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Décroissance & politique

dimanche 8 janvier 2012, par Entropia (Date de rédaction antérieure : octobre 2006).

Cette première livraison d’Entropia consacre son dossier central au thème « décroissance et politique ». C’est un choix délibéré et risqué. Choix risqué, puisque « la » politique sent le soufre. Elle est le sujet majeur de polémiques où les exigences éthiques de la pondération cèdent trop souvent le pas aux excès incontrôlés de la passion. Au masculin, « le » politique cherche à s’éloigner de cette odeur de soufre et donne alors au mot lui-même une acception plus abstraite. Choix délibéré, car il s’agit d’affirmer d’entrée de jeu l’importance majeure de la dimension politique de la décroissance. Comme on pourra le constater, les contributions retenues pour ce premier dossier concernent aussi bien « le » que « la » politique.

Sans aller jusqu’à évoquer la boîte de Pandore, force est de constater que la décroissance, dans sa dimension politique, est bien « une pensée sur la crête ». Elle peut, en effet, basculer vers le meilleur comme vers le pire. Nous le savons. C’est pourquoi Entropia est nécessaire. Parce qu’il s’agit d’un lieu de réflexion et de débat, qui doit s’élever au-dessus des polémiques qui font florès avec grande violence sur Internet. Que l’on nous comprenne bien : il ne s’agit pas de fuir le débat contradictoire et la polémique. Il s’agit de leur conserver une dimension de dignité et de respect des personnes sans laquelle s’instillent la barbarie et, pour le moins, l’inimitié irréductible entre des personnes. Si le domaine politique est particulièrement propice au développement de postures tranchées et tranchantes, il se trouve que la décroissance, dans le registre politique, intéresse de nombreuses « familles politiques » : des marxistes de la Théorie critique aux tenants de la droite intellectuelle et radicale, en passant par les réformistes jacobins, les anarchistes, les altermondialistes, les antimondialistes, les biorégionalistes, etc. C’est dire que la plus grande vigilance est requise pour qu’Entropia devienne et demeure la revue d’idées et d’engagement de la décroissance d’une tenue intellectuelle et éthique irréprochable.

Bien entendu, les textes ici rassemblés ne prétendent pas épuiser le thème retenu. Ils esquissent seulement une cartographie lacunaire d’un territoire de recherche qui en appelle à d’autres contributions. Si la jeune pensée de la décroissance, c’est-à-dire celle de l’après-développement, nous invite à « décoloniser notre imaginaire » dans tous les domaines, on peut constater la difficulté de la tâche dans celui de la politique et du politique. En d’autres termes, l’interrogation sous-jacente à ce dossier est bien : « Quel est l’imaginaire politique de l’objection de croissance ? » Ou, si l’on préfère cette autre formulation : « Pourquoi, en quoi et comment pouvons-nous, individuellement et collectivement, nous libérer d’anciens conditionnements et de vieux réflexes en réfléchissant, en parlant et en écrivant sur “la” ou “le” politique ? »

Toujours est-il que, de notre point de vue, l’effervescence politico-médiatique en cours, censée éclairer les choix électoraux prochains de nos concitoyennes et concitoyens, est proprement extravagante, pour ne pas dire grotesque. La cécité et la surdité des partis politiques traditionnels face aux grands enjeux écologiques, économiques et sociaux de notre temps est affligeante tandis que les « grands médias » contribuent au développement d’une « servitude volontaire » et collective. Face à ce constat, nous affirmons ici notre conviction que, moins que jamais, la somme des intérêts particuliers ne saurait constituer un intérêt commun. C’est à la définition et au développement de ce dernier qu’Entropia souhaite contribuer, modestement, mais ardemment.

ENTROPIA

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