21 novembre 2008
L’idée de décroissance implique la mise en œuvre de politiques en rupture avec celles qui gouvernent nos sociétés. Elle n’est certainement pas un nouveau dogme idéologique fourni clés en mains à une humanité désorientée par les échecs du socialisme et du capitalisme.
Fondée sur une autre représentation du monde, son objectif relève néanmoins du politique, en tant que projet global d’inscription des hommes dans la vie. Vers quel paradigme s’orienter, qui soit à la fois désirable et réalisable, en fonction de (...)
22 novembre 2008
La question du travail réunit toutes celles de notre temps d’intranquillité. La crise sociale, la crise écologique et la crise des valeurs culturelles ont fissuré l’ancien édifice qui abritait les vertus qu’on prêtait naguère au travail.
Pour sortir de l’impasse dans laquelle le « funeste credo de croître » sans limites nous a entraîné, il apparaît évident qu’il faut revisiter l’immémoriale interrogation sur la finalité des activités humaines. Si l’approche économique a pour tâche d’analyser rigoureusement les (...)
23 novembre 2008
La technique et la marchandise sont les deux faces de la même médaille. La technique a contribué à faire de la planète un territoire à asservir. La raison instrumentale de domination du monde n’est pas un modèle viable. Tous les indicateurs objectifs de cette perversion de la raison sont dans le rouge : crise climatique, effondrement de la biodiversité, accroissement des inégalités… La démocratie, la citoyenneté et la solidarité sont menacées. Face aux technophiles, il ne s’agit pas d’entonner la (...)
24 novembre 2008
Rouvrir le dossier de l’utopie dans la revue d’étude théorique et politique de la décroissance était à la fois inévitable et risqué. Inévitable, tant le mot d’utopie est celui qui saute à l’esprit quand on parle de décroissance face à une opinion publique droguée par la croissance économique à tout prix. Risqué, car l’appréciation commune vis-à-vis de tout ce qui pourrait, de près ou de loin, s’apparenter aux « utopies assassines » du siècle précédent est une aversion plus que justifiée.
Peut-il y avoir de (...)
13 janvier 2009
Tandis que s’étrécit le champ des possibles en partage, le trop excède en tout : trop d’injustices, trop d’insignifiances, trop de violences, de crises écologiques et de désastres sociaux... Cette situation ne serait-elle pas en relation paradoxale avec l’importance démesurée accordée à l’utilité ? L’utilitarisme est une doctrine - née en 1827 - selon laquelle l’utile est le principe de toutes les valeurs, dans le domaine de la connaissance comme dans celui de l’action. Cette peste moderne a conduit l’espèce (...)
25 février 2009
Malgré les caricatures dont elle est l’objet, et face à la crise systémique sans précédent qui sévit partout en tout domaine, l’idée de décroissance a commencé à s’insinuer dans les charnières d’un système sans avenir. Dans un climat de désenchantement général, il se pourrait bien qu’elle puisse introduire un sursaut de conscience collective modifiant tout à la fois les mentalités et les actes, en particulier dans nos relations avec la nature qui sont inséparables de nos rapports avec les autres et avec (...)
2 octobre 2009
Au dogmatisme arrogant du scientisme et de l’économisme, l’hypothèse de la décroissance oppose une clairvoyance inquiète. Ce flair provocant, nourri d’observations croisées, de recoupements systémiques et de sensibilités aiguisées, se veut aussi un puissant antidote aux anesthésiants que la doxa dominante impose aux sociétés pour annuler leurs révoltes ou les réduire en argent. La kyrielle des crises qui nous affectent présentement sous le joug de ce modèle impérial est contenue dans le seul mot (...)
29 mars
L’effondrement en cours possède une origine lointaine et toujours négligée. Il provient en partie d’une amnésie funeste et déterminante ayant fait oublier que l’économie s’exerçait bien sur la Terre et non pas sur Sirius. Les conséquences écologiques et sociales de cette négligence commencent à troubler sérieusement nos sociétés qui subissent une montée des périls et souffrent de leur extension qui menace la pérennité de notre espèce. Partant de cette observation banale que l’humanité ne possède pas de planète (...)