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	<title>Entropia La Revue</title>
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	<description>Revue d'&#233;tude th&#233;orique et politique de la d&#233;croissance</description>
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		<title>Entropia La Revue</title>
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		<title>Le d&#233;bat sur le Socialisme du XXIe Si&#232;cle ne fait que commencer</title>
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		<dc:date>2009-04-10T06:12:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gustavo Fern&#225;ndez Col&#243;n</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Intervention du professeur Gustavo Fern&#225;ndez Col&#243;n au colloque d'Entropia le 04 avril 2009.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;N&#176; 6 - Crise &#233;thique, &#233;thique de crise ? &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton37-c82c4.jpg?1635502200' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'appartiens &#224; un petit groupe d'universitaires v&#233;n&#233;zu&#233;liens qui &#233;tudie la signification des formes alternatives d'organisation g&#233;n&#233;r&#233;es par les communaut&#233;s, afin de surmonter la crise &#233;conomique et &#233;cologique contemporaine, dans le contexte de la transition politique en cours dans mon pays et, en g&#233;n&#233;ral, en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, je voudrais vous faire partager quelques appr&#233;ciations sur le tournant &#224; gauche de la politique latino-am&#233;ricaine au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, pr&#233;c&#233;d&#233; par de forts mouvements sociaux de protestation contre l'aggravation de l'in&#233;galit&#233; et la pauvret&#233; caus&#233;e par les politiques n&#233;olib&#233;rales des ann&#233;es 90.&lt;br class='autobr' /&gt; Depuis la premi&#232;re victoire &#233;lectorale du pr&#233;sident Ch&#225;vez au Venezuela en 1998 jusqu'&#224; la plus r&#233;cente &#233;lection du pr&#233;sident Mauricio Funes au Salvador le 15 mars dernier, les organisations politiques de gauche sont arriv&#233;es au pouvoir dans de nombreux pays, mais avec des orientations philosophiques, des programmes gouvernementaux et des contextes d'action tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, au-del&#224; des divergences, il est possible de reconna&#238;tre certains traits communs &#224; tous les nouveaux gouvernements de la gauche latino-am&#233;ricaine. La premi&#232;re caract&#233;ristique est l'intensification du r&#244;le de l'Etat afin de corriger les d&#233;s&#233;quilibres sociaux cr&#233;&#233;s par le march&#233;. En pratique, cela implique de souligner l'engagement pour la justice sociale, de renforcer le r&#244;le de l'Etat dans l'&#233;ducation, la sant&#233; et la protection sociale, de promouvoir la souverainet&#233; &#233;conomique ainsi que la coop&#233;ration et l'int&#233;gration entre les pays de la r&#233;gion et de surmonter notre subordination aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout en reconnaissant le bien-fond&#233; &#233;thique et politique de cet effort, nous notons avec pr&#233;occupation que le probl&#232;me de la durabilit&#233; &#233;cologique de nos strat&#233;gies de d&#233;veloppement n'a pas encore &#233;t&#233; s&#233;rieusement envisag&#233; par la plupart des dirigeants de la gauche au pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; Des id&#233;es telles que le d&#233;veloppement, le progr&#232;s et la croissance &#233;conomique continuent de guider la conception et la mise en &#339;uvre des politiques gouvernementales.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est juste de souligner qu'il y a eu certaines avanc&#233;es conceptuelles en termes de durabilit&#233; &#233;cologique. Un exemple est la nouvelle Constitution de la R&#233;publique de l'&#201;quateur, qui &#233;tablit la reconnaissance de la nature ou Pacha Mama en tant que sujet de Droit. Un autre est la d&#233;claration des dix commandements pour sauver la plan&#232;te, l'humanit&#233; et la vie, promulgu&#233;s par le pr&#233;sident de la Bolivie Evo Morales. Mais, en pratique, l'action politique reste largement conditionn&#233;e par l'urgence de faire cro&#238;tre nos &#233;conomies pour assurer une r&#233;partition plus juste de la richesse et pour relever les d&#233;fis de la pauvret&#233; et la mis&#232;re de la grande majorit&#233; de notre population.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise actuelle du syst&#232;me capitaliste mondial, qui a fait perdre leur emploi et leur foyer &#224; des milliers de citoyens des &#201;tats-Unis et qui a d&#233;clench&#233; les r&#233;centes protestations des travailleurs en France, a eu un fort impact aussi sur les &#233;conomies d'Am&#233;rique latine en raison de la baisse des prix et des volumes d'exportation des mati&#232;res premi&#232;res. On ne sait pas combien de temps cela va durer ni l'&#233;tendue des dommages que pourrait causer cette r&#233;cession dans le monde entier. Ce qui est certain, c'est qu'elle repr&#233;sente &#224; la fois une opportunit&#233; et une menace pour les efforts visant &#224; b&#226;tir une &#233;conomie non seulement &#233;quitable, mais aussi &#233;cologiquement durable.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;cession globale est une menace parce que le but de stimuler la croissance &#233;conomique peut &#234;tre per&#231;u comme une r&#233;paration d'urgence pour tenter de contenir l'agitation sociale. Elle est &#233;galement n&#233;faste car elle peut servir pour justifier des projets de d&#233;veloppement non durables dans le cadre de la promesse de cr&#233;er plus d'emplois. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, la crise &#233;conomique peut devenir une chance si sa co&#239;ncidence avec l'aggravation des sympt&#244;mes de destruction de l'&#233;cosph&#232;re, contribue &#224; montrer que la logique capitaliste nous conduit non seulement vers une d&#233;b&#226;cle &#233;conomique qui aggravera la pauvret&#233; et les souffrances d'une grande partie de l'humanit&#233;, mais aussi vers une catastrophe &#233;cologique qui menace la survie m&#234;me de notre esp&#232;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, l'actuel processus d'approfondissement des contradictions sociales, &#233;conomiques et environnementales du syst&#232;me capitaliste mondial pourrait d&#233;clencher une v&#233;ritable m&#233;tamorphose civilisationnelle si l'on peut traduire en action collective ce que Serge Latouche a appel&#233; la &lt;i&gt;&#171; p&#233;dagogie de la catastrophe &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Venezuela, comme dans beaucoup d'autres pays, la prise de conscience de la gravit&#233; de la crise &#233;cologique est encore tr&#232;s faible&lt;/strong&gt;. Et bien que le gouvernement r&#233;volutionnaire dirig&#233; par le Pr&#233;sident Ch&#225;vez ait fait des progr&#232;s significatifs sur la r&#233;duction de la pauvret&#233; et la redistribution du revenu national sur la base de crit&#232;res d'&#233;quit&#233;, la conception du socialisme du XXIe si&#232;cle d&#233;fendue par notre gouvernement est fondamentalement li&#233;e, dans ses caract&#233;ristiques essentielles, au paradigme d&#233;veloppementiste partag&#233; par la gauche et la droite du XXe si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour se donner une id&#233;e de l'orientation de la politique sociale de notre gouvernement, il est utile d'examiner le dernier rapport publi&#233; par la CEPALC ou Commission Economique pour l'Am&#233;rique Latine et les Cara&#239;bes. D'apr&#232;s cet organisme d&#233;pendant de l'ONU qui se charge de syst&#233;matiser des statistiques sur la situation &#233;conomique en Am&#233;rique latine, la pauvret&#233; au Venezuela a diminu&#233; sensiblement, passant de 49,4% de la population en 1999 (l'ann&#233;e de l'arriv&#233;e de Chavez au pouvoir) &#224; 30,2% en 2006, tandis que l'indigence ou l'extr&#234;me pauvret&#233; est descendue de 21,7% &#224; 9,9% pendant la m&#234;me p&#233;riode. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;galement, la mortalit&#233; infantile a diminu&#233; de pr&#232;s de 5% entre 2003 et 2007 et le ch&#244;mage a baiss&#233; de 14% en 1999 &#224; 6% en 2008 . Gr&#226;ce &#224; la mise en &#339;uvre de nouvelles formes d'organisations communautaires comme des Assembl&#233;es des Voisins pour la gestion de l'eau, l'approvisionnement en eau potable a &#233;t&#233; &#233;tendu jusqu'&#224; 92% de la population. Un r&#233;seau de distribution de denr&#233;es alimentaires subventionn&#233;es a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; afin de servir 14 millions de personnes. Les services de sant&#233; ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement &#233;largis gr&#226;ce &#224; l'ouverture de 4500 dispensaires qui offrent des soins gratuits. Le pays a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; territoire libre d'analphab&#233;tisme par l'UNESCO en 2005 et la couverture du syst&#232;me national d'&#233;ducation, aussi gratuit jusqu'au niveau universitaire, &#224; &#233;t&#233; augment&#233; d'une mani&#232;re significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la grande question pour la majorit&#233; des V&#233;n&#233;zu&#233;liens aujourd'hui est combien de temps les politiques d'inclusion sociale seront-elles durables au regard d'une r&#233;cession mondiale qui a fait baisser fortement les prix de notre principale source de revenus : le p&#233;trole.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une pr&#233;occupation majeure pour les pauvres qui ont peur de perdre leurs avantages sociaux r&#233;cemment acquis et aussi pour la nouvelle bureaucratie au pouvoir. &lt;strong&gt;Malheureusement, tr&#232;s peu de V&#233;n&#233;zu&#233;liens sont concern&#233;s aujourd'hui par la durabilit&#233; d'une &#233;conomie bas&#233;e sur l'exploitation des combustibles fossiles qui causent le r&#233;chauffement de la plan&#232;te.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Un exemple inqui&#233;tant des limites &#233;cologiques du mod&#232;le de d&#233;veloppement qui pr&#233;vaut dans mon pays est le cas de notre syst&#232;me de production d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; Pr&#232;s de 70% de l'&#233;lectricit&#233; consomm&#233;e au Venezuela provient de sources hydro&#233;lectriques. Et principalement des barrages &#233;rig&#233;s sur la rivi&#232;re Caroni, dont le bassin est situ&#233; &#224; l'extr&#233;mit&#233; nord de la for&#234;t amazonienne en danger. 30% provient de centrales thermo&#233;lectriques aliment&#233;es au fuel-oil et au gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sources d'&#233;nergie sont devenues insuffisantes en raison de la croissance &#233;conomique des derni&#232;res ann&#233;es et l'expansion des services publics pour r&#233;pondre aux besoins des communaut&#233;s pr&#233;c&#233;demment exclues. Pour r&#233;soudre ce probl&#232;me, on a commenc&#233; &#224; d&#233;velopper les &#233;nergies renouvelables comme le solaire, l'&#233;olien et la g&#233;othermie. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, elles sont consid&#233;r&#233;es insuffisantes pour couvrir l'augmentation de la consommation, ce qui a conduit notre gouvernement &#224; envisager la construction de centrales nucl&#233;aires avec l'assistance technique de la Russie et de la France.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Cet accord de coop&#233;ration nucl&#233;aire sign&#233; par nos gouvernements a &#233;t&#233; rejet&#233; par les &#233;co-socialistes v&#233;n&#233;zu&#233;liens et quelques amis fran&#231;ais du groupe de la d&#233;croissance. Mais notre impact sur l'opinion publique et notre capacit&#233; de modifier l'orientation des politiques gouvernementales ont &#233;t&#233; tr&#232;s faibles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux autres aspects de la transition politique v&#233;n&#233;zu&#233;lienne que nous n'avons pas le temps de voir ici. Je veux simplement faire remarquer que malgr&#233; l'&#233;norme influence des vieux mythes de la croissance et du d&#233;veloppement, le d&#233;bat sur les caract&#233;ristiques du socialisme au XXIe si&#232;cle ne fait que commencer. Et &#224; mon humble avis et celui de nombreux autres, la pens&#233;e de la d&#233;croissance a beaucoup &#224; apporter &#224; ce d&#233;bat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;D'o&#249; ma gratitude et mon plaisir d'&#234;tre ici parmi vous aujourd'hui et de parler d'une question aussi cruciale pour l'avenir non seulement de votre pays et du mien, mais de toute l'humanit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Merci beaucoup.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction Y.H&#233;l&#232;ne de la Fuente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#201;thique de crise et transitions politiques &#187;</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article36</link>
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		<dc:date>2009-04-08T14:17:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Cheynet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Intervention de Vincent Cheynet le 4 avril lors de la rencontre organis&#233;e par la revue Entropia N&#176;6 &#224; l'Universit&#233; Paris Descartes&lt;br class='autobr' /&gt;
}}&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;N&#176; 6 - Crise &#233;thique, &#233;thique de crise ? &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton36-9c615.jpg?1635663068' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#201;thique de crise et transitions politiques &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais tenter de faire un peu de prospective pour engager mon propos. Pour ouvrir le dossier de Casseurs de pub sur les Ecotartufes, nous avions cit&#233; Bernard Charbonneau. Bernard Charbonneau &#233;crivait en 1980 (je le cite) : &#171; Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l'&#233;cologie. Une prospective sans illusions peut mener &#224; penser que, sauf catastrophe, le virage &#233;cologique ne sera pas le fait d'une opposition tr&#232;s minoritaire d&#233;pourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour o&#249; elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui apr&#232;s l'abondance g&#233;reront la p&#233;nurie et la survie. Car ceux-l&#224; n'ont aucun pr&#233;jug&#233;, ils ne croient pas plus au d&#233;veloppement qu'&#224; l'&#233;cologie : ils ne croient qu'au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut &#234;tre fait autrement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, nous pouvons, pourquoi pas, imaginer qu'un beau jour, si la n&#233;cessit&#233; s'en fait sentir pour rester proche du pouvoir, notre repr&#233;sentation politique, jointe &#224; toute la caste des &#171; d&#233;veloppeurs durables &#187; basculera vers la d&#233;croissance pour mettre en place des &#171; politiques de transition &#187;. Ils le feront, non pas par conviction, mais par opportunisme. Les derniers convertis n'&#233;tant pas les moins fanatiques, nous pouvons aussi imaginer qu'ils emploieront alors les m&#234;mes m&#233;thodes pour s'opposer &#224; leurs contradicteurs que celles qu'ils ont abondamment utilis&#233;es pour d&#233;nigrer la d&#233;croissance. Malgr&#233; tout, cette &#233;ventualit&#233; d'une d&#233;croissance devenue discours officiel est faible, il faut bien l'avouer. Ce n'est sans doute pas demain que nous verrons Nicolas Sarkozy mettre en &#339;uvre les &#171; 8 R &#187; chers &#224; Serge Latouche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus s&#233;rieusement, quelles sont nos craintes face &#224; l'avanc&#233;e dans la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de revenir devant cette assembl&#233;e avertie sur la conviction qui nous rassemble. Disons quand m&#234;me que toute relance de la croissance, fut-elle propre, durable, &#171; dissociant les flux &#187;, voire sainte et b&#233;nie par le Pape, conduira in&#233;luctablement &#224; un rench&#233;rissement du prix des mati&#232;res premi&#232;res, &#224; commencer par celui du p&#233;trole, et elle nous fera plonger plus encore dans la r&#233;cession. Sans sortie de l'&#233;conomicisme et de la Croissance, pas de r&#233;ponse durable possible &#224; la crise. N'en d&#233;plaise &#224; notre ami Pierre Antoine Delhommais et ses confr&#232;res &#233;conomistes, leur divine &#171; main invisible &#187; ne nous affranchira pas des lois de la biophysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement notre repr&#233;sentation politique, nos dirigeants, ou nos &#171; &#233;lites &#187;, qui ne sont pas aujourd'hui pr&#234;ts &#224; un retournement en faveur de politiques antiproductivistes, c'est aussi l'&#233;crasante majorit&#233; de la population des pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en cause unique de la classe dirigeante peut vite rencontrer la sympathie de la population. Cette th&#232;se comporte &#233;videmment une large part de v&#233;rit&#233;, elle n'en trouve pas moins aussi, tr&#232;s vite, ses limites. Notre soci&#233;t&#233; de consommation industrielle productiviste, fait syst&#232;me. Comme dans d'autres mod&#232;les d'organisation sociale, nous y avons tous notre fonction et notre n&#233;cessit&#233;. Cela ne veut pas dire que les responsabilit&#233;s soient &#233;gales. Cela ne veut pas dire non plus qu'il n'y ait pas des r&#233;sistants et des collaborateurs fanatis&#233;s. Nous devons int&#233;grer la r&#233;flexion des penseurs des syst&#232;mes, comme Hannah Arendt ou notre ami Alain Accardo, sauf &#224; verser dans l'id&#233;e que l'&#233;limination d'une classe de dominants r&#233;soudrait tous nos probl&#232;mes parce que nous nous affranchirions alors de la volont&#233; de l'imiter. &#171; Le syst&#232;me capitaliste ne fonctionne pas seulement par l'exploitation et l'oppression mais aussi par l'adh&#233;sion de la plupart au syst&#232;me &#187; explique Alain Accardo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la classe dirigeante poss&#232;de les outils du conditionnement des masses, n&#233;anmoins dans notre d&#233;mocratie cette classe dirigeante n'en demeure pas moins une repr&#233;sentation, m&#234;me tr&#232;s imparfaite, de la soci&#233;t&#233;. Eliminez un des &#233;l&#233;ments de cette classe dirigeante sans changer le syst&#232;me et cet &#233;l&#233;ment trouvera aussit&#244;t un rempla&#231;ant, qui aura immanquablement le m&#234;me comportement que son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, pour parler de mani&#232;re imag&#233;e, une fois que nous aurons pendu Sarkozy avec les tripes de Michel-Edouard-Leclerc, nous serons peut-&#234;tre soulag&#233;s temporairement, mais nous n'aurons pas pour autant pr&#233;par&#233; d&#233;mocratiquement et de mani&#232;re non-violente la sortie du productivisme. Une foule enthousiaste de clones de petits Sarkozy et de petits Michel-Edouard Leclerc se pressera imm&#233;diatement pour prendre la rel&#232;ve des places laiss&#233;es vacantes. Ce n'est pas en &#233;limant 10 % de la soci&#233;t&#233;, une classe consid&#233;r&#233;e comme intrins&#232;quement nuisible, que nous remplirons les puits de p&#233;trole et que nous lib&#232;rerons nos contemporains du d&#233;sir de prendre leur automobile pour aller acheter des t&#233;l&#233;phones portables dans les temples de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si des p&#233;riodes de reprises se produisent, nous ne faisons sans doute qu'entrer dans la crise. Quels risques se pr&#233;sentent &#224; nous dans ce contexte ? D'un c&#244;t&#233; la classe dirigeante. Celle-ci devra s'enfermer plus encore et de plus en plus dans le mensonge pour conserver ses privil&#232;ges et les reconnaissances li&#233;s au pouvoir. Pour conserver ce dernier, par exemple, elle promettra contre toute raison un retour &#224; la consommation de masse. Certes, mais de l'autre c&#244;t&#233;, la population identifiera chaque jour davantage l'oppression aux institutions elles-m&#234;mes. Cet amalgame sera justifi&#233; toujours davantage par les mensonges qui devront &#234;tre d&#233;ploy&#233;s par la classe dirigeante pour se maintenir en place. Les contradictions du syst&#232;me vont appara&#238;tre de fa&#231;on de plus en plus flagrantes : par exemple, d'un c&#244;t&#233; il faut relancer &#224; tout prix la machine et r&#233;pondre &#224; la demande de consommation, de l'autre c&#244;t&#233;, il faut pr&#233;server des ressources qui se rar&#233;fient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sous le r&#233;gime constitutionnel, il suffit presque de prot&#233;ger les individus contre l'abus de la puissance publique ; sous le r&#233;gime r&#233;volutionnaire, la puissance publique elle-m&#234;me est oblig&#233;e de se d&#233;fendre contre toutes les factions qui l'attaquent. &#187; disait Maximilien Robespierre le 25 d&#233;cembre 1793. Rassurez-vous, je n'ai aucune intention de vouloir r&#233;instaurer le r&#233;gime de la Terreur. Notre anc&#234;tre, malgr&#233; tout ce que nous pouvons a posteriori lui reprocher, avait bien compris qu'en des temps troubl&#233;s le pire danger &#233;tait l'effondrement des institutions. Robespierre saisissait toute l'importance de leur d&#233;fense dans un temps de crise. Or, il est &#224; craindre que l'antiproductivisme et la d&#233;croissance se muent progressivement en cheval de Troie pour mener un combat qui soit d'abord celui de la mise &#224; bas des institutions avant d'&#234;tre celui de leur r&#233;g&#233;n&#233;ration. Nous le savons, le caract&#232;re subversif et d&#233;rangeant de notre discours pousse constamment ces institutions &#224; nous rejeter dans les marges, quand ce n'est pas dans l'extr&#233;misme. Cet &#233;loignement des institutions est &#224; la fois une force et une faiblesse. Une force, car il nous permet de mener une r&#233;flexion intellectuelle sans avoir le souci d'avoir &#224; composer avec le r&#233;alisme politique. Une faiblesse car il nous am&#232;ne &#224; agr&#233;ger non pas de salutaires radicaux mais des discours v&#233;ritablement extr&#233;mistes qui con&#231;oivent la d&#233;croissance comme un moyen d'exprimer une opposition maximaliste &#224; ces institutions. Or, il ne sert &#224; rien de mettre en garde contre l'&#233;cofascisme, de se dresser dans une posture n&#233;o-religieuse intellectuellement terrifiante en brandissant Treblinka et Rudolf Hess, si c'est pour mener dans le m&#234;me temps un travail de sape des conditions de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain mat&#233;rialisme r&#233;ducteur et le discours scientifique &#233;troit, c'est-&#224;-dire dans sa version id&#233;ologique le scientisme, comprennent le monde comme r&#233;duit &#224; sa dimension mat&#233;rielle, organique et psychique. Le scientisme, cher &#224; Michel Onfray, est m&#234;me persuad&#233; d'arriver un jour &#224; une explication totale de la condition humaine. Une r&#233;gression intellectuelle qu'il nomme r&#233;guli&#232;rement et abusivement &#171; progressisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe, lui, sait que la compr&#233;hension du monde se fonde sur la reconnaissance de l'alt&#233;rit&#233;. C'est cette alt&#233;rit&#233; qui ouvre sur un inconnu d&#233;finitif qui est le fondement m&#234;me de notre condition humaine et de la vie. C'est dans ce champ de l'inconnu et de l'immat&#233;riel que se situent les id&#233;es et les valeurs. L'humanisme passe par notre capacit&#233; &#224; &#233;tablir des &#171; arbitraires de diff&#233;renciation &#187; : entre moi et l'autre, le mort et le vivant, l'humain et le non humain ou encore le priv&#233; et le public. Ainsi nous &#233;tablissons des distinctions et des limites, qui sont la base de notre possibilit&#233; d'&#233;mancipation. L'humanisation de l'homme, c'est-&#224;-dire l'&#233;dification de sa diff&#233;renciation du reste de la nature, se fait &#224; travers la construction des repr&#233;sentations. La premi&#232;re de ces repr&#233;sentations est le langage. C'est pour cela qu'il est affirm&#233; que l'homme est verbe. A jamais ind&#233;finies et mouvantes, les id&#233;es et les valeurs exigent un langage symbolique, donc repr&#233;sentatif. Ces repr&#233;sentations sont en perp&#233;tuel mouvement. Elles sont de plus abord&#233;es avec des cultures diff&#233;rentes d'o&#249; de nombreuses incompr&#233;hensions. Ces repr&#233;sentations tentent de s'approcher de la v&#233;rit&#233; et de saisir le &#171; r&#233;el &#187; sans jamais y parvenir compl&#232;tement. Pour exprimer des notions immat&#233;rielles, les id&#233;es et les valeurs, qui fondent notre humanit&#233;, l'homme passe par un double discours symbolique par essence repr&#233;sentatif. Par exemples, l'antiproductvisme et la d&#233;croissance sont des mots qui sont en sois des repr&#233;sentations, mais ils n'ont pas qu'un sens strict (l'arr&#234;t de production ou une d&#233;pl&#233;tion), ils v&#233;hiculent aussi une id&#233;ologie, qui est celle des objecteurs de croissance ; une autre production et consommation, le r&#233;tablissement de l'homme et de la soci&#233;t&#233; pluridimensionnelle. Dans ce sens, l'antiproductvisme et la d&#233;croissance sont les titres des projets politiques pour nous &#233;manciper de l'id&#233;ologie &#233;conomiciste etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attaquer la notion de repr&#233;sentativit&#233;, y compris dans sa forme d&#233;mocratique, c'est donc s'en prendre &#224; un enjeu anthropologique fondamental ; c'est s'en prendre &#224; notre capacit&#233; &#224; &#233;difier des symboles, des tiers, capacit&#233; qui est &#224; la base de notre diff&#233;renciation et &#233;mancipation. L'institution, aussi, est une expression de la notion de repr&#233;sentation. L'institution est la condition de la transmission dans une soci&#233;t&#233; moderne. Elle permet notamment d'&#233;viter de passer de la &#171; soci&#233;t&#233; des p&#232;res &#187; &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; des fr&#232;res &#187;, cette derni&#232;re &#233;tant n&#233;cessairement plus barbare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejeter l'institution en soi au motif de sa corruption, c'est mettre &#224; bas l'&#233;difice social et la condition de notre humanisation. C'est sombrer dans le discours ang&#233;liste de la puret&#233;, d'une soci&#233;t&#233; sans tiers et sans clivages, et contribuer aux drames auxquels cette perspective &#171; pu&#233;rile et tyrannique &#187; conduit immanquablement. La repr&#233;sentation est donc une des conditions fondamentales pour construire la personne comme le collectif humain. La haine de la repr&#233;sentativit&#233; est en parfaite phase avec le n&#233;olib&#233;ralisme ou le &#171; lib&#233;ral-libertarisme &#187;. La soci&#233;t&#233; est dans ces derniers cas comprise comme une pure juxtaposition d'individus et le r&#244;le des structures collectives comme un &#233;l&#233;ment devant &#234;tre limit&#233; au minimum pour organiser la coexistence la plus pacifique des individus, hors de tout projet commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, pour le dire simplement, ce n'est pas parce que les institutions, qui sont des repr&#233;sentations, sont souill&#233;es (elles le sont pas essence comme tous les tiers), qu'il ne faut pas s'atteler &#224; leur transformation. Bien &#233;videmment, reconna&#238;tre le caract&#232;re fondateur de la repr&#233;senta tion n'est pas une condition suffisante pour b&#226;tir une soci&#233;t&#233; plus fraternelle, libre, &#233;galitaire et respectueuse de la nature, mais elle en est un apprentissage incontournable. On ne d&#233;passe pas plus la repr&#233;sentation qu'on ne d&#233;passe le langage, la d&#233;mocratie ou encore le Bien et Mal, sauf &#224; sombrer dans le pr&#233;cipice de la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disant cela, je n'ai aucune pr&#233;tention de r&#233;inventer le fil &#224; couper le beurre. Montesquieu avait expliqu&#233; cela voil&#224; trois si&#232;cles bien mieux que je ne saurais le faire. Pour Montesquieu, la repr&#233;sentation, les &#171; corps interm&#233;diaires &#187; sont des garants de la libert&#233;. Leur meilleure d&#233;fense tient &#224; notre capacit&#233; &#224; les r&#233;former continuellement et &#224; contrer leur tendance naturelle &#224; se consid&#233;rer comme leur propre finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, au sein m&#234;me de l'antiproductivisme et de la d&#233;croissance, pr&#233;sent&#233;s sous des masques altruistes, une foultitudes de discours apparemment sinc&#232;res et pleins de bonnes intentions constituent un travail de sape permanent contre la repr&#233;sentation et les institutions et finalement les tiers. Je veux en donner ici quelques pistes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est d'abord pour ce qui nous concerne dans l'&#233;cologie les discours du &#171; grand tout &#187;. Une perspective fusionnelle et unifiante pr&#233;sentant la nature et l'homme comme totalement indiff&#233;renci&#233;s. Ces discours, qui peuvent d'ailleurs &#234;tre aussi bien scientistes que &#171; new age &#187; ou relevant du capitalisme vert, sont pr&#233;sent&#233;s abusivement comme progressistes. Ils sont montr&#233;s comme &#171; non-manich&#233;ens &#187;, &#171; non sectaires &#187;, &#171; pacifistes &#187;, etc. Ils sont en fait compl&#232;tement r&#233;gressifs, fusionnels et totalisants. Ils font un d&#233;ni de toute exposition de tension, de tous dissensus ou rapports de force, notions sur lesquelles se fonde la d&#233;mocratie et tout simplement notre capacit&#233; au d&#233;bat.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Autre exemple : glorifier un changement &#171; par le bas &#187;, purement horizontal, qui exclut toute verticalit&#233;. La transformation devient possible uniquement par la marge, hors de la soci&#233;t&#233; et de toutes institutions. Toute construction collective devient alors impossible. Nous connaissons le ph&#233;nom&#232;ne ; d&#232;s qu'une t&#234;te d&#233;passe, l'enjeu premier pour le groupe devient de la raccourcir pour rejoindre le cercle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais cela peut &#234;tre aussi s'en prendre au monoth&#233;isme, car celui-ci a signifi&#233; l'&#233;mergence d'un tiers face &#224; au paganisme, &#224; l'animisme, ces derni&#232;res faisant de la nature l'id&#233;e d'un &#171; tout &#187;. Ce n'est pas pour rien que la cosmologie d'un Alain de Benoist de la Nouvelle Droite se b&#226;tit, elle, sur le combat contre le monoth&#233;isme. Cela n'emp&#234;che pas bien s&#251;r de mettre en relief le caract&#232;re totalitaire de certains monoth&#233;ismes qui se fondent sur une v&#233;rit&#233; dite r&#233;v&#233;l&#233;e et indiscutable.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est la haine du politique qui traverse notre soci&#233;t&#233;. Nous avons vu &#224; quel point le journal La D&#233;croissance a &#233;t&#233; violemment agress&#233; et calomni&#233; pour n'avoir jamais voulu c&#233;der au discours antipolitique et anti-d&#233;mocratie repr&#233;sentative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'arr&#234;te l&#224; dans cette liste qui n'est bien s&#251;r pas compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le savons, la vie intellectuelle et d&#233;mocratique est affaire de diff&#233;renciation et de discernement, comme ceux qui distinguent la critique de l'insulte, et m&#234;me au sein de notre courant, nous avons le devoir d'explorer les &#233;cueils auxquels peut nous mener les perspectives que nous d&#233;fendons si nous n'y prenons pas garde. Comme le dit Bernard M&#233;heust dans son excellent ouvrage La Politique de l'oxymore, l'inertie de nos soci&#233;t&#233;s fait que nous n'&#233;viterons pas le choc. Davantage que de sauver la nature, le d&#233;fi reste donc de rester humain dans les temps difficiles qui s'annoncent. C'est &#224; ce travail d'&#233;thique de la crise, de morale de la crise, auquel nous devons aussi participer. C'est peut-&#234;tre au moins aussi important que la tr&#232;s importante &#233;laboration de politiques de transition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.decroissance.org/?chemin=textes/4-4-2009" class="spip_out"&gt;Decroissance.org&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intervention d'Yves Cochet, d&#233;put&#233; de Paris, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, le 14 octobre 2008</title>
		<link>https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article35</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article35</guid>
		<dc:date>2009-03-31T10:07:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves COCHET</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident.&lt;/strong&gt; La parole est &#224; M. Yves Cochet, pour le groupe GDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Monsieur le pr&#233;sident, je parle au nom des d&#233;put&#233;s Verts.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.entropia-la-revue.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;N&#176; 6 - Crise &#233;thique, &#233;thique de crise ? &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.entropia-la-revue.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton35-fac27.jpg?1635490529' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;365&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x72l32&amp;related=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x72l32&amp;related=0&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;365&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x72l32_crise-yves-cochet-groupe-gdr-verts_news&#034;&gt;crise : Yves Cochet groupe GDR Verts&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident.&lt;/strong&gt; La parole est &#224; M. Yves Cochet, pour le groupe GDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Monsieur le pr&#233;sident, je parle au nom des d&#233;put&#233;s Verts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe actuelle n'est pas une crise financi&#232;re, &#233;conomique, &#233;cologique, politique, sociale ou culturelle. Elle est tout cela &#224; la fois et simultan&#233;ment, ce en quoi elle est totalement in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Marc-Philippe Daubresse.&lt;/strong&gt; Tout est dans tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; Elle est, en un mot, une crise anthropologique. Pour le comprendre, il nous faut remettre en question toutes nos croyances &#8211; et Dieu sait si elles sont nombreuses ici. Il nous faut d&#233;coloniser l'imaginaire. (Applaudissements ironiques sur plusieurs bancs du groupe UMP.) Il nous faut penser l'impensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;b&#226;cle financi&#232;re actuelle n'est pas d'abord, comme on l'entend ici ou l&#224;, une crise de liquidit&#233;. C'est une crise de surgonflement des actifs financiers par rapport &#224; la richesse r&#233;elle, c'est-&#224;-dire l'oppos&#233; d'une crise de liquidit&#233;. Le march&#233; financier, en d'autres termes le volume des &#233;changes de papier virtuel, est plus de vingt fois sup&#233;rieur aux &#233;changes de l'&#233;conomie r&#233;elle. La richesse r&#233;ellement existante n'est plus suffisante, comme jadis, pour servir de gage &#224; la dette financi&#232;re. Un seuil a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; : le seuil de liaison entre le capitalisme, fond&#233; sur le cr&#233;dit, et les ressources naturelles, qui sont la base de toute richesse r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard&lt;/strong&gt;. Cela ne veut rien dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; Monsieur Goulard, pr&#233;tendriez-vous que les ressources naturelles ne sont pas la base de toute richesse r&#233;elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard&lt;/strong&gt;. Mais non, c'est le pouvoir de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. le pr&#233;sident&lt;/strong&gt;. Monsieur Cochet, un discours &#224; la tribune n'est pas un dialogue. Vous seul avez la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Je veux simplement dire &#224; M. Goulard : n'achetez plus de p&#233;trole, ce n'est pas une richesse r&#233;elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement financier actuel s'explique par le d&#233;passement de ce seuil, par la rupture de cette liaison. Autrement dit : la dette est totalement d&#233;valu&#233;e en termes de richesses r&#233;ellement existantes. Avant l'intervention des &#201;tats et en l'espace de quelques jours, personne ne d&#233;sirait plus &#233;changer une richesse r&#233;elle contre une dette, m&#234;me r&#233;mun&#233;r&#233;e par un fort taux d'int&#233;r&#234;t. La d&#233;valuation de la dette s'explique par cette d&#233;connection, et non pas par un manque de cr&#233;dit, d'argent en circulation ou de pr&#234;ts entre banques &#8211; clich&#233; v&#233;hicul&#233; ici et l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question principale est donc : la croissance de l'&#233;conomie r&#233;elle peut-elle &#234;tre assez forte pour rattraper la croissance massive de la dette ? (&#171; Ce n'est pas cela ! &#187; sur les bancs du groupe UMP.) &#201;videmment, la r&#233;ponse est non. La croissance de l'&#233;conomie r&#233;elle est d&#233;sormais fortement contrainte par la rar&#233;faction des ressources naturelles qui forment la base de tous les syst&#232;mes de sustentation de la vie &#233;conomique et sociale. Cette contrainte s'exerce &#224; la fois en amont par la d&#233;pl&#233;tion min&#233;rale et fossile &#8211; par exemple le pic de Hubbert &#8211; et en aval par la pollution de l'atmosph&#232;re, des terres et des oc&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les in&#233;galit&#233;s croissantes de revenus depuis trente ans n'incitent pas les m&#233;nages &#224; la consommer, sauf par le biais de cr&#233;dits qui gonflent encore plus la dette. Ainsi, les co&#251;ts marginaux de la croissance sont d&#233;sormais sup&#233;rieurs &#224; ses b&#233;n&#233;fices marginaux. Autrement dit encore : la croissance physique r&#233;elle nous rend de plus en plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'aveuglement des d&#233;vots de la croissance (Exclamations sur les bancs du groupe UMP) continue de plus belle ! Ainsi, la d&#233;claration &#233;mise par l'Eurogroupe avant-hier commence de la fa&#231;on suivante : &#171; Le syst&#232;me financier apporte une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos &#233;conomies et constitue une condition de la croissance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard.&lt;/strong&gt; Oui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. C'est une forme de religion, une th&#233;ologie, une croyance. Mais l'&#233;conomie r&#233;elle n'est plus en croissance &#8211; m&#234;me n&#233;gative, madame la ministre : elle est en r&#233;cession ! Nous pourrions presque prendre des paris sur l'avenir, h&#233;las, car tout cela est bien malheureux. Ceux qui, malgr&#233; des signes avant-coureurs objectifs, mat&#233;riels et pr&#233;sents depuis des ann&#233;es, n'ont pas anticip&#233;, se trouvent fort d&#233;munis, y compris dans leur imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel objectif devons-nous donc viser, en France et en Europe ? Il faudrait que les banques tendent progressivement vers un taux de r&#233;serves id&#233;al, c'est-&#224;-dire &#233;gal &#224; 100 % de leurs pr&#234;ts. Toutes les banques devraient devenir graduellement de simples interm&#233;diaires entre d&#233;posants et emprunteurs, et non plus des &#171; machins &#187; qui cr&#233;ent de la monnaie &#224; partir de rien et la pr&#234;te avec int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Fran&#231;ois Goulard.&lt;/strong&gt; Elle vient d'o&#249;, cette monnaie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Yves Cochet. Comme je l'ai expliqu&#233;, la recherche de la croissance est d&#233;sormais anti&#233;conomique, antisociale et anti&#233;cologique. La croissance est appauvrissante. De toute fa&#231;on, que vous le reconnaissiez ou non, que vous le vouliez ou non, la r&#233;cession est l&#224; ! Vous n'avez pas su l'anticiper car vos mod&#232;les &#233;conomiques sont p&#233;rim&#233;s, et je crains, h&#233;las, qu'&#224; cause de votre aveuglement, elle ne soit longue et p&#233;nible, notamment pour les plus d&#233;favoris&#233;s, qu'ils vivent dans les pays de l'OCDE ou dans ceux du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes nos actions devraient &#234;tre guid&#233;es par la volont&#233; de faire d&#233;cro&#238;tre l'empreinte &#233;cologique des pays de l'OCDE. Je sais &#8211; et les sourires que je vois me le confirment &#8211; que les dirigeants du Conseil europ&#233;en et vous-m&#234;me, monsieur le Premier ministre, avez un autre mod&#232;le en t&#234;te afin de retrouver la croissance. Quelle illusion ! Vous essaierez de sauver la sacro-sainte croissance &#224; laquelle vous croyez parce que vous &#234;tes incapables d'imaginer un autre mod&#232;le &#233;conomique, un autre type de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir d'une nouvelle phase A du cycle de Kondratiev, succ&#233;dant &#224; la phase B que nous traversons depuis trente ans, est vain. Nous ne sommes pas &#224; l'aube d'une nouvelle croissance mat&#233;rielle ou industrielle, mais dans la phase terminale du capitalisme (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), comme le disait Immanuel Wallerstein il y a trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les possibilit&#233;s d'accumulation r&#233;elle du syst&#232;me ont atteint leurs limites, pour des raisons g&#233;ologiques et &#233;conomiques que vous ne voyez pas. II faudrait mettre en place quelque chose d'enti&#232;rement nouveau, une soci&#233;t&#233; de sobri&#233;t&#233; dont je ne peux dessiner, de mani&#232;re tr&#232;s sommaire, que quatre orientations principales. Premi&#232;rement : tendre &#224; l'autosuffisance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Marc-Philippe Daubresse.&lt;/strong&gt; En mati&#232;re d'autosuffisance, vous vous y connaissez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet.&lt;/strong&gt; &#8230; locale et r&#233;gionale en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et alimentaire, au nord comme au sud. Deuxi&#232;mement : aller vers une d&#233;centralisation g&#233;ographique des pouvoirs &#8211; bref, vers une France f&#233;d&#233;rale dans une Europe f&#233;d&#233;rale. Troisi&#232;mement : s'efforcer de relocaliser les activit&#233;s &#233;conomiques. Quatri&#232;mement : viser une planification concert&#233;e (&#171; &#192; la sovi&#233;tique ! &#187; sur les bancs du groupe UMP) et l'instauration de quotas, notamment en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut d'une telle vision et d'une telle action, je crains que notre continent europ&#233;en ne traverse bient&#244;t des &#233;pisodes troubl&#233;s dont nous apercevons d&#233;j&#224; les pr&#233;misses. Je prends date aujourd'hui devant vous ! (Exclamations sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Stuart Mill disait : &#171; Aux grands maux, les petits rem&#232;des n'apportent pas de petits soulagements, ils n'apportent rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mme Claude Greff.&lt;/strong&gt; Vous non plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. Yves Cochet&lt;/strong&gt;. Les grands maux actuels de l'Europe et du monde r&#233;clament donc une cr&#233;ativit&#233; et une inventivit&#233; politiques in&#233;dites dans notre histoire. C'est &#224; cette hauteur de pens&#233;e et d'action que j'appelle les dirigeants europ&#233;ens, afin de sauver la paix, la d&#233;mocratie et la solidarit&#233;. &lt;i&gt;(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et SRC.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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