#233;t&#233; soit dans un &#233;tat d'ignorance, soit dans un &#233;tat de tension constante. La trop grande d&#233;pendance envers le p&#233;trole peut nous mettre dans cette situation, mais nous pouvons aussi &#233;viter cette situation en r&#233;duisant notre consommation. Dans le cas du nucl&#233;aire, c'est impossible. Il n'y a pas de limite au-del&#224; de laquelle &#171; trop &#187; de nucl&#233;aire nous mettrait dans une situation d'urgence, la situation d'urgence existe avec la premi&#232;re mise en service et elle est permanente jusqu'&#224; l'arr&#234;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que nous ne nous int&#233;ressons pas, dans cet article, au cas des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est aussi le cas de la bombe, comme l'avait not&#233; G&#252;nther Anders&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'existence de la bombe, c'est son utilisation &#187;, G&#252;nther Anders, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et c'est l&#224; l'une des multiples parent&#233;s secr&#232;tes de la centrale &#171; civile &#187; avec elle. Avec le nucl&#233;aire &#171; civil &#187;, nous sommes en &#233;tat d'alerte permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est ind&#233;pendante de l'intention individuelle, comme le remarquait Anders &#224; propos de la bombe atomique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 284.&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#224; partir du moment o&#249; le r&#233;acteur existe, et donc qu'il peut entrer en service, la situation d'alerte est d&#233;clench&#233;e. Les d&#233;bats autour de l'intention sont donc de faux d&#233;bats. Autrement dit, le nucl&#233;aire &#171; capitaliste &#187; ne sera gu&#232;re diff&#233;rent du nucl&#233;aire &#171; socialiste &#187;. Il ne peut pas y avoir de programme politique bas&#233; sur l'utilisation pacifique de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, la situation, quand on la consid&#232;re dans sa globalit&#233;, est d'embl&#233;e de type militaire. Le nucl&#233;aire v&#233;hicule avec lui, de mani&#232;re intrins&#232;que, une situation d'exception. La seule inconnue est : &#171; quand ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat d'urgence imminent a des cons&#233;quences quotidiennes : restrictions des libert&#233;s publiques, classement secret d&#233;fense d'informations sur les transports de d&#233;chets ou de combustibles. Les informations sur le nucl&#233;aire en France sont aujourd'hui class&#233;es &#171; secret d&#233;fense &#187;, avec une menace de 5 ans d'emprisonnement et 50 000 euros d'amende pour qui y contreviendrait, etc. A-t-on d&#233;j&#224; vu la police d&#233;barquer chez soi parce qu'on a r&#233;v&#233;l&#233; &#224; son voisin o&#249; est pass&#233; le camion de b&#251;chettes de bois ? C'est pourtant ce qui se produit dans le cas du nucl&#233;aire. Des aspects anodins de la vie deviennent des situations consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant une menace pour la communaut&#233; tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque nucl&#233;aire est et sera toujours un alli&#233; de choix pour les totalitarismes rampants. Les cons&#233;quences s&#233;curitaires vont finalement bien au-del&#224; des sites de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des responsables sans faille ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De plus, la DGEMP fait l'impasse sur l'enjeu &lt;i&gt;de savoir si les autorit&#233;s trahiraient leur population ou pas&lt;/i&gt; en cas de probl&#232;me. Revenons vers Tchernobyl. Les diverses sources cit&#233;es dans les notes de cet article ainsi que les associations de malades t&#233;moignent d'un large abandon des victimes par leurs gouvernements &#8211; qu'ils soient russe, bi&#233;lorusse ou ukrainien. On pourrait dire qu'il s'agit l&#224; encore de circonstances &#171; sovi&#233;tiques &#187;. Mais hors des pays concern&#233;s, la r&#233;action est connue : en France, le nuage s'est arr&#234;t&#233; &#224; la fronti&#232;re. Derni&#232;rement, le d&#233;bat sur la construction de l'EPR a &#233;t&#233; lanc&#233; apr&#232;s la d&#233;cision de construire le r&#233;acteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;et la loi d'orientation sur l'&#233;nergie&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La transparence de l'information a &#233;t&#233; quasiment inversement proportionnelle au poids du lobby nucl&#233;aire dans les pays concern&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Dupuy, Tchernobyl, le sarcophage de l'humain, &#201;cologie et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salut viendra-t-il des agences internationales ? L'Agence Internationale de l'&#201;nergie Atomique (AIEA), agence au statut autonome, a en principe pour mission &#171; d'&#233;largir la contribution de l'&#233;nergie atomique &#224; la paix, &#224; la sant&#233; et &#224; la prosp&#233;rit&#233; dans le monde &#187;. Cette agence a &#233;tabli le bilan de Tchernobyl &#224; 32 morts puis l'a r&#233;cemment r&#233;vis&#233; et port&#233; &#224; 4 000 morts. Cette estimation est &#233;tablie sur des statistiques &#233;labor&#233;es selon le mod&#232;le d'Hiroshima : d&#233;g&#226;ts de l'irradiation initiale, lors de l'explosion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wladimir Tchertkoff, Le crime de Tchernobyl, Actes Sud, 2006.&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle n&#233;glige totalement les effets des radionucl&#233;ides qui sont des &#171; faibles doses &#187; subies jour apr&#232;s jour par toute une population&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, pp.252-253.&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un rapport command&#233; par les Verts europ&#233;ens aboutit &#224; 30 000 &#224; 60 000 morts uniquement par cancer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Iain Fairlie &amp; Angelina Nyagu, The Other Report on Tchernobyl, avril 2006.&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le bilan sera vraisemblablement beaucoup plus lourd, car la mort par radiations peut &#234;tre tr&#232;s indirecte. La question est complexe d'un point de vue &#233;pid&#233;miologique, mais extr&#234;mement importante pour le retour d'exp&#233;rience et la connaissance des risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel probl&#232;me ne pourrait-il &#234;tre r&#233;solu par l'OMS, dont c'est la mission ? Mais l'OMS est tenue par l'AIEA par un ancien accord sign&#233; en 1959 qui pr&#233;voit une consultation r&#233;ciproque pour la &#171; sauvegarde du caract&#232;re confidentiel de certains documents &#187;, lorsqu'une organisation s'engage dans un domaine pr&#233;sentant &#171; un int&#233;r&#234;t majeur pour l'autre partie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8211; juillet 2000&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'OMS n'a jamais pu intervenir sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; l'industrie nucl&#233;aire &#233;tait puissante, les autorit&#233;s ont prot&#233;g&#233;&#8230; l'industrie nucl&#233;aire de la population, et non prot&#233;g&#233; les populations du nucl&#233;aire. Les autorit&#233;s n'ont pas voulu reconna&#238;tre leurs erreurs et se sont enferm&#233;es dans le mensonge pour &#233;viter d'&#234;tre mises en cause. Les lampistes ont &#233;t&#233; les coupables tout d&#233;sign&#233;s. Les contamin&#233;s, qui p&#233;rissent aujourd'hui &#224; petit feu, ont clairement &#233;t&#233; trahis par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment est le m&#234;me sur le plan financier. L&#233;galement, la Convention de Paris a r&#233;cemment port&#233; le plafond de responsabilit&#233; de l'exploitant de 91 millions d'euros &#224; un plancher de 700 millions d'euros, les l&#233;gislations nationales restant libres de fixer le plafond. La France semble vouloir fixer ce plafond au niveau du plancher&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or quel est le co&#251;t estim&#233; de Tchernobyl ? Des dizaines, voire des centaines de milliards&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AIEA, Chernobyl's legacy : health, environmental and socio-economic impacts, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; La r&#233;serve l&#233;gale para&#238;t anecdotique. Que doit-on penser d'autorit&#233;s qui prennent cet enjeu aussi peu au s&#233;rieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour d'exp&#233;rience sur le nucl&#233;aire indique clairement que les autorit&#233;s ont rarement assum&#233; les responsabilit&#233;s qui &#233;taient les leurs. Au contraire : elles ont maquill&#233; les cons&#233;quences r&#233;elles et manipul&#233; l'opinion. Comment &#234;tre s&#251;rs qu'elles ne recommenceraient pas en cas de nouvel accident ? Aucun &#233;l&#233;ment ne vient l'&#233;tayer. Le fait de vouloir traiter le risque nucl&#233;aire comme un risque &#171; comme les autres &#187;, le refus d'ouvrir un d&#233;bat politique &lt;i&gt;avant&lt;/i&gt; que les d&#233;cisions soient prises, le classement &#171; secret d&#233;fense &#187; d'informations importantes, etc. viennent au contraire renforcer ce sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, vu les risques pris, qui endossera une telle responsabilit&#233; ? Qui pourrait nous garantir de l'absence d'une dictature dans les dix mille prochaines ann&#233;es ? Qui a l'audace de croire pouvoir l'endosser ? Celui ou celle qui croit pouvoir le faire ne tente-il pas de sauter au-dessus de son ombre ? Ne tente-t-il pas de se croire infaillible, c'est-&#224;-dire surhumain ? Seul Dieu, ou le Pape, sont infaillibles. Comment qualifier celui ou celle qui se croit surhumain, alors qu'ils ne sont qu'humains ? Hans Jonas disait qu'il s'agissait l&#224; d'une attitude inhumaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hans Jonas, Le Principe responsabilit&#233;, Cerf, Paris, 1990.&#034; id=&#034;nh5-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La militarisation de la soci&#233;t&#233;, pour n'&#234;tre aujourd'hui que virtuelle, n'en est pas moins r&#233;elle. L'arm&#233;e a au moins l'avantage d'avoir un sens du sacrifice que les civils ont rarement, c'est d'ailleurs dans cet unique but qu'elle existe. Reste &#224; savoir au service de qui elle mettra sa puissance&#8230; Le r&#233;sultat est une nouvelle fois de tuer la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savoir qui d&#233;cide des risques et qui les hi&#233;rarchise n'est pas une question annexe, mais &lt;i&gt;la question politique&lt;/i&gt; fondamentale. Un r&#233;gime d&#233;mocratique se reconna&#238;t &#224; ce qu'il &#233;tablit cette hi&#233;rarchie de mani&#232;re ouverte et que les risques sont pris en commun. Au contraire, les r&#233;gimes autoritaires et totalitaires laissent de petites minorit&#233;s d&#233;cider pour toute la soci&#233;t&#233; &#8211; et ces r&#233;gimes n'h&#233;sitent pas &#224; sacrifier une partie de leur population pour leurs r&#234;ves de puissance. Le syst&#232;me technique devient alors la marque d'une religion : des valeurs r&#233;ifi&#233;es, pr&#233;sent&#233;es comme &#171; objectives &#187;, &#171; naturelles &#187; et indiscutables. Le nucl&#233;aire cherche &#224; se pr&#233;senter comme inexorable et opte pour une politique du fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir du nucl&#233;aire, rouvrir l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La puissance du nucl&#233;aire en fait une technologie d'exception. Cette situation d'exception est structurellement incompatible avec l'exercice de la libert&#233; &#8211; et le gouvernement d&#233;mocratique. Cette situation n'est pas propre au nucl&#233;aire : elle est propre &#224; toutes les sources de grande puissance &#8211; que cette puissance soit obtenue par la physique ou par la discipline. C'est d'ailleurs l&#224; un principe lib&#233;ral bien connu : la libert&#233; n'existe qu'&#224; condition d'&#233;viter la concentration de pouvoir. Ceci nous montre au passage que le n&#233;olib&#233;ralisme actuel n'a plus rien &#224; voir avec le lib&#233;ralisme politique qui a &#233;merg&#233; avec la mort de l'Ancien R&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du nucl&#233;aire &#171; civil &#187; devrait donc &#234;tre un choix d'exception. Le seul cas dans lequel des moyens nous mettant en situation d'exception peuvent &#234;tre choisis, c'est que la situation soit r&#233;ellement exceptionnelle, que la menace soit pire que le moyen utilis&#233; pour y faire face. Or, il n'en est rien. L'&#233;nergie nucl&#233;aire va-t-elle nous sauver des changements climatiques ? Non, le recours au nucl&#233;aire en France n'&#233;viterait qu'une petite partie des &#233;missions de CO2 avec l'inconv&#233;nient d'emp&#234;cher d'autres investissements et de prendre des march&#233;s aux &#233;nergies renouvelables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Radanne, La Division par 4 des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. 85 % de l'&#233;nergie consomm&#233;e en France est d'origine fossile, le nucl&#233;aire ne produit que de l'&#233;lectricit&#233; et son march&#233; potentiel est limit&#233;. Cette &#233;lectricit&#233; peut aussi &#234;tre produite par les &#233;nergies renouvelables, dans les m&#234;mes proportions, sans le moindre risque pour la d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;et le reste en solaire. Voir aussi&#034; id=&#034;nh5-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les Fran&#231;ais ne veulent pas d'&#233;oliennes dans leur paysage, ils auront simplement moins d'&#233;nergie &#8211; le choix est clair et il est possible de le d&#233;cider de mani&#232;re d&#233;mocratique. Le nucl&#233;aire joue &#224; fond sur le ph&#233;nom&#232;ne &lt;i&gt;Nimby&lt;/i&gt; pour refuser les &#233;nergies renouvelables et les grasses subventions locales pour p&#233;renniser les sites nucl&#233;aires actuels. C'est le syst&#232;me nucl&#233;aire qui va &#234;tre fragilis&#233; par les changements climatiques et les troubles divers qui s'annoncent dans le domaine de l'&#233;nergie, et avec lui toute la soci&#233;t&#233;, et non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est que cet &#233;tat d'exception n'est pas une contrainte venant d'une agression ext&#233;rieure : c'est un choix &#171; civil &#187;, fait en p&#233;riode de paix ! La r&#233;cup&#233;ration de l'enjeu climatique &#224; des fins purement corporatistes de promotion du nucl&#233;aire est odieuse. De chaque c&#244;t&#233;, des millions de morts en suspens. Le tortionnaire est celui ou celle qui refuse d'ouvrir la porte qui donne sur la solution permettant de r&#233;duire consid&#233;rablement les deux maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#171; gouverner, c'est pr&#233;voir &#187;, alors le premier devoir du responsable politique est d'&#233;viter le genre de situation dans lesquelles appara&#238;t ce que Dupuy appelle le &#171; mal syst&#233;mique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Dupuy, op. cit., 2005.&#034; id=&#034;nh5-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cela n'a rien d'une fatalit&#233;. Si la civilisation se mesure au &lt;i&gt;&#171; respect des &#234;tres et des objets dont&lt;/i&gt; [les membres d'un groupe humain] &lt;i&gt;sont capables &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors l'&#233;limination du feu nucl&#233;aire, sous toutes ses formes, repr&#233;sente un enjeu d&#233;cisif de tout progr&#232;s possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous sauver, nous n'avons pas besoin de plus d'&#233;nergie mais de moins d'&#233;nergie. Si nous &lt;i&gt;croyons&lt;/i&gt; en l'humanisme, en la civilisation, alors nous avons &lt;i&gt;besoin&lt;/i&gt; de moins d'&#233;nergie. Le &#171; moins d'&#233;nergie &#187; r&#233;sulte directement de la prise au s&#233;rieux des probl&#232;mes pos&#233;s par l'industrialisme : agriculture devenue destructrice des milieux, urbanisation sans limites, d&#233;forestation, accumulation colossale de pouvoir en quelques mains, etc. Cela n'est possible que gr&#226;ce &#224; l'absence de limites &#224; &#171; l'accumulation &#187; de pouvoir, d'&#233;nergie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limite est une lib&#233;ration, car elle seule ouvre le chemin de l'Autre. Au contraire l'illimit&#233; d&#233;bouche sur la violence, sur l'&lt;i&gt;hybris&lt;/i&gt;. Voil&#224; une antique le&#231;on &#224; r&#233;actualiser d'urgence ! La d&#233;croissance est une cons&#233;quence de la r&#233;habilitation de la limite en tant qu'&#233;mancipatrice. Elle est un signe d'un timide retour de la civilisation au sein du &#171; d&#233;ferlement technologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour reprendre la belle formule de Michel Tibon-Cornillot.&#034; id=&#034;nh5-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Elle est la condition n&#233;cessaire, mais non suffisante, d'un retour de l'humanisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.industrie.gouv.fr/energie/nucleair/epr_1_4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.industrie.gouv.fr/energie/nucleair/epr_1_4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaume Grandazzi, Fr&#233;d&#233;rick Lemarchand et Galia Ackerman, &lt;i&gt;Les Silences de Tchernobyl : l'avenir contamin&#233;&lt;/i&gt;, Autrement, mars 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Bell, &lt;i&gt;Les P&#233;ch&#233;s capitaux de la haute technologie&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tmi.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.dissident-media.org/infonucleaire/tmi.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la recension de toutes les failles par S. Lhomme, &lt;i&gt;Bient&#244;t un Tchernobyl en France ?&lt;/i&gt;, Yves Michel, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Proposition de loi, janvier 2006 &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.assembleenationale.fr/12/projets/pl2785.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.assembleenationale.fr/12/projets/pl2785.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Charpak, Richard L. Garwin &amp; V. enance Journ&#233;, &lt;i&gt;De Tchernobyl en&lt;br class='autobr' /&gt;
Tchernobyls&lt;/i&gt;, Odile Jacob, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hannah Arendt, &lt;i&gt;La Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1958.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/faits_deran_tchernobyl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/faits_deran_tchernobyl&lt;/a&gt;. html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Godard, Claude Henry, Patrick Lagadec &amp; Enwan Michel-Kerjan, &lt;i&gt;Trait&#233; des nouveaux risques&lt;/i&gt;, Gallimard, coll. Folio-Actuel, Paris, 2002, pp. 230-243.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre. Dupuy, &lt;i&gt;Petite m&#233;taphysique des tsunamis&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2005, p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le plan particulier d'intervention (PPI) et le plan d'urgence d'intervention&lt;br class='autobr' /&gt;
(PUI) mis en oeuvre par les pr&#233;fectures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. diverses coupures de journaux &lt;a href=&#034;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
news_simu_ac. html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Bell, &lt;i&gt;Les p&#233;ch&#233;s capitaux de la haute technologie&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une d&#233;p&#234;che de presse du 21 mai 2006 indiquait que l'on aurait trouv&#233; le moyen de construire les parois d'ITER. On est heureux de l'apprendre maintenant, alors&#8230; que sa construction est d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233;e ! C'est dire le s&#233;rieux avec lequel cette d&#233;cision a &#233;t&#233; prise&#8230; voir Le Figaro, 23 mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martin Meissonnier, Fr&#233;d&#233;ric Loore &amp; Roger Trilling, &lt;i&gt;Uranium appauvri, la guerre invisible&lt;/i&gt;, Paris, Robert Laffont, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Convention sur les POPs pr&#233;voit l'&#233;limination progressive de ces polluants. &lt;a href=&#034;http://www.pops.int&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pops.int&lt;/a&gt; Le plomb a r&#233;cemment &#233;t&#233; interdit dans les appareils &#233;lectriques et &#233;lectroniques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Organisation mondiale de la Sant&#233;, Rapport technique n&#176; 151, Gen&#232;ve, 1958, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons que nous ne nous int&#233;ressons pas, dans cet article, au cas des&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;chets proprement dits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'existence de la bombe, c'est son utilisation &#187;, G&#252;nther Anders, &lt;i&gt;L'Obsolescence de l'homme &#8211; sur l'&#226;me &#224; l'&#233;poque de la deuxi&#232;me r&#233;volution industrielle&lt;/i&gt;, Editions de l'Encyclop&#233;die des Nuisances, Paris, 2002, p. 285.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 284.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.debatpublic-epr.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.debatpublic-epr.org&lt;/a&gt; et la loi d'orientation sur l'&#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Dupuy, &lt;i&gt;Tchernobyl, le sarcophage de l'humain&lt;/i&gt;, &#201;cologie et politique, pp.17-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wladimir Tchertkoff, &lt;i&gt;Le crime de Tchernobyl&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, pp.252-253.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Iain Fairlie &amp; Angelina Nyagu, &lt;i&gt;The Other Report on Tchernobyl&lt;/i&gt;, avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2000/07/MARIGNAC/14011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2000/07/MARIGNAC/14011&lt;/a&gt; &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
juillet 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.assembleenationale.fr/12/projets/pl2785.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.assembleenationale.fr/12/projets/pl2785.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AIEA, &lt;i&gt;Chernobyl's legacy : health, environmental and socio-economic impacts&lt;/i&gt;, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hans Jonas, &lt;i&gt;Le Principe responsabilit&#233;&lt;/i&gt;, Cerf, Paris, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Radanne, &lt;i&gt;La Division par 4 des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre en France&lt;/i&gt;, MIES, 2004. Le bilan carbone des centrales nucl&#233;aires n'est pas nul et le &#171; retour&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;nerg&#233;tique &#187; est incertain car le d&#233;mant&#232;lement n'est pas ma&#238;tris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.espace-eolien.fr/Eolien/50twh.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.espace-eolien.fr/Eolien/50twh.htm&lt;/a&gt; et le reste en solaire. Voir aussi &lt;a href=&#034;http://www.negawatt.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.negawatt.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Dupuy, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Civilisation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour reprendre la belle formule de Michel Tibon-Cornillot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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